Apis mellifera

L'abeille européenne, l'avette ou la mouche à miel ("Apis mellifera") est une abeille à miel domestique originaire d'Europe. Elle est considérée comme semi-domestique. C'est une des abeilles élevées à grande échelle pour produire du miel.
"Apis mellifera" comporte près de 25 sous-espèces réparties en cinq groupes majeurs (selon leurs évolutions et leurs répartitions géographiques) : groupe A (« Afrique »), C (« Carnica », sous-espèce en Europe de l'Est et au sud des Alpes), M (« Mellifera », sous-espèce de l'Europe de l'Ouest et du Nord), O (« Orientale », sous-espèce du Moyen-Orient et de l'Asie centrale) et Y (« Yemenitica », du Yémen).
La Reine mesure de 15 à de long et les ouvrières entre 11 à . Cependant certaines sous-espèces des climats plus chauds de l'Afrique sont plus petites. On peut facilement reconnaître la reine à sa taille et son abdomen élargi.
La couleur de base de l'abeille occidentale est brune, avec les premiers segments abdominaux jaune, orange à rouge. Le thorax poilu est jaune brunâtre. Contrairement à une croyance populaire, l'abdomen de l'abeille n'est pas coloré en noir et jaune. Les illustrations colorées dans les livres pour enfants, par exemple, correspondent en fait à la coloration abdominale jaune et noir de la guêpe.
Les pattes des abeilles sont structurées comme celles des autres insectes. Les pattes postérieures des ouvrières servent à recueillir le pollen. Le bas des pattes est recouvert de longs poils formant une sorte de « panier » à pollen.
L'abeille, outre les mandibules, dispose d'un tuyau d'aspiration.
Les premiers ancêtres d"'Apis mellifera" sont originaires d'Afrique d'où ils ont essaimé deux fois : une première vague de migration vers l’ouest en Europe, une seconde (voire plusieurs) vers l'est, l’Asie et l’Europe orientale.
Au cours de l'histoire, l'abeille a évolué grâce à une forte diversité génétique. En effet, la reine de cette espèce s'unit au cours du vol nuptial à une ou deux douzaines de faux-bourdons (phénomène de polyandrie), puis pond des ovules non fécondés donnant des mâles, et des ovules fécondés donnant des ouvrières qui forment une ou deux douzaines de groupes de demi-sœurs. De plus, il y a vingt fois plus de recombinaisons génétiques lors de la formation des ovules de cette espèce que dans ceux de la femme.
Cette diversité donne un avantage adaptatif aux colonies de cette abeille : émergence de processus coopératifs plus efficaces, d'une plus grande productivité.
En 2006, le consortium international publie le premier séquençage complet du génome d"'Apis mellifera", cette abeille devenant ainsi le quatrième insecte à être séquencé après la drosophile en 2000, l'anophèle en 2002 et le ver à soie en 2004.
Des ruches sont souvent installées ou déplacées de milieux semi-naturels vers des milieux naturels, voire introduites dans des aires naturelles protégées ou des espaces naturels sensibles riches en fleurs, ce qui pose des problèmes de cohabitation avec les abeilles sauvages (dont près de 1000 espèces étaient en 1995 recensées en France, 380 espèces en Belgique, 587 en Suisse et 274 au Luxembourg), rappelle l’Observatoire des Abeilles . Cette cohabitation forcée entraîne trois types de risques :
Nourrice les dix premiers jours, l'abeille s’occupe d'abord de la préparation des cellules pour les nouvelles pontes, le temps que ses glandes nourricières se développent. Ensuite, elle peut nourrir les jeunes larves avec la gelée royale qu’elle sécrète. À la fin de cette période, elle effectue ses premiers vols autour de la ruche.
Bâtisseuse les dix à vingt jours suivants, ses glandes nourricières se sont atrophiées pendant que les glandes cirières se sont développées ; elle participe alors à l’agrandissement des rayons, à la transformation en miel du nectar apporté par les butineuses, au nettoyage et à la régulation thermique de la ruche, puis à sa protection contre les prédateurs (guêpes et frelon notamment) et les voleurs (abeilles étrangères, etc.).
Butineuse à partir du vingtième jour jusqu’à la cinquième ou sixième semaine de sa vie, elle parcourt la campagne dans un rayon de deux à cinq kilomètres afin d’approvisionner la ruche en nectar, miellat, pollen, propolis ou en eau. Après quoi, sa vie s’achève : en général, une ouvrière meurt pendant un dernier voyage de butinage (ou de portage d'eau dévolu aux plus anciennes), ou pendant qu'elle dort.
À la fin de l'été, au début de l'automne naissent des ouvrières qui vont vivre de cinq à six mois, leur corps est plus riche en acide gras. Elles ont à protéger la reine, à maintenir l'essaim qui passe l’hiver à une température de 25 à au cœur, puis, dès le mois de février, préparer l'arrivée des nouvelles générations.
De taille supérieures aux ouvrières (ils sont produits par la ponte de la reine dans des alvéoles plus importantes), ils apparaissent au printemps, quand les ruches sont actives et que de nouvelles reines non fécondées peuvent être présentes dans l'environnement de la ruche. Dépourvus de dard, ils ne piquent pas. Pourvus d'yeux plus volumineux et plus gros que les ouvrières, ils sont facilement reconnaissables. Leur rôle principal est la fécondation des jeunes reines. Un faux bourdon peut produire 1,25 microlitre de sperme. D'autre part, ils ne possèdent pas de corbeille à pollen et leur langue ne leur permet pas de recueillir le nectar des fleurs; toutefois ils butinent pour se nourrir. Cependant, ils contribuent au maintien de la température et à la répartition de la nourriture dans la ruche.
