Campagne de Pologne (1939)

L'invasion de la Pologne, également connue sous le nom de campagne de septembre ou guerre défensive de 1939 en Pologne (polonais : '), et campagne de Pologne (allemand : ') ou "" (cas Blanc) en Allemagne, fut une opération militaire conduite par l'Allemagne, la Ville libre de Dantzig, l'Union soviétique avec l'assistance d'un contingent slovaque qui conduit au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en Europe. L'invasion allemande commença le , soit une semaine après la signature du pacte Molotov-Ribbentrop, alors que l'invasion soviétique débuta le 17 septembre après que l'accord Molotov-Tōgō du 16 septembre mit un terme aux hostilités russo-japonaises en Corée et Mandchourie. La campagne prit fin le 6 octobre et résulta en la division et l'annexion du territoire polonais par l'Allemagne et l'Union soviétique, selon les termes du traité d'amitié, de coopération et de démarcation.
La forces allemandes envahirent la Pologne par le nord, le sud et l'ouest le matin du septembre après que l'incident de Gleiwitz servit de prétexte pour justifier l'attaque. Confrontées à l'avancée de la Wehrmacht, les forces polonaises se retirèrent de leurs bases avancées à proximité de la frontière germano-polonaise afin d'établir des lignes de défense plus à l'est. Après la défaite polonaise à la bataille de la Bzura, l'avantage stratégique allemand devint indéniable. Les forces polonaises entamèrent alors une nouvelle retraite au sud-ouest où elles se préparèrent pour une défense longue et acharnée de la tête de pont roumaine, attendant une intervention alliée primordiale de la France et du Royaume-Uni. Malgré l'existence d'un pacte avec ces derniers et leur déclaration de guerre à l'Allemagne le 3 septembre, les puissances alliées n'offrirent à la Pologne qu'un soutien très limité.
L'invasion de l'Armée rouge en Pologne orientale le 17 septembre, selon les termes d'un protocole secret du pacte germano-soviétique, asséna un coup fatal au plan de défense polonais, qui perdit alors sa viabilité stratégique. Confronté à une invasion sur deux fronts, le gouvernement polonais décréta que la défense de la tête de pont roumaine n'était plus soutenable et ordonna une évacuation d'urgence de toutes les troupes en Roumanie neutre. Le 6 octobre, après la victoire de la Wehrmacht à la bataille de Kock, les forces allemandes et soviétiques disposaient d'un contrôle total sur le territoire polonais. La réussite de l'invasion signala alors la fin de la Deuxième République polonaise, bien que la Pologne ne capitula pas formellement.
Le 8 octobre, après une période initiale d'occupation militaire, l'Allemagne annexa directement la Pologne occidentale et l'ancienne Ville libre de Dantzig et plaça le reste du territoire occupé sous l'administration du nouveau gouvernement général. L'Union soviétique annexa quant à elle les nouveaux territoires conquis, en les incorporant aux républiques soviétiques biélorusse et ukrainienne, et lança rapidement une campagne de soviétisation. Après la fin de l'invasion et l'assertion définitive du contrôle germano-soviétique, plusieurs mouvements clandestins de résistance armée formèrent l'État polonais clandestin, censé inclure le territoire de l'ancien État polonais. Plusieurs militaires polonais qui parvinrent à fuir le pays rejoignirent l'armée polonaise de l'Ouest, désignant l'ensemble des forces armées fidèles au gouvernement polonais en exil à Londres.
Lors du traité de Versailles à la fin de la Première Guerre mondiale, la ville de Dantzig, avec une bande de terre, le corridor de Dantzig, qui lui donne accès à la mer, ont été confisquées à l'Allemagne qui se trouve ainsi séparée de la Prusse-Orientale. Le , le ministre des affaires étrangères allemand Joachim von Ribbentrop avait exposé au diplomate polonais Józef Lipski les bases d'un accord qui résoudrait le problème de passage entre l'Allemagne et la Prusse orientale : il s'agissait que Dantzig redevienne allemande, ou au moins que l'Allemagne puisse construire une autoroute et un chemin de fer reliant le Brandebourg à la Prusse-Orientale au travers du territoire de Dantzig, la création à Dantzig pour la Pologne d'un port franc avec un débouché sur la mer, la garantie réciproque des frontières communes et la prolongation de 10 à 25 ans du pacte germano-polonais. Le , Józef Beck, ministre des affaires étrangères de Pologne fit savoir qu'il n'était pas possible d'envisager de changement pour Dantzig et que le lieu d'un passage de voies extra-territoriales devait être étudié. Le , l'ambassadeur de Pologne à New York informait son ministre dans une note secrète que le gouvernement américain souhaitait que la France et l'Angleterre « mettent fin à toutes politiques de compromis avec des États totalitaires » et qu'elles « ne s'engagent dans aucune discussion ayant pour but des modifications territoriales quelles qu'elles soient ».
