Marc Antoine

Marc Antoine, en latin "Marcus Antonius" , né le 14 janvier 83 et mort le août 30, est un célèbre général et homme politique romain du 
Après avoir servi en Orient, Marc Antoine devient un fidèle lieutenant de Jules César, auquel il est apparenté. Il suit César à partir de la fin de la guerre des Gaules et pendant la guerre civile entre César et Pompée. Il s'illustre notamment en défendant la cause de César en tant que tribun de la plèbe en 49 et militairement lors de la victoire à Pharsale l’année suivante. Lors des campagnes suivantes de César en 48/47, Marc Antoine est maître de cavalerie et a la charge de l'administration de l'Italie et de Rome en l'absence du dictateur. Il s'acquitte mal de sa tâche et perd un temps la confiance de César. Il retrouve la grâce de César et devient son co-consul pour l'année 44
Après l'assassinat de César, Marc Antoine, alors consul, parvient à se maintenir au pouvoir tout en éloignant les conjurés. Mais face à l'hostilité du Sénat, mené par Cicéron et par le petit-neveu et fils adoptif de César, Octavien, il se trouve rapidement isolé, puis vaincu lors de la guerre civile de Modène et déclaré « ennemi public ». Cependant, ayant réussi à réunir l'armée la plus importante d'Occident et devant le renouveau de la cause pompéienne et républicaine ainsi que la mise à l'écart d'Octavien, il forme avec celui-ci et Lépide une alliance pour se partager la République romaine : le second triumvirat. Cela représente l'union des héritiers politiques de César face au Sénat et aux « Républicains », partisans des meurtriers du dictateur. Les triumvirs sont victorieux des Républicains lors de la bataille de Philippes en 42 et Marc Antoine, grand artisan de cette victoire, se réserve la réorganisation des provinces d'Orient tout en gardant le contrôle des Gaules.
À la suite de la guerre de Pérouse à l'initiative de sa troisième épouse Fulvie et de son frère Lucius Antonius contre Octavien, où ses partisans sont vaincus, le pacte de Brindes et la paix de Misène répartissent les terres romaines en 40 et 39 L'Occident revient à Octavien tandis qu'Antoine est confirmé en tant que maître de l'Orient, Lépide gardant l'Afrique et Sextus Pompée les îles italiennes et le Péloponnèse. Antoine se consacre notamment à la lutte contre les Parthes qui sont passés à l'offensive. Un de ses lieutenants, Publius Ventidius Bassus réussit dans un premier temps à les repousser et triompher des Parthes puis, avec le soutien financier et militaire du principal vassal romain en Orient, l'Égypte ptolémaïque de Cléopâtre VII, Antoine organise une offensive de très grande ampleur qui tourne à la déroute en 36, la situation revenant au statu quo précédant le conflit. Antoine rompt alors définitivement avec Octavien, s'installe en Égypte, vivant avec la reine Cléopâtre, auparavant mise sur le trône d’Égypte par Jules César lui-même, alors qu'il s'est pourtant remarié à Octavie, sœur d'Octavien. Antoine réorganise en dix années la totalité de l’Orient romain et s'y comporte comme un prince hellénistique.
Octavien, très habilement, se posant alors en défenseur de la civilisation romaine contre les ambitions de Cléopâtre et la « déviance orientalisante » d'Antoine, provoque la guerre entre les deux rivaux en 32 L'historiographie antique est influencée par la propagande augustéenne et est globalement défavorable à Antoine à partir du moment où il est maître de l'Orient et qu'il rencontre Cléopâtre. L'image de cette dernière étant noircie afin d'en faire l'adversaire malfaisant de Rome et le mauvais génie de Marc Antoine. Octavien l'emporte en septembre 31 lors de la bataille d'Actium. Acculés par les légions octaviennes, Antoine puis Cléopâtre se suicident au début du mois d'août 30
Les actions politiques de Marc Antoine auprès de César puis au sein du triumvirat participent à la chute de la République romaine. Quelques années après la mort d'Antoine à Alexandrie, en 27, on octroie à Octavien le titre d'« Auguste », jusque-là réservé aux dieux, ce qui marque la fin de la période républicaine et le début de l'Empire romain.
