Burkina Faso

Le Burkina Faso, littéralement « Pays des hommes intègres », aussi appelé Burkina, est un pays d'Afrique de l'Ouest sans accès à la mer, entouré du Mali au nord et à l'ouest, du Niger à l'est, du Bénin au sud-est, du Togo et du Ghana au sud et de la Côte d'Ivoire au sud-ouest. Burkina se prononce /buʁ.ki.na/ (en alphabet phonétique international). La capitale Ouagadougou est située au centre du pays. Le Burkina Faso est membre de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). C'est l'un des 10 pays les moins développés du monde (avec un indice de développement humain de 0,343 en 2012).
Ancienne colonie française, la Haute-Volta obtient l'indépendance le . Le nom actuel du pays, Burkina Faso, date du , sous la présidence du révolutionnaire Thomas Sankara. Combinaison de deux mots dans deux langues principales du pays, il signifie « la patrie des hommes intègres » — "burkina" se traduisant par « intégrité, honneur » en moré, et "faso" se traduisant par « territoire, terre ou patrie » en dioula. La Constitution nationale nomme les habitants du Burkina Faso les Burkinabè (mot invariable en genre et en nombre), où le suffixe "bè" se traduit par « habitant » (homme ou femme) en peul. Le choix de ce mélange de langues (fondé sur trois langues ayant le statut de langues nationales avec le français) dans la dénomination du pays et de ses habitants traduit la volonté d'unification d'une société multi-ethnique (plus de 60 ethnies). Dans la francophonie, les habitants du Burkina peuvent être désignés comme Burkinabè (mot invariable en genre et en nombre), Burkinais et Burkinaises, Burkinabais et Burkinabaises.
On utilise Burkina, Faso ou Burkina Faso dans les usages courants, et Burkina Faso dans les usages officiels. D'après la constitution du Burkina Faso, « le Faso est la forme républicaine de l'État ». Le terme « Faso » remplace donc le terme « République » : « République du Burkina Faso » ou « République du Burkina » n'existe pas. De même on utilise officiellement « président du Faso » au lieu de « président de la République ».
Comme pour tout l'ouest de l'Afrique, le Burkina Faso a connu un peuplement très précoce, avec notamment des chasseurs-cueilleurs dans la partie nord-ouest du pays (12 000 à 5 000 ans avant l'ère chrétienne), et dont des outils (grattoirs, burins et pointes) ont été découverts en 1973. La sédentarisation apparaît entre 3 600 et 2 600 avant l'ère chrétienne avec des agriculteurs, dont les traces des constructions laissent envisager une installation relativement pérenne. L'emploi du fer, de la céramique et de la pierre polie se développe entre 1 500 et 1 000 avant l'ère chrétienne, ainsi que l'apparition de préoccupations spirituelles, comme en témoignent les restes d'inhumation découverts.
Des vestiges attribués aux Dogons ont été découverts dans la région du centre-nord, du nord et du nord-ouest. Or ceux-ci ont quitté le secteur entre le et le pour s'installer dans la falaise de Bandiagara. Par ailleurs, des restes de murailles sont localisés dans le sud-ouest du Burkina Faso (ainsi qu'en Côte d'Ivoire), mais leurs constructeurs n'ont à ce jour pas pu être identifiés avec certitude. Les ruines de Loropéni, situées près des frontières du Togo et du Ghana, sont aujourd'hui reconnues site du Patrimoine mondial.
Avant la colonisation, le territoire actuel du Burkina Faso était partagé entre différents royaumes ou chefferies :
On trouve peu de témoignages sur cette époque au Burkina Faso. Toutefois, une chronologie des royaumes mossi existe.
Les Européens ont eu peu de contacts avec le Mossi, ainsi que l'on désignait ce territoire, et ils se sont produits peu avant la colonisation. Le compte-rendu "Du Niger au Golfe de Guinée" du voyage de Louis-Gustave Binger (1856-1936) relate son séjour, en juin 1888, chez Boukary, le frère du Moro Naba Sanem de Ouagadougou. Lequel Boukary devait devenir le Moro Naba Wobgho qui résista aux Français, avec des moyens bien limités devant leurs armes modernes. Binger décrit un royaume organisé suivant un système féodal.
