Joseph Goebbels

Paul Joseph Goebbels (, en allemand, ), né le à Rheydt et mort par suicide à Berlin le , fut un des plus puissants dirigeants du Troisième Reich.
Ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous le Troisième Reich de 1933 à 1945, son nom reste indissolublement lié à l'emploi des techniques modernes de la manipulation des masses et de la démagogie qu'ont été capables de diffuser les propagandes des États totalitaires.
Joseph Goebbels était un proche d'Adolf Hitler et, avec Hermann Göring et Heinrich Himmler, un des responsables les plus puissants et influents du Troisième Reich.
Antisémite acharné, et aussi antichrétien radical, il joua un rôle moteur dans les persécutions contre les Juifs allemands notamment en déclenchant la Nuit de Cristal. Il fut brièvement chancelier après le suicide d'Hitler. Goebbels se donna la mort à Berlin le , afin d'échapper à tout jugement, avec son épouse Magda, après qu'elle eut fait empoisonner leurs six enfants.
Paul Joseph Goebbels vit le jour à Rheydt, une petite ville industrielle au sud de Mönchengladbach. 
Il est le fils de Fritz Goebbels et de Katharina Odenhausen. Fritz Goebbels fut d'abord garçon de course dans une fabrique de réverbères, passant ensuite au grade de commis, d’employé de bureau, puis de comptable. Katharina Odenhausen fut domestique dans une ferme. Ses parents, tous deux catholiques, ont eu, outre Joseph, cinq autres enfants : Konrad (1893-1949), Hans (1895-1947), Maria (1896-1896), Elisabeth (1901-1915) et Maria (1910-1949).
En 1901, Goebbels, atteint d’ostéomyélite, perdit l’usage de son pied droit. Il subit, en 1907, une opération qui échoua et le contraint à porter un appareil orthopédique pour le restant de ses jours . 
Goebbels entama ses études primaires à partir de Pâques 1904 dans une école proche. Alors que ses deux frères participèrent à la Première Guerre mondiale, un médecin militaire le déclara inapte pour le service militaire et il fut réformé en 1914, à son grand dépit, mais il fut appelé en juin 1917 dans les bureaux de l'armée puis fut vite renvoyé à la vie civile. Ce petit homme d'un mètre soixante cinq aurait fait passer par la suite son infirmité pour une blessure de guerre. Il en gardera toute sa vie un fort complexe. 
Il suivit des études secondaires au Gymnasium catholique de Rheydt : élève brillant mais peu aimé de ses camarades et professeurs, il fut alors surnommé « Ulex » par référence à Ulysse renommé pour sa "mètis" (« intelligence rusée »). Il y décrocha son Abitur (équivalent du baccalauréat) en 1917. Excellent étudiant, . Il poursuivit ensuite des études universitaires en philologie classique à Bonn, puis, après deux semestres, à Fribourg à l’été 1918 et l’hiver suivant à Wurtzbourg ; à l'été 1919, il fut de retour à Fribourg-en-Brisgau, avant d’aller étudier à Munich ; après un nouveau retour à Fribourg, il s’inscrivit à l’université de Heidelberg, où il termina ses études. Fasciné par l'écrivain Friedrich Gundolf, c'est sous la direction d’un professeur d’origine juive, Max Freiherr von Waldberg, que Goebbels entreprit une thèse de doctorat consacrée à l’écrivain romantique Wilhelm von Schütz, . Après un an de travail, Goebbels obtint son doctorat le : .
Après son doctorat, Goebbels œuvre comme journaliste, et tente sans succès de faire publier un roman d'inspiration auto-biographique, "Michael". Il cherche à compenser l'image dégradée qu'il a de lui à travers ses conquêtes féminines, puis trouve des responsables à ses échecs littéraires lors de ses premiers contacts avec le NSDAP, en la personne « des juifs ». Dès 1924, Goebbels rejoint le NSDAP dirigé par Adolf Hitler depuis 1921. Son supérieur est Gregor Strasser, et son haut niveau d'études le propulse rapidement à la tête des journaux nazis de la Ruhr. Sa grande intelligence et son éducation de haut niveau font qu'il a la charge d'un nombre plus important de publications du parti dans de plus en plus de régions d'Allemagne. 
