Amazone (fleuve)

LAmazone (en espagnol ', en portugais ') est un fleuve d'Amérique du Sud. Son débit moyen à l'estuaire de /s est de loin le plus élevé de tous les fleuves de la planète et équivaut au volume cumulé des six fleuves qui le suivent immédiatement dans l'ordre des débits. Avec ses 6 437 km, c'est le plus long fleuve de la Terre avec le Nil.
L'Amazone est aussi le plus grand fleuve par l'immensité de son bassin. Il draine une surface de km² (sans le Tocantins) soit 40 % de l'Amérique du Sud et l'équivalent d'une fois et demie la surface de l'Union européenne (le Congo, deuxième fleuve pour la superficie de son bassin atteint seulement 3,8 millions de km²). Le bassin s'étend des latitudes 5° nord jusqu’à 20° sud. Le fleuve prend sa source dans les Andes, traverse le Pérou, la Colombie et le Brésil, et se jette dans l'océan Atlantique au niveau de l'équateur. Son réseau hydrographique compte plus de 1000 cours d'eau. L'Amazone est à lui seul à l'origine de 18 % du volume total d'eau douce déversée dans les océans du monde. Ses deux principaux affluents, le Madeira et le Rio Negro font eux-mêmes partie des 10 plus importants cours d'eau du monde par leurs débits ( et /s), et le (rio Japura, /s) rivalise avec le Mississippi.
La démesure de l'Amazone s'apprécie aussi en constatant qu'aucun pont ni barrage ne le franchit sur des milliers de kilomètres (la traversée se fait en bac ou ferry), et qu'il faut remonter très haut sur ses deux formateurs Marañón et Ucayali pour trouver de tels aménagements. Tout s'y oppose : la largeur du fleuve, sa profondeur, sa puissance, la multitude d'îles et de bras fluviaux, les berges inondées plusieurs mois par an et remodelées à chaque crue. La technique d'aujourd'hui ne permet pas de s'affranchir de telles difficultés. C'est pourquoi les actuels projets de barrages ne concernent que les affluents (rio Madeira, rio Xingu). S'ils se concrétisent, ils prendront néanmoins place parmi les plus grandes réalisations hydrauliques au monde en surpassant les barrages des Trois Gorges et d'Itaipu.
Le fleuve est par contre navigable pour les vapeurs jusqu'à Iquitos, à km de la mer, et pour les plus petits vaisseaux, sur encore jusqu'à Achual. Au-delà, les petits bateaux franchissent fréquemment le défilé du Pongo de Manseriche sur le Marañón.
La source la plus lointaine de l’Amazone dans les Andes péruviennes n'a été fermement établie que récemment. C’est un ruisseau situé dans la région d'Arequipa sur un sommet de m d’altitude, le Nevado Mismi, approximativement à à l'ouest du lac Titicaca et à plus ou moins au sud-est de Lima. Cette montagne fut suggérée pour la première fois comme la véritable source en 1971 mais ne fut pas confirmée avant 2001.
Le ruisseau s’écoule depuis le Nevado Mismi jusqu’à la rivière Apurímac. L’Apurímac prend successivement le nom de Ene puis de Tambo et forme l'Ucayali après avoir rejoint le Rio Urubamba qui vient de Cuzco. L'Ucayali se joint au Marañón après un long parcours vers le nord. Le fleuve prend alors le nom d'Amazonas au Pérou et en Colombie, puis celui de Rio Solimões en entrant au Brésil au niveau de Tabatinga, et à nouveau celui d'Amazone à la hauteur de Manaus, après avoir été rejoint par le Rio Negro.
La longueur totale du fleuve de sa source à son embouchure est de 6 437 km, ce qui en fait le deuxième plus long fleuve après le Nil (). Mais il est de très loin le premier par son débit et la surface de son bassin.