Devant le refus des Français et des Britanniques, et en dépit de la fermeté affichée par le Premier ministre britannique Arthur Neville Chamberlain, qui juge que Hitler va trop loin dans ses exigences et lui fait savoir que le Royaume-Uni ira jusqu'à la guerre s’il le faut, Hitler décide de procéder à une conquête militaire. Après avoir sécurisé son flanc sud grâce à un pacte avec l'Italie fasciste, il se garantit sur son flanc est en signant le pacte germano-soviétique avec Staline le .
La veille du jour où l'armée allemande devait commencer l'offensive, le , le Royaume-Uni et la Pologne signent un pacte d'assistance militaire mutuelle. Hitler arrête les préparatifs, se donne jusqu'au 31 août pour arriver à un compromis, et convoque l'ambassadeur britannique à Berlin afin que soit trouvée une résolution pacifique. Joachim von Ribbentrop lui soumet un protocole en seize points et lui demande de s'entremettre auprès de la Pologne pour qu'elle envoie un ministre plénipotentiaire. Il s'agirait d'organiser un référendum d'autodétermination auprès de la population du corridor et de Dantzig, sous contrôle d'une commission internationale composée de représentants du Royaume-Uni, de la France, de la Russie et de l'Italie. Ensuite, selon le résultat, d'accorder, soit à la Pologne le port de Gdynia avec un large passage vers la mer, soit à l'Allemagne l'autoroute et la ligne de chemin de fer vers la Prusse orientale qu'elle réclamait. N'ayant pas de réponse, Hitler convoque à nouveau l'ambassadeur britannique qui lui fait part de son refus de conseiller à la Pologne de souscrire à cet arrangement. L’« incident de Gleiwitz » du 31 août 1939 sert de prétexte au début des hostilités militaires. Le , l'armée allemande pénètre en Pologne.
En 1939, l’Allemagne nazie s'est déjà emparée de l'Autriche ainsi que de la Bohême et de la Moravie. Pour Hitler, de telles annexions étaient justifiées par la présence de populations germaniques et par la nécessité de donner au peuple allemand un espace vital à l'est. Or une partie de la Pologne est aussi une terre de peuplement allemand, ce qui ajoutait à la justification nationaliste et raciste de l'agression contre la Pologne.
Depuis sa création après le traité de Versailles, la Deuxième République de Pologne a dû lutter pour son indépendance notamment lors de la guerre russo-polonaise de 1920. Cependant, bien que le pays, en partie grâce à ses alliés, se soit sorti de ces menaces, l’armée polonaise en 1939 est loin d'être moderne : elle a une guerre de retard.
Contrairement à une idée fausse très répandue, ce n'est pas la cavalerie mais l'infanterie qui est l'élément principal de l'armée polonaise. La Pologne compte ainsi trente divisions d'active à la veille de la guerre, avec un total de quatre vingt quatre régiments d'infanterie et six de montagne, et neuf divisions de réserve qui n'auront pas le temps d'intervenir. Voici la composition d'une division d'infanterie :
Les divisions sont directement versées dans des armées et dans les groupes d'armées.
Un bon entraînement et un moral à toute épreuve caractérisent le fantassin polonais. Il combat pour la liberté de son pays, ce qui contribue à sa motivation. Néanmoins, le fantassin polonais souffre de son manque de puissance de feu, de sa faible mobilité et enfin de sous-officiers souvent moins compétents que ceux de la Wehrmacht ; les officiers sont de bons commandants, surtout les subalternes.
La cavalerie polonaise équestre disparaît en 1937 et à la veille de la guerre, l'armée polonaise compte onze brigades de cavalerie, dont voici la formation :
Malgré sa puissance, la brigade de cavalerie est obsolète dans la guerre moderne. En effet, la brigade, qui est l'échelon le plus élevé dans la cavalerie, ne permet pas d'actions d'envergure et les lanciers polonais subiront de lourdes pertes, mais ils ne chargeront jamais les chars allemands, contrairement à une légende répandue.
