Coran

Le est le texte sacré de l'islam pour les musulmans, qui considèrent qu'il reprend "verbatim" la parole de Dieu. Ce Livre reste le premier et le plus ancien document littéraire authentique connu en arabe jusqu'à ce jour comme la tradition musulmane le présente, avec le caractère spécifique dans l'islam d'inimitabilité dans la beauté et dans les idées.
Pour les musulmans, le Coran regroupe les paroles d'Allah, révélations ("āyāt") faites au prophète et messager de l'islam Mahomet (, "Muḥammad", le loué) à partir de 610–612 jusqu'à sa mort en 632 par l'archange Gabriel (, "Jibrîl").
Le Coran est parfois appelé simplement "al-kitâb" (le livre), "adh-dhikr" (le rappel) ou encore "al furqân" (le discernement). En ce sens, il est, pour les musulmans, l'expression incréée de cet attribut d'Allah adressée à l'intention de toute l'humanité. Les conditions de la mise par écrit puis de la fixation canonique du texte, que la tradition fait remonter au troisième calife, Uthmân, font toujours l'objet de recherches et de débats parmi les exégètes et historiens du .
Certains chercheurs émettent l'hypothèse que le mot Coran proviendrait du mot syriaque "qeryânâ", ce qui signifie « lectionnaire » avant de prendre en arabe le sens de "récitation."
Le Coran est divisé en chapitres appelés "sourates", au nombre de 114, dont la première est appelée "Al Fatiha" (parfois traduite par « la liminaire » ou « le prologue » ou « l'ouverture » ou encore « la mère du livre »). Ces sourates sont elles-mêmes composées de versets nommés "âyât" (pluriel de l'arabe "âyah", « preuve », « signe », et que l'on retrouve notamment dans le mot ayatollah). Les versets sont au nombre canonique de pour le hafs (lecture orientale) et pour le warch (lecture occidentale).
À l'origine, durant la vie de Mahomet, la transmission des textes se faisait principalement oralement, fondée sur cette « récitation » qu'évoque précisément le terme "qur'ān", même après l'établissement à Médine. Certains versets ou groupes de versets ont été écrits sur des omoplates de chameaux ou des morceaux de cuir, par des croyants. Il s'agit de témoignages fragmentaires et rudimentaires de la notation.
À la suite de la mort de Mahomet, Abou Bakr, compagnon du prophète et son premier successeur sous le titre de calife (lieutenant), aurait fait procéder, pendant les deux années de son pouvoir (632-634), à des relevés et vérifications qui permirent la formation de collections plus vastes, sinon plus cohérentes. Toutefois, la fixation d'un texte tenu pour seul recevable, aurait été défini sous le troisième calife, ‘Uṯmān, entre 644 et 656 de l'ère chrétienne. Selon la tradition, tous les exemplaires connus de recensions divergentes furent alors détruits.
Diverses tentatives plus ou moins concordantes ont été faites pour reconstituer l'ordre chronologique, y compris par des orientalistes européens, tels que Blachère. Cet agencement ferait apparaître des correspondances éclairantes avec les événements de la vie de Mahomet tels qu'ils sont rapportés par la "sunna". Des interprétations nouvelles de certains passages peu clairs ont ainsi pu être avancées.
La tradition musulmane sépare le Coran en deux parties en tentant de les démarquer par des différences de style (vocabulaire, longueur des versets et sourates) et de thèmes abordés :
Cette division est en réalité moins géographique que temporelle. Il est significatif que les sourates médinoises qui correspondent à l'An I de l'islam sont associées à la période où Mahomet devient un chef politique. Ainsi, l'islam est bien une doctrine politico-religieuse dont la mission, assignée par le Coran, est l'organisation politique et sociale des Musulman(e)s. La période mecquoise antérieure à l'Hégire doit néanmoins être considérée comme le début de la prophétie.
Dès les premiers siècles de l'Islam, les exégètes musulmans, dans le souci de reconstituer la chronologie de la Révélation, se sont efforcés de distinguer les sourates mekkoises des sourates médinoises mais ces tentatives ne sont jamais parvenus à s'harmoniser, comme le montre la reconstitution d'Ibn al-Nadim dans son ouvrage "Kitab-al-Fihrist" dont la liste des sourates diverge selon les recensions coraniques de plusieurs compagnons du prophète (telle la recension d'Ubay adoptée sous le calife d'Othmân), ou la reconstitution d'Al-Suyūtī dans son "Al-Itqân fî ‘ulūm al-Qur’ān" (Le précis des sciences du Coran). Bien qu'elle soit encore utilisée par l'édition imprimée officielle du Coran par les théologiens égyptiens en 1924, cette distinction est peu probante pour l'exégèse moderne. L'idée que nous pouvons réorganiser le Coran suivant l’ordre chronologique selon lequel le prophète Muḥammad l’aurait proclamé, est en effet hautement spéculative car elle repose sur les .