Quelle est la véritable branche mère du fleuve ? Ucayali ou Marañón ? Le système Ucayali-Tambo-Ene-Apurímac est nettement plus long que le Marañon ( contre ), mais Le Marañón a un bassin plus vaste que l'Ucayali ( contre ), son débit est supérieur ( contre /s) et il détermine la direction générale ouest-est du fleuve. D'un point de vue hydrologique, le Marañon reste donc la branche mère de l'Amazone, mais il n'est pas absurde de prendre en compte l'Ucayali pour établir la longueur maximale du réseau fluvial et établir des comparaisons avec d'autres systèmes. On appliquera le même raisonnement pour de nombreux cours d'eau, et non des moindres, comme le Mississippi (plus grande longueur= Mississippi+Missouri+Jefferson, plus gros débit= Mississippi+Ohio+Allegheny), la Seine (longueur= Seine+Marne, débit= Seine+Yonne), et même le grand Nil (longueur= Nil+Nil Blanc, débit= Nil+Nil Bleu).
Le Marañón quant à lui prend sa source à au nord de Lima et à seulement de l'océan Pacifique. Il suit un cours nord-nord est parallèle à la côte Pacifique pendant , avant d'amorcer une courbe de en direction de l'Atlantique. Pour ce faire, il traverse les plis de la Cordillère par une série de défilés ou "pongos" et reçoit son premier grand affluent, le río Santiago (/s) qui vient de l'Équateur et augmente son débit de plus d'un tiers. Juste après ce confluent, il franchit le dernier et le plus impressionnant des "pongos", le Pongo de Manseriche et entre dans l'immense plaine qu'il ne quittera plus jusqu'à l'océan Atlantique. Il reçoit trois grands affluents sur sa rive gauche (le Morona, le Pastaza, le Tigre) qui viennent aussi d'Équateur, et un quatrième plus important encore sur sa rive droite: l'Huallaga (/s). Ces nouveaux affluents multiplient son débit par quatre. Il quitte la zone des Andes et pénètre dans les plaines inondées. À partir de ce point jusqu’à l'Ucayali et bien au-delà, sur environ , les rives forestières sont à peine hors d’eau et restent longtemps inondées avant que le fleuve n’atteigne son niveau maximal. Les rives peu élevées sont interrompues par seulement quelques collines, puis le fleuve pénètre l’énorme forêt amazonienne. À Tabatinga, frontière avec le Brésil, il prend le nom de rio Solimões, son débit atteint déjà /s, soit presque celui du Congo.
Selon une étude récente, la longueur de l'Amazone-Ucayali serait de (, Le Nil s'étirant lui sur () faisant de l'Amazone le plus long fleuve du monde. D'autres études font état d'une longueur supérieure à , mais elles intègrent le Rio Pará comme appartenant à l'Amazone alors qu'il s'agit surtout de l'estuaire d'un autre système fluvial, le Rio Tocantins.
Le débit du fleuve a été observé pendant 69 ans (1928-1996) à Óbidos, ville de l'État brésilien du Pará située à de son débouché dans l'océan Atlantique.
À Óbidos, le débit annuel moyen ou module observé sur cette période était de 176 pour une surface drainée de , soit 79,27 % du bassin versant total qui compte quelque . En effet la surface étudiée ne comprend notamment ni les importants bassins « droits » du rio Tapajós () et du rio Xingu (), ni les plus petits bassins « gauches » tels celui du Rio Jari (), étant donné que le confluent de ces rivières se trouve en aval de la ville d'Óbidos.
La lame d'eau écoulée dans l'ensemble de la surface étudiée atteint . C'est plus de trois fois plus que pour le bassin du fleuve Congo, second fleuve du monde pour son débit et dont la lame d'eau écoulée mesurée à Kinshasa ne s'élève qu'à 359 millimètres par an.