Bien que l'armée polonaise soit équipée de chars, ceux-ci sont déployés par petites unités, comme dans l'armée française et contrairement à l'armée allemande qui privilégie de grandes formations blindées dotées d'une grande puissance de feu et d'une capacité de pénétration profonde dans les lignes ennemies. Ces unités consistent en des bataillons ou des compagnies. Néanmoins, il existe deux brigades blindées. Les unités indépendantes sont au nombre de huit (trois bataillons et cinq compagnies) constituées soit de chars Renault R-35, soit de chars 7TP polonais. De plus, toutes les brigades de cavalerie et onze divisions d'infanterie comptent dans leurs rangs une compagnie blindée de reconnaissance. Voici les effectifs en blindés de l'armée polonaise :
L'armée polonaise ne dispose ainsi d'aucune formation blindée capable de faire jeu égal avec les forces mécaniques allemandes, dont les blindés sont dix fois plus nombreux.
Chaque division d'infanterie compte un régiment d'artillerie légère (36 pièces) et un bataillon d'artillerie lourde (12 pièces). L'armée polonaise comprend aussi des unités autonomes qui sont constituées de 23 groupes d'artillerie lourde, 3 groupes d'artillerie super-lourde, 20 sections d'artillerie légère. La plupart de ces unités sont encore, pour la grande majorité, hippomobiles.
L'armée polonaise comprend aussi de l'artillerie antichar à la fois dans la cavalerie et l'infanterie. Cette artillerie comprend de Bofors. L'artillerie anti-aérienne est en revanche faiblement lotie (462 canons en tout).
En Pologne, l'aviation militaire est organisée selon un schéma qui s'avérera très vite inefficace, basé sur la dispersion d'une flotte peu moderne et insuffisante.
Une partie de la flotte aérienne est « à la disposition » de l'armée de l'air, soit :
Le reste de la flotte dépend de l'Armée de terre et est articulée autour de 7 formations tactiques aux ordres des commandants d'armées en campagne.
En 1939, la modernisation de l'aviation est loin d'être achevée et la majorité des avions de chasse est encore composée de modèles anciens datant de 1930. Il y a moins de 150 bombardiers polonais modernes PZL.37 Łoś bimoteurs et PZL P.23 Karas monomoteurs de bombardement tactique, et la chasse comprend environ 160 appareils PZL P-7 et PZL P.11 ainsi que divers appareils de reconnaissance et de bombardement. Les quelques hydravions dépendent, eux, de la marine. Tous types d'avions confondus, la Pologne pouvait aligner un maximum de 510 appareils militaires.
Au , la Pologne pouvait aligner 308 avions aptes au combat :
La marine polonaise comprend des navires assez modernes, comparativement au reste de son armée. Toutefois, ces navires sont en trop faible nombre. Avant la guerre, la marine polonaise possédait deux ports militaires : l'un à Gdynia-Oksywie et l'autre à Hel, sur la péninsule de Hel. Dantzig ne fut pas la base navale de la marine. Dans cette ville, l'armée polonaise possédait seulement le dépôt de l'armement situé à Westerplatte. Les navires sont organisés en trois escadres :
Lors de l’attaque allemande, les principaux navires polonais furent envoyés au Royaume-Uni dans le cadre du Plan Pékin.
La Wehrmacht aligne pour cette campagne un million et demi de soldats, dont 1,1 million prélevés dans l'armée d'active. Ces troupes d'active sont constituées dans leur majorité de soldats des classes 1915-1916-1917, perméables à la propagande national-socialiste. Cette propagande développe à destination des militaires différents thèmes hostiles à la Pologne et à son État : dans cet « État temporaire » ou « spoliateur », règne la « pagaille polonaise », dont la noblesse polonaise et la bourgeoisie juive sont rendues responsables, et dont les Polonais de souche allemande seraient les premières victimes.
Cette propagande prépare une guerre âpre, dure, non seulement contre l'armée polonaise, mais aussi contre les civils, soupçonnés a priori d'agir en franc-tireurs, comme le signalent de nombreuses instructions diffusées dans l'armée au cours de l'été 1939.
En 1939, la Wehrmacht est techniquement supérieure à l'armée polonaise, mais est loin d'être aussi moderne qu'on ne le pense et la plupart de ses éléments d'infanterie sont encore hippomobiles. L'utilisation des blindés, que les Allemands ont rassemblés en sept "Panzer-Divisionen" (divisions blindées), quatre "Leichte-Divisionen" (divisions légères) et deux bataillons indépendants, fait la différence. L'armée allemande compte cependant en grande majorité des chars peu puissants, comme le Panzer I () et le Panzer II (). L’armée allemande peut aussi compter sur des chars tchèques, le Panzer 35t (202) et le Panzer 38t (78). De plus, la Wehrmacht peut compter sur deux types de très bons chars pour l'époque, le Panzer III (98) et le Panzer IV (211), et enfin 215 Panzer Befehlswagen, qui sont des chars de commandement. On arrive ainsi à un total de chars, pour la plupart des chars légers. Pour finir, 408 de ces chars sont dans des unités de remplacement. Ainsi seules les , et blindées sont fortement dotées en chars (près de 400 chacune). Les divisions légères comptent en moyenne 80 chars.
