Sigmund Freud

Médecin viennois, Freud rencontre plusieurs personnalités importantes pour le développement de la psychanalyse, dont il est le principal théoricien. Son amitié avec Wilhelm Fliess, sa collaboration avec Josef Breuer, l'influence de Jean-Martin Charcot et des théories sur l'hypnose de l'École de la Salpêtrière (Paris) vont le conduire à repenser les processus psychiques. Il élabore plusieurs théorisations des instances psychiques, en premier lieu avec les concepts d'inconscient, de rêve et de névrose, puis il proposera une technique de thérapie, la cure psychanalytique, qu'il définit pour la première fois en 1904. C'est dans le cadre de la cure, dès les "Études sur l'hystérie", et particulièrement dans sa première analyse du « cas Dora », que Freud découvre peu à peu l'importance du transfert. 
Freud regroupe une génération de psychothérapeutes qui, peu à peu, élaborent la psychanalyse, d'abord en Autriche, en Suisse, à Berlin, puis à Paris, Londres et aux États-Unis. En dépit des scissions internes et des critiques émanant de certains psychiatres, notamment, et malgré les années de guerre, la psychanalyse s'installe comme une nouvelle discipline des sciences humaines dès 1920. En 1938, Freud, menacé par le régime nazi, quitte Vienne pour s'exiler à Londres, où il meurt d'un cancer de la mâchoire en 1939.
La « psycho-analyse », dont le terme apparaît en 1896, repose sur plusieurs hypothèses et concepts élaborés ou repris par Freud. La technique de la cure, dès 1898 sous la forme de la méthode cathartique, avec Josef Breuer, puis le développement de la cure analytique, est le principal apport de la psychanalyse. L'hypothèse de l'inconscient approfondit la représentation du psychisme. Des concepts, comme ceux de refoulement, de censure, de narcissisme, de Moi et d'idéal du Moi, ou davantage métapsychologiques comme les pulsions, la première topique et la seconde topique, le complexe d'Œdipe ou l'angoisse de castration, entre autres, vont, peu à peu, développer et complexifier la théorie psychanalytique, à la fois « science de l'inconscient », selon Paul-Laurent Assoun, et savoir sur les processus psychiques et thérapeutiques.
L'histoire de la vie de Freud (prononciation allemande : [] ; prononciation française [] ou []) est celle de la psychanalyse. Elle a fait l'objet de centaines d'articles et de quelques dizaines de biographies dont la plus connue est celle d'Ernest Jones ("La vie et l'œuvre de Sigmund Freud", 1953 à 1958), proche contemporain de Freud, qui est devenue une référence bien que critiquée pour ses aspects hagiographiques. Le premier biographe fut cependant Fritz Wittels, qui publie en 1924 "Freud. L'homme, la doctrine, l'école". L'écrivain Stefan Zweig a aussi écrit une biographie ("La Guérison par l'esprit", 1932) de son ami Freud. Le médecin de Freud, Max Schur, devenu psychanalyste, a analysé son rapport à la mort, dans la clinique et la théorie puis face à la maladie qui devait l'emporter en 1939 ("La Mort dans la vie et l'œuvre de Freud", 1972).
De nombreux contemporains ou disciples lui ont également consacré une biographie, souvent hagiographique, tels Lou Andreas-Salomé, Thomas Mann, Siegfried Bernfield, Ola Andersson, Kurt Robert Eissler, Carl Schorske. Didier Anzieu a publié une biographie ("L'auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse", 1998) très détaillée de l'auto-analyse de Freud et du processus créatif qui en a découlé. Marthe Robert est l'auteur d'une biographie littéraire ("La Révolution psychanalytique", 2002). Peter Gay a écrit "Freud une vie" (1991). Henri F. Ellenberger a consacré une partie de son livre au devenir de certains des patients de Breuer et de Freud dans "Histoire de la découverte de l'inconscient" (1970). Ellenberger est le premier à avoir insisté sur les légendes associées à l'histoire de la psychanalyse (il parle de ), arguant même qu'il faudrait, selon lui, développer une .
Les derniers ouvrages critiques édités ont pour auteurs : Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu Shamdasani ("Le Dossier Freud. Enquête sur l'histoire de la psychanalyse", 2006), Jacques Bénesteau ("Mensonges freudiens. Histoire d'une désinformation séculaire", 2002) ou encore le philosophe Michel Onfray ("Le crépuscule d'une idole", 2010). Dans le même temps, Alain de Mijolla a publié un écrit sur Freud et la France ("Freud et la France, 1885-1945", 2010) qui analyse les relations complexes entre Freud et les intellectuels français (analystes et médecins, mais aussi écrivains, journalistes, poètes ou philosophes) jusqu'en 1945. En 2014, Élisabeth Roudinesco a publiée une biographie de Freud intitulée "Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre".
Sigmund Freud naît le à Freiberg en Moravie, dans l'empire d'Autriche. L'histoire de sa famille, originaire de Galicie, est peu connue. Troisième fils de Kalamon Jakob Freud, modeste négociant, certainement marchand de laine, et d'Amalia Nathanson (1836-1931), il est le premier enfant de son dernier mariage. Sigmund est l'aîné de sa fratrie, composée de cinq sœurs (Anna, Rosa, Mitzi, Dolfi et Paula) et d'un frère, Alexander.
Selon Henri F. Ellenberger, . Sa famille suit ainsi la tendance à l'assimilation qui est celle de la plupart des Juifs de Vienne, en effet le jeune Sigmund n'est pas élevé dans le strict respect de l'orthodoxie juive. Bien que circoncis à la naissance, son éducation n'est pas traditionaliste et est ouverte à la philosophie des Lumières. Il parle l'allemand, le yiddish et semble connaître l'espagnol à travers un dialecte mêlé d'hébreu alors couramment employé dans la communauté séfarade de Vienne, bien qu'il fût lui-même ashkénaze.
Il passe à Freiberg ses trois premières années puis les Freud s'installent à Leipzig pour s'établir définitivement, en février 1860, dans le quartier juif de Vienne, ancien ghetto de la capitale autrichienne. Il y réside jusqu'à son exil forcé, après l'invasion nazie de 1938. De 1860 à 1865, son père change toutefois à plusieurs reprises d'appartement, pour s'installer enfin dans la ', dans le quartier juif de '.
Recevant ses premières leçons de sa mère puis de son père, il est d'abord envoyé, d'après le souvenir de sa sœur, dans une école privée. À neuf ans, le jeune Freud réussit l'épreuve d'admission au ' (plus tard appelé ') de . Le jeune Sigmund fréquente les écoles élémentaires juives du voisinage, puis, de 1866 à 1873, l'école secondaire. Brillant élève, il est le premier de sa classe pendant ses sept dernières années de scolarité secondaire au lycée communal ('). Il a pour professeurs le naturaliste Alois Pokorny, l'historien Annaka, le professeur de religion juive Samuel Hammerschlag et le politicien Victor von Kraus. À l'âge de huit ans, Freud lit Shakespeare, Homère, Schiller ou Goethe. Il apprend également l'espagnol, certainement aux côtés d'Eduard Silberstein, son ami d'enfance et avec lequel il entretient par la suite une riche correspondance. Obtenant la mention « excellent » à l'examen de maturité — ' — Freud quitte le lycée en été 1873. Après avoir brièvement incliné vers le droit sous l'influence d'un de ses amis, Heinrich Braun, qui s'oriente vers la politique sociale, il se montre plus intéressé par la carrière de zoologue. C'est en effet la lecture par Carl Brühl d'un poème intitulé "Nature", alors attribué à Goethe, lors d'une conférence publique qui le fait opter pour cette carrière. Cependant, il choisit la médecine et commence ses études à la rentrée d'hiver 1873. Il se passionne pour la biologie darwinienne qui sert de modèle à tous ses travaux.
Il obtient son diplôme le 31 mars 1881, soit huit années après son entrée à l'université, au lieu des cinq attendues. La raison est que le jeune Freud profite de sa liberté académique en tant qu'étudiant de l'université de Vienne pour effectuer deux séjours durant l'année 1876 dans la station de zoologie marine expérimentale de Trieste, sous la responsabilité de Carl Claus, puis pour travailler de 1876 à 1882 auprès d'Ernst Wilhelm von Brücke, dont les théories rigoureusement physiologiques l'influencent.
À l'institut de Brücke (le ), où il entre en octobre 1876, en qualité de jeune physiologiste-assistant, Freud fait la connaissance des docteurs Sigmund Exner et de Fleischl von Marxow, et surtout du docteur Josef Breuer, un pour lui et qui aiguise sa curiosité avec le cas d'une jeune hystérique connue plus tard sous le pseudonyme d'« Anna O. ». Chez Ernst Brücke, Freud concentre ses travaux sur deux domaines à l'importance reconnue peu après : les neurones (dont certaines assertions sont reprises dans l'article « Esquisse d'une psychologie scientifique ») et la cocaïne. Selon Alain de Mijolla, Freud découvre à ce moment les théories positivistes d'Emil du Bois-Reymond, dont il devient un adepte, et qui expliquent la biologie par des forces physico-chimiques dont les effets sont liés à un déterminisme rigoureux.
Son service militaire, de 1879 à 1880, retarde également la fin de son cursus universitaire. Il en profite pour commencer la traduction des "" du philosophe John Stuart Mill et continue à approfondir sa connaissance des théories de Charles Darwin. Parallèlement, le jeune étudiant assiste aux cours de Franz Brentano et lit avec avidité "Les Penseurs de la Grèce" de Theodor Gomperz et surtout les volumes de l’"Histoire de la civilisation grecque" de Jacob Burckhardt. Il passe ensuite ses deux premiers en juin 1880 et le troisième en mars 1881 et obtient son diplôme le 31 mars 1881, devenant alors à titre temporaire préparateur dans le laboratoire de Brücke. Il travaille ensuite deux semestres dans le laboratoire de chimie du professeur Ludwig. Parallèlement, Freud poursuit ses recherches histologiques. Il est par ailleurs très impressionné par les démonstrations du magnétiseur danois Carl Hansen qui se produit alors à Vienne en 1880.
Le 31 juillet 1881 il est recruté comme assistant chirurgien auprès de Theodor Billroth à l’Hôpital général de Vienne ; il n'occupe ce poste que deux mois.
En juin 1882, il quitte le laboratoire d'Ernst Brücke pour embrasser une carrière de médecin praticien, sans grand enthousiasme toutefois. Deux explications existent sur ce point. Selon Freud lui-même, Brücke lui a conseillé de commencer à pratiquer en hôpital pour se faire une situation alors que pour Siegfried Bernfeld et Ernest Jones, ses biographes, c'est son projet de mariage qui l'oblige à renoncer au plaisir de la recherche en laboratoire. Sigmund Freud a en effet rencontré Martha Bernays (1861-1951), issue d'une famille commerçante juive, en juin 1882, et, très tôt les conventions familiales alors en vigueur obligent les deux fiancés à se marier, d'autant plus que leur situation financière est très précaire. Néanmoins, le jeune couple ne se marie qu'en 1886, Freud ayant conditionné son alliance avec Martha Bernays à l'obtention de son cabinet de consultation. En octobre 1882, il entre dans le service de chirurgie de l'hôpital de Vienne, alors l'un des centres les plus réputés du monde. Après deux mois, il travaille comme aspirant, sous la responsabilité du médecin Nothnagel et ce jusqu'en avril 1883. Il est nommé le mai 1883 "" au service de psychiatrie de Theodor Meynert dans lequel il poursuit des études histologiques sur la moelle épinière, jusqu'en 1886.
Après avoir passé cinq années dans le service de Meynert, Freud entre en septembre 1883 dans la quatrième division du docteur Scholtz. Il y acquiert une expérience clinique auprès de malades nerveux. En décembre de la même année, à la suite de la lecture d'un article du docteur Aschenbrandt, il se livre à des expériences sur la cocaïne et en déduit qu'elle a une efficacité sur la fatigue et les symptômes de la neurasthénie. Dans son article de juillet 1884, , il conseille son usage pour de multiples troubles. Freud, à la suite de la lecture d'un texte qui propose de traiter la morphinomanie par la cocaïne, traite un ami morphinomane, Fleischl, mais l'expérience tourne mal et ce dernier se suicide.
