Cigarette électronique

La cigarette électronique (ou "e-cigarette") est un dispositif électromécanique ou électronique générant un aérosol destiné à être inhalé. Elle produit une « vapeur » ou « fumée artificielle » ressemblant visuellement à la fumée produite par la combustion du tabac. Cette vapeur peut être aromatisée et contenir ou non de la nicotine. À la différence de la fumée produite par une cigarette traditionnelle, cette vapeur n'a pas l'odeur du tabac brulé et, selon les premières études scientifiques, contient des quantités de particules et substances cancérigènes ou toxiques beaucoup plus faibles que cette dernière. Elle est parfois présentée comme une alternative moins nocive au tabac ou comme un substitut pour l'arrêt du tabagisme.
Le dispositif est communément désigné par « cigarette électronique » ou « e-cigarette » ou « e-cig », car, dans ses formes les plus démocratisées, il rappelle la forme et l'usage de la véritable cigarette, et simule sa fumée. Le terme « électronique » (ou le préfixe « e-») est un élément de marketing inventé en 2005, pour des dispositifs qui ne comportaient à l'époque pas d'éléments électroniques, ni microprocesseur. Fin 2013, la plupart des dispositifs sont électroniques, d'une complexité allant de simples mécanismes de protection à des modèles sophistiqués, avec variateur de tension ou de puissance, contrôle de la température de la résistance, décompte des bouffées, écran, communication avec ordinateur.
Quand elles ont la forme d'un cigare ou d'une pipe, elles peuvent alors aussi être nommées « cigare électronique » ou « pipe électronique », également appelée "e-pipe" ou "epipe". Toutefois elles peuvent prendre des formes plus originales.
Les utilisateurs de cigarettes électroniques préfèrent souvent le terme « vapoter » ou « vaper » (dérivé du mot « vapeur ») au lieu de « fumer » et se désignent non plus comme des fumeurs mais comme des « vapoteurs ». De même, afin d'éviter l'assimilation aux produits du tabac, les vapoteurs nomment l'appareil "vaporisateur personnel" ou "vapoteuse".
Les termes "cigarette électronique", "vapoter" et "vapoteur/vapoteuse" ont été inclus dans l'édition 2015 du "Petit Larousse" et du "Petit Robert".
Le concept d'une cigarette électronique est élaboré par Hebert A. Gilbert en 1963, avec un brevet déposé en 1965 présentant le schéma d'une cigarette électronique « remplaçant le tabac et le papier par de l’air chauffé et aromatisé ». Gilbert fut approché par des sociétés souhaitant fabriquer cette cigarette, mais son invention ne fut jamais commercialisée.
Le premier dispositif rendu public destiné à simuler l'utilisation d'une vraie cigarette a été réalisé en 2003 par Hon Lik, un ancien pharmacien et ingénieur chinois qui a déposé en 2005 un brevet pour une « cigarette sans fumée à pulvérisation électronique ». Toutefois, ce premier dispositif exploite alors la technologie de nébulisation par ultrason. Hon Lik s'est ensuite associé à la société Golden Dragon Holdings pour commercialiser sa cigarette électronique en Chine en 2004. En novembre 2007, la Golden Dragon Holdings a changé le nom de l'entreprise en Ruyan (如烟), qui signifie « comme une cigarette » en chinois. Le nom change de nouveau en août 2010 en "Dragonite International Limited".
La technologie de vaporisation par résistance chauffante, seule technologie commercialisée pour les cigarettes électroniques actuellement, a été inventée et brevetée vers 2009 par le chinois David Yunqiang Xiu (修运强) avec son « Electronic Nicotine Delivery System (ENDS) ».
Les cigarettes électroniques sont pour la plupart fabriquées en Chine, dans diverses usines des villes de Shenzhen et Hong Kong. Les revendeurs du monde entier sélectionnent leurs produits via des intermédiaires sur place et se font livrer les kits tout prêts, ou achètent les divers éléments et font eux-mêmes le conditionnement des kits. Certains gros revendeurs louent des ateliers au sein des usines de production ou possèdent des ateliers de montage sur place. Il existe également des modèles développés et fabriqués en petites séries en Europe et en Amérique.