Les sourates de la première période, mecquoises, affirment principalement l'idée de monothéisme et définissent ce qu'est Dieu pour le musulman. On y trouve, entre autres, l'idée de la résurrection des morts au jour du jugement dernier, l'unicité de Dieu, etc.
En utilisant comme critères les allusions du Coran à des événements connus, le contenu du texte et le style des révélations, les orientalistes allemands puis Theodor Nöldeke ont établi trois divisions dans les sourates révélées à La Mecque :
Les sourates médinoises sont des « ordres. » Elles posent les bases fondamentales d'une société nouvelle, dans laquelle respect est dû à Mahomet et à sa famille, où les louanges vont à ceux qui combattent et meurent dans le djihad (effort) sur le chemin de Dieu, et où l'on lutte contre l'oppression des ennemis de l'islam.
Selon la tradition musulmane, le Coran a été révélé à Mahomet par l'intermédiaire de l'archange Gabriel (arabe : [jibrīl]). Pour les musulmans, le Coran est un livre saint qui n'a pas subi d'altération après sa révélation, car Dieu a promis que ce livre durerait jusqu'à la fin des temps. Cette promesse est mentionnée dans le verset suivant : « En vérité c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien. » (Coran ). En fait, la conservation et la transmission du texte tel qu'on le connaît aujourd'hui ont fait l'objet de l'attention des premiers califes et des autres compagnons du prophète de l'islam.
Cependant des hadiths authentiques recueillis par Muslim, Bukhari ou Bayhaqi rapportent que des sourates et versets du Coran furent appris et récités par des compagnons du prophète mais n'ont pas été retenus par la suite.
Selon la tradition musulmane, la révélation aurait commencé dans la grotte de Hira où Mahomet avait pour coutume de se retirer, vraisemblablement dans un but de méditation. L'archange Gabriel ("Jibrïl" en arabe) serait apparu, et lui aurait communiqué les premiers versets du Coran : « Lis ! (ou récite !) Au nom de ton Seigneur qui a créé, » (Coran ). Le mot rendu par lire est "iqra"', dérivé du mot "qara'a" qui signifie « rassembler ce qui est dispersé ou épars ». Le mot Coran ("Qur'an" en arabe) est également un dérivé de ce même mot arabe.
Il semble qu'au tout début de la révélation, le Coran ait été d'abord mémorisé. La tradition parle même de certains compagnons de Mahomet venant l'interroger sur la manière de réciter tel ou tel chapitre.
Une première compilation du texte coranique aurait été faite moins d'un an après la mort de Mahomet, sous le premier calife Abû Bakr (632 - 634). Celui-ci, conseillé par ‘Umar qu'effraie la mort (au cours de la bataille de Yamama en 633) de soixante-dix compagnons connaissant par cœur l'intégralité du texte, aurait chargé Zayd ibn Thâbit, qui avait été scribe de Mahomet et connaissait le Coran en entier, de rassembler les divers supports écrits et de préparer une copie du texte coranique intégral. Après la mort de Mahomet, on aurait pu compter au moins quatre Ansarites qui connaissaient par cœur le Coran en entier. Toutefois, les biographes (tous écrivant plus de 100 ans après la mort de Mahomet) confirment la mémorisation du Coran en entier par un très grand nombre de compagnons. Selon ces sources, ces supports n'étaient acceptés que s'ils étaient écrits en présence de Mahomet, et à condition que chaque support fût contrôlé par deux témoins de confiance ayant entendu Mahomet réciter le passage en question. De plus, selon ces mêmes sources, il fallait au moins deux attestations écrites pour chaque verset à transcrire, et ne pas se fier à la mémoire seule selon les ordres d'Abou Bakr. C'est ce que l'on aurait fait, à l'exception de deux versets pour lesquels on ne trouvait qu'une seule attestation écrite, mais ils furent confirmées par la mémoire de plusieurs compagnons.
Le texte aurait alors été rédigé sur des feuillets "(sahifa)". Une fois complétés et vérifiés par les compagnons de Mahomet, ces feuillets qu'on nomma "mashaf" (collection de feuilles) auraient été confiés à la garde d’Abou Bakr. Après la mort de ce dernier, le deuxième calife, `Omar ibn al-Khattab (634–644) les aurait reçu. Après sa mort, ils auraient été confiés à sa fille Hafsa, veuve du Prophète. 
