Celtes

Les Celtes constituent une civilisation protohistorique qui se définit par l'usage de langues celtiques et par certains particularismes culturels. Ils ont jadis été présents sur une grande partie du continent européen et en Asie mineure. L'apogée de l'expansion celte se situe entre le et le , marqué notamment par la civilisation laténienne au . Une succession de conquêtes et de migrations les mènent jusqu'en Galatie, en Asie mineure. Ainsi, leur domination s'étendait dans l'Europe actuelle de Galice jusqu'à Galați.
La définition de la culture celtique pose encore problème aujourd'hui. Le critère linguistique est souvent cité comme définissant la culture celtique, à l'instar d'autres peuples antiques comme les Germains, les Aquitains ou les Slaves. Si l'on retient le critère de la langue vernaculaire, la langue dite celtique n'est attestée par les sources romaines qu'entre la Garonne et le Rhin et dans la partie occidentale des îles Britanniques, ce qui laisse planer des incertitudes concernant la langue « celtique » des régions périphériques comme la péninsule Ibérique, l'Italie, la Turquie et les régions alpines (Suisse, Autriche, sud de l'Allemagne).
Les Celtes possèdent une riche culture héritière de la civilisation de Hallstatt qui s'épanouit pendant l'âge du fer. L'art celte tend vers une abstraction, aujourd'hui appréciée. La culture celte de La Tène survit en Irlande jusqu'au haut Moyen Âge. Ne connaissant pas de réelle unité politique, les Celtes forment des tribus indépendantes les unes des autres qui peuvent toutefois se regrouper en confédérations. La société celtique possède également des lois, des coutumes, une religion et des rites qui les rapprochent. On les connaît essentiellement à travers les textes antiques grecs et romains, en particulier grâce au "Commentaires sur la Guerre des Gaules" de Jules César. Les textes médiévaux des clercs gallois et irlandais nous ont transmis une abondante littérature, traitant de la mythologie celtique, des vertus royales et des faits héroïques. De nouvelles recherches archéologiques nous les font apparaître sous des jours nouveaux et nous font réviser les affirmations des anciens textes antiques et notamment le livre de César sur la guerre des Gaules.
C'est probablement leur incapacité à s'unir et à fonder des entités politiques plus vastes que le clan ou la confédération de peuples qui les a perdus : il semble qu'à l'instar des Grecs archaïques, les Celtes aient eu horreur du centralisme et n'aient connu que des alliances temporaires, fondées sur le clientélisme. La civilisation celtique disparaît par acculturation après les conquêtes romaines puis leur soumission à la République romaine au avant notre ère, hormis dans les îles Britanniques et particulièrement au pays de Galles, en Écosse et en Irlande. De nos jours, les principaux héritages de la civilisation celtique à avoir subsisté, sont quelques langues celtiques, qui ne sont plus parlées que par une minorité dans les îles Britanniques et en Bretagne.
C'est aux Grecs que nous devons les premiers témoignages ethnographiques concernant les . La première mention des "" ("kèltoï" : Celtes), confuse, est une citation d'Hécatée de Milet (mais il s'agit d'une source indirecte selon des fragments repris par Étienne de Byzance), qui aurait noté vers -530 que la colonie grecque de Massalia (Marseille) est une ville de la Ligurie, près de la Celtique, et désigné "Nurax" ("Noreia", en Autriche orientale ou Narbonne en Languedoc), « ville celtique ». La première mention certaine des Celtes en tant que communauté établie apparaît vers 445 av. J.-C. dans les "Histoires" d'Hérodote.
L'historien grec Hiéronymos de Cardia utilise au début du le terme de ', (en latin '), pour désigner la plus grande partie sinon la totalité des Celtes, traduisant ainsi le terme latin "Galli" (Gaulois). Les termes ' (en latin ') et " (Galates) entrent désormais en concurrence au chez les auteurs grecs et latins. La confusion qui résulte de ce bilinguisme antique est levée chez les auteurs plus tardifs comme Polybe ou Diodore de Sicile, les Galates désignant progressivement les tribus celtes d'Asie Mineure.
Les auteurs grecs anciens donnent des étymologies fantaisistes pour expliquer la dénomination de Celtes, la faisant dériver du verbe grec " (accoster, aborder un bateau) ou d'ancêtres éponymes tels que Celtos fils d'Héraclès ou fils du cyclope Polyphème et de la Néréide Galatée. Julius Pokorny la fait dériver de la racine indo-européenne "*kel-" signifiant « haut » (de cette racine dérivent aussi les mots "celsus", « élevé, élancé, haut, grand », cella (« grenier »), "culmen", « point culminant »), "columna", « colonne », "collis"). Une autre signification de cette racine indo-européenne est « frapper » ou « cacher » qui se retrouvent dans les mots d'origine latine cellule ou cellier. Selon une autre théorie, le mot "celte" proviendrait de l'indo-européen "*keleto", « rapide » car se déplaçant à cheval, ou de "kel-kol", « colon, envahisseur ». Le mot Celte est aussi à rapprocher de « sel » (en grec ancien "hals", grec moderne "aláti", latin "sal") qui était au centre de l'activité économique de la riche civilisation de Hallstatt. Il n'existe pas d'unanimité entre les spécialistes concernant ces étymologies.
Les Celtes sont rattachés aux peuples indo-européens. Cette parenté linguistique entre peuples celtes et les autres peuples indo-européens n'a jamais été remise en question.
Le consensus scientifique les fait apparaître au début du premier millénaire avec la civilisation de Hallstatt (début vers -1200), une civilisation qui s'étend en Europe centrale et dans un vaste périmètre depuis les régions actuelles de Thuringe, Bohème, sud de l'Allemagne et l'Autriche.