L'énormité des débits n'a pas été immédiatement admise, et on a longtemps enseigné que le débit de l'Amazone étant de , chiffre considérable mais plus « raisonnable » que les chiffres réels. Mais la bonne appréciation, les jaugeages fiables, étaient difficiles à calibrer compte tenu de particularités de l'écoulement : la pente est très faible de la Cordillère des Andes à l'embouchure et le lit du fleuve est très profond (plus de ) ce qui le situe en dessous du niveau de la mer. L'écoulement, pourtant rapide, ne provient donc pas ou peu de la pente, mais des masses d'eau en amont qui « poussent » les masses d'eau aval vers la mer. Il a fallu analyser finement cette mécanique pour adapter les outils de jaugeage du fleuve et obtenir les bons chiffres.
La forêt amazonienne débute à l’est des Andes. Elle est d’une grande importance écologique, étant capable d’absorber de gigantesques quantités de dioxyde de carbone. La conservation de la forêt amazonienne est un des plus grands problèmes écologiques de ces dernières années.
La forêt tropicale est issue du climat extrêmement humide du bassin amazonien. L’Amazone et ses milliers d’affluents s’écoulent lentement à travers le paysage, par une pente si faible que c’est en réalité la poussée de l’eau en amont qui pousse le flux vers la mer. La ville de Manaus à km de l’Atlantique est située seulement à au-dessus du niveau de la mer.
La biodiversité de la forêt amazonienne est très importante : la région abrite plus de 2,5 millions d’espèces d’insectes, des dizaines de milliers de plantes, et quelque espèces d'oiseaux et de mammifères. Une espèce d’oiseaux sur cinq est représentée dans la forêt amazonienne.
La diversité de la flore dans le bassin amazonien est la plus forte du monde. Certains experts estiment qu’un kilomètre carré peut contenir jusqu’à tonnes de matière végétale vivante.
Les pluies saisonnières entraînent des crues, inondant de vastes zones bordant l’Amazone et ses affluents. La profondeur moyenne du fleuve pendant le gros de la saison des pluies est de et la largeur peut atteindre . Le niveau de l’eau commence à s’élever en novembre, puis le volume grossit jusqu’en juin, avant de chuter jusqu’à la fin octobre. La crue de son affluent le Rio Negro n’est pas synchronisée ; la saison des pluies ne débute pas dans sa vallée avant février ou mars, en juin son niveau est au plus fort et commence à chuter avec l’Amazone. Le Madeira a, quant à lui, exactement deux mois d’avance sur l’Amazone dans sa crue et sa décrue.
Pendant la saison des pluies, l’Amazone inonde d’un bout à l’autre de son cours sur une surface de plusieurs centaines de kilomètres carrés, couvrant ainsi les plaines inondées. Le niveau du fleuve est, à certains endroits, 12 à plus haut que pendant la saison sèche. Pendant la crue, le niveau à Iquitos est de ; à Tefé de ; près d'Obidos, ; et à Pará, , au-dessus du niveau le plus bas pendant la saison sèche.
La largeur de l’Amazone est, à certains endroits, de 6 à d’une rive à l’autre, la largeur peut atteindre . À certains endroits sur de longues distances, le fleuve se divise en deux cours principaux avec, entre eux, et sur leurs rives de nombreux bras, qui sont connectés entre eux par un compliqué réseau de canaux naturels, et qui découpent les basses plaines de l’igapo (jamais plus de au-dessus du niveau du fleuve) en d’innombrables îles.
À la passe d’Obidos ( avant la mer), l’Amazone se resserre, s’écoulant uniquement dans un seul lit d’un peu plus d’un kilomètre de large et de plus de de profondeur, par lequel l’eau se précipite vers la mer à une vitesse de 6 à .
À partir du village de Canaria (au niveau du grand coude du fleuve) jusqu’au Negro km en aval, il y a seulement de très basses plaines, ressemblant à celles de l’embouchure de l’Amazone. Les vastes surfaces de plaines de cette région sont submergées par les eaux montantes, seules les hautes branches des sombres forêts apparaissent encore à la surface. Près du confluent du Rio Negro, presque au niveau du fleuve Madeira, les rives de l’Amazone sont basses mais en s’approchant de Manaus, elles s’élèvent et forment des collines ondulantes. À Obidos, les collines forment une falaise, à au-dessus du fleuve. L’Amazone inférieur semble avoir été un golfe de l’océan Atlantique, dont les eaux ont baigné les falaises près d’Obidos.