Parallèlement à cette activité, il écrit de nombreux discours où ses talents d'orateur sont appréciés. Dans le parti d'alors, les frères Strasser (Otto et Gregor) sont ses mentors. Ils ont une belle place au sein du parti, car (du au ). À son retour, Hitler ne peut le supporter. Joseph Goebbels fait donc ses premières armes dans une aile du parti qui est jugée plutôt rivale de Hitler (même s'il répète sans cesse son dévouement à ce dernier).
À cette époque, il note dans son journal intime que certains discours de Hitler l'horrifient et le répugnent fortement, par leur brutalité, mais aussi par le rapprochement souhaité par Hitler du parti avec les puissances d'argent (le parti a besoin de financement). Il n'hésite pas à dénoncer les , et à proclamer que : pour lui, il faut d'abord bannir le libéralisme et rénover le socialisme. Il fait alors des discours dénonçant . Il admire Hitler, mais a des désaccords profonds au sujet des nationalisations économiques (que Goebbels veut mettre en place partout) et sur la notion de propriété (Goebbels veut supprimer la propriété privée). Le , lors d'un meeting au cours duquel Hitler est absent, il exprime le souhait de l'exclure du parti.
Membre de l’aile gauche du parti, Goebbels va pourtant rejoindre son aile droite. Au début de 1926, Hitler remet progressivement la main sur le parti. Il s'appuie pour cela sur l'aile droite animée par Julius Streicher (), qui s'oppose aux Strasser, et qui est en lien avec l'establishment allemand (Erich Ludendorff par exemple). Hitler, dans son discours du 14 février 1926 à Bamberg, devant du parti, définit une politique dont le seul ennemi est le bolchevisme. Ce discours offense profondément les partisans des Strasser. Goebbels est retourné, malade . Il commente : .
Durant le reste du mois de février, Goebbels et le clan Strasser essayent de retourner Hitler contre l'aile droite. Vainement, mais Hitler tempère, laissant une porte ouverte : dans un discours du 28 février, il s'en prend essentiellement au . Goebbels sait que c'est la chance à saisir, il prépare sa trahison : au début de mars, Strasser est grièvement blessé par des communistes lors d'un meeting ; c'est l'occasion pour Goebbels d'aller à la rencontre de l'aile droite. Le 12 mars, il est invité sur les terres d'un des tenants de cette dernière (en Franconie chez Streicher), puis le 21 mars, à Nuremberg, il rencontre Streicher et se réconcilie avec lui. Le 27 mars, Goebbels fait son auto-critique, en écrivant un éditorial au titre évocateur : . C'en est fini du Goebbels « strasserien » ; désormais Goebbels est entièrement hitlérien. Cette trahison n'empêche pas que Goebbels a toujours admiré Hitler (), et met ses erreurs sur le dos de ses mauvais conseillers, notamment Hermann Esser, le responsable de la propagande du NSDAP. Goebbels est donc tout dévoué à Hitler.
D'autre part, si Goebbels est pour le socialisme, il se dit absolument contre le marxisme, mais pour la suppression de la propriété privée , un national-socialiste convaincu. Concernant son antisémitisme virulent, l'historien Joachim Fest relève qu'au départ de sa carrière politique, Goebbels se moquait de l'. Néanmoins, par la force des choses, notamment la consolidation du Troisième Reich, la baisse de son influence et surtout la recherche de nouvelles cibles, il devint un antisémite des plus acharnés, bien qu'il s'agisse sans doute plus d'une tentative de , qui ne correspondait pas aux canons du Troisième Reich, qu'une conviction profonde.
