Football américain

Le football américain est un sport collectif opposant deux équipes de onze joueurs qui alternent entre la défense et l'attaque. Le but du jeu est de marquer des points en portant ou lançant le ballon jusqu'à la zone d'en-but adverse. Pour conserver la possession, l'équipe attaquante doit parcourir au moins 10 yards en 4 tentatives (appelées « down »). Dans le même temps, l'équipe en défense doit empêcher l'attaque d'atteindre cet objectif, dans le but de reprendre la possession de la balle. Si l'équipe attaquante valide 10 yards ou plus lors de sa possession, elle bénéficie de quatre nouvelles tentatives pour continuer à gagner du terrain. Sinon, la possession de la balle change de camp, et les rôles (défense/attaque) s'inversent.
Les points peuvent être marqués de différentes façons : en franchissant la ligne de but avec le ballon, en lançant la balle à un autre joueur situé de l'autre côté de la ligne de but, en plaquant le porteur du ballon de l'équipe adverse dans sa propre zone d'en-but (safety) ou en tirant au pied le ballon entre les poteaux du but adverse. Le vainqueur est l'équipe ayant marqué le plus de points à la fin du match.
Aux États-Unis et au Canada (y compris au Québec), ce sport (ainsi que son pendant canadien) est connu sous la simple dénomination de football.
Le football américain descend du football association ("soccer") et du rugby. Ces deux disciplines codifiées en Angleterre sont introduites en Amérique du Nord dès 1861 pour le football association ("soccer") et en 1864 ou 1865 pour le rugby. Les premiers matchs de rugby joués sur le continent américain sont probablement disputés en 1864 à Toronto ou en 1865 à Montréal. Cette branche canadienne donnera naissance au football canadien.
Aux États-Unis, les équipes universitaires pratiquent aussi le rugby et le football association ("soccer"). C'est d'ailleurs l'occasion de confusions. Ainsi, pendant longtemps, on considéra que le premier match de football américain se tint le : Rutgers s'impose 6-4 face au "College of New Jersey" (futur Princeton). Selon les recherches de l'historien Stephen Fox, ce match de "New York Ball" pourrait être un match de "football association" ("soccer"). Princeton et la NFL admettent désormais cette version.
Les Canadiens proposent aux Américains un match universitaire de rugby opposant les Montréalais de l'Université McGill aux étudiants de Harvard qui ne pratiquaient pas du tout le football. On joue une mi-temps selon les règles de chaque université. En effet, chaque école possède ses règlements propres, comme cela était également le cas en Europe quelques années plus tôt. Harvard adopte en 1875 comme règlement celui édicté par Yale, mais il s'agit toujours d'un mélange entre rugby et football association ("soccer"), nommé "combination" en Europe. Il faut attendre le , et la fameuse "Massasoit Convention", pour voir la mise en place de règles communes à plusieurs universités américaines. De fait, ils adoptent l'ensemble des règlements de la fédération anglaise de rugby à l'exception d'un détail, le comptage des points. Le football américain clairement différent de ses ancêtres reste encore à créer.
Entre 1880 et 1883, Walter Camp, entraîneur de Yale, modifie en profondeur les règles et l'esprit du jeu : réduction des joueurs de 15 à 11, réduction de la surface du terrain et introduction du "scrimmage". Ces modifications de Walter Camp sont complétées par d'autres à la même période : une équipe doit rendre la balle à l'adversaire si elle n'est pas parvenu à progresser de cinq yards en trois tentatives. Le football américain est né.
Les premiers joueurs professionnels sont recensés en 1892-1893 mais il faut attendre 1896 pour voir la première équipe composée exclusivement de joueurs professionnels : « Alleghany Athletic Association ». Un an plus tard, « Latrobe Athletic Association » est la première équipe à boucler une saison complète avec une formation composée exclusivement de joueurs professionnels (1897).
La première passe complétée date du . Avant cette date, les passes en avant n'étaient pas autorisées.
La National Football League (NFL) se met en place en 1920 afin de mettre un terme à la gabegie qui règne alors dans le monde du football américain.