Marc Antoine naît à Rome un 14 janvier, très probablement en l'année 83, bien que 86 et 81 soient parfois avancées. Son nom complet est "Marcus Antonius Marci Filius Marci Nepos", c'est-à-dire « "Marcus Antonius", fils de "Marcus", petit-fils de "Marcus" ». Il ne possède pas de "cognomen".
Sa "gens Antonia" est plébéienne et, selon ce que rapporte Plutarque, descend d"'Anton" (Άντων), fils mythologique du demi-dieu Hercule créé par Marc Antoine, et dont il clame être le descendant.
Son grand-père paternel est Marcus Antonius Orator, un des plus grands orateurs de son temps. En 104, il est préteur puis, l’année suivante, propréteur en Cilicie. Il est un des premiers à monter une campagne contre les pirates basés en Cilicie. Celle-ci est couronnée de succès et il a droit à un triomphe. En l'an 99, grâce au soutien de Caius Marius, il est consul avec Aulus Postumius Albinus puis devient censeur en 97 aux côtés de Lucius Valerius Flaccus. Il est le premier de sa "gens" à atteindre ces magistratures. Par ailleurs, ses plaidoiries rencontrent beaucoup de succès. En 87, alors qu'il a opté pour le parti de Sylla dans la première guerre civile entre Marius et Sylla, il est mis à mort par les partisans de Caius Marius. Sa tête est exposée sur la tribune aux harangues.
Son oncle est Caius Antonius Hybrida. Il commence sa carrière militaire comme légat commandant la cavalerie de Sylla lors des guerres contre Mithridate VI. Après le retour de Sylla à Rome, Caius demeure en Grèce avec un contingent de cavalerie. Censé maintenir la paix et l’ordre, il finit par piller le pays et par mettre à sac plusieurs temples et lieux sacrés. Des soupçons d’atrocités commises contre la population, dont la torture, lui valent son surnom « "Hybrida" ». En 76, il est mis en accusation pour ses exactions par le jeune Jules César, mais échappe à une condamnation en faisant appel aux tribuns de la plèbe. En 70, il est exclu du Sénat par les censeurs pour ses atrocités commises en Grèce. Malgré sa réputation, il est élu tribun en 71, ce qui lui permet de réintégrer le Sénat, puis préteur en 66 avec Cicéron, et finalement consul en 63 également avec Cicéron. Il part ensuite en Macédoine, où il se rend si détestable par son oppression et ses extorsions envers la population qu’il doit quitter cette province. En 59, Caius est accusé à Rome d’avoir pris part à la conjuration de Catilina et d’extorsion financière dans sa province. Il est condamné et s’exile dans l'île de Céphalonie. Il semble que César l’ait rappelé car il participe aux réunions du Sénat en 44 et est censeur en 42.
Son père est Marcus Antonius Creticus, préteur en 74 et, un an plus tard, il reçoit de la part du Sénat une commission extraordinaire afin de libérer la mer Méditerranée des pirates et aide ainsi Pompée dans ses guerres contre le roi du Pont Mithridate VI. Toutefois, il ne prend pas au sérieux sa tâche importante et échoue dans sa charge, délaissant de surcroît les provinces qu'il est censé protéger des vols. Il se fait remarquer par ses exactions qui provoquent plus de dégâts que les pirates eux-mêmes. Il attaque les Crétois mais ceux-ci se révoltent et Marcus subit une défaite navale humiliante et n'a la vie sauve qu'en signant un traité de paix honteux. C'est pour cette raison, semble-t-il, qu'on lui attribue, pour se moquer de lui, le surnom de « "Creticus" », qui signifie le « vainqueur de la Crète ». Il y meurt quelques mois plus tard, ne survivant pas à sa honte, en 72 ou en 71 Plutarque le décrit pourtant comme « l'homme le plus juste, le plus honnête, et même le plus libéral » alors que les historiens modernes gardent de lui l'image d'un noble incompétent et corrompu.