Mais ce retournement de situation, Goebbels l'a aussi souhaité ; car il a compris que le camp de Strasser est condamné à plus ou moins long terme. De plus, Goebbels sait qu'avec ses talents de propagandiste, il a une place dans le parti avec ou sans les Strasser. Hitler tient à s'attacher ses services, et pour cela il met les moyens : alors qu'il convoque l'aile gauche et l'aile droite à Munich, pour s'expliquer , Hitler réserve un traitement de faveur à Goebbels. Dès le premier jour, il lui offre une accolade chaleureuse avec les larmes aux yeux ; Goebbels dit être alors . Puis Hitler multiplie les privilèges pour son hôte : il l'attend seul à son hôtel ; ils dînent ensemble, c'est Hitler qui invite commente un Goebbels flatté. À l'opéra, Hitler se met à côté de Goebbels, ce qui le flatte davantage encore. Le lendemain matin commence l'explication : l'aile droite charge Strasser et Goebbels qui réplique, les insultes fusent. Hitler se frotte les mains : il n'a plus qu'à apparaitre à la fin de la réunion comme « le dieu pacificateur et unificateur ». L'après-midi, Hitler le partage avec Goebbels, Kaufmann et von Pfeffer pour expliquer ses nouvelles positions : individualisme et collectivisme sont liés ; il prévoit du privé et du public dans son économie, dans une sorte d'économie mixte.
Hitler réinvite Goebbels le 15 avril chez lui, qui y reste trois jours ; puis ils vont à Wulle pour un meeting, dînent ensemble, Hitler l'embrasse et le flatte tellement que Goebbels croit qu'il le . Le 20 avril, Goebbels a l'honneur de fêter l'anniversaire du Führer (37 ans) avec lui. Hitler remplace peu à peu ses amis d'antan : Strasser, mais aussi Kaufmann qui n'hésite pas à le lui reprocher dans une lettre début mai 1926. Goebbels semble avoir fait son choix depuis longtemps déjà. Le retournement de Goebbels s'est donc effectué là. Hitler a réussi, en soufflant d'abord le froid , incitant Goebbels à se rapprocher de Streicher (19-20 mars), puis en soufflant le chaud en avril (meeting de Munich vendredi 9 avril, anniversaire de Hitler le 20, meeting du 22 mai) l'incitant à se rapprocher de lui-même.
Ce retournement , tout comme le succès de ses actions de propagande. Pour redonner de la visibilité au parti, en perte de vitesse, Goebbels a multiplié les scandales et les provocations, en utilisant les rixes, les harangues anticommunistes ou antisémites. En contrepartie, il est nommé Gauleiter de Berlin à partir de 1926, il est élu dès les élections législatives de mai 1928, devenant ainsi l'un des douze premiers députés du NSDAP à siéger au Reichstag. : , écrit-il dans "Der Angriff", le journal qu'il avait fondé en 1927.
Il épouse Johanna Maria Magdalena Behrend le . Sous le Troisième Reich, la propagande fait de Magda Goebbels l'épouse et la mère de famille modèle de l'Allemagne nazie. Il a cependant des liaisons , dont, entre 1936 et 1938, l'actrice tchèque, Lída Baarová. Le couple n'évite le divorce que grâce à l'insistance de Hitler, qui veut éviter que les frasques de Goebbels soient connues.
Le , Hitler le nomme ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande en raison de ses talents d'orateur et de rhétoricien. Son rôle est essentiel dans la mise en place de la dictature nazie et de la diffusion des mots d'ordre. Selon lui, l'idéal, c'est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu'elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement
Nommé ministre, il se trouve à la tête d'un ministère comptant aux moyens en expansion durant toute son existence ; du fait de ses activités, le ministère est rapidement divisé en départements spécialisés, contrôlant l'ensemble des médias. Ministre chargé de la Propagande, il préside une conférence quotidienne au cours de laquelle il édicte les consignes devant être répercutées par le parti et la propagande de l'État. 
C'est son ministère qui régente et censure la presse écrite, la radio, le cinéma, l'art. Sous l'impulsion de Goebbels, les moyens modernes de communication sont considérablement développés : radio, informations cinématographiques et même télévision (dès 1935). Le , il organise la journée de Potsdam, peu avant le vote de la loi des pleins pouvoirs par le Reichstag, lors de laquelle Hitler obtient le ralliement du Zentrum contre d'éventuelles garanties constitutionnelles qui ne seront pas réalisées. La Telegraphen Union du Trust Hugenberg est confisqué et fusionné avec l'Agence Continentale et l'Agence de presse Transocean pour créer une agence de presse aux ordres.