De son côté, la Luftwaffe dispose de la supériorité aérienne, bien que de nombreux appareils aient été laissés à l’ouest en raison de la menace franco-britannique. Les forces aériennes allemandes alignent près de dont et 
Le succès des opérations allemandes est lié surtout à l'utilisation combinée de l'ensemble des moyens militaires à disposition pour la totalité des opérations militaires menées pour la conquête.
Armée de campagne slovaque Bernolák (Slovenská Poľná Armáda skupina "Bernolák") sous le commandement du général Ferdinand Čatloš :
Commandée par Kliment Vorochilov, l'Armée rouge engage contre la Pologne entre et de troupe selon les sources, soit 33 divisions, 11 brigades, avec , d'assaut et ainsi que les forces spéciales du NKVD pour faire la chasse aux ex-cadres et fonctionnaires de l'état polonais, aux militaires cachés, aux ecclésiastiques et aux groupes de résistants en formation. Deux « fronts » participent à la campagne : le « front de Biélorussie » commandé par Mikhaïl Kovalev, et le « front d'Ukraine » commandé par Semion Timochenko.
Les pertes soviétiques auraient été de 2 à et environ 
L'invasion de la Pologne était programmée pour le 26 août à , mais à la suite de la signature d'un pacte d'assistance entre le Royaume-Uni et la Pologne, Hitler arrête les préparatifs, se donnant jusqu'au 31 août pour arriver à un compromis avec le Royaume-Uni. C'est le septembre 1939 à qu'est finalement programmée l'attaque. Le prétexte allemand pour l'invasion est l'attaque d'un poste de radio à Gleiwitz. Le plan pour cette opération était le suivant : des membres du Sicherheitsdienst (SD) menés par Alfred Naujocks devaient prendre possession du poste émetteur radio, émettre un message hostile à l’Allemagne, puis abattre des prisonniers de droit commun drogués et déguisés en soldats polonais, comme preuve de la présence polonaise. Hitler pouvait ensuite s'insurger de cet "affront" de la Pologne et déclencher l'invasion. Cependant la machination est mal exécutée et l'information destinée à être envoyée au monde entier ne sera connue que par peu de personnes.
C'est à que l'Allemagne, aidée par son alliée, la Slovaquie, qui, alléchée par la promesse d'annexion territoriale, constitue une base opérationnelle essentielle, commence l'invasion de la Pologne, et donc la Seconde Guerre mondiale. L'attaque se fait sur toute l'étendue du front, mais surtout à Dantzig. C'est au large de cette ville que le cuirassé Schleswig-Holstein, qui mouillait dans le port au cours d'une « visite de courtoisie », mais au fond duquel des troupes étaient cachées, va déclencher les hostilités en bombardant la position polonaise de la Westerplatte, où est installé un dépôt d'armes, défendue par 182 hommes. Malgré la faiblesse de ses effectifs et le bombardement du navire allemand, la position tiendra jusqu'au 7 septembre, succombant au bout d'un treizième assaut.
L'assaut allemand a pour but principal la prise du corridor de Dantzig. L'attaque est menée par la blindée venant de Poméranie qui passe la frontière. Le soir du septembre, la division se trouve à de Swiekatowo sur la Vistule. Mais la d'infanterie motorisée censée protéger le flanc gauche des blindées reste bloquée dans le réseau de barbelés polonais et subit une offensive menée par le de lanciers polonais. La division allemande, contrainte au repli, doit demander l'aide des blindés. Le lendemain malgré une offensive polonaise, les Allemands ont atteint la Vistule. De plus, le d'armée de Guderian vient de recevoir l'aide de la d'infanterie, ce qui lui permet de repousser les Polonais au nord. Ces derniers tenteront vainement de percer.
Le bilan de ces premiers jours est catastrophique pour les Polonais. L'armée de Pomorze a subi de lourdes pertes, notamment la d'infanterie. Les autres unités ont réussi tant bien que mal à se replier sur la rive gauche de la Vistule et notamment à Bydgoszcz. Cette ville conserve encore une forte minorité allemande. Lors du repli de l'armée polonaise, les civils d'origine allemande se mettent à tirer sur les Polonais qui réagissent et tuent 233 civils en ayant perdu 238 soldats. Durant toute la campagne polonaise, entre et allemands sont tués ; les SS, en représailles, font subir de dures exactions aux civils polonais.
