Guerre de Corée

La guerre de Corée a opposé, du au , la République de Corée (Corée du Sud), soutenue par les Nations unies (alors sans la représentation de la Chine, ni de l'URSS), à la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), soutenue par la République populaire de Chine et l'Union soviétique. Elle résulte de la partition de la Corée à la suite d'un accord entre les Alliés victorieux de la guerre du Pacifique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La péninsule coréenne était occupée par l'empire du Japon depuis 1910. Après la reddition du Japon en septembre 1945, États-Unis et Union soviétique se partagèrent l'occupation de la péninsule le long du parallèle, avec au sud des forces américaines d'occupation et au nord des forces soviétiques.
L'échec de la tenue d'élections libres dans la péninsule en 1948 aggrava la division entre les deux côtés ; le Nord met en place un gouvernement communiste, tandis que le Sud met en place un gouvernement pro-américain. Le parallèle devint une frontière politique entre les deux États coréens. Bien que les négociations pour la réunification eussent continué dans les mois précédant la guerre, les tensions s'intensifièrent. Des escarmouches et des raids inter-frontaliers persistèrent. La situation se transforma en guerre ouverte lorsque des forces du Nord envahirent le Sud le . En 1950, l'Union soviétique boycottait le Conseil de sécurité des Nations unies. En l'absence d'un veto de l'Union soviétique, les États-Unis et d'autres pays votèrent une résolution autorisant une intervention militaire en Corée. Les États-Unis fournirent 88 % des soldats internationaux qui aidèrent les forces du Sud, complétés par l'assistance de vingt autres pays. Si elle n'amena pas directement de troupes sur le terrain, l'Union soviétique fournit de l'aide matérielle aux armées chinoise et nord-coréenne.
Le conflit se déroula en quatre phases principales : 
Les négociations reprirent alors et la guerre s'acheva le , lorsqu'un pacte de non-agression fut signé. L'accord restaurait la frontière entre les deux Corées près du parallèle et créait la zone coréenne démilitarisée, une zone tampon fortifiée entre les deux nations coréennes. Les deux pays étant encore officiellement en guerre, des incidents mineurs continuent de se produire encore aujourd'hui.
Du point de vue militaire, la guerre de Corée a combiné les stratégies et tactiques des deux guerres mondiales : elle commença par une rapide campagne offensive d'infanterie suivie de bombardements aériens, mais devint une guerre statique à partir de juillet 1951.
On estime que le conflit a fait plus de morts parmi les militaires coréens, nordistes et sudistes, probablement autant parmi les militaires chinois et parmi les militaires des forces de l'ONU. Le nombre de victimes civiles est estimé à et le nombre de réfugiés à . La péninsule a été dévastée par les combats et les bombardements ; Séoul fut ainsi détruite à plus de 70 %.
À la conférence de Yalta (du 4 au ), Staline avait promis à Roosevelt que l’URSS entrerait en guerre contre le Japon trois mois après la capitulation de l'Allemagne. Lors de la conférence de Potsdam, en juillet-août 1945, les Alliés étaient convenus qu’en Corée les forces japonaises stationnées au nord du parallèle se rendraient aux Soviétiques et celles qui occupaient le sud aux Américains. Les Soviétiques intervinrent dans le Nord le , le lendemain même de la déclaration de guerre au Japon. Pour leur part, les Américains débarquèrent le 8 septembre suivant, au surlendemain de la proclamation à Séoul d'une éphémère « République démocratique » par les partis de gauche à majorité communiste qui avaient été actifs dans la résistance à l'occupation japonaise.
Cependant, ni les États-Unis, ni les Soviétiques, ni "a fortiori" les Coréens eux-mêmes ne considéraient comme définitive la partition "de facto" de la péninsule coréenne qui découlait de la double présence américaine et soviétique : en effet, une commission mixte américano-soviétique se mit en place dès janvier 1946, mais ses travaux n'aboutirent pas en raison de la tension croissante entre les deux superpuissances. En septembre 1947, les Américains portèrent la question coréenne devant les Nations unies. L’Assemblée générale de l'organisation désigna alors une commission chargée d’organiser et de superviser des élections libres en tant que préliminaires à la formation d’un gouvernement national. Toutefois, les Soviétiques, qui considéraient les Nations unies comme une organisation liée aux États-Unis (avant la décolonisation, la plupart de ses membres appartenaient au bloc occidental), refusèrent d’admettre la commission dans leur zone d’occupation.
Les partis de gauche de tout le pays, ainsi que des organisations nationalistes antiaméricaines, se réunirent à Pyongyang en avril 1948 et décidèrent le boycott de ces élections. Celles-ci ne furent finalement organisées que dans la zone occupée par les États-Unis, sous la surveillance de l'ONU ; elles portèrent au pouvoir le vieux leader nationaliste et anticommuniste Syngman Rhee, qui avait été le chef du gouvernement coréen en exil constitué en 1919. Le , la République de Corée fut proclamée à Séoul qui devint sa capitale. En réaction, des élections non surveillées par l'ONU furent organisées dans la zone d’occupation soviétique ; elles donnèrent la majorité aux partis de gauche dominés par les communistes. En même temps, des élections clandestines se déroulèrent dans le Sud : les délégués ainsi élus vinrent siéger à Pyongyang, où l'Assemblée populaire suprême proclama la République populaire démocratique de Corée. Tout comme la République de Corée, celle-ci prétendait représenter l'ensemble de la péninsule. L'homme fort du nouveau régime nord-coréen était Kim Il-sung, secrétaire général du Parti du travail de Corée et ancien résistant à l'occupation japonaise. Leader d’un petit groupe de partisans coréens à partir de 1930, Kim avait en effet dirigé plusieurs raids contre les avant-postes japonais en Corée à partir de la Mandchourie où, enfant, il s’était réfugié avec ses parents. En 1941, il quitta la Mandchourie, devenue un état fantoche du nom de Manchukuo, et reçut un entraînement militaire en Union soviétique. Il retourna en 1945 dans son pays en tant qu’officier de l’Armée rouge.
Syngman Rhee et Kim Il-sung désiraient tous deux réunifier la péninsule, mais chacun selon sa propre idéologie politique. Avec la conscription rétablie en 1947 dans le Nord, qui provoqua une certaine résistance armée dans une partie de la population (voir UNPIK), l'armée nord-coréenne appelée "Armée populaire de Corée", équipée en chars et en armes lourdes d'origine soviétique, était davantage en mesure de prendre l'initiative, tandis que l’armée sud-coréenne, en raison d’un soutien américain plus limité après le retrait des troupes d'occupation (décembre 1948 et juin 1949), était en état d’infériorité, matérielle (aucun char et pas d'avion de combat), mais surtout numérique.
L'historien français Bernard Droz affirmait en 1992 que la responsabilité américaine et sud-coréenne apparaissait peu crédible : D'après des documents d'archives soviétiques, Kim Il-sung décida d'envahir la Corée du Sud au plus tard début septembre 1949, alors qu' Staline considérait toutefois que pour le moment une telle initiative n’était opportune ni militairement, ni politiquement, ni économiquement. Il s'inquiéta notamment de l'impréparation de l’armée nord-coréenne ainsi que d'une possible intervention américaine et interdit en conséquence une entreprise dont le plein succès n’était pas assuré. En effet, par un télégramme daté du , le Politburo chargea l’ambassadeur soviétique à Pyongyang, le général Chtykov, d’informer Kim Il-sung qu’aux yeux des dirigeants soviétiques l’ et que par conséquent une telle attaque n’était pas « permise ». Par la suite, les Nord-Coréens renforcèrent leur armée et la transformèrent en un formidable instrument offensif sur le modèle des forces blindées de l'Armée rouge soviétique. Ainsi, en 1950, la Corée du Nord avait désormais un avantage certain dans toutes les catégories d'armement. La République populaire de Chine était d'abord réticente, car une guerre en Corée déstabiliserait toute la région. Mao Zedong estimait par ailleurs qu'un tel conflit encouragerait les Américains à intervenir en Extrême-Orient et interférerait avec la conquête prévue de Taïwan, où s’étaient retranchées les forces du Kuomintang de Tchang Kaï-chek. Néanmoins, la Chine n'accepterait pas la présence de troupes ennemies à ses frontières, ce qui laissait présager une intervention chinoise au cas où elle estimait que son territoire était menacé.