En 1940, souhaitant toucher un lectorat plus intellectuel que les lecteurs du "Stürmer" ou du "Völkischer Beobachter", il crée un hebdomadaire, "Das Reich", qui paraît du 26 au 15 . Le journal voit sa diffusion tripler entre 1940 et 1944, tiré en à et en 1944 à plus . Avec ce journal, le ministre de la Propagande, qui écrit 218 éditoriaux durant toute l'existence du journal, vise à la fois les nazis convaincus et un public plus informé et plus cultivé que le lectorat du reste de la presse nazie.
Partisan de la violence physique, il organise le boycott général de tous les magasins juifs le et le , sont brûlés lors de l'autodafé organisé par les nazis sur la place de l'opéra à Berlin. Dès septembre 1933, une loi oblige à adhérer à une Chambre de la culture du Reich ("Reichskulturkammer") pour pouvoir exercer une profession artistique ou celle de rédacteur en chef d'un journal. Comme cette adhésion est interdite aux « non-aryens », ces professions deviennent ainsi réservées aux seuls aryens. L'émigration de nombreux intellectuels commence. Goebbels est constamment aux avant-postes dans la radicalisation du régime contre les Juifs avant la guerre (par exemple, lors de la Nuit de Cristal, dont il apparaît comme le principal instigateur).
Il est décrit comme de type méditerranéen, de taille moyenne (mesurant ), la jambe droite déformée des suites d'un pied-bot ou d'une ostéomyélite, squelettique, de complexion maladive et disposant d'un nez proéminent et pointu. De tous les dirigeants du Troisième Reich et hormis la personne de Hitler lui-même, Joseph Goebbels avait l’apparence la plus éloignée du canon esthétique nazi du grand blond athlétique aux yeux bleus (on ironisait volontiers en disant que le bel Aryen était blond comme Hitler, grand comme Goebbels et élancé comme Goering, comme on le voit sur une carte postale). Goebbels n'hésite pas à faire figurer ses propres enfants dans un film de 1939 destiné à justifier la politique d'euthanasie des infirmes alors que lui-même a été réformé du service militaire en raison de son pied bot. Selon Joachim Fest, il cherchait à compenser ses défauts physiques par une dévotion complète au nazisme.
En 1936, il entame une relation avec la jeune actrice tchèque alors âgée de vingt-deux ans, Lída Baarová. Son épouse Magda menace alors de divorcer, n'hésitant pas à aller jusqu'au Berghof afin de plaider sa cause auprès d'Hitler, menaçant même de divulguer des documents précédemment mis à l’abri (lettres, listes, etc.) témoignant des nombreuses incartades extra-conjugales de son époux. Le Führer accéda alors à la requête de Magda, craignant le scandale que pourrait provoquer un divorce, notamment en raison de l'image de la famille modèle qu'incarnait les Goebbels, qui était diffusée par la propagande, et qu'il fallait défendre à tout prix. Hitler intima donc l'ordre à son ministre de cesser toute relation avec l'actrice qui sera renvoyée en Tchécoslovaquie en 1938, où elle sera emprisonnée à la fin de la guerre pour collaboration. Jusqu'à la fin de sa vie, Lída Baarová démentira avoir eu une quelconque relation avec Joseph Goebbels.
Proche de Hitler, Goebbels joue un rôle déterminant à Berlin dans l'échec du complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, rendant possible une conversation téléphonique entre le commandant Otto Ernst Remer et Hitler dans la "Wolfsschanze", alors que la rumeur prétendait qu'il était mort. Il devient immédiatement après « plénipotentiaire pour la guerre totale » en . Durant les mois qui suivent, il continue de croire à la victoire du Reich. Ainsi, lors du congrès des Gauleiter à Posen début , il rend les échelons intermédiaires de commandement responsables des défaites du début de l'été; puis, il expose les raisons d'être optimistes, à partir du moment où les traitres avaient été démasqués et punis.
À partir de l'automne 1944, il tente d'insuffler un esprit combatif à la population : le , il participe à un meeting du NSDAP à Aix-la-Chapelle, directement visée par l'armée américaine ; durant son discours, tout en reconnaissant un certain nombre d'erreurs, il insiste sur les points positifs de la situation militaire et politique dans laquelle se trouve le Reich à l'automne 1944, selon lui : des lignes de défense plus courtes, une connaissance du terrain. Dans le même temps, lors d'une rencontre avec Hitler le 21 il tente de convaincre ce dernier de négocier une paix séparée avec l'Union soviétique. Durant cette période, le ministre de la propagande évolue au milieu d'illusions, non seulement sur la réalité de la situation militaire (et donc sur les probabilités réelles de victoire allemande), mais aussi de solutions diplomatiques, notamment avec l'Union soviétique. Cependant, cet optimisme de façade est absent de son journal personnel qui témoigne plus d'un sentiment de morosité et d'abattement qui touche l'ensemble des dirigeants allemands durant cette période.
