Deuxième guerre d'Ossétie du Sud

La deuxième guerre d'Ossétie du Sud oppose en août 2008 la Géorgie à sa province séparatiste d'Ossétie du Sud et à la Russie. Le conflit s'est étendu à une autre province géorgienne séparatiste, l'Abkhazie.
Après plusieurs jours d'accrochages frontaliers entre la milice des séparatistes sud-ossètes, soutenue et formée par la Russie, et l'armée géorgienne, les hostilités commencent dans la nuit du 7 au 8 août 2008 par un assaut des troupes géorgiennes qui fait 12 morts dans les forces de maintien de la paix de la CEI (à prépondérance russe) et 162 victimes sud-ossètes selon le bilan officiel de la Justice russe donné en fin d'année 2008. De plus, le ministère russe des affaires étrangères avait annoncé, le lundi 11 août 2008, environ victimes civiles).
Se fondant sur le fait que la grande majorité des Ossètes du Sud ont un passeport de la Fédération de Russie, le président russe, Dmitri Medvedev, ordonna à ses troupes d'intervenir afin de protéger la population de l'Ossétie du Sud et de contraindre la Géorgie à la paix. Après quatre jours d'avancée rapide des forces russes et de bombardements sur plusieurs villes géorgiennes, Medvedev annonce que ces objectifs sont atteints et que les troupes russes resteront sur les positions définies par l'accord de 1992 pour garantir la paix dans la région. 
Le 16 août, est signé un cessez-le-feu qui met, au moins temporairement, fin au conflit, sans régler pour autant les questions ossètes et abkhazes.
Le 26 août, la Fédération de Russie reconnaît officiellement l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie et se dit prête « à assurer la sécurité de ces deux États ».
Les Ossètes arrivèrent dans le Caucase sous le nom d'Alains dans l'Antiquité. Mais ils ne s'établirent pas dans cette région sous une entité unifiée stable et durable, alors que le royaume géorgien d'Ibérie qui était au-delà de la Passe de Darial, de l'autre côté du Caucase, entrait très souvent en guerre contre eux (ou bien s'alliait avec cette tribu contre l'Arménie, la Perse ou l'Empire romain). Vers la fin du , une partie des Alains migrèrent en dehors de la région puis participèrent aux Grandes Invasions (vers 375). Ceux demeurés en Ciscaucasie fondèrent au fil des siècles une nation dans les montagnes (correspondant à l'actuelle Ossétie du Nord) qui devint au la vassale du Royaume de Géorgie nouvellement formé (1010). Les alliances se multiplièrent entre les deux États et le roi Georges de Géorgie (1014-1027) prit pour femme ou favorite une princesse osse (terme géorgien pour désigner les Alains). De cette union naquit par ailleurs un fils considéré comme illégitime, Démétrius, qui, après deux tentatives ratées de prendre le pouvoir en Géorgie, partit s'exiler en Ossétie, où il fonda une lignée royale, branche de la dynastie arméno-géorgienne des Bagratides.
Au , la nation ossète fut "de facto" annexée par le royaume de Géorgie quand la reine Tamar la Grande (1184-1213) prit pour mari le roi bagratide David Soslan, qu'elle associa cependant au trône du nouvel ensemble. L'Ossétie resta sous domination géorgienne jusqu'à la division du royaume en 1490. Les Osses furent "de jure" annexés par l'Empire ottoman au , ce qui mena à une immigration de masse sur le territoire géorgien, notamment dans la Principauté de Samatchablo. Cette région devint ainsi un lieu de regroupement des Ossètes caucasiens en Géorgie et y importèrent leur culture et leur langue, avec l'autorisation de certains monarques géorgiens, dont Héraclius II (1762-1798), qui cherchaient à repeupler le pays après les terribles ravages causés par les Perses et les Turcs. Quand la Russie impériale annexa la Géorgie orientale en 1802, l'Ossétie à proprement parler et la Principauté de Samatchablo furent inclus au sein de la Géorgie dans la Vice-royauté du Caucase. Au cours du , les nationalismes ossètes et géorgiens se développèrent.