L’eau drainée en aval d’Obidos ne représente que seulement 10 % environ de l’eau totale débitée par l’Amazone ; une très petite part de ces 10 % provient du versant septentrional de la vallée. La zone de drainage du bassin amazonien au-dessus d’Obidos est d’environ 5 millions de km², et, en dessous, d’un million de km² soit 20 % (bassin du Rio Tocantins non compris).
Dans les plus petites sections droites du fleuve, la rive nord consiste en une série d’abruptes collines à sommet plat, elles s’étendent depuis le Rio Xingu jusqu’au mont Alegre. Ces collines alignées et abruptement découpées, contrastent avec le fleuve.
Le mont Alegre atteint une altitude de plusieurs dizaines de mètres. Sur la rive sud, au-dessus du Rio Xingu, un alignement quasi ininterrompu de basses falaises s’étend jusqu’à Santarém en formant de légères courbes avant de tourner vers le sud-ouest et de se fondre avec les falaises qui forment les terrasses de la vallée du Rio Tapajós.
La largeur de l’embouchure du fleuve est souvent mesurée de Cabo do Norte jusqu’à Punto Patijoca, ce qui fait une distance de ; mais ceci inclut l’embouchure du fleuve Para ( de large) qui doit être déduite, car il s'agit de l'estuaire du Tocantins. Cela inclut également la façade atlantique de Marajó, une île mesurant à peu près la taille de la Suisse et qui se trouve entre l’embouchure de l’Amazone et le Para-Tocantins. Cette île est séparée du continent à l'ouest par les « "furos" », chenaux qui relient les deux systèmes fluviaux, mais il arrive qu'aucun courant n'y soit perceptible. C'est pourquoi le Tocantins est le plus souvent considéré comme indépendant du système amazonien, surtout pour les Brésiliens, car il est le plus grand fleuve qui coule entièrement en territoire national.
Cette analyse est parfois discutée. Quelques études indiquent que l'apport de l'Amazone au rio Para par les « "furos" » serait loin d'être négligeable, et constituerait le tiers de l'eau douce qui passe au sud de l'île Marajó. Cela n'implique pas que le rio Tocantins soit un affluent de l'Amazone, mais qu'il s'agit seulement d'un autre fleuve qui partage la même embouchure.
Le volume d'eau douce déversé dans l'océan Atlantique par l'Amazone (et le Tocantins) est si élevé que la salinité et la couleur sont modifiées jusqu'à des côtes.
Longeant les côtes, un peu au nord de Cabo do Norte, et sur le long de la marge de la Guyane, il existe une ceinture d’îles quasi submergées ainsi que des bas-fonds et des bancs de sable. Ici un phénomène de marée appelé mascaret (vague déferlante), ou "Pororoca", se produit, là où la profondeur n’excède pas . La vague déferlante débute par un simple rouleau, grossissant constamment, et progressant à une vitesse de plus de , et une hauteur de 1,5 à . Le mascaret est la raison pour laquelle l’Amazone ne possède pas de véritable delta : l’océan emporte rapidement le vaste volume de vase drainée par l’Amazone, ce qui rend impossible la formation d’un delta.
Les eaux de l’Amazone abritent une faune riche et variée. Avec l’Orénoque, le fleuve est l’un des principaux habitats du Boto, également connu sous le nom de dauphin de l’Amazone. C’est la plus grande espèce de dauphin d’eau douce, pouvant atteindre .
Également présent en grand nombre, les célèbres piranhas, poissons carnivores qui se regroupent en de larges bancs et qui peuvent s’attaquer au bétail et même à l’homme. Bien que beaucoup d’experts pensent que leur réputation de férocité soit injustifiée, un banc de piranhas est apparemment responsable de la mort de 300 personnes qui chavirèrent près d’Obidos en 1981.