En 1896, le royaume mossi de Ouagadougou devient un protectorat français. En 1898, la majeure partie de la région correspondant à l'actuel Burkina Faso est conquise. En 1904, ces territoires sont intégrés à l'Afrique-Occidentale française au sein de la colonie du Haut-Sénégal et Niger.
De nombreux habitants participèrent à la Première Guerre mondiale au sein des bataillons de tirailleurs sénégalais. En 1915 et 1916 ont lieu la guerre du Bani-Volta pour protester contre les recrutements forcés. Près de personnes furent tuées par les troupes de l'Afrique-Occidentale française. Le , Édouard Hesling devient le premier gouverneur de la nouvelle colonie de Haute-Volta. Celle-ci est démembrée le et le territoire est partagé entre la Côte d'Ivoire, le Mali et le Niger.
Le , la Haute-Volta est reconstituée dans ses limites de 1932. Le , elle devient la République de Haute-Volta, une république membre de la Communauté française, et elle accède à l'indépendance le . Le nom Burkina Faso est adopté le .
Le premier président de la République de Haute-Volta est Maurice Yaméogo (de l'ethnie mossi, qui rassemble plus de 50 % de la population). Le , le lieutenant-colonel Aboubacar Sangoulé Lamizana (de l'ethnie samo) le remplace au pouvoir. Le , un coup d'État militaire porte le colonel Saye Zerbo au pouvoir. Celui-ci est renversé en 1982 par un autre coup d'État militaire qui place le médecin commandant Jean-Baptiste Ouédraogo à la tête de l'État et le capitaine Thomas Sankara (des ethnies peul et mossi) à la tête du gouvernement. Ce premier entre en conflit avec Sankara et le limoge de son poste de Premier ministre en mai 1983. Trois mois plus tard, le , Thomas Sankara effectue un nouveau putsch et instaure le Conseil national de la révolution (CNR) d'orientation marxiste. Le , le président Sankara rebaptise son pays Burkina Faso.
Le capitaine Blaise Compaoré (mossi) prend le pouvoir le à la faveur d'un coup d'État qu'aurait soutenu le président de la République Française François Mitterrand ; au cours de ces événements, il aurait fait assassiner son prédécesseur Thomas Sankara. La mort de ce dernier est sujette à controverses. La période suivant le coup d'État est baptisée « Rectification » par Blaise Compaoré.
Une nouvelle constitution est adoptée par référendum et le , Blaise Compaoré est élu président de la République (taux d'abstention 74 %). Il est réélu en 1998, 2005 et en 2010.
Les violences policières et les meurtres d'opposants au président Blaise Compaoré scandent les décennies 1990 et 2000 : Dabo Boukary en 1990 ; deux étudiants en 1995 ; Flavien Nébié (12 ans) en 2000. Tous étaient militants ou manifestants. Le Burkina Faso connaît aussi des mouvements d'émeutes : en 1998 après l'assassinat du journaliste Norbert Zongo, en 2006 avec l'arrestation de certains étudiants à la suite d'une conférence de presse à l'université de Ouagadougou, en 2007-2008 contre le coût élevé de la vie. En juin 2008, l'université de Ouagadougou connaît une grève massive, qui se solde par une reprise en main brutale de l'université par le pouvoir : suppression de toutes les prestations sociales étudiantes (bourses, restauration, résidences universitaires vidées en deux jours) après tirs à balles réelles sur les étudiants. La révolte de 2011 secoue le pays en même temps que le printemps arabe.
En 1999, suite à la "loi ivoirienne de 1998 sur le domaine foncier rural", un conflit foncier a lieu à Tabou, en côte d'Ivoire, entre Burkinabè et Ivoiriens. d'entre eux fuient au Burkina Faso. En septembre 2000, de nouveau, un conflit foncier, à San Pedro cette fois provoque l'évacuation d'un millier de Burkinabè. Enfin, en 2001, suite à l'élection de Laurent Gbagbo, des émeutes se multiplient. rentrent au Burkina Faso.