Les premières manifestations du nationalisme géorgien, très jacobin, déclenchèrent des heurts violents. Un conflit armé sanglant eut lieu de 1918 à 1921, quand l'éphémère République démocratique, dirigée par les mencheviks en conflit avec les bolcheviks de Moscou, accéda à une indépendance "de facto". Les Ossètes y furent soutenus logistiquement par les bolchéviks russes même s'il faut attendre l'invasion de la Géorgie par l'Armée rouge en février 1921 pour que le conflit cesse. Il causa dans son ensemble la mort d'environ . À la suite de l'instauration du pouvoir soviétique dans la région, l'Oblast autonome d'Ossétie du Sud au sein de la République socialiste soviétique de Géorgie fut proclamée le et jusqu'aux années 1990, les relations entre les deux entités furent tout à fait pacifiques, malgré les prétentions des Ossètes sur l'enclave ethnique de Trialétie, en Géorgie centrale. De nombreux mariages mixtes furent enregistrés entre les deux peuples.
Toutefois, les problèmes ressurgirent en 1989 quand le leader nationaliste géorgien Zviad Gamsakhourdia organisa des manifestations pro-géorgiennes à Tskhinvali, la capitale de l'oblast, qui furent brutalement réprimées. Quand Gamsakhourdia accéda à la présidence de la RSS géorgienne à la fin de l'année 1990, les autorités sud-ossètes choisirent de répondre aux provocations de Tbilissi en organisant des élections législatives et parlementaires la même année. Le , le nouveau parlement proclama l'élévation de l'Ossétie du Sud au niveau de République socialiste soviétique, statut toutefois non-reconnu par Moscou et qui mena à la suppression courte de l'autonomie de l'oblast par Tbilissi. 
Le , l'armée géorgienne pénétra dans Tskhinvali pour désarmer les séparatistes, mais se heurta à une forte opposition et le conflit s'aggrava jusqu'en mars, quand un nouvel assaut sur la capitale sécessionniste fut opérée par la Géorgie. En avril, un blocus fut mis en place par les autorités du Conseil Suprême de la Géorgie sur l'Ossétie du Sud. Les combats continuèrent jusqu'à un coup d'État, le , qui amena au pouvoir en Géorgie Edouard Chevardnadze, ancien leader soviétique. Celui-ci entama des négociations avec Tskhinvali et Moscou (qui soutenait indirectement les indépendantistes). Elles débouchèrent sur un cessez-le-feu signé à Dagomys en juin 1992 et sur les accords de Sotchi le 24 juillet, alors que la Géorgie entrait en guerre avec une nouvelle région sécessionniste, l'Abkhazie. À la suite de cet accord, l'essentiel du territoire de l'Ossétie passa sous administration des indépendantistes, tandis qu'une petite partie restait sous contrôle géorgien. Cet accord semble cependant préserver les chances d'un règlement politique du conflit en conservant une série de villages géorgiens au cœur de l'Ossétie du Sud. Parallèlement, une force d'interposition, sous mandat de l'ONU, composée de troupes géorgiennes, sud-ossètes et russes fut créée sous le nom "Mission JPKF" pour contrôler l'application du cessez-le-feu. Une commission comprenant Russes, Nord-Ossètes, Sud-Ossètes et Géorgiens, sous la présidence de la CEI, fut également mise sur pied pour discuter du statut de la région. Cette commission sera dénoncée comme inégalitaire par les Géorgiens car comprenant trois parties supposées favorables aux Sud-Ossètes.