Bien qu'il l'ait nié publiquement à de nombreuses reprises, il fut lui-même consommateur de cocaïne entre 1884 et 1895, comme en atteste sa correspondance. Il travaille sur sa découverte avec Carl Köller, qui mène alors des recherches sur un moyen d'anesthésier l'œil en vue de pratiquer des opérations peu invasives. Celui-ci informe ensuite Leopold Königstein qui applique cette méthode à la chirurgie. Tous deux communiquent leur découverte lors de la Société des médecins de Vienne en 1884, sans mentionner la primauté des travaux de Freud.
Le jeune médecin est ensuite affecté au service d'ophtalmologie de mars à mai 1884, puis dans celui de dermatologie. Il y rédige un article sur le nerf auditif qui reçoit un accueil favorable. En juin, il passe l'examen oral pour le poste de "", et y présente son dernier article. Il est nommé le 18 juillet 1885 et, voyant sa demande de bourse de voyage acceptée, il décide d'aller étudier à Paris, auprès de Jean-Martin Charcot. Après six semaines de vacances auprès de sa fiancée, Freud s'installe donc dans cette ville. Admirateur du neurologue français, qu'il rencontre la première fois le 20 octobre 1885, il se propose de traduire ses écrits en langue allemande. Dès lors, le Français le remarque et l'invite à ses somptueuses soirées du faubourg Saint-Germain. Cependant, il semble que Freud n'ait pas passé autant de temps qu'il le dit auprès de Charcot, puisqu'il quitte Paris le 28 février 1886 ; il en retire néanmoins toujours de la fierté et fait de ce séjour à Paris un moment clé de son existence. Il reste en outre en contact épistolaire avec le Français.
En mars 1886, Freud étudie la pédiatrie à Berlin, avec Baginsky, et revient finalement à Vienne en avril. Il rédige son rapport sur l'hypnotisme tel qu'il est pratiqué à la Salpêtrière devant les membres du Club de physiologie et devant ceux de la Société de psychiatrie, tout en organisant les préparatifs de son mariage. Un article d'Albrecht Erlenmeyer le critique vivement quant aux dangers de l'usage de la cocaïne. Freud finit de traduire un volume des leçons de Charcot, qui paraît en juillet 1886, avec une préface de sa main. Après quelques mois de service militaire à Olmütz comme médecin de bataillon, Freud épouse Martha Bernays le , à Wandsbek ; ils passent leur voyage de noces sur la mer Baltique. Dès son retour à Vienne, Freud aménage son cabinet dans l' (« Premier institut public des malades pour des enfants ») et travaille parallèlement avec l'Institut Max-Kassowitz, un hôpital pédiatrique privé où il est affecté au service neurologique. Il travaille à l'institut de 1886 à 1896.
Le 15 octobre 1886, devant la Société des médecins de Vienne, Freud fait une allocution concernant l'hystérie masculine, discours demeuré célèbre dans la littérature psychanalytique sous le titre de (publié en deux volumes). Ce sujet est alors polémique, d'autant plus que la conception classique de Charcot oppose l'hystérie post-traumatique à une hystérie dite simulée. S'appuyant sur la distinction entre « grande hystérie » (caractérisée par des convulsions et une hémianesthésie) et la « petite hystérie », et sur un cas pratique examiné à la Salpêtrière, Freud explique que l'hystérie masculine est plus fréquente que ce que les spécialistes observent habituellement. Pour Freud, la névrose traumatique appartient au champ de l'hystérie masculine. La Société s'insurge contre cette opinion qui est, de plus, déjà connue des neurologues viennois. Selon Ellenberger, l'idéalisation de Freud pour Charcot lui vaut l'irritation de la Société, agacée par son attitude hautaine. Blessé, Freud présente alors à la Société un cas d'hystérie masculine afin d'étayer sa théorie. La Société l'entend de nouveau, mais l’éconduit. Contrairement à une certaine légende autour de cet événement, Freud ne se retire pas de la Société ; il en devient même membre le 18 mars 1887.
Cette année-là, il fait la rencontre de Wilhelm Fliess, un médecin de Berlin qui poursuit des recherches sur la physiologie et la bisexualité, avec lequel il entretient une correspondance scientifique amicale, mais toutefois ambiguë. Par ailleurs, la famille Freud accumule les dettes, le cabinet médical n'attirant pas une abondante clientèle. De plus, Meynert se brouille avec Freud en 1889, à propos de la théorie de Charcot défendue par le Viennois. En 1889, celui-ci se dit très seul ; il ne peut communiquer réellement qu'avec ses amis Josef Breuer et Jean Leguirec. Ainsi il écrit : . Sa famille, nombreuse, l'aide également à surmonter cette période d'isolement professionnel. Dès cette année, la pensée de Freud évolue. D'abord son intérêt pour Hippolyte Bernheim (dont il traduit le principal ouvrage "De la suggestion et des applications thérapeutiques") lui fait aborder la technique de l'hypnose. Il se rend à Nancy, à l'école de Bernheim, et rencontre Ambroise-Auguste Liébeault en 1889 pour confirmer son opinion sur l'hypnose. Il y apprend que les hystériques conservent une forme de lucidité envers leurs symptômes, savoir qui peut être mobilisé par l'intervention d'un tiers, une idée qu'il reprend ultérieurement dans sa conception de l'inconscient, mais il conclut que l'hypnose n'a que peu d'efficacité dans le traitement général des cas pathologiques. Il pressent que le passé du patient doit jouer un rôle dans la compréhension des symptômes. Il décide de préférer à l’hypnose la « cure par la parole » de son ami Breuer. Après cette visite, il participe, en juillet, au Congrès international de psychologie de Paris.
En 1891, Freud publie son travail sur les paralysies cérébrales unilatérales chez les enfants, en collaboration avec Oscar Rie, pédiatre viennois, ami intime et médecin de la famille Freud. Puis il travaille à son étude critique des théories sur l'aphasie intitulée ("Contribution à la conception des aphasies"). Sa distance avec la pensée de Charcot y est maximale ; il y esquisse un « appareil de langage » () permettant de rendre compte des troubles de la fonction langagière. Ce modèle préfigure l'« appareil psychique » de sa première topique. Freud lie ainsi l'inconscient au langage. En 1892, il édite sa traduction de l'ouvrage de Bernheim sous le titre "Hypnotisme, suggestion, psychothérapie : études nouvelles" (). La même année, il expose devant le Club médical viennois une conception proche du Français.
En 1893, Freud publie plusieurs articles sur l'hystérie en collaboration avec Josef Breuer et en particulier l'essai « Le Mécanisme psychique des phénomènes hystériques.(Communication préliminaire.) » (). Il y défend la conception névrotique de l'hystérie, tout en proposant . En 1894, avec son article « Névro-psychoses de défense » (), il se focalise sur la phobie. Il souffre de symptômes cardiaques et cesse de fumer. S'occupant de l'hystérie d'une patiente, du nom d'« Emma », Freud, influencé par la théorie de la bisexualité de Fliess, lui demande d'opérer la jeune femme du nez, car il pense que sa névrose y est liée. Mais Wilhelm Fliess commet une erreur médicale en oubliant la gaze iodoformée dans le nez de la patiente. Freud fait ensuite un rêve marquant (le rêve dit de l'« injection faite à Irma ») dans la nuit du 23 au 24 juillet 1895 sur cet accident et entreprend d'en analyser le sens au moyen de la méthode des associations libres ; .
En 1895, Breuer et Freud publient leur "Études sur l'hystérie" qui regroupent les cas traités depuis 1893, dont celui d'Anna O. (de son vrai nom Bertha Pappenheim). Anna O., patiente de Breuer, est présentée comme un exemple type de cure cathartique. Avant de devenir la cure psychanalytique au sens strict, Freud a en effet dû abandonner la suggestion et l'hypnose, puis la méthode cathartique de Breuer, et prendre en compte le transfert, c'est-à-dire les sentiments du patient projetés sur l'analyste. C'est en effet le transfert qui met Freud sur la voie d'une nouvelle approche, la projection dans le transfert informant sur la nature du conflit psychique dans lequel le patient est pris.
En 1896, considérant que sa théorie a droit de cité en psychologie, Freud la baptise du nom de « psycho-analyse », mais le facteur sexuel n'est pas alors encore prédominant dans celle-ci. Composé du grec "" (qui désigne la « remontée vers l'originaire », l'élémentaire), et de "lysis" (la « dissolution »), le terme désigne dès le départ la recherche des souvenirs archaïques en lien avec les symptômes. Dès lors, Freud rompt avec Breuer, demeuré fidèle à la cure cathartique, et rédige un essai laissé inédit : "Esquisse d'une psychologie scientifique". C'est dans un autre article, écrit en français : « L'hérédité et l'étiologie des névroses », de 1896, qu'il explique sa nouvelle conception. Enfin, il rédige (« L’Étiologie de l’hystérie »). Dans les deux articles apparaît pour la première fois sous la plume de Freud le mot « psychanalyse ».
Après la mort de son père, le 23 octobre 1896, Freud est abattu par la douleur. Il s'intéresse exclusivement à l'analyse de ses rêves et se livre à un . Nourrissant de la culpabilité pour son père décédé, il entreprend une auto-analyse. Il dit tenter d'analyser sa et ambitionner de mettre à jour la nature de l'appareil psychologique et de la névrose. Lors de cette auto-analyse, et après avoir abandonné sa théorie de l'hystérie, ses souvenirs d'enfance affluent. Sa nourrice lui permet de développer la notion de « souvenir écran » par exemple alors qu'il voit dans les sentiments amoureux pour sa mère et dans sa jalousie pour son père une structure universelle qu'il rattache à l'histoire d'Œdipe et d'Hamlet. Ses analyses de patients lui apportent des arguments dans l'édification d'une nouvelle conception, qui lui permet de revoir et l'hystérie et les obsessions. La correspondance avec Fliess témoigne de cette évolution de sa pensée ; c'est notamment dans une lettre du que Freud évoque pour la première fois le « complexe d'Œdipe ». Le neurologue viennois explique ainsi : 
Le 2 mai 1896, devant la Société de psychiatrie viennoise, présidée par Hermann Nothnagel et Krafft-Ebing, on lui délivre le titre d’« ' ». Lors du Congrès international de psychologie à Munich en août 1896, le nom de Freud est cité parmi les autorités les plus compétentes dans le domaine alors qu'en 1897 Albert Willem Van Renterghem, psychiatre néerlandais, le cite comme l'une des figures de l'École de Nancy.
Il annonce à Fliess, au début de l'année 1898, qu'il compte publier un ouvrage sur l'analyse des rêves, et, après une période de dépression, il édite "L'Interprétation des rêves" (). Il s'agit d'un ouvrage autobiographique qui se base sur le matériel de ses propres rêves. Cette période d'auto-analyse mêlée de névrose est, selon Henri F. Ellenberger, caractéristique de la , phase de dépression et de travail intense qui a permis à Freud d'élaborer la psychanalyse en dépassant ses problèmes personnels. En novembre 1898, Freud se préoccupe des phases infantiles à dominante sexuelle dans son œuvre ("La sexualité dans l'étiologie des névroses"). Dans cet ouvrage, Freud utilise le terme de « psychonévrose » délimité de la « neurasthénie »
Sa situation, tant sociale que financière, s'améliore ; de 1899 à 1900, il exerce les fonctions d'assesseur de la de Londres en psychiatrie et neurologie pour la revue . Par ailleurs, il travaille intensément à ses recherches et se dépeint comme un « conquistador ». Il jouit en effet d'une clientèle lucrative et est reconnu par la société viennoise. En septembre 1901, il se sent capable de visiter Rome, en compagnie de son frère Alexander. La « Ville éternelle » l'a et Freud, en raison de sa phobie des voyages, a toujours remis à plus tard sa visite de l'Italie. À Rome, il est « impressionné » par le "Moïse" de Michel-Ange. Quelques années après, en 1914, il publie anonymement, dans la revue "Imago", un essai intitulé (« Le Moïse de Michel-Ange »), dans lequel il oppose les deux figures, celle historique et celle mythique, du libérateur du peuple juif, Moïse.
