Norvégien

Le norvégien ("norsk" en norvégien) est une langue germanique parlée en Norvège, elle a pour racine historique le vieux norrois, qui était pratiquée depuis le Moyen Âge dans les pays scandinaves par les Vikings. Le vieux norrois est aussi l'ancêtre direct du danois et du suédois modernes et a exercé une influence sensible sur l'anglo-saxon pour former l'anglais ; en France, il a fourni au vieux normand certains éléments de vocabulaire.
Le norvégien actuel comporte en réalité un grand nombre de dialectes qui diffèrent autant entre eux que le danois ou le suédois n'en diffèrent. Il existe deux standards concurrents à l'écrit :
Il s'agit de deux dialectes fictifs, ou construits, l'un (le bokmål) étant plus proche des dialectes parlés dans le sud-est (région d'Oslo), l'autre (le nynorsk) étant plus proche des dialectes parlés sur la côte ouest (la « Norvège des fjords »). Ils sont utilisés (à l'écrit uniquement) plus ou moins en fonction de cette proximité.
Le norvégien actuel dérive du vieux norrois, qui était la langue utilisée par les Vikings. Selon la tradition, c'est le roi Harald Hårfagre qui unifia la Norvège en 872. À cette époque, on utilisait un alphabet runique. En observant les pierres runiques de cette période, on voit qu'il y avait peu de variations régionales de la langue. Vers 1030, le christianisme arrive en Norvège, consacré par l'inauguration de la cathédrale de Nidaros à Trondheim en l'an 1000 précisément, et avec lui l'alphabet latin, les premiers manuscrits en caractères latins apparaissent un siècle plus tard. Le norvégien commence aussi à se différencier de ses voisins.
Le vieux norrois se scinde alors en deux familles, le scandinave occidental (en Norvège, Islande, Groenland, aux îles Féroé et Shetland) et le scandinave oriental (au Danemark et en Suède). Les langues d'Islande et de Norvège restent très proches jusque vers les années 1300, on les nomme alors vieux norvégien et vieil islandais.
Durant la période 1350–1525, le vieux norvégien évolue, la grammaire se simplifie, la syntaxe se fixe et du vocabulaire du moyen bas allemand est intégré. Le suédois et le danois subissent une influence similaire, au contraire du féringien et de l'islandais. Durant cette période l'union de Kalmar unifie les royaumes de Suède, Norvège et Danemark. La Norvège est subordonnée au Danemark, et le danois devient la langue de l'élite et de la littérature. Dans le langage de tous les jours, le danois subit une "norvégianisation" et une simplification grammaticale. C'est ce dano-norvégien qui est devenu la langue maternelle lorsque l'union avec le Danemark prend fin en 1814.
Une nouvelle union commence avec la Suède, mais durant tout le , la Norvège tente d'émerger en tant que nation et la langue devient un enjeu politique.
Dans les années 1840, nombre d'écrivains commencèrent à "norvégianiser" le danois en incorporant des mots décrivant les paysages et la culture norvégienne. L'orthographe et la grammaire furent progressivement modifiées.
Dans le même temps, un mouvement nationaliste militait pour le développement d'une nouvelle forme écrite du norvégien. Ivar Aasen, un linguiste autodidacte commença dès l'âge de 22 ans ses travaux pour créer une nouvelle langue norvégienne à partir de ses voyages dans tout le pays — où il avait comparé les dialectes de différentes régions — et de l'étude de l'islandais, langue qui avait su se préserver largement des influences extérieures qu'avait subies la langue norvégienne. Il appela le fruit de ses travaux, publiés dans plusieurs livres de 1848 à 1873, le "landsmål" (littéralement « langue nationale »).
La Norvège fut séparée du Danemark en 1814 pour former une union avec la Suède, qui dura jusqu'en 1905. Cependant, seul le danois norvégianisé fut adopté comme langue officielle par le parlement norvégien sous le nom "riksmål" (langue du royaume) en 1899. Après une période de romantisme patriotique effréné, certains voulurent imposer un retour aux sources, c’est-à-dire au norvégien « originel » des campagnes ; mais les diverses institutions ne purent suivre ce mouvement, puisque toutes leurs archives étaient rédigées en danois (cette tension explique la coexistence, aujourd’hui, de deux langues norvégiennes).
