Louis XIV

, dit "Louis le Grand" ou "le Roi-Soleil", né le au Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le à Versailles, est un roi de France et de Navarre qui régna du à sa mort.
Né Louis, surnommé « Dieudonné », il monte sur le trône de France au décès de son père , quelques mois avant son cinquième anniversaire. Il est le roi de France, le roi de Navarre et le troisième roi de France issu de la dynastie des Bourbons. Son règne de 72 ans est l’un des plus longs de l'histoire d'Europe, et le plus long de l'Histoire de France.
Il marque l'apogée de la construction séculaire d'un absolutisme de droit divin. Après une minorité troublée par la Fronde de 1648 à 1653, assume personnellement le gouvernement à la mort du cardinal Mazarin en 1661 en ne prenant plus de ministre principal. Son autorité se déploie avec la fin des grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes qui avaient marqué les décennies précédentes. Le monarque impose l'obéissance à tous les ordres et contrôle les courants d'opinion (y compris littéraires ou religieux), parmi lesquels le jansénisme à partir de 1660 et le protestantisme au travers de la révocation de l'édit de Nantes en 1685. construit un État centralisé, où son rôle direct est encore accentué après le décès des ministres Colbert en 1683 et Louvois en 1691.
Par la diplomatie et la guerre, il accroît sa puissance en Europe, en particulier contre les Habsbourg. Sa politique du « pré carré » cherche à agrandir et rationaliser les frontières du pays, protégée par la « ceinture de fer » de Vauban qui fortifie les villes conquises. Pour obtenir une prédominance économique, un effort de développement commercial et colonial est conduit, notamment par son ministre Colbert.
À partir de 1682, dirige son royaume depuis le vaste château de Versailles, modèle architectural de nombreux palais européens et dont il a dirigé la construction. Sa cour soumet la noblesse, étroitement surveillée, à une étiquette très élaborée. Le prestige culturel s'y affirme grâce au mécénat royal en faveur d'artistes tels que Molière, Racine, Boileau, Lully, Le Brun et Le Nôtre, ce qui favorise l'apogée du classicisme français, qualifié, dès son vivant, de « Grand Siècle », voire de « Siècle ».
Sa difficile fin de règne est marquée par l'exode des protestants persécutés, par des revers militaires, par les deux famines de 1693 et de 1709 qui font près de deux millions de morts, par la révolte des Camisards et par les nombreux décès de ses héritiers royaux. Tous ses enfants et petits-enfants dynastes sont morts, et son successeur, son arrière-petits-fils , n'a que cinq ans à la mort du roi, et pourtant, même après la régence assez libérale de Philippe d'Orléans, l'absolutisme perdure, attestant ainsi de la solidité du régime construit par .
Habité par l'idée de sa gloire et de son droit divin, soucieux d'accomplir en permanence son « métier de roi », est devenu l'archétype du monarque absolu aux yeux du monde.
Fils de et d'Anne d'Autriche, Louis est le fruit d'unions dynastiques : ses parents sont des deux familles les plus puissantes d'Europe (Bourbon et Habsbourg), ses grands-parents paternels et Marie de Médicis, étaient respectivement Franco-Navarran et Florentine ; ses grands-parents maternels, Philippe III et Marguerite d'Autriche-Styrie étaient espagnol et autrichienne, tous deux Habsbourg, proches parents l'un de l'autre.
Au traditionnel titre de Dauphin de Viennois est ajouté à sa naissance celui de "Premier fils de France". L’enfant est aussi prénommé Louis-"Dieudonné", car, après presque vingt-trois ans de mariage sans enfant, plusieurs fausses couches de la reine et la mésentente du couple royal, la naissance inattendue de l’héritier du trône est considérée comme un don du Ciel, au point que certains historiens suspectent le véritable père d’être Mazarin dont des lettres échangées avec Anne d'Autriche, utilisant des codes, sont parfois très sentimentales. Beaucoup de courtisans parlent de « miracle ». En effet en 1637, avait présenté un acte faisant de la Vierge Marie la « protectrice spéciale » de son royaume et, à peine la grossesse de la reine est-elle avérée que le roi publie cet acte le 10 février 1638, la fête de l'Assomption de Marie célébrée par le Vœu de étant désormais un jour férié et chômé en France. Irrité, aurait répliqué que « ce n'était point là si grand miracle qu'un mari couchât avec sa femme et lui fasse un enfant ». Des récits affirment que le roi a été conçu le 5 décembre 1637, l'historien Jean-Christian Petitfils propose plutôt la date du 20 ou du 30 novembre.
La naissance de Louis est suivie, deux ans plus tard, par celle de Philippe, d'abord titré duc d'Anjou, puis duc d'Orléans vingt ans plus tard, à la mort de son oncle, Gaston d'Orléans. Celui-ci était hostile au cardinal de Richelieu, premier ministre de , qui le trouvait trop favorable aux nobles et aux Habsbourg. La naissance tant espérée d'un dauphin écarte du trône un comploteur impénitent ; c'est ainsi une victoire politique pour le cardinal de Richelieu, premier ministre de .
À la mort de son père, Louis-Dieudonné devient roi sous le nom de . Comme il n'a que quatre ans et demi, sa mère, Anne d'Autriche, devient régente. Elle maintient contre toute attente le cardinal Mazarin comme Premier ministre, en dépit de la désapprobation des cercles politiques français de l'époque dont beaucoup n'apprécient pas qu'un Italien, fidèle de Richelieu, dirige la France.
La Régente quitte alors les appartements incommodes du Louvre et s'installe au Palais-Cardinal, légué par Richelieu à , pour profiter du jardin où peuvent jouer le jeune et son frère. Le Palais-Cardinal devient alors le Palais-Royal où des gouvernantes abandonnent le jeune Louis à leurs femmes de chambre qui cèdent à tous ses caprices, ce qui fera naître la légende colportée par les "Mémoires" de Saint-Simon d'une éducation négligée.
En plus de ses fonctions ministérielles, Mazarin, parrain de , se voit attribuer par la reine en mars 1646 la responsabilité de l'éducation du jeune monarque et de son frère le duc Philippe d’Orléans (dit "Le petit Monsieur"), l’usage étant que les princes élevés par des gouvernantes « passent aux hommes » à l'âge de sept ans (l'âge de raison à l'époque) pour être confiés aux soins d’un gouverneur assisté d’un sous-gouverneur. Il devient donc « surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du roi et de celle de M. le duc d'Anjou » et confie la tâche de gouverneur au maréchal de Villeroy. Le roi et son frère viennent souvent à l'hôtel de Villeroy, non loin du palais royal. se lie d'amitié à vie avec le fils du maréchal, François de Villeroy. Malgré les efforts des différents précepteurs (abbé Péréfixe de Beaumont en 1644, François de La Mothe Le Vayer à partir de 1652, son meilleur éducateur étant sans doute Pierre de La Porte, son premier valet de chambre qui lui fait la lecture de textes historiques) engagés pour lui prodiguer des cours de latin, d'histoire, de mathématiques, d'italien et de dessin, Louis n'est pas un élève très travailleur. Mais, suivant l'exemple du grand collectionneur d'art qu'est Mazarin, se montre très sensible à la peinture, à l'architecture, à la musique et surtout à la danse qui est, à l'époque, une composante essentielle de l'éducation d'un gentilhomme : on dit que le jeune Louis s'entraîne à danser environ deux heures par jour de 7 à 27 ans. Louis aurait bénéficié également d'une éducation sexuelle : sa mère (Anne d'Autriche) aurait demandé à la baronne de Beauvais (surnommée "Cateau la Borgnesse") de "déniaiser" à sa majorité sexuelle.
Dans son enfance, échappe à plusieurs reprises à la mort :
Après avoir célébré sa première communion à l'église Saint-Eustache le , , qui n'a alors que 12 ans, entre au conseil en 1650. C'est l'époque de la Fronde, une contestation de l'autorité royale par les parlements et la noblesse qui allait marquer durablement le monarque. En réaction à ces événements, s'appliqua plus tard à continuer le travail commencé par Richelieu : affaiblir les membres de la noblesse d'épée en les obligeant à servir comme membres de sa cour en transférant la réalité du pouvoir à une administration très centralisée et à la noblesse de robe.
En 1648, le parlement de Paris s'oppose fermement aux impôts levés par Mazarin pour continuer la guerre contre l'Espagne. La Journée des barricades contraint le roi à quitter Paris une première fois. S'il revient assez vite dans la capitale, les exigences des parlementaires, appuyés par le très populaire Jean-François Paul de Gondi, obligent Mazarin à envisager un coup de force. En pleine nuit et dans le plus grand secret, le roi et sa cour quittent la capitale dans le but de l'assiéger et de la remettre à obéissance. L'affaire se complique quand des personnalités de la haute noblesse apportent leur soutien à la fronde : le prince de Conti, frère de Condé, Beaufort, petit-fils d' et quelques autres veulent renverser Mazarin. Si, après quelques mois de siège Paris se rend au roi, Mazarin ne parvient pas à imposer sa volonté aux parlementaires et le conflit politique demeure.