Lors d'un passage à Dubrovnik (alors Raguse), Freud suppose que le mécanisme psychique du lapsus est révélateur d'un complexe inconscient. La même année, deux psychiatres suisses, Carl Gustav Jung et Ludwig Binswanger de Zurich, se rallient à la psychanalyse naissante et, grâce à l'« école de Zurich », le mouvement s'amplifie en Europe et aux États-Unis. Auparavant, en 1901, Eugen Bleuler, avec qui Freud commence une correspondance, est extrêmement impressionné par "L'Interprétation des rêves". Il a en effet demandé à son second, Jung, de présenter l'ouvrage à l'équipe psychiatrique du Burghölzi. La Suisse devient ainsi une alliée de poids dans le développement du mouvement psychanalytique et ce dès 1900.
De retour à Vienne, Freud rompt tout échange avec Fliess en 1902. Puis, il présente ses opinions scientifiques au cours de plusieurs conférences, devant le de Vienne, puis devant le B'nai B'rith, un cercle de juifs laïcs ; elles sont bien accueillies. En automne 1902, sur l’initiative de Wilhelm Stekel, Freud réunit autour de lui un groupe d'intéressés, qui prend le nom de (« Société psychologique du mercredi ») et qui, chaque mercredi, discute de psychanalyse. Selon Ellenberger, à partir de cette date, la vie de Freud se confond avec l'histoire du mouvement psychanalytique. En France, ses travaux sont mentionnés lors du Congrès des médecins aliénistes et neurologistes de Grenoble la même année.
En 1904, il publie ("Psychopathologie de la vie quotidienne"). En septembre, il se rapproche d'Eugen Bleuler, de Zurich, et leur correspondance scientifique s'accroît. Les traitements engagés par Freud sur la base de ces hypothèses l'avaient déjà conduit à découvrir que tous ses patients n’ont pas subi de réels traumatismes sexuels dans leurs enfances : ils évoquent des fantasmes et racontent un « roman familial » auquel ils croient. Simultanément, il découvre que certains patients semblent ne pas pouvoir guérir. Ils résistent notamment en répétant et en transposant des sentiments anciens vers l'analyste : mécanisme que Freud appelle le « transfert » qu'il voit encore, et essentiellement, comme un frein à la guérison.
Freud parle de la psychanalyse pour la première fois publiquement en 1904, lors d'une série de conférences à l'université Clark à Worcester, Massachusetts, invité par son président Stanley Hall, en compagnie de Carl Gustav Jung, Ernest Jones et Sandor Ferenczi. Freud et Jung se voient honorés du titre de « LL. D. » (docteur des deux droits). C'est à ce moment qu'il désigne explicitement Jung comme son . En témoignage de reconnaissance, il déclare lors de cette conférence de 1904 que le mérite de l'invention de la psychanalyse revient à Josef Breuer mais il précise par la suite qu'il considère que le « procédé cathartique » de Breuer constitue une phase préliminaire à l'invention de la psychanalyse et qu’il en est bien l’inventeur à partir du rejet de l’hypnose et de l’introduction de l’association libre.
En 1905 paraît un ouvrage d'importance pour la psychanalyse : ("Trois essais sur la théorie sexuelle"), qui rassemble les hypothèses de Freud sur la place de la sexualité et son devenir dans le développement de la personnalité, ("Le Mot d'esprit et sa relation à l'inconscient") et ("Fragment d'une analyse d'hystérie"). Ce dernier est le compte-rendu du cas d'Ida Bauer, qui illustre le concept de transfert psychanalytique. Ce transfert, par lequel le patient crée une névrose (la « névrose de transfert ») dans la relation établie avec son thérapeute, en quelque sorte « expérimentale », est en effet à analyser dans le cadre de la cure, car il en détermine l'issue.
Selon certaines thèses, celles d'Ellenberger, d'Ilse Bry et Alfred H. Rifkin, les idées de Freud ont été bien reçues. Pour Ernest Jones et Jean-Luc Donnet, c'est le contraire qui est vrai. Donnet précise que le rejet violent de la psychanalyse par les médecins et surtout par les psychiatres est l'une des causes du fait que Freud s'est tellement réjoui du ralliement d'Eugen Bleuler à la psychanalyse et, de fait, c'est à Zurich que la psychanalyse obtient en premier un droit de cité en psychiatrie. La France s'est montrée d'emblée réfractaire à la psychanalyse. Ailleurs, le succès des ouvrages de Freud est important, mais inégal selon les pays ; on le lit par exemple en traductions dès les années 1900, en russe. Les premiers travaux des disciples de Freud apparaissent également : Otto Rank, âgé de 21 ans, lui remet en effet le manuscrit d'un essai psychanalytique qui s'intitule ("L'artiste").
En 1906, Freud s'intéresse à une nouvelle de l'écrivain allemand Wilhelm Jensen, "La Gradiva" qu'il analyse au moyen de sa méthode d'investigation. L'analogie de la remontée des souvenirs avec l'archéologie est au centre de son étude ; il en tire un ouvrage, ("Le délire et les rêves dans la « Gradiva » de Jensen") dans lequel il applique les principes psychanalytiques à la création littéraire. La même année, Freud se brouille définitivement avec son ami Wilhelm Fliess, qui rédige par la suite un pamphlet, "Pour ma propre cause", dans lequel il accuse Freud de lui avoir volé ses idées.
En mars 1907, l'isolement de Freud cesse définitivement. Le groupe naissant de psychanalystes tente de créer une collection intitulée les (« Écrits de psychologie appliquée ») aux éditions Deuticke. Directeur de la publication, Freud y publie le premier, avec "Le Délire et les rêves dans la Gradiva de Wilhelm Jensen". La même année, il écrit "Actes obsédants et exercices religieux", dans lequel il aborde le sujet de la religion : il y présume qu'il existe un rapport entre une névrose obsessionnelle et les exercices religieux. En 1908, le petit groupe autour de Freud devient la Société viennoise de psychanalyse et, en août, Karl Abraham fonde la Société psychanalytique de Berlin. L'année suivante, la première revue psychanalytique édite leurs travaux ; elle prend le nom (Annales de recherches psychanalytiques et psychopathologiques), souvent abrégée en , avec Bleuler et Freud comme directeurs et Jung comme rédacteur en chef. Freud inaugure cette revue avec la publication du cas du petit Hans.
Le 26 avril, le premier Congrès international de psychanalyse à Salzbourg réunit 42 membres de six pays (Autriche, Allemagne, Hongrie, Suisse, Angleterre et États-Unis). Freud y présente ses ("Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle"). En 1909 paraît les ("Cinq leçons sur la psychanalyse"). Freud s'interroge par la suite sur la nature de la pratique psychanalytique dans un essai, ("À propos de la psychanalyse dite sauvage" ou « analyse profane »). L'année 1910 marque un sommet dans l'histoire de la psychanalyse et dans la vie de Freud ; lors du second Congrès international à Nuremberg organisé par Jung, les 30 et 31 mars, est créée l' (Association psychanalytique internationale, « API »), dont le premier président est Carl Gustav Jung, ainsi qu'une deuxième revue, le . L'IPA rassemble sous son égide les groupes locaux (""), ceux de Zurich (qui en est le siège), de Vienne et de Berlin ; son but est de défendre la cohésion du mouvement psychanalytique. Une patiente de Jung avec qui ce dernier était passé à l'acte, Sabina Spielrein, le met sur la voie de la théorisation du transfert amoureux envers l'analyste, ainsi que du contre-transfert (de l'analyste envers le patient) et que Freud intègre à sa théorie.
Lors de ses vacances aux Pays-Bas, en 1910, Freud analyse le compositeur Gustav Mahler, lors d'un après-midi de promenade à travers la ville. Freud voyage ensuite à Paris, Rome et Naples, en compagnie de Ferenczi. La psychanalyse naissante se heurte à sa première opposition d'importance : en octobre, répondant à l'appel d'Oppenheim, lors du Congrès de neurologie de Berlin, les médecins allemands d'Hambourg mettent à l'index la pratique psychanalytique au sein des sanatoriums locaux.
Freud publie ("Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci") en 1910, dans lequel apparaissent pour la première fois les concepts de « narcissisme » et de « sublimation ». Il y examine aussi les raisons psychiques de la créativité. La même année, la psychanalyse est la cible de nouvelles critiques émanant de certains milieux médicaux. Par ailleurs, les premiers schismes en son sein se font jour. L'opposition de Freud à la théorie de Jung, qui devient, en 1914, la « psychologie analytique », l'occupe en effet ces années-là. Toujours en 1910, Freud, dans un texte intitulé « Le trouble psychogène de la vision dans la conception psychanalytique », formule pour la première fois un dualisme pulsionnel : les « pulsions sexuelles » y sont opposées aux « pulsions d'autoconservation ». Ce dualisme préfigure, dans le contexte de tension que connaît l'Europe avant la première Guerre mondiale, la mise à jour des pulsions de vie et de mort (qui interviendra en 1920).
En 1911, Freud écrit un texte connu sous le titre « Le Président Schreber » mais par la suite intitulé ("Remarques psychanalytiques sur un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes) décrit sous forme autobiographique"). Freud y retrace l'analyse du juriste et homme politique Daniel Paul Schreber. Il publie aussi un court texte métapsychologique : ("Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques") dans lequel il décrit le principe de plaisir et le principe de réalité.
La direction des revues et des travaux théoriques de l'Association internationale de psychanalyse, celle des séminaires également, occupent Freud à cette période, d’autant que parmi ceux qui travaillent avec lui des rivalités se font jour ainsi que des dissensions théoriques qu'il combat lorsqu'elles remettent en question les rôles de la sexualité infantile et du complexe d'Œdipe comme le font celles de Jung, Adler et Rank. Ainsi, il refuse la mise en avant de l’agressivité par Alfred Adler, car il considère que cette introduction se fait au prix de la réduction de l’importance de la sexualité. Il refuse également l'hypothèse de l’inconscient collectif au détriment des pulsions du Moi et de l’inconscient individuel, et la non-exclusivité des pulsions sexuelles dans la libido que propose Carl Gustav Jung. En juin 1911, Alfred Adler quitte Freud le premier, pour fonder sa propre théorie. L'année suivante c'est au tour de Wilhelm Stekel, alors qu'en 1913, en septembre, Freud se brouille avec Carl Gustav Jung, pourtant annoncé comme son .
En 1913, ("Totem et Tabou") permet à Freud de présenter la portée sociale de la psychanalyse. Secrètement, depuis 1912, sur l'idée d'Ernest Jones, Freud a réuni autour de lui un petit comité de fidèles partisans (Karl Abraham, Hans Sachs, Otto Rank, Sandor Ferenczi, Ernest Jones, Anton von Freund et Max Eitingon) sous le nom de ("la « Cause »") et ce jusqu'en 1929. Chaque membre reçoit de Freud une intaille grecque de sa collection privée, qu'il porte sur un anneau d'or. Après la Première Guerre mondiale, en 1924, le mouvement psychanalytique freudien voit le départ d'Otto Rank et en 1929 celui de Sandor Ferenczi.