Néanmoins comme pour d'autres civilisations proto-historiques proches telles celles des Germains ou des Slaves, la celtisation est un processus amplement engagé bien avant l'entrée des Celtes dans l'histoire. C'est la raison pour laquelle on a proposé de repousser beaucoup plus loin le processus de formation progressive du phénomène celtique. La culture de la céramique cordée correspond à l'établissement au millénaire en Europe centrale de populations à partir desquelles se formeront les Celtes protohistoriques des périodes suivantes. Ils s'imposeront dans le vaste espace de la culture campaniforme qui a été suggérée comme candidate pour une culture proto-celtique ancestrale, une culture proto-italique, ou italo-celtique.
Les premières mentions du nom des Celtes remontent à la période des cités-États grecques et de l'expansion romaine, et de l'entrée en contact des Romains avec les populations celtes. Les Celtes sont ainsi décrits par les explorateurs et les géographes grecs puis romains, afin de définir l'espace qu'occupent ces populations ; les Celtes appartiennent au groupe des populations les plus connues de ces sources.
Ainsi, la première occurrence du mot "Celte" remonte à 530 : le Grec Hécatée de Milet localise, non loin de Marseille, la "Keltike" (« la Celtique »), une région qu'on devine au-delà du Rhône, dans l'arrière-pays du Languedoc. Il mentionne que Narbonne est une ville celte alors que Massalia est une ville de Ligurie près de la Celtique. L'historien grec Éphore de Cumes, écrivant au , généralise abusivement le terme en l'étendant à toutes les populations vivant dans les confins ouest du monde. Il croyait que les Celtes étaient venus des îles de la bouche du Rhin et « auraient été repoussés de leurs maisons par la fréquence des guerres et des violentes crues de la mer ». Selon Hérodote, au milieu du , les Celtes habitent à l'extrême nord-ouest de l'Europe. Poseidonios d'Apamée restreint l'aire celte au centre sud de la Gaule. Diodore de Sicile et Strabon laissent aussi penser que le cœur celtique se trouvait dans le sud de la France. Le premier affirme que les Gaulois vivaient au nord des Celtes, alors que les Romains considéraient les Celtes comme étant également des Gaulois.
Le terme de "Keltoï", employé par les Grecs ou de "Galli", employé par les Romains, désigne en réalité un ensemble de peuples installés sur un espace allant des Îles britanniques à l'Europe centrale, menant des expéditions guerrières vers le Sud. Mercenaires redoutés, ils sont appelés par les monarques hellénistiques afin de consolider leurs conquêtes : de ce fait, certains traversent les Détroits et s'installent en Asie Mineure, où ils mènent régulièrement des guerres contre les monarchies hellénistiques de la région avant d'être définitivement vaincus par les Romains.
Avant les découvertes de Hallstatt et de La Tène, il était généralement admis que la France du Sud était le centre celtique.
À la fin du , les Grecs se heurtent aux Galates. En -310, des Celtes menés, entre autres, par Molistomos, traversent les Balkans et gagnent l'Asie mineure près de Byzance. Ils sont défaits et intégrés à la République romaine en -187.
Jules César mentionne ainsi les Celtes :
Parmi les autres historiens antiques, contemporains des Celtes et qui relatent leur histoire ou celle des conflits avec les nations grecque ou latine, mentionnons : Diodore de Sicile ("Bibliothèque historique"), Strabon ("Géographie"), Pomponius Mela ("De Chorographia"), Lucain ("La Pharsale") ou Pline l'Ancien ("Histoire naturelle"). Ces témoignages donnent souvent une image négative des peuples celtes, compte tenu des relations belliqueuses qu'ils entretenaient, et de la méconnaissance de leurs voisins. Les Celtes et les Germains sont souvent confondus par les historiens de l'Antiquité, ce qui fait dire que l'ancien nom des Germains pouvait être celui des Celtes, les Germains n'ayant été mentionnés que tardivement.
Entre le et le , la consignation, par les clercs irlandais du Moyen Âge, des traditions orales d'Irlande vient compléter les sources antiques. Les mythes et épopées de l'Irlande celtique se sont jusqu'alors transmis oralement de génération en génération. De cette époque date la retranscription du "Cath Maighe Tuireadh (Bataille de Mag Tured)", le " (Courtise d'Etain)", la "Táin Bó Cúailnge (Razzia des vaches de Cooley)", le "Lebor Gabála Érenn (Livre des conquêtes d'Irlande)" et les "Mabinogion" gallois. Les collecteurs transcripteurs ont cependant affublé ces mythes d'un vernis chrétien.
Pour l'archéologue Venceslas Kruta, 
Le Hallstatt (de -1200 à environ -400, âge du bronze final) ou premier âge du fer est une période succédant à l'âge du bronze final. Il tire son nom de celui d'un site archéologique qui se trouve à Hallstatt dans le Salzkammergut en Autriche.
Cette période est caractérisée par des épées de bronze et de grandes épées de fer. Les cavaliers à longue épée, ordre jusqu'alors inconnu, apparaissent sporadiquement dans les tombes, entourés de rites et accompagnés d'éléments (service à boisson, produits exotiques importés, tombe à char, or) qui préfigurent les symboles de la nouvelle classe dirigeante. L'utilisation du cheval est l'un des attributs qui distinguent les détenteurs du pouvoir. Les tombes féminines offrent de nombreuses parures, des fibules volumineuses, typiques du goût exubérant de l'époque. Les sépultures riches possèdent très souvent d'impressionnants services en bronze constitués de seaux, situles (seaux aux bords refermés), bassins et tasses.
Les Celtes établissent des citadelles sur des oppidas dominant de vastes étendues. Parmi les plus importantes, une douzaine semble jouer un rôle économique et politique, et constituent une puissante fédération de communautés organisées sur le même modèle, en Allemagne du Sud, en Suisse et dans l'Est de la France.
La Tène ou second âge du fer, succédant au Hallstatt, marque la fin de la protohistoire. Elle tire son nom de celui d'un site archéologique découvert en 1857 à Marin-Epagnier, sur la pointe nord-est du lac de Neuchâtel, à l'embouchure de la Thielle, dans le canton de Neuchâtel en Suisse. Elle est attestée en Europe centrale et de l'Ouest. Elle est caractérisée par un armement nouveau dont notamment une épée plus longue. Certains auteurs, comme Massimo Guidetti, contestent le rattachement de la péninsule ibérique à cette culture. La transition d'une civilisation celtique à l'autre semble être le fruit de modifications sociales au sein des sociétés plus que d'une invasion par d'autres groupes celtes.
Conséquence d'une crise interne, de la réorganisation des circuits commerciaux ou des luttes entre Grecs et Étrusques pour le contrôle des échanges, les citadelles des Celtes du Premier âge du fer, « poumons » des relations commerciales, sont abandonnées les unes après les autres vers -500 au profit d'un mode de vie plus rural, dominé par une chefferie guerrière. Des régions se distinguent comme les nouveaux centres de la civilisation celtique au : la Rhénanie, la Bohême, la Champagne et les Ardennes. Une lente évolution se produit dans les coutumes et les productions. En Gaule, au avant notre ère, la civilisation des oppidums connaît une première urbanisation au mont Beuvray (Bibracte) ou à Corent en pays averne.
Si, à l'ouest, les Celtes sont défaits par les Romains menés par Jules César, à l'est, les Celtes sont également progressivement écartés : les fouilles montrent que l'oppidum de Stradonice (Bohême) est incendié, probablement par les Germains en -9 ou -6 ; les sépultures laissent à penser que se développe une civilisation germanique sur ces terres.
Aux -s avant notre ère, les Celtes sont soumis sur le continent à la pression conjuguée des Germains au nord, des Romains au sud et à la poussée de l'empire dace à l'est.
À la suite d'un appel à l'aide de Marseille, menacée par les peuplades celtiques voisines, Rome annexe la Narbonnaise durant le dernier tiers du 
Les invasions de bandes armées (migration des Cimbres et des Teutons en 113 ) et la pression démographique des Germains entraînent des migrations de peuples celtiques vers l'ouest, comme celle des Helvètes conduits par leur roi Orgétorix, et suscitent des tensions avec les peuples gaulois. C'est ce dernier facteur qui provoque la guerre des Gaules et marque la fin de l'indépendance celtique sur le continent à partir de -58. L'intervention de César aurait alors été motivée, écrit-il, par le désir de renvoyer les Helvètes chez eux afin de ne pas laisser des peuples germaniques d'outre-Rhin occuper le plateau suisse. Alors qu'en réalité la principale motivation de César était d'empêcher, comme il l'écrit lui-même, l'installation des Helvètes en Gaule de l'ouest, d'où ils pouvaient menacer la Provincia (Gaule du sud, conquise par Rome vers 120 av. J.-C.).
Occupée par le conquérant romain qui s'est immiscé dans la politique gauloise, une partie de la Gaule se soulève en janvier -52. Après la défaite à Alésia du chef de la coalition gauloise, Vercingétorix, la Gaule est entièrement occupée. Les derniers opposants sont vaincus en -51 à Uxellodunum où ils s'étaient réfugiés.
Au de notre ère, l'île de Bretagne (aujourd'hui Grande-Bretagne) est partiellement conquise (à l'exception de l'Écosse) à son tour : dès lors, la civilisation celtique ne survit plus qu'en Irlande et dans le nord de l'Écosse. L'Helvétie est en partie germanisée entre le et le . Les populations bretonnes — dont une partie au moins avait conservé l'usage de la langue celtique — et irlandaises se christianisent après le (le pour l'Irlande) et évoluent pour donner naissance aux Irlandais, Écossais, Bretons, Gallois et Cornouaillais modernes.
Devant migrer dans un premier temps vers l'Ouest, puis devant affronter les entreprises guerrières de Rome, les population celtes ont été absorbées dans des ensembles politiques plus vastes et plus cohérents.
C'est en Irlande que la civilisation celtique a duré le plus longtemps, son insularité est considérée comme étant la cause principale. Les légions romaines n'ayant pas franchi la mer d'Irlande, les Gaëls n'ont pas subi cette acculturation, même si des relations avec l'Empire romain ont existé dès le 
C'est la conversion des peuples celtes et, en premier lieu de leurs élites, au christianisme qui fait entrer l'Irlande dans le Moyen Âge européen. Changement de religion mais pas de classe sacerdotale : si le druidisme disparaît, les druides sont les premiers convertis et deviennent les prêtres de la nouvelle Église. L'apport des nouveaux enseignements au substrat celtique va donner naissance à ce que l'on appelle le christianisme celtique.
Les conditions de l'évangélisation sont mal connues et les sources dont nous disposons sont largement hagiographiques. En 431, le pape Célestin envoie un Gaulois, nommé Palladius, évangéliser les « Scots ». En 452, c'est le Britto-romain Maewyn Succat, connu sous le nom de saint Patrick, qui débarque dans l'île. Il semble que le premier ait essentiellement œuvré dans le Leinster et que le second ait évangélisé dans l'Ulster et le Connaught. Patrick est réputé pour avoir chassé les serpents de l'île et expliqué la sainte trinité par l'exemple de la feuille de trèfle.
, la conversion n'a pu se faire que par la classe sacerdotale et Patrick aurait « démontré » aux druides que sa magie était plus puissante que la leur. Si certains traits de la tradition celtique n'ont pas totalement disparu, les Irlandais vont se trouver confrontés à la fin du à une autre culture, celle des Vikings.
Le contact entre le monde celtique et germanique reste difficile à mettre en valeur. La première énigme apparaît lors de la guerre des Cimbres : ce peuple semble avoir migré du nord de l'Europe (plus précisément du Jutland) au , puis avoir été défait à la bataille d'Aix. Bien que généralement considéré comme germanique en raison de sa région d'origine, des incertitudes sur sa langue ou sa culture ont pu apparaître, notamment du fait de nombreux anthroponymes celtiques parmi ses chefs. Les Teutons n'apparaissent dans les textes que lors de la bataille de Noreia (sud de l'Autriche). La jonction entre les deux groupes aurait eu lieu en Allemagne centrale près du Main, région celtique avant sa germanisation au milieu du premier millénaire avant notre ère. Il est donc possible que ces migrations aient pu donner lieu à des confédérations de tribus mêlant Celtes et Germains, d'où l'incertitude.
C'est Jules César qui définira précisément quelques décennies plus tard, par le Rhin, la limite entre Celtes et Germains. Le but politique paraît établi, d'une part par le caractère trop simple de cette limite, d'autre part par le fait que Celtes et Germains ont pu coexister au-delà ou en deçà de cette limite. Serge Lewuillon qualifie cette limite d'aberration, dans un contexte où Celtes et Germains ont pu se côtoyer et échanger culture et coutumes. Selon Lucien Bély, les Celtes étaient présents au-delà du Rhin. Le cas des Belges illustre bien le problème dans la mesure où personne ne peut aujourd'hui affirmer à quel groupe culturel se rattachaient les peuples de la région. César entretient lui-même l'incertitude en ne classant la région ni dans la « Celtique », ni dans la « Germanie ». Les études toponymiques, linguistiques ou anthroponymiques n'ont jamais pu éclaircir la question. Les différents auteurs sont partagés entre l'option celtique (Jean Loicq), l'option germanique avec aristocratie celtique (Ugo Janssens), et d'autres encore penchent vers une théorie plus récente dénommée "", défendue notamment par Rolf Hachmann, ou , et où le nord-ouest de l'Europe continentale aurait connu une culture distincte des Celtes et des Germains. Au demeurant, l'étymologie même de "Germain" proviendrait (sans certitude) d'une tribu belge de langue celtique, de "gair" signifiant « voisin », et "maon" signifiant « peuple » (Conrad Gessner), hypothèse qui est réfutée par le "Chambers Dictionary of Etymology" (voir Le nom des Germains).
La Gaule, ou Gallia, était le nom romain de la région située entre le Rhin et les Pyrénées. Vers 400 environ, tous les Gaulois appartenaient à la culture de La Tène. Les Romains s'emparèrent du Sud du pays au cours du , et les contacts avec la Méditerranée "romanisèrent" en partie les Gaulois, avant que Jules César ne conquière le pays tout entier dans les années 50 .
Les Pictes étaient un peuple vivant dans l'actuelle Écosse dans l'Antiquité tardive. L'origine et la culture des Pictes sont obscures, dans la mesure où peu de textes leur ont été consacrés (Constance Chlore les mentionne au ). Souvent considérés comme celtes, les Pictes sont peut-être de culture pré-indo-européenne. Les partisans de la théorie pré-indo-européenne mettent en avant le fait que le missionnaire irlandais Colomba d'Iona aurait affirmé avoir besoin d'un traducteur pour convertir le roi picte Brude mac Maelchon. Ce qui n'est pas une preuve puisque l'inter-compréhension n'existe pas toujours entre deux langues d'un même groupe. L'assimilation par les Scots venus d'Irlande s'est faite au début du Moyen Âge.
Plusieurs auteurs sont sceptiques sur l'emploi du terme « celtique » pour la péninsule Ibérique, qui ne dispose que d'un faible héritage archéologique, et où les langues vernaculaires celtiques ne sont que faiblement attestées.
Si les interrogations touchent l'Europe du Sud en général, elles visent particulièrement la péninsule Ibérique. S'il est établi que des tribus celtiques ont pu traverser ou se fixer dans ce qui est aujourd'hui l'Espagne, le Portugal et la Turquie, leur impact sur les cultures pré-existantes reste sujet à caution sur le plan archéologique ou historique. Quelques inscriptions en langue celtique ont pu être mises au jour en Castille et en Galatie, mais on en ignore encore l'utilisation.
Sur le plan archéologique, de nombreux auteurs et chercheurs ont encore des doutes aujourd'hui sur le lien réel entre les cultures celtiques attestées d'Europe centrale et les éléments archéologiques trouvées en Espagne. Graves-Brown utilisent le terme de « mythologisation » concernant la problématique celtique dans le Nord de l'Espagne. La culture des "castros" du nord-ouest de l'Espagne n'est pas formellement reconnue comme étant rattachée aux oppida celtiques d'Europe centrale et de Grande-Bretagne. La répartition des chars celtiques se concentre en Europe Centrale et de l'Ouest, alors que le matériel archéologique est très rare ou absent en péninsule Ibérique ou en Italie.
La même problématique existe sur le plan toponymique ou historique. La toponymie celtique tend à se raréfier dans le sud-ouest de la France, région où étaient établis les Aquitains, peuple de culture pré-indo-européenne, ou aussi appelés les Proto-Basques. Se basant sur le faible nombre de toponymes celtes dans le nord de l'Espagne, Hector Iglesias conclut que les Celtes ont probablement formé dans cette région des groupes épars ou aristocratiques, mais jamais majoritaires. De nombreux noms de lieux galiciens sont à rapprocher de la toponymie basque et pyrénéenne, notamment l'étymologie-même de « Galice » et l'on ne dénombre pas davantage de toponyme celtiques dans ces régions qu'en Aragon ou en Castille, où l'on a retrouvé par ailleurs des inscriptions en langue celtique écrites en alphabet ibérique. Si des éléments toponymiques celtiques sont indubitablement attestés dans une grande partie de l'Espagne, hormis dans la partie est de peuplement ibère, on y relève curieusement, par exemple, la faible occurrence du suffixe "*-āko-" (latinisé en "-acum, -acus" dans les textes), pourtant répandu dans les zones de peuplement ou d'ancien peuplement celtique. Cela pourrait indiquer une disparition précoce des langues celtiques, ce suffixe ayant eu une fonction toponymique tardive. La rareté de ce suffixe en Espagne est comparable à sa rareté dans le sud de l'Aquitaine en dessous de la Garonne jusqu'aux Pyrénées et dans l'est de la Provence, qui suggère quant à lui la présence d'un fort substrat non celtique ou une disparition précoce du gaulois.
À propos de la culture celtique dans la péninsule Ibérique, des auteurs comme , Angus Konstam ou ont exclu ou continuent à exclure ces régions du monde celtique.
Le concept même de « Celtibère » est sujet à caution : ainsi, Dominique Garcia, faisant une analyse grammaticale des anciens textes romains et grecs, conclut que l'expression « Celto-ligures », utilisée par les mêmes auteurs qui emploient le terme de « Celtibères », désignait dans les faits des peuples Ligures.
Même dans des régions se réclamant d'un héritage celtique comme la Galice, Beatriz Díaz Santana ou Hector Iglesias expriment de sérieux doutes sur l'impact des Celtes. L'apparition au du galléguisme n'est peut-être pas entièrement étrangère à l'éveil d'une conscience celtique de circonstance auquel Graves-Brown font référence.
Si des sources antiques utilisent parfois le terme de « Celtes » pour désigner certains peuples vivant en Italie du Nord ou en péninsule Ibérique, aucune n'indique réellement que ces peuples étaient de langue celtique. De fait, établir un lien entre l'archéologie et la culture est déjà source de controverses. Pour Venceslas Kruta, faire un lien entre la présence d'un matériel archéologique et une culture relève de la . Pierre-Yves Milcent a une opinion similaire.
Si l'on sait maintenant que Brescia a été fondée par les Celtes cénomans, ces interrogations peuvent persister pour le reste de l'Italie, où il apparaît que les grandes villes du nord du pays ont été fondées pour la plupart par les Étrusques ou les Romains. Bologne, Mantoue ou Vérone sont notamment des fondations étrusques. Concernant Milan, plusieurs sources assimilent le site de Melpum, un site étrusque, avec le site actuel de la ville de Milan, notamment Jean Gagé, Barthold Georg Niebuhr, Jean-Jacques Prado, l"'Encyclopédie Larousse" et Marcel Le Glay . De même, la ville de Melzo étant réputée pour être l'ancien site étrusque de Melpum, conteste ce fait sur des bases linguistiques.
Selon des études génétiques récentes, les populations celtiques seraient caractérisées par différents sous-groupes de l'haplogroupe du chromosome Y, R1b-M269 introduit en Europe par les migrations indo-européennes il y a environ ans. L'haplogroupe R1b-M269, qui représente 60% des lignées masculines en France, pourrait être associé aux Proto-Indo-Européens arrivés en Europe durant l'Âge du bronze et qui auraient remplacé une grande partie de la population néolithique masculine existante.
D'autres études portent sur les haplogroupes R-P312-3/R-U152 et R-P312-4/R-L21.
Ces études permettent de mieux comprendre les relations spatio-temporelles, les processus de diffusion ainsi que les associations avec un certain nombre de groupes de populations voisines.
Les guerriers utilisaient des armes plutôt modernes pour leur époque. Ils ont été les inventeurs de la cotte de maille et étaient d'excellents cavaliers.
Les Celtes développent une tactique de charge frontale en hurlant en essayant d'effrayer au maximum l'adversaire.
La guerrière celte (phénomène exceptionnel ?) existe aussi bien dans la mythologie (exemple : Medb) que dans l'histoire (Boadicée).
Les sociétés celtes étaient régies par des classes : clergé, noblesse, peuple. Le clergé, composé de prêtres, nommés druides, et la noblesse, composée des guerriers les plus riches et les plus braves, dirigeaient le peuple.
Les Celtes ont connu l'institution royale. Le nom du roi issu de l'indo-européen "*rēg-" dénonte la « rectitude ». Le roi est d'abord l'énonciateur du droit. Il est pacificateur qui protège ses sujets comme l'indique le théonyme "Toutiorix". Il est garant du succès militaire et, pour cette raison, sa présence est indispensable dans la bataille. Il est enfin celui qui assure la fertilité des terres et du bétail.
Aussi, sa position est-elle risquée. Le roi qui manque à ses obligations est « souvent victime d'une mort tragique proche dans certains récits du sacrifice ou de la "devotio" ».
La terre des Celtes regorgeait de métaux tels que l'étain, le plomb, le fer, l'argent et l'or. Les forgerons et ferronniers pouvant les transformer en objets de valeurs, armes ou bijoux.
Certaines pièces d'or furent frappées à l'effigie de Vercingétorix, sur son verso on peut apercevoir un croissant, un étalon et une amphore.
Les sépultures prouvent l'étendue du commerce des Celtes avec tous les peuples de l'ancienne Europe. Étaient exportés fer, étain, sel, bois, lin, laine, des armes, des outils, des textiles et des chaussures. Les importations étaient principalement le verre, le vin et d'autres produits de luxe de la région méditerranéenne et du Moyen-Orient.
Les tribus celtiques sur le continent ont repris le système monétaire des Grecs et des Romains, et, dès la fin du avant notre ère, ont frappé leurs propres pièces en or. Les premières pièces en or étaient initialement utilisées probablement seulement comme objets de valeur. Au plus tard au début du avant notre ère, l'Ouest gaulois au moins avait adopté un système de monnaie avec trois métaux. Outre des pièces d'or et d'argent, des pièces de potin ont été frappées. Les pièces d'argent semblent avoir été utilisées pour les échanges inter-régionaux, tandis que les pièces de potin étaient utilisés comme menue monnaie pour le commerce local et régional.
L'économie des Celtes était basée sur l'agriculture et l'élevage. Dans des petits champs clos étaient cultivés des céréales (amidonnier, épeautre, orge, millet) et des légumineuses (haricots, pois, lentilles). Étaient également consommés le pissenlit, l'ortie, le navet, le radis, le céleri, l'oignon et le chou. Des découvertes archéologiques (restes de repas) à Hallstatt on peut déduire que les Celtes mangeaient un plat encore courant en Autriche, le "", ragoût d'orge et de fèves avec accompagnement de porc fumé.
Du fait que le mot latin pour la bière ("cervisia") est un mot d'emprunt celtique, on a supposé que les Celtes maîtrisaient la fabrication de la bière. Les auteurs romains décrivent, cependant, la boisson avec un fort dégoût. À Hochdorf et Glauberg, de l'hydromel a été détecté dans les trouvailles de pollen sur les sites archéologiques.
L'animal domestique principal était le bovin, qui en plus de la fourniture de la viande, du lait (fromage) et du cuir était indispensable pour le travail des champs. Les moutons (laine) et les porcs étaient également élevés ; les chiens étaient utilisés en tant que chiens de troupeau comme pour la chasse. Les chevaux étaient un symbole du statut social et étaient importants pour les campagnes militaires. Ils ont probablement été élevés de manière intensive par certaines tribus.
Les Celtes n'ayant laissé que très peu de traces écrites de leur civilisation, celle-ci nous est avant tout connue grâce à leur art, largement redécouvert durant la deuxième moitié du .
L'art des Celtes présente une grande diversité selon les époques et les régions considérées. Il n'est pas, non plus, exempt d'influences extérieures : étrusque, grecque, scythique, puis latine, et enfin germanique et chrétienne.
Toutefois, quelques caractéristiques majeures le distinguent nettement de l'art des autres "civilisations" qui étaient en contact avec "l'aire culturelle" celtique :
Une caractéristique majeure de l'art celte est la domination de motifs anthropomorphes ou issus de la nature, tels que les entrelacs, et une tendance à l'abstraction. Issue du schématisme hallstattien, cette tendance atteint son apogée à travers les enluminures des manuscrits celtiques d'Irlande et d'Écosse de la période chrétienne insulaire, tels que le célèbre "livre de Kells" (voir aussi le monastère de Iona).
Les Celtes n'ayant pas laissé de traces écrites, la connaissance que nous avons de la religion et de la culture celtes est tributaire des textes laissés par les Grecs, les Romains et les auteurs chrétiens.
La religion présente les mêmes caractéristiques générales que l'on retrouve chez les peuples indo-européens. Les comparatistes ont montré que les éléments essentiels présents dans les récits mythologiques, les formules, les schèmes notionnels et les éléments du culte s'inscrivent dans une « tradition indo-européenne ». Le vecteur de cette conception du monde et de cette tradition est une « classe sacerdotale » - les druides - comme en Inde ou en Iran ou plus simplement, comme chez les Germains, la noblesse guerrière. On y retrouve notamment les « traces très nettes » de la religion cosmique indo-européenne qui inclut le cycle des saisons, de l'année. Celle-ci forme le cadre général qui détermine l'histoire de l'univers. Puis, dans quelques épisodes légendaires, le schéma triparti étudié par Georges Dumézil, c'est-à-dire la tripartition de la fonction juridique et religieuse, de la force notamment guerrière, enfin de la richesse et des valeurs de re/production. 
Les Celtes avaient un système religieux polythéiste. Ils devaient disposer d'un panthéon au moins aussi développé que celui des Grecs et des Romains (près de quatre cents figures de divinités celtiques sont recensées), mais rien n'indique que ce panthéon ait été homogène sur l'ensemble du domaine celtique, ni qu'il ait possédé une structure unique. Cependant, les principaux dieux gaulois décrits par César se retrouvent, sous leurs noms propres, dans les textes mythologiques irlandais du Moyen Âge, avec les mêmes fonctions.
Parmi les principales divinités, le Dagda « Dieu bon », issu visiblement du Ciel diurne indo-européen, patronne l'aspect juridique de la fonction souveraine. Il a été rapproché du "Jupiter" gaulois. Il est opposé à son frère Ogme - Ogmios, dont certains des traits dérivent directement du Ciel nocturne, lié à la magie. De nombreuses dééesse et héroïnes (Belisama, Morrigan, Bodb, Macha...) présentes dans les mythes sont issues de l'Aurore indo-européenne. Il existe également un *Lugus panceltique (le "Mercurius" de César). Issu du couple indo-européen des Dioscures, les Jumeaux divins, une des plus anciennes figures du panthéon indo-européen, Lug "Samildanach" « aux multiples arts », par son intervention restaure l'ordre et le droit lorsque les autres dieux sont tombés dans l'oppression. Son nom se retrouve dans ceux de plusieurs grandes cités (Lyon, Laon, Legnica) et dans la grande fête irlandaise Lugnasad.