Des incidents frontaliers entre les forces géorgiennes et sud-ossètes eurent lieu régulièrement pendant les années 1990, jusqu'à la Révolution des Roses (novembre 2003), qui mit Mikheil Saakachvili, un pro-américain, à la tête de la Géorgie. De son côté, Moscou créa une situation inédite en Ossétie du Sud en proposant aux habitants des passeports russes, en vertu de l'article 14, alinéa 1b de la "Loi sur la nationalité de la Fédération de Russie", qui dispose, entre autres que tout citoyen de l'URSS n'ayant pas accepté la nationalité de son nouveau pays et de ce fait se trouvant apatride, peut demander la nationalité de la Fédération de Russie. Le départ du pouvoir de l'ancienne génération des "apparatchiks" soviétiques et l'arrivée de dirigeants pro-occidentaux, demandant ouvertement l'adhésion à l'OTAN et la réunification du pays, augmenta la tension d'un cran entre Tskhinvali et Tbilissi, de même qu'entre la Géorgie et la Russie. Le 18 août 2004, de graves accrochages militaires entre les forces indépendantistes et l'armée géorgienne se déroulèrent dans le village de Trianakhana, qui fut brièvement récupéré par les troupes de Tbilissi. Le lendemain, les affrontements continuaient, faisant 16 morts du côté géorgien et plusieurs dizaines du côté sud-ossète, tandis que Trianakhana revenait dans les mains des séparatistes après un nouveau cessez-le-feu. 
La facile récupération de la région sécessionniste d'Adjarie en 2004 conforta le gouvernement de Saakachvili dans la possibilité d'unifier de nouveau le pays. Il demanda alors à l'OSCE, à l'OTAN ou à l'ONU de remplacer les casques bleus russes en poste dans la capitale sans exclure l'option militaire. Les puissances européennes s'inquiétèrent cependant davantage des dépenses militaires croissantes des trois pays caucasiens. Pour la Géorgie, elles passèrent ainsi de 513 à 957 millions de laris de 2006 à 2007 (sur un revenu total de 3,7 milliards de laris). L'Union européenne (UE) par la voix de sa Commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, s'exprima publiquement sur le sujet. L'État-major russe de son côté s'était préparé à une confrontation avec la Géorgie, et un plan militaire de guerre avait été ordonné en 2006 par le président russe Poutine.
Les tensions frontalières diminuèrent un peu par la suite, et en novembre 2006, des élections législatives furent organisées dans la province séparatiste. Edouard Kokoïty, président de la république autoproclamée depuis 2001, fut réélu avec 98,1 % des suffrages exprimés. Tbilissi décida de répondre en organisant des « élections alternatives » dans les régions toujours administrées par le gouvernement central. Dmitri Sanakoïev devint ainsi président des territoires ossètes sous administration géorgienne.
Depuis 2002, les Sud-Ossètes possèdent des passeports russes, et la séparation des « communautés » serait telle qu'en Ossétie du Sud, les « Ossètes » et les « Géorgiens » auraient développé certains chemins et axes routiers différents afin de s'éviter et chaque « communauté » aurait son propre réseau de gaz et d'électricité. Ces tensions ethniques exacerbées sont interprétées par certains chercheurs en sciences sociales comme une conséquence de la politique soviétique des nationalités, qui serait utilisée aujourd'hui encore par le pouvoir russe, d'autres avancent que ces conflits ont longtemps été étouffés par la mainmise soviétique, et qu'ils se sont réveillés aux lendemains de la chute de l'URSS. À l'opposé, des témoignages indiquent une circulation normale de Géorgiens en Ossétie du Sud notamment autour de Tskhinvali jusqu'au début du conflit.
La Russie d'un côté et la Géorgie aidée par les États-Unis depuis 2002, de l'autre, se seraient préparées à une guerre éventuelle au sujet des deux régions séparatistes géorgiennes (Ossétie du Sud et Abkhazie), et il semble que tous les protagonistes s'attendaient depuis longtemps à l'émergence d'un nouvel affrontement armé ; la présence de troupes russes du génie, déployées au printemps en Abkhazie pour réparer la voie ferrée abkhaze (le tronçon d'Otchamtchira), serait un indice de préparatifs. Cependant, les préparations géorgiennes sont tout aussi importantes avec, outre l'augmentation considérable du budget militaire, la construction de deux nouvelles bases (à Senaki et à Gori) près des deux régions sécessionnistes.