Pendant la guerre, Freud n'exerce que peu. En 1916, il rédige ses cours universitaires, rassemblés sous le titre de ("Cours d'introduction à la psychanalyse", édité en français sous le titre "Introduction à la psychanalyse"). Le sort de ses fils, sur le front, le préoccupe. La guerre paralyse par ailleurs l'extension du mouvement psychanalytique ; en effet le congrès de Dresde, prévu en 1914, n'a pas lieu. En 1915, il se lance dans la rédaction d’une nouvelle description de l’appareil psychique dont il ne conserve cependant que quelques chapitres. Ce qu’il prépare est en fait une nouvelle conception de la topique psychique. La même année, il est proposé au prix Nobel par le médecin viennois Robert Bárány. Freud publie ("Deuil et Mélancolie") en 1917. Helene Deutsch, Magnus Hirschfeld puis Sigmund Freud font état dans leurs écrits de femmes combattantes. En janvier 1920, il est nommé professeur ordinaire. À partir de 1920, et alors que le contexte politique et économique s’améliore, Freud publie tour à tour : ("Au-delà du principe du plaisir", 1920), qui introduit à travers un nouveau dualisme pulsionnel, les pulsions agressives, nécessaires pour expliquer certains conflits intra-psychiques et ("Psychologie des masses et analyse du Moi", 1921) qui ajoute à la problématique de Le Bon, les rapports entre psychisme individuel et comportements collectifs. Freud, durant ces années de guerre, travaille à une métapsychologie qui lui permette de décrire les processus inconscients sous un triple angle, à la fois dynamique (dans leurs relations entre eux), topique (dans leurs fonctions au sein de la psyché) et économique (dans leurs utilisations de la libido).
En 1920, Freud élabore la seconde topique de l'appareil psychique composée du Moi, du Ça et du Surmoi. Elle se superpose à la première (inconscient, préconscient, conscient). Le développement de la personnalité et la dynamique des conflits sont alors interprétés en tant que défenses du Moi contre des pulsions et des affects, plutôt que comme conflits de pulsions ; les pulsions en cause sont celles de la mort. L’ambivalence et la rage étaient perçues dans la première topique comme consécutives de la frustration et subordonnées à la sexualité. Freud complète ainsi sa théorie par un nouveau dualisme pulsionnel, composé de deux types de pulsions antagonistes : la pulsion de vie (l'Éros) et la pulsion de mort (qu'il se retient toujours de nommer Thanatos). Plus fondamentales que les pulsions de vie, les pulsions de mort tendent à la réduction des tensions (retour à l’inorganique, répétition qui atténue la tension) et ne sont perceptibles que par leur projection au-dehors (paranoïa), leur intrication avec les pulsions libidinales (sadisme, masochisme) ou leur retournement contre le Moi (mélancolie). Freud défend par là une vision double de l'esprit.
Pendant le conflit mondial, Freud peut mesurer les effets de la névrose traumatique chez son beau-fils et voir l'impact de cette pathologie dans une famille. Il a ainsi une connaissance directe de ces troubles et indirecte par des disciples qui côtoient la clinique de Julius Wagner-Jauregg comme Victor Tausk où qui y ont travaillé pendant la guerre comme Helene Deutsch. En octobre 1920, le professeur de médecine légale, Alexander Löffler, invite Freud à témoigner par un exposé devant une commission médico-légale sur les névroses de guerre et les pratiques de soins. Il s'oppose à Julius Wagner-Jauregg qui, lui, prétend que les patients atteints de névrose de guerre sont des simulateurs. Puis, du 8 au 11 septembre, se tient à La Haye le de l'IPA, présidé par Ernest Jones. Freud y intervient en lisant ("Suppléments à la théorie des rêves"). D'autre part, la création d'un comité secret y est décidée, avec Jones comme coordinateur.
La psychanalyse se développe de manière importante en Grande-Bretagne et en Allemagne. Max Eitingon et Ernst Simmel créent en effet à Berlin une polyclinique psychanalytique alors que Hugh Crichton-Miller fonde la Tavistock Clinic à Londres.
La première traduction d’un texte de Freud en France, "Introduction à la psychanalyse", par Samuel Jankélévitch, est publiée en 1922. Le mouvement psychanalytique acquiert une clinique psychanalytique à Vienne, l’« Ambulatorium » (centre de soins ambulatoires), consacré au traitement des psychoses et dirigé par trois élèves de Freud (qui n'y participe que peu) : Helene Deutsch, Paul Federn et Eduard Hitschmann. En 1923, Freud apprend qu'il est atteint d'un cancer de la mâchoire, qui le fait souffrir tout le restant de sa vie. La même année il choisit de se soumettre à une vasectomie afin, espérait-il, de mieux lutter contre son cancer. Il écrit ("Le Moi et le Ça") à un moment où le mouvement psychanalytique atteint une réputation internationale, notamment en Angleterre et aux États-Unis. Il songe à constituer une édition complète de ses écrits, les (« Écrits réunis »).
Le Congrès de Salzbourg, en 1924, se déroule en l’absence de Freud. La même année, Otto Rank quitte le mouvement. En Angleterre, les membres de la Société britannique de psychanalyse, fondée en 1919, créent l’ qui ancre le mouvement psychanalytique en Europe.
L'année suivante, en 1925, Freud écrit ("Inhibition, symptôme et angoisse") ainsi qu'une esquisse autobiographique. Le de l’IPA à Bad-Homburg, en Allemagne, se tient du 2 au 5 septembre. Anna Freud y lit le texte de son père : ("Quelques conséquences psychiques de la différence des sexes au niveau anatomique"). Freud ne peut en effet plus voyager, en raison de sa maladie. Il rencontre en 1925 la princesse Marie Bonaparte, petite-nièce de Napoléon, qu'il prend en analyse et qui devient son amie. Plus tard, celle-ci traduit la majorité de ses textes en France.
Freud demeure le chef de file de la psychanalyse, dont il oriente l'évolution. Ses dernières réflexions écrites sont consacrées à étudier et renforcer la psychanalyse sur le plan théorique et clinique. Dans un article, ("Psychanalyse et médecine"), paru en 1925 dans son autobiographie « Selbstdarstellung » ("Ma vie et la psychanalyse", traduit de Marie Bonaparte en 1930), il invite les non-praticiens à utiliser la psychanalyse. À ce sujet, Freud parle de psychanalyse ou . Il revient aussi sur l'évolution de sa pensée dans son autobiographie. En 1927, sa fille Anna publie ("Introduction à la psychologie des enfants", texte lu et approuvé par son père).
Dans les dernières années de sa vie, Freud essaye d’extrapoler les concepts psychanalytiques à la compréhension de l’anthropologie et de la culture. Sa vision pessimiste de l'espèce humaine s'exacerbe, notamment après la dissolution du comité secret formé par Ernest Jones, à la suite de querelles d'héritage, des jalousies et des rivalités internes. Il rédige donc un certain nombre de textes dans ce sens, en particulier sur la religion comme illusion ou névrose. En 1927, il publie ("L'Avenir d'une illusion"), qui porte sur la religion d'un point de vue psychanalytique et matérialiste. En 1930, il publie ("Malaise dans la civilisation") dans lequel Freud décrit un processus de civilisation qui est une reproduction à plus large échelle du processus d'évolution psychique individuel.
Ne se considérant pas comme un écrivain, Freud est surpris d'obtenir le prix Goethe de la ville de Francfort, en août 1930. Puis, il retourne l'année suivante dans sa ville natale de Freiberg pour une cérémonie en son honneur. Dans une lettre du 3 janvier, l'écrivain Thomas Mann s'excuse auprès de Freud pour avoir mis du temps à comprendre l'intérêt de la psychanalyse. En 1932, Freud travaille à un ouvrage de synthèse présentant des conférences devant un public imaginaire, ("Nouvelle introduction à la psychanalyse"). La même année, il publie, en collaboration avec le physicien Albert Einstein, leur pensée sur la guerre et la civilisation, issue de leur correspondance, dans un essai intitulé ("Pourquoi la guerre ?"). À Vienne, Thomas Mann, prononce le 8 mai 1936 un éloge et un soutien public à Freud (intitulé « "" » : « Freud et l’avenir ») où il explique : , justifiant par ce discours la remise du prix Goethe de Francfort à l'inventeur de la psychanalyse. Freud et Thomas Mann se sont liés d’amitié depuis la publication par l'écrivain de "Freud et la pensée moderne" (1929) et "Chevalier entre la mort et le diable" (1931). À propos du dernier ouvrage de Freud, ("Moïse et le monothéisme", 1936), Jacques Le Rider explique qu'il .
En mai 1933, les ouvrages de Freud sont brûlés en Allemagne lors des autodafés nazis. Il refuse de s'exiler jusqu'en mars 1938, lorsque les Allemands entrent à Vienne (Anschluss, le 12 mars). La Société psychanalytique de Vienne décide alors que chaque analyste juif doit quitter le pays, et que le siège de l'organisation doit être transféré là où réside Freud. Ce dernier décide finalement de s'exiler lorsque sa fille Anna est arrêtée le 22 mars, pour une journée, par la Gestapo. Grâce à l'intervention de l'ambassadeur américain William C. Bullitt et à une nouvelle rançon versée par Marie Bonaparte, Freud obtient un visa valable pour seize personnes et peut quitter Vienne par l’Orient-Express avec sa femme, sa fille Anna et la domestique Paula Fichtl, le 4 juin. Au moment de partir, il signe une déclaration attestant qu'il n'a pas été maltraité: Selon son fils Martin, il aurait ajouté, ironique : . Pour Michel Onfray, ceci relève du et de la légende hagiographique.
Pour sortir d'Autriche, Freud aura bénéficié en outre du soutien d'Anton Sauerwald, le commissaire nazi chargé de prendre le contrôle de sa personne et de ses biens : ancien élève de , un professeur et ami de Freud, Sauerwald facilitera le départ de Freud et de ses proches pour Londres, où il ira d'ailleurs ensuite le visiter. Des rumeurs sont nées sur la liste soumise par Freud concernant les seize personnes qu'il était autorisé à faire sortir d'Autriche, car il y avait inscrit les noms de son médecin et de sa famille, de ses infirmières, de sa servante et même son chien alors que n'y figuraient pas ses quatre sœurs, Rosa, Marie, Adolfina et Paula qui finiront déportées et tuées en camp de concentration, mais ce sont ces dernières, trop âgées, qui ne voulaient pas partir, pensant être protégées par leur âge des nazis.
La famille Freud gagne d'abord Paris, où Freud est accueilli par la princesse Bonaparte de son mari, puis Londres, où elle est reçue avec tous les honneurs, notamment par l'ambassadeur américain William Bullit, que Freud connaît depuis quelques années déjà, lorsque les deux hommes avaient travaillé ensemble à une étude sur le président américain Woodrow Wilson intitulée "" (publiée en 1966). Freud et sa famille s'installent dans une maison au . Il est nommé membre de la Société royale de médecine. Freud reçoit la nomination chez lui, ne pouvant se déplacer, abattu par son cancer et par trente-deux opérations et traitements successifs.
Freud meurt dans sa maison de Londres à Hampstead le , à du matin, d’un carcinome verruqueux d’Ackerman, à l'âge de 83 ans. À sa demande, et avec l’accord d’Anna Freud, Max Schur, son médecin personnel, lui a injecté une forte dose, sans doute mortelle, de morphine. Son corps est par la suite incinéré au cimetière de et les derniers hommages lui sont rendus par Ernest Jones, au nom de l'Association psychanalytique internationale, et par l'écrivain Stefan Zweig, le 26 septembre.
Après la mort d'Anna Freud, en 1982, la maison des Freud de devient le . En 2002, une "" fut apposée sur le musée.
La psychanalyse regroupe trois acceptions selon Paul-Laurent Assoun, qui les reprend de l'article de Freud de 1922 "Psychanalyse et théorie de la libido". Le terme désigne en effet d'abord une certaine méthode d'investigation du psychisme inconscient, mais aussi une méthode de traitement (la cure psychanalytique), et, plus généralement une conception psychologique globale touchant à la vision même de l'homme. Selon Lydia Flem, psychanalyste et écrivain : . Le mouvement psychanalytique représente aussi le corpus de théories issues de l'expérience analytique, participant à la conceptualisation de l'appareil psychique et développées depuis Freud. Cette théorie psychanalytique (qui est dite d'orientation psychodynamique, au sein de la discipline psychologique) se fonde d'abord sur les recherches de Freud et sur les concepts majeurs qu'il a créés tels que ceux d'« inconscient », de « transfert », de « répétition » et de « pulsion ». Du point de vue de sa méthode d'approche, son objet étant l'inconscient, la psychanalyse est une discipline centrée sur l'observation et non sur l'expérimentation ; elle est donc une « science phénoménale » rattachée à la médecine et à la psychiatrie, mais possédant auprès de celles-ci une autonomie relative.
