La naissance des Tatous
Voici, ô ma Mieux-Aimée,
une autre histoire
des Temps Anciens et Reculés.
Juste au milieu de ces temps,
il y avait un Hérisson Pointant-Piquant
et il vivait sur les bords
de la trouble Amazone,
mangeant des escargots coquilleux
et des choses comme ça.
Il avait une amie,
une Tortue Lourde-Lente
qui vivait sur les bords
de la trouble Amazone,
mangeant des salades vertes
et des choses comme ça.
Et c'était parfait ainsi,
ma Mieux-Aimée.
N'est-ce pas ?
Mais il y avait également,
dans ces mêmes Temps Anciens
et Reculés,
un Jaguar Peint qui vivait aussi
sur les bords de la trouble Amazone
et qui mangeait
tout ce qu'il attrapait.
Lorsqu'il n'attrapait ni cerfs
ni singes,
il mangeait des grenouilles
et des scarabées,
et lorsqu'il n'attrapait ni grenouilles
ni scarabées,
il allait trouver Maman Jaguar
qui lui apprenait à manger
des hérissons et des tortues.
Et elle lui avait dit
à plusieurs reprises,
en agitant la queue avec grâce :
— Mon fils,
lorsque tu trouves un Hérisson,
il faut le jeter dans l'eau
pour qu'il se déroule,
et lorsque tu attrapes une Tortue,
il faut la sortir de sa carapace
en te servant de ta patte
comme d'une louche.
Comme ça, c'était parfait,
ma Mieux-Aimée.
Une belle nuit,
sur les bords de la trouble Amazone,
Jaguar Peint trouva Pointant-Piquant
et Lourde-Lente assis sous le tronc
d'un arbre abattu.
Comme ils ne pouvaient s'enfuir,
Pointant Piquant se roula en boule
car c'était un Hérisson
et Lourde-Lente rentra sa tête
et ses pattes
dans sa carapace
aussi loin que possible
car c'était une Tortue ;
et comme ça c'était parfait,
ma Mieux-Aimée.
N'est-ce pas ?
— Bon, écoutez-moi,
dit Jaguar Peint.
C'est très important.
Ma mère m'a dit
que lorsque je rencontre un Hérisson,
je dois le jeter dans l'eau
pour qu'il se déroule
et lorsque je rencontre une Tortue,
je dois la sortir de sa carapace
en me servant de ma patte
comme d'une louche.
Alors lequel de vous deux est Hérisson
et lequel est Tortue ?
Car, par mes taches,
je suis bien incapable de le dire.
— Es-tu sûr
de ce que ta Maman t'a dit ?
demanda Hérisson Pointant-Piquant.
En es-tu bien sûr ?
Elle a peut-être dit
que lorsque tu déroules une Tortue,
tu dois la faire sortir de l'eau
avec une louche
et lorsque tu donnes
un coup de patte à un Hérisson,
tu dois le jeter sur sa carapace ?
— Es-tu sûr
de ce que ta Maman t'a dit ?
demanda Lourde Lente.
En es-tu bien sûr ?
Elle a peut-être dit
que lorsque tu plonges
un Hérisson dans l'eau,
tu dois le poser dans ta patte
et lorsque tu rencontres une Tortue,
tu dois l'écailler
jusqu'à ce qu'elle se déroule ?
— Je ne crois pas du tout
que c'était comme ça,
dit Jaguar Peint,
un peu déconcerté malgré tout ;
mais voulez-vous répéter
plus clairement, s'il vous plaît ?
— Lorsque tu prends de l'eau
avec ta patte,
tu dois la dérouler avec un Hérisson,
dit Pointant-Piquant.
N'oublie pas, c'est très important.
— Mais,
dit la Tortue,
lorsque tu prends ta viande
avec la patte,
tu dois la jeter dans une Tortue
avec une louche.
Tu ne comprends donc pas ?
— Vous me faites mal aux taches,
dit Jaguar Peint ;
et puis,
je n'ai pas besoin de vos conseils.
Je voulais seulement savoir
lequel de vous deux est Hérisson
et lequel est Tortue.
— Je ne te le dirai pas,
dit Pointant-Piquant.
Mais tu peux me sortir de ma carapace
si tu veux.
— Ah ! Ah !
dit Jaguar Peint.
Maintenant je sais que tu es Tortue.
Tu croyais que je ne trouverais pas ?
Erreur !
Jaguar Peint
tendit brusquement sa patte
juste au moment
où Pointant-Piquant s'enroulait,
et évidemment
la patte de Jaguar
fut truffée de piquants.
Pire encore,
il envoya dinguer Pointant Piquant
dans les bois et les buissons,
où il faisait trop noir
pour pouvoir le retrouver.
Puis il se mit la patte dans la bouche
et bien sûr,
les piquants lui firent encore plus mal.