D'autres compilations ont été faites, notamment le corpus d'Abdullah ibn Mas`oûd, qui perdura trois siècles, mais également de Ubay ibn Ka'b et de Ali ibn Abi Talib. Elles différaient en certains points du texte, ainsi que sur le nombre et l’ordre des sourates. Al-Qurazi a comparé les Mushafs utilisés par Ibn Mas'ud, Ubayy, et Zaid b. Thabit, et n'a trouvé aucune différences entre eux. Une révision annuelle du Coran se faisait entre l'archange Gabriel et Mahomet durant le Ramadân. La dernière, en l'occurrence une double révision, est celle qui eut lieu l’année de son décès.
Certaines formes de récitations marginales ont été transmises selon la procédure de la transmission du hadith, qui sont citées chez les exégètes anciens, tels qu'Ibn Kathir, Al-Qurtubî, et les autres… Cependant le sens n'est visiblement jamais éloigné au point de transfigurer le sens des versets. Muhammad Hamidullah, qui a fait des recherches considérables sur les manuscrits musulmans anciens, souligne que tous les écrits anciens retrouvés à ce jour correspondent au Coran sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui partout dans le monde :
Selon la tradition musulmane, un compagnon, Hudhayfah ibn Al-Yaman, remarqua, sous le califat de Othmân ibn Affân, troisième calife qui aurait régné entre 644 et 656, que les peuples des régions de Syrie et d'Irak se disputaient sur les différentes prononciations de certains mots du Coran, tandis que les nouveaux musulmans des provinces en dehors d'Arabie ne savaient pas bien prononcer les mots du Coran. Le calife, percevant les risques de division, décida alors d'officialiser un type unique de prononciation de l'arabe du texte coranique et d'établir une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres.
Ainsi il demande à Hafsa de lui faire parvenir son manuscrit du Coran. Il fait préparer alors plusieurs copies ("mus'haf") en utilisant la prononciation du prophète. Cette tâche fut confiée à Zayd ibn Thabit, `Abdullah ibn az-Zubayr, Sa`id ibn al-As, et Abdur Rahman ibn Harith ibn Hisham. `Ali ibn Abi Talib avait également un manuscrit qu'il avait lui-même compilé après la mort de Mahomet dont l'ordre des sourates n'était pas la même mais il ne fit aucune objection par rapport à l'ordre des sourates dans le "mushâf" établi par la commission d'Othmân. Zayd dit :`Omar est venu me voir et pour me dire : « La mort a prélevé un lourd tribut sur les hommes le jour d’Al-Yamâmah et je crains que cela ne touche les mémorisateurs sur les divers fronts si bien que l’on perdra une grande partie du Coran s’ils ne le compilent pas. Je serais donc d’avis que tu compiles le Coran ». Abû Bakr demanda « comment puis-je faire une chose que le Messager d’Allâh n’a pas faite ? » Il dit « Par Allâh, c’est une entreprise bénéfique. » Il n’a cessé d’en discuter avec moi jusqu’à ce qu’Allâh ouvre ma poitrine et que je partage l’opinion de `Omar.
Une fois la tâche achevée en 647, `Othmân renvoie le manuscrit original à Hafsa et fait parvenir les copies aux différents points importants du territoire musulman. Tous ces éléments sont rapportés par Al-Bukhârî, n° .
Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours mot pour mot et lettre pour lettre cette prononciation. L’écriture utilisée est nommée « "Ar-Rasm al-`Outhmanî" ». Selon la tradition, quelques-unes de ces copies anciennes existent encore aujourd’hui, telle le Coran d'Othman qui se trouve à Istanbul (Turquie), le manuscrit de Samarcande qui se trouve à Tachkent (Ouzbékistan) et une autre au British Museum de Londres. La critique littéraire a prouvé (e.a. du fait du style coufique) que ces textes sont en réalité postérieurs de plus d'un siècle .
L’orientaliste anglais Sir William Muir dit : « Le Coran de par son contenu et son ordre exprime avec force la précision de sa compilation. Les diverses parties furent assemblées d’une manière extrêmement simple et sans afféterie. On ne trouve pas dans cette compilation l’empreinte d’une main qui aurait apporté un talent ou un ordre. Elle témoigne de la foi du compilateur et son dévouement pour ce qu’il compile car il n’a pas osé faire plus que de prendre ces versets sacrés et les mettre les uns à la suite des autres. » Il ajoute également : « Selon toute vraisemblance, le monde entier ne connait aucun livre hormis le Coran ayant traversé douze siècles avec un texte aussi limpide et précis. » De nombreux autres chercheurs sont arrivés à la conclusion que le Coran a subi plusieurs modifications et est peu limpide, l'arabe utilisé étant souvent très peu compréhensible.