En 1650, une nouvelle fronde appelée Fronde des princes se construit autour du tumultueux prince de Condé. Les princes sont arrêtés sur l'ordre de Mazarin, ce qui aboutit à une nouvelle guerre civile, relayée essentiellement dans les provinces (Bordeaux). En 1651, Gondi et Beaufort, chefs de la première fronde, s'allient à la fronde des princes, pour renverser Mazarin. L'appui du duc d'Orléans et une émeute parisienne obligent Mazarin à s'exiler. Le , la reine et le jeune Louis essaient de s'enfuir de la capitale mais, alarmés, les Parisiens envahissent le palais royal où loge le roi, désormais prisonnier de la fronde.
Le , le lit de justice déclare la majorité du roi. Tous les grands du royaume viennent lui rendre hommage, sauf Condé qui, de Guyenne, lève une armée pour marcher sur Paris. Défait, Condé se jette dans Paris qui se soulève devant le retour d'exil de Mazarin. Le pouvoir royal doit de nouveau assiéger Paris. Le deuxième exil de Mazarin, les exactions des troupes de Condé, les troubles populaires et la lassitude à l'égard de la guerre mettent un terme à la fronde, devenue impopulaire : la plupart des grands font leur soumission. Seul, Condé trahit la France pour se mettre au service de l'Espagne, qui avait profité du désordre pour reprendre du terrain en Flandre. L'arrestation et l'exil de Gondi, éternel comploteur, permettent de mettre un terme définitif aux troubles.
Pendant le voyage du jeune roi, le , les Espagnols acceptent de signer le traité des Pyrénées qui fixe les frontières entre la France et l'Espagne. De son côté, accepte bon gré, mal gré de respecter une des clauses du traité : épouser l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, fille de , roi d'Espagne et d'Élisabeth de France. Les époux sont doublement cousins germains : la reine-mère Anne d'Autriche étant la sœur de et Élisabeth de France la sœur de . Ce mariage a cependant pour but de rapprocher la France de l'Espagne. Il a lieu le en l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz.
Louis ne connaît sa femme que depuis trois jours, celle-ci ne parle pas un mot de français mais le roi « l'honore » fougueusement et devant témoins dès la nuit de noces. Selon d'autres sources, cette nuit de noces, contrairement à l'usage, n'eut pas de témoin.
Également connu sous le nom du "Roi-Soleil" (appellation tardive qui remonte à la monarchie de Juillet même si le roi prend cet emblème lors de la fête du carrousel le ), renforce la monarchie qui devient monarchie absolue de droit divin. Lorsque le , le roi qui - à 16 ans - vient de prendre le pouvoir seul décrète dix-sept édits visant à renflouer les caisses de l’État, ce qui a pour effet de faire passer le total des revenus fiscaux du royaume de 130 millions de livres en 1653 à plus de 160 millions en 1659-1660, la légende raconte qu'il aurait déclaré aux parlementaires réticents le célèbre mais contesté : « l’État c’est moi ! » (qu'il n'a en fait, jamais prononcé).
Même si se dissocie de l'État, dont il se définit lui-même comme, seulement, le premier serviteur et s'il indique sur son lit de mort, en 1715 : « Je m'en vais mais l'État demeurera toujours » cette phrase résume toutefois l'idée que ses contemporains se sont fait du rapport au pouvoir du roi : par des réformes politiques administratives et fiscales, par une politique étrangère et religieuse centralisant le pouvoir.
À la mort de Mazarin, le , la première décision de est de supprimer la place de ministre principal et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement. Mais l'entourage du roi n'est pas convaincu de sa stature d'homme d'État. Il prouve son autorité par un « coup de majesté ».
La situation financière dégradée dont l'informe Jean-Baptiste Colbert et le fort mécontentement des provinces contre la pression fiscale durant les 18 années de ministère du défunt cardinal étaient préoccupants. Les causes en étaient la guerre ruineuse contre la Maison d’Espagne et les cinq années de Fronde, mais aussi l’enrichissement personnel effréné de Mazarin, dont Colbert lui-même avait profité et celui, éhonté, du surintendant Fouquet dont les pratiques spéculatives mêlant ses comptes et ceux de l'Etat avaient fait leur temps. Le , jour de ses 23 ans, le Roi fit arrêter au grand jour, par d'Artagnan, Nicolas Fouquet dont il supprime par la même occasion le poste de surintendant des finances. 
Il crée une chambre de justice pour examiner les comptes des financiers. Même si Fouquet servit de bouc émissaire et qu’il avait pendant presque neuf ans, par son crédit personnel immense, bien rempli sa mission de pourvoyeur d’argent immédiat, il est communément admis aujourd’hui que le surintendant, qui eut le malheur d’être le dernier représentant d’un système populairement détesté, avait fini par confondre sans scrupule sa comptabilité avec celle du Trésor. Le roi avait donc besoin de montrer qui dirigeait le pays et d'éliminer ainsi celui dont il subissait le trop grand ascendant marqué par une fête donnée quelques jours avant l'arrestation au château de Vaux-le-Vicomte.
Après trois ans d'un procès plein d'irrégularités et influencé par le roi, Fouquet est remplacé par Colbert en 1665. Le règne personnel du Roi-Soleil commence.
Le Roi fait très tôt obéir les Provinces : en réponse aux révoltes de la Provence (Marseille en particulier) le jeune envoie le duc de Mercœur pour réduire la résistance et réprimer les rebelles à son autorité.
S'ensuit une répression le , le roi entre dans la ville par une brèche ouverte dans les remparts, il change le régime municipal et soumet le Parlement d'Aix. Les mouvements de contestation en Normandie, en Anjou se terminent en 1661. L'obéissance est « plus acceptée qu'imposée ».
L'autorité du jeune souverain s'impose aux Parlements : dès 1655, il impressionne les parlementaires en intervenant en costume de chasse et le fouet à la main pour faire cesser une délibération. Le pouvoir des Parlements diminue par la mise en place de lits de justice sans la présence du roi, par la perte de leur titre de « cour souveraine » en 1665, et par la limitation, en 1673, de leur droit de remontrance.
Les décisions du Roi sont préparées dans un certain secret, après l'avis des ministres qui siègent dans un conseil qu'il réforme profondément. Ces édits sont rapidement enregistrés par les Parlements, puis rendus publics dans les provinces où les intendants, ses administrateurs, prennent de plus en plus le pas sur les gouverneurs, issus de la noblesse d'épée. Toutefois, l'état des routes, la difficulté d'avoir des informations sur toutes les paroisses, la diversité des peuples et la mosaïque des usages locaux, en particuliers judiciaires, ainsi qu'un certain respect pour les pouvoirs urbains nuancent la réalité d'un absolutisme centralisateur.
La première partie du règne de est marquée par de grandes réformes administratives et surtout par une meilleure répartition de la fiscalité. Les douze premières années virent le pays en paix et le retour d'une relative prospérité. On passe d'une monarchie judiciaire (où la principale fonction du roi est de rendre justice) à une monarchie administrative (le roi est à la tête de l'administration). À partir de la création du Conseil royal des finances (12 septembre 1661) les finances, dirigées désormais par un contrôleur général, en l'occurrence Colbert, supplantent donc la justice en tant que première préoccupation du Conseil d'en haut. Celui qui aurait normalement dû être chargé de la justice, le chancelier, François-Michel Le Tellier, finit lui-même par délaisser la justice pour se consacrer essentiellement aux affaires de guerre. Le conseil s'organise en plusieurs conseils, d'importance et de rôles divers: conseil d'en Haut, pour les affaires les plus importantes, (avec peu de ministres), du conseil des dépêches, le lundi, pour l'administration provinciale, du conseil des finances, de celui des parties, pour les causes judiciaires, de celui du commerce et de ceux chargés de la religion catholique -conseil des consciences- et protestante.
L'utilisation de grandes ordonnances administratives accentuent le pouvoir royal: les terres sans seigneurs deviennent terres royales, ce qui permet la réorganisation fiscale et celle des droits locaux. Le Roi crée le code Louis en 1667, sorte de code civil, l'ordonnance criminelle en 1670, le code forestier, (étape cruciale de la réorganisation des eaux forets) l'édit sur les classes de la Marine en 1669, l'ordonnance de commerce en 1673. 