La Géorgie a accueilli quelques soldats américains en 2002 dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme", et à l'époque, Poutine avait déclaré qu'il n'y voyait « aucune tragédie ». Depuis, l'armée géorgienne s'était équipée en matériel américain, israélien, tchèque, ukrainien et turc et a fait entraîner ses militaires professionnels ( hommes) par l'armée américaine et des conseillers américains, israéliens, français, polonais, ukrainiens et néerlandais et pourrait être informée en continu des concentrations de troupes russes dans le Nord du Caucase par les renseignements américains qui surveillent la région par satellite.
Depuis l'arrivée d'un pouvoir pro-occidental à Tbilissi en 2004, l'Ossétie du Sud est devenue un enjeu politique entre le président géorgien Saakachvili, qui souhaite la réintégration des régions sécessionnistes au sein du territoire de la Géorgie, et les indépendantistes ossètes, majoritaires en Ossétie du Sud (le choix de l'indépendance fut validé par deux référendums, en 1992 et en 2006), qui souhaitent une indépendance non seulement "de facto", mais aussi "de jure".
De son côté, la Fédération de Russie, qui joue le rôle de médiateur en vertu d'un accord international et qui dispose de troupes en Ossétie du Sud, ne fait pas d'avancées pour résoudre la situation, ni dans un sens, ni dans un autre. En avril 2008, Vladimir Poutine signe un décret autorisant l'établissement de relations officielles entre la Russie et les entités sécessionnistes géorgiennes, et ne se laissera pas convaincre de revenir sur sa décision par le président géorgien. Les indépendantistes d'Ossétie du Sud souhaitent également une réunification avec l'Ossétie du Nord, mais ni la Fédération de Russie, ni l'OSCE et encore moins la Géorgie ne soutiennent cette solution.
Le plan géorgien est d'envoyer la d'infanterie prendre Tskhinvali tandis que les et sont chargés de la soutenir. La brigade d'artillerie et le bataillon de chars sont placés à Gori pour fournir le soutien nécessaire à l'infanterie.
La meilleure unité géorgienne, la est située en Irak lors du début des hostilités. Elle sera transportée via un pont aérien américain mais trop tard pour participer aux combats. 
Le front abkhaze est relativement dégarni par rapport au front osséte. La cinquième brigade d'infanterie mécanisée ( hommes) y est déployée. Cependant, cette unité est alors en cours de formation.
Début août 2008, la flotte géorgienne compte 19 navires :
L'établissement de la chronologie des faits de la Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud est difficile et compliqué par les déclarations de propagande des deux côtés (faux mouvements de troupes, génocides, etc.). Les témoignages les plus précis n'ont ainsi été recensés que plusieurs semaines après les événements.
Les tensions nationalistes existent depuis 1989 et une première guerre a eu lieu entre janvier 1991 et mi-1992 faisant environ morts lors de la sécession de l'Ossétie du Sud de la Géorgie.
Il semble qu'il y ait toujours eu régulièrement des « incidents » entre les séparatistes ossètes et les forces géorgiennes depuis 1992. De nouveaux incidents éclatent en juillet et surtout le août entre séparatistes ossètes et forces régulières géorgiennes. Les échanges de tirs survenus dans la nuit du 1 au 2 août 2008 à la frontière osséto-géorgienne auraient fait six morts et 15 blessés côté sud-ossète. D'après le commandement des Forces mixtes de maintien de la paix russe dans la région d'Abkhazie, l'affrontement aurait été provoqué par la partie géorgienne en Ossétie du sud, bien que les forces de maintien de la paix soient en Abkhazie. Au bout du compte les deux parties s'en rejettent mutuellement la responsabilité dans une sorte de guerre médiatique. Des combats ont lieu les jours suivants le long de la frontière : des soldats sont tués, des villages pilonnés à l'arme lourde. Une tentative de négociation aurait eu lieu le 6 août entre ces belligérants et les forces de la mission "JPKF" de maintien de la paix de la CEI (à prépondérance russe), un cessez-le-feu est conclu dans la journée du 7 août. Dans la soirée, le gouvernement géorgien accuse les séparatistes ossètes d'avoir violé le cessez-le-feu et aurait été informé qu'une colonne russe de 150 blindés était en train d'entrer dans le tunnel de Roki, information semble-t-il transmise par un satellite américain. Moscou niera l'existence de ce mouvement de troupes.