Le football américain reste longtemps cantonné aux seuls États-Unis où il devient le sport numéro un, devant le baseball, dès les années 1970. Exception notable, le Japon, influence américaine oblige, où se dispute un championnat universitaire depuis 1947. Le jeu est introduit en Europe entre la fin des années 1970 et le début des années 1980. Une fédération internationale de football américain est créée en 1998.
Bien qu'il ne semble pas y avoir de filiation entre les deux sports, la forme moderne du football américain est très proche du rugby à XIII. En effet, la règle des quatre "downs" est équivalente aux cinq "tenus" ou "tombés" terme qui traduit exactement "down" du rugby à XIII. La seule différence fondamentale est que le "quarterback" l'homologue du « demi de tenu » en rugby à XIII est autorisé à effectuer une passe en avant. Enfin, il est important de noter que le quarterback n'est pas le seul joueur autorisé à faire une passe vers l'avant, tout joueur pouvant recevoir une passe, peut également en faire une.
La plupart des ligues féminines de football américain jouent avec les mêmes règles que celles suivies par les joueurs masculins, à une exception près : les ligues des femmes utilisent un ballon plus petit, adapté à des mains plus petites. Il existe par ailleurs un dérivé du football américain, le flag football, réputé comme plus facile d'accès aux femmes le contact physique y étant moins important.
Les règles telles qu'elles sont présentées ici correspondent à celles du championnat professionnel américain (NFL). Elles diffèrent parfois sensiblement suivant les compétitions. En Europe, le football américain se pratique ainsi en s'inspirant plutôt des règles en vigueur dans le championnat universitaire américain de la NCAA.
Le terrain mesure au total 120 /verges (au Canada) de longueur, soit sur 53,33 de largeur (). Les règles américaines de la " précisent les dimensions en pied : par 160.
À chaque extrémité du terrain, on trouve la zone d'en-but appelée ' et, au fond de celle-ci, les poteaux entre lesquels le ballon doit passer pour le botté de transformation après un ' ou le botté de placement, ". La zone d'en-but mesure 10 , environ , de longueur après la ligne de but et ce, sur toute la largeur du terrain. Il est courant de voir les zones d'en-but peintes aux couleurs de l'équipe jouant à domicile.
Le terrain est divisé en portions de 5 () représentées par des traits de peintures blanches pour mieux visualiser les distances parcourues. Tous les 10 (), et jusqu'au centre du terrain, la distance séparant la ligne de l'en-but est marquée en police blanche.
Tous les et au centre du terrain des traits hachurés appelés ' sont disposés. Ces ' délimitent la largeur maximale autorisée pour les mises en jeu afin d'éviter que ces dernières se déroulent trop près des lignes de touche.
Au fond de chaque zone d'en-but, un poteau jaune est dressé au milieu de la largeur du terrain. Ce poteau est complété par une barre horizontale située à de hauteur et elle-même complétée par deux poteaux verticaux distants de . Ces barres portant la hauteur total des poteaux à , au minimum. Contrairement au rugby où les poteaux forment un H, au football américain, les poteaux ont la forme d'un Y.Le quart-arrière n'a pas le droit de lancer la balle après avoir traversé la ligne de mêlée.
En France, il y a plusieurs catégories au football américain (citées dans l'ordre ci-dessous) :
(1) Pour les minimes et les plus jeunes, certains clubs proposent une « école de foot » pour leur permettre d'apprendre les règles et de se préparer à rentrer en cadet sans contact.
(2) Le championnat de Vétérans n'existant pas, un bon nombre de club possède une équipe B pour permettre aux vétérans d'avoir du temps de jeu avec l'esprit de compétition en moins
-Les atomes (secondaire 1) ;
-Les benjamins (secondaire 2) ;
-Les cadets (secondaire 3) ;
-Les juvéniles (secondaire 4 et 5) ;
-Le collégiale ;
-Universitaire.