L’anaconda géant vit également dans les eaux troubles du bassin amazonien. C’est l’une des plus grandes espèces de serpent. L’anaconda passe le plus clair de son temps dans l’eau, avec seulement ses narines dépassant à la surface. Quelques attaques de pêcheurs par des anacondas ont été rapportées.
Le fleuve abrite également des milliers d’espèces de poissons, d’amphibiens, de crabes et de tortues.
Le bassin de l'Amazone contient environ le quart de toutes les espèces animales répertoriées sur la planète et bien d'autres encore qui restent à identifier.
L'Amazone regroupe divers types de biotope qui possèdent plusieurs qualités d'eau qui influent sur les biotopes. On distingue habituellement trois types de cours d'eau, les eaux noires ("agua preta"), les eaux blanches ("agua blanca"), les eaux claires ("agua clara").
C'est une eau marron foncé, couleur thé bien concentré, qu'elle doit à l’énorme quantité de matière végétale en décomposition qui la charge de matières humiques.
Malgré cette couleur, l’eau n’est pas trouble mais limpide, et la visibilité y est importante. Son pH est très acide et est compris entre 3,5 et 5. Ces eaux sont exemptes de carbonates et leur dureté totale est quasi inexistante. Les végétaux y sont très rares, la pénétration de la lumière dans l’eau étant fortement atténuée par la coloration de celle-ci et son acidité est également incompatible à leur développement. Le fond des "rios" est sablonneux, d’un sable clair et fin et jonché de feuilles et de branches tombées à l’eau.
Les principaux rios à eaux noires sont : le Rio Negro, le Rio Abacaxis, le haut Rio Trombetas et le haut Rio Nhamunda.
Contrairement au nom qu’elle porte, l'eau de ces cours d'eau est ocre-jaune. Son aspect trouble et sa couleur lui sont données par la grosse quantité d’argile en suspension qu’elle contient. Son pH est compris entre 6,2 et 7,2 et sa dureté totale inférieure à 1°.
Dans ce type de biotope, la visibilité dans l’eau est quasiment nulle et la pénétration de la lumière dans celle-ci est encore moins forte que dans les eaux noires. Par contre, le fond des rios, constitué d’argile, est jonché des mêmes matières que dans l’eau noire, à savoir feuilles et branchages.
Les principaux rios à eaux blanches sont : le Rio Solimoes, le Rio Amazonas, le Rio Madeira et le Rio Branco.
Les cours d'eau limpides et translucides sont appelés cours d'eau claire. Ils prennent de temps en temps une couleur verdâtre quand elle est chargée en phytoplancton. La visibilité y est exceptionnelle. Son pH est compris entre 4,5 et 7,5. Son taux de carbonates est aussi très bas ainsi que sa dureté totale.
L’extrême clarté de l’eau permet la pénétration de la lumière jusqu’à une profondeur substantielle, ce qui permet la fonction chlorophyllienne, condition indispensable au développement de plantes ou d’algues. Le fond des rios est constitué de sable clair et fin et jonché de feuilles et de branches.
Les principaux rios à eaux claires sont : le Rio Tapajós, le rio Xingu, le rio Guaporé (et le Rio Tocantins).
Le confluent du rio Solimões (aux eaux boueuses) et du Rio Negro (aux eaux noires) est remarquable au point que le fleuve prenne définitivement le nom d'Amazone à cet endroit précis. Remarquable non seulement par la largeur comparable des deux tributaires (près de chacun, et même en amont pour le Rio Negro), mais par leurs teintes très contrastées, et le fait que ces eaux s'écoulent sans se mélanger pendant des dizaines de kilomètres, comme deux fleuves s'écoulant côte à côte dans le même lit. Le mélange finit quand même par se faire car le rio Solimões est beaucoup plus profond et rapide que le Rio Negro, Il est en réalité trois fois plus puissant (/s contre ), ses eaux passent sous les eaux noires du Rio Negro et finissent par les absorber. L'arrivée du rio Madeira, encore plus boueux que le rio Solimões, achève ce processus en aval.