Le , le nouveau secrétaire d'État américain, Dean Acheson, déclara au Club national de la presse que le périmètre de défense américain dans le Pacifique comprenait les îles Aléoutiennes, les îles Ryūkyū, le Japon et les Philippines : l'omission explicite de la Corée pouvait laisser entendre que, en cas de guerre, les Américains n’interviendraient pas. Cependant, si telle avait été à un moment la position de Washington, le gouvernement américain y renonça dès avril 1950. Par conséquent, l'endiguement restant le principe de la politique américaine, Washington considérait la Corée du Sud comme un bastion servant à endiguer la progression communiste en Asie, plus particulièrement après la victoire des communistes chinois en 1949. Entre-temps, l'attitude de Staline avait évolué : lors d’une visite de Kim à Moscou en avril 1950, le maître du Kremlin avalisa les projets annexionnistes du dirigeant nord-coréen, car, après le départ des troupes américaines, il ne jugeait plus qu'une guerre faisait courir de graves risques à la Corée du Nord, tout en précisant cependant qu’il ne pouvait garantir un soutien officiel de la part de l’Union soviétique. Certains se sont demandé si l'omission publique de Dean Acheson en janvier 1950 ne relevait pas d'une provocation destinée à encourager l'initiative militaire nord-coréenne annexionniste, de manière à pouvoir déclencher en retour l'intervention américaine annexionniste inversée. Dans une interview accordée en 1992 à l’historien russe Sergeï Goncharov, Chung Sang-chin, ancien général de brigade dans l’armée nord-coréenne, rapporta que, selon l’interprète de Kim Il-sung, ce dernier aurait invoqué quatre arguments pour recueillir l’adhésion de Staline : l’attaque, déclenchée à l’improviste, serait décisive, de sorte que la victoire serait acquise en trois jours ; en Corée du Sud, l'offensive de l'Armée populaire serait accompagnée d’un soulèvement des deux cent mille membres du Parti ; la guérilla communiste apporterait son appui à l’Armée populaire ; et enfin, les États-Unis n’auraient pas le temps d’intervenir. Chung ajouta que Kim avait connaissance du discours Acheson.
D'après un rapport du ministère des Affaires étrangères soviétique à l'intention notamment de Brejnev, rapport daté du ,
le gouvernement nord-coréen prévoyait d’atteindre son objectif en trois étapes :
Fin mai 1950, l'état-major de l'Armée populaire, en accord avec les conseillers militaires soviétiques, annonça que l'armée coréenne était prête à commencer sa concentration le long du parallèle. Devant l'insistance de Kim Il-sung, le début des opérations militaires fut fixé au 25 juin 1950 (télégramme 468, 1950).
La fiabilité des documents soviétiques a été vivement contestée par les autorités nord-coréennes, tant ils mettent en question l'histoire officielle du pays. Par ailleurs, d’après les Nord-Coréens, qui invoquent la présence de conseillers américains, les États-Unis n’auraient pas respecté les termes de l'accord soviéto-américain sur le retrait des troupes de la péninsule et ils auraient multiplié les provocations et les attaques, certaines d’envergure, afin de déstabiliser la Corée du Nord. Ainsi, le musée de la Guerre à Pyongyang expose des documents d'archives faisant état de projets d'invasion de la République populaire démocratique de Corée.
Pour leur part, la majorité des historiens sud-coréens, à l'instar en France d'intellectuels de gauche, relevèrent dès les années 1950 la multiplication des incidents de frontière le long du parallèle et les déclarations belliqueuses de Syngman Rhee dans la période précédant la guerre, d'où ils conclurent à une responsabilité partagée. Selon Heo Man-ho, professeur agrégé au département de science politique et de diplomatie à la faculté des sciences sociales de Séoul, spécialiste de l'histoire de la Corée, « les tentatives belliqueuses antérieures à la guerre de Corée avaient déjà fait plus de morts ». En d'autres termes, selon Heo Man-ho, ces incidents de frontière ont été dans certains cas de « véritables batailles rangées dans lesquelles environ hommes ont été engagés » (et dont l'initiative venait tant du côté nord-coréen que du côté sud-coréen), ce qui rendait de plus en plus probable l'hypothèse d'un conflit ouvert, envisagé par l'un et l'autre camp. « Il est donc difficile de trancher de façon sûre sur cette question de savoir qui est l'envahisseur et l'initiateur de la guerre. Les seuls critères qui peuvent aider à dégrossir cette question se trouvent dans les préparatifs militaires mis en place par les dirigeants des deux Corées […] ainsi que dans les formes du soutien des deux super-puissances auprès de ces mêmes dirigeants. » Par conséquent, conclut le professeur Heo Man-Ho, « en nous appuyant sur ces critères, nous pourrions soutenir la thèse de l’"invasion nord-coréenne sur le Sud" ; en effet, la guerre de Corée a été préparée plus sérieusement par les dirigeants nord-coréens avec les soutiens sino-soviétiques ». S'agissant des préparatifs sud-coréens, l'envoyé spécial de Harry S. Truman en Corée du Sud, Philip C. Jessup, souligne, dans un mémorandum à son gouvernement daté du à la suite d'un entretien avec le président sud-coréen Syngman Rhee, que ce dernier a expliqué que les Coréens du Sud « auraient une ligne de défense stratégique bien meilleure, si leurs forces se dirigeaient vers la Corée du Nord, [mais] qu’il n’y a pas eu de planification pour se lancer dans une quelconque opération de conquête. Pourtant, l'impression générale de son intervention laisse croire qu'il ne s'était pas opposé lorsque des forces sud-coréennes, en bordure du parallèle, avaient pris des initiatives de temps en temps ». De son côté, M. Muccio, ambassadeur américain à Séoul, fait état qu'en 1948, lors d'une réception au palais présidentiel sud-coréen, le ministre de la Défense sud-coréen lui « raconta avec plaisir que ses hommes avaient conquis Haeju », ville située sur la péninsule d'Ongjin, « juste au-delà du parallèle, […] mais [il] n'ajouta pas que pratiquement tout le monde s'y était fait tuer ».
Toujours est-il que Kim Il-sung s'était donné les moyens d’une offensive générale en renforçant son armée et, quand il reçut finalement, après quarante-huit télégrammes, la permission de Staline en avril 1950, et celle de Mao Zedong un mois plus tard, il prit l’initiative le 25 juin 1950, profitant d’une situation qu’il jugeait favorable et cela dans un contexte de répression des mouvements de guérilla communistes qui avaient dominé politiquement en Corée du Sud au moment de la capitulation japonaise.
Les services de renseignement américains se sont montrés pour leur part incapables d'évaluer correctement les projets de Kim Il-sung et ne pensaient pas que celui-ci se lancerait dans un tel conflit.
Ainsi donc, l'offensive nord-coréenne du ne laisse aucun doute sur l’initiateur du conflit.
La date du , choisie « fin mai 1950 […] devant l'insistance de Kim Il-sung », marque le franchissement du parallèle par les divisions nord-coréennes ; elle est généralement considérée par les historiens occidentaux et russes comme le début de la guerre de Corée. Pour sa part, la Corée du Nord retient une date antérieure de quelques jours, en alléguant qu'elle n'aurait fait que riposter à une importante incursion sud-coréenne sur son territoire, incursion livrée avec le soutien de conseillers américains.