Les entreprises historiques du tabac se sont progressivement intéressées au marché de niche de la cigarette électronique et chaque acteur majeur du tabac propose maintenant sa cigarette électronique.
Le principe d'une cigarette électronique consiste à produire un aérosol imitant la fumée de tabac. La technique la plus courante consiste à chauffer le liquide (dit e-liquide ou « liquide à vapoter ») par l'intermédiaire d'une résistance chauffante, appelée « atomiseur ».
L'utilisateur doit enclencher le chauffage de la résistance, le liquide chauffe, se vaporise et produit un aérosol que l'utilisateur peut alors inhaler.
L'activation du chauffage de la résistance peut être soit manuel (l'utilisateur appuie sur un interrupteur), soit automatique (un dispositif électromécanique placé dans la cigarette électronique détecte l'aspiration de l'utilisateur et active aussitôt la résistance).
L'aérosol (brouillard de micro-gouttelettes) constitue un nuage blanc rappelant la fumée des véritables cigarettes, peu odorant. Cette « vapeur » visible disparait rapidement (demi-vie dans l'atmosphère d'environ onze secondes avec du liquide au propylène glycol).
Il existe un grand nombre de modèles de tailles, de capacités, de formes, de contenus, d’accessoires et de marques. Depuis les cigarettes électronique jetables ou les premiers modèles qui cherchaient souvent la ressemblance avec les cigarettes traditionnelles jusqu'aux derniers modèles dont l'apparence peut s'éloigner fortement des références au tabac.
Une cigarette électronique est constituée des éléments principaux suivants :
La batterie est constituée d'un accumulateur dans un bloc et équipé d'un module électronique de régulation et de protection. Lorsque cet ensemble est démontable, on parle alors de "mod".
Les accumulateurs pour cigarettes électroniques sont actuellement presque exclusivement de technologie lithium-ion.
L'atomiseur est la partie qui a pour fonction de chauffer le liquide afin de générer l'aérosol.
Les atomiseurs, "cartomiseurs" et "clearomiseurs" contiennent un fil résistif en Nichrome, en Kanthal ou en Inox, qui entoure une mèche qui peut être en fibre de silice, en coton ou en grille de tamis fin (mesh en anglais) et/ou qui est entouré par une bourre. La mèche ou bourre ont pour fonction de stocker le liquide et de l'amener par capillarité à la résistance pour qu'il soit chauffé et vaporisé. 
Quand l'atomiseur et la cartouche sont indissociables et ne forment qu'un seul composant, ce dernier est nommé « cartomiseur » (contraction des mots « cartouche » et « atomiseur ») ou cartouche à atomiseur intégré. Les cartomiseurs alimentent en liquide l'atomiseur par l'intermédiaire d'une bourre.
Lorsque l'alimentation est assurée à l'aide d'un système à mèches, on parle de « clearomiseur », équipé en général d'un réservoir en tout ou partie transparent. Le système de mèche est situé soit en haut pour des vapeurs qui seront tiède à chaude, soit en bas pour des vapeurs qui seront froide à tiède.
Les atomiseurs sont des consommables dont la durée de vie varie énormément suivant le modèle, l'utilisation et le type de liquide. Certains modèles permettent de ne changer que la partie contenant la résistance lorsqu'elle est trop encrassée, afin de ne pas jeter le reste du corps de l'atomiseur.
Il existe également une famille d'atomiseurs dits "reconstructibles" qui permettent à l'utilisateur de configurer lui-même ses résistances chauffantes et ses mèches.
Un dispositif de régulation du flux d'air peut être également intégré à l'atomiseur.
C'est la partie contenant le liquide, généralement cylindrique. Elle est en plastique, en verre ou en en métal et se présente soit sous la forme d'une cartouche pré-remplie à usage unique, soit sous celle d'un réservoir à remplir, par le haut ou par le bas.
Il existe trois types de réservoirs : ceux à bourre, ceux sans bourre, dits réservoirs "tank', et les atomiseurs secs ("dripping atomizers") dans lequel le liquide n'est stocké que dans la mèche.
Le réservoir possède deux ouvertures : une entrée d'air et une sortie pour la vapeur. 
La sortie peut être équipée d'un embout buccal interchangeable ("drip tip" en anglais).