Le , Blaise Compaoré fait face à un soulèvement populaire contre son projet de modification de l'article 37 de la loi fondamentale limitant le nombre de mandats présidentiels, afin de se représenter en 2015. À la suite des émeutes, Blaise Compaoré quitte le pouvoir et le chef d'état-major des armées. Honoré Traoré, annonce la création d'un « organe de transition », chargé des pouvoirs exécutif et législatif, dont l'objectif est un retour à l'ordre constitutionnel « dans un délai de douze mois ». Le , l'armée publie un communiqué qui affirme son soutien à Isaac Zida comme président de transition. Honoré Traoré en est un des signataires, ce qui implique son renoncement au pouvoir. Le , le diplomate Michel Kafando est nommé président de transition. Il nomme Isaac Zida Premier ministre. 
Le , des militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) retiennent en otage le président et le Premier Ministre et annoncent la dissolution du gouvernement transitoire. Gilbert Diendéré, ancien chef d'état-major particulier de l'ancien président Blaise Compaoré, se proclame chef d'État, dans un climat de tensions importantes au sein du pays. Le coup d'État entraîne la suspension du Burkina Faso parmi les membres de l'Union africaine. Le , l'armée entre à Ouagadougou pour exiger la reddition des putschistes. Le jour même, le chef des putschistes annonce que le président de la transition sera « remis en selle » après que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest a demandé à son régiment de déposer les armes. 
Le , le président de la transition, à travers une allocution à la Nation annonce la fin du coup d'État et reprend son poste. Le Burkina Faso est réintégré comme membre de l'Union africaine fin septembre. 
Le , à la suite des élection présidentielle et législatives, Roch Marc Christian Kaboré (MPP) est élu au premier tour président du Burkina Faso avec 53,49 % des voix devant Zéphirin Diabré (UPC), qui récolte 29,65 % des voix, les 12 autres candidats se partageant le reste.
Le ont lieu les attentats de Ouagadougou, des hommes armés ont attaqué le bar "Taxi Brousse", le restaurant "Le Cappuccino" et l'hôtel "Splendid" dans le centre de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Ces lieux sont fréquentés principalement par des occidentaux. L'attaque terroriste est revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).
Deux grands types de paysages existent au Burkina :
L'altitude moyenne est de et le différentiel entre les deux points extrêmes ne dépasse pas . Le Burkina Faso est donc un pays plutôt plat, avec quelques accidents de terrain localisés.
Quoique peu élevé et relativement peu arrosé, le Burkina a un réseau hydrographique assez important, surtout dans sa partie méridionale. Les cours d'eau se rattachent à trois bassins principaux : les bassins de la Volta, de la Comoé et du Niger.
Le pays devait son ancien nom de Haute-Volta aux trois cours d'eau qui le traversent : le Mouhoun (anciennement Volta Noire), le Nakambé (Volta Blanche) et le Nazinon (Volta Rouge). Le Mouhoun est le seul fleuve permanent du pays avec la Comoé qui coule au sud-ouest.
Le plus important, il s'étend au centre et à l'ouest du pays sur une superficie de . Il est constitué par trois sous-bassins majeurs : ceux du Mouhoun, du Nakambé et du Nazinon. Les eaux de ces bassins se rejoignent au centre du Ghana, où elles forment le lac Volta.