Dans les heures précédant l'aube du , sous la protection d'un formidable barrage d'artillerie, Nord-Coréens franchirent la frontière entre les deux Corées. Le gouvernement nord-coréen annonça que des troupes commandées par le « traître et bandit » Syngman Rhee avaient traversé le parallèle, et que par conséquent le Nord avait été obligé de riposter « à une grave provocation des fantoches de Washington », selon "L'Humanité" du lendemain. De son côté, Jean-Paul Sartre, compagnon de route du Parti communiste français, affirma que « c’était la Corée du Sud qui avait attaqué la Corée du Nord à l'instigation des États-Unis ». Conseillée et équipée par les Soviétiques, qui ne s'engageront toutefois jamais ouvertement, l'armée nord-coréenne mit en ligne sept divisions, 150 T-34, pièces d'artillerie, 200 avions de combat et d'importantes réserves. L'attaque nordiste fut dévastatrice. Au moins les deux tiers de la petite armée sud-coréenne (à peine hommes répartis sur 4 divisions d'infanterie) étaient alors en permission, laissant le pays largement désarmé. Les Nord-coréens attaquèrent en plusieurs endroits stratégiques, parmi lesquels Kaesong, Chunchon, Uijongbu, et Ongjin. En quelques jours, les forces sudistes, surclassées en nombre et en puissance de feu, furent mises en déroute et durent battre en retraite. Tandis que l'attaque au sol progressait, l'armée de l'air nordiste bombarda l'aéroport de Gimpo à Séoul où se trouvait les 22 avions de liaison et d'entraînement de l'aviation du Sud. Séoul fut prise dans l'après-midi du 28 juin. Les Nord-Coréens n'avaient toutefois pas réussi à atteindre leur objectif principal, à savoir la reddition rapide du gouvernement de Rhee et la désintégration de son armée.
L'invasion de la Corée du Sud (République de Corée, RdC, ROK en anglais) semble avoir été une surprise complète pour les États-Unis et leurs alliés ; quelques jours avant l'offensive nord-coréenne, le 20 juin, Dean Acheson, le nouveau secrétaire du Département d'État, avait déclaré officiellement au Congrès qu'une guerre était improbable. Truman lui-même fut contacté quelques heures après le déclenchement de l'offensive ; il crut qu'il s'agissait du début de la troisième Guerre mondiale. En tout état de cause, une partie de l'état-major américain aurait accueilli avec enthousiasme l'annonce, espérant pouvoir ainsi « endiguer » (stratégie du "containment") la progression des communistes en Extrême-Orient. , aurait déclaré le secrétaire d’État Acheson quand il reçut le 25 juin la nouvelle du déclenchement des hostilités. Malgré la démobilisation partielle des forces américaines et alliées après la défaite du Japon, ce qui causa de sérieux problèmes logistiques aux troupes américaines dans la région - hormis les Marines, les divisions d'infanterie envoyées en Corée ne comptaient que 40 % de leurs effectifs et la majeure partie de leur équipement était inutilisable -, les États-Unis avaient encore hommes destinés à l'occupation du Japon répartis en trois divisions d'infanterie plus la division de cavalerie, sous le commandement du général Douglas MacArthur. À part les unités du Commonwealth en Corée, aucune autre nation ne pouvait fournir des renforts importants. Le président Harry S. Truman, à la nouvelle de l'invasion, ordonna à Mac Arthur de transférer des munitions au profit de l'armée sud-coréenne (en anglais ROK Army, ou ROKA) et de fournir une protection aérienne afin de permettre l'évacuation des citoyens américains. Toutefois, Truman était en désaccord avec ses conseillers, qui voulaient lancer des raids aériens contre la Corée du Nord. Il autorisa cependant la Septième flotte américaine à protéger Taïwan, mettant ainsi fin à la politique américaine de désengagement vis-à-vis du gouvernement nationaliste du Kuomintang, confiné à Taïwan – réplique américaine redoutée par Mao avant l'attaque nord-coréenne. Tchang Kaï-chek proposa de participer à la guerre, mais cette demande fut rejetée par les Américains au motif que cela ne ferait qu'encourager une intervention des communistes chinois.
Au Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, profitant de l'absence de l'Union soviétique (politique dite du « siège vide », pour dénoncer le refus américain d'admettre la Chine communiste au Conseil), firent adopter le la résolution 83 condamnant l'agression nord-coréenne ; le 7 juillet, la résolution 84 leur confia le commandement d'une force onusienne. Seize pays acceptèrent de venir en aide à la Corée du Sud. Parmi ceux-ci, les plus importants étaient le Royaume-Uni et diverses forces du Commonwealth dont celles du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Parmi les autres participants à la force des Nations unies, les Philippines, la Turquie, la France, la Belgique, la Grèce, la Thaïlande et la Colombie envoyèrent plusieurs milliers de soldats. Les autres pays participants se limiteront à envoyer des équipes médicales.
En septembre les forces nord-coréennes avaient occupé la quasi-totalité de la Corée du Sud. Les débris de l'armée sud-coréenne ainsi que la armée des États-Unis envoyée en renfort avaient dû reculer jusqu'à être réduits à se défendre au sud-est de la péninsule, dans la petite poche de Busan, parvenant à stabiliser le front le long de la rivière Nakdong avec le secours d'un important appui aérien, empêchant les Nordistes de prendre le contrôle de la péninsule tout entière. Bien qu'encore en attente de renfort de nouvelles forces alliées, le général américain MacArthur décida de lancer une contre-offensive. Le , les marines débarquèrent à Incheon (Opération Chromite), prenant à revers les troupes nord-coréennes et coupant leurs lignes de ravitaillement. Celles-ci, encerclées, se désagrégèrent rapidement et Séoul fut reprise dès le .
Le , les effectifs des forces des Nations unies, essentiellement américaines, étaient de hommes dont pour les unités terrestres et pour la marine et l'aviation. Le 7 octobre, les troupes des Nations unies franchirent à leur tour le parallèle et pénétrèrent en Corée du Nord. Le 26 octobre, quelques unités atteignirent le Yalou, fleuve délimitant la frontière sino-coréenne.
La Chine intervint alors de manière non officielle en déployant une armée des volontaires du peuple chinois (中国|人民|志愿|军, 中國|人民|志願|軍 , Zhōngguó Rénmín Zhìyuàn Jūn). Le 31 octobre, les effectifs terrestres des Nations-Unies étaient montés à , forces sud-coréennes non comprises ; c'est à cette date que 54 divisions chinoises comptant hommes franchirent le Yalu, où elles entrèrent en contact avec des unités américaines.
Il s'agissait de la armée populaire, commandée par le général Peng Dehuai. Après des combats acharnés contre les forces chinoises, les Américains et les Sud-Coréens furent repoussés. Les Chinois se retirèrent et les Américains purent ainsi reprendre leur offensive jusqu'à ce que, à partir du 26 novembre 1950, plus d'un demi-million de soldats chinois de l'armée populaire de libération appuyant l'armée nord-coréenne repassent à l'attaque avec une couverture aérienne de l'aviation soviétique. Les forces des Nations unies, éparpillées et mal équipées contre le froid, furent rejetées au-delà du parallèle, entrainant dans leur retraite plus d'un million de civils nord-coréens fuyant le régime communiste ; Séoul fut repris par les Nord-Coréens et leurs alliés chinois. On assista en outre à l'évacuation par mer à Hungnam (environ soldats, civils, véhicules et d'équipements) et à Chinnampo du corps d'armée américain et du corps d'armée coréen encerclé par l'ennemi.
Le , les Chinois reprennent à nouveau Séoul. Au total, 70 % des membres de l'armée populaire de libération servirent en Corée, soit de militaires en trois ans de conflit, auxquels il faut rajouter travailleurs civils.