Le même phénomène se reproduit à Santarém, au confluent du rio Tapajos aux eaux claires, mais dans de bien moindres proportions.
Le bassin de l'Amazone est favorable à la faune mais particulièrement exigeant. Nulle part au monde, le mélange de l'eau et de la terre n'est aussi intime. Chaque année, de terre sont inondées pendant plus de 6 mois. Le fleuve, en lui-même assez pauvre en nutriments, se déverse bien au-delà des berges, là où pousse une riche végétation. Les animaux, terrestres ou aquatiques, se sont, au fil du temps, très bien adaptés et tirent un profit maximum de cette situation exceptionnelle.
Ainsi, chez certains mammifères terrestres, la morphologie a évolué afin de réduire les inconvénients de ces inondations : queues préhensiles chez le tamanoir, l'opossum, le kinkajou et le porc-épic ; Transformation en animal amphibie chez le cabiai.
À la suite de l'obligation pour les animaux aquatiques de se nourrir en grande partie des aliments terrestres, certains poissons ont acquis des molaires leur permettant de consommer des fruits. D'autres ont subi une transformation stomacale augmentant la capacité de stockage des graisses.
D'autres animaux se sont peu à peu équipés d'organes sensoriels leur permettant de percevoir le monde sans besoin de la vue. En effet, la visibilité dans l'eau est très réduite en raison de la présence importante de sédiments.
Ces adaptations diverses ont permis à ces espèces, non seulement de survivre, mais aussi, grâce à la richesse des plaines alluviales de l'Amazonie, d'atteindre des poids et dimensions imposantes. C'est là que, entre autres, on trouve les tortues fluviales, les loutres, les rongeurs, les serpents et les aigles les plus grands du monde.
Pendant l’année 1500, Vicente Yañez Pinzon, aux commandes d’une expédition espagnole, devint le premier Européen à explorer le fleuve, parcourant seulement son embouchure qu’il découvrit en remarquant de l’eau douce en mer.
Ce fut donc depuis sa source que l’Amazone fut réellement explorée. La première descente complète de l’Amazone par les Européens depuis les Andes jusqu’à la mer a été faite par Francisco de Orellana en 1541, cette descente eut lieu par hasard car Orellana fut seulement envoyé en reconnaissance pour rechercher des vivres, entraîné par le courant il ne put revenir en arrière et continua jusqu’à l’Atlantique. Le nom Amazone provient d’une bataille qui eut lieu contre la tribu des Tapuyas durant laquelle les femmes de la tribu se battirent aux côtés des hommes, comme c’était la coutume parmi les Tapuyas. Orellana dériva le nom amazone des anciennes Amazones d’Asie et d’Afrique qui furent décrites par Hérodote et Diodore.
La première remontée complète du fleuve par les Européens fut faite en 1638 par Pedro Texeira, un Portugais, qui fit la route inverse d’Orellana et atteignit Quito en passant par le Rio Napo. Il y retourna en 1639 avec les deux pères jésuites Acuna et Artieda, qui furent délégués par la vice-royauté du Pérou pour accompagner Texeira.
Edward Stafford a parcouru à pied les que fait l'Amazone depuis sa source jusqu'à l'océan Atlantique.
En 1997, l'aventurier sud-africain Mike Horn descend l'Amazone en hydrospeed, sans assistance.
En 2007, le nageur slovène Martin Strel a parcouru le fleuve à la nage en le descendant sur une distance de 5265 kilomètres en 66 jours.
Avant la conquête de l’Amérique du Sud, le "Río de las Amazonas" n’avait pas de nom général, à la place les différentes tribus indigènes avaient des noms qui désignaient chacune des sections qu’ils occupaient, tels "Paranaguaza", "Guyerma", "Solimões" et d’autres.