Sa mère est une "Julia", fille de Lucius Julius Caesar, consul en 90. Membre de la famille des "Iulii Caesaris", elle est la sœur de Lucius Julius Caesar, consul en 64. Ils sont apparentés aux frères Sextus Julius Caesar, consul en 91, et Caius Julius Caesar, père de Jules César. Devenue veuve, elle épouse alors Publius Cornelius Lentulus Sura, un éminent sénateur romain constamment endetté et qui est par la suite impliqué dans la conjuration de Catilina et qui est exécuté en 63 sous les ordres du consul Cicéron.
En outre, "Marcus Antonius" a deux frères : Caius et Lucius.
Plutarque, auteur grec qui écrit sous le règne de Trajan, dresse un portrait flatteur du jeune Marc Antoine et décrit alors comme étant d'une « grande beauté » : « la dignité et la noblesse de sa figure annoncent un homme d'une grande naissance ; sa barbe épaisse, son front large, son nez aquilin, et un air mâle répandu sur toute sa personne, lui donnent beaucoup de ressemblance avec les statues et les portraits d'Hercule ».
Son père étant décédé en 72/71, c'est sa mère Julia qui l'élève. L'exécution de son beau-père Publius Cornelius Lentulus Sura, impliqué dans la conjuration de Catilina, en 63, est peut-être « le prétexte et la source de la haine implacable d'Antoine contre Cicéron » selon Plutarque.
Marc Antoine tombe sous la dépendance de Caius Scribonius Curio, connu sous le nom de « Curion » qui, selon Plutarque, l'entraîne « dans la débauche des femmes et du vin, et lui fait contracter, par des dépenses aussi folles que honteuses, des dettes beaucoup plus fortes que son âge ne le comporte ». Il se lie aussi d'amitié avec Publius Clodius Pulcher. Les deux jeunes gens sont plus âgés que lui, Clodius étant né vers 93/92 et Curion vers 90. Ces amitiés sulfureuses poussent Marc Antoine à quitter l'Italie. Decimus Junius Brutus Albinus, né entre 85 et 81, a peut-être aussi grandi en compagnie de Clodius et Antoine.
Il est peut-être déjà impliqué dans le culte des Lupercales, dont il est mentionné comme un des prêtres plus tard dans sa vie.
Antoine reçoit une excellente éducation comme tous les jeunes Romains d'une famille aristocratique. Il étudie la philosophie à Athènes où il apprend la rhétorique et l'éloquence, se frotte à la littérature grecque et acquiert de réels talents d'orateur. Plutarque précise « qu'il se propose surtout d'imiter ce style asiatique, alors fort recherché, qui a beaucoup d'analogie avec sa vie fastueuse, pleine d'ostentation, et sujette à toutes les inégalités que l'ambition entraîne après elle ». Il se forme aussi aux exercices militaires et reste en Grèce jusqu'en 57, alors âgé de 26 ans.
Cette année-là, en 57, le proconsul Aulus Gabinius lui propose de l’accompagner dans sa province de Syrie. De concert avec Clodius Pulcher, Gabinius, alors consul, vient de faire exiler Cicéron l'année précédente. Marc Antoine reçoit le grade de chef de la cavalerie et commence alors sa carrière militaire.
Hyrcan II, alors grand prêtre hasmonéen en Judée, fuit Jérusalem et se tourne vers Gabinius pour recevoir son aide contre ses rivaux, un certain "Alexandre", fils de son frère Aristobule II, et peut-être aussi contre ce dernier lui-même, qui avait été capturé par Pompée en 63. Marc Antoine démontre alors sa vaillance au combat et reçoit sa première distinction militaire. Selon Plutarque, « Antoine monte le premier sur la muraille d'une des places les plus fortes qu'il assiège, chasse Aristobule de toutes ses forteresses ; et lui ayant livré bataille, malgré l'infériorité de ses troupes, il le défait, taille en pièces presque toute son armée, et le fait prisonnier avec son fils ». La révolte réprimée, le fils d'Aristobule capturé, Hyrcan peut rentrer à Jérusalem.