Ils se composent :
Certains utilisateurs procèdent eux-mêmes à l'assemblage des différents éléments de base pour composer leurs propres liquides, on parle alors de DIY (, ).
Les liquides sont vendus le plus souvent dans des flacons en plastique de et, plus rarement, sous forme d'échantillons ou de flacons unidoses de pour les tester. Ils existent quelquefois sous forme de gels.
Les concentrations en nicotine sont indiquées sur le flacon de liquide ou sur la cartouche quand elle est pré-remplie, parfois avec l'abréviation « mg » (au lieu de « mg/mL »). La sensation de picotement dans la gorge et la bouche, provoquée par la nicotine, est appelée par les utilisateurs de cigarette électronique. C'est l'abréviation de l'expression en .
De très nombreuses saveurs sont disponibles : tabacs, fruits, boissons, desserts
La cigarette électronique, qui a réalisé au niveau mondial en 2011 un chiffre d'affaires estimé à deux milliards de dollars, est commercialisée via plusieurs circuits de distribution :
En France, boutiques de cigarettes électroniques étaient recensées en 2014, dont 800 en région parisienne.
Début 2014 est publié par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies le rapport ETINCEL - "prévalence, comportements d’achat et d’usage, motivations des utilisateurs de la cigarette électronique". Les utilisateurs réguliers y sont évalués de 1,1 à 1,9 million et il y est noté que « tous les vapoteurs réguliers sont ou ont été fumeurs : la cigarette électronique semble ainsi constituer, du moins pour le moment, plutôt une solution de sortie du tabagisme qu’une « porte d’entrée ».
Une association de défense des utilisateurs de cigarettes électroniques, l'Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (AIDUCE), a été créée en France en 2013.
Dans un avis de 2011, l'AFSSAPS recommande de ne pas utiliser la cigarette électronique en raison de la toxicité de la nicotine par voie cutanée ou par voie orale, pouvant être grave notamment chez les enfants, et du risque de dépendance primaire, lié également à la nicotine.
En 2013, l'Organisation mondiale de la santé recommande de ne pas recourir à ce type de produit étant donné l'insuffisance de démonstration d'efficacité et de sécurité et le risque de développer une dépendance à la nicotine chez les non-fumeurs. En 2014, elle confirme sa préoccupation dans un document préparatoire rédigé en vue de la sixième session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac ; ce document recommande d'interdire la cigarette électronique aux mineurs et le vapotage dans les espaces publics fermés.
Les premières études scientifiques sur la cigarette électronique sont apparues vers 2009. Faute d'études suffisantes, les avis des experts et autorités publiques étaient basés essentiellement sur un principe de précaution, les stratégies publiques de lutte contre le tabagisme et les risques connus de dépendance à la nicotine.
Une synthèse sur l'efficacité et la toxicité de la cigarette électronique a été publiée en 2010-2011 dans le ' par Michael Siegel , de la ' (BUSPH) et conclut que :
En 2011 en France, un avis (de mai 2011) de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle la toxicité de la nicotine et souligne que . L'agence précise qu'.
En 2012-2013, de nouvelles études scientifiques confirment que la vapeur de cigarette électronique est nettement moins toxique pour l'organisme que la fumée du tabac, mais qu'elle n'est pas inoffensive pour l'organisme animal ou humain. En septembre 2013, la revue "60 millions de consommateurs" rapporte que des tests faits sur une dizaine de modèles de cigarettes électroniques ont décelé la présence de molécules cancérigènes en quantité significative comme le formaldéhyde, l'acroléine ou l'acétaldéhyde.
En avril 2014, l'émission de télévision suisse « À bon entendeur » de la chaîne RTS fait procéder à une série de tests comparatifs par le laboratoire Certech en Belgique : les résultats et conclusions des analyses mettent en évidence la pluralité des substances chimiques potentiellement toxiques induites par l'inhalation (directe ou indirecte) ou vapotage.
En 2015, une étude sur le modèle animal (souris de laboratoire) conclut que des souris ayant respiré de la vapeur d'une e-cigarette du commerce sont devenues plus vulnérables à la pneumonie et à la grippe ; les chercheurs citent plusieurs composés de cette vapeur susceptibles d'altérer le système immunitaire animal, mais concluent que des recherches plus approfondies sont nécessaires pour mieux cerner ce mécanisme. Certains commentaires de scientifiques à cette publication émettent des doutes quant à la pertinence de cette étude, évaluant que la même exposition pour un être humain nécessiterait une aspiration à un rythme irréaliste (11 à 13 fois par minute).