Pour redresser la situation, MacArthur suggère sans succès de lancer des dizaines de bombes nucléaires sur la Mandchourie et l'intervention des forces chinoises nationalistes du Guomindang. Le général Ridgway, alors commandant de la armée, parvint à reprendre Séoul le à la suite de plusieurs offensives acharnées et à repousser les forces communistes au-dessus du parallèle. En désaccord avec Truman, MacArthur est limogé le car le président redoutait un affrontement sino-américain dont l'Union soviétique aurait pu tirer profit. Il est remplacé par Ridgway. Le front se stabilisa sur la ligne de démarcation actuelle et bien que l'état-major américain eût planifié des débarquements en Corée du Nord pour réunifier la péninsule, ceux-ci furent suspendus par les autorités politiques car l’idée d’un "statu quo ante bellum" commençait alors à se répandre. Ridgway est remplacé à la tête de la armée des États-Unis par le général James Van Fleet qui quitte le service le 31 mars 1953.
Durant cette phase, le bataillon français livra encore d'importantes batailles : du 23 mai au 5 juin 1951, la bataille du Soyang également appelée le Massacre de mai, suivie d'une guerre de position. Du 5 au 10 octobre 1952, la bataille d'Arrow Head stoppe les attaques chinoises.
Le , , délégué permanent de l’URSS aux Nations-Unies, insère dans un discours un passage où il suggère une négociation sur la base d'un retour à la situation antérieure : un tel scénario avait débouché deux ans plus tôt sur la levée du blocus de Berlin. Dès le 10 juillet 1951, les délégués des deux camps se rencontrèrent à Kaesong, à proximité de l’ancienne ligne de démarcation. Mais il faudra attendre le après le décès de Staline pour que les négociations aboutissent à Panmunjeom, mettant fin à un conflit qui aura duré trois ans et causé au moins un million de morts selon la plupart des historiens occidentaux (plus de deux millions selon les Nord-Coréens). Le cessez-le-feu consacra le retour au "statu quo ante bellum" : en effet, la Zone coréenne démilitarisée entre les deux Corées (coupant le parallèle en diagonale, suivant une bande de de long sur de large) fait que la superficie de chacun des territoires des deux Corées seront sensiblement les mêmes qu'au début du conflit avec cependant un petit avantage pour le Sud, la ligne de front s'étant stabilisé un peu au-delà de l'ancienne frontière.
La proportion de pertes parmi les prisonniers de guerre sud-coréens et des Nations-Unies dans les camps nord-coréens et chinois atteint selon certaines études aux alentours de 43 %. Le caractère idéologique du conflit n’explique pas à lui seul cette extrême surmortalité, davantage conséquence des mauvaises conditions d’hygiène et de nutrition que des actions directes des geôliers, du moins après la première année de guerre. Les négociations sur les prisonniers de guerre furent très âpres et l'une des principales raisons de la lenteur des pourparlers de paix. Le , les Nations-Unies fournirent les noms de prisonniers sur captifs. Le désaccord dans les chiffres provient du fait que « soldats nord-coréens » étaient en réalité des citoyens du Sud enrôlés de force par le Nord. Il manquait aussi morts ou évadés. La liste communiste comprenait les noms de prisonniers, en contradiction avec le fait que la radio de Pyongyang, après 9 mois de guerre s'était vantée de détenir prisonniers. Mais au 18 décembre 1951, les forces communistes déclaraient détenir Sud-Coréens, Américains, 919 Britanniques, 234 Turcs, 40 Philippins, 10 Français, 6 Australiens, 4 Sud-Africains, 3 Japonais, 1 Canadien, 1 Grec et 1 Néerlandais.
Des Américains manquant, un tiers seulement avaient été retrouvés. Pas un seul des prisonniers dont les noms à un moment ou un autre avaient été cités dans les médias du bloc de l'Est n'apparaissait sur la liste. Sur les 110 noms communiqués à la Croix-Rouge, il n'en restait que 44 sur la liste. Plus grave, Sud-Coréens disparus avaient été « libérés sur les lignes de front » selon la Corée du Nord, embrigadés de force dans l'armée du Nord selon les Nations unies. Ce furent les méthodes de rapatriement des prisonniers aux mains des Nations unies qui freinèrent les négociations, la Chine et la Corée du Nord voulant que tous les prisonniers leur soient remis sans conditions tandis que les Nations unies prônaient la liberté de choix. Finalement, la deuxième solution fut adoptée, à la suite de compromis arrachés aux nations communistes qui pouvaient tenter de convaincre leurs citoyens de renoncer à leur choix. Sur les prisonniers qui avaient demandé de rester dans le camp occidental, renoncèrent à leur projet initial. Le retour des prisonniers se fit en 2 phases : l'opération « Petit Échange », en avril 1953, où les Nations unies restituèrent militaires et 416 civils nord-coréens tandis que le Nord rendait 471 Sud-Coréens, 149 Américains, 32 Britanniques, 15 Turcs, 6 Colombiens, 5 Australiens, 2 Canadiens, 1 Grec, 1 Sud-Africain, 1 Philippin et 1 Néerlandais. Puis l'opération « Grand Échange » consista en un échange massif de prisonniers après l'armistice : Nord-Coréens et Chinois furent rapatriés dans leurs pays respectifs tandis que Sud-Coréens, Américains et membres des autres contingents des Nations unies furent libérés.
Environ Chinois et Nord-Coréens choisirent de rester au Sud, tandis que 305 Sud-Coréens, un Britannique et vingt-et-un Américains restèrent dans le Nord (trois Américains changèrent d'avis après coup).
Bien que la géographie montagneuse de la Corée limite sérieusement l'utilisation des chars de combat et empêche les grandes offensives mécanisées, ceux-ci servent avec succès dans les deux camps dans l'appui de l’infanterie. Outre les T-34/85 qui firent forte impression, la Corée du Nord engagea des canons automoteurs SU-76.
Bien qu'initialement les forces aériennes américaines déclarent avoir détruit la majorité des blindés nord-coréens, les études sur les 256 chars T-34 nord-coréens perdu entre juillet et novembre 1950 montre que seuls 63 d'entre eux l'ont été par l’aviation et 97 par des chars (32 par des M26 Pershing, 19 par des M46 Patton, 1 par un char M24 Chaffee et 45 par des M4A3E8 Sherman).
Le conflit qui éclata cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale fait apparaître combien la recherche de la supériorité aérienne devint une priorité absolue pour le commandement des Nations unies, c’est-à-dire des Américains. Il vit les premiers combats entre avions à réaction, alors que les avions à hélice vétérans de la précédente guerre furent largement utilisés. En effet, le rapport quantitatif des forces terrestres apparut, dès le début des opérations, favorable aux Sino-nord-coréens, de façon écrasante. Afin que ce grave déséquilibre n’entraînât pas un désastre pour les forces terrestres de l’ONU, il fut indispensable d’éviter que des avions nord-coréens ne puissent appuyer leurs troupes au sol. En fait, les forces aériennes nord-coréennes étaient constituées, pour une part importante, de pilotes soviétiques et polonais. La plupart des engagements en combat aérien contre les F-86 américains le fut par des MiG-15 , aux mains de pilotes soviétiques. Les escadrons soviétiques étaient relevés toutes les six semaines.