Après avoir envoyé ces copies dans chaque région, `Othmân ordonna la destruction de toutes les copies précédentes, dont les manuscrits incomplets ainsi que ceux contenant des annotations personnelles. Parmi ces copies, il y avait celle d’Ali ibn Abi Talib, gendre de Mahomet, celle d’Ubay ibn Ka'b ainsi que celle d’Abdullah ibn Mas`oûd qui furent toutes détruites.
Au Moyen Âge, Ibn Khaldun a écrit longuement sur les péripéties de la grammaire, du lexique et de la syntaxe arabes, et de l"'i'rab" dans son Muqaddima et décrit comment l'histoire a conduit la langue arabe à la simplification depuis ses origines.
Le grammairien spécialiste d'arabe ancien, Muhyiddin al-Darwish, a consacré un ouvrage volumineux à une analyse grammaticale détaillée de l'intégralité du Coran, et expliqué dans un langage fort technique le fonctionnement de la grammaire de l'époque de façon systématique verset par verset. Il a également disséqué les usages grammaticaux de l'époque pour tous les points qui semblent être autant d'erreurs grammaticales au regard de l'arabe simplifié, destiné à être enseigné aux non-arabes, à partir du premier siècle hégirien.
D'après l'ouvrage confessionnel sunnite "Encyclopaedia of Islam", les traits diacritiques auraient déjà été inventés au temps du Calife Ali ibn Abi Talib, qui a demandé à abu al-Aswad d'écrire un ouvrage sur la grammaire. Celui-ci aurait inventé les voyelles, encore inexistantes dans l'écriture arabe auparavant. Ces voyelles consistant en des traits diacritiques auraient été appliquées dans les manuscrits du Coran de façon systématisée plus tardivement. Les points diacritiques permettant de différencier certaines consonnes existaient quant à eux, mais étaient utilisés exceptionnellement jusqu'alors, pour des mots prêtant à des ambiguïtés fortes, comme en témoignent les papyrus PERF 558 (22H/642), le papyrus bilingue P. Mich. 6714 (daté à 22-54H/642-674). Les différences de graphismes entre le Coran rédigé en "Warch" et celui rédigé en "Hafs", témoignent de ce que la finalisation orthographique des versets s'est faite postérieurement à Mahomet. Certains graphismes liés à des flexions casuelles ou encore à la ponctuation ont également été rajoutés au le texte primitif, une fois inventés, pour permettre aux non initiés la bonne prononciation des versets.
Selon la religion musulmane, le Coran, parole de Dieu, est, par dogme, incréé, éternel et inimitable. Il est au cœur de la pratique religieuse de chaque croyant.
Une querelle théologique a éclaté au entre le mouvement motazilite - ardent défenseur de l'unicité divine et du dogme de la création du Coran (Coran créé) pour éviter que ne soit associé quoi que ce soit à Allah, mouvement aussi connu sous le nom de "Ahl al 'aql" (les gens de la raison)- et le mouvement des "ahl al naql" (les gens de la transmission), qui prêchaient que le Coran est la parole de Dieu (Coran incréé). Le premier courant fut instrumentalisé sous le califat d'Al-Ma'mun contre le second ce qui conduisit notamment à l'emprisonnement de Ahmed ben Hanbal et le second mouvement prit sa revanche sous le califat de son successeur Jafar al-Mutawakkil qui persécuta les partisans du premier mouvement. Ils disparurent peu de temps après.
Il s'agit du conflit entre raison et tradition qui opposent les premières écoles de lecture du Coran. Les Qadarites sont ceux qui après la mort de Mahomet adhérèrent à la théorie du Coran faisant ressortir le libre-arbitre de l'homme. Cette théorie, sans doute influencée par la pensée hellénisque, vit le jour sous le califat des Omeyyades, dont deux des califes se convertirent à cette doctrine. Les Qadarites furent les précurseurs des rationalistes mu'tazilites. 
En opposition les Jabrites (Al-jabriyya) étaient les partisans d'un Coran faisant prévaloir le pouvoir absolu de Dieu.
C'est donc à la suite de la traduction en arabe des philosophes grecs (particulièrement la logique d'Aristote), que les deux principaux pôles de pensées se confirment : 
كل معصية كان يجوز أن يأمر الله سبحانه بها فهي قبيحة للنهي، وكل معصية كان لا يجوز أن يبيحها الله سبحانه فهي قبيحة لنفسها كالجهل به والاعتقاد بخلافه، وكذلك كل ما جاز أن لا يأمر الله سبحانه فهو حسن للأمر به وكل ما لم يجز إلا أن يأمر به فهو حسن لنفسه
Ibrahim an-Nazzam (d. 231 AH/845 AD)
Pour eux, le Coran est créé, c'est-à-dire distinct de Dieu et contrairement à Lui, survenu dans le temps.