Seul cours d'eau permanent avec un bassin versant de , il prend sa source sur le versant nord du massif gréseux de la falaise de Banfora, dans une région où les précipitations dépassent mm par an. Il coule d'abord vers le nord-est puis s'infléchit brusquement vers le sud. Au confluent du Sourou, le bassin versant du Mouhoun et ses principaux affluents (Plandi, Kou, Voun Hou) fournissent un débit moyen de /s. Ce débit est cependant très irrégulier. Le principal affluent du Mouhoun est le Sourou, rivière à pente peu accusée, qui draine l'ancienne plaine lacustre du Gondo dont le bassin versant est de . Ce bassin, presque totalement sahélien ne produit que de faibles écoulements. À l'état naturel, lors des décrues, le Sourou alimentait le Mouhoun. Depuis 1984, les ouvrages de dérivation et de contrôle installés en amont de la confluence avec le Mouhoun permettent le stockage de 250 millions de m dérivés des crues d'hivernage et de restituer le surplus dans le Cours aval du Mouhoun pendant la saison sèche. Changeant brusquement de direction après la boucle du Sourou, le Mouhoun coule vers le sud-est puis plein sud, formant frontière avec le Ghana. Il parcourt le pays sur une distance d'environ .
Il prend sa source à l'est de Ouahigouya, dans une région qui reçoit 500 à d'eau par an. Il draine un bassin versant de . Il draine toute la partie centrale et le nord du plateau central et ne coule que pendant la saison des pluies. Les premiers écoulements intermittents peuvent se produire en mai, mais ce n'est qu'en juillet/août que les débits deviennent permanents à la station de Wayen et se renforcent vers l'aval pour atteindre à Bagré un débit moyen de /s en août.
Lui et son principal affluent la Sissili, drainent la partie sud-ouest du plateau central avec un bassin versant de . Leur régime hydrologique est très voisin de celui du Nakambé.
Il forme la frontière sud-est du Burkina avec le Bénin, reçoit en rive droite trois affluents (le Doudodo, le Singou et la Konpienga) dont les bassins versants totalisent . Ces affluents apportent moins de 30 % du débit moyen de la Pendjari qui elle-même tarit complètement une année sur deux en avril à Porga au Bénin.
La Comoé draine l'extrémité sud-ouest du pays sur un bassin versant de comprenant de nombreux affluents. Elle prend sa source dans les falaises autour de Banfora, notamment dans le village de Takalédougou. Son cours, coupé par des rapides et des chutes, communique avec des mares permanentes situées au pied de la falaise de Banfora, comme le lac de Tengrela. Les écoulements sont permanents.
La pluviométrie relativement abondante de ces régions confère aux rivières qui s'y trouvent un régime nettement soudanien avec une augmentation des débits dès le mois de juin et les débits de crue en août/septembre pouvant atteindre /s.
Il draine le nord-est et l'est du pays et a un bassin versant de . Les affluents burkinabés du Niger les plus septentrionaux sont en grande partie endoréiques (le Béli, le Gorouol, le Goudébo et le Dargol) et peuvent provoquer des crues importantes. Par contre, les affluents soudano-sahéliens (la Faga, la Sirba, la Bonsoaga, le Diamangou et la Tapoa) ont des régimes un peu moins irréguliers et contribuent à la crise dite soudanienne du Niger qui se produit en septembre. Ces cours d'eau de faible débit ne forment souvent qu'un chapelet de mares.
Toutes les rivières du Burkina excepté le Mouhoun et celles du sud-ouest (bassin de la Comoé) sont temporaires : ne coulant que de juillet à octobre.
En dehors du réseau hydrographique, il existe des bassins fermés qui alimentent de nombreuses grandes mares ou lacs naturels, sans écoulement permanent ou temporaire, qui occupent les bas-fonds ou les espaces interdunaires : les lac de Tingrela, de Bam et de Dem, les mares d'Oursi, de Béli, de Yomboli et de Markoye. Les observations effectuées sur la mare d'Oursi et le lac de Bam laissent penser que le fond de ces lacs se colmate par des dépôts argileux.
Le manque d'eau est souvent problématique, surtout au nord du pays.
Le Burkina Faso possède un climat tropical de type soudano-sahélien (caractérisé par des variations pluviométriques considérables allant d'une moyenne de au Nord à plus de au Sud-ouest) avec deux saisons très contrastées : la saison des pluies avec des précipitations comprises entre 300 mm et et la saison sèche durant laquelle souffle l'harmattan, un vent chaud et sec, originaire du Sahara. La saison des pluies dure environ 4 mois, entre mai-juin et septembre, sa durée est plus courte au nord du pays.