Le 64 OIAK ( corps aérien indépendant de chasse) de l'armée de l'air soviétique déployé depuis février 1950 à Shanghai contre les forces aériennes de Taïwan fut déployé dans la province de Liaoning et le 9 novembre 1950, une victoire et une perte au combat contre les forces aériennes américaines furent enregistrées. À cette situation militaire défavorable pour les forces aériennes de l'ONU (en fait américaines) s’ajouta une sévère contrainte politique. Il fut, en effet, interdit aux forces aériennes de l’ONU d’intervenir au sol comme en vol en territoire chinois, base de départ de nombreux raids « nord-coréens ». La recherche de la supériorité aérienne dut ainsi être conduite plus au sud, dans ce qui fut nommé la "MiG Alley" : par le biais de la destruction des 75 terrains militaires nord-coréens par la US Air Force, et par l’engagement en vol des forces aériennes ennemies. Même si les engagements furent fréquents dans cette « allée », les résultats des destructions en vol furent faibles. En décembre 1952, qui fut un mois particulièrement actif, MiG-15 furent aperçus par la chasse américaine, furent engagés (46 %), 27 seulement furent abattus, c’est-à-dire 1,5 % des avions engagés, la plupart du temps en combat tournoyant. De même, et sur l’ensemble de la guerre de Corée, les pertes d’appareils alliés en vol s’établirent à 44 avions détruits pour sorties, soit moins de la moitié du taux de destruction en vol constaté lors de la Seconde Guerre mondiale, malgré la pugnacité des pilotes du Nord. Ne pouvant intervenir au-dessus du territoire chinois, l’United States Air Force adopta rapidement la stratégie du "containment", c’est-à-dire de l’endiguement, le long du Yalou, dès lors que les terrains de Corée septentrionale étaient devenus inutilisables en raison des graves destructions qu'ils avaient subies. La souplesse d’emploi de l’arme aérienne autorisa le respect rigoureux de la règle d’or de l’aviation de combat occidentale : la poursuite d’un objectif unique. La concentration des moyens dans le temps et l’espace, la quasi-permanence des "sweeps" de chasse dans ce quadrilatère, la rapidité des interventions constituèrent les éléments les plus représentatifs de la stratégie aérienne occidentale.
Dans le même temps, le choix d'intensifier les campagnes de bombardement stratégique s'est traduit par la mort d'un nombre plus important de civils nord-coréens. L'US Air Force a, selon les statistiques officielles, largué de bombes durant les du conflit soit par mois (à comparer avec les larguées sur le Japon durant les campagnes du Pacifique, les mensuelles durant l'ensemble de la Seconde Guerre mondiale et les mensuelles durant la guerre du Viêt Nam). Selon les Nord-Coréens, « plus de bombardiers ("chiffre cumulatif") ont mené plus de 250 raids aériens sur la seule ville de Pyongyang entre mi-juillet et mi-août 1951, les « cibles » allant des hôpitaux, aux maisons rurales avoisinant la ville. Le nord de la Corée, bien que ne faisant qu’un tiers de la superficie du Japon, a été bombardé selon eux 3,7 fois plus que ce dernier lors de la Seconde Guerre mondiale, soit de bombes (napalm et autres)». L'historien américain Bruce Cumings ajoute que les experts américains en Corée développèrent ainsi une nouvelle forme de guerre aérienne, sophistiquant des méthodes déjà utilisées contre le Japon : « La guerre de Corée passe pour avoir été limitée, mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon impérial pendant la Seconde Guerre mondiale, et fut souvent menée par les mêmes responsables militaires américains. Si les attaques d’Hiroshima et de Nagasaki ont fait l’objet de nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins d’attention ».
Toujours selon la même source, Bruce Cumings observe que ces bombardements massifs ne correspondaient pas aux « bombardements de précision » invoqués par l'armée américaine : « Au sein de l’armée de l’air américaine, certains se délectaient des vertus de cette arme relativement nouvelle, introduite à la fin de la précédente guerre, se riant des protestations communistes et fourvoyant la presse en parlant de “bombardements de précision” ».
Si le conflit de Corée constitue un cas particulier, compte tenu des données politiques et géographiques, il convient toutefois de souligner que les chefs aériens, nourris des riches enseignements de la Seconde Guerre mondiale, surent s’adapter afin d’atteindre rapidement cet impératif de la supériorité aérienne, en complétant l’action de neutralisation des terrains ennemis en Corée du Nord par la fixation des forces aériennes soviétiques et chinoises dans un quadrilatère choisi par eux. Cette stratégie de l’abcès de fixation fonctionna. En effet, le taux de pertes en vol fut faible, inférieur de moitié à celui observé pendant la Seconde Guerre mondiale, et l’appui au sol des forces nord-coréennes, écrasantes numériquement, fut en conséquence insignifiant.
Les forces aériennes des Nations unies sont essentiellement issues des forces américaines. Trois armées aériennes (La 5, la et la Air Force) sont engagées sous le commandement général de la Far East Air Force. À cela s'ajoutera le groupe aéronaval, comprenant les appareils embarqués sur les 36 porte-avions qui participeront un moment ou un autre au conflit; à noter que le premier navire de ce type sur place fut de la Royal Navy. Environ 80 % des missions d'appui au sol au début de la guerre ont été assurés par des Chance Vought F4U Corsair.
Fin juillet 1953, à la conclusion de la guerre donc, les forces aériennes des Nations unies sont les suivantes : 128 B-26 Invader, 218 F-84 Thunderjet, et 297 F- Sabre ; des P-51 Mustang et F-80 Shooting Star ont également participé à la guerre en grand nombre, sans compter quelques chasseurs de nuit et les hélicoptères et, bien sûr, les quadrimoteurs B-29 basés au Japon ou à Okinawa. Plusieurs centaines d’avions embarqués ont également participé au conflit (F4U Corsair et F9F Panther, entre autres). Un total de 800 pilotes, soutenus par personnels au sol, servirent en Corée pour le compte des Nations unies. Il s’agit, encore une fois, principalement de personnel américain.
La Corée du Nord commence la guerre avec une force aérienne relativement modeste, composée de 239 appareils, tous à moteurs à pistons. On compte 129 Yaks, 43 Il-10S (version améliorée du célèbre Iliouchine Il-2 Sturmovik), ainsi que quelques Po-2 et autres appareils. Dans les premières semaines du conflit, l’armée de l’air nord-coréenne est largement surclassée par les forces des Nations unies, si bien que le , elle est réduite à seulement 65 avions. En fait, l’armée de l’air nord-coréenne ne joue elle-même qu’un rôle mineur durant le conflit. Ce sont les Chinois et surtout les Soviétiques qui assurent le gros des combats, sans que cela soit clairement explicité. En effet, s’il avait été publiquement reconnu que des pilotes et des machines soviétiques combattaient en Corée, les États-Unis auraient pu être conduits à déclarer la guerre à l’Union soviétique, malgré la menace nucléaire. À la fin de la guerre, environ 125 Mikoyan-Gourevitch MiG-15 sont directement sous le contrôle des Nord-Coréens.
Dès les derniers jours du mois de juin 1950, la force aérienne chinoise déploie sa première brigade aérienne en Corée du Nord. Elle se compose de :
Le septembre 1951, on estime que pas moins de 525 MiG-15 servaient sous les cocardes nord-coréennes. Début juin 1952, les forces aériennes de la Chine populaire sont de l’ordre de avions, dont un millier de chasseurs. Le 31 juillet 1953, la Chine populaire possède encore sur le théâtre coréen neuf corps de chasseurs (près de 500 MiG-15) et deux corps de bombardiers (54 Tu-2). Malgré des effectifs qui apparaissent donc comme non négligeables, les forces aériennes communistes ne furent jamais en mesure de soutenir efficacement leur armée de terre et encore moins d'agir stratégiquement sur les arrières américains.