Le , son dernier éditorial dans Das Reich lui fournit une dernière occasion de revenir, dans ce journal, sur les Alliés et le prétendu ciment de leur coalition. Selon lui, capitalisme et bolchevisme seraient les deux facettes d'une même domination, servie par les soldats alliés, mercenaires stipendiés par les Juifs, domination à laquelle le national-socialisme se serait attaquée. Il reprend la thématique de la domination juive lors de son discours radiodiffusé du 28 : les alliés occidentaux, ayant contracté une alliance contre nature avec l'Union soviétique, ont «trahi» le Reich et le laissent seul aux prises avec l'« État Juif » par excellence, l'Union soviétique.
Le , il prononce son dernier discours public, dans lequel il développe pour la dernière fois en public le rôle historique que Hitler aurait assumé, selon lui, rôle pour lequel les Allemands lui devraient une obéissance totale. Puis, il compare le Reich en déliquescence à Dieu qui refoulera sûrement les forces du mal, incarnées par la « juiverie internationale ».
Il suit son « "Führer" » jusqu'à la défaite. Le ministère de la Propagande, au service de « la sainte croisade du contre le bolchevisme », mobilise les troupes allemandes et le reste de la population au fur et à mesure que la situation militaire se détériore. du "Volkssturm", troupes de réserve composées d'adolescents et de personnes âgées, lors de la bataille de Berlin.
En 1933, Hitler signa le "Reichskonkordat", un traité avec le Vatican qui exigeait du régime d'honorer l'indépendance des institutions catholiques et interdisait au clergé la participation politique. Toutefois, le régime a continué à cibler les Églises chrétiennes et à essayer d'affaiblir leur influence. Tout au long de 1935 et 1936, des centaines de membres du clergé, religieux et laïcs dirigeants ont été arrêtés, souvent sur des fausses accusations de contrebande de devises ou de délits sexuels. Goebbels a largement diffusé ces accusations dans ses campagnes de propagande, montrant les cas sous le pire des jours possible. Des restrictions ont été imposées aux réunions publiques et les publications catholiques furent confrontées à la censure. Les écoles catholiques ont été sommées de réduire l'instruction religieuse et des crucifix ont été retirés de bâtiments d'État.
Hitler souvent hésita sur la question de savoir si le "kirchenkampf" devait être une priorité, mais ses fréquents commentaires enflammés à ce sujet étaient suffisants pour convaincre Goebbels d'intensifier ses travaux sur la question dans la première moitié de 1937. En réponse à la persécution, le pape Pie XI publia l' encyclique "Mit brennender Sorge", introduite en contrebande en Allemagne le Dimanche de la Passion de 1937 et lue depuis toutes les chaires. Il dénoncait par là l'hostilité systématique du régime envers l'Église. En réponse, Goebbels reconduit la répression et la propagande du régime contre les catholiques. Son discours du 28 mai à Berlin devant du parti, qui a été également diffusé à la radio, attaquait l'Église catholique en l'accusant d'être moralement corrompue. À la suite de cette campagne de propagande, les inscriptions dans les écoles confessionnelles diminuèrent fortement et, en 1939, toutes ces écoles furent dissoutes ou converties en établissements publics. Les harcèlements et menaces d'emprisonnement ont conduit les membres du clergé à être beaucoup plus prudents dans leurs critiques du régime. En partie poussé par des préoccupations de politique étrangère, Hitler ordonna une réduction du "Kirchenkampf" à la fin de juillet 1937.
À la suite de la défaite de Stalingrad, Goebbels prononce le un de ses plus importants discours au palais du Sport de Berlin. Conscient que l'Allemagne est en train de perdre la guerre, il fait approuver par la guerre totale. Il conclut son discours par cette phrase : . 