On peut donc distinguer trois grandes zones climatiques :
On distingue deux saisons inégales :
La rareté et la mauvaise répartition des pluies provoquent des migrations de plus en plus fortes des populations principalement du Nord et du centre vers les villes, le Sud-ouest du Burkina Faso et les pays de côte.
La température varie de 16 à 45 degrés Celsius ; l'évaporation moyenne annuelle est estimée à et la recharge annuelle de la nappe souterraine à .
La langue officielle est le français. De nombreuses langues nationales sont parlées dont les plus courantes sont le moré, le dioula, le gulmancema et le foulfoulde (voir la section Langues).
Depuis son indépendance en août 1960, le Burkina Faso a connu plusieurs régimes politiques : État de droit et État d'exception. À partir de 1991, le pays a officiellement opté pour un système politique démocratique en adoptant une constitution par voie référendaire et en organisant des élections présidentielles et législatives.
Aujourd'hui, des institutions républicaines sont mises en place :
En outre, d'autres institutions viennent consolider l'état de droit. Ce sont notamment :
La Constitution du , adoptée par référendum, a instauré un régime semi-présidentiel à deux chambres ouvert au multipartisme :
Il faut noter que depuis son adoption le 2 juin 1992, la constitution du Burkina Faso a été révisée à trois reprises respectivement en janvier 1997 pour lever le verrou de la limitation du mandat présidentiel, avril 2000 pour non seulement ramener la durée du mandat présidentiel de 7 ans à 5 ans et aussi pour introduire à nouveau sa limitation à renouvelable une fois, janvier 2002.
Il existe également un conseil constitutionnel, composée de dix membres et un conseil économique et social dont le rôle est purement consultatif.
Le territoire du Burkina Faso est divisé en 13 régions et subdivisé en 45 provinces, 350 départements, 359 communes de plein exercice dirigées par des maires élus et environ.
Le Burkina Faso est divisé 13 régions administratives regroupant 45 provinces (qui étaient les anciennes subdivisions principales du pays mais ne sont plus des collectivités territoriales depuis le ).
Les régions sont dirigées administrativement par un gouverneur représentant l'État auprès du conseil régional et qui est lui-même représenté dans les provinces par des hauts-commissaires.
Les conseils régionaux réunissent les représentants des départements qui autrefois se réunissaient dans les conseils de province. Il n'y a plus depuis 2011 d'assemblée consultative dans les provinces qui sont de simples intermédiaires administratifs entre les régions et les départements, les anciens conseils de province où étaient représentés les communes ayant été regroupés dans les conseils régionaux.
De plus les départements ont pour la plupart été érigés en municipalités de plein droit, et donc des collectivités territoriales, avec à leur tête un maire devant un conseil municipal. Selon le cas, les départements ont soit le statut de « commune urbaine », soit celui de « commune rurale ». Parmi les communes urbaines, les plus peuplées ont aussi le statut de « ville ». Toutefois légalement ces différents statuts sont tous des départements. Le département est la circonscription électorale de base pour toutes les institutions nationales et celles des collectivités territoriales.
Enfin de nombreuses fusions de communes ont eu lieu (avant ou après la création des départements, qui aujourd'hui presque partout ne comptent plus qu'une seule municipalité). Toutefois les communes urbaines les plus peuplées sont divisées en « arrondissements municipaux » (à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso), eux-mêmes divisés en « secteurs » administratifs. Les autres communes urbaines de plus de peuvent être aussi divisées en secteurs. Toutes les autres communes (urbaines ou rurales) sont ensuite divisées en « villages ».
Ni les arrondissements, ni les secteurs urbains, ni les villages ne sont des collectivités territoriales : ils servent essentiellement comme outils de planification et de développement et d'unités territoriales statistiques (celles-ci étant basées sur des sous-ensembles de population d'environ , selon l'Institut national de la statistique et de la démographie qui établit la nomenclature officielle de toutes les collectivités territoriales, des provinces et des autres plus petites unités territoriales statistiques).