Depuis ses premiers écrits fondateurs, Freud considère que la scientificité de la psychanalyse repose sur son objet : l'inconscient. Or, la plupart des critiques envers la psychanalyse lui contestent cette qualification de scientificité. Pourtant, elle est, selon Paul-Laurent Assoun, une collection de connaissances et de recherches ayant atteint un degré suffisant d'unité et de généralité, et donc capable de fonder La psychanalyse est donc considérée par les freudiens comme une science de la nature car elle repose sur des concepts fondamentaux, notamment celui de pulsion (""). Enfin, la psychanalyse récuse toute métaphysique.
Avec sa conception de l'inconscient, Freud a permis une compréhension des névroses et, au-delà, de la psyché. Les travaux historiques d'Ernest Jones et, plus récemment, d'Henri F. Ellenberger montrent cependant que le concept d'« inconscient » est antérieur à Freud, mais précisent que ce dernier est un précurseur par sa manière de le théoriser, dans sa première topique d'abord, puis dans la seconde. Marcel Gauchet, dans "L'Inconscient cérébral" (1999) évoque l'idée de Freud, celle d'un . Le mouvement psychanalytique s'est développé d'abord en référence à Freud et à ses proches partisans, puis en opposition à ses détracteurs, tant internes (Carl Gustav Jung, Alfred Adler et Otto Rank parmi les principaux) qu'externes avec entre autres Pierre Janet et certains médecins et/ou psychiatres académiques. Les modalités de formation des psychanalystes se sont formalisées notamment avec son pilier central : l'analyse didactique est instaurée pour la première fois à l'Institut psychanalytique de Berlin.
Depuis 1967, les psychanalystes dits de la « troisième génération » établissent un retour historique et épistémologique sur ce mouvement. Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis (dans "Vocabulaire de la psychanalyse") isolent ainsi environ 90 concepts strictement freudiens à l'intérieur d'un vocabulaire psychanalytique contemporain composé de 430 termes alors qu'Alain de Mijolla en dresse un panorama chronologique précis. Le travail de pionnier de Freud a eu un impact sur de nombreuses autres disciplines : sur la psychologie en premier lieu, mais aussi sur la nosographie des troubles mentaux, sur la psychopathologie, sur la relation d'aide, la psychiatrie, l'éducation, la sociologie, la neurologie et même la littérature. À un niveau plus général, Freud est également considéré par certains psychanalystes (comme Wilhelm Reich ou André Green, Françoise Dolto et Daniel Lagache plus tard) comme ayant été celui qui a délivré la parole sur la sexualité et notamment la sexualité féminine, sujets jusqu'alors méprisés par beaucoup de médecins.
Après la mort de Freud (mais également de son vivant), plusieurs écoles psychanalytiques entretiennent entre elles des rapports souvent polémiques, dépendant des postulats retenus et des spécificités nationales. Deux types de courants peuvent être distingués : ceux dits « orthodoxes », proches du freudisme, et ceux s'en écartant sur des points fondateurs : les courants « hétérodoxes ». Plusieurs points théoriques vont constituer des zones de division. Ainsi, pendant la Seconde Guerre mondiale se développe la question de l'analyse groupale, avec des analystes comme Wilfred Bion, qui développe sa propre conception. Par ailleurs, c'est en Angleterre que se déroulent, à partir de 1942, les oppositions entre Melanie Klein, Anna Freud et le Groupe des "Indépendants", sur plusieurs sujets. L’ regroupe les psychanalystes freudiens orthodoxes.
En France, par exemple, la Société psychanalytique de Paris relaye la psychanalyse, essentiellement freudienne, kleinienne et winnicottienne en fonction des orientations des membres qui la composent. Le courant lacanien s'en écarte toutefois, jusqu'à la rupture dans les années 1950, notamment à propos de l'axiome lacanien selon lequel et surtout sur les modalités de formation des psychanalystes qui, pour Lacan et ses adeptes, diffèrent radicalement de celles de l'I.P.A. et des associations affiliées. Si Lacan a été en opposition avec l'IPA, il ne faut pas le voir comme étant en opposition avec Freud : en témoignent son « retour à Freud » et ce propos de Jean-Michel Rabaté : 
Avec l'immigration de nombreux psychanalystes d'Europe avant, pendant et après la guerre, la psychanalyse prend beaucoup d'importance aux États-Unis, avec l’ ou la ". Il existe aussi l'ego-psychology et les courants totalement autonomes, issus des schismes successifs : ceux d'Alfred Adler, d'Otto Rank, Wilhelm Reich et de Carl Gustav Jung. Enfin, de nombreux psychanalystes contemporains, comme Sándor Ferenczi ou Donald Winnicott, développent et propagent leur vision des conceptions freudiennes, tels ceux dits de la « nébuleuse marginale » selon Paul Bercherie, ou ceux, à la pensée plus individuelle comme : Juliette Favez-Boutonier, Daniel Lagache, Françoise Dolto, André Green ou Didier Anzieu.
La psychanalyse a eu une profonde influence sur la plupart des sciences humaines : sur l'ethnologie (avec Géza Róheim et l'ethnopsychanalyse), sur l'anthropologie et les sciences juridiques (avec le juriste Pierre Legendre), sur le marxisme (par le freudo-marxisme et avec Herbert Marcuse) et sur les sciences politiques. La philosophie du a su se nourrir des apports de la psychanalyse d'après Paul-Laurent Assoun et ce à travers des personnalités comme Jean-Paul Sartre, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Félix Guattari, René Girard, Jean-François Lyotard ou Michel de Certeau. Le sociologue Norbert Elias, tout en se distanciant du mouvement des psychanalystes, reconnaît l'avancée de Freud, qui propose, selon lui, . Le philosophe Paul Ricœur le situe aux côtés de Karl Marx et de Friedrich Nietzsche comme étant l'un des trois grands , de ceux qui ont induit le doute dans la conception philosophique classique du sujet.
L'étude psychanalytique de la question de la psychosomatique a également une importance en médecine avec, par exemple, les apports de Franz Alexander et ceux de Michael Balint en Angleterre : les « Groupes Balint » sont menés par des psychanalystes, pour les médecins, et en rapport avec les pratiques de ces derniers, à partir d'études de cas. En France, Pierre Marty, Michel Fain et Michel de M'Uzan pour les affections somatiques, Françoise Dolto pour la pédiatrie et Didier Anzieu pour les groupes sont des exemples d'applications de la psychanalyse en dehors du champ de la cure type. En art, le surréalisme d'André Breton se réclame de la psychanalyse. L'influence est également importante dans le champ de l'interprétation artistique ou littéraire. La notion de sublimation, et, plus généralement, la théorie freudienne en art a été reprise par Deleuze et Guattari, René Girard, Jean-François Lyotard, ainsi qu'en esthétique, en histoire de l'art et dans les ".
Freud introduit dans les sciences humaines une conception nouvelle de l'inconscient. Depuis longtemps, il avait été remarqué que certains phénomènes échappent à la conscience. Les philosophes Leibniz et Arthur Schopenhauer considèrent qu'il existe un arrière-plan à la conscience. Le poète allemand Novalis est le premier à se servir du mot « inconscient », dans la continuité des thèses post-romantiques de Karl Robert Eduard von Hartmann avec son ouvrage ("Philosophie de l’inconscient") en 1869 mais surtout de Carl Gustav Carus (, 1851), ce dernier se représentant un « inconscient absolu » et un « inconscient relatif ». La théorie de Freud est directement liée à leurs travaux. Freud doit aussi à la psychologie expérimentale, et notamment à l'approche de l'hystérie. Les phénomènes d'ivresse ou de transe donnent en effet des exemples d'abolition de la conscience. Or, l'inconscient qu'introduit Freud n'est pas simplement ce qui ne relève pas de la conscience, comme chez von Hartmann. Par « inconscient », il entend à la fois un certain nombre de données, d'informations, d'injonctions tenues hors de la conscience, mais il y englobe aussi l'ensemble des processus qui empêchent certaines données de parvenir à la conscience, et permettent aux autres d'y accéder, comme le refoulement, le principe de réalité, le principe de plaisir, la pulsion de mort. Ainsi, Freud considère l’inconscient comme l'origine de la plupart des phénomènes conscients eux-mêmes, et ce d'une manière nettement différenciée de ses prédécesseurs, car celui-ci évolue de manière dynamique.
L'inconscient est la grâce aux travaux de Freud. Dans "Quelques remarques sur le concept d'inconscient en psychanalyse" (1912), le Viennois se propose de décrire la spécificité du concept. Il y donne une présentation hiérarchique de la notion, qui désigne d'abord le caractère ou l'aptitude d'une représentation ou d'un élément psychique quelconque présent à la conscience de manière intermittente et qui semble n'en pas dépendre. Sur ce point, Freud se réfère à la théorie du psychiatre français Hippolyte Bernheim quant à l'expérience suggestive et à l'hypnose. Par ailleurs, la notion regroupe la constatation d'une dynamique propre à cette représentation inconsciente, et dont l'exemple le plus révélateur est le phénomène d'hystérie. L'inconscient freudien acquiert dès lors son qualificatif de « psychique ». Un troisième niveau vient ensuite compléter la notion telle qu'elle est acceptée en psychanalyse : le niveau systémique par lequel l'inconscient manifeste les propriétés d'un système (que Freud désigne par l'abrégé ', « Ics » en français). Les premiers psychanalystes ont pu parler à ce sujet de « subconscient », terme vite écarté par Freud, car étant imprécis pour expliquer un système existant ', et, donc indépendant de la conscience.
Dans sa première topique, c'est-à-dire dans le second modèle théorique de représentation du fonctionnement psychique proposé en 1920, Freud distingue trois instances : l'inconscient, le préconscient et le conscient. Dans la seconde topique, l'appareil psychique comprend le Ça, le Moi et le Surmoi, trois instances supplémentaires fondatrices de la psychanalyse. Le Ça (') est présent dès la naissance ; il s’agit de manifestations somatiques. Si le Ça est inaccessible à la conscience, les symptômes de maladie psychique et les rêves permettent d’en avoir un aperçu. Le Ça obéit au principe de plaisir et recherche la satisfaction immédiate. Le Moi (') est en grande partie conscient, il est le reflet de ce que nous sommes en société ; il cherche à éviter les tensions trop fortes du monde extérieur ainsi que les souffrances, grâce, notamment, aux mécanismes de défense (refoulement, régression, rationalisation, sublimation, etc.) se trouvant dans la partie inconsciente de cette instance. Le Moi est l’entité qui rend la vie sociale possible. Il suit le principe de réalité. Bien que le Surmoi ("") existe depuis la naissance et que, jusqu'à cinq ans, l’enfant héritant de l’instance parentale, groupale et sociale emmagasine quantité de règles de savoir-vivre à respecter, le Surmoi se développe particulièrement lorsque le complexe d'Œdipe est résolu. Du fait des pressions sociales, en intériorisant les règles morales ou culturelles de ses parents et du groupe, l’enfant, puis l'adulte pratiquent le refoulement. En effet, le Surmoi punit le Moi pour ses écarts par le truchement du remords et de la culpabilité.
Les pulsions sexuelles sont conçues par Freud comme une énergie, qu'il nomme « libido » (« le désir » en latin). Ces pulsions sont susceptibles de maintes transformations et adaptations selon la personnalité et l'environnement. La libido est en effet essentiellement plastique et son refoulement est le plus souvent à l'origine des troubles psychiques alors que sa sublimation explique les productions culturelles, intellectuelles et artistiques de l’humanité. La doctrine freudienne de la libido a souvent été critiquée comme étant un « pansexualisme » matérialiste. Constituant le socle de la métapsychologie freudienne, le concept de libido, décrit dans "Trois essais sur la théorie sexuelle" (1905/1915/1920), est lié à celui de pulsion : , et ce, même si la prise en compte de la fonction de procréation est à considérer. En effet, sa nature est prégénitale et symbolique, et sa fixation conditionne la formation de la névrose.