En avril 2015, le Public Health of England (Organisme de Santé Public d'Angleterre) publie un rapport de 111 pages déclarant la cigarette électronique 95% moins nocive que le tabac.
En mai 2016, le Royal College of Physicians (Collège Royal de Médecine, la plus ancienne et plus prestigieuse institution de médecine), déclare dans un rapport de 200 pages : « La cigarette électronique serait 95% moins nocive que la cigarette ».
La nicotine est toxique, classée substance « très dangereuse » (classe Ib) par l’OMS et le règlement européen 1272/2008 relatif aux substances dangereuses qui prescrit l’étiquetage suivant pour les préparations contenant plus de 0,1% m/m de nicotine (soit approximativement ) : « mortel par contact cutané » et « toxique en cas d’ingestion ». La dose létale médiane (DL50, dose entrainant 50% de décès) est estimée chez l'homme de 0,5 à par kilogramme. Pour un être humain adulte, cela représente en moyenne (). Une source indique que la dose létale pour l'être humain s'élève à . En 2013, une analyse critique indique que la dose létale par ingestion pour l'être humain plus probablement de l'ordre de à ramme.
L'ingestion accidentelle par des enfants de liquides de recharge contenant de la nicotine peut être mortelle. Ainsi, l'Organisation mondiale de la santé confirme en 2013 que, par exemple, si un enfant pesant 30 kilos absorbe la totalité du contenu d'une cartouche de liquide électronique dosé à de nicotine par ml, cela peut provoquer une intoxication aiguë à la nicotine qui serait susceptible de causer sa mort. Ainsi, l'absorption de 6 gommes à mâcher à de nicotine par un jeune enfant atteint le même seuil critique.
Le propylène glycol n'est pas considéré comme un produit toxique pour l'homme. Il est utilisé, depuis les années 1950, comme composé chimique pour l'administration de médicaments pulvérisés ; par exemple, dans les inhalateurs et les nébuliseurs pour l'asthme. Les aérosols de propylène glycol ont un puissant pouvoir antibactérien et antiviral.
Les études et données connues permettent à des organismes de santé publique (FDA, EPA, NTP, ATSDR, INRS) de faire des conclusions identiques, à savoir que les différents composés du propylène glycol présentent « un très faible risque pour la santé humaine ». Lors d'expérimentation sur les animaux par ingestion ou inhalation (2011), le propylène glycol s'est révélé « peu toxique en exposition répétée ou prolongée ». Selon une étude d'avril 2013, aucun des propylènes glycols n’a présenté des preuves de « toxicité cancérigène, mutagène ou potentiellement reproductive chez l'homme ».
Aux États-Unis, la ' (FDA) inclut ainsi le propylène glycol dans sa liste des « substances généralement reconnues comme inoffensives » (', GRAS).
Le glycérol (aussi appelé glycérine végétale, ou VG) est souvent utilisé en complément ou en substitution au propylène glycol. Ce composé n'est pas considéré comme toxique ; c'est un additif très largement utilisé dans les préparations alimentaires (E422), les cosmétiques, les savons et détergents, les produits pharmaceutiques, comme des gommes à mâcher à la nicotine, vendues sur prescription médicale dans certains pays. L'inhalation répétée et prolongée d'aérosols de glycérine par des animaux n'a révélé aucune toxicité.
Dans le cas de la cigarette électronique, la glycérine ne devrait pas produire de gaz toxique appelé acroléine car cela nécessite d'atteindre une température d'au moins . Mais cette température peut probablement être rencontrée dans certaines conditions puisque la présence d'acroléine a été détectée à faible dose (de 0,07 à 4,19 micro-grammes pour 15 inhalations, soit quatre fois moins que pour une cigarette ordinaire) dans la vapeur de cigarettes électroniques.