La multiplication des accidents souvent mortels, à la fin du et au début du , poussèrent les autorités à rendre les protections obligatoires au niveau amateur. Chaque joueur porte aujourd'hui l'équipement de protection suivant :
Le casque est l'élément le plus important et le plus lourd de l'équipement, il est composé d'une coque en plastique garnie de chambres à air et de pièces en mousse pour les bas de gamme et d'autres matières plus sécuritaires pour les hauts de gammes. Le casque doit tenir parfaitement le crâne du joueur qui veille à le tenir serré grâce à la mentonnière et aux chambres à air. L'utilisation d'un protège-dents est obligatoire.
La grille du casque faite d'acier plastifié permet la protection du visage jusqu'au menton. Elle doit donc être solide tout en laissant un maximum de visibilité. Plus le poste d'un joueur est exposé aux chocs, plus sa grille sera protectrice. En effet, les grilles des casques sont différentes selon les postes occupés. Ouvertes pour les " et les receveurs qui ont besoin d'avoir une bonne vision du jeu, elles sont plus serrées pour les joueurs de ligne.
Certains joueurs portent des gants spécifiques à leur poste. Par exemple, un joueur de ligne (') aura des gants renforcés aux articulations et sur le dessus de la main tandis qu'un ' (receveur éloigné) aura des gants plus fins avec une meilleure adhérence pour mieux capter la balle. Il faut aussi de bonnes chaussures de football américain (chaussures à crampons; crampons moulés ou vissés ou encore incrusté). Depuis l'année 2012, la marque Nike a racheté l'ensemble des droits d'équipement à Reebok.
Le ballon est de forme ovale comme au rugby, mais légèrement plus petit ( long et de circonférence) et plus léger (397 à ), permettant au "quarterback" de le lancer très loin et rapidement à une seule main. La pression intérieure du ballon doit être de 0.86-0.93 atm. Il comprend un lacet permettant une meilleure prise en main par le "" et lui permettant d'imprimer un mouvement rotatif qui stabilise et allonge sa trajectoire. Il est également appelé "pig skin", littéralement peau de cochon, matière dont il était fait à l'origine, aujourd'hui il est fait en cuir de vache.
La partie dure 60 minutes effectives, pour environ 11 minutes de temps d'actions de jeu — mais plusieurs heures au total — et comporte quatre quart-temps de 15 minutes (donc, deux mi-temps de trente minutes). Entre le premier et le deuxième quart-temps, on procède juste à un changement de côté et on garde la même position relative pour le ballon. En revanche, entre les deuxième et troisième quart-temps (première et seconde mi-temps), c'est le repos d'environ 20 minutes. Au début du troisième quart-temps l'équipe qui a reçu l'engagement au premier quart-temps engage à son tour. En cas d'égalité, une prolongation était jouée sur le mode de la « mort subite » jusqu'à la saison 2009-2010. Lors de la réunion annuelle de la NFL pendant l'intersaison de mars 2010, la règle est changée, notamment à la suite de la finale de conférence NFC des derniers "playoffs" qui vit les Saints battre les Vikings avec un "field goal" en prolongation. Désormais l'équipe qui a la possession en premier pendant la prolongation ne peut plus gagner sur un "field goal". Une équipe commençant les prolongations avec la possession de balle ne peut gagner le match qu'en inscrivant un "touchdown". Si elle n'inscrit qu'un "field goal", l'autre équipe prend le ballon à son tour et peut tenter d'égaliser par un "field goal" ou gagner en inscrivant un "touchdown".
Un match de football américain se déroule en deux phases de jeu bien distinctes : l'attaque et la défense. Le changement entre les deux phases s'opère à plusieurs occasions détaillées plus bas.
Le jeu commence par un botté d'engagement ou '. Ce coup de pied est utilisé en entame de chaque début de mi-temps (premier et troisième quart-temps) ou pour reprendre le jeu après qu'une équipe a marqué des points. Il est, dans la plupart des cas, utilisé pour envoyer le ballon le plus loin possible dans le camp adverse. Un joueur de l'équipe adverse se doit de rattraper le ballon et de tenter d'avancer ballon en main. L'endroit où le joueur remontant le ballon sera plaqué déterminera le lieu où la phase d'attaque débutera pour son équipe. Quand le ballon atterrit dans la zone de l'en-but de l'équipe qui va passer en attaque, le joueur qui reçoit le ballon peut soit décider de tenter de jouer le ballon, soit se mettre à genou pour arrêter le jeu. La phase offensive commencera alors sur la ligne des 20 de l'équipe - on parle alors de '.