Au fil du temps, deux clans dans l'administration se constituent, rivalisent et cohabitent. Le clan Colbert gère tout ce qui touche à l'économie, la politique étrangère, la Marine et la culture alors que le clan Le Tellier-Louvois prend la mainmise sur la Défense. Le roi fait ainsi sienne la devise « diviser pour mieux régner ». En ayant deux clans rivaux sous ses ordres, il est certain qu'ils s'autocontrôleront et que cela empêche toute dérive permettant à un de ses ministres de réussir un coup d'État contre lui.
Jusqu'en 1671, le clan Colbert domine mais, quand commencent les préparatifs de la guerre de Hollande, les réticences de Colbert, qui rechigne à se lancer à nouveau dans de grandes dépenses, commencent à le discréditer aux yeux du roi. De plus, l'écart d'âge entre Colbert (52 ans à l'époque) et le roi (33 ans) fait que le roi se rapproche naturellement de Louvois qui n'a que 30 ans et la même passion : la guerre. Jusqu'en 1685, c'est le clan Louvois qui est le plus influent.
Le Roi est décrit comme un souverain voulant « tout savoir ». 
Lorsque commence le règne, « Le Paris du est quasiment invivable » et inquiète pour le jeune roi qui n’a pas encore construit Versailles. Concentration dangereuse de populations épidémies, incendies, inondations, hivers polaires, encombrements et désordres de tout genre, la ville attire des individus qui espèrent vivre mieux auprès des riches : escrocs, brigands, voleurs, mendiants, infirmes, hors-la-loi, paysans sans terre et autres déshérités. La Cour des miracles, le plus célèbre des ghettos incontrôlables est estimé à individus, soit 6 % du peuplement. 
L'Édit de fondation de l’hôpital général de Paris (), dit de "Grand Renfermement", a pour objet d’éradiquer la mendicité, le vagabondage et la prostitution. Conçu sur le modèle de l’hôpital lyonnais (l’hospice de la Charité établi en 1624) il s’attire à son service les membres de la compagnie du Saint-Sacrement. Il regroupe les trois établissements de la Salpêtrière, de Bicêtre et de Sainte-Pélagie. En dépit des peines et des expulsions prévues pour ceux qui ne regagnent pas l’hôpital, cette mesure qui horrifiait Vincent de Paul, faute d’effectifs suffisants, est un échec. Dix ans plus tard, la situation mal maîtrisée a empiré et « on rapporte que le roi n’en dort plus la nuit ». Les différentes factions de police sont disséminées et rivalisent entre elles.
Colbert s’efforce de coordonner toutes ces autorités en un seul service, sous l'autorité de La Reynie nommé le , à la charge de la lieutenance générale de police qui vient d’être créée. Cet homme de son clan intègre et travailleur a déjà participé au conseil de la réforme de la justice. L'ordonnance civile de Saint-Germain-en-Laye () organise un contrôle précis des affaires intérieures. Elle vise une approche globale de la criminalité, notamment en fusionnant les quatre services de police de Paris. Ce service de police, ayant la confiance du gouvernement royal, s'occupe également des grandes et petites affaires criminelles dans lesquelles de hauts aristocrates pourraient être mêlés : complot de Latréaumont (1674), affaire des poisons (1679-1682), etc.. Les affaires civiles sont distinguées des procédures criminelles. La simplification et l’uniformisation des procédures touche tous les domaines: justice civile pour tout le royaume obligation de mieux tenir les registres paroissiaux. Les attributions de La Reynie sont étendues : maintien de l’ordre public, des bonnes mœurs, du bon ravitaillement, de la salubrité (ébouages, pavage des rues, fontaines d’eau, etc.), la sécurité (rondes, éclairage des rues par lanternes, lutte contre la délinquance et les incendies, liquidation des « zones de non-droit »… (voir la Cour des miracles). 
Dès 1674, La Reynie a le titre de lieutenant général de police et s’acquitte de cette tâche épuisante avec intelligence pendant 30 ans, jusqu’en 1697. Il instaure à Paris une « sécurité inconnue » mais au moment de son retrait la situation commence à se dégrader. Le marquis d’Argenson, qui lui succède, est un homme rigoureux et sévère qui entreprend le redressement de la situation dans l'intransigeance. Dans ce domaine comme dans les autres, l'ordre royal se fait plus repressif. Il instaure une sorte de police secrète d’État, qui semble servir les intérets des puissants et d’accentuer le despotisme d’un règne vieillissant. Ses services lui valent, en 1718, lors de la Régence, la place enviée de garde des Sceaux.
Dès 1666, par souci d'éviter le vagabondage transfrontalier et par défiance pour leur utilisation par certains nobles, notamment, décrète que tous les Bohémiens (aujourd'hui Roms) de sexe masculin doivent être arrêtés et envoyés aux galères sans procès. Par la suite, lors de l'ordonnance du 11 juillet 1682, il confirme et ordonne que tous les Bohémiens mâles soient dans toutes les provinces du Royaume où ils vivent, condamnés aux galères à perpétuité, leurs femmes rasées et leurs enfants enfermés dans des hospices. Une peine était en outre portée contre les nobles qui donnaient dans leurs châteaux un asile aux Bohémiens ; leurs fiefs étaient frappés de confiscation.
 tend à affirmer la puissance de son Royaume. Il utilise les armes traditionnelles de la diplomatie (ambassade, traités, alliances, unions dynastiques, soutien aux opposants de ses ennemis). Mais c'est surtout par l'armée qu'il s'impose. Jeune roi, il poursuit d'abord la stratégie de ses prédécesseurs depuis François pour dégager la France de l'encerclement hégémonique des Habsbourg en Europe par une guerre continuelle contre l'Espagne, en particulier sur le front des Flandres. Le « grand Roi » en profite pour rendre son « pré carré » par des guerres de conquêtes sur ses voisins, négligeant toutefois un peu l'expansion coloniale. Pour assurer à son petit-fils la succession d'Espagne, il se lance sur le tard dans une guerre contre toute l'Europe qui finit par épuiser les belligérants. À la fin de son règne, le roi a arraché un compromis : si les Bourbons dominent en France et Espagne, ils reconnaissent deux nouvelles puissances montantes : l'Angleterre protestante et les Habsbourg d'Autriche.
Dans un premier temps, pour se dégager de l'encerclement des Habsbourg, le jeune avec son ministre Mazarin fait alliance avec les principales puissances protestantes, reprenant ainsi la politique de ses deux prédécesseurs et de Richelieu.
Cette guerre franco-espagnole connaît quatre phases : quand le règne débute, la France soutient directement les puissances protestantes contre les Habsbourg, lors du dernier tiers de ce qu'on a appelé ensuite la guerre de Trente Ans, conclue en 1648 par les traités de Westphalie. Profitant de la Fronde, l'Espagne tente d'affaiblir le Roi en soutenant la révolte militaire du Grand Condé (1653) contre . En 1659, des victoires françaises et une alliance avec les puritains anglais (1655-57) et les puissances allemandes (Ligue du Rhin) imposent à l'Espagne le traité des Pyrénées (soudé par le mariage entre et l'infante en 1659). Enfin, le conflit reprend à la mort du roi d'Espagne (1665) quand entame la guerre de Dévolution : au nom de l'héritage de son épouse, le roi réclame que des villes frontalières du royaume de France en Flandre espagnole lui soit dévolues. Il s'appuie sur les difficultés de l'Espagne au Portugal
À l'issue de cette première période, , jeune roi, est à la tête de la première puissance militaire et diplomatique d'Europe, s'imposant même au Pape. Il a agrandi son royaume vers le nord (Artois, achat de Dunkerque aux Britanniques) et conservé, au sud, le Roussillon. Sous l'influence de Colbert, le Roi a aussi construit une marine et agrandit son domaine colonial pour combattre l'hégémonie coloniale espagnole.
Dans un second temps, à partir de 1672, sous l'influence de Louvois, le « Grand Roi » renonce à l'alliance protestante. Pour rendre son « pré carré », il s'isole diplomatiquement dans une politique belliqueuse de conquête qui l'oppose à toute l'Europe.
