Euro

L’euro (€) est la monnaie de l'union économique et monétaire formée au sein de l'Union européenne ; elle est commune à dix-neuf États membres de l'Union européenne qui forment ainsi la zone euro. Quatre micro-États (Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican) sont également autorisés à utiliser l'euro et deux pays européens, le Monténégro et le Kosovo, l'utilisent alors que d'autres ont leurs monnaies nationales liées à l'euro.
En usage dès 1999 pour les transactions financières européennes, il est mis en circulation le sous sa forme fiduciaire. Il succède à l"ECU", , mise en service en 1979.
L'euro est la deuxième monnaie au monde pour le montant des transactions, derrière le dollar américain et devant le yuan chinois. Depuis elle est la première monnaie au monde pour la quantité de billets en circulation ; fin 2013, d'euros étaient en circulation.
L'euro est géré par la Banque centrale européenne (BCE) qui siège à Francfort et par l'Eurosystème composé des banques centrales des états de la zone euro. En tant que banque centrale indépendante, la BCE est l'unique instance ayant le pouvoir de fixer une politique monétaire pour l'ensemble de la zone euro. L'Eurosystème participe à l'impression, la frappe et la distribution des billets et pièces dans tous les états membres. Il veille également au bon fonctionnement des systèmes de paiements au sein de la zone euro.
Le traité de Maastricht signé en 1992 oblige la plupart des états de l'UE à adopter l'euro dès qu'ils respectent certains critères monétaires et budgétaires, dits de convergence. Le Royaume-Uni et le Danemark ont cependant obtenu des options de retrait, tandis que la Suède (qui a rejoint l'UE en 1995 soit après la signature du traité de Maastricht) a refusé d'introduire l'euro après un référendum négatif en 2003, et a contourné l'obligation d'adopter l'euro en ne respectant pas un des critères de convergence. Néanmoins, tous les pays qui ont adhéré à l'UE depuis 1993 se sont engagés à adopter l'euro en temps voulu.
La gestion de l'euro dépend du contrôle de la Banque centrale européenne, qui en mesure les flux, la masse monétaire, ainsi que les dettes des États membres.
Toutes les pièces en euro possèdent une face européenne (1, 2 et : "l'Europe dans le monde" ; 10, 20 et : "l'Europe comme une alliance d'États" ; 1 et : "l'Europe sans frontière") et une face spécifique au pays émetteur de la pièce (y compris pour Monaco, Saint-Marin, le Vatican et Andorre, États en union monétaire avec leurs voisins immédiats qui ont été autorisés à frapper leurs propres pièces).
Une nouvelle série de pièces est frappée depuis fin 2007 avec un décalage d'un an pour la Monnaie italienne (qui frappe aussi les pièces du Vatican et de Saint-Marin). Se calquant sur la pratique décidée pour les billets de banque, elle représente désormais l'ensemble du continent européen (membre ou non de l'Union), afin d'éviter de devoir frapper de nouvelles séries à chaque élargissement. Les frontières n'y apparaissent donc plus.
Toutes les pièces sont utilisables dans tous les États membres, à l'exception des pièces de collection, qu'elles soient ou non en métal précieux, qui n'ont cours que dans le pays d'émission. Des problèmes de compatibilité ont cependant été relevés sur certains automates (distributeurs automatiques, péages…).
Il existe également des pièces de collection, en métal précieux, qui n'ont cours légal que dans leur pays d'émission. Par exemple, gravée par Joaquin Jimenez (qui est également l'auteur de "l'Arbre Étoilé" des pièces de 1 et ), une pièce de en argent a été frappée à deux millions d'exemplaires en 2008. Des pièces de 10 à , en argent et en or, ont été mises en circulation de 2008 à 2010. Dans la pratique, ces pièces circulent essentiellement entre collectionneurs.
Les billets, quant à eux, ont une maquette commune à toute la zone euro. Les ponts, portes et fenêtres des billets symbolisent l'ouverture de l'Europe sur le reste du monde et les liens entre les peuples.
Le choix du graphisme des billets est de la compétence de la Banque centrale européenne alors que celui des pièces est de la compétence des États, membres de l'Eurogroupe. La prochaine face commune a ainsi été décidée lors d'une réunion de l'Eurogroupe. Cette décision a provoqué une petite polémique de quelques députés par l'absence, selon eux volontaire, de la Turquie sur le dessin retenu, au contraire de celui des billets.
Le a été mise en circulation un nouveau billet de. Il est le premier d'une nouvelle série de billets baptisée "Europe". Depuis le 24 septembre 2014, c'est un nouveau billet de 10 € qui a fait son apparition. Puis le 25 novembre 2015, c'est le nouveau billet de 20 € qui a été mis en circulation. Le design du billet de 50 euros a été rendu public le 5 juillet 2016; il sera mis en circulation le 4 avril 2017.
L'euro n'est pas la première monnaie à vocation européenne (et internationale). En effet, l'Union latine, née en 1865 à l'initiative de , marque une union monétaire ou supranationale signée et partagée par la France, la Belgique, la Suisse, l'Italie, la Grèce, plus tard l'Espagne et le Portugal, suivis de la Russie et de certains pays d'Amérique latine. La Première Guerre mondiale (1914-1918) mit fin à ce projet d'unification monétaire.
Le projet de créer une monnaie unique naît dans les années 1970 avec les turbulences du régime agrimonétaire depuis la mise en œuvre de la Politique agricole commune en 1962 et l'impossibilité de mettre en place un système de taux de change contrôlable.
La décision de créer l'euro a été officialisée lors du traité de Maastricht. Lorsque s'engagent les négociations les responsables savent qu'économiquement la constitution de la zone euro est un défi. En effet, les économistes savent depuis les travaux de Robert Mundell des années cinquante que pour que des pays aient intérêt à avoir une même monnaie ils doivent :
Pour Jean Pisani-Ferry, les responsables politiques des pays décident de passer outre pour trois raisons :
Deux visions se sont opposées. D'un côté celle qui a prévalu, d'un pacte de stabilité avec une surveillance multilatérale assez faible, reposant sur l'idée que si chacun gérait sainement ses finances publiques et son économie, l'évolution serait positive