L'équipe possédant le ballon est en phase d'attaque et dispose de quatre tentatives pour parcourir une distance de 10 - aussi appelés verges au Canada et représentant environ - à partir de la ligne du début de la phase d'attaque la '. L'équipe en attaque va alors progresser en gagnant 10 par 10 , on dit parfois que le football américain est un jeu de « gagne-terrain ». Si l'équipe en attaque recule elle devra regagner le terrain perdu et ainsi que les 10 classiques pour avoir une nouvelle série de quatre tentatives (').
Si, à l'issue des quatre tentatives, l'équipe n'a pas parcouru la distance des 10 (ou plus si elle avait reculé), la possession du ballon est donnée à l'adversaire. L'adversaire récupère alors le ballon à l'endroit où l'attaque s'est arrêtée : c'est un '. Pour éviter que l'équipe adverse ne récupère le ballon trop près de la zone den-but" et se trouve donc dans une situation de marquer trop favorable, il est possible de taper un coup de pied afin de dégager le ballon. Ce coup de pied de dégagement est appelé "" (aussi appelé botté de dégagement au Canada). Il est généralement effectué lors de la quatrième tentative.
La phase d'attaque débute avec le ballon tenu par le centre de la ligne offensive qui le passe entre ses jambes au ". Deux moyens de progression se présentent alors aux joueurs de l'équipe offensive :
En phase de défense plusieurs méthodes peuvent être employées pour stopper la progression du ballon :
Touchdown (6 points) 
Il a lieu lorsqu'un joueur est en possession du ballon à l'intérieur de la zone d'en-but de l'équipe adverse. Il suffit que la balle traverse une ligne imaginaire au-dessus de la ligne d'en-but pour que le " soit valide sur un jeu de course ou qu'un joueur reçoive la balle dans la zone avec l'un des deux pieds au sol (ou les deux pieds selon le championnat).
Try for extra point (1 ou 2 points)
Un ' donne lieu à une tentative de transformation, appelée try, extra-point attempt ou plus communément PAT (abréviation de '). 
Cette tentative est jouée à 15 de la ligne d'en-but en NFL ou à 3 yards dans les autres championnats et peut être effectuée de deux manières :
La défense peut marquer deux points en retournant le ballon dans la endzone adverse, si l’attaque perd le ballon (coup de pied bloqué, interception ou fumble).
Le taux de succès de la ' étant proche des 40% en NFL et en ligue universitaire, ce type de transformation est bien plus risqué que l"; de ce fait, elle n'est généralement utilisée que dans des cas particuliers où marquer un seul point supplémentaire ne suffirait pas.
Field goal (3 points)
Un coup de pied pour être validé doit passer entre les deux barres verticales du but. Si le coup de pied est raté, la possession de la balle est donnée à l'équipe adverse à l'endroit où le coup de pied a été frappé.
Safety (2 points) Safety (points)
Un " se produit dans la zone d'en-but de l'équipe se trouvant en possession du ballon. Il est accordé si le porteur du ballon est plaqué dans sa propre zone d'en-but ou sort des limites de celle-ci ou encore si une faute d'attaque est commise dans cette zone.
Au football américain, les pénalités sanctionnent les fautes commises sur le terrain avant, pendant ou après la phase de jeu. La sanction est une perte de ' avec 5 ou 10 ' ou plus de perdus et/ou une perte de tentative ('). Les pénalités sont signalées par des ' (mouchoirs) jaunes que l'un des sept arbitres (en NFL) jette par terre quand il voit une faute. L'arbitre principal, reconnaissable à sa casquette blanche, communique alors par gestes avec les joueurs et le public pour indiquer la nature de la faute et par conséquent le nombre de yards perdus.
Les fautes les plus courantes sont les départs anticipés, les contacts illégaux (dans le dos par exemple) - appelés aussi ', la saisie de la grille du casque - ' - et l'interférence de passe - "".