La poussée vers les Flandres d'un monarque absolu catholique provoque l'inquiétude de la République protestante des Pays-Bas. Dès lors, France et Pays-Bas, anciens alliés, deviennent rivaux économiquement et politiquement. En 1672, les attaque, ce qui provoque la guerre de Hollande. L'Espagne en profite pour tenter de récupérer les villes de Flandres perdues. Ce conflit isole diplomatiquement la France : opposée à la fois aux Habsbourgs, au pape et aux protestants d'Europe, après le rapprochement entre les Provinces-Unies des Pays-Bas, les princes allemands et le parlement anglais, elle n'a plus comme alliée protestante que la Suède. Sa puissance militaire lui permet toutefois d'imposer la paix sur le front Nord et de prendre le comté de Bourgogne à l'Espagne (1674, confirmé au traité de Nimègue, 1678). C'est ainsi que Besançon devient française. élargit ensuite ses ambitions aux possessions des villes conquises (politique des réunions). Cette politique d'expansion territoriale et la violence des massacres dans le Palatinat provoque la ligue d'Augsbourg (9-7-1686), alliance défensive de l'ensemble des puissances européennes (Habsbourg et protestants). Après la prise de Luxembourg en 1684, le conflit reprend de 1688 à 1697, années de guerre extrêmement violentes sur terre et sur mer : de l'Irlande où le roi soutient le prétendant catholique au trône de Grande-Bretagne, à l'Allemagne, où il soutient la Princesse Palatine, jusqu'à la Savoie, les guerres pèsent durement sur les finances royales et sur les populations, en particulier lors du terrible sac du Palatinat par Louvois. La paix négociée par la médiation de la Suède lui permet de prendre l'Alsace, terre traditionnelle du Saint-Empire et dont la population est germanophone.
Le poids de la guerre et l'isolement diplomatique sont partiellement compensés par l'agrandissement du royaume. Le roi saisit ainsi l'occasion de faire de son royaume la première puissance catholique au vu de l'affaiblissement espagnol.
À la fin de son règne, le « Roi très Chrétien » tente de préserver la succession d'Espagne pour son petit-fils ce qui conduit à une guerre qui épuise toute l'Europe.
La fragilité de la santé du roi espagnol de Habsbourg, sans enfant, pose le problème de sa succession. mène une active diplomatie pour faire hériter un de ses descendants (sa femme et sa mère étaient héritières d'Espagne). Placer un Bourbon sur le trône des Habsbourg ferait de sa famille la première puissance européenne et même mondiale (au vu de l'empire colonial espagnol). Mais cela l'oppose à la branche Habsbourg d'Autriche, autre prétendante. Pour réussir, se réconcilie avec le pape, renonçant au gallicanisme au profit du parti dévot, favorise l'Espagne par des gestes diplomatiques (Traité de Ryswick en 1697). Conscient du risque de l'hostilité de l'Europe à la réunion des possessions espagnoles et françaises, il envisage même un partage complexe avec l'Autriche. Mais, en 1700, Charles II refuse sur son lit de mort la solution du partage et laisse l'héritage de la totalité des possessions espagnoles pour l'un des petit-fils de , . Celui-ci n'est soutenu que par la Bavière de sa mère Marie-Anne : toutes les autres puissances européennes provoquent une violente guerre contre les Bourbons de France et d'Espagne. Elles l'emportent d'abord et la France est prête à traiter (1708). Mais les vainqueurs veulent contraindre à détrôner lui-même son petit-fils, ce qui le conduit à reprendre des combats. Au bout de quatorze ans, l'épuisement des adversaires conduit à une paix de compromis (1713) : Philippe conserve le trône d'Espagne mais les compensations accordées montrent la montée de la puissance britannique dans les colonies et de l'Autriche dans l'Europe centrale et dans les Flandres.
Si, au début du règne, la grande puissance était l'Espagne, la France a dominé seule vers 1690/1700. En 1715, c'est le Royaume-Uni qui est devenu le concurrent le plus redoutable, surtout parce qu'après les efforts de Colbert, le roi s'est désintéressé de la question coloniale.
 a ainsi consacré trente-deux années sur cinquante-quatre à faire la guerre. Sur son lit de mort, il confesse au futur « j'ai trop aimé la guerre ».
Marqué par le modèle et l'éducation de son père, puis fasciné, enfant, par la prestance du jeune Condé, assiste enfant à plusieurs combats lors de la Fronde. Il reçoit une formation militaire poussée par Turenne. Le jeune Louis dirige l'armée, par exemple, à vingt ans, le à Dunkerque, lors de bataille des Dunes où ses troupes récemment alliées aux Anglais (gouvernés à l'époque par Lord protecteur Oliver Cromwell) remportent une victoire importante contre Condé et l'Espagne. Il fait célébrer ses victoires à Versailles (galerie des batailles), par des statues et des poèmes de circonstances.
La réorganisation de l'armée est rendue possible par celle des finances. Si Colbert a réformé les finances, c'est Michel Le Tellier puis son fils, le marquis de Louvois qui réforment avec le roi les troupes : unification des soldes, création de l’hôtel des Invalides en 1670, réforme du recrutement. Cette nouvelle impulsion politique limite la désertion et augmente le niveau de vie de la gent militaire. Le roi charge Vauban de construire une ceinture de fortifications autour du territoire (politique du pré carré). Au cœur du règne le Royaume dispose d'une armée de hommes ce qui en fait de loin la première armée d'Europe, capable de tenir tête à des coalitions rassemblant de nombreux pays européens. Pour renforcer le pouvoir de la France dans le monde, engage le royaume dans une multitude de guerres et batailles : 
Ces guerres agrandissent considérablement le territoire : sous le règne de , la France conquiert la Haute-Alsace, Metz, Toul, Verdun, le Roussillon, l'Artois, la Flandre française, Cambrai, le comté de Bourgogne, la Sarre, le Hainaut et la Basse-Alsace. Ces acquisitions consacrent l'hégémonie française en Europe et ceux qui, comme le doge de Gênes ou le duc de Lorraine, se risquent à défier le roi, ne tardent pas à en payer les conséquences.
Cependant, l'état de guerre permanent mène l'État au bord de la banqueroute, le forçant à lever de lourds impôts sur le peuple mais aussi sur la noblesse (impôts de la capitation, du dixième). Même la famille royale doit payer des impôts.
À la mort de Mazarin, en 1661, la Marine royale, ses ports et ses arsenaux sont en piteux état. Seule une dizaine de vaisseaux de ligne est en état de fonctionnement correct. À la même période, la marine anglaise comptait 157 vaisseaux (dont la moitié sont des vaisseaux importants, embarquant de 30 à 100 canons), soit un rapport de 1 à 8 avec la Marine française. Les flottes de la république des Provinces-Unies en comportent 84.
Contrairement à une idée très répandue, s’intéressa personnellement aux questions navales et contribua avec Colbert à l’essor de la marine de guerre française. Dès 1662, il crée le corps des galères, qui a l'avantage de constituer une flotte à la fois militaire et commerciale. Il préside une fois par semaine le conseil de la Marine et suit avec le plus grand soin les détails de la mobilisation des ressources, fixant chaque année l’ampleur des armements, nommant en personne tous les officiers de vaisseau ou encore choisissant le nom de chaque vaisseau fabriqué.
Le roi souhaite que sa marine devienne aussi puissante et redoutée que son armée de terre, non tant pour combattre que pour disposer d'un instrument de dissuasion permettant de ne pas combattre.
Le , il crée le titre de secrétaire d’État à la Marine et nomme officiellement Colbert premier titulaire du poste. Dès lors, Colbert et son fils vont mobiliser des ressources humaines, financières et logistiques sans précédent qui ont permis, pratiquement ex-nihilo, de faire de la France une puissance militaire navale de premier rang.
L’objectif fixé par Colbert était d’atteindre une flotte de 120 vaisseaux dont 72 d’au moins 50 canons. À sa mort en 1683, la Royale comptait 117 vaisseaux, officiers et matelots. De 1661 à la mort de en 1715, 381 vaisseaux et frégates furent construits.
La politique économique de est marquée par les fortes dépenses militaires : les ministres (Colbert, surtout) cherchent à augmenter les revenus des caisses de l'État par une pression fiscale, et par un effort manufacturier et commercial qui vise à créer un excédent commercial.
Sous Mazarin, la pression fiscale est à l'origine de nombreuses rébellions aussi bien aristocratiques (la Fronde) que populaires (les jacqueries) : 
Après Mazarin, Colbert multiplie les initiatives économiques :
Malgré tout, les colonies sont plus une priorité pour Colbert que pour le roi. On a besoin de chair à canon pour mener les guerres en Europe et on n'envoie que très peu de gens aux colonies : les engagées et les jeunes orphelines surnommées « les filles du roi » au Canada (Nouvelle-France). Colbert entrevoit, lui, les ressources potentielles dans le développement des colonies mais dans sa correspondance avec les intendants de la Nouvelle-France, il est strict : les colonies servent au royaume et ne doivent pas se développer au détriment de l'industrie française. Pour favoriser l'accroissement naturel, il crée des amendes pour les colons masculins célibataires de plus de 20 ans et les filles de plus de 16 ans non mariées. En outre, il alloue la somme de 300 livres aux familles de plus de dix enfants.