À 23h10, le gouvernement géorgien informe le général commandant les forces russes de son intention de rétablir par la force. Vers 23h40, deux soldats russes de la force de maintien de la paix sont tués par une grenade. Plusieurs salves de lance-roquettes multiples détruisent ensuite et incendient les bâtiments occupés par les Russes. 18 soldats russes sont tués. Les soldats russes de la force de maintien de la paix, dépourvus de chars, parviennent cependant à résister et les Géorgiens ne peuvent s'emparer que des deux tiers de la ville de Tskhinvali. À 23h56, le ministère géorgien annonce que l'assaut a commencé. Grâce aux photos satellite de la ville de Tskhinvali, ville de habitants, prise le , l'UNOSAT, une agence de l'ONU, estime les dégâts (bombardements, prise de la ville) dans l'agglomération de celle-ci à 346 bâtiments détruits et 92 gravement endommagés ; le village de Tamaracheni, au nord de la capitale de la province séparatiste ossète, étant de loin le plus affecté.
Les Russes étaient informés d'importants préparatifs géorgiens depuis environ 21h et le président russe, Dmitri Medvedev, fut prévenu vers 22h. Celui-ci ordonna à Grigori Karassine de contacter Mikheil Saakachvili. Il ne parvint qu'à avoir le diplomate américain Dan Fried qui lui assura que les Américains cherchaient à reprendre le contrôle de la situation. Cependant, à partir de 2h06, les efforts de paix ne sont plus à l'ordre du jour. Le tunnel de Roki, négligé par les Géorgiens, est sécurisé et des renforts estimés entre et hommes (issus de la , stationnée dans le district militaire du Nord-Caucase renforcés par des unités de la d'assaut aéroportée de la garde et de la aéroportée) sont mobilisésalors que les premiers raids aériens sont lancés. à autres soldats russes seront aussi envoyés en Abkhazie. L'essentiel des renforts russes de la n'arrivera cependant que le 9 août au soir. Des armes à sous-munitions sont utilisées par les Russes au cours de leurs attaques aériennes.
La propagande des deux camps se met aussitôt en marche pour faire accuser l'autre bord d'avoir déclenché les hostilités. Les Russes parlent de plus de morts civils dans les bombardements de la capitale sud-osséte, alors que les Géorgiens dénoncent le passage des troupes russes dans le tunnel de Roki comme faisant partie d'un plan délibéré. Rapidement, les deux camps s'accusent de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité .
Les hackers russes mènent une attaque informatique sur les principaux serveurs géorgiens.
Dans la nuit du 8 au 9 août, l'aviation russe frappe la base navale et le port commercial de Poti.
Un bombardier Tu-22M, sans doute une version de reconnaissance Tu-22MR, et un chasseur Su-25 s'écrasent, selon un bilan de l'armée russe du 9 août ; un des pilotes est capturé.
Les combats se poursuivent à Tskhinvali. Les forces géorgiennes repoussent dans la matinée les forces russes et ossètes vers le nord de la ville. Cependant, leur avance est stoppée le soir par l'arrivée des premiers renforts russes. Cette arrivée de renforts permet de rééquilibrer les moyens terrestres des deux camps, puisque les Russes y disposent désormais de chars, d'artillerie, de défenses anti-aériennes et de l'infanterie nécessaire à l'attaque des batteries sol-air géorgiennes. En revanche, la situation de l'armée géorgienne sur le front ossète, où elle dispose encore d'une supériorité numérique, se complique sérieusement à cause des raids aériens qui la coupent de sa base arrière de Gori et de ses nombreuses pertes de matériel.
Selon les autorités russes, environ ont franchi la frontière russe en 36 heures.