Dès qu'il put parler il dit :
« Maintenant je sais
que ce n'est pas Tortue.
Mais (il se gratta la tête
de sa patte sans piquants)
comment savoir
si l'autre est bien Tortue ?
— Mais je suis bien Tortue,
dit Lourde-Lente.
Ta mère avait raison.
Elle t'a dit
de me sortir de ma carapace
avec la patte.
Fais-le.
— Ce n'est pas ce que tu m'as dit
tout à l'heure,
dit Jaguar Peint
en ôtant avec sa bouche
les piquants de sa patte.
Tu as dit qu'elle avait dit
quelque chose de différent.
— Eh bien,
supposons que tu dises
que j'ai dit qu'elle avait dit
quelque chose de différent,
je ne vois pas la différence ;
car si elle a dit
ce que tu dis que j'ai dit
qu'elle avait dit,
c'est la même chose
que si je disais
ce qu'elle avait dit qu'elle avait dit.
D'un autre côté,
si tu crois qu'elle a dit qu'il fallait
me dérouler avec une louche
au lieu de me mettre en miettes
dans ma carapace avec ta patte,
je n'y peux rien, n'est-ce pas ?
— Mais tu m'as dit que tu voulais
que je te sorte de ta carapace
avec ma patte,
dit Jaguar Peint.
— Si tu réfléchis bien,
tu verras
que je n'ai jamais rien dit de tel.
J'ai dit que ta mère t'avait dit
de me sortir de ma carapace,
dit Lourde-Lente.
— Que se passera-t-il si j'essaye ?
dit le Jaguar
avec le plus grand mépris
et la plus grande prudence.
— Je l'ignore,
car on ne m'a encore jamais sortie
de ma carapace,
mais je te le dis en vérité,
si tu veux me voir fuir à la nage,
tu n'as qu'à me jeter à l'eau.
— Je ne te crois pas,
dit Jaguar Peint.
Tu as mélangé
tout ce que ma mère m'a dit de faire
avec les choses dont tu m'as demandé
si j'étais sûr
qu'elle ne les avait pas dites,
à tel point que j'en perds la tête
et la queue.
Et maintenant
tu viens me raconter quelque chose
que je peux enfin comprendre
et ça m'embrouille
encore plus qu'avant.
Ma mère m'a dit qu'il fallait jeter
l'un de vous dans l'eau
et comme tu sembles tenir
à ce qu'on t'y jette,
je pense que tu n'as pas envie
d'y être jetée.
Saute donc dans le turbide Amazone
et plus vite que ça.
— Je te préviens,
ta Maman ne sera pas contente.
Ne lui dis pas que je ne t'ai rien dit,
dit Lourde-Lente.
— Si tu dis encore un mot
sur ce que ma mère m'a dit…
répondit le Jaguar.
Mais il n'eut pas le temps
d'achever sa phrase
car Lourde-Lente plongea rapidement
dans le turbide Amazone
et nagea sous l'eau pendant longtemps
avant d'émerger sur la rive
où l'attendait Pointant-Piquant.
— Nous l'avons échappé belle,
dit Pointant-Piquant.
Je n'aime pas Jaguar Peint.
Que lui as-tu dit que tu étais ?
— Je lui ai dit la vérité :
que j'étais une Tortue pour de vrai,
mais il n'a pas voulu me croire
et m'a forcée à sauter dans le fleuve
pour voir si j'en étais une,
et comme j'en suis une,
il a été fort surpris.
Et voilà qu'il est allé le dire
à sa Maman.
Écoute-le !
Ils entendaient Jaguar Peint
rugir de long en large
au milieu des arbres
et des buissons,
sur les bords de la trouble Amazone,
jusqu'à ce que sa Maman arrive.
— Mon fils ! Mon fils !
dit sa mère à plusieurs reprises
en agitant la queue avec grâce.
Qu'as-tu donc fait
que tu n'aurais pas dû ?
— J'ai essayé de sortir avec ma patte
quelque chose qui demandait
à être sorti de sa carapace
et ma patte est truffée de piquants,
dit Jaguar Peint.
— Mon fils ! Mon fils !
dit sa mère à plusieurs reprises
en agitant la queue avec grâce,
à en juger par les piquants
que je vois dans ta patte,
il devait s'agir d'un Hérisson.
Tu aurais dû le jeter à l'eau.
— C'est ce que j'ai fait
à l'autre chose ;
et elle m'a dit
qu'elle était une Tortue,
mais je ne l'ai pas crue
et c'était vrai ;
elle a plongé dans le turbide Amazone
et elle n'a pas refait surface ;
et je n'ai rien du tout à manger
et nous ferions mieux
d'aller voir ailleurs.
Ils sont trop malins
sur le turbide Amazone
pour un pauvre animal comme moi !
— Mon fils ! Mon fils !
dit sa mère à plusieurs reprises
en agitant la queue avec grâce.