Freud est le premier à élaborer une conception de la sexualité infantile. L'idée de « sexualité infantile » est surtout formalisée en 1905 dans l'ouvrage "Trois essais sur la théorie sexuelle", mais elle provient de travaux précédents, en particulier de la théorie de la séduction, abandonnée en 1897, et par laquelle Freud met au jour la sexualité infantile à travers son aspect pulsionnel. Il y décrit l'existence d'une opposition radicale entre sexualité primaire et adulte, marquée par le primat du génital, et sexualité infantile, où les buts sexuels sont multiples et les zones érogènes nombreuses, à tel point que Freud est souvent considéré comme le découvreur de la sexualité de l'enfant. Progressivement, entre 1913 et 1923, cette thèse se trouve remaniée par l'introduction de la notion de « stades prégénitaux », précédant l'instauration du stade génital proprement dit, et qui sont : le stade oral, le stade anal et le stade phallique . Freud propose ainsi d'expliquer l'évolution de l'enfant à travers des caractères pulsionnels d'ordre sexuel qui vont évoluer au travers de plusieurs stades psycho-affectifs, pour aboutir ensuite à la sexualité génitale adulte. C'est aujourd'hui une base théorique importante en psychologie clinique ou en pédopsychiatrie.
Selon Freud, l'. Les rêves sont en effet, dans le modèle psychanalytique, des représentations de désirs refoulés dans l’inconscient par la censure psychique (le Surmoi). Les désirs se manifestent ainsi dans le rêve de manière moins réprimée qu'à l'état de veille. Le contenu manifeste du rêve est le résultat d'un travail intrapsychique qui vise à masquer le contenu latent, par exemple un désir œdipien. En cure de psychanalyse, le travail repose sur l'interprétation à partir du récit (contenu manifeste) du rêve. Les associations du patient sur son rêve permettent de révéler son contenu latent ; ce « travail du rêve » ("") repose sur quatre procédés fondamentaux. Tout d'abord, le rêve condense, comme s'il obéissait à un principe d'économie psychique, c'est-à-dire qu'une seule représentation concentre plusieurs idées, plusieurs images, parfois même des désirs contradictoires. Deuxièmement, le rêve est décentré et le désir déformé est fixé sur un autre objet que celui qu'il vise, ou sur de multiples objets jusqu'à l'éparpillement, ce qui constitue . Par ailleurs, le rêve est une illustration (ou « figurabilité ») du désir dans le sens où il ne l'exprime ni en mots ni en actes, mais en images ; le symbole onirique selon la psychanalyse est donc une . Enfin, le rêve est aussi le produit d'une activité inconsciente, mais très proche de l'activité vigile en ce qu'elle s'efforce de lui donner une apparence de vraisemblance, d'organisation, de logique interne (c'est l'« élaboration secondaire »).
Au niveau épistémologique, le geste de Freud consiste à réintroduire la production onirique dans la psychologie. Il rompt avec l'idée romantique d'un rêve contenant une clé ou un secret et seul le travail du rêve en explique la nature : la production à la fois complexe et immanente de la psyché qui s'apparente à un rébus. Cette théorie des rêves ("") est selon Freud ce par quoi la psychanalyse a pu s'élever : d'abord simple thérapeutique elle a pu devenir, selon lui, une métapsychologie générale. La science du rêve en psychanalyse fonde tout le reste de son édifice théorique : 
 freudienne, la pulsion (') répond à une définition polysémique. Excitation psychique, concept-frontière entre psychique et somatique, elle se définit par une poussée ('), un but ('), un objet (') et une source (""). Elle conditionne la représentation ainsi que l'affect. Les pulsions prennent leur source dans une excitation corporelle et, en cela, elles sont proches de l'instinct. Au contraire d'un stimulus, la pulsion ne peut être évitée ou fuie et demande à être déchargée dans le conscient. Il existe selon Freud trois moyens de décharger une pulsion : par le rêve, par le fantasme et par la sublimation. Freud distingue d'abord deux groupes de pulsions : celles du Moi (ou d'auto-conservation) et les pulsions sexuelles. Par la suite, et dans ses écrits les plus tardifs, il distingue deux autres grands types de pulsions : la pulsion de vie (l'« Éros ») et la pulsion de mort (le « Thanatos »). L'Éros représente l’amour, le désir et la relation, tandis que le Thanatos représente la mort, les pulsions destructrices et agressives. Le Thanatos tend à détruire tout ce que l'Éros construit (la perpétuation de l’espèce par exemple). Le masochisme en est un exemple typique.
Le refoulement (""), « pierre d'angle » de la psychanalyse, est aussi le concept le plus ancien de la théorie freudienne. Dès 1896, Freud repère en effet un mécanisme de défense primaire, qu'il assimile ensuite à la censure et qui structure "a priori" le Moi et, de manière générale, le psychisme. Le refoulement est à la fois refus d'une pulsion et action psychique de maintien de cet écart. Frontière entre le conscient et l'inconscient, la « clause de censure » atteste aussi que l'inconscient est bien « travail » et processus, et non-principe seul.
. Freud théorise le complexe d'Œdipe dans sa première topique. Celui-ci est défini comme le désir inconscient d'entretenir un rapport sexuel avec le parent du sexe opposé (c'est l'inceste) et celui d'éliminer le parent rival du même sexe (le parricide). Ainsi, le fait qu'un garçon tombe amoureux de sa mère et désire tuer son père répond à l'impératif du complexe d'Œdipe. C'est dans la lettre à Wilhelm Fliess du que Freud évoque le complexe pour la première fois, mais c'est dès 1912 et 1913 que « l'Œdipe » est entré totalement dans la pensée clinique de Freud. Ce dernier s'attache à en étudier l'universalité, dans l'ouvrage "Totem et Tabou". Freud y avance la thèse suivante : celle de la , résumée par Roger Perron : 
Pour lui, la structure de la personnalité se crée en rapport avec le complexe d’Œdipe et son rapport avec la fonction paternelle (imago du père). Le complexe d’Œdipe intervient au moment du stade phallique. Cette période se termine par l’association entre la recherche du plaisir et une personne extérieure, la mère. Le père devient le rival de l’enfant ; ce dernier craint d’être puni en conséquence de son désir pour la mère par la castration. L’enfant refoule donc ses désirs, ce qui alimente au cours de son développement son Surmoi, avec la naissance en lui des sentiments de culpabilité et de pudeur, entre autres, et par l'intermédiaire du complexe de castration. Le complexe serait donc transmis de génération en génération et avec lui le sentiment de culpabilité associé. Freud a toujours recherché en effet à relier ces concepts, et en particulier celui du complexe d'Œdipe, à une théorie générale de la phylogenèse (de l'histoire de l'humanité comme espèce).
Selon Freud, tel qu'il le décrit dans son essai « L'organisation génitale infantile » (, 1923), l'élaboration du complexe d'Œdipe représente une étape constitutive du développement psychique des enfants. Le désir envers la mère trouve en effet son origine dès les premiers jours de la vie et conditionne tout son développement psychique (psychogenèse). La mère est, d'une part, la « nourricière » et, d'autre part, celle qui procure du plaisir sensuel, via le contact avec le sein et à travers les soins corporels. L'enfant, qu'il soit fille ou garçon, en fait donc le premier objet d'amour qui reste déterminant pour toute sa vie amoureuse. Cette relation objectale est ainsi investie de sexualité et se déploie en cinq « phases » libidinales qui trouvent aussi leur origine dans la constitution de la part de l'enfant de la scène primitive. La notion de « phase » ou de « stade » n'est pas à prendre au sens littéral. Elle signale la primauté d'une zone érogène particulière, mais n'implique pas que le processus se déroule de manière mécanique et linéaire. Le complexe d'Œdipe se déploie donc à travers ces phases en fonction de leurs propriétés propres qui s'enchevêtrent pour constituer un agrégat de pulsions qui, pour les freudiens, trouve son aboutissement vers l'âge de 5 ans. Freud aboutit à ce modèle en étudiant le cas dit du « petit Hans », en 1909.
La « phase orale » constitue l'organisation psychique du premier lien. La nourriture qui passe par la bouche est en effet la première origine de sensualité. Le plaisir produit par les zones érogènes s'étaye sur ce lien vital puis s'en éloigne, par exemple lors des préliminaires sexuels des adultes. On différencie la « phase orale de succion » de la « phase orale de morsure » qui inaugure une manifestation d'agressivité reposant sur l'ambivalence inhérente à la relation d'objet. Pour les kleiniens, le complexe d'Œdipe se manifeste déjà à cette phase orale et son déclin intervient lors de l'avènement de la position dépressive. Ensuite, la « phase anale », allant de 1 à 3 ans environ, est liée au plaisir de contrôler ses voies d’excrétion. La « phase phallique » (ou « génitale infantile »), de 3 à 6 ans environ, est liée à la masturbation. Elle connaît l'émergence puis le conflit œdipien dans sa phase la plus aiguë. La « phase de latence » s'étale ensuite de 6 ans à la préadolescence, et correspond au déclin du complexe d'Œdipe par le refoulement des pulsions sexuelles qui sont mises au service de la connaissance (ou « épistémophilie ») qui dure jusqu'à l'adolescence et qui est permise par le processus de sublimation. Cette « latence » est toute relative et peut varier selon les individus, les circonstances et les moments du développement.
La cure psychanalytique, communément nommée « psychanalyse » ou encore « cure type », désigne la pratique psychothérapeutique élaborée par Sigmund Freud puis par ses successeurs et inspirée de la « "" » de Josef Breuer. La pratique psychanalytique a été peu à peu distinguée par Freud de cette dernière, ainsi que de celle de l'hypnose. La cure psychanalytique s'applique plus largement à toute une série de traitements plus ou moins dérivés de la psychanalyse au point que Jean Bergeret fait de son emploi chez certains psychanalystes un abus de langage. Vers la fin de sa vie, Freud lui-même revient sur l'efficacité de la cure, rappelant que la psychanalyse est avant tout savoir. De nature transférentielle, elle repose sur les associations libres et débute par l'étude du symptôme (dont la névrose est la manifestation générale) pour arriver à sa source, la pulsion refoulée. Ce contenu censuré doit parvenir à la conscience du malade, ce qui en constitue le traitement.
La psychothérapie psychanalytique met en œuvre tous les concepts dégagés par Freud, et en particulier ceux de « libre association » et de neutralité (l'analyste doit laisser les idées spontanées du patient s'exprimer, il doit écouter sans rien dire — et encore moins faire — qui ne perturbe les associations de l'analysant) et d'« attention flottante » (l'attention de l'analyste ne doit pas se focaliser sur un élément ou un autre du discours de l'analysant, mais rester attentif aux éléments inconscients qui pourraient surgir). Par ailleurs, le cadre éthique de l'analyse repose sur la sincérité du patient ainsi que sur l'engagement du psychanalyste à la neutralité et à la bienveillance. L’unique but de l’analyse est donc, par le travail élaboratif du patient et le travail interprétatif du psychanalyste, de supprimer le refoulement qui crée la répétition ; mais l'analysé ne peut prendre conscience du refoulement que si, auparavant, a été supprimée la résistance qui le maintient.
Freud réalise sa première analyse avec Dora, de son vrai nom Ida Bauer, qui nourrit dans deux rêves des fantasmes sexuels handicapants. Mais, en raison du transfert qui s'opère sur sa personne, Freud échoue à guérir Dora. Il ne reconnaît que plus tard, dans un post-scriptum, qu'il n'a pas su se rendre compte qu'il était l'objet transfériel de sa patiente amoureuse. Le cas Dora est décrit de décembre 1900 à janvier 1901, mais Freud ne publie son "Fragment d'une analyse d'hystérie" que quatre ans plus tard.