Les nitrosamines, principaux agents cancérigènes contenus dans le tabac, n'ont été détectés dans les liquides à vapoter qu'à l'état de traces, à des taux équivalents à ceux des substituts nicotiniques tels que les patches ou gommes à la nicotine et qui sont 500 fois moindres que ceux que l'on retrouve dans les véritables cigarettes.
Une étude américaine publiée en 2013 a montré la présence de traces de particules métalliques dans l'aérosol de certaines cigarettes électroniques jetables qui pourraient provenir des différents composants de la cigarette électronique, de l'environnement de production (usines) ou bien des liquides à vapoter. 
La réglementation de la commercialisation de la cigarette électronique est parfois proposée comme un moyen de limiter ces risques sanitaires issus de la production : marquage CE, Directive RoHS, classification comme dispositif médical, production des liquides par des laboratoires pharmaceutiques
La première étude interventionnelle, réalisée en Nouvelle-Zélande entre septembre 2011 et juillet 2013 et portant sur la comparaison d’efficacité vers le sevrage tabagique, ne permet pas de conclure quant à une éventuelle supériorité entre une cigarette électronique avec de nicotine, une autre sans nicotine (placebo) et un patch de .
Plusieurs études suggèrent un rôle favorable pour le sevrage partiel ou complet du tabagisme. Elles sont cependant d'un niveau de preuve jugé insuffisant car essentiellement observationnelles, non comparatives ou portant sur un faible nombre de fumeurs. Ainsi, la réduction du tabagisme pourrait atteindre la moitié des patients qui se sont mis à la cigarette électronique sans intention de s'arrêter de fumer. Des résultats comparables sont retrouvés dans d'autres enquêtes, dont une, française qui montre une diminution du tabagisme chez 72 % des vapoteurs avec 11 % d'arrêt. En outre, il serait attendu une réduction de la fréquence des symptômes rapportés.
La promotion de la cigarette électronique et son usage dans les lieux publics sont parfois soupçonnés de faire indirectement la promotion de la consommation du tabac. Selon certaines opinions, la cigarette électronique favoriserait notamment l'initiation des jeunes à la consommation du tabac ; cette considération est une simple hypothèse. Toutefois l'usage de la cigarette électronique chez le jeune est corrélé avec un risque plus important d'entamer un vrai tabagisme, mais la démonstration d'un lien de causalité n'est pas faite.
Pour Joseph Osman, président de l'Office français de lutte contre le tabagisme, elle risque d'être un moyen pour les jeunes de s'initier au tabagisme. 
En 2012, l'enquête "Paris sans tabac" portant sur 3409 collégiens et lycéens de 12 à 19 ans en a recensé 277 qui ont utilisé au moins une fois la cigarette électronique. Parmi ceux-ci, dans la tranche de 12 à 14 ans, 6,4 % ont essayé au moins une fois la cigarette électronique dont les deux tiers étaient non-fumeurs. 
Cette même enquête réalisée en 2014 amène le professeur Dautzenberg à déclarer que « la cigarette électronique ne pousse pas les jeunes dans les bras du tabac, bien au contraire ».
Dans son avis du 23 avril 2014 le Haut Conseil de la Santé publique exprime sa principale mise en garde concernant . 
Selon l’association ASH dans un document, les statistiques montrent qu'une incitation de tabagisme pour les plus jeunes n'est cependant pas avérée au Royaume-Uni.
Malgré le peu de recul et d'études scientifiques sur le sujet, il est estimé que l'utilisation de la cigarette électronique ne provoque aucun risque comparable au tabagisme passif de la fumée du tabac. Toutefois, l'émission dans l'air d'aérosols et de composés organiques volatils, tels que le Propylène glycol, des arômes, et la nicotine lors de l'utilisation de la cigarette électronique en intérieur, est une nouvelle source de composés organiques volatils et de particules ultra-fines/fines dans l'environnement intérieur.
Sur la base d'une revue des études scientifiques existantes, le rapport de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT) conclut que 
L'application à la cigarette électronique des lois et règlements interdisant de fumer dans les espaces publics (ou les lieux de travail) est l'objet de controverses et de variations selon les pays. 
L'usage de la cigarette électronique est considéré par certaines associations et organismes comme relevant déjà des lois existantes, comme une normalisation ou une incitation à l'acte de fumer et donc une promotion du tabac et doit donc être interdit pour ces raisons dans les lieux publics. 