Écoute-moi
et n'oublie pas ce que je vais te dire.
Un Hérisson se roule en boule
et tous ses piquants
se pointent aussitôt
dans tous les sens.
C'est ainsi
qu'on reconnaît un Hérisson.
— Je n'aime pas beaucoup
cette vieille dame,
dit Pointant Piquant,
à l'ombre d'une grande feuille.
Je me demande ce qu'elle sait encore ?
— Une Tortue ne peut pas
se mettre en boule,
poursuivit Maman Jaguar
à plusieurs reprises
en agitant sa queue avec grâce.
Elle rentre seulement la tête
et les pattes
dans sa carapace.
C'est ainsi qu'on reconnaît une Tortue.
— Je n'aime pas du tout,
mais alors pas du tout,
cette vieille dame,
dit Lourde-Lente la Tortue.
Même Jaguar Peint
est capable de se rappeler ça.
Quel dommage
que tu ne saches pas nager,
Pointant-Piquant !
— Ne me dis pas ça,
dit Pointant-Piquant.
Pense un peu
comme ce serait pratique
si tu pouvais te mettre en boule.
Quelle affaire !
Écoutons Jaguar Peint.
Assis au bord de la trouble Amazone,
Jaguar Peint enlevait avec la bouche
les piquants de sa patte
en se répétant :
S'enrouler peut, nager ne sait
Pointant-Piquant c'est !
Nager peut, s'enrouler ne sait
Lourde-Lente c'est !
— Il ne risque plus de l'oublier,
dit Pointant-Piquant.
Tiens-moi le menton, Lourde-Lente.
Je vais essayer d'apprendre à nager.
Ça peut servir.
— Excellent !
dit Lourde-Lente.
Et elle tint le menton
de Pointant-Piquant
tandis qu'il barbotait
dans les eaux de la trouble Amazone.
— Tu feras un bon nageur,
dit Lourde-Lente.
Maintenant,
si tu pouvais desserrer un petit peu
mes plaques arrière,
je voudrais voir si je suis capable
de me mettre en boule.
Ça peut servir.
Pointant-Piquant aida Tortue
à desserrer les plaques de son dos,
et à force de se tortiller
et d'insister,
Lourde-Lente parvint enfin
à s'enrouler un tantinet.
— Excellent !
dit Pointant-Piquant,
mais si j'étais toi,
je n'en ferais pas plus pour l'instant.
Tu deviens toute bleue.
Sois gentille de me remettre à l'eau,
que je m'exerce à nager l'indienne,
puisque tu la dis facile.
Or ça,
Pointant-Piquant s'exerça
et Lourde-Lente nagea à son côté.
— Excellent !
dit Lourde-Lente.
Avec un peu d'entraînement
tu feras une parfaite baleine.
Maintenant si ça ne t'ennuie pas
de desserrer mes plaques avant
et arrière
de deux crans supplémentaires,
j'aimerais essayer
cette surprenante contorsion,
puisque tu la dis facile.
C'est Jaguar Peint qui va être surpris !
— Excellent !
dit Pointant-Piquant,
tout mouillé de l'eau
de la trouble Amazone.
Je pourrais te prendre
pour quelqu'un de ma famille,
je t'assure !
Deux crans m'as-tu dit ?
Un peu plus d'expression, je te prie,
et ne grogne pas si fort,
ou Jaguar Peint va nous entendre.
Quand tu auras fini,
j'aimerais essayer
ce grand plongeon
puisque tu le dis facile.
C'est Jaguar Peint qui va être surpris !
Or ça,
Pointant-Piquant plongea
et Lourde-Lente plongea avec lui.
— Excellent !
dit Lourde-Lente.
Un rien d'attention
pour retenir ta respiration
et tu pourras élire résidence
au fond de la trouble Amazone.
Maintenant je passe à l'exercice
où l'on s'enroule
les pattes de derrière
autour des oreilles,
puisque tu le dis tellement aisé.
C'est Jaguar Peint qui va être surpris !
— Excellent !
dit Pointant-Piquant.
Mais tu forces un peu trop
sur les plaques de ton dos.
Elles se chevauchent à présent
au lieu de rester côte à côte.
— Oh, c'est l'effet de l'exercice,
dit Lourde-Lente.
J'ai remarqué
que tes piquants semblaient s'emmêler
et tu ressembles de plus en plus
à une pomme de pin
et de moins en moins
à une bogue de châtaigne comme avant.
— Ah bon ?
dit, Pointant-Piquant.
C'est à force de tremper dans l'eau.
C'est Jaguar Peint qui va être surpris !
Ils poursuivirent leurs exercices,
chacun aidant l'autre,
jusqu'au petit matin,
et lorsque le soleil fut levé,
ils se reposèrent en se faisant sécher.