Bien qu'il n'y ait que 11 joueurs de chaque camp sur le terrain pendant chaque phase de jeu, une équipe comporte un grand nombre de joueurs. Le "roster" (effectif) comporte 53 joueurs (en NFL où c'est une limite maximum). Les remplacements ne sont pas limités comme dans la plupart des autres sports mais peuvent être effectués entre deux phases de jeu. Une équipe de football américain compte donc plusieurs formations spécialisées adaptées aux différentes phases de jeu. Ces formations sont composées de joueurs différents bien que certains puissent faire partie de plusieurs unités.
L'équipe mise en place en défense peut être divisée en trois rideaux principaux :
L'attaque d'une équipe est composée :
Ces unité entrent en jeu à l'occasion de situations bien spécifiques. Il existe des formations différentes pour effectuer les bottés d'engagement ("kick offs"), de dégagement ("punts") ainsi que les placements (bottés de trois points, ou "field goals"). Certains joueurs ultraspécialisés n'entrent sur le terrain que pour ces phases de jeu. Il s'agit notamment du "punter" qui effectue les bottés de dégagement, du "kicker", spécialisé dans les coups de pied placés (transformations et "field goals") et du "long snapper", qui remplace le centre dans certaines de ces phases de jeu. Une "special team" défensive est aussi mise en place à l'occasion de chacune de ces situations. Elles agissent pour empêcher l'équipe adverse de marquer ou pour remonter le ballon le plus efficacement possible dans le cas d'un botté d'engagement ou de dégagement.
Le caractère extrêmement haché du jeu, le principe du gagne-terrain et les remplacements illimités ont conduit, au fil des années, les entraîneurs à développer des schémas tactiques d'une grande sophistication. Les développements de l'analyse vidéo et de l'informatique ont accentué ce phénomène. Le football américain est souvent comparé à une forme de jeu d'échecs dont les pièces seraient vivantes, et bien des subtilités échappent au spectateur même averti.
Pour construire ce qu'ils appellent leur « système », les entraîneurs sont amenés à faire des choix sur leurs priorités offensives, défensives et sur les équipes spéciales. Faut-il privilégier la possession du ballon, ou jouer avec la position sur le terrain ? En attaque, utilisera-t-on le jeu de passe avant pour libérer ensuite des espaces pour la course, ou au contraire le jeu sera-t-il basé sur des jeux au sol avec de temps en temps des feintes menant à des passes avant ("play action") ? En défense, on peut choisir un système risqué mais pouvant rapporter gros consistant à envoyer des défenseurs supplémentaires mettre la pression sur le "quarterback" ("blitz"), ou bien on peut décider de laisser l'adversaire gagner du terrain petit à petit sans en concéder de larges portions, en comptant sur le fait qu'il finira par faire une erreur (« Le roseau plie mais ne rompt pas »). Enfin des choix s'imposent aussi quant aux unités spéciales. Quand faut-il dégager en , quand faut-il tenter le tout pour le tout ?
La règle du football américain impose que sept joueurs au minimum soient positionnés juste derrière la ligne de "scrimmage". Les autres doivent être en retrait d'au moins une verge (1 yard), positionnés dans l'arrière-champ. Ce n'est pas sans conséquences tactiques car seuls ces derniers ainsi que les joueurs situés aux extrémités de la ligne sont autorisés à réceptionner une passe avant.
Suivant le système de jeu offensif, l'entraîneur positionnera donc les joueurs afin d'optimiser le résultat.
On distingue grossièrement trois façons de faire avancer le ballon au sol (jeu de course) : en puissance (en utilisant la force des porteurs de balle et de la ligne offensive), en rapidité (en jouant si rapidement que le second rideau n'a pas le temps de réagir) ou en finesse (en cachant le ballon, en multipliant les feintes ou en jouant "l'option").