Pour d'autres spécialistes, interdire complètement la cigarette électronique dans les lieux publics ou lieux de travail est disproportionné.
Les limitations techniques des détecteurs de fumée sont parfois invoquées pour interdire la cigarette électronique (par exemple dans les avions).
Au niveau européen, la cigarette électronique est évoquée lors des débats en vue de l'élaboration d'une nouvelle directive tabac, celle en vigueur datant de 2001.
La procédure de révision de cette directive, souvent abrégée en DPT (Directive des Produits du Tabac) ou TPD ("Tobacco Product Directive"), est lancée à partir de décembre 2012.
Le 8 octobre 2013, lors du premier passage devant le Parlement européen, celui-ci a rejeté par le vote de « l'amendement 170 » la proposition de la commission ENVI qui visait à classer les cigarettes électroniques sous le régime des médicaments. Ce point a été salué par l'Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (AIDUCE), créée en janvier 2013.
Les négociations se sont alors poursuivies (sous la forme de trilogues) et le 18 décembre 2013 les représentants de la commission ENVI, des États membres de l'UE et du Parlement européen sont parvenus à un compromis négocié sous l'égide de la présidence lituanienne du Conseil de l'Union européenne. Les cigarettes électroniques resteront en vente libre, mais les États membres qui les assimilent déjà à un médicament pourront continuer à le faire et vendre ce type de cigarette en pharmacie, comme c'est déjà le cas pour les substituts nicotiniques.
Cet accord a été validé par la Commission parlementaire de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire ENVI, avant d'être approuvé en première lecture devant le parlement, lors de la session du 26 février, pour être finalement adopté par le Conseil le 14 mars 2014.
La directive a été promulguée le 29 avril 2014 par publication au Journal officiel de l'Union européenne. Les États ont un délai de deux ans pour la transposer dans leur législation nationale.
Cette DPT vise à établir "des exigences de sécurité et de qualité pour les cigarettes électroniques" et se traduit notamment par les dispositions suivantes sur les produits vendus au public :
Les fabricants et revendeurs de cigarette électronique redoutent un impact néfaste de ces obligations légales sur le marché, ainsi que l'interprétation qui sera faite lors de la transposition de certains points comme :
Selon une étude parue en mars 2007 et publiée par l'Agence autrichienne de santé et sécurité alimentaire, ce type de générateur d'aérosol correspondrait à un dispositif médical de classe a (voire b) et sa commercialisation nécessite un marquage CE approprié, voire une autorisation de vente telle que stipulée par la législation sur les appareils médicaux.
La cigarette électronique n'est considérée en France ni comme un dispositif médical ni comme un médicament, selon un avis de 2011 de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), si elle n'est pas revendiquée par ses vendeurs comme un produit de sevrage tabagique, si le taux et la quantité de nicotine ne dépassent pas respectivement les seuils de (/ml) et . Cette cigarette électronique relève alors de la « réglementation sur la sécurité générale des produits mis à disposition du public » et ne peut pas être vendue en pharmacie.
Fin 2012, l'absence d'étude satisfaisante sur l'efficacité de la cigarette électronique pour l'arrêt du tabagisme et les interrogations sur sa toxicité divisaient les médecins et spécialistes qui déconseillaient généralement cette solution. « Malgré tout, l'efficacité de ce produit dans le sevrage tabagique commence à être établie, constate Jean-François Etter, professeur en santé publique à l'université de Genève. Quant aux utilisateurs, ils s‘en disent très satisfaits, ce qui crée un vrai décalage avec le positionnement médical. »
Cent médecins ont signé fin 2013 un appel soulignant notamment que « la cigarette électronique peut être conseillée à tout fumeur désireux d’arrêter de fumer et elle peut tout à fait faire l'objet d'une association avec des patchs, voire avec d’autres traitements du sevrage tabagique, si son seul usage s’avère insuffisant pour lui permettre d’atteindre ses objectifs. Elle est moins addictive que la cigarette conventionnelle et participe ainsi à un sevrage rapide ou progressif du tabac ».