On a retrouvé au , au Yémen, les volumineux ouvrages d'Abdel al Jabbar Ibn Ahmad appartenant à l'école shafi'ite, qui ont permis de mieux comprendre l'importance de ce courant de pensée dans la formation de la théologie musulmane actuelle, qu'elle soit sunnite ou chiite.
Les thèses traditionalistes, dans leur formulation la plus étroitement littéraliste, se verront confortées avec les enseignements d'Ibn Taymiyya au jusqu'à Ahmad ibn 'Abd al-Wahhâb (le wahhabisme actuel).
Selon le Coran, l'ange Gabriel (Jibril) aurait eu pour mission de faire descendre le contenu du Coran céleste et de le transmettre à Mahomet.
C'est la tradition sunnite exprimée par Ibn Khaldoun. Elle laisse entendre qu'il y a un original dont le Coran matériel est la transcription partielle, le livre mère, "Oum El Kittab", évoquée dans le Coran.
Du point de vue ésotérique, le Coran matériel ne serait que la représentation physique, une sorte de réplique, d'un Coran supérieur, occulté aux yeux du profane, un Coran enregistré sur une Table gardée ( [al-lawḥ al-maḥfūẓ], « la tablette préservée ») (), un livre caché ( [kitāb mmaknūn], « livre caché ») () et que le Coran décrit comme « la Mère du Livre » (« mère » doit être pris dans le sens « qui contient », tournure souvent rencontrée en arabe)( [umm al-kitāb], « mère du livre ») ().
Dans la religion musulmane, le Coran est vu comme parfait (car œuvre divine), et donc absolument inimitable dans son sens comme dans sa forme. C'est le dogme de l'inimitabilité du Coran.
Il semble que cette idée de l'inimitabilité ait été développée à partir du de l'histoire de l'islam. Ce dogme concerne autant le contenu que la forme. Et c'est le Coran lui-même qui l'énonce dans plusieurs versets, parmi lesquels le suivant : 
En ce qui concerne le contenu, le Coran fait toutefois explicitement référence aux textes bibliques et donc ne se présente pas quant au fond comme entièrement nouveau. Par exemple il contient le passage suivant dont le matériau est proche de celui de Exode 5.2:
Mohamed Abed Al-Jabri dit à ce propos : […] Or, puisque le Coran recourt à la relation des récits non pas pour la relation en soi, mais pour servir la Da’wa (propagation du message de l’islam), la relation des récits – quand bien même ils seraient des récits des prophètes – n’est pas obnubilée par la vie des prophètes, mais elle présente à chaque fois ce qui est en adéquation avec la Da’wa a une étape donnée.
Le Coran est œuvre parfaite selon deux versets : 
Le caractère inimitable du Livre va permettre de fixer la langue arabe, et de développer toute une science du discours et de la rhétorique, surtout avec un certain Al-Jourjani vers le (cf. "Dala'il al-I'jaz" ou les preuves de l'inimitabilité) ; mais il va aussi contribuer à retarder la traduction du Coran dans d'autres langues.
Selon l'historien Maxime Rodinson, ce dogme de la perfection du style coranique fut remis en cause, y compris dans l'islam : . Cette perfection serait culturellement ressentie par les musulmans, comme pour tout . . Grand spécialiste des civilisations sémitiques et fin connaisseur de l'arabe, Theodor Nöldeke a écrit un grand article sur ce qui lui paraissait des défauts stylistiques dans le Coran. Mais, pour l'autre grand arabisant français Jacques Berque, tout ce que Theodor Nöldeke imputait à un vice rhétorique n'est, à la lumière d'une analyse critique bien menée, que singularités grammaticales ou spécificités stylistiques propres au discours coranique.
Cité et récité dans de nombreux événements et circonstances de la vie (prières quotidiennes, Ramadan, fêtes familiales…), le Coran occupe une place importante dans la vie de tout musulman. Dans les mosquées, il n'est pas récité mais psalmodié. En effet, citant le Coran, l'imam pense citer une parole venue de Dieu : il n'est alors plus acteur utilisant sa voix mais instrument de la parole divine. Tel qu'interprété par les oulémas, ou « docteurs de la foi », ce texte est aussi à l'origine du droit musulman. L'exégèse du Coran et les conflits d'interprétations entre les divers courants de l'islam sont ainsi à la base des plusieurs types de compréhension possibles de notions telles que la charia (loi de l'islam) ou encore le djihad (on distingue ainsi le « djihad majeur », effort de conversion tourné contre soi-même, du « djihad mineur », effort de conversion tourné contre les autres).