De la même façon, il existe plusieurs types de passes avant : le plus classique est le "drop back" qui voit le QB reculer de quelques pas en regardant devant lui (il "lit" la défense) avant de s'arrêter et de lancer sa passe. Les hommes de ligne forment alors une poche pour le protéger. Le QB peut aussi partir directement vers l'extérieur ("roll out"), il devient plus menaçant pour la défense puisqu'il peut décider de passer ou de courir lui-même. Cette tactique de jeu est particulièrement efficace quand elle est combinée avec une feinte de course à l'opposé ("bootleg"). Les inconvénients pour l'attaque sont que la précision du QB est moindre puisqu'il court, il est plus exposé à la défense, et il ne peut plus jouer sur l'intégralité du terrain car une passe « en travers du terrain » serait hasardeuse.
Enfin, une autre catégorie de passe est particulièrement efficace contre les défenses agressives, il s'agit de la "screen pass". Dans ce type de passe, le QB recule exagérément tandis que la ligne offensive laisse pénétrer les défenseurs et se place devant un receveur ou un porteur de balle qui se sera démarqué. Juste avant de se faire "sacker", le QB passe le ballon au receveur qui dispose d'un véritable écran ("screen") de protection pour progresser.
Le choix des tactiques est dicté au Quarterback par l'entraîneur. Ensuite lors du huddle c’est-à-dire le rassemblement des joueurs avant la séquence de jeu, celui-ci donne le nom de code correspondant à la tactique à exécuter. Lors du décompte, le quarterback peut encore changer la tactique en criant un nouveau nom de code ("Audible"). Chaque nom de code correspond à une combinaison travaillée à l'entraînement par les joueurs. Toutes les formations sont enregistrés dans un "playbook".
Le placement en défense est libre. Les formations défensives les plus courantes en NFL sont la "43" (4 hommes de ligne, 3 "linebackers" et 4 arrières) et la "34" (3 hommes de ligne, 4 "linebackers" et 4 arrières). En raison de grand nombre de passes avant tentées dans ce championnat, on remplace fréquemment des joueurs du premier et deuxième rideau par un ("nickel") voire deux ("dime") arrières défensifs supplémentaires.
Parmi les choix tactiques que doit faire l'entraîneur de la défense, il y a celui du mode de couverture de passe : zone ou individuelle. La défense de zone est moins susceptible de concéder de larges portions de terrain d'un seul coup. Elle donne de plus grandes chances aux arrières défensifs d'intercepter le ballon, mais elle nécessite des défenseurs intelligents et disciplinés. La défense individuelle requiert des joueurs plus athlétiques, elle génère moins d'interceptions mais plus de passes incomplètes. Elle offre aussi davantage de possibilités quant à envoyer des défenseurs "blitzer".
Plusieurs jeux sont possibles en défense comme le "flex", le "standard", le "pass defense", etc.
Le chronomètre s'arrête quand une passe est "incomplète", que le porteur du ballon sort du terrain, après un temps mort, une faute, etc. et il continue quand un joueur est plaqué. Ceci ajoute une dimension passionnante au football : une équipe qui mène au score et qui a la balle en sa possession a intérêt à jouer la montre, et utiliser les 40 secondes disponibles avant chaque mise en jeu pour faire perdre du temps. Dans ces conditions, le match peut donc être terminé 2 minutes avant la fin officielle si l'adversaire n'a plus de temps morts : le quart-arrière (quarterback) se contentera de mettre un genou au sol (même conséquence qu'un plaquage donc pas d'arrêt du chronomètre) et ce pour ses quatre "tentatives".
De la même façon, une équipe en possession du ballon, menée au score en fin de match, multipliera les passes, et ses porteurs de balle feront tout pour sortir en touche afin de stopper le chronomètre. Un quarterback pourra même jeter la balle au sol volontairement, sacrifiant une tentative (spike).
Le football américain est un sport assez peu diversifié en ce qui concerne les types de joueurs : ce sport privilégie surtout les joueurs grands, puissants et très rapides, et exclut de fait la majorité de la population. Il faut aussi des joueurs extrêmement imposants pour former les lignes, et des joueurs grands et agiles pour les running back et wide receiver. Le quarterback nécessite une agilité et une vision du jeu avant tout, mais il doit être aussi solide pour éviter les blessures. Ainsi, un joueur de NFL mesure en moyenne 187 cm et pèse 112 kg, contre 175 cm et 82 kg pour un américain moyen.
