Samis

Les Samis, également appelé « same » (ou « Lapons » en français), est un peuple autochtone d'une zone qui couvre le nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande ainsi que la péninsule de Kola en Russie. Leur nom, Saami dans leur propre langue, est également parfois traduit par les termes « Sames », « Samés », « Sâmes » ou « Sami ».
Les Sames sont un des plus grands groupes indigènes en Europe. Ce n'est pas un groupe ethnique mais un peuple parlant des langues (same) d'origine finno-ougrienne. Ils sont parfois considérés comme issus d'un ancien peuple proto-européen ainsi que d'un peuple ayant des origines mongoloïdes. Cependant la proportion du gène mongoloïde « ab3st » est très faible, et ne peut être distinguée de celle des autres populations d'Europe du Nord.
Néanmoins, des études récentes et plus précises utilisant 109 635 polymorphisme nucléotidique confirment une contribution génétique significative d'une moyenne de 6 % provenant de l'Asie de l'est chez les Sames. Bien que la petitesse des haplotypes asiatiques indique que cet événement a eu lieu il y a plusieurs générations, il a été possible d'établir que cette signature génétique est très similaire à celle de l'ethnie turque Iakoutes vivant en Sibérie orientale.
Ce peuple est souvent nommé "lapon", mais ses membres préfèrent le nom "sámi" (variante graphique "saami"), qu'il utilise pour se désigner. La tradition finno-ougriste française utilise le terme « Same ». Le terme "lapon" de la racine "lapp" signifie "porteur de haillons" en suédois, ce qui explique que ce nom ait été délaissé.
Ils appellent leurs terres ancestrales "Sápmi". Les activités traditionnelles des Sames étaient autrefois la pêche et l'élevage de rennes, mais aujourd'hui, seule une minorité des Sames en vit encore. 
Les Sames ont en Suède, en Norvège et en Finlande (mais pas en Russie) le droit de vote dans les parlements sames, des organisations gouvernementales mises en place par les gouvernements des trois États fenno-scandinaves qui visent à faire remonter les revendications des communautés sames. Les membres de ces parlements sont démocratiquement élus par les Sames.
La répartition géographique des Sames a évolué au cours de l'histoire. Avant l'ère chrétienne, les Sames occupaient la région qui va des côtes du Finnmark et de Kola, au nord, jusqu'aux rivages méridionaux de la Baltique. 
Vers -500, les Sames disparaissent du Sud-Ouest de la Finlande en raison de l'arrivée des Finnois.
Au début de l'ère chrétienne, les Sames descendent vers le Sud, atteignant la région de Vilhemina en Suède et le nord du Trondelag en Norvège. À Finskebukta, en Finlande, des lieux-dits, tels que Lapinlahti et Lappviker, portent la marque de peuplement Same. La progression vers le sud se poursuit et Snorre Sturlasson parle de Sames installés dans le Hadeland et dans le Dovre.
Aux XVIème et XVIIème siècles, des Sames vivent à Alen, Tonset et Finnliene, ainsi que dans les régions proches du lac Saimaa et du lac Ladoga, dans la province de Savo et à Suomussalmi.
Les premières traces humaines des régions septentrionales de la Scandinavie remontent à avant Jésus-Christ environ. Personne ne peut affirmer que ces premiers habitants étaient en tous points identiques aux Sames d'aujourd'hui. Mais dans le sillage de la thèse dont l'écrivain et philosophe suédois Erik Gustaf Geijer, au début du était l'un des partisans, la majorité des historiens conviennent que la culture same descend de celle de ces premiers habitants et qu'elle s'est enrichie, au fil du temps, par son interaction avec plusieurs autres cultures. 
Les Sames de Kjelmoy, île proche de Kirkenes fouillée au début du , vivaient, autour de 300-400, de manière semi-nomade : chasse dans les terres l'hiver, pêche dans les fjords l'été, c'est-à-dire une inversion par rapport au rythme de l'âge de pierre local, tandis que les méthodes d'ensevelissement et les outils retrouvés y correspondent.
Pour Christian Mériot, lorsque Tacite parle des "Fenni" dans "Germania", il s'agit en fait des Samis. 
La Norvège, en ratifiant la convention 169 de l'OIT, a officiellement reconnu aux Sames, en tant que plus anciens habitants des régions nord de la Scandinavie, le caractère de « peuple indigène de Norvège ».