Ainsi les « villages » concernent des territoires essentiellement ruraux à l'intérieur des communes, et qui peuvent rassembler de nombreux hameaux autour d'une petite agglomération rurale. Le Burkina Faso compte ainsi plusieurs milliers de villages ou secteurs urbains, dans lesquels peuvent subsister d'encore plus nombreux hameaux (à la population très changeante du fait des fortes migrations vers de plus grandes villes, ou de la croissance de la périphérie de ces villes sur d'anciens territoires ruraux, lesquelles absorbent alors leurs anciens hameaux voire des villages entiers).
Les arrondissements, secteurs ou villages peuvent aussi avoir localement des conseils consultatifs (conseils de quartier, conseils de villages traditionnels, etc.), qui ne sont pas des collectivités territoriales mais des associations (de droit privé, ou paritaire), qui peuvent parfois recevoir des subventions et d'autres moyens de la part des départements ou des régions pour certaines missions développées en partenariat, ou des financements privés de la part de leurs membres (certaines collectivités territoriales adhèrent à ces structures de coopération locale). Ces associations peuvent aussi avoir compétence couvrant d'autres territoires voisins (y compris faisant partie d'autres arrondissements ou départements).
En 2016, la frontière avec le Niger va être modifiée. Le Burkina Faso va gagner 14 villages.
Le Burkina Faso est un pays en voie de développement. Il est le deuxième producteur africain de coton derrière l'Égypte, malgré l'aridité des sols et . L'agriculture représente 32 % du produit intérieur brut et occupe 80 % de la population active. Il s'agit principalement d'élevage mais également, surtout dans le sud et le sud-ouest, de cultures de sorgoo, de mil, de maïs, d'arachides, de riz.
En 2013, le pays est classé par le programme "Doing business" en ce qui concerne les affaires et est le où il fait le plus bon vivre (2010). Le Burkina Faso compte une très forte diaspora : par exemple, trois millions de Burkinabè vivent au Ghana trois millions également vivent en Côte d'Ivoire ou ces plus inattendue 1.5 millions au Soudan. Selon la banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, ces migrants rapatrient chaque année des dizaines de milliards de francs CFA au Burkina Faso. Depuis les expulsions du Ghana en 1967, cette situation provoque également des tensions avec les pays d'accueil. La dernière crise remonte aux événements de 2003 en Côte d'Ivoire, qui ont entraîné le retour ponctuel de . Le tiers de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté.
Il convient par ailleurs de citer quelques productions minières : cuivre, fer, zinc et surtout or (le pays vient d'ouvrir sa cinquième mine).
À la fin des années 1990, les "compagnies juniors" canadiennes, investies dans plus de 8000 propriétés minières, dans plus de 100 pays, pour la plupart encore à l'état de projet multiplient les contrats avec des pays africains. Au Burkina, elles ont pour nom Axmin, Orezone Resources, Goldcrest Resources ou Etruscan Resources, et sont souvent présentes dans des pays voisins car le Burkina est un prolongement géologique de la riche zone aurifère du Ghana.
Le Burkina Faso est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine et de l'Autorité de Liptako-Gourma, qui est chargée de prévenir les crises alimentaires et les sécheresses par la coopération de chaque pays membre.
Quelques données économiques :
L'analphabétisme est majoritaire au Burkina Faso. C'est plus fréquent parmi les femmes. La majorité des élèves sont des garçons.
Selon la loi 13-2007/AN portant loi d'orientation de l'éducation, le système éducatif burkinabé est structuré de la façon suivante :
Elle comprend l'éducation de base formelle et l'éducation de base non formelle. Elle est obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans.
L'éducation de base formelle comporte trois niveaux :
Quant à l'éducation de base non formelle, elle comprend :
L'enseignement secondaire est sanctionné par le Baccalauréat et comprend trois voies :
Il comprend les universités, les instituts et les grandes écoles. Le Burkina Faso compte quatre universités publiques :
Trois Centres universitaires créés à l'intérieur du pays viennent en appui des quatre universités. Il s'agit de celui de Fada N'Gourma qui forme dans le domaine des mines, de celui de Ouahigouya qui forme dans le domaine du tertiaire et de la santé et de celui de Dédougou qui forme dans le domaine de l'agriculture.