La 31 mai 2013, au terme du rapport OFT qu'elle avait commandité, la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a annoncé son intention d'interdire sa publicité et sa vente aux moins de 18 ans et s'est déclarée « favorable à l'interdiction de « vapoter » dans les lieux publics ». Elle a annoncé la « saisine du Conseil d'État pour que les possibilités juridiques de cette interdiction soient précisées ».
La publicité pour la cigarette électronique est sujet à controverses ; la cigarette électronique est-elle considérée comme un produit de consommation courante, comme un dérivé du tabac ou encore comme un produit pharmaceutique? Malgré l'annonce en mai 2013 par la Ministre de la Santé d'une circulaire à venir interdisant toute publicité en faveur de la cigarette électronique, un spot télévisé a été diffusée le 30 septembre 2013 sur la chaîne d'information BFM TV.
Le 9 décembre 2013, le tribunal de commerce de Toulouse a estimé que la publicité et la vente des cigarettes électroniques constituaient une concurrence déloyale envers les buralistes. Mais le vendeur de cigarettes électroniques de Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) a interjeté appel de cette décision, suspendant l'application de cette dernière jusqu’au jugement d'appel.
Fin 2013, par un communiqué commun repris dans la presse, l'Institut national de la consommation, l'AIDUCE, l'OFT et le CACE (Collectif des acteurs de la cigarette électronique) annoncent la création d'un front commun pour améliorer l'information des consommateurs et garantir la qualité des produits. Ces acteurs se retrouvent le 4 avril 2014 autour de l'AFNOR qui annonce par un communiqué le début d'un processus de normalisation avec des premiers résultats envisagés fin 2014.
Le 2 avril 2015, les premières normes sont publiées, il s'agit des normes expérimentales XP D90-300-1 (cigarettes électroniques) et XP D90-300-2 (e-liquides).
En avril 2015, l'Assemblée Nationale valide l'article 53 du projet de loi Santé. Cet article, validé par le Sénat en septembre 2015, permet au gouvernement d'appliquer la directive européenne sur les produits du tabac par ordonnance ; l'article 20 de cette directive concerne la cigarette électronique.
En février 2016, l'article 23 de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé étend l'interdiction de la publicité en faveur du tabac et des produits du tabac, aux dispositifs électroniques de vapotage et aux flacons de recharge qui leur sont associés. Cette interdiction entre en vigueur le 20 mai 2016.
En septembre 2011, un groupe de réflexion lié au gouvernement anglais déclare et l'envisage comme une alternative au tabac afin de lutter contre les risques liés au tabagisme.
Le 12 juin 2013, la NHS a annoncé qu'à partir de 2016, les cigarettes électroniques devraient avoir une autorisation de mise sur le marché et seront considérées comme des médicaments.
Le 21 août 2015, , une agence dépendant du ministère de la santé britannique, s'est prononcée en faveur de l'utilisation de la cigarette électronique comme méthode d'aide à l'arrêt du tabac, estimant qu'elle pouvait être un outil de sevrage efficace, et que sa nocivité était environ vingt fois plus faible que celle des cigarettes ordinaires.
En Suisse, la cigarette électronique peut être vendue uniquement sans nicotine dans les cartouches et liquides de recharge. Cependant, l'importation de liquide et recharge avec nicotine pour usage privé est autorisée dans la limite de tous les deux mois. La validité de l'interdiction de vente des liquides avec nicotine par la lettre n°146 de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) est contestée par un avis de droit du cabinet BRS de Genève, produit à la demande de l'association des usagers Helvetic Vape.
En avril 2013, l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) et le SPF Santé publique déconseillent l'usage des cigarettes électroniques, en raison des dangers de surdosage de la nicotine, de l'absence d'étude sur son efficacité pour l'arrêt du tabagisme, de l'absence de contrôle de la qualité de production.
Le 4 décembre 2013, le Conseil Supérieur de la Santé de Belgique a publié son premier avis scientifique sur la cigarette électronique. La position scientifique officielle de la Belgique est actuellement intermédiaire par rapport à celle d’autres pays européens.