Les Soviétiques fournirent, avec les Chinois, une grande partie de l’effort de guerre aérien. En effet, les pilotes nord-coréens étaient loin d’être aussi bien formés au maniement des fameux MiG-15 que les affrontements le laissaient entendre. À plusieurs reprises, des pilotes occidentaux rapportèrent avoir pu clairement apercevoir des pilotes de MiG-15 à la carrure trop forte pour des Asiatiques, des Russes probablement. Le , Staline promit d’envoyer à la Corée du Nord du matériel militaire et de transférer pas moins de 16 régiments de l’aviation soviétique afin de garantir la protection des territoires chinois et nord-coréen. Ce sont près de Soviétiques qui servirent, sur trois années, en Corée et en Chine. L'historiographie soviétique n'a pas tardé à reconnaître et revendiquer cette participation destinée à accomplir son devoir internationaliste. Il faut aussi compter avec une intervention terrestre de la Mongolie extérieure : un pays qui fut le deuxième pays socialiste par ordre chronologique de formation (1920). Cela ajouta à la qualité supérieure des pilotes chinois et surtout soviétiques qui fit de l’Armée de l’Air nord-coréenne un adversaire redoutable pour les forces de l’ONU.
Cela est d'autant plus vrai que, avant la mise en service du F-86 Sabre, les États-Unis et leurs alliés ne disposaient d’aucun avion capable de rivaliser avec le MiG-15, le meilleur chasseur du monde à cette époque. Afin de pouvoir combattre plus efficacement le MiG-15, les États-Unis tentèrent par tous les moyens d’en obtenir un exemplaire intact. Faute de défection dans les rangs communistes, ils allèrent jusqu’à offrir en avril 1953 une récompense de dollars pour un appareil intact. Cependant, aucun MiG-15 ne se présenta avant la fin de la guerre et ce n’est qu’en septembre 1953 qu’un appareil fut livré par un déserteur, qui affirma ne pas être au courant de la récompense promise.
Au , les Nations unies revendiquent 391 avions détruits ou endommagés au cours de la première année de guerre. Les pertes sont les suivantes : 188 chasseurs, 33 bombardiers, 9 transports et 17 divers. Ce jour, -86 Sabre sont déployés en Corée et le nombre total de MiG-15 disponibles pour les communistes est de l’ordre de 445. Le juillet de la même année, les Nations unies reconnaissent la perte de 246 appareils (surtout due à la DCA selon eux), 857 morts et disparus. Plus de 200 MiG sont revendiqués comme ayant été détruits. En avril 1952, les Nations unies rapportent 243 avions détruits et 290 avions endommagés en un mois. Un total de 771 avions auraient été détruits par la DCA nord-coréenne du au . Les Américains affirment de plus que le rapport MiG détruits pour F-86 détruits est de onze pour un. Le , les statistiques suivantes sont publiées par les Nations unies :
Ces chiffres sont à considérer avec précaution tant les annonces de victoires par rapport aux pertes subies par les deux camps sont discordantes. Alors que l'USAF annonce avoir perdu 16 bombardiers B-29 au combat, les pilotes soviétiques revendiquent 66 destructions en combat aérien de cet appareil sans compter les revendications chinoises et nord-coréennes. La (FEAF) a perdu un total de avions (accidents compris) et a eu hommes tués et 306 blessés au cours de la guerre. Trente hommes de la FEAF qui avaient été portés disparus ont finalement été renvoyés au contrôle militaire, 214 prisonniers de guerre ont été rapatriés sous les termes de l'accord d'armistice, tandis que 35 hommes étaient toujours détenus en captivité en juin 1954. À partir du moment où les forces communistes refluent, l’essentiel des combats aériens entre les chasseurs des Nations unies et des communistes se dérouleront dans la zone connue sous le nom de "MiG Alley". Opérant depuis des bases situées sur le territoire chinois, les MiG-15 parvinrent à s’opposer avec succès aux forces occidentales, forçant notamment les bombardiers B-29 à ne plus opérer que de nuit. Même lorsque la situation au sol était largement en leur défaveur, les pilotes communistes continuèrent à effectuer des sorties pour contester la supériorité aérienne des Nations unies.
La zone de la "MiG Alley "correspond à tout ce qui se trouve à l’ouest du triangle formé par les villes de Huichon, Changju et (en Corée du Nord actuelle). Les avions occidentaux avaient l’interdiction de franchir la frontière chinoise pour attaquer les bases des escadrons de MiG mais, dans le feu de l’action, plusieurs avions franchirent effectivement cette frontière.
À la fin de la guerre, la République populaire démocratique de Corée publia un rapport qui estime les dommages lui ayant été infligés par l’arme aérienne :
En tout, 40 % du potentiel industriel du pays auraient été détruits. On notera la dramatisation de ce rapport qui insiste sur les destructions causées aux écoles, hôpitaux et maisons alors que les combats firent des dégâts similaires au sud, ce qui n’est pas mentionné.
La puissance aérienne joua un rôle clé : pour la première fois dans l’histoire, on fit usage en conditions opérationnelles d’avions de combat à réaction (si l'on excepte le cas du Me 262 durant la Seconde Guerre mondiale). La Chine était devenue une puissance aérienne et militaire majeure. La moitié de ses chasseurs était des MiG-15 construits par les Soviétiques, avions considérés à juste titre comme étant les meilleurs du monde. Opérant à partir de bases situées en Mandchourie et ne s’aventurant que très rarement au-dessus des lignes de l’ONU, les MiG-15 menacèrent néanmoins la suprématie aérienne de cette dernière, en particulier au-dessus de la "MiG Alley". Il fallut attendre que les États-Unis produisent les F-86 Sabre pour que les forces de l’ONU aient enfin à disposition un avion capable de rivaliser avec le MiG-15.
Dans une note datée du 21 décembre 1951, le secrétaire d'État américain à la Défense, Robert Lovett, demanda aux chefs d'état-major interarmes ("Joint Chiefs of Staff") de fournir des directives « pour l'emploi d'armes chimiques et bactériologiques. » De 1938 à 1945, confrontée au même problème de l'énorme supériorité numérique chinoise, l'armée impériale japonaise avait employé à maintes reprises ces armes contre les troupes ennemies et les populations civiles, notamment lors de la bataille de Changde. Les Américains avaient par la suite soigneusement récupéré les résultats des travaux de Shirō Ishii en échange d'une exonération de poursuite devant le Tribunal de Tokyo, accordée à tous les membres de ses unités de recherche par Douglas MacArthur. Selon la Chine et la Corée du Nord, ces armes auraient été utilisées par les Américains sur une grande échelle dès le début de l'année 1952. L'utilisation de l'arme biologique fut mise en cause, à tort, le lorsque le ministre des Affaires étrangères nord-coréen, Pak Hon-yong, accusa officiellement les Américains d’avoir répandu en Corée du Nord des « insectes-vecteurs » diffusant la peste, le choléra et « d’autres maladies ». Deux jours plus tard, Zhou Enlai porta la même accusation et, le 8 mars, il affirma qu’entre le 29 février et le 5 mars des avions américains avaient répandu à soixante-huit reprises des insectes porteurs de germes pathogènes sur la Mandchourie.
Le 12 mars 1952, le secrétaire d’État américain Dean Acheson demanda officiellement au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de mener une enquête dans les régions signalées par les Nord-Coréens et les Chinois. Le CICR présenta sa requête le même jour à la Corée du Nord et à la Chine, puis de nouveau le 28 mars, le 31 mars et le 10 avril. Ses démarches ne reçurent jamais de réponse de la part des autorités chinoises et nord-coréennes. Les États-Unis soumirent alors au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution en vertu de laquelle le CICR serait invité à mener des investigations en Chine et en Corée du Nord. Malgré dix voix sur onze en faveur de la motion américaine, le projet de résolution ne put être adopté, l'URSS y mettant son veto. Après une nouvelle initiative américaine à l’ONU, en avril 1953, elle se déclara prête à retirer ses accusations, à condition que les États-Unis, de leur côté, renoncent à demander une investigation. Dès lors, il paraissait clair que les allégations de la Corée du Nord reposaient sur des preuves forgées de toutes pièces. En effet, des documents soviétiques publiés en 1998 évoquent une mise en scène macabre organisée par les Nord-Coréens et leurs conseillers soviétiques. Ainsi, le 18 avril 1953, le lieutenant-général V. N. Razouvaïev, ambassadeur soviétique en Corée du Nord, informa Beria, membre du Politburo et chef de la Sécurité d'État, le futur KGB, qu’en février/mars 1952, « en collaboration avec des conseillers soviétiques, un plan d’action avait été imaginé par le ministère de la Santé nord-coréen) » et que, par la suite, les mesures suivantes furent prises : mise en quarantaine de régions qu’on prétendait infectées de la peste ; enfouissement de cadavres dans des fosses communes, puis révélation de ces charniers à la presse internationale ; envoi à Pékin de « matériel » en vue de son exposition, avant l’arrivée prévue des deux commissions internationales autorisées à l'examiner.