Comme la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso a pour langue officielle le français.
Le français est la principale langue des institutions, des instances administratives, politiques et juridiques, des services publics, des textes et des communiqués de l'État, de la presse écrite, des écrivains. Il s'agit de la seule langue à l'écrit des lois, de l'administration et des tribunaux.
De plus, le Burkina Faso est membre de l'Organisation internationale de la francophonie de même que de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.
Selon une estimation de la CIA de 2003, seule 21,8 % de la population de 15 ans et plus sait lire et écrire, de plus le taux net (c'est-à-dire sur une classe d'âge donnée) de scolarisation, malgré une hausse constante depuis plusieurs années, n'est que de 47,70 % pour l'année scolaire 2005-2006 d'où le fait que le français ne soit compris que par environ 15 % de la population, dont seulement 5 % de francophones réels selon la Délégation générale à la langue française et aux langues de France. Malgré la supériorité numérique des langues nationales, le statut de langue officielle et celui de langue internationale font en sorte que le français pèse progressivement de plus en plus dans la vie sociale et économique du pays.
Le français jouit, sur le plan social, d'un statut de prestige associé à une participation au monde moderne. Il s'agit de la langue de la promotion sociale.
Selon le dernier rapport de l'OIF, le français devient de plus en plus la langue première des burkinabés : ainsi, seules personnes déclaraient le français comme première langue couramment parlée en 1985 (soit 0,42 % de la population du pays), en 1996 (0,75 %), puis en 2006 (1,66 %), dont à Ouagadougou (soit 9,54 % des Ouagalais).
Selon André Magord et Rodrigue Landry, 
Cette variété de français endogène qui résulte d'une hybridation linguistique est un pidgin en voie de créolisation.
Ainsi comme dans le pays voisin la Côte d'Ivoire est apparu un "français populaire" au Burkina Faso. Dans ce français appelé parfois et qui reste essentiellement une langue orale, s'est créé un certain nombre d'interférences entre le français standard et le français populaire du Burkina du fait de l'influence des langues africaines dans la pratique locale du français.
On assiste de plus en plus à des mariages mixtes constituant des familles dont la langue première est le français.
Enfin, l'Association des municipalités du Burkina Faso-AMBF de même que les villes de Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouagadougou, Tenkodogo, Banfora, Dédougou, Manga, Ouahigouya et Yako sont membres de l'Association internationale des maires francophones.
Il existe plus de 60 langues dont les principales sont : le moré langue parlée par les Mossi, le san parlé par les Samos, le fulfuldé parlé par les Peuls, le gulmancema parlé par les Gourmantché dans l'Est du Burkina Faso, le dagara parlé par les Dagaras, le dioula qui est une langue commune à plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest (la Côte d'Ivoire, le Mali, la Guinée…), le lobiri parlée par les lobis, le marka ou soninké parlé par les Markas (Soninkés) communément appelés « Dafing », le bobo, le bwamu parlé par les bwabas, le sénoufo parlé par les Sénoufos, le toussian parlé par les Toussians, le kassena et le lyélé parlées par les Gourounsi et le bissa qui est la langue parlée par les Bissa.
Le quatrième recensement général de la population et de l'habitation du Burkina Faso a été réalisé sur le terrain au mois de décembre 2006. Il a recensé 60,5 % de musulmans, 23,2 % de chrétiens (19 % de catholiques et 4,2 % de protestants), 15,3 % d'animistes, 0,6 % d'autres religions et 0,4 % de sans religion.
Le "Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou" (FESPACO), le plus grand festival de cinéma africain sur le continent a lieu tous les deux ans à Ouagadougou (février, années impaires).
"Les Récréatrales", manifestation bisannuelle, constituent depuis 2002 un événement théâtral culturel majeur du Burkina Faso, avec le "Festival international de théâtre et de développement" (FITD). Étienne Minoungou en est l'initiateur.