Après la dissolution de l'union avec la Suède, les deux langues continuèrent à se développer. Au cours du , une série de réformes orthographiques tendit à rapprocher les deux langues, facilitant notamment l’utilisation de formes "nynorsk" en "bokmål" et réciproquement.
En 1929, le "riksmål" fut officiellement renommé "bokmål" (langue des livres), et le "landsmål" fut renommé "nynorsk" (nouveau norvégien) — les anciennes désignations "dano-norvégien" et "norvégien" furent abandonnées au parlement, car le label danois était (et est toujours) très impopulaire parmi les utilisateurs du "bokmål" ("riksmål"). Cette adoption marque la reconnaissance officielle de deux langues.
Le "bokmål" et le "riksmål" ont été rapprochés au cours des réformes successives de 1917, 1938 et 1959. C'était le résultat d'une politique visant à fusionner le "nynorsk" avec le "bokmål" en une seule langue hypothétique nommée "samnorsk" (norvégien commun). En 1946, un sondage montra que cette politique était soutenue par 79 % des Norvégiens d'alors.
Cependant des opposants à la politique officielle organisèrent un mouvement massif de protestation contre le "samnorsk" dans les années 1950, en combattant particulièrement l'utilisation de formes "radicales" dans les livres scolaires de texte en "bokmål". La politique "samnorsk" eut finalement peu d'influence après 1960 et fut officiellement abandonnée en 2002.
Alors qu'en 1917 on s'était contenté de regrouper les dialectes avec une orthographe commune dans l'un des deux groupes linguistiques, mais en laissant subsister des variantes locales, les réformes plus récentes de 1981 et 2003 (effective en 2005) du "bokmål" officiel permettent d'unifier les différences subsistant avec le "riksmål" (les différences résiduelles sont maintenant comparables à celles entre l'anglais britannique et l'anglo-américain).
Les utilisateurs des deux langues écrites ont résisté aux efforts de dilution des distinctions de leur langue écrite en général et de leur prononciation. Au cours des années, les normes pour le "bokmål" ont de plus en plus accommodé les anciennes formes du "riksmål". De ce fait, certains ont préféré suivre une voie plus traditionnelle pour l'écriture du "nynorsk", le "høgnorsk" (norvégien pur).
Actuellement, le "nynorsk" est plus répandu dans les régions campagnardes du sud-ouest, de l’ouest, et aux montagnes de l'est de la Norvège, alors que le "bokmål" se rencontre dans l'est et dans le nord du pays, ainsi que dans presque toutes les régions urbaines.
Aujourd'hui, à l’école, les élèves apprennent nécessairement les deux langues qui sont obligatoirement proposées à l'enseignement dans le cycle primaire (grunnskolen) et doivent être capables de lire et de rédiger des documents dans chacune d’entre elles à partir de l'enseignement secondaire et supérieur. Près de 85,3 % des écoliers norvégiens reçoivent un enseignement primaire en "bokmål", et 14,5 % en "nynorsk". Sur les 433 municipalités de Norvège, 161 ont déclaré vouloir communiquer avec les autorités centrales en "bokmål", 116 (représentant 12 % de la population) en "nynorsk", les 156 autres restant neutres. Sur les publications (parues en 2000), 92 % étaient en "bokmål" ou "riksmål", 8 % en "nynorsk". Les grands quotidiens nationaux ("Aftenposten", "Dagbladet" et "VG") sont publiés en "bokmål" uniquement. Quelques quotidiens régionaux (tels que "Bergens Tidende" et "Stavanger Aftenblad") et nombres de journaux locaux utilisent les deux langues. Dag og Tid, hebdomadaire abordant des sujets plus profonds, est rédigé en "riksmål" et en "nynorsk".
Cependant, d'autres influences régionales subsistent, et si à Oslo une rue s’appelle "gate", à Kragerø (sud-ouest d’Oslo) on dit "gade", tandis que dans le comté de l’Oppland, en direction de Lillehammer, on lit "gutua" sur les pancartes. Dans une grande partie sud de la Norvège, "pourquoi" se dit "hvorfor", mais au nord, dans le Finnmark, on entendra "kvorfor" voire "kvifor" dans certaines communes, le "k" initial étant nettement appuyé.