Freud accueille ensuite en analyse Ernst Lanzer, surnommé « l'homme aux rats ». Cette cure lui fournit un matériel clinique, notamment dans l'étude de la névrose obsessionnelle. Le patient entretient une culpabilité à la suite d'une punition paternelle pour s'être masturbé, le rendant névrosé. Un troisième cas fondateur de la pratique psychanalytique est celui d'Herbert Graf, surnommé « le petit Hans ». Ce dernier n'a cependant pas été analysé par Freud. L'enfant souffre d'une phobie du cheval, lié à une fixation psychoaffective au niveau du complexe d'Œdipe. Grâce à la compréhension de ce schéma psychique, Herbert est guéri de ses fantasmes. Un quatrième cas est célèbre en littérature psychanalytique : celui de Sergueï Pankejeff, dit « l'homme aux loups ». Enfin, avec Daniel Paul Schreber (« le président Schreber »), Freud examine les délires psychotiques et paranoïdes présents dans "Mémoires d’un névropathe" du magistrat.
Freud renonce progressivement à faire de l'homosexualité une disposition biologique ou une résultante culturelle, mais l'assimile plutôt à un choix psychique inconscient. En 1905, dans "Trois essais sur la théorie sexuelle", il parle d'« inversion », mais, en 1910, dans "Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci", il renonce à ce terme pour choisir celui d'« homosexualité ». Dans une lettre datant de 1919 écrite à la mère d'une jeune patiente, Freud explique : Cependant, des contradictions existent dans l'ensemble de l'œuvre freudienne et l'homosexualité adulte y est présentée tantôt comme immature par blocage de la libido au stade anal, tantôt comme repli narcissique ou encore comme identification à la mère. Freud a en effet affirmé que l'homosexualité résulte d'un 
Selon Freud, l'homosexualité n'est pas l'objet de la cure analytique. Seule la culpabilité qui l'accompagne peut donner lieu à une névrose. Enfin, dans une note de 1915 aux "Trois essais sur la théorie sexuelle", il explique également que conclut Élisabeth Roudinesco, même si cette question a divisé les psychanalystes. Selon le critique Didier Eribon, les psychanalystes partageraient un alors que pour Daniel Borrillo, Freud et certains psychanalystes (tel Jacques Lacan) feraient œuvre d'homophobie en classant l'homosexualité parmi les « inversions ».
Pour Freud, la culture (') désigne l'ensemble des institutions qui éloignent l'individu de l'état animal. La nature correspond donc aux émotions, aux instincts, pulsions et besoins. L’être humain lutte en permanence contre sa nature instinctuelle et ses pulsions, qu'il tente de réfréner afin de vivre en société, sans quoi l’égoïsme universel amènerait le chaos. Pourtant, Freud opère une confusion constante dans ses écrits entre la civilisation d'une part et la culture d'autre part. Plus le niveau de la société est élevé, plus les sacrifices de ses individus sont importants. En imposant la frustration sexuelle surtout, la civilisation a une action directe sur la genèse des névroses individuelles. Le texte de 1929, "Malaise dans la civilisation", soutient la thèse que la culture est la cause principale de névrose et de dysfonctionnements psychiques. Par les règles claires qu’elle lui impose, la culture protège l'individu, même si elle exige des renoncements pulsionnels conséquents. Ces contraintes peuvent expliquer qu’il existe une rage et un rejet – souvent inconscients – vis-à-vis de la culture. En contrepartie, la culture offre des dédommagements aux contraintes et sacrifices qu'elle impose, à travers la consommation, le divertissement, le patriotisme ou la religion.
Dans l'essai « Une difficulté de la psychanalyse » publié en 1917, et dans ses conférences d'introduction à la psychanalyse, écrites pendant la Première Guerre mondiale, Freud explique que l'humanité, au cours de son histoire, a déjà subi . La première, explique-t-il, date du moment où Nicolas Copernic établit que . La deuxième, selon lui, a lieu quand la biologie moderne – et Darwin au premier chef – . Il ajoute : . Selon Freud, c'est le qui permet à l'homme d'évoluer culturellement.
Se disant « incroyant », Freud est critique vis-à-vis de la religion. Il estime que l’être humain y perd plus qu’il n’y gagne par la fuite qu’elle propose. Selon lui, l’humanité doit accepter que la religion n’est qu’une illusion pour quitter son état d’infantilisme, et il rapproche ce phénomène de l’enfant qui doit résoudre son complexe d’Œdipe : . Dans son premier écrit sur la religion, "Actes obsédants et exercices religieux", publié en 1907, il explique que le cérémonial liturgique implique obligatoirement des « actes obsédants ». Il parle par conséquent de . Selon lui, la .
S'appuyant sur les thèses de Charles Darwin, en 1912, dans "Totem et Tabou", Freud explique que l'origine de l'humanité se fonde sur le fantasme d'une « horde primitive » dans laquelle a lieu le meurtre primitif du père comme acte fondateur de la société. Les hommes vivaient en hordes grégaires, sous la domination d'un mâle tout-puissant, qui s'appropriait les femmes du groupe et en excluait les autres mâles. Ces derniers commettent alors le meurtre du « Père primitif », parricide qui explique ensuite le tabou de l'inceste comme élément constitutif des sociétés. Dans "Malaise dans la civilisation", Freud décompose l'évolution de l'humanité en trois phases : une phase animiste caractérisée par un narcissisme et un totémisme primaires d'abord, puis une phase religieuse marquée par la névrose collective et enfin une phase scientifique dans laquelle prédomine la sublimation. Cette conception d'héritage phylogénétique a été critiquée par les anthropologues, les historiens et invalidée par la biologie.
L'antisémitisme ne pèse pas d'une manière égale durant la vie de Freud, et ce au gré des changements politiques de l'Autriche et l'Allemagne au début du . Le sentiment antisémite joue un rôle déterminant à la fin de sa vie, lorsqu'il doit fuir l'Autriche devant la menace nazie. Avant la première guerre mondiale, comme le souligne Yerushalmi, « Je tiens à souligner que sa prise de conscience du phénomène précéda son entrée à l'Université de Vienne, ou encore la fin du Burgerminister libéral et la montée de l'antisémitisme politique ». Ensuite, à la Première Guerre mondiale, on assiste à un réveil des nationalismes et à partir de 1917, la censure d'articles antisémites dans des journaux se montre de moins en moins stricte et, il devient habituel de voir traiter les Juifs de « profiteurs de guerre », c'est en 1918 que l'antisémitisme atteint son comble, les Juifs devenant explicitement les boucs émissaires de tous les malheurs qui s'abattent sur l'Autriche. En 1933, les œuvres de Freud sont brûlées par les nazis, qui y voient une « science juive » (selon la formule du parti nazi) contraire à l'« esprit allemand » : Avec l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne, de nombreux psychanalystes ont dû cesser leur pratique ou émigrer quand ils n'ont pas été tués ou envoyés dans des camps de concentration parce qu'ils étaient juifs. La ségrégation s'est d'abord développée en Hongrie, notamment sous le régime de Miklós Horthy. Puis, elle s'est propagée en Allemagne dès les années 1920 et en Autriche. Dès lors, la plupart de ceux qui ont survécu ont émigré en Grande-Bretagne, en France, en Amérique du Sud et aux États-Unis. D'autres comme Max Eitingon sont partis pour la Palestine bien avant la création de l'État d'Israël.
Henri Ellenberger a fait une étude approfondie de la situation des Juifs dans l'ensemble de la région et a pu affirmer que Freud aurait exagéré l'impact de l'antisémitisme dans sa non-nomination à un poste universitaire de professeur extraordinaire. Il argumente sa thèse de manière documentée. Ellenberger n'a jamais été soupçonné ou accusé d'antisémitisme (à la différence de Jung). D'autres historiens considèrent cependant qu'il a minimisé le phénomène à Vienne, qui élit un maire ouvertement antisémite en 1897 et le père même de Freud avait été victime d'un acte antisémite, qu'il lui avait raconté, enfant. Dès ses débuts, la psychanalyse freudienne a été accusée d'être une « science juive ». Le professeur Martin Staemmler de Chemnitz écrit, dans un texte de 1933 : . Pour Lydia Flem, Freud et Theodor Herzl, chacun à leur manière, répondent à la crise identitaire juive, le premier en imaginant une topique psychique, le second en rêvant d'un pays géographique pour le peuple juif.
La découverte de l'alcaloïde de la plante de coca est contemporaine des recherches de Freud, qui cherche à l'utiliser pour la guérison psychique. En 1884, les laboratoires Merck confient à Freud la charge de mener des expérimentations sur la substance. Avant de créer la psychanalyse, Freud a étudié ce produit et a pensé pouvoir lui prêter toutes sortes d'indications médicales — notamment dans le traitement de la neurasthénie. Freud travaille sur les propriétés anesthésiantes de la cocaïne avec deux collègues, Carl Köller et Leopold Königstein, dès 1884. Cependant, il n'a pas le temps de tester son pouvoir narcotique et doit s'absenter de Vienne. Ses collègues poursuivent les expérimentations, notamment dans le cadre de la chirurgie oculaire, et finissent par présenter leur découverte devant la Société médicale de médecine de Vienne sans mentionner le rôle de Freud.
Freud a par ailleurs consommé épisodiquement de la cocaïne. Il en a usé entre 1884 et 1887 et a même rédigé un texte sur cette drogue : . Il se détourne ensuite totalement de son étude après avoir suggéré à son ami Ernest von Fleischl-Marxrow de l'utiliser pour guérir de sa morphinomanie. Ce dernier souhaitait utiliser l'opiacé pour soulager ses souffrances dues à une amputation du pouce. Freud, pensant bien faire, lui propose de remplacer la morphine par de la cocaïne en ignorant totalement les effets toxiques de cette dernière. Une toxicomanie en remplace ainsi une autre et après une agonie et des souffrances sans fin, von Fleischl se suicide. Cette erreur est vite imputée à Freud. Les toxicomanies à la cocaïne se déclarent ensuite dans d'autres pays, en Europe d'abord, notamment en Allemagne où le Dr Wallé en vante sans prudence les mérites. Freud continue d'en consommer épisodiquement et d'en prescrire en application nasale jusqu'en 1895, lorsqu'il entame son auto-analyse. Dans un article datant de 1886, le Dr Albrecht Erlenmeyer met en garde la communauté médicale en termes précis, qualifiant la cocaïne de . Face aux critiques de plus en plus nombreuses, le Dr Johann Schnitzler, dans un article de la revue "Internationale Klinische Rundschau", en 1887, défend Freud, accusé d'en avoir propagé le recours. Ce dernier défend l'usage de la cocaïne jusqu'en 1887 et affirme que c'est le sujet qui est prédisposé et pas la drogue qui entraîne la toxicomanie.
Les principales querelles aboutissent, au cours du développement du mouvement psychanalytique, à des scissions majeures, d'abord celle d'Alfred Adler (qui fonde ensuite la psychologie individuelle), puis celle de Carl Gustav Jung, initiateur de la psychologie analytique. Les points théoriques de désaccord sont nombreux, liés à la libido, au complexe d'Œdipe ou encore à l'importance de la sexualité dans le psychisme. Ces controverses se situent dès les années 1907 et 1911. Nommés les « apostats » par Freud, Adler, le premier, puis Jung ensuite, s'opposent à la conception de la libido comme essentiellement d'origine sexuelle et qu'ils voient plutôt comme une « pulsion de vie » au sens large. Freud craint par-dessus tout que les dissidents ne détournent la théorie et la pratique psychanalytique. Paul-Laurent Assoun souligne en effet que tous deux disent vouloir remettre la psychanalyse dans la bonne direction, et la sauver du culte de la personnalité formé autour de Freud. La concurrence entre les diverses écoles, principalement entre le cercle viennois et l'école de Zurich de Jung, porte le coup le plus rude au jeune mouvement psychanalytique, et ce dès 1913, avec la défection de Jung. Les autres divergences internes se rapportent par exemple à la précocité du Surmoi telle que la décrit Melanie Klein ou Donald Winnicott. L'opposition avec Wilhelm Reich porte elle essentiellement sur des différences foncières concernant la pratique de la cure, notamment à propos de la règle d'abstinence. Le post-freudisme commence ainsi avec cette nouvelle génération de psychanalystes qui s'émancipent en partie de l'héritage freudien tout en intégrant ses apports principaux, et dont les critiques portent essentiellement sur l'interprétation des textes fondateurs ou sur les concepts clés de l'édifice épistémologique freudien.