Le "Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou" (SIAO), a lieu lui aussi tous les deux ans, principalement les années paires (fin octobre - début novembre). C'est le plus grand salon de promotion de l'artisanat africain.
A lieu également tous les deux ans à Bobo-Dioulasso durant une semaine, la "Semaine nationale de la culture" (SNC), tremplin de la culture nationale ou régionale et de celle de la diaspora.
Le "Festival Ciné Droits Libres" pour les droits de l'homme et la liberté de la presse ; le "Festival international des cultures urbaines Waga Hip Hop" qui se déroule chaque année depuis 2000 ; le "Festival international de théâtre et de marionnettes" (FITMO) du professeur Jean Pierre Guingané ; le "Festival Jazz à Ouaga" ; les "Nuits atypiques de Koudougou "(NAK) ; Le "Festival international de théâtre pour le développement" (FITD) ; le "Festival Dilembu au Gulmu" (FESDIG), etc.
La presse culturelle tient une place de choix. On peut citer "L'Observateur Dimanche", "Sidwaya Mag Plus", "Africa star" et "Évasion". Depuis deux ans, une association de jeunes journalistes culturels du nom de "Planète Culture" couvre les principaux festivals du pays.
Le secteur muséal est en pleine évolution. On peut signaler principalement les musées suivants :
Au Burkina Faso la vie sportive est dominée par le football qui est pratiqué par la majorité des jeunes. Le championnat national, le Fasofoot, est organisé chaque année et regroupe 16 équipes. Il y a aussi la coupe du Faso et la Supercoupe du Faso qui rythment la vie footballistique du pays. L'équipe nationale, les Étalons, est sacrée vice championne d'Afrique lors de la de la Coupe d'Afrique des nations de football, en 2013.
Internet se développe lentement et les ordinateurs personnels sont très rares. Les accès se font essentiellement à l'université, dans les cybercafés, au bureau ou via les téléphones portables.
La technologie ADSL (qui permet d'avoir de hauts débits) est disponible depuis 2005. En février 2008, l'internet par CDMA (internet sans fil via un Modem 3G+) est opérationnel.
Les mutilations génitales féminines sont interdites depuis 1996, mais pratiquées fréquemment. 
Il y a une sous-représentation des femmes dans l'enseignement secondaire et supérieur, mais elles sont plus en plus présentes.
Burkina Faso a ratifié la 
Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes en 1984.
Il y a une soumission des femmes au mari.
L'analphabétisme des femmes est élevé.
Il y a la polygamie.
Les mariages précoces sont fréquents. 
Le mariage forcé est illégal dans le pays, mais la loi applique seulement aux mariages enregistrés à l'État. 
Burkina Faso a l'un des taux de mariage forcé dans le monde les plus élevés.
Les filles qui accouchent peuvent souffrir de problèmes tels que 
la fistule obstétricale.
Le réseau routier inventorié du Burkina Faso a une longueur totale de dont sont classés.
Le tableau ci-dessous présente les linéaires du réseau par classe administrative et par standard d'aménagement :
Le Burkina Faso dispose d'un seul corridor ferroviaire qui le relie au port d'Abidjan en Côte d'Ivoire, c'est la liaison Kaya – Abidjan, longue de et répartie quasiment à longueur égale dans les deux pays. Pour la partie au Burkina Faso, la ligne Kaya – Niangoloko (à la frontière de la Côte d'Ivoire : ) est elle-même divisée en deux sections :
Cette ligne ferroviaire est à écartement métrique et en voie unique sur la presque totalité de sa longueur. La charge maximum à l'essieu est de et la vitesse d'exploitation est de pour les trains de passagers et de pour les trains de transport de marchandises.
Le pays compte 33 aéroports, dont seulement 1 aéroport international, l'Aéroport international de Ouagadougou (qui est un des deux seuls, avec l'aéroport de Bobo-Dioulasso depuis 2007, possédant des pistes goudronnées).
Le Burkina Faso a pour codes :