Néanmoins, de solides divergences persistent entre les deux langues et un débat souvent enflammé persiste entre les tenants du "nynorsk" et ceux du "bokmål", les premiers soutenant que le "nynorsk", plus traditionnel et enraciné, serait plus proche du norvégien parlé, alors que les seconds mettent en avant le fait que les étrangers apprennent plus facilement le "bokmål" ; mais la question est encore loin d’être réglée. Le système scolaire dans le cycle primaire a généralisé l'usage du bokmål, et l'apprentissage du nynorsk reste facultatif, bien que ces deux langues soient officielles.
Aussi, on admet généralement qu'il existe une grande variété de différences dialectales, au point qu'il est presque impossible de les dénombrer. Des différences grammaticales, syntaxiques, lexicales et phonétiques se produisent à des niveaux distincts des divisions administratives, au point que dans certains cas ils sont mutuellement inintelligibles aux locuteurs non avertis. Ces dialectes tendent à se régionaliser par enrichissement mutuel, mais on note un récent intérêt pour leur préservation.
Ci-dessous figurent quelques phrases donnant une indication des différences entre le "bokmål" et le "nynorsk", comparées avec :
Depuis une date relativement récente (tournant du ), le norvégien (bokmål et nynorsk) a abandonné l’écriture gothique et les majuscules « à l’allemande » qui apparaissaient au début des substantifs. 
Le norvégien utilise des graphies pouvant être déconcertantes pour le lecteur étranger : 
Le bokmål et le nynorsk utilisent trois caractères supplémentaires par rapport au français : 
Ces trois caractères se retrouvent en danois ; mais lorsque l’on compare les deux langues, on constate que de nombreux æ sont devenus de simples e en norvégien, le bokmål ayant tendance à fermer et à avancer davantage les voyelles. Comme en danois, les trois caractères supplémentaires se trouvent à la fin de l'alphabet à l'ordre "æ", "ø", "å". On les considère comme des lettres propres, et pas des lettres modifiées. 
De nos jours, le å est encore fréquemment remplacé par la graphie "aa" dans les noms propres, qui ne sont pas touchés par les modifications orthographiques. On le voit aussi où le matériel informatique ne comprend pas un clavier norvégien. Lorsque la graphie "aa" signifie le son o, on va l'alphabétiser comme un "å" ; c'est-à-dire à la fin de l'alphabet. 
La prononciation du y est spécifique, nettement différenciée, entre le i et le u.
Le norvégien est une langue à accent de hauteur.
Les diphtongues de l'ancien norrois furent remplacées par des monophtongues dans le danois et aussi dans les dialectes de l'est de la Norvège. On voit cette différence dans l'écriture en bokmål et nynorsk des mots qui avaient des diphtongues en norrois:
Les verbes se conjuguent en sept temps, et n’ont qu’une seule forme par temps, commune à toutes les personnes. Les temps qui sont utilisés en norvégien sont "presens" (présent), "preteritum" (prétérit), "presens perfektum" (passé composé), "preteritum perfektum" (plus-que-parfait), "futurum" (futur) "futurm perfektum"/"1. kondisjonalis" (futur antérieur/conditionnel présent) et "preteritum futurum perfektum"/"2. kondisjonalis" (conditionnel passé). Comme en anglais, le futur se fait en utilisant un auxiliaire. Les temps composés "perfektum", "preteritum perfektum" et "futurm perfektum" sont utilisés comme en français, pour marquer un évènement du passé du temps du texte. Il y a quatre autres formes du verbe norvégien : infinitif, participe présent, participe passé et impératif. 
Exemple : "å være", « être », au présent de l’indicatif : 
Il y a deux groupes de verbes réguliers : Le groupe un et deux, en nynorsk on les a surnommés le groupe d'a et le groupe d'e. 
Exemple : "å elske", « aimer » du groupe 1 et "å kjøre" (bokmål) "å køyre" (nynorsk) « conduire » du groupe 2. Comme on a déjà vu que le verbe se conjugue seulement en temps, ce tableau ne montre que le verbe conjugué. La première ligne est bokmål, la ligne au-dessous est nynorsk. 