L'année suivante, après hésitations, Aulus Gabinius passe en Égypte ptolémaïque, outrepassant les ordres du Sénat romain, mais avec le soutien de Pompée, et rétablit le roi Ptolémée XII sur le trône en échange d'une indemnité d'environ talents. Plutarque fait jouer un rôle important à Marc Antoine dans la décision de Gabinius d'aller en Égypte : « Antoine, qui cherche de grandes occasions de se signaler, et qui veut d'ailleurs obliger le roi d'Égypte, dont les sollicitations l'ont intéressé en sa faveur, détermine Gabinius à cette entreprise ». L'auteur grec fait ensuite l'éloge de Marc Antoine et rapporte ces succès militaires reconnus par les historiens modernes.
C'est peut-être à cette occasion qu'il rencontre pour la première fois Cléopâtre, fille de Ptolémée XII, qui n'aurait alors que 14 ans en 55. C'est en tout cas ce que suggère l'historien antique Appien d'Alexandrie qui écrit sous les Antonins : « On dit qu'il a conçu pour elle, et depuis longtemps, alors qu'elle n'est qu'une enfant, une sorte de désir au premier coup d'œil, lorsqu'il sert comme chef de la cavalerie sous les ordres de Gabinius à Alexandrie ». Si cette attirance est réelle, il n'en résulte rien.
Durant cette période, la confusion politique règne à Rome. En 60, un accord secret unit trois hommes : Marcus Licinius Crassus, Cnaeus Pompeius Magnus et Caius Julius Caesar. Les deux premiers ont été consuls ensemble en l'an 70 tandis que César est "pontifex maximus", s'est signalé comme avocat audacieux et a montré ses qualités de général en Hispanie. En 59, il est élu consul à son tour grâce à la campagne électorale financée par Crassus. Après son consulat, César obtient le proconsulat en Illyrie, en Gaule cisalpine et en Narbonnaise. Il entame alors la conquête de la Gaule chevelue. En 55, Crassus et Pompée sont à nouveau consul ensemble, grâce cette fois ci à César, qui voit alors son mandat prorogé. Rome vit dorénavant sous la domination du pouvoir absolu des triumvirs.
En 53, Crassus est battu et tué par les Parthes à la bataille de Carrhes. De plus, Julia, fille de César et femme de Pompée, est morte l'année précédente, rompant ainsi l'un des liens unissant ces deux grands hommes. César et Pompée se brouillent alors pour le pouvoir et le premier triumvirat prend fin.
Marc Antoine a une fille entre l'an 54 et l'an 49, Antonia, de son épouse Antonia Hybrida Minor, qui est aussi sa cousine germaine, fille de Caius Antonius Hybrida. On ignore s'il s'agit du premier mariage d'Antoine.
On retrouve trace de Marc Antoine dans les sources antiques en Gaule, aux côtés de Jules César, en l’an 52. C'est lors du siège d'Alésia, alors que Vercingétorix tente une sortie au moment de l’arrivée d'une armée gauloise de secours : « les lieutenants Marcus Antonius et Gaius Trebonius, à qui est échue la défense des quartiers attaqués, tirent des forts plus éloignés quelques troupes pour secourir les légionnaires sur les points où ils les savent pressés par l'ennemi ».
L'année suivante, il est questeur attaché à César. Ce dernier le met à la tête de ses quartiers d'hiver en Gaule, quittant au début de janvier son camp pour Bibracte. Pour la campagne de l’an 51, César continue sa politique de pacification en répartissant ses légions entre ses lieutenants afin de quadriller la Gaule. Il s'adjoint Marc Antoine pour marcher sur la patrie d'Ambiorix et ravager la région puis le laisse chez les Bellovaques avec quinze cohortes, afin d'empêcher les Belges de former de nouveaux projets de révolte. Jules César semble apprécier la valeur de Marc Antoine, se l'adjoignant puis le laissant à la tête d'environ .
Lors de l'hiver 51/50, Marc Antoine prend ses quartiers en Gaule belgique avec Gaius Trebonius, Publius Vatinius et quatre légions. Il y combat notamment avec sa cavalerie l'Atrébate Commios, qui part en exil, promettant de ne jamais se retrouver face à un Romain. Il intervient aussi comme conciliateur dans un conflit opposant un chef belge à un légionnaire romain.