En NFL, les joueurs sont d'authentiques athlètes : la majorité des receveurs sont de grands sprinteurs dont certains d'entre eux frôlent les 10 secondes au 100 mètres. Ils sont capables de parcourir 60 yards de terrain en quelques secondes (avec l'équipement), de tourner la tête et de capter des balles lancées en missile, puis de résister au plaquage des défenseurs.
C'est un des sports les plus impressionnants au niveau athlétique avec des joueurs qui passent deux fois plus de temps en salle de musculation que sur le terrain.
Il faut toutefois préciser que ce sport, tel qu'il est pratiqué aux États-Unis au niveau professionnel, est souvent cité comme un des plus touchés par le dopage ; c'est ainsi que l'on explique que l'espérance de vie d'un joueur professionnel de football américain ne dépassait pas 55 ans dans les années 1990.
Au football américain, le rôle des entraîneurs est très important, plus que dans n'importe quel autre sport, par leur impact direct et permanent sur le jeu. On dénombre pas moins d'une vingtaine de personnes uniquement dans l'encadrement sportif. Ainsi, il y a un entraîneur différent pour presque chaque poste auquel on ajoute un entraineur chargé de la condition physique et de nombreux assistants. En effet, l'effectif total d'une équipe pro NFL peut compter jusqu'à 70 joueurs : 53 joueurs actifs, plus l'équipe d'entraînement ("practice squad"), 10 autres athlètes (réservistes) et la liste des blessés. Bien évidemment, il faut encore ajouter le personnel médical et administratif.
Cependant on peut mettre en avant quelques postes importants :
Des start'ups essaient d'améliorer les techniques d'entrainement grâce aux nouvelles technologies. La société STRIVR – pour ""Sports Training in Virtual Reality"-" a par exemple développé une plateforme d'entrainement reposant sur la réalité virtuelle. Grâce à un casque HTC Vive, les athlètes peuvent accéder à un environnement à 360° leur permettant de revivre des situations du terrain tout en étant dans une salle de classe.
Les stades utilisés aux États-Unis par les franchises professionnelles ou les équipes universitaires de football américain sont souvent d'immenses enceintes dont certaines comptent parmi les plus grandes au monde. En 2005, spectateurs ont assisté aux 709 matchs concernant la Division I-A de la NCAA, soit une moyenne de spectateurs par match. Dans ce domaine, tous sports confondus au niveau mondial, seule la NFL fait mieux ( en 2005) ("voir :" Liste des affluences sportives).
Aux États-Unis, même pour les matchs mineurs, on trouve des meneuses de claques ou pom-pom girls ("cheerleaders") pour animer les tribunes. Ces dernières sont organisées en véritables équipes et mettent de l'ambiance avec des chants et des figures de gymnastique. Dans les stades universitaires, l'orchestre de l'université accompagne toujours son équipe.
Le sport est très populaire aux États-Unis, autant que le football l'est dans le reste du monde. Dans le Sud profond et Middle West des États-Unis, les gens parlent presque de « religion ». Cet engouement pour ce sport commence dès le plus jeune âge avec de nombreuses familles passionnées et les écoles qui ont elles aussi leurs équipes. Encore une fois, les joueurs sont sélectionnés en fonction de leur gabarit et de leurs aptitudes athlétiques et physiques.
Mais passés leur scolarité, et à l'exclusion évidemment des joueurs retenus dans les équipes professionnelles, peu d'Américains pratiquent ce sport dans leurs loisirs, situation à opposer, par exemple, à celle des Européens qui pratiquent leur « soccer » dans différentes ligues amateurs ou « corpos » etc. Des formes simplifiées lui sont préférées.
La popularité du sport en Amérique du Nord a entraîné le développement de ligues sportives virtuelles où les joueurs endossent le rôle d'entraîneurs : les ligues fantasy. Le football américain est le sport qui compte le plus grand nombre de ligues fantasy.