La plupart des verbes norvégiens se terminent en -e à l'infinitif. En nynorsk, on peut aussi choisir d'y avoir la terminaison -a ; la raison est que beaucoup de dialectes terminent l'infinitif en -a, et on souhaite que l'écriture reflète la langue parlée. De la même façon, pour les formes passées des verbes du deuxième groupe, on peut choisir entre les terminaisons -te, -t et -de, -d. (L'utilisation de -de et -d se limite aux verbes dont le racine se termine par -l, -n, -m ou -r.) L'auxiliaire "ha" souvent tombe au conditionnel, et donc on n'a que l'auxiliaire "skulle" au passé suivi de participe passé. 
Tous les verbes en temps composés prennent l'auxiliaire "å ha" (avoir) ; pour quelques verbes, on peut utiliser l'auxiliaire "å være" (être), mais il n'y a aucun verbe avec lequel il faut l'utiliser, "å ha" est toujours possible et il est le plus utilisé.
Comme en allemand, il existe des verbes « forts » qui possèdent des prétérits et des participes passés particuliers.
La forme "passif" en bokmål s'utilise soit en tant d'infinitif soit en tant de verbe indépendant au présent. En nynorsk le passif est exclusivement utilisé à l'infinitif. Pour faire le passif aux autres temps, le norvégien utilise plusieurs verbes : en bokmål on peut utiliser le verbe "å være" (être) ou le verbe "å bli" (devenir) comme auxiliaire suivi par le participe passé du verbe principal. En nynorsk une troisième forme existe utilisant le verbe "å verte" qui a le même sens que "bli". Comme en français, le passif utilisant være (être) donne une impression du passé, c'est-à-dire, l'action que l'on décrit est complète : "leksene er gjort" (les devoirs sont faits), ce qui signifie que les enfants ont fini les devoirs que leur professeur leur a donné. La forme utilisant "bli" (devenir) ou en nynorsk, également, "verte" (même sens) signifie que l'action a lieu au même temps : "leksene blir gjort" (les devoirs se font), ce qui signifie que les enfants sont en train de faire leurs devoirs, mais n'ont pas fini quand cette remarque a été fait.
En norvégien, la forme est la même pour le complément d'objet direct et le complément d'objet indirect, aussi pour la troisième personne (en français « lui/leur »). Le pronom "den" en bokmål s'utilise pour un nom qui est masculin ou féminin, mais qui n'est pas une personne, par exemple "bok" (livre), qui est féminin, ou "mat" (nourriture), qui est masculin, sont remplacés par "den". En nynorsk, comme en français, on utilise les mêmes pronoms que l'on utilise pour une personne, donc, le livre (toujours féminin en norvégien) est "ho" (elle) et la nourriture (toujours masculin) est "han" (il). En bokmål, pour les animaux, les deux sont valables. Au fur et à mesure que l'on connaît l'animal, on va utiliser un pronom plus « personnel », c'est-à-dire "han" ou "hun", selon le genre de l'animal spécifique dont on parle. C'est-à-dire, pour son cheval ("hest", le genre du mot est masculin), on utilise le pronom personnel suivant le genre de ce cheval-ci. S'il s'agit d'un mâle, "han", s'il s'agit d'une femelle "hun".
Le vouvoiement est possible en norvégien, mais rare, usité par un besoin de déférence : normalement, on s'adresse à quelqu'un en le tutoyant. Pour vouvoyer, en bokmål, on utilise la troisième personne du pluriel (comme en allemand). En nynorsk, on utilise la deuxième personne du pluriel (comme en français). Dans les deux cas, pour indiquer la politesse, les pronoms s'écrivent avec une majuscule : hyggelig å møte Dem (enchanté de faire votre connaissance). Selon les règles de la cour, on ne vouvoie pas le roi. On s'adresse à lui et aux membres de sa famille à la troisième personne du singulier. Normalement ça se fait en utilisant leur titre, et les pronoms de la troisième personne du singulier pour éviter la répétition. « "Hva synes Kongen om X/Kva tenkjer Kongen om X?" » (Que pense le Roi de X ?).