L'Abkhazie, autre province séparatiste, entre à son tour en guerre contre la Géorgie, cherchant à reprendre le contrôle des gorges de Kodori, seul territoire abkhaze resté sous administration de Tbilissi, et détruisant la seule route qui relie la province à la capitale géorgienne. La Géorgie décrète alors l'état de guerre, instaure la loi martiale pour quinze jours, et commence à chercher un accord de cessez-le-feu. La mission d'observation des Nations unies en Géorgie a été priée par l'Abkhazie de retirer ses observateurs de la vallée de Kodori.
L'aviation russe a bombardé des cibles militaires dans la banlieue de la ville géorgienne de Gori. L'attaque aurait également fait des victimes parmi les civils, ce que la Russie dément.
Fin des combats à Tskhinvali avec l'arrivée de tous les renforts russes. Les forces géorgiennes présentes dans la ville, durement éprouvées, s'enfuient précipitamment en abandonnant armes et munitions. La Géorgie redouble alors ses efforts pour obtenir un cessez-le-feu. Le ministère géorgien de l'Intérieur annonce que l'armée géorgienne s'est retirée de l'Ossétie du Sud, mais le Ministère des Affaires étrangères de la Russie ne confirme pas cette information. La marine russe entre dans les eaux géorgiennes pour instaurer un blocus des ports géorgiens et empêcher la livraison d'armes aux Géorgiens, notamment en provenance d'Ukraine. La marine géorgienne tente de s'opposer au mouvement en lançant un petit groupe de quatre navires à la rencontre de la flotte russe. Celle-ci s'impose facilement en coulant un navire géorgien (qui sera annoncé à tort comme la vedette lance-missile "Dioskuria") et en endommageant un autre.
Les belligérants poursuivent leur guerre de l'information, s'accusant mutuellement de « génocide », « crimes de guerre », « destructions », et prétendant l'un et l'autre maîtriser le terrain.
La Russie continue son opération militaire, en contestant le cessez-le-feu et le retrait des troupes géorgiennes. La Russie a en outre renforcé sa présence militaire en Abkhazie, et compterait plus de et 350 blindés dans cette région, d'après l'agence de presse Interfax. La perte de deux autres Su-25 russes a été confirmée. Le président américain George W. Bush condamne « fermement » les bombardements hors de l'Ossétie du Sud, et Dick Cheney déclare que les États-Unis « étaient solidaires de la Géorgie et que l'agression russe, non seulement contre des soldats, mais aussi contre des civils, ne resterait pas sans réponse ». Le port de Poti, siège de la marine géorgienne, est pris sans combat par l'armée russe alors que les principales unités géorgiennes sont en pleine déroute. Sur le front abkhaze, la base militaire de Senaki est prise presque sans combats par les parachutistes russes. Deux hélicoptères géorgiens sont abattus dans l'offensive. Ce mouvement permet de menacer les arrières des forces géorgiennes qui occupent encore la vallée de Kodori.
En fin de journée, la Géorgie accuse la Russie d'envahir son territoire.
Selon le porte-parole de la diplomatie russe Boris Malakhov, « la présence militaire russe en Ossétie du Sud ne sera pas réduite avant le retrait intégral des troupes géorgiennes du territoire sud-ossète ». À l'ONU, un plan de paix préparé par les États-Unis et l'Europe a été rejeté par la Russie, celle-ci expliquant « Nous avons des exigences : le retrait des Géorgiens d'Ossétie du Sud, et l'engagement de non-recours à la force de la part de Tbilissi en Ossétie du Sud ou en Abkhazie ».
Moscou annonça un chiffre de victimes civiles en Ossétie du Sud. Des observateurs confirmeront ce chiffre. Plus de Sud-Ossètes auraient quitté la région, et 74 soldats de la paix russes ont trouvé la mort.
Les combats du jour voient la désintégration de l'armée géorgienne. Le matin, les troupes qui défendaient la vallée de Kodori, coupée de leur base de Senaki depuis la veille, sont rapidement et facilement submergés par les Russes et les Abkhazes