L'Afrique est un centre d'interêt pour le Roi. L'historien Tidiane Diakité lui attribue le surnom de Louis L’Africain car de tous les rois de France et de l’Europe il est le seul à s’être autant intéressé à l’Afrique : il fut celui qui eut la correspondance la plus fournie avec des rois d’Afrique, celui qui dépêcha auprès d’eux le plus d’émissaires et chargés de mission, et il reçut des Africains à la cour. Certains fils de rois noirs, comme le prince Aniaba, furent élevés à Versailles, baptisés par les soin du Roi qui caressait l’espoir d’une évangélisation de l'Afrique ; il favorisa l'envoi de missionnaires, y compris en Éthiopie royaume chrétien mais « infectés de plusieurs hérésies » Cet objectif d'évangélisation est d'ailleurs associé à celui de développement du commerce avec l'Afrique ; la France était alors en concurrence avec les nations commerçantes d’Europe du Nord dans ce domaine. La Compagnie du Sénégal est sa création, et certains préconisaient la création d’une colonie française à Saint-Louis.
Selon Diakité, semble avoir été attiré par ce continent mystérieux, dominé par des rois méconnus, eux-mêmes fascinés par le prestige de celui que les explorateurs français s'attachaient à présenter comme le « plus grand roi de l’Univers ». Pour , l'Afrique était un des enjeux du rayonnement de la monarchie française, au-delà des questions économiques et religieuses. Les Hollandais cherchèrent d'ailleurs en vain à ruiner cette image en mettant en avant la médiocrité des Français dans le commerce, leurs prétentions et leurs mauvaises manières.
Dans le contexte de la codification absolutiste du Royaume, de la religion et de l'économie, , en mars 1685, promulgue le « Code noir » considéré par certains auteurs comme . Ce texte, qui expulse les Juifs des Antilles, définit les règles de métissage et régularise le plein usage des esclaves dans les colonies auquel il donne un cadre juridique. Ses détracteurs y dénoncent une institutionnalisation de l'esclavage et de ses sévices (amputations par exemple en cas de fuite…) ; il pose toutefois certaines limites à l'arbitraire des propriétaires (une obligation de soins et de nourriture suffisante) et il est reconnu aux esclaves un droit limité à certaines formes de droits religieux, juridiques, de propriété et de retraite. Mais même ces rares dispositions furent mal appliquées, du fait de la pression des colons sur la justice.
, qui tire son pouvoir du droit divin, défend le catholicisme, surtout une fois passé son goût des plaisirs de sa jeunesse. Toutefois, dans le domaine religieux comme dans les autres il vise à contrôler l'ensemble de ses sujets au profit de sa politique de grandeur à l'extérieur. C'est pourquoi il est partisan du gallicanisme : il veut une France catholique unifiée sous ses ordres mais indépendante du pape si celui-ci soutient ses ennemis Habsbourg. Il réduit ainsi successivement à l'obéissance et à la soumission les courants dissidents : le parti dévot, les jansénistes, les libertins les protestants ou les quiétistes, avant de se rapprocher du pape, à la fin de son règne, afin de s'assurer de son soutien pour la succession d'Espagne.
Le jeune roi choque d'abord le parti dévot et Bossuet, favorables à la soumission au pape et à la paix avec l'Espagne, par ses plaisirs et sa politique étrangère d'alliance avec les protestants et les Turcs. La querelle du Tartuffe dont les dévots demandent l'interdiction marque cette période clef de la prise du pouvoir par le roi. Les dernières décisions de Mazarin (1660) sont défavorables au parti dévot que soutient en revanche la reine-mère, jusqu'à son décès en 1666. Le roi, seul au pouvoir en 1661, doit d'abord céder devant la cabale des dévots mais rapidement, ses réformes gallicanes affirment son autorité et l'indépendance du clergé français par rapport au pape (donc aux jésuites). est même menacé de guerre en 1662 car il veut réduire l'extraterritorialité de l'ambassade de France à Rome (pour raisons diplomatiques et de police). Avignon est occupée.
Le jeune roi veut soumettre les factions religieuses du royaume dans une unité d'obéissance. Il encourage ainsi les conversions de la noblesse protestante au catholicisme. En outre, dès le , il fait savoir au Parlement qu’il a décidé d’éradiquer le jansénisme. En 1664 il dissout les congrégations secrètes (ce qui vise la compagnie du Saint-Sacrement des dévots). Face au pape, il finit par affirmer son droit de régale sur l'ensemble des évêchés français (malgré les protestations de Rome mais aussi des évêques jansénistes de Pamiers et d'Alet lors de l'affaire de la régale). La politique religieuse du roi est donc gallicane.
Vers 1672, son entourage ayant changé, après s'être opposé et imposé aux différents courants catholiques du royaume, le roi réunit autour de lui toute l'Église de France dans le contexte de sa rupture avec les puissances protestantes : il choisit Simon Arnauld de Pomponne, un ancien proche des jansénistes pour secrétaire d'État, (1671), nomme Bossuet, le plus grand orateur des dévots, précepteur du dauphin et se rapproche du pape Clément et de ses jésuites (comme Bourdaloue). Le pape lui-même se réconcilie avec les jansénistes. C'est la paix de l'Église. L'évolution moraliste de la cour est sensible.
Toutefois, la politique étrangère de entraîne une nouvelle rupture avec le pape (refus d'adhérer à l'alliance anti-ottomane, soutien du pape aux Habsbourg d'Autriche). revient alors à une vision de l'Église gallicane constituée autour de Bossuet : à l'assemblée du clergé de 1682 la déclaration sur les libertés de l'Église gallicane fixe les limites du pouvoir du pape par la déclaration des Quatre articles. Celle-ci est brûlée par Rome.
Le roi s'appuie sur son Église. Avec le décès de la reine Marie-Thérèse, celui de Colbert en 1683 et avec l'affaire des Poisons qui choque le roi, c'est un entourage différent qui domine la cour : l'influence de Madame de Maintenon l'épouse secrète du monarque et celle de Bossuet favorisent ce gallicanisme dévot. Le roi, désormais en rupture avec les puissances protestantes, entame une politique de conversions forcées des protestants, que le remplacement de Colbert par les Le Tellier amplifie, en prélude à la révocation de l'édit de Nantes.
Le protestantisme était, à l'époque de , minoritaire en France, où il n'avait jamais constitué plus de 10 % de la population y compris lors des guerres de religion du . L'édit, signé à Nantes le par le roi de France , était un compromis qui laissait la liberté de culte aux protestants dans certaines limites et la possession de certaines places fortes militaires. Cette possibilité de conserver des places fortes avait été révoquée sous le règne de lors de la paix d'Alès en 1629.
À la cour, le parti nobiliaire protestant avait donc disparu. La conversion d' et l'édit d’Alès l'avaient affaibli et , en « domestiquant » la noblesse, « domestiqua » aussi la religion : bon nombre de nobles protestants, pour acquérir une charge durent se convertir à la religion du roi, le catholicisme. En effet, sur le plan symbolique, le maintien du protestantisme contredisait l'idée royale qu'Élisabeth Labrousse formule ainsi : le royaume de France ne devait être que sous le règne de l'Unique « un roi, une foi, une loi ». La révocation de l'édit de Nantes ne fut donc pas un coup de tête soudain du monarque mais le coup final porté au parti protestant en France qui, sans chefs et polémistes charismatiques, ne put résister à la propagande et aux moyens mis en place par les catholiques, qu'ils soient dévots, gallicans ou même jansénistes.
Au plan local et par des arrêts du Conseil, restreignit petit à petit les libertés accordées aux protestants par l'application rigide de l'édit de Nantes, jusqu’à vider le texte de sa substance. La logique fut rapidement que ce qui n'était pas autorisé par l'édit était interdit. Cela conduisit à l'interdiction de tout prosélytisme et de certains métiers pour les membres de la RPR. Avec l'arrivée au pouvoir de Louvois, la pression sur les protestants s'aggrava par le moyen des logements de troupes. Les protestants les plus pauvres furent soumis à partir de 1679 aux dragonnades. La radicalisation de cette politique accéléra des conversions contraintes.
C'est donc le versant religieux de l'édit de Nantes qui fut révoqué par le (édit de Fontainebleau), contresigné par le chancelier Michel Le Tellier. Le protestantisme est dès lors interdit sur le territoire français. Cette révocation entraîne l'exil de beaucoup de huguenots vers des pays protestants : l'Angleterre, les États protestants d'Allemagne, les cantons protestants de Suisse, les Provinces-Unies et ses colonies, comme celle du Cap. On estime à environ le nombre d'exilés, dont beaucoup d'artisans ou de membres de la bourgeoisie. Si les récents travaux de Michel Morrineau et de Janine Garrisson ont nuancé les conséquences économiques de la révocation, l'économie ne s'effondrant pas en 1686 et la formation d'une diaspora française en Europe favorisant l'exportation ou l'essor européen de la langue française, les conséquences humaines et religieuses sont sensibles.