Vicente Yañez Pinzon qui fut le premier explorateur du fleuve l’appela le fleuve "Río Santa Maria de la Mar Dulce", du fait de l’absence de salinité en mer au niveau de l’embouchure. Ce fut rapidement abrégé en "Mar Dulce", puis enfin pour quelques années, après 1502, il fut connu sous le nom "Río Grande".
Les compagnons de Pinzon appelèrent le fleuve "El Río Marañón". Le mot "Marañón" a, pour certains, des origines indigènes. Cette idée fut développée pour la première fois dans une lettre de Pierre Martyr d'Anghiera adressée à Lope Hurtado de Mendoza en 1513. Cependant, ce mot peut aussi dériver de l’espagnol "maraña" — qui signifie un enchevêtrement, une pagaïe — il représenterait ainsi les difficultés rencontrées par les premiers explorateurs lors de la navigation non seulement de l’embouchure du fleuve mais aussi des multiples canaux, et des rives découpées qui forment l’actuel État brésilien du Maranhão.
Mais ce fut Francisco de Orellana qui définitivement lui donna le nom d'Amazone pour la simple raison que pendant son voyage sur le fleuve, il fut attaqué le 24 juin 1541 par une tribu de femmes guerrières (des amazones). Le nom rio Marañon a toutefois été conservé au Pérou pour désigner la partie du fleuve située en amont du confluent de l'Ucayali
Durant les 350 années qui suivirent la première exploration européenne de l’Amazone par Pinzon et Orellana, les populations amérindiennes d'Amazonie subirent le choc des épidémies. On estime qu'entre 50 et 95 % de la population ont disparu par les effets conjugués de la variole, de la coqueluche, de la grippe, etc. À cela il faut ajouter les "courses" des marchands d'esclaves raflant des villages entiers, les guerres inter-tribales encouragées par les rivalités entre les grandes nations européennes (essentiellement les Espagnols et les Portugais), ainsi que les regroupements forcés de populations liés aux exigences de l'évangélisation (cela a multiplié le pouvoir destructeur des épidémies). On sait aujourd'hui que les grandes cultures des rives de l'Amazone, succinctement décrites par les premiers explorateurs (notamment Carvajal), avec leur petites villes, leur culture matérielle raffinée, leurs temples, leurs chefs (ressemblant sous certains aspects à de vrais rois) furent balayées en quelques décennies à peine. La rareté des textes de l'époque ont jeté dans l'oubli ces cultures précolombiennes d'Amazonie que l'on est aujourd'hui en train de redécouvrir. Il est donc difficile d'estimer la démographie de l'Amazonie avant le contact avec les Européens, mais il est fort probable qu'il fut bien plus important que ce que l'on a avancé jusqu'à récemment.
Quelques comptoirs ont été établis par le Portugal sur les rives de l’Amazone et de ses affluents, dans le but de commercer avec les Amérindiens et de les évangéliser. En 1850, la population totale dans le bassin brésilien de l’Amazone était d’environ habitants, dont les deux tiers étaient des Européens ou des esclaves, on comptait alors esclaves.
La principale ville commerciale, Para, regroupait entre et habitants, esclaves compris. La ville de Manáos, maintenant Manaus, située à l’embouchure du Rio Negro, en comptait entre 1000 et 1500. Les autres villages, jusqu’à Tabatinga / Leticia sur la frontière entre le Brésil, la Colombie et le Pérou, étaient relativement modestes.
Le , l’empereur, Pierre II du Brésil, autorisa la navigation des vapeurs sur l’Amazone, et délégua à Barao Maua (Irineu Evangilista de Sousa) la tâche de mettre cela en œuvre. Il fonda la « "Compania de Navigacao e Commercio do Amazonas" » à Rio de Janeiro en 1852 ; dans les années qui suivirent il débuta les opérations avec trois petits vapeurs, le « "Monarch" », le « "Marajo" » et le « "Rio Negro" ».