La plupart des controverses autour de la pertinence scientifique des conceptions psychanalytiques sont appelées les , expression venant des États-Unis. Des contemporains de Freud, comme Karl Kraus et Egon Friedell, portèrent diverses critiques ; Kraus récuse l'interprétation sexuelle psychanalytique en littérature alors que Friedell qualifie la psychanalyse de « pseudo-religion juive » et de « secte ». Paul Roazen publie quant à lui une étude sur les relations complexes entre Freud, Victor Tausk et Helene Deutsch. Tausk avait demandé une analyse à Freud, qui la lui avait refusée, avant de l'adresser à Deutsch. Cette dernière était alors elle-même en analyse chez Freud. Cette situation est abordée par Roazen, qui la met aussi en rapport avec les autres causes du suicide de Tausk. Beaucoup d'autres critiques accréditées par des documents historiques existent.
Longtemps, la plupart des ouvrages parlant de Freud se référaient presque exclusivement à sa biographie par Ernest Jones, critiquée pour des aspects hagiographiques. Les études critiques de Janet, celles du philosophe Popper, puis les nouvelles recherches historiques initiées par Henri Ellenberger et relayées par d'autres auteurs qui ont publié des critiques telles celles de Mikkel Borch-Jacobsen, Jacques Van Rillaer ou Jacques Bénesteau, ont finalement conduit à revoir l'histoire et la portée de l'œuvre de Freud. L'accès à certains documents relatifs à Freud demeure un point de polémique. Une très grande collection des écrits originaux et des lettres freudiennes se trouve dans la ' de la à Washington. Certaines lettres écrites par Freud se trouvent en partie sous clé jusqu'à l'an 2060. Pour les examiner, il faut une autorisation spéciale du directeur du département des manuscrits après l'accord avec les ' à New York. L'autorisation est donnée seulement dans les cas exceptionnels. Pour de nombreuses lettres, il n'existe même pas de date de déblocage.
En France, la critique théorique est représentée par un ouvrage collectif et multidisciplinaire, "Le Livre noir de la psychanalyse" (2005), corpus d'articles publié sous la direction de Catherine Meyer, et qui reflète plusieurs décennies de critiques à l'encontre de Freud. La plupart des points critiques sont abordés, de la scientificité de la psychanalyse à la personnalité de Freud, en passant par les contradictions, la fabrication suspectée de cas psychopathologiques et de fausses guérisons. Se basant sur des études épidémiologiques, selon ces auteurs la faible efficacité thérapeutique de la méthode psychanalytique par rapport à d'autres techniques psychothérapeutiques, comme les thérapies cognitivo-comportementales est mise en évidence. Cet ouvrage a suscité des réactions dans divers milieux psychiatriques, thérapeutiques et psychanalytiques, relançant ainsi des conflits d'intérêts sous-jacents. En réponse à ces critiques, la psychanalyste Élisabeth Roudinesco a dirigé un ouvrage : "Pourquoi tant de haine ? Anatomie du Livre noir de la psychanalyse" (2005). D’autres psychanalystes et psychiatres ont critiqué l'ouvrage.
Frank Sulloway a développé quant à lui une thèse (dans "Freud biologiste de l'esprit", 1979) dans laquelle il soutient qu'avec la psychanalyse, Freud a produit un modèle « cryptobiologique » dans le but de masquer ses inspirations biologiques reconnues comme déjà obsolètes à son époque par certains de ses partisans tel Ernst Kris. Le but est, selon Sulloway, de présenter la psychanalyse comme une théorie révolutionnaire, unique dans l'histoire. Cependant, une grande part du travail de Lacan montre bien que l’œuvre de Freud est à comprendre sous l'angle du langage et non sous celui de la biologie, notamment en affirmant que « l'inconscient est structuré comme un langage ».
Le philosophe français Michel Onfray publie au mois d'avril 2010 un livre critique sur Freud intitulé "Le Crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne", dans lequel il reproche, entre autres, à Freud d'avoir généralisé son cas personnel, d'avoir été un médecin médiocre, d'avoir développé la théorie psychanalytique sans suivre une démarche scientifique, en mentant sur ses observations et sur les guérisons obtenues, aux seules fins d’assurer sa réussite personnelle et financière, et d'avoir fondé la communauté psychanalytique sur des principes quasi-sectaires. Il note aussi qu'il a signé une dédicace à Benito Mussolini et qu'il a écrit "L'Homme, Moïse et le monothéisme" en plein essor du nazisme et de l'antisémitisme. Onfray reprend les critiques du freudisme connues et développées avant lui, en utilisant une grille d'interprétation d'inspiration nietzschéenne. En novembre 2010, il publie "Apostille au crépuscule. Pour une psychanalyse non freudienne", dans lequel il propose un modèle psychologique permettant de « dépasser » la psychanalyse freudienne.
Les travaux de Lionel Naccache sur les phénomènes d'amorçage sémantique inconscient ont démontré l'existence d'un inconscient cognitif qui ne saurait être assimilé à l'inconscient freudien. La théorie freudienne du rêve centrée sur la satisfaction hallucinatoire du désir dissimulé grâce aux mécanismes de déplacement, condensation et dramatisation a aussi été critiquée. Selon le psychologue, sociologue et essayiste G. William Domhoff et le psychologue cognitiviste David Foulkes l'idée selon laquelle l'association libre permet d'accéder au contenu latent du rêve est infirmée par des travaux de psychologie expérimentale qui ont conclu au caractère arbitraire de cette méthode.
Selon le neuroscientifique Winson en 1985, l’association libre de Freud est une méthode valide qui permet l'accès au contenu latent. Le neuropsychiatre Allan Hobson a critiqué l’ouvrage de Domhoff en lui reprochant de méconnaître les mécanismes neurobiologiques qu'il étudie et remarque que Foulkes partage des points de vue avec la théorie de Freud, notamment qu'il existe un contenu latent et un contenu manifeste qui en est la transformation, et que cette transformation relève d'un langage à déchiffrer. Selon le neurologue Bernard Lechevalier, il y a compatibilité entre la conception psychanalytique du rêve et les neurosciences. Selon le chercheur en neuroscience et prix Nobel, Eric Kandel, la psychanalyse « représente encore la conception de l'esprit la plus cohérente et la plus satisfaisante intellectuellement ».
En 1952, le pape Pie XII prononce un discours devant les participants du Congrès international de psychothérapie et de psychologie clinique qui reconnait la psychanalyse, mais en relativisant le pouvoir descriptif de ses concepts. Ainsi, si la psychanalyse décrit ce qui advient dans l'âme, elle ne peut prétendre décrire et expliquer ce que l'âme est pour autant.
Avant la Révolution de 1917, la Russie est le pays où Freud est le plus traduit. Après l'arrivée au pouvoir des bolcheviks, dans les années 1920, il y eut des rapprochements entre la pensée de Freud et celle de Marx. Cependant, par la suite, explique Eli Zaretsky. En 1949, Guy Leclerc publie dans "L'Humanité" l'article « La psychanalyse, idéologie de basse police et d'espionnage » (numéro du 27 janvier 1949), dans lequel il considère la psychanalyse comme une science bourgeoise destinée à asservir les foules. Dès lors, après en avoir accepté l'importance avec le freudo-marxisme, le Parti communiste français commence sa campagne contre la psychanalyse, et plus largement contre la psychanalyse en France.
Une partie des critiques envers Freud et la psychanalyse porte sur la question de sa scientificité. Ludwig Wittgenstein a par exemple dit : Le philosophe Michel Haar ("Introduction à la psychanalyse. Analyse critique", 1973) et les cognitivistes Marc Jeannerod et Nicolas Georgieff (article « Psychanalyse et science(s) », 2000) dressent le panorama de ces critiques tenant de l'épistémologie. Les critiques de Freud, à son époque et aujourd'hui, mettent en effet en cause tantôt la scientificité de sa démarche, sa méthodologie (le faible nombre de cas, l'interprétation littéraire, etc.), son aspect hautement spéculatif également, son incohérence théorique, l'absence de validation expérimentale ou d'études cliniques rigoureuses (contrôlées et reproductibles), des manipulations de données et de résultats cliniques et thérapeutiques.
Dans "La Psychanalyse à l'épreuve" (1992), Adolf Grünbaum explique que Freud ne démontre rien sur le plan scientifique : Bien que critique envers la psychanalyse, Grünbaum s'oppose par ailleurs à un autre détracteur des travaux de Freud : Karl Popper. Ce dernier explique que : Le critère de sa falsifiabilité (sa « réfutabilité » en d'autres termes) occupe l'essentiel de leur débat. Contrairement à Popper qui regarde la psychanalyse comme non réfutable donc pseudo-scientifique, Grünbaum pense que certaines assertions psychanalytiques peuvent être testées, comme le lien supposé par Freud entre paranoïa et refoulement de l'homosexualité (si le second était bel et bien la cause nécessaire de la première, des sociétés moins homophobes devraient connaître une prévalence moins importante de paranoïa). 
Selon Vannina Micheli-Rechtman, les critiques de Grünbaum et Popper ne prennent pas assez en compte l'épistémologie propre à la psychanalyse. Ainsi, la psychanalyse est avant tout « une pratique de communication et une pratique de soin », selon Daniel Widlöcher, qui rappelle cette phrase de Lacan « "la psychanalyse est une science des actions humaines au même titre qu’un certain nombre de sciences des actions". C'est-à-dire que c’est une pratique d’actions (on fait quelque chose avec quelqu’un d’autre) et de cela on déduit des généralités qu’on va élaborer comme des modèles. La psychanalyse construit des modèles » descriptifs au même titre que la science économique ou d'autres sciences sociales, comme l'ethnologie. Elle n'en adopte pas moins la même rationalité que la rationalité scientifique, comme le montre, par exemple, Jean-Michel Vappereau. Mais là où les sciences expérimentales évacuent la subjectivité pour atteindre l'objectivité, la psychanalyse s'attache à ce qui est propre à structurer la subjectivité, à travers un objet (l'inconscient) et un protocole (le « divan ») qui lui sont propres et parfaitement rationnels.
En français, les premières traductions l'ont été pour des articles et notamment par Henri Hoesli pour la Revue française de psychanalyse. Les traductions de livres - parfois des recueils d'articles - sont éparpillées entre plusieurs éditeurs : Payot, Gallimard, PUF, Alcan donc le fait de plusieurs traducteurs ou équipes de traducteurs. Anne Berman a été par exemple la traductrice de plusieurs ouvrages de Freud, d'Anna et de Jones Depuis 1988, les Presses universitaires de France publient la traduction, œuvre collective sous la direction scientifique de Jean Laplanche, des "Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse". Seize volumes ont été publiés à ce jour. Cette traduction est controversée, du fait de ce que Laplanche définit comme , mais que ses contradicteurs voient comme un exercice formaliste, comportant des néologismes qui rendent la compréhension difficile. Le volume "Traduire Freud" (1989) tente d'expliquer et de justifier les principes auxquels se réfère cette grande entreprise d'une nouvelle traduction des "Œuvres complètes de Freud" en France.
En allemand, dix-sept volumes sont parus entre 1942 et 1952, intitulés '. En anglais, vingt-quatre volumes paraissent entre 1953 et 1974 sous le titre de '. En 2010, la situation des traductions des œuvres change radicalement puisque ses écrits sont entrés dans le domaine public.
Les principaux écrits de Freud traduits en français sont présentés ci-dessous, avec la première année de publication en langue allemande entre parenthèses.
La période prépsychanalytique comprend les écrits de Freud datant de sa formation médicale et de ses premiers travaux.
Dans la série perception quand le docteur Daniel Pearce est interné pour resourdre une enquête