Les auteurs latins et grecs citent quelques divinités gauloises, sans énoncer les motifs qui dictent leur sélection : Épona, Taranis, Esus et Lug sont ainsi connus. Cernunnos est attesté par quelques inscriptions gallo-romaines.
L'immortalité de l'âme était une des croyances des anciens Celtes, ce qui explique peut-être les témoignages sur leur vaillance et leur intrépidité au combat, puisque la peur de la mort était absente. En revanche, la notion de la réincarnation doit être écartée de leur religion, cette suggestion étant due à des lectures erronées.
Les Celtes croyaient également en un au-delà. Dans la tradition irlandaise transmise à l'époque chrétienne, le Sidh désigne l"'Autre Monde" celtique, il se situe à l'ouest, au-delà de l'horizon de la mer, dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et les tertres. C'est le séjour des Tuatha Dé Danann.
Dans le domaine des rites, les sacrifices humains, le , ou encore l'utilisation abondante du sang dans les lieux de culte sont les traits qui ont frappé les auteurs antiques. L'un d'entre eux, Pausanias, évoque aussi la pratique de l'anthropophagie. Jules César écrit quant à lui :
Aux témoignages grecs et romains, on doit ajouter celui de la littérature celtique elle-même et des récits médiévaux, les Mabinogion de Pwyll et Branwen, évoquant plusieurs sacrifices humains. De nombreuses découvertes archéologiques corroborent l'existence de sacrifices humains : culte des têtes à Entremont (Bouches-du-Rhône), réminiscent dans le décor des tympans d'églises de l'Irlande médiévale, rites sanguinaires à Ribemont-sur-Ancre, sacrifices par noyade, égorgement, strangulation, des Hommes des tourbières, etc.
Si les Celtes connaissaient l'écriture et l'ont parfois utilisée, ils ont privilégié l'oralité pour la transmission du savoir, quel qu'en soit le domaine, de sorte qu'il faut étudier le domaine celtique à partir de sources externes ou tardives.
La construction de sanctuaires à usage religieux est un fait très tardif dans le domaine celtique puisqu'ils n'apparaissent qu'au . Aux époques précédentes, le culte régi par la classe sacerdotale des druides, se faisait dans des espaces sacrés en pleine nature (nemeton en langue gauloise signifie « sacré », "nemed" en gaélique), comme les clairières, la proximité des sources. Lucain, dans la "Pharsale" (III, 399-426), nous donne la description d'un de ces lieux avec un endroit strictement interdit, réservé aux dieux. Le site de (Bohême) recèle de très nombreux objets à caractère votif, mais est exempt de toute construction. Il est possible aussi que des ensembles mégalithiques, tels Carnac (département du Morbihan en Bretagne) ou Stonehenge (comté du Wiltshire, Angleterre) aient pu être réutilisés par les druides dans un but cultuel.
. Le plus célèbre de ces sites est celui de Gournay-sur-Aronde.
Le druidisme est une institution pan-celtique. De manière comparable à d'autres sociétés indo-européennes, les druides forment un corps professionnel issu de l'aristocratie, de spécialistes des techniques du droit et du culte associés à la fonction souveraine. Auxiliaires de la royauté, ils veillent aux activités de parole et d'enseignement en assurant la transmission du savoir traditionnel.
À l'époque précédant la conquête romaine de la Gaule, et, semble-t-il, par la suite dans les îles, la caractéristique majeure de la pratique religieuse des anciens Celtes est le druidisme. Le mot druide qui est spécifiquement celtique provient de "*der-w/dr-ew" qui se comprend comme « celui qui sait fidèlement, celui qui a une vision vraie, certaine ». L'existence du clergé druidique est attestée chez plusieurs auteurs antiques, pour différentes époques et en différents lieux du monde celtique. En Gaule, les druides paraissent avoir joué un rôle clef dans l'insurrection de -52 et, par la suite, dans les révoltes gauloises du : celle des "equites", menée par l'Éduen Julius Sacrovir en 21 et rapportée par Tacite dans ses "Histoires", aurait conduit au déclenchement des hostilités de Rome à l'égard des druides gaulois.
Le « clergé » druidique avait en charge la célébration des cérémonies sacrées et des rites cultuels : lui seul avait le droit de pratiquer les sacrifices, parfois humains, mais plus généralement d'animaux ou symboliques (comme l'attestent les ex-voto en bois inventés aux sources de la Seine). C'est d'ailleurs la pratique des sacrifices humains qui servit de prétexte à l'interdiction des druides sous l'Empereur Tibère (ou Claude pour certains historiens). Les autres prérogatives des druides comprenaient logiquement l'enseignement, la diplomatie, l'histoire, la généalogie, la toponymie, la magie, la médecine et la divination. Le druide, grâce à son savoir (dont l'acquisition pouvait nécessiter vingt ans d'études, selon César) et grâce à sa maîtrise des pratiques magiques, était un intermédiaire entre les dieux et les hommes.
Le druide avait aussi un rôle de conseiller politique auprès du roi avec lequel il a pu former un binôme dans lequel le roi exerçait la souveraineté sous l'inspiration du druide. Le druide Diviciacos, contemporain de Cicéron et directement à l'origine de la conquête romaine de la Gaule, apparaît notamment comme le chef politique des Éduens.