La "" (désignée par l'acronyme "NFL") également appelée "Ligue nationale de football" au Québec rassemble l'élite des professionnels depuis 1920. C'est la principale ligue professionnelle de football américain dans le monde. Les saisons NFL se terminent depuis 1967 par une finale appelée Super Bowl. La saison régulière comporte désormais 16 matchs répartis sur 17 semaines consécutives suivis d'une phase de séries éliminatoires conduisant au Super Bowl. La saison NFL 2007 fut la de la NFL. Elle s'acheva le à Phoenix avec le Super Bowl XLII.
De 1983 à 1985, le ' tenta de concurrencer le monopole de fait de la NFL. Ce fut un échec retentissant conclu par un procès condamnant la NFL à verser à l'USFL un dollar symbolique de dommage et intérêt. L'USFL hérita alors du sobriquet de la ligue à un dollar « ' ».
Beaucoup d'autres ligues ont tenté de faire face à la NFL, jusqu'à aujourd'hui elles ont toutes échoué.
En 2009, une nouvelle fois une ligue (United Football League ou UFL) tente de concurrencer la NFL. La Ligue fait faillite après seulement quelques saisons.
La " (désignée par l'acronyme "AFL") est une ligue mineure fondée en 1987. La ligue fait faillite en 2009, puis est refondée en 2010. Elle organise un championnat de football américain en salle aux États-Unis de janvier à juillet, pendant l'intersaison de la NFL. La particularité de cette ligue est d'utiliser un terrain deux fois plus petit (en salle) et le nombre de joueurs est de 8 au lieu de 11 par équipe sur un terrain.
La ' (désignée par l'acronyme "NCAA") organise un championnat universitaire de football américain aux États-Unis., les « ' » de fin de saison font office de finales. Parmi les équipes les plus en vue dans ces compétitions de ', on peut citer les équipes suivantes : les ' (possédant 8 ou 11 titres de championnat selon les versions), les ' (treize titres de champion), ' (huit fois champions), ' (cinq titres nationaux) ou ' (treize titres de champion).
Depuis 1999, une Coupe du monde est organisée par la Fédération internationale de football américain (aussi désignée par l’acronyme du nom anglais "" soit IFAF) tous les quatre ans. L’équipe du Japon a remporté les deux premières éditions en 1999 et 2003 mais les Japonais se sont inclinés sur leur sol en juillet 2007 pour la troisième édition.
La National Football League organisait en Europe un championnat spécifique aux équipes européennes appelée NFL Europa. Elle servait également de ligue de développement pour des joueurs américains. Kurt Warner fit par exemple un passage remarqué en Europe avant de percer aux États-Unis.
La NFL Europa n'existe plus depuis 2007, suite à une nouvelle stratégie de la ligue. En effet, malgré toutes les tentatives de la NFL, le football américain n'a jamais été assez populaire en Europe, et l'implantation de ce championnat a été un échec financier, la ligue perdant jusqu'à 30 millions de dollars par saison. Six franchises, cinq en Allemagne (Berlin Thunder, Centurions de Cologne, Francfort Galaxy, Rhein Fire de Düsseldorf, Hambourg Sea Devils) et une aux Pays-Bas (Amsterdam Admirals) participaient lors de la dernière édition de cette compétition qui impliqua un temps des formations espagnoles (Dragons de Barcelone), écossaises (Scottish Claymores) et anglaises (London Monarchs). La finale de ce championnat était appelée World Bowl.
La NFL organise alors des matchs de saison régulière délocalisés hors du territoire nord-américain. La première rencontre des séries internationales se déroule ainsi le au stade de Wembley de Londres.
Les équipes nationales européennes s'affrontent tous les deux ans depuis 1983 dans le Championnat d'Europe de football américain.
L'Eurobowl est une coupe d'Europe de football américain mettant aux prises les différents champions nationaux du Vieux continent. Cette compétition se dispute pour la première fois sous forme de tournoi en août 1986 à Amsterdam.
Outre Walter Camp qui fut décisif au début des années 1880 dans la genèse du jeu, George Halas, Curly Lambeau et Vince Lombardi furent importants dans l'approche du jeu.