Le norvégien connaît trois genres : le féminin/masculin d’un côté, le neutre de l’autre. Jusqu’à une époque récente, on faisait encore la différence entre masculin et féminin ; mais, comme en danois, la tendance en bokmål est à la fusion des deux, et il est donc grammaticalement correct de mettre les noms féminins au masculin. Certains locuteurs en bokmål choisissent de les différencier. Ceci donne à leur langage un certain effet : leur langue écrite devient plus proche de la langue parlée, bien que certains la qualifient de plus rurale. On trouve ainsi parfois ei strand" au lieu de en strand" (« une plage »), mais on retrouve cette variante également dans la forme définie : "stranda" se rencontre autant que "stranden" (« la plage »). Enfin, certains mots sont exceptionnellement restés au féminin : c’est par exemple le cas de ei sild", « un hareng » ou encore ei lue", "lua", « un bonnet » (mais ces mots-ci pourraient également être écrits au masculin). 
Contrairement à ce qui se produit en allemand, les noms ne se déclinent pas en bokmål ; en revanche, leur terminaison peut varier selon leur genre et leur nombre. 
De plus, l’article défini (singulier et pluriel) ainsi que l’article indéfini pluriel est postposé et enclitique (« collé » à la fin du substantif), comme en suédois: c’est cette disposition particulière qui produit un « effet de déclinaison » auprès du non-initié. 
Exemples :
NB: "en skog" (une forêt) est masculin, mais "ei seng" (un lit) est féminin. 
En bokmål, il est également possible de décliner les noms féminins au masculin. La différence va se voir seulement au singulier, car les formes plurielles en bokmål sont les mêmes pour un nom masculin et un nom féminin.
On voit qu'au pluriel, indéfini, le nom a la même forme qu'au singulier indéfini : La seule différence est qu'au pluriel, le nom ne prend pas d'article (quant à la forme singulier indéfini, il prend toujours un article). La forme du nynorsk au pluriel défini, « borda », est aussi valable en bokmål, mais est très peu utilisée.
Si un nom se termine avec un e inaccentué, le e tombe avant qu'on mette en place l'article défini ou pluriel. Un mot comme "dame" (femme) se décline: ei/en dame, dama/damen, damer, damene. Si un nom se termine avec un e accentué, l'article se met après le e, comme dans le mot "bre" (glacier) : en/ein bre, breen, breer/brear, breene/breane. Dans les mots d'origine étrangère qui s'écrivent avec un accent, l'accent tombe dans la déclination : en/ein idé (idée), idéen, idéer/idéar, idéene/idéane.
Les adjectifs démonstratifs sont toujours utilisés avec l'article défini, alors qu'en danois et en suédois, ils sont utilisés seuls. 
La forme sans l'article défini est vieillie, et donc on va la trouver dans les vieux textes. Il existe aujourd'hui une différence entre les formes sans et avec l'article défini : avec l'article défini, on parle d'un objet spécifique, mais sans l'article, on parle surtout d'une institution. « Den norske kirke » est l'Église de Norvège, l'église de l'État, or « den norske kirken » (ou également « den norske kirka ») est une église spécifique (un bâtiment) qui est norvégienne, par exemple l'église norvégienne à Paris.
Du point de vue de la morphologie nominale, la principale différence entre bokmål et nynorsk tient au nombre de genres : alors que le bokmål tend à n’en conserver que deux, le nynorsk, lui, fonctionne toujours avec les trois genres (masculin - féminin - neutre). 
D’un point de vue syntaxique, le nynorsk préfère la périphrase prépositionnelle au génitif saxon pour indiquer l’appartenance : on dira en nynorsk "boka til Anna" (« le livre d’Anne »), alors que le bokmål utilisera la tournure "Annas bok". La forme "Anna si bok" (« Anna son livre ») se voit aussi.
Comme pour les noms, la distinction principale se fait entre le neutre et le genre masculin-féminin, et entre la forme indéfinie au singulier et la forme définie au singulier et la forme pluriel. Le neutre est marqué par un "-t" final, quant à la forme définie et la forme plurielle, elles sont marquées par un "-e" final. 