La révocation de l'édit de Nantes rétablit le Royaume comme exclusivement catholique, les temples sont transformés en églises ; mais chez beaucoup de protestants, l'adhésion au catholicisme reste superficielle, comme le montrent des soulèvements de protestants dans le Languedoc, dont la guerre des Cévennes entre les camisards et les troupes royales constitue le paroxysme.
 fut moins hostile que ses prédécesseurs aux Juifs. Le début de son règne marque en effet une évolution dans la politique du pouvoir royal vis-à-vis du judaïsme, dans l'esprit de la politique pragmatique de Mazarin : en 1648, les traités de Westphalie attribuent les Trois-Évêchés, la Haute-Alsace et la Décapole à la France et le pouvoir choisit de ne pas exclure les Juifs qui y habitent bien que l'édit de 1394 expulsant les Juifs de France soit encore théoriquement applicable. Le choix est de préférer leur intégration. En 1657, le jeune est reçu solennellement avec son frère à la synagogue de Metz. Au début de son règne personnel, sa politique, peut-être parce que Colbert voit dans les Juifs une population favorisant l'activité économique, permet le développement de la communauté juive lorraine qui croît sensiblement durant son règne. De même, les Juifs portugais, dits Nouveaux Chrétiens, qui vivent à Bordeaux ou dans la région de Bayonne, connaissent une paix relative.
Mais, comme c'est le cas avec les protestants, le roi change de politique en 1685, année de la révocation de l'édit de Nantes, qui est aussi une année noire pour les Juifs. Huit d'entre eux sont brûlés vifs à Toulouse et le Code noir publié par le roi décrète dans son premier article l'expulsion des Juifs des Antilles françaises.
La politique religieuse des dernières années de son règne est marquée par sa politique extérieure qui nécessite un rapprochement avec le pape. Après 1686, (dernière crise diplomatique entre Versailles et Rome au sujet de l'évêché de Cologne où soutient un candidat différent de celui du pape), n'a plus de conflit diplomatique avec Rome dont il veut le soutien pour l'accession de son petit-fils au trône d'Espagne: à un pontife qui lui est plus favorable (), le roi donne des signes d'apaisement (Révocation, envoi de jésuites en Chine, restitution d'Avignon en 1690, réalisation par un sculpteur Français d'un tombeau de pape…) La réconciliation religieuse a lieu en décembre 1693 quand Louis XIV accepte que le clergé retire la déclaration des libertés gallicanes, ce qui permet de faire reconnaître les évêques nommés depuis 1673 jusqu'ici non validés par Rome. , le nouveau pape est élu grâce à la France et soutient et les Bourbons au début de la guerre de Succession d'Espagne.
Dans le royaume, impose une stricte orthodoxie unifiant l'obéissance au roi et au pape (que symbolise la dédicace à Saint Louis, de l'église des Invalides en 1697). Il condamne avec le pape les factions religieuses qui tentent de réapparaitre en influençant une opinion publique naissante ou en s'attirant la protection de Madame de Maintenon. Il prend ainsi nettement le parti de Bossuet contre Fénelon (pourtant précepteur de son petit-fils) coupable d'avoir défendu le quiétisme de madame Guyon (1697): il le disgracie (1698) après l'avoir fait condamner par le pape (qui ne l'excommunie toutefois pas). De même, devant des publications qui tendent à faire renaître le courant janséniste, la réaction du roi est ferme. Jean Racine est disgracié pour son soutien à ce mouvement et le pape condamne (en 1703 et surtout en 1709) les religieuses de Port Royal, qui ayant refusé de prêter le serment demandé, sont dispersées sans ménagement et dont l'abbaye est rasée en 1711. Enfin, une répression brutale est conduite contre les camisards protestants à partir de 1702.
Durant la guerre de succession d'Espagne, le territoire du pape est mis en danger par les défaites de la France et Clément XI doit momentanément changer d'alliance ce que , finalement rétabli militairement et diplomatiquement, lui fait payer à la fin du règne. le contraint à reconnaître la primauté d'un gallicanisme sourcilleux. La crise s'exprime au sujet du Jansénisme: le pouvoir royal impose au pape de reformuler sa condamnation parce qu'elle ne respecte pas l'autorité gallicane. Le pape doit rédiger la bulle "Unigenitus" en 1713. impose son enregistrement à un Parlement de Paris rétif et veut aussi l'imposer au cardinal de Noailles qui résiste à son application. Le roi et le pape ne parviennent pas à s'accorder sur la manière de faire obéir le cardinal, car le roi s'oppose à tout acte d'autorité pontifical qui mettrait en cause les libertés gallicanes. Le roi meurt chrétiennement sans avoir réglé la question dans un royaume tenu à une pratique catholique stricte mais où il n'a pu faire disparaître de l'opinion les courants religieux ou libertins qui réapparaissent pendant la régence.
Dans l'esprit du roi, la grandeur d'un royaume doit aussi se mesurer par son embellissement.
Sur les conseils de Colbert, un des premiers chantiers du roi sera la restauration du palais et du jardin des Tuileries confiée à Louis Le Vau et à André Le Nôtre. Les décors intérieurs sont confiés à Charles Le Brun et aux peintres de la brillante Académie royale de peinture et de sculpture.
Outre le château de Versailles que fait agrandir petit à petit tout au long de son règne, il fait aussi construire le château de Marly afin d'inviter ses intimes. Dans ces deux châteaux, tout comme à Saint-Germain, le château qui vit le début de son règne, il confia la restauration des jardins à Le Nôtre.
Dans Paris, on lui doit aussi, entre autres, le pont Royal (financé sur ses propres deniers), l'observatoire, les Champs-Élysées, les Invalides, la place Vendôme mais aussi la place des Victoires qui commémore la victoire sur l'Espagne, l'Empire, le Brandebourg et les Provinces-Unies. Deux arcs de triomphe, la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin, célèbrent les victoires du Roi-Soleil lors de ses guerres européennes.
Il fait modifier aussi profondément la structure de villes françaises telles que Lille, Besançon, Belfort, Briançon en les fortifiant grâce aux travaux de Vauban. Certaines villes, telles que Versailles pour la cour ou Neuf-Brisach pour défendre les acquisitions d'Alsace, sont créées ou développées.
Pour faciliter le développement de la Royale, il développe les ports et arsenaux de Brest et de Toulon, crée un port de guerre à Rochefort, des ports de commerce à Lorient et Sète et fait construire le port franc et l'arsenal des galères à Marseille.
Après l'arrestation de Fouquet, le roi semble vouloir imiter sa vie fastueuse. Il se montre extrêmement dépensier en allouant des sommes immenses aux frais de la cour royale. Il dépense d'importantes sommes dans l'amélioration du Louvre avant de finalement choisir le château de Versailles comme résidence royale. Il y emménage en 1682 après plus de vingt ans de travaux.
Il se comporte en mécène et patron des arts en finançant les grandes figures culturelles de l'époque tels que Molière (en signe d'amitié, le roi accepta d'être le parrain de son premier enfant), le musicien Jean-Baptiste Lully ou le décorateur Charles Le Brun ainsi que le jardinier André Le Nôtre. Dans la compétition culturelle entre les cours, Lully devient l'organisateur des spectacles, influence Henry Purcell et Johann Sebastian Bach. place l'Académie française sous son contrôle et devient son « protecteur ».
Des décès, entraînant des problèmes de succession et la santé dégradée du vieux roi assombrissent la fin de son règne.
En 1710, avait une grande famille, et de nombreux héritiers légitimes : un fils de 48 ans, trois petits-fils (dont Philippe, roi d'Espagne) et deux arrière-petits-fils sans compter les branches cadettes de la famille royale Orléans, Condé et Conti (que le roi a marié avec ses bâtardes pour mieux les humilier et les tenir en respect). Tous, (sauf le roi d'Espagne et son frère le duc de Berry) se prénommaient Louis pour montrer la continuité de la dynastie. Or, il perd presque tous ses héritiers légitimes entre 1711 et 1714.
En 1711, le Grand Dauphin, seul fils légitime survivant qu'il a eu avec la Reine, décède de la variole à 49 ans. En 1712 une épidémie de rougeole ravage la famille de l'ainé de ses trois petits-fils. Le nouveau dauphin duc de Bourgogne, meurt à 29 ans avec son épouse et son fils de 5 ans (un premier enfant était déjà mort en bas âge en 1705). Ne survit qu'un petit garçon de deux ans, Louis, sauvé de l'épidémie par sa gouvernante mais qui reste affaibli : il est le dernier arrière-petit-fils légitime du roi régnant, d'autant plus isolé qu'en 1714, son oncle, le duc de Berry, le plus jeune des petits-fils du Roi meurt sans héritier des suites d'une chute de cheval.