Mahomet proscrit en son temps toute idolâtrie de La Mecque. Cela est le résultat d'un état de fait avéré : à Mahomet l'apôtre, le politique et le législateur a succédé, par la force des choses, le guerrier.
Le djihad (littéralement « effort ») de l'âme, effort du croyant pour lutter contre les vices du caractère, se double désormais d'un djihad du corps, le combat pour Allah, véritable combat pour la supériorité de l'islam.
Cependant, selon M. Hamidullah (dans "Le Prophète d'Islam, sa vie, son œuvre"), toutes les batailles livrées par Mahomet auraient été défensives. Les raisons de chaque bataille livrée sont systématiquement explicitées dans tous les ouvrages biographiques traitant de Mahomet (ibn Ishaaq, ibn Hisham, etc.). Cette approche "défensive" du djihâd a également été revendiquée par ses premiers successeurs directs Abu Baqr et Umar. Le professeur Hamidullah précise que comme pour les Juifs et les chrétiens, les zoroastriens et les hindouistes bénéficièrent d'un statut particulier leur permettant de pratiquer leurs cultes religieux. L'interprétation des versets du Coran touchant le djihad est sujette pour cette raison à controverse.
L'étude du Coran, fondement de la culture islamique, riche de plus de versets, a donné naissance à la science du Coran qui consiste non seulement en sa mémorisation mais aussi dans la connaissance des clés de lecture du texte et en son exégèse. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, conseille : « Il faut des clefs du Coran, on n'entre pas dans son monde comme cela. Le mieux est d'avoir lu des introductions à sa lecture ».
Parmi les disciplines constituant les sciences coraniques figurent l'ʼIʻrāb (analyse syntaxique des versets), le tabyîn (l’explicitation du sens « littéral »), ou encore le tafsir (exégèse ou interprétation). Cependant, bien qu'utile, le tafsir est à prendre avec précaution car beaucoup d'exagérations peuvent en résulter, et certains récits servant de base pour l'explication de certains versets ne sont pas authentiques.
La science des "Qirâ’at" est une science coranique qui s’intéresse aux différentes variantes de lecture du Coran. Ces variantes diffèrent notamment en termes de prononciation, de tournures de mots, d’intonation, de diction ou encore de rythmique. Plusieurs grands savants musulmans s’y sont intéressés tels que Suyuti dans son célèbre livre "Al-Itqân fi `ouloûm al-Qur'an" ou encore Tabari.
Les musulmans admettent que le texte coranique qui fut fixé dans son intégralité à l’époque du calife Othmân ibn Affân, était exactement tel qu'il fut révélé au prophète Muhammad. On note que les premières versions du Coran, écrites en hijazi – écriture arabe primitive– sont caractérisées par l’absence de signes diacritiques, de voyelles et de séparations des versets. Si l’on considère le texte brut et vu la richesse orale de la langue arabe et de ses tournures, une multitude de lectures seraient possibles, notamment en termes d’homonymes, de prononciations ou encore de tournures de mots.
Dès lors la science des "Qirâ’at" permettrait de s'assurer du fait que les lectures du Coran sont non seulement conformes au texte brut –celui du "Mushaf" d'Othmân– mais également conformes à la diction faite par le prophète Muhammad ou à celles qui furent approuvées par lui-même et ce, de manière à ne pas altérer le sens ou l’harmonie du Coran. Le Coran étant un texte divin, aucune altération volontaire des versets, de leur sens ou ajout humain n'est acceptable. De ce fait, ces lectures devront être authentifiées dans les moindres détails jusqu’au prophète par une chaine de transmetteurs ininterrompue constituée uniquement de rapporteurs intègres.