Le 3 septembre, la armée allemande basée en Prusse-Orientale lance ses divisions à l'assaut des forces polonaises. Le lendemain, l'armée fera sa jonction avec les troupes venant de Poméranie. Néanmoins, les Polonais durant leur retraite réussiront à faire sauter les ponts sur la Vistule.
Pendant ce temps, le d'armée venant de Prusse-Orientale attaque en direction du sud et forme une des deux tenailles qui doit se refermer sur Varsovie. En face des Allemands se trouve l'armée de Modlin. La frontière est protégée par des bunkers et le premier assaut allemand échoue, malgré l'aide de la Luftwaffe, avec de lourdes pertes, tant en chars (72 Panzer mis hors de combat) qu'en infanterie. Cependant, les Allemands contournent les positions polonaises à l'est et, après trois jours d'une dure résistance, les et d'infanterie polonaises sont obligées de battre en retraite sous une forte pression allemande, notamment de la d'infanterie. Le 6 septembre, les Polonais font sauter les ponts de Płock sur la Vistule.
Les Polonais doivent aussi faire face à une forte pression allemande au sud. La armée du général List, fortement dotée en troupes de montagne, doit attaquer à travers les Carpates. Après trois jours d'âpres combats, les Allemands percent les défenses polonaises et se dirigent ainsi droit vers Cracovie.
Pendant ce temps, une bataille navale s'engage au large des côtes polonaises. Bien que les trois meilleurs destroyers ont pu gagner le Royaume-Uni, la Pologne dispose encore de sous-marins, qui tentent vainement, le 2 septembre, d'endommager le "Schleswig-Holstein", ainsi que des destroyers allemands. Mais, le septembre, la Luftwaffe coule le torpilleur polonais "Mazur", le premier navire coulé de la Seconde Guerre mondiale. Le 3 septembre, les dragueurs de mines "Gryf" et "" sont eux aussi coulés. Peu après, les principaux navires allemands sont transférés en mer du Nord pour parer à la menace britannique. Les combats se déroulent donc sur terre avec la tentative allemande de s'emparer de Gdynia. La garnison n'a plus aucune chance de s'échapper, mais elle n'est pas prête à capituler sans combattre. Les Allemands progressent lentement et ils doivent attendre le 10 septembre pour couper la ligne de communication entre Gdynia et la presqu'île de Hel, remplie de défenseurs polonais. La ville portuaire polonaise continue néanmoins sa résistance menée par l'amiral Józef Unrug, aidée par l'artillerie de la presqu'île de Hel. Le 19 septembre avec l'aide du bombardement du "Schleswig-Holtstein", les forces allemandes s'emparent du port, mais Unrug s’est replié par bateau sur la presqu'île de Hel, dont il a dynamité l'accès (une langue de terre) et où il s'est retranché avec . Les Polonais sont ainsi prêts à résister autant qu'il le faudra et les Allemands doivent faire appel au "Schleswig-Holstein" et au "Schlesien" pour pilonner les défenseurs. Malgré cela, la garnison tient toujours et, le 27 septembre, le "Schleswig-Holstein" doit se replier, touché. Finalement, Unrug n'accepte de capituler que le octobre.
Dans le même temps, l'armée allemande continue sa progression vers Varsovie, en concentrant ses efforts sur Częstochowa, avec le et le d'armée. Très vite, l’assaut allemand s’approche de la ville sainte polonaise et la d'infanterie qui la défend doit se replier en raison du risque d'encerclement. Enfin pour compliquer encore les affaires polonaises, les Allemands ont aussi frappé aux alentours de Breslau et menacent donc l’armée de Lódź, qui ne peut stopper l'ennemi malgré sa forte résistance. Au soir du 3 septembre, seule l'armée de Poznań n’a pas été attaquée. Son chef demande l’autorisation d'attaquer le flanc de la , mais le haut-commandement refuse et lui ordonne de se replier entre Konin et Koło. Ainsi, le 5 septembre, la bataille des frontières est finie. Les forces allemandes ont presque partout enfoncé le front des Polonais, mais ces derniers ne se sont fait encercler qu'au nord. Le généralissime polonais espère encore une offensive française, qui lui permettrait de stopper la progression allemande.