L'âge de et la santé très fragile de l'enfant qui est désormais son héritier posent un grave problème dynastique. En effet, si l'enfant venait à mourir, l'arbre généalogique des Bourbon poserait un problème diplomatique majeur pour la succession du Roi de France.
En effet, l'héritier théorique aurait alors été le deuxième fils du "Grand Dauphin", seul petit-fils légitime du roi depuis la mort de ses frères. Mais celui-ci était devenu roi d'Espagne en 1700 sous le nom de , et, afin d'obtenir ce titre, il avait renoncé à ses droits au trône de France, pour lui et pour ses descendants, à la fin de la guerre de Succession d'Espagne, (traité d'Utrecht). Toute l'Europe voulait ainsi éviter la fusion des deux royaumes sous la couronne d'un seul Bourbon. avait accepté cette concession pour placer un Bourbon sur le trône d'Espagne et y remplacer ainsi durablement les Habsbourg (l'actuel roi est un descendant direct de ). Revenir sur cette renonciation aurait forcément créé un risque de guerre majeure.
Il n'y avait donc pas d'autre descendant possible par les mâles de que son dernier arrière-petit-fils, né en 1710, petit garçon de santé fragile. Pour la régence, et, pire, en cas de décès de l'enfant, le pouvoir risquait de passer à la famille d'Orléans (issue du frère de , Philippe d'Orléans). Or ne tenait pas à laisser son pouvoir à son neveu, anticipant d'ailleurs une crise dynastique qui n'aurait pas manqué d'opposer les Bourbons d'Espagne et les Orléans.
Pour résoudre cette crise potentielle, le roi décida de renforcer la maison royale en accordant par un édit du 29 juillet 1714 le droit de succession, "à défaut de tous les princes de sang royal" au duc du Maine et au comte de Toulouse, deux fils bâtards légitimés qu'il avait eus de Madame de Montespan. Cette décision violait les lois fondamentales du royaume, qui avaient toujours écarté du trône les enfants bâtards et rencontra une incompréhension souvent scandalisée. Il semble que le roi ait été prêt à contredire les vieilles lois de succession pour écarter du trône et de la régence son neveu Philippe d'Orléans, successeur potentiel, et dont il se méfiait beaucoup. Il avait systématiquement soumis les hommes de cette branche, en ne leur confiant presque pas de commandements militaires, et en les reliant à sa descendance directe (par deux mariages très discutés, celui de Philippe d'Orléans à Mademoiselle de Blois, et celui de son petit-fils, le duc de Berry à la fille du duc d'Orléans).
Finalement son arrière-petit-fils, petit-fils du Grand Dauphin, le duc d'Anjou, âgé de cinq ans, survécut. Il fut couronné sous le nom de et le Parlement, juste après le décès du Roi, finit par casser cet arrêt de légitimation et écarter les bâtards royaux de la régence qu'assura le duc d'Orléans, neveu et gendre de .
Le 9 août 1715, au retour de Marly, le roi apparaît brusquement très abattu. Le 10, il se plaint d’une douleur à la jambe gauche qui se révèle être une gangrène sénile (ischémie aiguë probablement causée par un caillot venant boucher l'une des artères principales du membre) à la jambe contre laquelle les médecins sont impuissants.
Le 1715, meurt d'une ischémie aiguë du membre inférieur, causée par une embolie liée à une arythmie complète, compliquée de gangrène aux alentours de 8 h 15 du matin, entouré de ses courtisans, après une agonie de plusieurs jours. Son règne a duré soixante-douze années et cent jours (cinquante-quatre années de règne effectif si on retire la période de la régence de 1643 à 1661).
Le Parlement de Paris casse son testament dès le 4 septembre, ouvrant une ère de retour en force des nobles et des parlementaires. Pour la plupart de ses sujets, le souverain vieillissant était devenu une figure de plus en plus lointaine. Le cortège funèbre de est même hué ou raillé sur la route de Saint-Denis. Cependant, de nombreuses cours étrangères, même traditionnellement ennemies de la France, ont conscience de la disparition d'un monarque d'exception : l'Électeur de Saxe n'a besoin de donner aucune précision de nom lorsqu'il annonce solennellement à ses ministres : .
Le corps de est déposé dans le caveau des Bourbons, dans la crypte de la basilique Saint-Denis. Son cercueil est profané le 14 octobre 1793 et son corps jeté dans une fosse commune attenante à la basilique vers le nord.
Au , commande un monument dans la chapelle commémorative des Bourbons à Saint-Denis, en 1841 - 1842. L'architecte François Debret est chargé de concevoir un cénotaphe en remployant plusieurs sculptures d'origines diverses : un médaillon central représentant un portrait du roi de profil réalisé par l'atelier du sculpteur Girardon au , mais dont l'origine n'est pas connue, cantonné de deux figures de Vertus sculptées par Le Sueur et provenant du tombeau de Guillaume du Vair, évêque-comte de Lisieux, et surmonté d'un ange sculpté par Jacques Bousseau au et provenant de l'église de Picpus. De part et d'autre de cet ensemble de sculptures sont placées quatre colonnes en marbre rouge provenant de l'église de Saint-Landry, et des bas-reliefs provenant du tombeau de Louis de Cossé à l'église du couvent des Célestins de Paris (les génies funéraires provenant du même tombeau ont été déplacés par Viollet-le-Duc au musée du Louvre).
À la mort de , conséquence des guerres incessantes et des grands travaux, la France connaît une « crise financière sans précédent ». Les embarras financiers de l'État deviennent « l'élément le plus fâcheux de la situation du royaume » en 1715, compliquant la tâche du régent, Philippe d'Orléans (1674-1723), l'adulte de la famille royale le plus proche du roi, qui est aussi confronté à de grosses difficultés dans le domaine religieux. La dette s'élève à de livres, soit dix années de recettes fiscales. Pour tenter de la résorber, le financier écossais John Law crée une nébuleuse de sociétés autour de la Banque générale, au capital de de livres, fondée le sur le modèle de la Banque d'Angleterre, avec des actions échangeables contre les créances sur l’État.
 a de nombreux enfants légitimes et illégitimes.
De sa femme, Marie-Thérèse d'Autriche, le roi a six enfants (3 filles et 3 garçons) dont un seul, Louis de France, le 'Grand Dauphin', survécut à l'enfance : 
De ses deux principales maîtresses, il eut 10 enfants légitimés dont 5 seulement survécurent à l'enfance:
De l'union du roi avec Louise de La Vallière naissent :
De Madame de Montespan naissent :
En 1679, l'affaire des Poisons consomme la disgrâce dans laquelle Madame de Montespan, ex-favorite du roi était tombée quelques mois auparavant.
Le roi aurait eu d'autres enfants mais non reconnus dont :
 choisit pour emblème le soleil. C'est l'astre qui donne vie à toute chose mais c'est aussi le symbole de l'ordre et de la régularité. Il régna en soleil sur la cour, les courtisans et la France. En effet, les courtisans assistaient à la journée du roi comme à la course journalière du soleil. Il apparaît même déguisé en soleil lors d'une fête donnée à la cour.
Le Roi-Soleil domestiqua définitivement tous ceux qui lui contestaient le pouvoir en faisant de sa vie de monarque un théâtre perpétuel où tout, de son coucher à son lever, de ses repas à ses frasques amoureuses, de ses vêtements à ses animaux de compagnie, de ses divertissements à ses plaisirs intimes, était suivi par des courtisans anxieux.
Concernant une éventuelle tendance du souverain à l’égocentrisme, de Maintenon rapportait que , qui avait eu à affronter en peu de temps les décès de plusieurs proches et membres de sa famille, notamment son fils, voyait ces évènements comme une affaire entre Dieu et lui, et qu'il se lamentait sur son propre sort. Elle expliqua : "Le roi était si habitué à ce que l'on vécut pour lui qu'il n'imaginait pas que l'on put mourir pour soi".
Voltaire rappelle dans son "" l’épisode de la célèbre devise du Roi-Soleil. Louis Douvrier, un médailliste « antiquaire », eut l’idée en prévision du prochain carrousel de 1662, d’attribuer un emblème et une devise à qui n’en avait pas. Cet ensemble ne plut pas au roi qui le trouva ostentatoire et prétentieux. Douvrier, pour assurer malgré tout le succès de sa production, la promut discrètement auprès de la Cour qui s’enthousiasma de cette trouvaille et y vit l’occasion de montrer son éternel esprit de flatterie. Le blason comportait un globe éclairé par un soleil étincelant et la devise : "nec pluribus impar" (latin). Les héraldistes contemporains furent prompts à y voir un plagiat d’un ancien blason ayant appartenu à d'Espagne qui signifiait pour la circonstance : « Suffisant à toutes les étendues ». On fit alors remarquer que ce roi d’Espagne possédait encore à cette époque "un empire où le soleil ne se couchait jamais". On détourna donc le sens de cette devise vers la personnalité du roi qui n’en demandait pas tant. Cela lui fit tort car elle lui attribua une attitude hautaine, distante et orgueilleuse qu’il n’avait pas. D’ailleurs, refusa toujours de s’en parer et ne la porta jamais dans les carrousels. Il semble que par la suite il ne fit que la tolérer pour ne pas décevoir ses courtisans.