Alors ils s'aperçurent
qu'ils étaient tous les deux
bien différents
de ce qu'ils étaient auparavant.
— Pointant-Piquant,
dit Tortue après le petit déjeuner.
Je ne suis plus ce que j'étais hier,
mais je me crois encore capable
de distraire Jaguar Peint.
— Je pensais justement la même chose,
dit Pointant-Piquant.
À mon avis, les écailles
sont une formidable amélioration
par rapport aux piquants,
sans parler de savoir nager.
Pour sûr,
Jaguar Peint va être surpris !
Allons le chercher !
Ils trouvèrent bientôt Jaguar Peint
encore en train de soigner sa patte
qui avait souffert la nuit précédente.
Il fut si étonné
qu'il tomba trois fois de suite
à la renverse sur sa queue peinte.
— Bonjour !
dit Pointant-Piquant.
Comment va
ta chère et gracieuse Maman
ce matin ?
— Elle va très bien,
je vous remercie,
dit Jaguar Peint,
mais pardonnez-moi si pour l'instant
je ne me souviens pas de vos noms.
— Ce n'est pas gentil,
dit Pointant-Piquant,
surtout qu'hier tu as essayé
de me sortir de ma carapace
avec ta patte.
— Mais tu n'avais pas de carapace,
ce n'était que des piquants,
dit Jaguar Peint.
J'en sais quelque chose.
Regarde ma patte !
— Tu m'as ordonné de me jeter
dans le turbide Amazone
et de m'y noyer,
dit Lourde-Lente.
Pourquoi es-tu si impoli et oublieux
aujourd'hui ?
— Ne te rappelles-tu pas
ce que t'a dit ta mère ?
dit Pointant Piquant.
S'enrouler peut, nager ne sait
Lourde-Lente c'est !
Nager peut, s'enrouler ne sait
Pointant-Piquant c'est !
Puis ils se roulèrent en boule
tous les deux
et tournèrent en rond
autour de Jaguar Peint
jusqu'à ce que les yeux
lui sortent de la tête.
Alors il alla chercher sa mère.
— Mère,
dit-il.
Il y a deux nouveaux animaux
dans les bois aujourd'hui
et celui dont tu m'as dit
qu'il ne savait pas nager, nage,
et celui dont tu m'as dit
qu'il ne pouvait pas s'enrouler,
s'enroule,
et ils ont dû partager leurs piquants
car tous les deux sont tout rugueux,
au lieu que l'un soit lisse
et que l'autre pique ;
et en plus,
ils ne cessent de tourner en rond
autour de moi
et je me sens tout chose.
— Mon fils ! Mon fils !
dit Maman Jaguar
à plusieurs reprises
en agitant la queue avec grâce.
Un Hérisson est un Hérisson
et rien d'autre qu'un Hérisson ;
une Tortue est une Tortue
et rien d'autre qu'une Tortue.
— Mais ce n'est pas un Hérisson
et ce n'est pas une Tortue.
C'est un peu des deux
et j'ignore son nom.
— Balivernes !
dit Maman Jaguar.
Chaque chose a un nom.
À ta place je l'appellerais « Tatou »
en attendant de trouver le vrai nom
et je le laisserais tranquille.
Jaguar Peint fit ce qu'on lui dit,
surtout pour ce qui est
de les laisser tranquilles ;
mais chose curieuse,
ô ma Mieux-Aimée,
depuis ce jour jusqu'aujourd'hui,
personne sur les bords
de la trouble Amazone
n'a jamais appelé Pointant-Piquant
et Lourde-Lente
autrement que Tatou.
Bien évidemment,
il y a des Hérissons et des Tortues
ailleurs (dans mon jardin par exemple),
mais la bestiole
de la véritable et ancienne espèce rusée,
à écailles qui se chevauchent
comme des écailles de pomme de pin,
celle qui vivait sur les bords
de la trouble Amazone
dans des Temps Anciens et Reculés,
on l'a toujours appelée Tatou
car elle est adroite à tout.
Et c'est parfait ainsi, ma Mieux-Aimée.
N'est-ce pas ?
Au Brésil, jamais
Je n'ai navigué
Sur l'Amazone,
Mais ce bateau
Amarré à quai
Lui, le sillonne.
Chaque semaine à Southampton
De blancs paquebots
Partent pour Rio.
Voguez voguez, blancs paquebots
Voguez gaiement jusqu'à Rio !
Oh ! j'aimerais un jour partir
À Rio, avant de mourir.
De tatous jamais
Je n'ai rencontré
Sous leur armure,
Et de jaguars
Je ne suis pas sûr
D'en jamais voir
À moins de partir à Rio
Et de visiter
Ces curiosités.
Voguez, voguez, blancs paquebots
Voguez gaiement jusqu'à Rio !
Oh ! j'aimerais un jour partir
À Rio, avant de mourir.