À la suite de la bataille des frontières, le maréchal Edward Rydz-Śmigły doit reconstituer un front pour stopper la progression allemande. Pour cela, il décide de se replier derrière des cours d'eau qui sont la Bobr, le Narew, la Vistule et le San. Pour parer à cette possibilité, l'OKH (l'organe dirigeant l'armée de terre allemande) demande aux généraux présents sur le front de prendre de vitesse les Polonais. Ainsi le Heeres Gruppe Nord reçoit l'ordre de franchir le Narew et, ensuite, de se diriger vers Varsovie, tandis que le Heeres Gruppe Süd doit s'emparer de Cracovie et détruire l'armée de Lódź située au sud de Lublin. Le 6 septembre, Cracovie est capturée sans combat. Le même jour, Hitler vient sur le front pour la première et la dernière fois de la guerre. Enfin, devant l'insistance de certains généraux, l'OKH autorise Guderian à envoyer ses divisions motorisées et blindées sur Brest-Litovsk (Brest en Biélorussie de nos jours, Brześć Litewski à l'époque) pour empêcher tout redressement polonais à l'ouest de Varsovie.
Le 8 septembre, les divisions blindées allemandes attaquant au centre du dispositif défensif polonais sont contraintes d'arrêter leur avance faute de carburant. Le général Kutrzeba demande à Rydz-Śmigły l'autorisation de contre-attaquer. Celui-ci accepte et le lendemain, l'armée de Poznań partant de la Bzura et se dirigeant vers le nord-est avec en soutien l'armée de Pomorze sur le flanc oriental prend par surprise les Allemands et la d'infanterie est détruite par trois divisions polonaises. Il faut attendre le 10 septembre pour que les Allemands viennent en aide aux fantassins et à la armée. La bataille qui s'engage ne permet pas de désigner un vainqueur, mais, très vite, l'armée de Lódź plus au sud commence à céder et le général Kutrzeba est obligé de battre en retraite pour éviter un encerclement. Du 13 au 15 septembre, deux divisions polonaises protègent les flancs et les arrières de l’armée de Pomorze, qui peut se replier en exerçant d'ailleurs une forte pression sur la allemande, qui doit demander de l'aide au d'armée. Ainsi se termine la bataille de la Bzura, qui montre que la Pologne, en attendant une hypothétique offensive française à l'ouest, a toujours les moyens de résister à l'armée allemande, du moins pour quelques jours encore.
Au moment de l'offensive polonaise sur la Bzura, les forces allemandes tentent, notamment avec la blindée, de prendre Varsovie. Les chars arrivent aux portes de la ville, mais les troupes dirigées par le général Walerian Czuma avec l'aide de civils résistent farouchement et font reculer l'ennemi. Durant la bataille, le général Czuma est blessé ; il est remplacé par le général Juliusz Rómmel (homonyme du général allemand). Pour parer à une nouvelle attaque, la capitale polonaise se transforma en camp retranché et de nombreuses barricades sont érigées sur les artères principales.
Cependant, les forces allemandes doivent très vite se recentrer sur ce qui se passe à l'ouest de Varsovie, car les troupes polonaises contre-attaquent et certaines unités sont encerclées. Ainsi l'armée Prusy réussit à franchir les lignes allemandes malgré la destruction de la majorité des troupes des , et d'infanterie. L'armée de Lódź, quant à elle, se dirige vers Varsovie, puis vers Modlin face à une farouche résistance allemande devant la capitale polonaise. Pendant ce temps, les arrière-gardes polonaises mettent en place la technique de la guérilla pour ralentir la marche allemande.
Néanmoins, les forces allemandes sont surtout arrêtées dans leur progression vers Varsovie par la résistance polonaise sur la Bzura et la Wehrmacht doit stopper l'investissement de la capitale polonaise. La situation entre le 12 et le 14 septembre est pour le moins confuse, aucun front cohérent n'existe et la Pologne voit son territoire traversé par de nombreuses troupes ennemies. Le 12 septembre, l'OKH demande aux généraux sur le front de réduire les poches de résistance polonaises, de réduire à néant le danger polonais sur la Bzura et enfin de terminer la manœuvre d’encerclement de Brest-Litovsk.
L’offensive menée par le d'armée vers Brest-Litovsk a commencé depuis le 9 septembre et franchi le Narew le même jour. Néanmoins, les Polonais tiennent toujours les fortins situés sur la rive et les soldats allemands ont du mal à faire céder la défense polonaise notamment à cause de la lenteur du franchissement du fleuve par les chars. Après ces péripéties, le 10 septembre, les chars et l'infanterie peuvent enfin se diriger vers Brest-Litovsk, mais les troupes se trouvant le plus près de Varsovie ont bien du mal à progresser, notamment la d'infanterie motorisée. Pour parer à ce danger, Guderian est obligé d'arrêter la progression de ses blindés pour attaquer les Polonais qui se retranchent dans la ville d'Andrzejewo, où ils résisteront jusqu'au 13 avant de se replier. Enfin, la division blindée « Kempf », qui est passée à la proximité immédiate de Varsovie, doit demander l'aide de la Luftwaffe pour repousser les Polonais qui ont contre-attaqué au niveau de la boucle que forment le Bug et le Narew.