Traduire la devise par « non inférieur à plusieurs » paraît d’abord un mot à mot plutôt indigent et n’a pas beaucoup de sens si elle s’adresse au soleil. La formule latine trop abrupte (et construite en litote) permet ainsi toutes les traductions. Charles Rozan rapporte dans un ouvrage la parole que Louvois adressa au roi quand celui-ci déplorait le sort de d'Angleterre chassé de son pays : « Si jamais devise a été juste à tous égards, c’est celle qui a été faite pour votre Majesté : "Seul contre tous" ». De fait, le roi dut déclarer la guerre à l'Angleterre, les Provinces-Unies, l’Espagne et le Saint-Empire, avec l’espoir de rétablir son cousin sur le trône.
Enfin, la ville de Neuf-Brisach qui doit tant au Roi-Soleil, arbora à cette époque la devise du souverain : "Nec pluribus impar", avec le sous-titre inattendu de « sans pareille ». Faisant abstraction du symbole solaire, on peut dire également que fut un roi « sans pareil ». en dictant ses mémoires jugeait de son côté : « Le soleil lui-même n’a-t-il pas de taches ? fut un grand roi. C’est lui qui a élevé la France au premier rang des nations. Depuis Charlemagne, quel est le roi de France qu’on puisse comparer à sous toutes ses faces. »
Il a été régulièrement dit du roi qu'il n'était pas grand. En 1956, Louis Hastier avait déduit, à partir des dimensions de l’armure qui lui avait été offerte en 1668 par la République de Venise, que le roi ne pouvait mesurer plus de . Cette déduction est aujourd’hui contestée : cette armure aurait pu être fabriquée selon un standard moyen de l’époque et était un présent honorifique : elle n’était donc pas destinée à être portée, si ce n’est dans les tableaux peints à sujet antique – au Grand siècle, le roi allait à la guerre en chapeau à plume et en perruque. Certains témoignages confirment qu’il était d’une belle prestance ; ce qui laisse supposer que, pour son temps, il avait au moins une taille moyenne et une silhouette bien proportionnée. 
Madame de Motteville raconte, par exemple, que lors de l’entrevue sur l’île des Faisans en juin 1660 entre les jeunes promis, présentés par les deux partis français et espagnols, que l’Infante Reine . Enfin, un seul témoin, François-Joseph de Lagrange-Chancel qui fut maître d’hôtel de la princesse Palatine, belle-sœur du roi, avance une mesure précise : « Cinq pieds, huit pouces de hauteur », soit .
Il fut un amateur fervent de la danse, du spectacle de ballets et du jeu de paume et comme presque tous ses ancêtres, un passionné de chasse et d’équitation. Cela fut surtout vrai dans sa jeunesse car s’il a pu paraître robuste et insensible à la fatigue, ne se plaignant ni du chaud ni du froid, ni de la pluie ni de la grêle et feignait de s’étonner qu’on puisse en souffrir, fut avant tout un homme d’une grande endurance physique et morale. Et s’il eut un règne d’une longueur exceptionnelle, il fut paradoxalement toute sa vie d’une santé déficiente et maintes fois mise en péril, aussi fut-il suivi quotidiennement par cinq médecins, Jacques Cousinot de 1643 à 1646, François Vautier en 1647, Antoine Vallot de 1648 à 1671, Antoine d'Aquin de 1672 à 1693, enfin Guy-Crescent Fagon jusqu'à la mort du roi, tous usant et abusant de la saignée, des purgations et des lavements aux clystères (le roi ayant reçu plus de lavements en 50 ans). Par ailleurs, comme l'expliquent des notes sanitaires, il eut de nombreux ennuis peu « royaux ». Ainsi, il arriva à Louis d'avoir fort mauvaise haleine à cause de ses ennuis dentaires apparus en 1676 selon le journal de son dentiste Dubois : il arrivait alors à ses maîtresses de placer un mouchoir parfumé devant leur nez (et ce d'autant plus que le roi ne supportait pas les parfums, à l’exception de la fleur d'oranger) et en 1685, alors qu'on lui arrachait un des nombreux chicots de son maxillaire gauche, une partie de son palais fut arrachée, provoquant une « communication bucco-nasale ».
Sa psychologie présentait des tendances mégalomanes comme en témoignent sa grande collection de chaussures de ballet ornées de rubans somptueux dont certains témoignages l'évaluait à . Il avait une obsession pour sa vaste collection qui l'a porté toute sa vie à chercher la deuxième pièce d'une paire qui ne sera jamais reconstituée.
La lecture du journal de santé de ce monarque, minutieusement entretenu, est édifiante : il se passe peu de jours sans que le souverain soit l’objet d’une purgation, d’un lavement, d’un emplâtre, d’une pommade ou d’une saignée. On y trouve entre autres consignés : 
 a de très nombreuses maîtresses, parmi lesquelles Louise de La Vallière, Athénaïs de Montespan, Marie-Élisabeth de Ludres, Marie Angélique de Fontanges, Madame de Maintenon (qu'il épousa secrètement après la mort de la Reine, sans doute dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683, en présence du Père de La Chaise qui donna la bénédiction nuptiale).
On dit souvent que Mademoiselle de Beauvais, dite Cateau La Borgnesse, déniaisa le roi qui avait 14 ans, mais les historiens en doutent fortement. Cependant, cette femme « issue de peu » eut l'extrême honneur de recevoir un cadeau étonnant d'Anne d'Autriche (la reine-mère) : elle est payée en pierres précieuses, prévues initialement pour les travaux du Louvre, avec lesquelles elle s’est construit un hôtel particulier à Paris, aujourd’hui situé au 68, rue François-Miron, l'hôtel de Beauvais.
Le roi adolescent fait à 18 ans la rencontre d'une nièce du cardinal Mazarin, Marie Mancini. S'ensuivra entre eux une grande passion, contrariée par le puissant cardinal qui est l'oncle de la jeune fille, le parrain du roi, le premier ministre du royaume et un prince de l'Église. Conscient des intérêts de la France et des siens, le primat préfère faire épouser au roi, son pupille, l'infante d'Espagne. En 1670, Jean Racine s'inspira de l'histoire du roi et de Marie Mancini pour écrire "Bérénice".
Plus tard, le roi fait aménager des escaliers secrets dans Versailles pour rejoindre ses différentes maîtresses. Ces liaisons irritent la compagnie du Saint-Sacrement, un parti de dévots. Bossuet, comme Madame de Maintenon, tentent de ramener le roi à plus de vertu.
On dénombre au moins quinze favorites et maîtresses supposées du roi avant son mariage avec Madame de Maintenon :
La place de la religion dans la vie du roi fut importante dès son enfance, du fait de son éducation puis des rites religieux auxquels il s'astreignit volontairement ; elle s'accrut cependant nettement avec la conversion du roi en 1680 et se traduisit notamment par une mise en ordre de sa vie sentimentale et eut également une influence politique.
Anne d’Autriche imposa à l'enfant des exercices de piété réguliers ; d’après l’abbé de Choisy, elle recourut à des méthodes rigoureuses pour lui inculquer un esprit religieux : « Il n’y avait rien que sur le chapitre de la religion qu’on ne lui pardonnait rien ; et parce qu’un jour la reine-mère, alors régente l’entendit jurer, elle le fit mettre en prison dans sa chambre, où il fut deux jours sans voir personne, et lui fit tant d’horreur d’un crime qui va insulter Dieu jusque dans le Ciel, qu’il n’y est presque jamais retombé depuis, et qu’à son exemple le blasphème a été aboli par les courtisans qui en faisaient alors vanité. L’éducation religieuse de Louis fut confiée à Hardouin de Péréfixe. commença à se confesser en 1647 ; alors que traditionnellement, la première communion a lieu à Pâques, le jour de Noël fut choisi en mémoire du baptême de Clovis.
Le roi mena une existence liturgique dense dans la mesure où sa vie publique fut ponctuée de nombreux et quotidiens actes religieux ; davantage que les spectacles et fêtes profanes du roi, ses actes de religion signifiaient aux yeux du public la grandeur de la fonction royale.
Certains rites religieux s’appliquaient qu’au roi de France et lui rappelaient son statut particulier de roi Très-Chrétien. Ceci concerne la messe, le lavement des pieds et les écrouelles. Si ces différentes cérémonies religieuses étaient attachées à la fonction de roi très chrétien, les assuma avec une dévotion croissante.