Les premières églises furent construites sur les terres sames vers 1100. Mais l’œuvre de conversion ne s'intensifia qu'à partir du . On imprima à Stockholm, pour la première fois en 1619, sous le règne du roi Gustave Adolphe, des livres en same : le catéchisme, les principales prières de l'église luthérienne, les psaumes de David, les évangiles, les proverbes de Salomon. Ces livres furent traduits de suédois en same, et la comparaison des éditions, dans chaque langue, fournit de précieuses informations sur chacune d'entre elles.
En Norvège, qui était alors unie au Danemark, l'évangélisation fut dynamisée par Thomas von Westen qui devint, en 1714, le principal responsable du Collège des Missions, à Copenhague.
"Lapponia", un ouvrage écrit par Johannes Schefferus (1621 - 1679) en latin décrit la culture same dans les temps anciens. Lapponia, traduit par la suite en français sous le nom Histoire de la Laponie, est un livre offrant une description très détaillée de l'histoire du nord de la Scandinavie et en particulier du peuple same. Il fut publié en latin en 1673 à Francfort-sur-le-Main et fut rapidement suivi par une traduction en anglais, français, allemand et néerlandais. Le but était de tordre le cou à certaines rumeurs disant que les Suédois utilisaient de la magie same dans les batailles en Europe.
Le mariage joue un rôle important dans la société Sami, en particulier parce que les personnes mariées bénéficient de privilèges sociaux, tels que le droit d'exploitation de certains pâturages ou le bénéfice de la solidarité entre éleveurs.
La phase de cour, appelée "irgástallan", se fait à l'initiative des garçons, qui offrent des bijoux (anneaux d'or, broches d'argent ou d'or) aux jeunes filles qu'ils convoitent. Chaque garçon peut courtiser plusieurs filles, et chaque fille peut être courtisée par plusieurs garçons, mais elle doit rendre les cadeaux aux courtisans refusés une fois son choix effectué. Une autre manière de courtiser consiste pour les garçons à voler les moufles de la jeune fille qu'ils convoitent, celle-ci ayant la possibilité de rendre la tâche plus ou moins ardue. Si les contacts étaient limités (paiement des tributs, foires et marchés), ils sont maintenant plus nombreux (scolarité obligatoire, écoles mixtes, cafés, bals, travail collectif du renne). Malgré cela, le mariage reste particulièrement endogamique sur le plan social. Cela est nuancé car, pour des familles déjà riches de rennes et de pâturages, il peut être plus intéressant d'avoir un gendre habile à l'élevage, mais pauvre, que riche mais moins adroit..
Lors des fiançailles, des rennes de trait sont régulièrement échangés ; il s'agit d'une préparation à la mise en commun des troupeaux, mais aussi une forme de publicité du mariage, puisque les communautés samis savent reconnaître à qui appartient tel ou tel renne.
Les mariages entre cousins au premier et second degré sont communs, mais leur fréquence dépend de nombreuses autres considérations, telles que la richesse relative des partis, l'isolement de la communauté ou son taux d'endogamie : une famille déjà particulièrement endogame aura tendance à favoriser l'exogamie. Les mariages avec les sociétés non Samis de la Scandinavie et de la Russie sont rares, si ce n'est avec les Finnois, car certains d'entre eux élèvent aussi le renne.
La cérémonie proprement dite a lieu généralement en hiver, quand les troupeaux demandent le moins de soin et que les communications sont les plus aisées. Le fiancé et ses accompagnateurs, habillés de leurs plus belles tenues et accompagnés de leurs plus beaux rennes, se rendent à la maison de la jeune fille chargés d'alcool. Il arrête son traîneau le plus proche possible de l'habitation de la jeune fille, après en avoir fait trois fois le tour, dans le sens du soleil. Les familles négocient les aspects pratiques du mariage, puis le jeune homme va rejoindre la jeune fille; les époux se saluent par un baiser et une friction des nez.
Le mariage se fait généralement après la naissance d'un ou plusieurs enfants, ceux-ci étant la preuve de la fertilité de la future épouse. En 1950, un quart des enfants naissent hors-mariage.
Le nombre d'enfants idéal dans l'esprit Sami est d'environ 4 ou 5 enfants par couple. Davantage serait épuisant pour la mère et trop désavantageux pour le partage de l'héritage. Moins serait néfaste pour les enfants eux-mêmes, qui, en cas de mort des parents, se retrouveraient sans support : . 
Les garçons aident aux tâches d'élevage et les filles aux tâches domestiques. Si les filles sont estimées capables d'élever les rennes, elles sont perçues comme trop sensibles pour le faire suffisamment bien. De plus, les garçons restant généralement dans la sii'dâ de leur naissance, et les filles partent dans leur belle-famille avec leurs rennes, avec préférence des Samis pour ceux-ci.