Nommé « plénipotentiaire pour la guerre totale » par décret de Hitler daté du 25 , il exige que les mesures à mettre en œuvre soient concentrées sous l'autorité d'un seul responsable, appuyé sur les Gauleiter, et, alliant ses demandes à celles de Speer, défend l'opportunité d'un ratissage de la main d’œuvre, ratissage de nature à permettre la formation de . Le 22 juillet, soit deux jours après l'attentat, il est officiellement chargé de mobiliser les civils pour le conflit : dans un discours devant le cabinet réuni pour l'occasion le 22 juillet, il se propose de : son action est strictement bornée par Bormann, responsable du NSDAP, et par Himmler, responsable de l'armée; il définit aussi la guerre totale non seulement comme un problème matériel, mais aussi comme un problème psychologique et idéologique.
Doté de pouvoirs élargis, , selon ses mots, il doit néanmoins compter avec Himmler et Keitel, responsable de l'armée, et Bormann, compétent pour tout ce qui touche au NSDAP, mais surtout il reste un pouvoir parmi d'autres au sein du Reich en guerre, tenant son pouvoir de Hitler. Il fait cependant rapidement preuve d'une activité importante, imposant aux Gauleiter une conférence téléphonique quotidienne, mais doit tenir compte des demandes des secteurs économiques vitaux pour le Reich en guerre, sans compter les demandes du parti et des Gauleiter : ses efforts, qui consistent en réalité à , se soldent en définitive par l'envoi de 1 million d'hommes sur le front à la fin de l'année 1944. 
Rapidement, ces pouvoirs élargis le font rentrer en conflit avec Speer, chargé de la production d'armements : ce conflit a pour enjeu l'utilisation de la main-d’œuvre dégagée par les mesures de rationalisation de l'économie de guerre. Ils se réconcilient à l'automne, lors de la réception organisée le 14 novembre 1944 au ministère de la propagande, à laquelle sont conviés, en plus de Speer, Dönitz, Kaltenbrunner, , Funk et Ley : à cette occasion est projeté un film commandé par Speer sur les V2 tourné à l'été 1944.
Après le suicide de Hitler dans l'après-midi du 30 avril, il est brièvement chancelier du Reich du 30 avril au mai. Ses dernières tentatives consistent à essayer de prendre contact avec les Soviétiques qui sont à la Zimmerstrasse, non loin du "Führerbunker" de la "Neue Reichskanzlei", en parvenant avec ses aides de camp à mettre en place un téléphone pour communiquer avec eux. Il tente alors de négocier un armistice, mais ne parvient pas réellement à joindre les autorités soviétiques.
Refusant catégoriquement une reddition sans conditions, Goebbels se donne alors la mort par balle au soir du 1945 avec son épouse Magda, après qu'elle a tué leurs six enfants âgés de 4 à 12 ans en les empoisonnant à l'aide de cyanure. Tout comme Hitler, son corps est partiellement brûlé par les aides de camp de la chancellerie à cause du manque d’essence.
Ainsi, le 4 ou 5 mai, des soldats soviétiques découvrirent son corps, qui n’avait pu se consumer complètement ; son identification fut de ce fait facilitée par son profil caractéristique.