Le 13 septembre, Guderian arrive en vue de la citadelle de Brest-Litovsk. Mais celle-ci résiste à un premier assaut allemand le 15 septembre. Le lendemain, une nouvelle attaque échoue car les Panzer se retrouvent soudain seuls face aux remparts, l'infanterie n'ayant pas suivi. Au cours de cette action, l'aide de camp de Guderian, le lieutenant-colonel Braubach est abattu par un tireur de précision polonais. Le 17 septembre, un régiment allemand parvient à pénétrer dans la citadelle et à s'en emparer au moment où la garnison polonaise s'enfuit vers l'ouest.
Pendant ce temps, le Heeres Gruppe Süd continue ses attaques en direction de Varsovie. La armée doit de son côté empêcher les Polonais de s'échapper vers la frontière roumaine en se dirigeant plein sud. Néanmoins, les Polonais résistent avec l'énergie du désespoir. La de montagne allemande met ainsi dix jours pour s'emparer de Lwów, tout comme la de montagne, bloquée face à Przemysl qui tombe le 15 septembre.
Sur la Bzura, les troupes polonaises encerclées réussissent une sortie et les survivants se dirigent vers Varsovie. Le dernier espoir polonais de résister aux Allemands est de se retrancher au sud-est du pays, à la frontière de la Roumanie. Depuis le 15 septembre, de nombreuses unités se dirigent vers cette région. Ainsi, le front nord est créé, avec à sa tête le général Dąb-Biernacki ; il regroupe les restes des troupes situées entre les forces de Guderian et celles de la armée. Cette armée se dirige vers la frontière roumaine en passant par Lwów. Ces mouvements de troupes donnent un nouvel espoir au haut-commandement polonais, car le reste de l'armée polonaise, à l'exception des troupes encerclées dans Varsovie, peut maintenant reformer un front cohérent à la frontière roumaine et ainsi résister en attendant l'offensive française. Il s'agit de la fameuse Tête de pont roumaine.
Le 17 septembre, à la surprise de l'ensemble des belligérants (excepté Hitler et Ribbentrop), l’Armée rouge lance ses troupes sur l'est de la Pologne, sur un front qui s'étend de la Dvina au Dniestr. L'invasion de la Pologne par l’Union soviétique, le 17 septembre 1939, est entreprise conformément au protocole secret du pacte germano-soviétique. Les Soviétiques justifient leur intervention par les discriminations dont seraient victimes les populations ukrainiennes et biélorusses de Pologne, alors que Staline a surtout pour objectif d'agrandir l’Union soviétique en annexant des territoires polonais perdus par la Russie soviétique après la Première Guerre mondiale ; il s'agit aussi de laver l'affront de la cuisante défaite de l'Armée rouge durant la guerre soviéto-polonaise de 1920.
Le 18 septembre, la résistance polonaise devient plus forte, mais la fin est proche pour l'armée polonaise qui cherche, d'ailleurs, plus à combattre les Allemands que les Soviétiques. Les troupes soviétiques qui attaquent sont constituées de deux groupes d'armées. Celui de Biélorussie est constitué de quatre armées et celui d'Ukraine de trois. Parmi ces dernières, la reçoit l'ordre de couper l'accès de l'armée polonaise aux frontières hongroise et roumaine. Face à cette force, les Polonais n'alignent que 18 bataillons et cinq escadrons de cavalerie. Certains Polonais, surpris de voir des soldats soviétiques, croient tout d'abord que ces derniers sont venus les aider, mais ils comprennent très vite leur erreur lorsqu'ils sont capturés. Le même jour, le gouvernement polonais basé à Kolomyja, que les avant-gardes soviétiques menacent, est pleinement conscient que l'armée polonaise ne pourra plus résister et se retire donc par la voie des airs en Roumanie et de là, en France.
Pendant ce temps, les Soviétiques progressent en deux jours de près de et pillent tous les magasins qu'ils rencontrent, malgré l'interdiction des généraux. Guderian rencontre les premiers Soviétiques, qui demandent au général allemand d'évacuer, avant le 22 septembre, la ville de Brest-Litovsk en vertu de l'accord germano-soviétique. Pour Guderian le coup est dur, car la conquête de la ville a occasionné de lourdes pertes à ses troupes et il estime que le délai d'évacuation est trop court. Finalement, les Soviétiques lui accordent un délai supplémentaire. Le 18 septembre, Hitler annonce la fin de la campagne de Pologne, mais des Polonais résistent encore en plusieurs endroits, notamment à Modlin, Hel et Varsovie.