La religion same partage des éléments avec les autres religions des régions polaires, comme le culte des ours, les sacrifices, le chamanisme, etc. Les hommes et les femmes ont leurs dieux propres. Cette religion traditionnelle a été majoritaire jusqu'à l'époque médiévale (à partir du ), où le christianisme s'est imposé pour devenir la religion majoritairement pratiquée vers la fin du . Les animaux « blancs » y jouaient un rôle particulièrement important. Le "noaide" (chamane) possède une forte influence sur le "sijdda" (la communauté qui forme alors un village en hiver), en tant que conseiller, médecin et personnage religieux. Comme chez les autres populations circumpolaires, le chaman est un intermédiaire entre le monde des hommes et le monde surnaturel. C'est au cours de la transe extatique que le chaman entre en communication avec le monde spirituel peuplé de dieux et de créatures qu'il interroge en vue d'obtenir une information ou la satisfaction d'une requête.
Le same fait partie des langues finno-ougriennes, liées au finnois. Cependant, en raison du contact prolongé avec les Scandinaves, il y a désormais un nombre important de mots germaniques en same.
Le same est divisée en neuf dialectes, dont certains ont leur propre langue écrite, mais si différents les uns des autres que les Sames du sud ne peuvent comprendre les Sames du Nord. La plupart des dialectes sont parlés dans plusieurs pays : les frontières linguistiques ne correspondant pas nécessairement aux frontières politiques.
Pendant des siècles, les récis same se sont transmise exclusivement par voie orale. Jusqu'à la fin du , on ne peut vraiment trouver que des ouvrages religieux, des dictionnaires et des grammaires. Le petit catéchisme luthérien traduit par le missionnaire Morten Lund est publié en 1728. Le premier romancier à écrire un roman en same est Anders Larsen. Son livre "Bæivve-Algo (L'Aube)" raconte l'histoire d'un jeune garçon pris entre deux cultures : son peuple sami et la société norvégienne. L'histoire de la littérature écrite ne commence vraiment qu'en 1910 lorsque le Same Johan Turi publie "Muittalus sámiid birra", un récit dans lequel il fait la description de la vie de son peuple. Il évoque en particulier le quotidien des éleveurs de rennes et les légendes populaires sames.
Ce même thème est repris par le conteur et romancier suédois d'origine same Andreas Labba qui dans son premier roman "Anta", (écrit en sâme de Luleå) décrit avec beaucoup de poésie la vie d'une communauté same encore peu soumise à l'acculturation occidentale. Son deuxième roman "Anta et Marie" (rédigé en suédois), révèle, non sans amertume, la transformation de la société same par l'arrivée du « progrès » : la nouvelle voie ferrée et ses trains tueurs de rennes, les grands barrages hydroélectriques qui noient les pâturages, et l'arrivée des premières motoneiges qui transforme le nomadisme ancestral.
À partir des années 1970, la production littéraire se diversifie et prend son essor. Parmi les auteurs contemporains, on peut citer : Nils Viktor Aslaksen, Rauni Magga Lukkari, John Gustavsen, Ailo Gaup, Paulus Utsi, Erik-Nilsson-Mankok, Per Idivuoma et Annok Sarri-Nordrå.
Une des traditions sames particulièrement intéressantes est le chant "Joik" (prononcé Yoïk). Les joiks se chantent traditionnellement "a cappella", généralement lentement et du fond de la gorge, en faisant transparaître de la colère ou de la douleur.
Les missionnaires les ont qualifiés de « chansons du Diable ». De nos jours, les joiks sont fréquemment accompagnés par des instruments. Voir aussi Mari Boine.
La cuisine sami traditionnelle est parfois tellement entrée dans les mœurs qu'on en oublie sa spécificité, telles les airelles utilisées dans de nombreuses sauces et facilement conservables. 
Elle comprend aussi 
On fabrique aussi des tartes, et les traditionnelles tisanes, jus de fruits concurrencés également par le café L'utilisation de farine d'écorce de bouleau et de pin pour la fabrication du pain d'écorce.
En résumé, c'est une cuisine de pays froid, riche en variétés comme en goûts, avec quelques spécialités dont le lapkkok (à base de foie et de moelle) et renklämma, un pain levé au cumin enroulé en cône autour d'une fine tranche de renne.
Arbres utilisés pour la médecine:
Champignons polypores: