Baptême

Le baptême ou baptême d'eau (du verbe grec ancien ', fréquentatif du verbe ', « plonger dans un liquide », « immerger ») est un rite ou un sacrement symbolisant la nouvelle vie du croyant chrétien. Il est partagé par la quasi-totalité des Églises chrétiennes, étant donné son importance dans les textes bibliques. L'eau symbolise à la fois la mort par noyade des baptisés dans leur ancienne vie caractérisée par le péché, et leur nouvelle naissance dans une vie nouvelle et éternelle.
Pour le catholicisme, l'orthodoxie et le protestantisme traditionnel, le sacrement du baptême (d'eau) est ce qui permet à quelqu'un d'être sauvé, purifié du péché et de devenir enfant de Dieu. Avant d'être baptisé, le nouveau baptisé prononce des vœux dans lesquels il exprime sa promesse de rejeter Satan avant de professer sa foi et son engagement envers Jésus-Christ. Le baptême peut être pratiqué sur des nouveau-nés ; dans ce cas, quelqu'un d'autre prononce ses vœux et cette profession de foi. Durant la cérémonie, de l'eau est versée sur la tête de la personne ; chez les orthodoxes, l'enfant est plongé dans un récipient empli d'eau.
Dans le christianisme évangélique, il survient après la nouvelle naissance et concerne ainsi seulement des adultes, les bébés étant consacrés lors d'une présentation d'enfant. Après un témoignage de sa foi, le croyant adulte est « immergé » et sort de l'eau en signe de sa nouvelle naissance. Le baptême d'eau est pratiqué dans un point d'eau extérieur ou dans un bassin d'eau aménagé dans un bâtiment d'église.
Dans le judaïsme, le mikvé est un bain rituel utilisé pour l'ablution nécessaire aux rites de pureté. L'immersion totale du corps dans l'eau du mikvé fait partie du processus de conversion au judaïsme. On y voit généralement l'ancêtre du baptême chrétien. Dans l'esprit de la Torah et dans les rites d'immersion juifs demandés à Moïse par YHWH, l'immersion représente l'engloutissement dans l'eau d'un corps qui a été touché par l'impur.
Ce rituel s'appuie sur une symbolique que Carl Gustav Jung et d'autres psychanalystes rapprochent de la vie intra-utérine, immersion évoquant tout à la fois la purification, la mort et la (re-)naissance.
Dans L'Ancien Testament, plusieurs passages montrent que l'eau avait une valeur symbolique et rituelle dans la culture hébraïque : 
Le Nouveau Testament ( = ) fait allusion à trois types de baptêmes : 
Pour tout chrétien, la référence est le baptême de Jésus par Jean le Baptiste dans le Jourdain, décrit dans l'évangile selon Matthieu : Jésus arrivant de Galilée paraît sur les bords du Jourdain, et vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait : " C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c'est toi qui viens à moi!", mais Jésus lui répondit: " Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir ce qui est juste". Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux une voix disait: " Celui-ci est mon Fils bien-aimé : en Lui j'ai mis tout mon amour." (Matthieu chap. 3 versets 13 à 17). Le rite du baptême a provoqué la disparition de la circoncision rituelle, sans totalement faire disparaître cette notion, alors spiritualisée.
La pratique exclusive du baptême de croyants est attestée dans l'Église primitive, en particulier par Tertullien. On trouve encore des traces de crédobaptisme au Moyen Âge, notamment avec Pierre de Bruys et Henri de Lausanne. "On ne naît pas chrétien, on le devient", affirmait Tertullien dans son "Apologie du christianisme", chapitre 18.
La pratique du baptême est attestée depuis l'Église primitive. La baptême des bébés a commencé à être pratiqué en 350. Le Concile de Trente confirme officiellement les sept sacrements de l'Église catholique dont fait partie le baptême.
Les premiers réformateurs conservent la pratique catholique traditionnelle du pédobaptisme et les Églises protestantes traditionnelles restent favorables à la pratique du baptême pour les bébés ; il n'est cependant plus systématique, n'étant pas considéré comme nécessaire au salut.