En conclusion, l’influence de la cigarette électronique sur la santé publique est donc actuellement entourée d’incertitudes, aussi bien en ce qui concerne ses aspects positifs que négatifs. C’est pour cette raison que le Conseil estime qu’une stratégie basée sur le principe de précaution est indiquée. Cette stratégie implique premièrement plus d’études sur ses effets nocifs de ces dispositifs et de leurs contenus, à court et long terme. Des données sont également nécessaires concernant leur utilisation en Belgique, en particulier par les adolescents. Deuxièmement, le Conseil tient à ce que la vente de la cigarette électronique contenant de la nicotine ne puisse avoir lieu qu’en pharmacie. Troisièmement, le Conseil émet également une certaine réticence à la mise à disposition générale de la cigarette électronique, ceci particulièrement pour empêcher la promotion éventuelle du tabagisme traditionnel. Enfin, la cigarette électronique étant un sujet en pleine évolution, sur la base de nouvelle(s) publication(s) ou le suivi de ce qui se passe dans d’autres pays où les règles sont différentes, le Conseil pourra éventuellement adapter sa position dans le futur.
En Italie, l’Ordonnance du Ministère de la santé du 4 août 2011 (G.U. Série Générale n. 232 du 5 octobre 2011) interdit la vente de cigarettes électroniques contenant de la nicotine aux moins de 16 ans. Le 28 septembre 2012 (G.U. Série Générale, n. 248 du 23 octobre 2012) le ministre Balduzzi a étendu l'interdiction aux moins de 18 ans. Avec le décret loi 76/2013 approuvé par le parlement le 8 août 2013, les cigarettes électroniques sont assimilées au tabac avec une taxe à la consommation de 58,5 %.
Mais peu de temps après, l'utilisation de la cigarette électronique a été autorisée dans les bureaux, les locaux et les autobus. L’interdiction reste maintenue dans les établissements scolaires.
L'Institut national de santé publique du Québec a rappelé que Santé Canada a émis un avis précisant que la vente de cigarettes électroniques et de liquide contenant de la nicotine est interdite, celles-ci relevant de la "Loi sur les aliments et drogues". La loi impose l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché avant de pouvoir importer ce type de produits. À l'heure actuelle, aucune cigarette électronique n'a obtenu d'autorisation de mise sur le marché au Canada.
Pour ce qui est des cigarettes électroniques ou des liquides sans nicotine et qui ne sont pas associées à des allégations thérapeutiques, aucun règlement ou loi n’interdit la vente de ces produits au Canada, qui peuvent donc être considérées comme des objets récréatifs.
Les autorités américaines déconseillent l'usage des cigarettes électroniques.
Aux États-Unis, en juillet 2009, la "" avait tenté d'interdire l'importation de cigarettes électroniques et lancé un sévère avertissement à leur encontre, arguant de ce qu'on y trouvait des traces de contaminants spécifiques au tabac, y compris certains agents cancérigènes (TSNA). Toutefois, le procès entre deux des principaux importateurs et la FDA pour déterminer s'il est du domaine de compétences de cette dernière de bannir de tels produits s'est achevé en janvier 2010. Le juge américain Richard Leon a déclaré que la FDA n'avait pas le pouvoir de réglementer les cigarettes électroniques et a ordonné le déblocage des cigarettes électroniques retenues depuis fin 2008 par la douane sur demande de la "US ".
En 2013, la ville de New York a décidé d'interdire l'usage de la cigarette électronique dans les lieux publics intérieurs ainsi que dans les bureaux.
En Australie, la vente de cigarettes électroniques contenant de la nicotine est interdite. Toutefois il existe un projet d'interdire les cigarettes de tabac au profit des cigarettes électroniques si les résultats d'études prouvent d'ici 2015 que la vapeur des cigarettes électroniques est moins dangereuse que la cigarette de tabac.
En Nouvelle-Zélande, la e-cigarette était interdite jusqu'à la diffusion du film Billion lives d'Aaron Biebert. En effet, suite à la projection en mai 2016 en Avant-première de Billion lives, film sur "Big Tobacco", le gouvernement a changé d'opinion à propos de la cigarette électronique.
Les cigarettes électroniques contenant de la nicotine sont considérées comme des produits pharmaceutiques et doivent donc être homologuées. La détention et la vente de produits pharmaceutiques non homologués sont punissables au maximum d'une amende de euros et de 2 ans de prison.
Autres pays interdisant la cigarette électronique (liste non exhaustive) :
Israël et l'Arabie saoudite envisagent aussi une interdiction.
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