À Rome, la rivalité entre les partisans de Pompée, menés par Titus Annius Milo, et ceux de Jules César, menés par Publius Clodius Pulcher, se durcit. En 52, ce dernier trouve la mort dans une échauffourée, ce qui entraîne des émeutes populaires et l'incendie de la Curie Hostilia. Une période d'anarchie commence. Le Sénat fait alors appel à Pompée, qui réagit avec une efficacité impitoyable, Milon est condamné et exilé. Une fois l'ordre rétabli, le Sénat évite de lui octroyer la dictature. Sous l’influence de Marcus Calpurnius Bibulus et de Marcus Porcius Cato, le Sénat fait voter une loi qui nomme Pompée consul unique en 52, ce qui lui donne des pouvoirs extraordinaires mais limités. Le peuple accepte cette nomination et Pompée entame un troisième consulat, à l’encontre du principe de collégialité et d'une loi de Sylla qui exige un délai de dix ans entre deux consulats. Cependant Pompée se donne pour collègue son nouveau beau-père Quintus Caecilius Metellus pour les cinq derniers mois de son mandat.
À partir d'août 50 et jusqu'à la fin de sa vie, Marc Antoine est dès lors membre du collège des Augures, « des prêtres qui présagent l'avenir par le vol des oiseaux ». En décembre de la même année, il est élu tribun de la plèbe pour l'année à venir.
Curion, tribun de la plèbe en 50, rallie le camp de Jules César lorsque celui-ci honore toutes ses dettes. Il fait l'intermédiaire entre César et le Sénat et remet à ce dernier un message conciliant le janvier 49. Deux des tribuns de la plèbe, Quintus Cassius et Marc Antoine, en demandent la lecture immédiate.
Marc Antoine devient dès lors un membre influent de la vie politique romaine grâce à l'appui de Jules César. Sa proposition que les deux généraux se démettent ensemble du commandement est plutôt bien accueillie par les sénateurs mais les consuls, ainsi que notamment Caton, s'y opposent avec virulence. Toujours par l’intermédiaire de Curion et Antoine, César tente une nouvelle proposition : il accepte de ne conserver que deux légions et le gouvernement de la Gaule cisalpine et de l’Illyrie, pourvu qu’on accepte sa candidature au consulat. Malgré la recherche d’un compromis par Cicéron, Caton refuse qu’un simple citoyen impose ses conditions à l’État, le nouveau consul Lentulus s’emporte et fait expulser du Sénat Curion, Cassius et Antoine par la force. Ces derniers quittent Rome et rejoignent César à Ravenne.
César peut alors se présenter comme la victime de l’acharnement des conservateurs et comme le défenseur des tribuns de la plèbe. Le Sénat déclare la patrie en danger et César « ennemi public » par un "senatus consultum ultimum".
Le 10 janvier 49, à la tête de la seule "legio XIII Gemina", Jules César franchit le Rubicon, frontière entre la Gaule cisalpine et l'Italie. Cela marque le début de la guerre civile entre César et Pompée.
Marc Antoine reçoit le commandement de cinq cohortes qui suivent la "via Æmilia" et la "via Cassia" par Arretium en Étrurie en direction de Rome. Jules César parvient à rallier des légions nouvellement levées contre lui et toute l'Italie, dont Rome, est tombée entre ses mains en moins de trois mois, sans grande résistance. Les affres de la guerre civile sont évitées, César se montrant magnanime. La plupart des adversaires politiques de César, dont Pompée, les consuls et de nombreux sénateurs, ont quitté l'Italie pour la Grèce.
César ne parvient pas à se faire nommer dictateur, mais l'ordre est rétabli et l'État réorganisé : le préteur Marcus Aemilius Lepidus, dit « Lépide », prend en charge l'administration provisoire de la Ville tandis que Marc Antoine se retrouve à la tête de toutes les troupes césariennes installées en Italie en tant que propréteur.