Le siège de Varsovie oppose la "Armia Warszawa" en garnison et retranchée dans la capitale de la Pologne (Varsovie) et la Wehrmacht. La bataille débute par un grand bombardement aérien de la ville par la Luftwaffe le septembre 1939. Les combats terrestres commencent le 8 septembre quand la première unité de blindés allemands arrive dans l'arrondissement de Wola et la banlieue sud-ouest de la ville. Malgré les émissions de radio allemandes qui annoncent la capture de Varsovie, l'attaque est arrêtée peu après et Varsovie mise en état de siège.
Le 26 septembre, Rómmel envoie un émissaire et les défenseurs de Varsovie capitulent le 28 septembre à . Les Allemands ont capturé dont .
Dans le secteur de Kock, près de Lublin, la d'infanterie motorisée allemande est surprise par le Groupe opérationnel indépendant de Polésie du général Franciszek Kleeberg, qui flanque les fantassins à l’aide de sa cavalerie. Les derniers coups de feu polonais sont tirés le 6 octobre. La Bataille de Kock durera quatre jours, mais le 6 octobre des renforts vont venir à bout des dernières unités polonaises qui capitulent, à court de munitions, de moyens de transport et de ravitaillement.
Il aura fallu un peu plus d'un mois à l'armée allemande et à l'armée soviétique pour venir à bout de la Pologne. Le gouvernement polonais ne demanda ni ne conclut d'armistice avec les forces d'invasion. Les forces militaires qui purent s'échapper reformèrent rapidement une armée polonaise à l'étranger pour continuer le combat.
Par voie terrestre, polonais réussiront à s'enfuir par la Roumanie, , par la mer Noire et l'Égée, à Alexandrie, en territoire britannique. Soixante mille autres Polonais, dont de nombreux soldats, fuient par la Slovaquie, la Hongrie et la Yougoslavie : beaucoup de ces exilés rejoindront, par l'Adriatique ou par la Grèce, l'armée polonaise reconstituée en France. Ces routes d'exil se ferment en juin 1940, après l'effondrement de la France, lorsque tous ces pays rejoignent l'orbite allemande ; dès lors, les réfugiés polonais y sont internés.
Lors de la campagne polonaise, les pertes allemandes se montent à ou disparus et . Les Allemands perdent également 832 chars (toutes causes comprises) dont 341 de manière définitive. Une autre source donne 419 chars perdus parmi lesquels 236 sont irrécupérables.
Les Polonais, quant à eux, ont et .
Le nombre de prisonniers varie de ( par les Allemands et plus de par les Soviétiques) à ( par les Allemands et par les Soviétiques). L'Étoile Rouge du 17 septembre 1940 donne les chiffres de prisonniers polonais suivants : 12 généraux, , plus de .
À ces pertes militaires s'ajoutent les pertes civiles. En effet, dès les premiers jours du conflit, on compte des morts civils, à l'image des Allemands (entre 100 et ) tués lors du « Dimanche sanglant de Bromberg », le 3 septembre ; ces morts sont mis en avant par le commandement allemand et servent de prétexte aux crimes dont se rendent coupables les Allemands en Pologne : incendies de villages, exécutions de civils par balle ou à la grenade.
De plus, l'armée allemande connaît la "psychose du franc-tireur", particulièrement exacerbée, favorisée par la rapidité de l'avance des unités motorisées et par l'inexpérience des soldats allemands. Ainsi, des ordres rappellent les sanctions encourues par les civils en cas de détention d'armes, en cas de tirs sur les troupes à partir de leur maison, mais aussi les prérogatives des juges en ce qui concerne les civils polonais.
Le , Lavrenti Beria signe le décret 16/91-415 du Politburo autorisant le NKVD à échanger avec les Allemands, du 24 octobre au 23 novembre 1939, polonais contre en sens inverse. Cet échange sera unique .
Le septembre 2016, la Cour suprême de Russie a confirmé la condamnation du blogueur Vladimir Luzgin, coupable d'avoir déclaré que l'Allemagne nazie et l'Union soviétique avaient envahi la Pologne de commun accord en septembre 1939. Selon la Cour suprême, cette assertion constitue une « négation publique des procès de Nuremberg et la mise en circulation de fausses informations sur les activités de l'Union soviétique durant la Seconde guerre mondiale ».