Les dépouilles de la famille Goebbels furent alors transportées jusqu'à Rathenow et inhumées dans un champ (ou une forêt ?) près du village de Neu Friedrichsdorf, à environ un kilomètre à l'est de la ville où le SMERSH (contre-espionnage soviétique) avait son enceinte. Huit mois plus tard, elles étaient exhumées pour être ensevelies dans la garnison de Magdebourg au 32 et 36 Westerndstraße (aujourd’hui Klausenerstraße). Aussi longtemps que le territoire resta sous autorité soviétique, le secret pouvait être bien gardé. En 1970, devant restituer au gouvernement de la République démocratique allemande les garnisons qu’ils occupaient à Magdebourg, les Soviétiques craignirent que la découverte des dépouilles n'engendre un lieu de pèlerinage néo-nazi. Youri Andropov, chef du KGB, ordonna alors de faire disparaitre définitivement les restes. Le 4 avril au soir, les os furent déterrés et placés dans des boîtes. À l'aube du 5 avril, celles-ci furent empilées sur un bûcher à l’extérieur de la commune de Schönebeck à onze kilomètres de Magdebourg puis, d'un pont qui enjambe l'Elbe, à (à une vingtaine de kilomètres de Schönebeck), les cendres furent dispersées dans la rivière
Le copieux "Journal" tenu par Goebbels de 1923 à 1945 est un document capital pour les historiens et comporte 29 volumes édités intégralement par l’"Institut für Zeitgeschichte" (Institut d'Histoire contemporaine de Munich). On y découvre, de l'intérieur, le fonctionnement complexe du régime nazi, la servilité de Goebbels vis-à-vis de son maître considéré infaillible, les intrigues et rivalités au sein du premier cercle, et surtout la machine à manipuler les esprits que dirige Goebbels. Trois thèmes lui serviront jusqu'au bout à entretenir ses propres illusions sur le succès final alors que troupes alliées, soviétiques et anglo-américaines, ont manifestement mis à genoux la « Grande Allemagne » : les Juifs, responsables du mal par définition, les Soviétiques, autre incarnation du mal absolu, et les promesses de lendemains meilleurs. On découvre aussi la psychologie d'un personnage-clé du « Reich millénaire » niant les crimes nazis et s'indignant des bombardements « criminels » de civils dans les villes allemandes attaquées.
Dans le premier volume paru de la traduction en français du « Journal » de Goebbels ("Journal 1943-1945", texte établi et annoté par Pierre Ayçoberry), on assiste au déclin puis à la chute du Troisième Reich. La rigueur de sa documentation fait de cet ouvrage un document important sur les rouages du pouvoir dans l'Allemagne nazie. Son style est fréquemment grandiloquent. Goebbels écrivait en prévision de la publication de son journal (les droits en avaient été vendus aux presses officielles du NSDAP en octobre 1934, en prévision d'une parution vingt ans après sa mort). C'est sans doute pourquoi les écrits de Goebbels dérivent progressivement vers l'auto-justification et la recherche de coupables pour expliquer la défaite de plus en plus probable de l'Allemagne nazie. Les deux cibles principales de Goebbels sont à ce titre la Luftwaffe - et à travers elle Hermann Göring - et le haut commandement de la Wehrmacht, plus particulièrement les milieux aristocratiques. Derrière cette dernière critique, on sent poindre la fascination de Hitler et Goebbels pour Staline qui a, selon eux, réussi à mettre en place un régime totalitaire ultime en éliminant tous les cercles intermédiaires.
Dans des tomes précédents, il aborde en 1941 la liquidation des malades mentaux, arguant que À la fin de 1941 et en 1942, il revient à plusieurs reprises sur l'extermination des Juifs, Emmanuel Le Roy Ladurie le qualifiant à cet égard d' co-inspirateur de ce que Goebbels évoque aussi sous le nom de , ou . Il a, en tant que Gauleiter, participé de manière active à la déportation des Juifs de Berlin.
Enfin, le texte décrit de manière saisissante le désordre qui règne dans les milieux décisionnels du Troisième Reich et fait ainsi définitivement voler en éclats le mythe de la machine de guerre allemande bien huilée. En l'absence d'une hiérarchie définitive et d'une répartition claire des compétences, on assiste en effet à d'incessantes querelles personnelles - dans lesquelles Goebbels n'est jamais le dernier à s'impliquer - où le but est "in fine" de gagner les faveurs d'un Führer de plus en plus enfermé dans son idée fixe. Ce climat rend difficile, voire impossible, la prise de décision comme la réalisation de tout projet concret. Ainsi bien que Goebbels n'ait de cesse d'appeler à la guerre totale et mentionne continuellement le sujet, de réunion en réunion, ce projet n'avance pas. Goebbels lui-même prélève en 1944 des milliers de soldats sur le front de l'Est pour tourner en tant que figurants dans une de ses productions cinématographiques.
On peut aussi signaler qu'il parlait couramment français mais absolument pas anglais. Cela explique peut-être ses erreurs de ton face à l'Angleterre, mais aussi les idées empruntées à Joseph Arthur de Gobineau.
Joseph Goebbels est un rôle récurrent dans les productions cinématographiques ayant pour thème le Troisième Reich. En premier est indiqué le nom de l'acteur l'interprétant.