Le 2 mai 1953, le Kremlin chargea l’ambassadeur soviétique à Pékin, V. V. Kouznetsov, de transmettre le message suivant à Mao : Et, à l’intention du chargé d’affaires soviétique en Corée du Nord : 
La thèse chinoise et nord-coréenne fut reprise en 1998 par deux historiens canadiens, Stephen Endicott et Edward Hagerman, professeurs à l'Université York (Toronto) et auteurs de "The United States and Biological Warfare. Secrets from the Early Cold War and Korea" (Indiana University Press, Bloomington et Indianapolis, 1998), puis de nouveau dans un article publié dans la collection "Manières de voir" du "Monde diplomatique" (août-septembre 2003). Dans cet article, Endicott et Hagerman disent s'être appuyés sur des archives américaines « dévoilées parcimonieusement » (cf. plus bas le commentaire du professeur Ed Regis) et sur des documents provenant des archives gouvernementales et militaires de Pékin. Ils citent par ailleurs un extrait d’une lettre du 12 avril 1977 envoyée à Endicott par John Burton, chef démissionnaire du département australien des Affaires étrangères en 1952 et membre de la "International Scientific Commission" ayant examiné le « matériel » bactériologique fourni par les Chinois (cf. plus haut le rapport de Razouvaïev à Beria). 
Les documents d'archives américains et les témoignages recueillis par les professeurs Endicott et Hagerman font état d'un programme complet d'armes biologiques : « bombes à plumes », porteuses de spores du charbon céréalier, aérosols provoquant l'infection des voies respiratoires, « insectes vecteurs » pouvant diffuser le choléra, la dysenterie, la typhoïde et le botulisme. Ces armes devaient être opérationnelles pour le juillet 1954, « avec des capacités […] susceptibles d’être mises en œuvre dès le mois de mars 1952 ». se demandent MM. Endicott et Hagerman. La réponse est positive, disent-ils, « selon des documents conservés dans les archives gouvernementales et militaires chinoises » et selon le rapport d’un expert canadien qui concluait que, « malgré quelques anomalies, les indices chinois étaient fiables. » MM. Endicott et Hagerman admettent cependant que « parmi les réfutations les mieux connues » des accusations chinoises et nord-coréennes figure « un rapport rédigé par trois savants canadiens à la demande du gouvernement américain. » Dans un article paru le dans le "New York Times", Ed Regis, professeur à la Rutgers University et auteur de "The Biology of Doom: The History of America's Secret Germ Warfare Project" (New York: Henry Holt and Company, 1999), souligne que, dans leurs travaux, Endicott et Hagerman reconnaissent implicitement que vingt années de recherches ne leur ont pas permis de découvrir un seul document d’archives américain qui prouverait une utilisation quelconque de l'arme bactériologique en Corée et en Chine. Ils acceptent les documents de circonstance fournis par les Chinois et les Nord-Coréens sans la moindre analyse quant à leur fiabilité, dit le professeur Regis, alors qu'on sait pertinemment que les Chinois et les Nord-Coréens récrivaient l’histoire dans un but propagandiste, et qu’ils avaient les moyens, les motifs et l’occasion de forger des preuves. Par conséquent, conclut-il, l’allégation extrêmement contestable d’Endicott/Hagerman (« "their extraordinary dubious claim" ») équivaut en fait à une disculpation de l’accusé. Les historiens ont mis en évidence que la guerre bactériologique américaine n'a jamais existé et qu'elle a été montée de toutes pièces par le journaliste australien , qui était un agent d'influence travaillant pour le compte de l'URSS (voir la maîtrise d'histoire de Bertrand Maricot, sous la direction de J.-F. Sirinelli et I. Yannakakis, "La guerre bactériologique en Corée et les intellectuels français", Lille 3, 199 pages, 1993). Le journaliste français Pierre Daix a démontré dès 1976, dans son ouvrage "J'ai cru au matin", comment l'Australien avait construit cette affaire. Peut-être même d'après Ivan Cadeau qui donne raison à la thèse d'un montage communiste, des prisonniers de guerre américains ont-ils été torturés par les Sino-Coréens pour les obliger à avouer le forfait. Malgré tout Ivan Cadeau relève que et que . En 1950 le secrétaire de la Défense reconnaît que les États-Unis mènent des recherches sur les armes bactériologiques ; le le général MacAuliffe déclare que . D'autres officiels et militaires américains avaient affirmé . Et autre fait qui nuance la version du montage communiste délibéré, les Sino-Coréens et leurs alliés exploitaient les complicités américaines d'après-guerre avec les criminels de guerre de l'Unité 731 de l'armée impériale japonaise et de son chef, qui procédèrent à des essais bactériologiques en 1939 contre les troupes soviétiques, puis à la fin de la guerre contre les populations chinoises.
Au-delà de « l'allégation extrêmement contestable » (Ed Regis) d'Endicott et Haverman, le napalm fut, selon l'historien américain , utilisé sur une plus grande échelle que pendant la guerre du Viêt Nam et les dommages furent plus importants du fait de la plus grande concentration de la population coréenne :
« La ville industrielle de Hungnam fut la cible d’une attaque majeure le 31 juillet 1950, au cours de laquelle de bombes furent lâchées à travers les nuages. Les flammes s’élevèrent jusqu’à une centaine de mètres. L’armée américaine largua de bombes sur la Corée du Nord le 12 août, un tonnage qui aurait requis une flotte de 250 B-17 pendant la seconde guerre mondiale. Fin août, les formations de B-29 déversaient de bombes par jour sur le Nord. Ce tonnage consistait en grande partie en napalm pur. De juin à fin octobre 1950, les B-29 déversèrent 3,2 millions de litres de napalm. ».
Cette guerre meurtrière et fratricide, qui n'amena quasiment aucun changement territorial, a laissé l’impression d’un suicide national dont le courant historiographique dominant actuellement en Occident et en Russie attribue la principale responsabilité à la Corée du Nord. Avant l’ouverture des archives du Kremlin, des historiens avaient pu tenir pour responsables des puissances extérieures, les États-Unis de Truman mais surtout l’URSS de Staline, qui auraient fait dévier une simple opposition idéologique locale (communisme contre capitalisme) en une guerre ouverte. Or, les documents d’archives soviétiques, bien que contestés par les autorités nord-coréennes, attestent au contraire que la Corée du Nord a envisagé de longue date l'offensive du 25 juin 1950, en concertation avec les Soviétiques, qui ne donnèrent « un aval peu enthousiaste [qu'] à la suite de sollicitations permanentes ». Par conséquent, d’après l’état actuel de la documentation, « l’hypothèse (…) selon laquelle la guerre de Corée aurait été une initiative de Staline est incorrecte ».
Heo Man-Ho souligne cependant que l'initiative nord-coréenne ne doit pas occulter les préparatifs, à ce stade bien moins avancés, de la Corée du Sud, de même que les nombreux incidents de frontières qui auraient causé près de morts avant la date du 25 juin 1950. Raymond Aron parle de l’« accident coréen » de la diplomatie américaine, pour mettre en évidence que celle-ci porte une part de « responsabilité "politique" » : le discours de Dean Acheson aurait transmis au gouvernement soviétique un message prêtant à une interprétation erronée et, par ailleurs, les Américains, en retirant leurs troupes de Corée du Sud, auraient créé un vide que la Corée du Nord était tentée de remplir par une agression « au sens le plus cru du terme ». Pendant la guerre, des massacres de civils et de prisonniers se produisirent de part et d’autre par exemple le massacre de Geochang et celui de Sancheong et Hamyang.
Des dizaines de milliers de Sud-Coréens et des milliers d'Occidentaux fait prisonniers par le Nord sont, à ce jour, toujours portés disparus. Les canadiens, plus tard libérés, ont été traités durement et ont été soumis à une tentative de lavage de cerveau dans le but de changer leurs opinions politiques, la Corée du Nord et la République populaire de Chine n'étant pas signataires de la Convention de Genève de 1949. La proportion de pertes chez les prisonniers de guerre dans les camps nord-coréens et chinois, selon certaines études, atteint 43 %. Ainsi, les Sud-Coréens et les Américains font état de nombreux crimes de guerre commis par les Nord-Coréens. Des témoignages et documents attestent que, lors de leur offensive, les services nord-coréens « épuraient » des villes occupées en fusillant les fonctionnaires et les « ennemis de classe » restés sur place, et que plusieurs dizaines (au minimum) de soldats sud-coréens et américains furent exécutés après leur capture notamment lors du massacre de la colline 303. Par ailleurs, lors de la contre-offensive des Nations unies en septembre 1950, ils incendièrent la prison de Sachon dans laquelle étaient enfermés 280 policiers, fonctionnaires et propriétaires terriens sud-coréens. À Anui, Mokpo, Kongju, Hamyang et Chongju, on trouva des charniers contenant plusieurs centaines de corps, parmi lesquels des femmes et des enfants. Près du terrain d'aviation de Taejon, 500 soldats sud-coréens, les mains liées derrière le dos, furent tués d'une balle dans la tête. Entre le 24 septembre et le 4 octobre, toujours dans la région de Taejon, on découvrit les cadavres de à civils sud-coréens assassinés, ainsi que ceux de 40 militaires américains. Le massacre des sympathisants communistes par les forces du Sud, longtemps attribué à la Corée du Nord, fait entre et plus de .
Les Nord-Coréens de leur côté accusèrent les forces des Nations unies - et plus particulièrement les Américains - de crimes similaires. Ainsi, des documents d'archives américains cités par la BBC prouvent que des soldats américains tuèrent un « nombre non confirmé » de réfugiés à Nogun-Ri, en juillet 1950. Des prisonniers, comme le Nord-Coréen Ri In-mo, restèrent emprisonnés au Sud pendant plus de trente-quatre ans après l'armistice, où ils furent soumis à un programme de « conversion » comportant le recours à la torture dans le but qu'ils renient leurs convictions communistes : beaucoup de prisonniers sont morts du fait des mauvais traitements auxquels ils ont été soumis (coups de bâton, ingestion forcée d’eau par les narines, brûlures, électrocution…). Il s'agit "a priori" d'éliminer la menace posée par les infiltrations de soldats nord-coréens au sein des groupes de réfugiés. Les préjugés racistes envers les « Gooks » de la part des Américains en proie à la mauvaise surprise d'affronter à leur arrivée des armées asiatiques combatives et efficaces dans un pays pauvre aurait, selon Yvan Cadeau, sa part dans les crimes. L'enjeu de la guerre de Corée – la réunification de la péninsule dans un contexte de tensions entre superpuissances - et la difficulté pratique à mener un travail de recherche historique qui confronterait les sources directes, tant au Nord qu’au Sud, doivent cependant conduire à une certaine prudence dans les prises de position, notamment en ce qui concerne la question des responsabilités - sans pour autant récuser l'évidence documentaire, car « le renoncement de l'historien à son métier risque de conduire à la pire utilisation idéologique de l'histoire ».
Avec environ un million et demi de morts et une situation militaire inchangée (la tension reste toujours vive entre le Nord et le Sud), le pays a subi la pire destruction matérielle et humaine de son histoire. Ce conflit fut le premier d'importance internationale après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a aussi constitué la première intervention armée de l'ONU dans un conflit ouvert. Le coût du conflit fut estimé pour les seuls États-Unis à environ de dollars de l'époque soit environ de dollars valeur 2010.
Au total, l'armée sud-coréenne a perdu soldats, celle du Nord au moins . Les forces de l'ONU comptabilisent morts, essentiellement des Américains. Les pertes chinoises sont estimées à tués. 315 militaires soviétiques sont morts dans ce conflit.
Mais les pertes civiles sont plus considérables encore : entre 4 et de morts sur les d'habitants de la péninsule. L'ampleur des pertes civiles s'explique par les bombardements massifs. Selon les statistiques officielles américaines, l'US Air Force a déversé au moins de bombes et l'historien américain Bruce Cumings a calculé que de litres de napalm avaient été utilisés par celle-ci durant la guerre de Corée.
L'armistice ne mit pas fin aux incidents de frontières et raids de commandos venus du Nord attaquer le Sud et la tension reste vive entre les deux Corées. La guerre du Crabe depuis les années 1990 a occasionné plusieurs batailles navales. Le 13 juin 2000, le leader nord-coréen Kim Jong-il - fils et successeur de Kim Il-sung - et le président sud-coréen Kim Dae-Jung se rencontrent au cours du premier sommet jamais organisé entre les dirigeants des deux Corées : une déclaration commune est adoptée, les deux pays s'engageant à rechercher la paix et travailler à une éventuelle réunification. À l'issue du second sommet inter-coréen des chefs d'État le 4 octobre 2007, Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun s'engagent en faveur d'un accord de paix dans la péninsule coréenne. Cependant en 2009 et 2010, des accrochages maritimes ont eu lieu le long de la « Northern Limit Line » (NLL), prouvant une nouvelle fois que les conflits inter-coréens sont toujours d'actualité. Le , dans le cadre de la crise nucléaire nord coréenne, la Corée du Nord déclare ne plus être liée par l'armistice qui a fait cesser les combats de la guerre de Corée.
Fin mars 2013, la Corée du Nord (désormais gouvernée par Kim Jong-un, fils de Kim Jong-il et petit-fils de Kim Il-sung) met fin aux traités de paix avec la Corée du Sud et annonce être de nouveau en état de guerre.
Fin mai 2013, Pyongyang propose à Séoul de signer un accord de paix pour officiellement mettre fin à la guerre entre les deux États. Cependant, d'un point de vue légal de la part de chacune des deux Corée, la « guerre de Corée » n'était pas une guerre au sens du droit international mais un conflit interne, chacun des deux gouvernement se considérant comme l'unique représentant légal du pays et une guerre supposant la confrontation entre deux États. Ces trois ans de combat sont donc légalement une opération, tant pour le Nord que pour le Sud, visant à restaurer l'autorité du gouvernement dans un territoire rebelle et donc dans tout le pays (c'est-à-dire toute la péninsule, nord et sud), type de conflits à la fin desquels n'a jamais été signé d'accord de paix.
Engagée dans la guerre d'Indochine, la France apporta une participation réduite mais néanmoins marquante à l'appel des Nations unies. Cela se traduisit par le détachement de l'aviso colonial "La Grandière" chargé des missions de protection des convois maritimes participant au renfort du périmètre de Pusan et au débarquement de Incheon, ainsi que par l'envoi de hommes formant le bataillon français de l'ONU, intégré, avec des renforts coréens et deux bataillons américains, dans les effectifs du régiment de la « Indianhead » Infantry Division. Cette division s'est illustrée dans plusieurs faits d'armes qui lui ont valu plusieurs citations. À l'issue de la guerre, le bataillon comptait 287 tués, dont 18 Coréens, blessés, 12 prisonniers et 7 disparus.