Les différentes possibilités de dictions, d’intonations ou de prononciation du Coran au temps même du prophète de l'islam sont attestées par la tradition dans plusieurs hadiths dont l’un des plus célèbres fut rapporté par Al-Bukhari, Ahmed et Mouslim :
J'ai entendu Hichâm ibn Hakîm ibn Hizâm réciter la sourate "Al-Furqân" autrement que je ne la récitais. Or l'Envoyé d'Allah (que la bénédiction de Dieu et la paix soient sur lui) me l'avait fait réciter par lui-même. Je fus sur le point de l'interrompre, mais je le laissai terminer et alors, l'enroulant dans son vêtement, je le traînai jusqu'à l'Envoyé d'Allah […] et dis à ce dernier: « Je viens d'entendre cet homme réciter la sourate "Al-Furqân" autrement que tu ne me l'as fait réciter toi-même. » - « Lâche-le », me dit le Prophète […]. Puis s'adressant à Hichâm, il lui ordonna de réciter. Quand celui-ci récita de la même manière que je vins d'entendre, le Prophète […] dit: « C'est ainsi que cette sourate fut révélée. ». S'adressant alors à moi, il m'ordonna de réciter. Quand je récitai, il dit: « C'est bien ainsi que cette sourate fut révélée; le Coran fut révélé sur sept "Ahrouf" (modes ou tournures), récitez-le de la façon qui vous est la plus facile. »
Plusieurs hypothèses furent données par les érudits musulmans sur ces "Ahrouf". Certains commentateurs ont pensé que les "Ahrouf" désignent des dialectes des tribus arabes de l'époque : Quraysh, Yaman, , Houdhayl, , et Tamîm. D’autres, comme le célèbre compagnon Abdullah ibn Abbas, étant donné que la langue du Coran est une « langue arabe claire » (Coran ), les "Ahrouf" ne seraient que des tournures du dialecte Qurayshite, dialecte de la propre famille de Mahomet. D’ailleurs, lors de la compilation du codex coranique d'Othmân, les compagnons sont revenus de manière systématique à la langue de Quraysh dès qu’il y avait le moindre soupçon de divergence.
Plusieurs érudits musulmans s’accordent à dire que ces "Ahrouf" sont à l'origine des différentes récitations du Coran –communément appelés "Qirâ'at" () ou lectures. Pour d’autres, les sept "Ahrouf" renvoient tout simplement aux sept "Qirâ’at" authentiques les plus célèbres utilisées aujourd’hui. Quoi qu’il en soit l’usage des "Ahrouf" persista dans le cadre des différentes variantes de lectures faites par les compagnons du prophète Mahomet, notamment chez ceux qui mémorisaient intégralement le Coran.
Les principales "Qirâ’at" du Coran ont été fixées lors du par des "Qur’aa" – spécialistes des sciences de la lecture du Coran– faisant partie notamment des et générations de musulmans. Plus tard, en l’an 324 de l’hégire, Abu Bakr Ibn Mujahid fut le premier à rassembler sept différentes lectures en sélectionnant celles qui furent les mieux transmises et les plus fiables (Hafs, Nafii, etc.). Ces sept lectures authentiques sont "Moutawatir", c'est-à-dire transmises par un grand nombre de transmetteurs intègres à chaque génération.
Plus tard, d'autres "Qirâ’at" ont également été identifiées comme authentiques pour constituer finalement dix ou quatorze "Qirâ’at" bien connues et admises par le consensus des érudits musulmans. Ces autres lectures sont également considérées comme authentiques mais rapportées par un degré moindre de transmetteurs à chaque maillon de la chaine, voire via un unique transmetteur. Toutefois, quatre de ces lectures ayant une chaîne de transmission authentique mais singulière, avec des maillons à un seul rapporteur, ne sont pas utilisées dans les actes cultuels.
Les "Qirâ’at" sont basées sur la transmission orale du texte et de sa technique de lecture de génération en génération, par le principe de la chaîne de transmission et de l'affirmation de l'intégrité des hommes constituant ces chaînes, principes connus également dans la science du Hadith.
Pour les musulmans, cette transmission orale à côté de la mise par écrit aux premiers moments de l’islam est l’un des facteurs qui continue à garantir l'authenticité du Coran jusqu’à nos jours.
Les 4 Madhabs ou écoles de jurisprudence ont établi 3 critères pour accepter une "Qirâ’at" :
Ainsi, toutes les "Qirâ’at" des grands lecteurs (Hafs, Warch, Qualoune, etc.) remplissent ces trois conditions et toute autre lecture doit passer ce test pour être déclarée "Qirâ’at" authentique.
Les contradictions qui ont pu être relevées au sein du Coran sont expliquées par la science islamique par le principe des versets abrogés ("Mansukh") et des versets abrogeants ("Nasikh") : les versets les plus récents relatifs à un sujet donné abrogent les versets les plus anciens sur le même sujet. Il y a plusieurs niveaux d'abrogations selon que l'abrogation porte sur la lecture du texte ou seulement sur sa prescription tandis que le texte reste inscrit dans le Coran. Le principe de l'abrogation repose sur deux versets du Coran (Coran 2:106 et 16:101). Pour faire comprendre le principe de l'abrogation par Dieu de ses propres versets, les savants de l'islam utilisent souvent l'analogie avec le médecin qui fait évoluer son traitement à mesure de l'état du malade, la Révélation ne pouvant être donnée d'un coup tout entière aux Hommes.