César reprend les opérations militaires et le contrôle de l'Hispanie et de Marseille jusque-là ralliées à Pompée en seulement trois mois, faisant toujours preuve de clémence. Curion reprend ensuite la Sicile avant d'être tué en Afrique. À la fin de l'an 49, César, déjà à la tête des Gaules, a conquis l'Italie, les Hispanies, la Sicile et la Sardaigne au moins d'une année.
César se tourne ensuite vers la Grèce où Pompée est en position de force. Caius Antonius, frère de Marc Antoine, se voit confier avec Publius Cornelius Dolabella la défense de l'Illyrie contre les Pompéiens. Mais la flotte de Cornelius Dolabella est détruite et Caius Antonius doit s'enfermer dans l'île de Curicta. Il est contraint de se rendre à Pompée, ses hommes étant intégrés aux légions pompéiennes. César n'a plus le contrôle de l'Adriatique et ne parvient pas à transporter suffisamment de troupes en Épire, Calpurnius Bibulus détruisant sa flotte de transport.
César remporte quelque succès sur les côtes dalmates mais est devancé par Titus Labienus à Dyrrachium. Il tente de repasser en Italie, en vain. À la mi-avril 49, Marc Antoine parvient à libérer le port de Brindes puis à franchir l'Adriatique malgré la tempête avec quatre légions et 800 cavaliers. Il échoue au nord de Dyrrachium, non loin de César, mais avec Pompée entre eux deux. Il réussit malgré tout à contourner Pompée et à rejoindre César pour le renforcer. Les forces pompéiennes restent cependant trois fois supérieures en nombre et Pompée a le contrôle de la mer, et donc du ravitaillement.
Les forces de César, qui assiègent Pompée dans Dyrrachium, souffrent bientôt de la faim et les escarmouches se multiplient autour du camp de Pompée. À l'été 48, lors d'une tentative nocturne contre Dyrrachium, César est surpris par une contre-attaque vigoureuse. Les unités de César rompent le combat en désordre et avec de lourdes pertes. Pompée n'exploite cependant pas son succès à Dyrrachium et laisse les Césariens regagner leur camp. À court de vivres, César parvient à faire retraite vers la Thessalie et Pompée se lance à sa poursuite.
Dans la plaine de Pharsale, César dresse le camp et attend son adversaire. Pompée possède deux fois plus d'infanterie et surtout trois à huit fois plus de cavalerie. Lors de la bataille de Pharsale le 9 août 48, César commande l’aile droite face à Pompée tandis que Marc Antoine est à la tête de l'aile gauche. Cela démontre ainsi que Marc Antoine est le « meilleur officier de César ».
La déroute est totale pour les forces pompéiennes. Hormis quelques sénateurs intransigeants qui rejoignent l'Afrique, beaucoup se rallient à César, et nombre de soldats et d'alliés de Pompée rejoignent alors les forces de César. Pompée s'enfuit quant à lui en Égypte, mais Ptolémée XIII, frère et époux de Cléopâtre, et le régent Pothin, par crainte de représailles, le font assassiner dès son arrivée.
Jules César mène ensuite campagne en Égypte où il détrône le jeune souverain au profit de Cléopâtre VII et du plus jeune de ses frères, puis en Asie, entre l'été 48 et le suivant. Cléopâtre est devenue la maîtresse de César et lui donne peut-être un fils, Césarion. L'Égypte est dorénavant sous protectorat romain.
Marc Antoine est quant à lui retourné à Rome avec une partie de l'armée césarienne, en tant que maître de cavalerie de César, alors dictateur. Antoine est ainsi le premier magistrat à Rome en l'absence de César, et il est chargé de l'Italie et de Rome, où il doit faire régner l'ordre. Cependant, Antoine se révèle être un mauvais administrateur et se rend rapidement impopulaire à Rome. Il provoque lui-même quelques troubles au sein de la ville à la suite de la question de la remise des dettes. César a pris des mesures pour alléger ou consolider les dettes, mais n'a jamais envisagé de les annuler. Lorsque Cornelius Dolabella cherche à faire annuler les dettes, Antoine suit l'exemple de César, ou plutôt ses instructions, en s'y opposant.