Pour le mouvement évangéliste le baptême est un choix personnel ; il concerne donc des croyants adultes (anabaptisme). Selon les évangéliques (baptisme ou pentecôtisme), le baptême redevient comme il l'a été dans l'Église primitive. Ils insistent sur le baptême du Saint-Esprit qui accompagne la nouvelle naissance manifestée par le baptême par l'eau, et se désignent souvent eux-mêmes comme des "born again" ("nés de nouveau"). Il est symbole d'une transformation intérieure et n'est pas nécessaire au salut].
À la suite des pentecôtistes, le Renouveau charismatique a mis à l'honneur une expérience d'effusion de l'Esprit Saint, appelée "baptême dans l'Esprit" et fondée sur le récit de la Pentecôte dans le Nouveau Testament.
"Pratiquement toutes les Églises chrétiennes reconnaissent la valeur et la validité du baptême des autres Églises", déclare Hervé Legrand, directeur de l'Institut supérieur d'études œcuméniques de Paris (Iseo).
En 1982, le Conseil œcuménique des Églises a publié en accord avec des théologiens catholiques un document intitulé "Baptême, Eucharistie, Ministère". Ce texte fait le point sur l'accord toujours plus grand - et les différences qui subsistent - dans des domaines fondamentaux de la foi et de la vie des Églises. Il consacre en sept pages un accord complet des Églises sur la question du baptême.
On distingue différentes traditions:
La forme du baptême diffère selon les Églises :
Le baptême est l'un des sept sacrements de l'Église catholique. Il est en fait le premier des trois sacrements de l'initiation chrétienne avec la première participation à l'Eucharistie, c'est-à-dire la première communion, et la confirmation. Le baptême est un jour important pour les catholiques puisqu'il représente le moment où ils sont remis de leurs péchés et deviennent des enfants de Dieu.Étant baptisée, une personne devient incorporée à l'Église et participe à la mission de Jésus-Christ. En effet, les catholiques croient que la marque imprégnée par Dieu au moment du baptême est ineffaçable. Les catholiques renouvellent leur baptême à chaque année à Pâques. En cas de nécessité urgente, toute personne peut pratiquer le baptême d'une autre personne.
Pour les personnes ayant l'âge de raison, c'est-à-dire les enfants et les adultes, il est précédé d'une période de préparation appelée catéchuménat au cours de laquelle le futur baptisé appelé catéchumène découvre la foi chrétienne pour laquelle il demande le baptême. Pour les nouveau-nés, les parents suivent une préparation au baptême qui les aide à comprendre le sens de ce sacrement. Lors de la cérémonie du baptême, avant d'être baptisé, le catéchumène fait la promesse solennelle de rejeter Satan avant de professer sa foi et son engagement envers Jésus-Christ. Dans le cas d'un baptême pratiqué pour un nouveau-né, quelqu'un d'autre effectue cette professe et cette profession de foi en son nom. Durant la cérémonie du baptême catholique, de l'eau est versée par effusion sur la tête de la personne. Le baptême par immersion, c'est-à-dire où la personne entre totalement dans l'eau ou bien jusqu'à ses genoux, est également pratiqué au sein de l'Église catholique, particulièrement par les Églises catholiques orientales.
N'enlevant rien à l'importance du baptême pour le salut, l'Église catholique reconnait que celui-ci est possible pour les non baptisés, position qui a été affirmée avec notamment "Lumen Gentium", l'une des quatre constitutions rédigées par le II concile œcuménique du Vatican, "Dominus Iesus", une déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et "L’espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême ", un document de la Commission théologique internationale.
L'ondoiement est une cérémonie simplifiée du baptême utilisée en cas de risque imminent de décès (mention d'enfant "ondoyé" dans les anciens "registres paroissiaux") et qui se limite à verser de l’eau sur la tête de la personne en prononçant les paroles sacramentelles : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Cela correspond à la croyance ancienne que le baptême opère le salut et que les enfants morts sans baptême seraient réprouvés.
Le baptême est la participation, pour chaque orthodoxe, à la mort et à la résurrection du Christ. C'est pourquoi il est nécessaire à la participation du renouvellement de l'homme dans le Christ. Ce renouvellement, c'est la mort du "vieil homme", du vieil Adam, de l'homme de la Chute, pour "revêtir le Christ", présenté par Paul comme le nouvel Adam. Le baptême est donc véritablement une renaissance.
Le baptême est l'un des deux sacrements protestants, l'autre étant la Sainte-Cène. Les Églises protestantes définissent un sacrement comme un signe qui manifeste matériellement (rend présent) le Christ, don de Dieu aux humains, tel que lui-même l'a institué dans le Nouveau Testament, au travers d'une "présence spirituelle" de Jésus. Les Églises protestantes multitudinistes adhèrent au pédobaptisme (baptême des bébés) et utilisent les méthodes d'aspersion et d'immersion.
Au moment de la Réforme, l'émergence du mouvement anabaptiste puis des baptistes qui s'en inspireront va générer un débat considérable entre les représentants de la Réforme magistérielle (Calvin, Zwingli), pédobaptistes, et ceux de la Réforme radicale (Hubmaier, Menno Simons), crédobaptistes. La polémique tient beaucoup à leur pratique de rebaptiser (anabaptisme) ceux qui ont été baptisés enfants et donc de ne pas reconnaître la valeur du premier baptême, qui avait toujours été reconnue par les autres Réformateurs, même s'il avait été administré par un prêtre catholique.
Dans les Églises chrétiennes évangéliques le baptême est un choix personnel (crédobaptisme) ; il concerne donc les croyants adultes qui adhèrent à la foi par une démarche volontaire.
Chez les Mormons, le baptême est administré par immersion et par l'autorité de la prêtrise de manière à ouvrir la porte du salut au croyant. Personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu sans avoir contracté cette alliance, précédée par l'adhésion à la foi en Jésus-Christ et par le repentir. Les Mormons considèrent que le baptême d'eau doit être suivi du don du Saint Esprit par imposition des mains, faute de quoi il serait incomplet. Toutes les églises des Mormons comportent des fonts baptismaux permettant d'effectuer le baptême par immersion. À défaut, le baptême peut être effectué dans la mer, dans une rivière, dans un bassin, une piscine, etc.
Pour les Mormons, le Seigneur condamne le baptême des nouveau-nés (Moroni 8:10–21, dans le Livre de Mormon) car les enfants naissent innocents et sans péché. 
Du fait que tout le monde sur la terre n'a pas l'occasion d'accepter l'Évangile pendant l'existence mortelle, occasion leur est donnée dans le monde des esprits. C'est pourquoi les mormons pratiquent le baptême pour les morts.
Le baptême représente pour les futurs Témoins de Jéhovah en âge de le demander, la seule voie pour échapper à la destruction du « système de choses mauvais » actuel lors de la grande bataille d’Har-Maguédon, que livrera Jésus afin d’instaurer par la suite un paradis sur terre.
Pour pouvoir être baptisé, le candidat doit en faire la demande principalement au surveillant-président de sa congrégation. Trois anciens visiteront successivement le postulant afin de lui poser les 104 questions figurant dans le livre "Organisés pour faire la volonté de Jéhovah", celles-ci ayant pour but de vérifier les connaissances du futur baptisé sur la doctrine du mouvement. Il n'y a donc pas de baptême des nouveau-nés. Toutefois, les enfants ont la possibilité de se faire baptiser, si les membres du mouvement estiment qu'ils ont une pleine conscience de leur acte, et s'ils connaissent et respectent les principes doctrinaux enseignés par les Témoins de Jéhovah.
Les baptêmes sont pratiqués durant les assemblées (trois par an), le candidat est baptisé par immersion. En 2006, le rapport annuel publié par la Société Watchtower fait état de dans le monde, dont pour la France.
Une pratique venue d'Allemagne consiste à se faire « débaptiser », par exemple pour échapper à l'impôt ecclésiastique. En France, les motivations relèvent plutôt d'une mise en conformité avec des convictions personnelles. La question est ouverte de savoir si le "débaptême" est possible. Sur la forme, il est possible de se faire rayer des registres paroissiaux. Sur le fond, le chrétien a toujours la liberté de renoncer à son baptême. Mais d’un point de vue théologique, les avis divergent sur la possibilité de revenir en arrière sur une grâce reçue de Dieu : dans cette optique où les dons de Dieu sont définitifs ("Dieu ne reprend jamais ce qu’il a donné"), le baptisé ne peut pas être "débaptisé", il renonce simplement à vivre selon son baptême.
La démarche de débaptisation (apostasie) est surtout utilisée par les athées militants soucieux de ne plus compter parmi les statistiques de l'Église catholique, celle-ci évaluant le nombre de ses membres dans le monde en fonction du nombre de baptisés.