La difficulté est de connaître, pour chaque sujet étudié, le verset révélé en dernier alors que les versets du Coran ne sont pas classés par ordre chronologique. La connaissance des "Mansukh" et des "Nasikh" constitue donc une science du Coran qui donne lieu à des longs débats entre savants sur l'abrogation ou non de tel ou tel verset. 
Globalement, concernant les prescriptions de vie, les premiers versets dictés à La Mecque ont souvent été abrogés par des versets dictés plus tard à Médine, jugés plus « durs. » L'exemple le plus souvent cité de l'évolution des prescriptions du Coran en fonction de la règle de l'abrogation est celui de l'interdiction de l'alcool. Un autre exemple souvent cité, notamment par les adversaires de l'islam, est le "verset du sabre" (Coran 9:5) qui abolit, selon eux, jusqu'à 114 versets antérieurs prônant la tolérance religieuse. Cette dernière interprétation est réfutée par de nombreux savants musulmans (voir l'article Mansukh).
Depuis le milieu du , une évolution des études coraniques en Occident est apparue. Elle est le résultat des progrès considérables de l'exégèse biblique (critique des formes et critiques de la rédaction) et des théories littéraires. Les sciences humaines - notamment, l'anthropologie et l'histoire des religions - commencent à s'y faire sentir. (rôle du symbolique et de l'imaginaire, passage de l'oral à l'écrit, fonction du mythe, etc).
Ces recherches se divisent en deux grandes orientations : La première porte sur l'histoire du Coran, sa composition, sa « collecte » et sa rédaction. La seconde concerne sa relecture à la lumière des sciences humaines et à une étude critique, afin d'appréhender la façon dont le texte coranique a agi dans la constitution de l'imaginaire islamique aux diverses étapes de son histoire, c'est-à-dire de la façon dont .
Les historiens sont en désaccord quant à la mise à l'écrit du Coran : certains comme François Déroche ou John Burton estiment que le Coran fut mis à l'écrit à l'époque de Mahomet. À l'opposé, d'autres historiens estiment qu'il fut mis à l'écrit entre 685 et 715 à l'image de William Montgomery Watt ou Alfred-Louis de Prémare. Pour certains, différents éléments donnent à penser que le Coran actuel serait le fruit d'une longue élaboration.
Trois remarques préliminaires importantes :
Selon Guillaume Dye, le contenu du Coran qui fait référence aux récits antérieurs a mené les chercheurs à se positionner selon l'une des deux écoles historiques :
Ces données proviennent notamment de l'étude des plus anciens textes coraniques, étude rendue difficile par l'absence de Corans de la première génération, l'état encore primitif, donc polysémique, de l'écriture arabe aux . Remarquons l'éclairage d'une interprétation des premiers textes lorsqu'on introduit des signes diacritiques syriaques (voir plus loin notamment S. Naef et Christoph Luxenberg). Ces études tiennent compte de la littérature arabe ou non précédant, contemporaine ou postérieure à l'élaboration du Coran, du contexte historique de l'époque où le Coran est apparu, des éléments que découvre l'analyse littéraire dans le texte actuel du Coran.
Les études du linguiste Robert Kerr permettent une nouvelle approche de l'histoire coranique. L'étude, aussi bien paléographique que philologique, des inscriptions sur pierre, des premières traces de l'écriture arabe et des premiers corans lui permet d'affirmer que les premiers corans ne sont pas écrits en alphabet sud-arabique mais en arabe d'Arabie Pétrée (Syrie, Jordanie, Iraq actuelles). Pour lui, en l'état actuel de la recherche, «le Coran n’a [donc] pris naissance ni à La Mecque, ni à Médine».
De nouvelles données semblent contredire cette thèse : outre le fait que de nombreux témoignages attestent de l'usage de l'écriture arabe à l'apparition de l'islam dans le Hedjaz, une table ronde a été organisée à l'Institut du Monde Arabe le 20 mai 2016 avec pour titre « Aux origines de l'écriture arabe : nouvelles données » où Christian Robin et Laïla Nehmé ont mis en évidence que l'écriture arabe n'est pas née en Syrie comme on le pensait jusqu'à récemment mais au nord-ouest de l'actuelle Arabie Saoudite puisqu'il y fut decouvert des inscriptions plus anciennes à la région qui s'étend entre Al-'Ula et la frontière jordanienne, et à l'est jusqu'à la région de Sakaka dont certaines de ces inscriptions sont datées du de notre ère. Ces inscriptions témoignent de l'origine Nabatéenne de l'écriture arabe. Il fut aussi retrouvé à Najran (sud de l'Arabie) des inscriptions en écriture arabe vers 470.