Sans entrer dans les spécifications de la classe sacerdotale, trois types de « professions » à caractère religieux sont connus dans le monde celte :
Selon les sources irlandaises, l'année celtique était rythmée par quatre grandes fêtes religieuses au caractère obligatoire, dont deux majeures : Samain au 31 octobre ou novembre (selon notre calendrier) et Beltaine au 30 avril ou mai, et deux de moindre importance : Imbolc le ou le 2 février et Lugnasad le août. La source majeure qui nous renseigne sur le calendrier celtique est le calendrier de Coligny, qui date de l'époque gallo-romaine.
La celtomanie est une mode littéraire, qui s'est développée à la fin du et au long du dans certains milieux intellectuels et littéraires, notamment en Bretagne. Elle pare de toutes les vertus les Celtes de l'Antiquité. Elle aura une grande influence sur la perception des Gaulois ou des Celtes et sur les recherches historiques effectuées à la fin du d'autant plus dans un contexte nationaliste où les qualités des Celtes sont exaltés face aux envahisseurs "germains".
En France, l'archéologie s'empare des Celtes à partir des travaux d'Alexandre Bertrand à la fin du .
Au cours du , la phrénologie a été abondamment utilisée pour démontrer des liens de parenté entre des populations proto-historiques et contemporaines. Les Celtes, objet d'études archéologiques, n'échappent pas à la règle.
Après avoir étudié des dizaines de crânes issus de sépultures celtes, le Suédois Anders Retzius propose de classer les Celtes parmi les populations dolichocéphales orthognates, avec les Germains et les Scandinaves. Cette thèse permet à ses continuateurs de reprendre la thèse de populations conquérantes blondes, ayant asservi des populations bracycéphales ; cependant, cette thèse est rapidement réfutée, notamment par Paul Broca.
En Allemagne, dans les années 1930, fortement influencés par les méthodes de l'archéologie du peuple, développée par Gustaf Kossinna, les archéologues allemands, appuyés sur une prétendue des Celtes, affirment que ces derniers appartiendraient en réalité aux peuples germaniques.
Les récentes recherches scientifiques concernant l'Europe dite celtique sont interdisciplinaires : archéologie comparée (intégrant notamment l'archéométrie), méthodologie historique (dont l'analyse critique de « l'historiographie celtique »), mythologie comparée (notamment dans le cadre de la « mythologie celtique »), linguistique comparée, onomastique (commune à ces deux dernières disciplines), génétique des populations (intégrant notamment la paléogénétique). Quelques archéologues, tels Barry Cunliffe, sur la base de modélisations des données ressortant de ces recherches questionnent préalablement le « concept de Celtes ». Concomitamment au débat sur un « diffusionnisme indo-européen » , d'autres archéologues tel John Collis contestent le paradigme de « celtitude » et "a fortiori" le postulat d'un groupe ethnique celte.
Comme le résume le spécialiste des Sociétés protohistoriques Stéphane Verger, il existe deux manières extrêmes d'aborder le début des Celtes. « La première, positiviste, consiste à remonter dans le temps au-delà du second âge du fer, voire jusqu'au début des âges de Métaux, dans les régions censées avoir été occupées anciennement par des “populations celtiques” pour déterminer, d'après les données archéologiques, à partir de quel moment et dans quelle zone de l'Europe les caractéristiques culturelles que l'on attribue traditionnellement aux Celtes peuvent être mis en évidence. La seconde, hypercritique, est celle qui consiste à considérer que la notion de Celtes est une construction moderne ». Selon cette thèse, les Celtes n'auraient pas existé avant leur conceptualisation au .
L'historien Jean-Louis Brunaux, spécialiste des Gaulois, est assez proche de cette deuxième vision. Il doute de la réalité d'une civilisation celte. À ses yeux, l'idée d'une langue celtique est un postulat non démontré. Les ressemblances entre breton, gaélique, gallois... s'expliqueraient davantage par les contacts et les influences entre des peuples voisins que par l'existence d'une langue mère. Brunaux s'accorde avec l'idée émise par Tolkien : . Ce d'autant plus facilement qu'ils n'ont presque pas laissé d'écrits.
Plus qu'un peuple ou une civilisation, il considère les Celtes à l'origine comme une confédération de tribus vivant autour du Massif central dans le but de commercer avec les Phéniciens puis les Grecs. De commerciale, cette association aurait pris un caractère diplomatique puis politique. Les Celtes se seraient étendus à travers l'Europe, à partir non pas d'Europe centrale mais du centre sud de la Gaule. Extension faite sous forme de colonisation et non de migrations. Cette interprétation se situe à l'opposé des travaux de la plupart des spécialistes du monde celtique, qui comme Venceslas Kruta soulignent au contraire l'existence d'une civilisation spécifique, immédiatement identifiable par sa langue, les vestiges matériels qu'elle a laissés, les croyances et les mythes que les spécialistes de la mythologie comparée ont pu reconstituer.
Comme le signale bien Claude Sterckx, le cinéma et la bande dessinée actuels n'offrent qu'une « parodie invraisemblable » de ce que sont les Celtes. Il qualifie la plupart des films de « grotesques ». Les albums d'Astérix, qui forment la représentation la plus connue du public, sont selon lui une « caricature de tous les poncifs ». Les représentations basées sur la légende arthurienne, là aussi bien connues du public, sont très anachroniques et davantage issues d'un fonds littéraire fictionnel que de données historiques.
Le classement thématique ne donne que l'orientation générale des ouvrages listés, la majorité d'entre eux abordant différents thèmes.