L'adjectif "stor" (grand, seulement avec un rapport à la taille d'un objet) peut avoir les formes suivantes: 
On voit que les noms définis, quand ils sont accompagnés par un adjectif, prennent deux articles : un avant l'adjectif, et un à la fin du nom. En suédois et en danois, on n'utilise qu'un seul article : celui avant l'adjectif. Le double article fait que, quand un nom est modifié par un adjectif, la distinction entre les articles le/la/les (fait par le suffixe) et les articles ce/cette/ces (fait par les articles avant les noms) n'existe plus.
Il n'y a qu'un seul adjectif qui s'accorde au féminin, c'est l'adjectif "liten" (petit) ; il s'accorde selon le modèle suivant :
en liten gutt, ei lita jente, et lite hus; den lille gutten; små jenter; de små guttene. 
La forme définie, singulier est la même pour les trois genres ; au pluriel, "liten" devient "små" (aussi la même forme pour les trois genres).
Rares sont les villes qui déclinent en adjectifs les noms de leurs habitants, mais pour chaque ville et commune, il y a un nom que l'on peut utiliser en se référant à ses habitants. Un habitant d'Oslo est qualifié "Osloborger", et n'a pas d'autre traduction en français qu' "habitant d'Oslo". À Bergen, le résident est un "bergenser". À Tromsø vit un "tromsøværing". Un originaire du comté du Trøndelag (chef-lieu Trondheim) est appelé un "trønder" (le langage vernaculaire qui y est parlé est le "trøndersk"). Une personne de Stavanger est un "siddis", et une personne de Sandnes est un "sandnesgauk". 
Cela étant, on utilise ces noms pour les habitants des régions : "sørlending", "vestlending", et "østlendig" (habitant du sud, de l'ouest et de l'est), qui ont les adjectifs correspondants : "sørlandsk", "vestlandsk", et "østlandsk". Pour la Norvège du nord, il n'y a pas un tel gentilé, suivant la logique, il devrait être "nordlending" avec l'adjectif "nordlandsk", mais ceux-ci sont utilisés pour les ressortisants du Nordland.
On retrouve en bokmål et en nynorsk la même série de pronoms interrogatifs qu’en allemand et en anglais : 
Les adverbes interrogatifs suivent la formation des pronoms : 
Sur le passage de la graphie Hv en bokmål à Kv en nynorsk : en islandais, la graphie Hv se prononce précisément [kv] : voir par exemple Sigur Rós, « Flugufrelsarinn » (dans "Ágætis Byrjun").
Pour un locuteur français, on peut distinguer trois strates principales dans le vocabulaire du bokmål : 
Comme toutes les langues européennes, le bokmål a également emprunté de nombreux termes au vocabulaire « international », ceux des pays d’Europe occidentale des . 
On retrouve aussi quelques mots clairement empruntés au français, quoique pas toujours reconnaissables au premier abord à cause des modifications orthographiques du , dont le but était d'avoir une orthographe très proche de la prononciation norvégienne: 
Du fait de leur origine commune, le norvégien, le danois et le suédois sont restés assez proches et un Norvégien comprendra facilement les deux langues-sœurs à l'écrit ; à l’oral, certaines différences de prononciation peuvent néanmoins entraver la compréhension tant que l'on ne les connait pas. En pratique, il arrive régulièrement qu'un Norvégien et un Suédois, ou un Norvégien et un Danois, discutent ensemble en parlant chacun leur langue et se comprennent à peu près correctement. 
L'intercompréhension entre Norvégiens et Islandais est en revanche plus limitée : si les Norvégiens cultivés saisissent "grosso modo" le sens d'un texte écrit en islandais, la langue orale leur est aussi étrangère que l'ancien français du l'est à un Français d'aujourd’hui. Cela tient au fait que linguistiquement parlant, l'islandais est toujours resté très proche du norrois médiéval.
Un pidgin de la région frontière entre la Norvège et la Russie, le russenorsk, fut pratiqué aux et s. C'était un mélange d'éléments norvégiens et russes, créé par des marchands et des chasseurs à la baleine provenant de la Norvège du nord et de la péninsule russe de Kola. Le manque d'une langue commune força la création d'un outil minimal de communication. Le russenorsk avait une grammaire rudimentaire et un vocabulaire assez limité, composé pour la plupart des mots essentiels pour le commerce et la pêche arctique.