Au départ, la navigation se limitait au fleuve principal. En 1857, le gouvernement obligea la compagnie à effectuer un service mensuel entre Para et Manáos avec des vapeurs d’une capacité de , une seconde ligne, effectuant six liaisons par an entre Manáos et Tabatinga, et une troisième reliant deux fois par mois Para et Cameta. Ce fut un premier pas vers l’ouverture du vaste espace intérieur.
Le succès rencontré par cette entreprise attira l’attention sur les opportunités d’exploitation économique de l’Amazone, bientôt une seconde compagnie fut créée et entreprit son commerce sur le Madeira, le fleuve Purus, et le Negro ; une troisième établit une liaison entre Para et Manáos ; et enfin une quatrième trouva bénéfique de faire naviguer les plus petits vapeurs. Durant cette même période, la Compagnie de l’Amazone agrandit sa flotte, et de petits promoteurs privés se lancèrent avec leur petit navire à vapeur sur l’Amazone et ses affluents.
Le , le gouvernement brésilien, sous pression constante du pouvoir maritime et des pays encerclant le bassin amazonien supérieur, décréta l’ouverture de l’Amazone à tous les pavillons, tout en la limitant par des points définis : Tabatinga sur l’Amazone, Cameta sur le Tocantins, Santarem sur le Tapajos, Borba sur le Madeira, et Manáos sur le Rio Negro. Le décret prit effet le .
Manáos (Manaus), Para et Iquitos sont maintenant des villes commerciales certes prospères mais minées par les inégalités sociales, la délinquance et le trafic de drogue. Les premiers échanges commerciaux entre l’étranger et Manáos débutèrent en 1874. Le commerce local fut ensuite mené par le successeur britannique de la Compagnie de l’Amazone : « "the Amazon Steam Navigation Company" » (la Compagnie de navigation à vapeur de l’Amazone) ainsi que par les multiples petites compagnies de vapeurs engagées dans le commerce du caoutchouc. Les principales exportations de la vallée étaient le caoutchouc, le cacao, les noix brésiliennes et quelques autres produits d’importance mineure.
Autrefois, le total des surfaces cultivées dans le bassin amazonien était probablement inférieur à , incluant les surfaces grossièrement cultivées des montagnes entourant les cours supérieurs de l’Amazone. Cette situation a dramatiquement changé durant le .
La déforestation de la forêt amazonienne est sans doute à l'origine de la grave sécheresse de 2005 qui a entraîné une baisse spectaculaire du niveau de l'Amazone, d'une amplitude jamais vue auparavant.
Le fleuve Amazone possède plus de affluents. Les plus notables sont :
Cette liste comporte seulement les affluents du flux principal (ceux qui se jettent dans le Marañón, le rio Solimões, ou l'Amazone), elle ne mentionne pas les sous-affluents dont beaucoup sont considérables en comparaison des standards européens.
La rencontre des affluents avec le flux principal est complexe et constitue une autre particularité de ce fleuve. La puissance du « fleuve-mer » crée un barrage qui contrarie les affluents dont beaucoup sont eux-mêmes d'immenses cours d'eau. Et ce d'autant plus que la pente est nulle ou presque. Ce phénomène aboutit à la création de deux sortes de confluents bien différenciés, ce qui est très visible sur les vues aériennes:
Dans tous les cas, cet effet de barrage (voire de refoulement lors des crues) perturbe fortement l'écoulement des eaux et ne permet pas des jaugeages directs fiables sur le cours inférieur des affluents. C'est pourquoi ces jaugeages sont faits largement en amont et extrapolés pour établir les débits à l'embouchure, ou même sont calculés indirectement par le bilan hydrique, avec une marge d'erreur. C'est ainsi que la mesure du débit du Negro à Manaus n'est pas fiable car trop proche de l'Amazone. Les débits indiqués pour cet affluent (de à /s) sont donc établis indirectement.