Leur développement dure 24 jours de l'œuf à l'insecte parfait dans des conditions optimales. Les œufs dont ils sont issus sont non fécondés, ce qui en fait des individus haploïdes. Même s'ils commencent à voler dès le de leur vie d'insecte parfait, ils n'atteignent leur maturité sexuelle qu'après leur . Les faux-bourdons des différentes ruches se rassemblent chaque année aux mêmes endroits précis aux conditions thermiques spécifiques, en général dans un rayon de 4 kilomètres de leur ruche initiale. Ainsi, un brassage génétique est assuré pour éviter la consanguinité. En favorisant le mélange de différentes colonies, les faux-bourdons sont malheureusement des vecteurs pour les maladies et les parasites tels que le varroa. Ils sont attirés par la substance chimique acide ceto-9-décene-2-oïque sécrétée par les glandes mandibulaires des reines. À la suite de la fécondation, le mâle meurt car son abdomen est arraché en vol pendant l'acte de reproduction.
Leur durée de vie est d'environ deux mois, mais les abeilles peuvent consommer le couvain de faux bourdons en cas de disette. Ils sont chassés des ruches avant l'hiver, parfois dès les premiers refroidissements nocturnes d'août. En cas de perte de la reine, la ruche devient orpheline, et, si aucun jeune couvain n'est disponible pour produire une reine, la ruche devient bourdonneuse, c'est-à-dire que les ouvrières, non-fécondées, pondent et élèvent des œufs non fécondés qui donneront naissance systématiquement à des faux-bourdons. Lorsque la dernière ouvrière meurt, la population uniquement constituée de faux bourdons est condamnée à mourir.
La reine est reconnaissable des autres abeilles par sa plus grande taille (1,5 à contre 1,1 et ). Son abdomen et ses organes génitaux sont plus développés. Elle passe tout son temps à pondre, c'est elle qui donne naissance à toutes les abeilles de la ruche. Elle peut pondre jusqu'à 2000 œufs par jour durant une miellée d'été et à l'apogée de sa fertilité (2 ans). Elle produit deux types d'œufs : les œufs fécondés qui donnent naissance aux abeilles femelles (ouvrières ou reines), et les œufs non fécondés d'où sortent les abeilles mâles (faux-bourdons).
Les abeilles possèdent entre elles un langage d'une extrême précision et découvert par Karl von Frisch, celui de la danse des abeilles.
Cette danse est exécutée dans l'obscurité par l'abeille éclaireuse revenue à la ruche pour renseigner les autres sur la distance, la direction, la quantité et la nature de nourriture.
Les autres abeilles, grâce à leurs perceptions tactiles et olfactives, perçoivent l'agitation et viennent s'agglutiner à elle pour décoder les informations contenues dans ces mouvements.
Il y a deux types de danses différentes :
La nature de la nourriture est indiqué par l'odeur de l'abeille qui s'y est frottée.
La quantité de nourriture dépend du frétillement de l'abeille : plus elle frétille, plus la quantité est importante.
La distance qui sépare la source de nourriture de la ruche est transmise en fonction de la vitesse à laquelle l’abeille tourne. Plus la danse est rapide plus la source est proche.
La direction (angle entre la source de nourriture et le l'aplomb du soleil par rapport à la position de la ruche) est transmise par l'inclinaison de la danse par rapport à la verticale. La précision est ± 3°. Quand la danse se prolonge, l'abeille danseuse corrige son angle en fonction de la course du soleil, et ce malgré l'obscurité complète, dans laquelle elle se trouve.
Le spectre visible de l'abeille s'étend dans l'ultraviolet (au moins jusqu'à une longueur d'onde de 300 nm) donc les nuages cachant le soleil ne sont pas gênants pour elles.
Lors de l'essaimage, 300 à 500 ouvrières (souvent les butineuses les plus âgées et expérimentées) se dispersent afin de trouver un lieu pour installer la colonie (cavité). Lorsqu'une éclaireuse trouve un lieu propice à l'installation de la colonie, elle l'inspecte, durant le plus souvent moins d'une heure, à l’extérieur comme à l’intérieur et estime le volume de la cavité, la taille de l'entrée et son positionnement, sa hauteur, son exposition au vent et au soleil. Elle rentre alors à l'essaim et fait partager sa découverte grâce à une danse frétillante à la surface de l'essaim. D'autres abeilles vont alors visiter les lieux et si elles en sont satisfaites, elles le dansent à leur tour. Certains sites sont peu à peu délaissés tandis que d'autres obtiennent de plus en plus de « supporters ». L'enthousiasme des danseuses est décisif pour le choix de l'habitat, plus le site est proche des critères d’excellence plus la danse est longue et intense. Une éclaireuse qui revient de la découverte d'une habitation idéale fait en moyenne quatre-vingt dix tours d'une danse qui dure environ 135 secondes ; tandis qu'une autre ayant trouvé un site possible mais pas idéal dansera pendant 45 secondes et effectuera 30 tours. La danse d'une éclaireuse peut parfois être interrompu par une de ses sœurs qui la heurte à la tête en émettant un son bref jusqu'à ce que l'éclaireuse cesse de danser. Le lieu le plus adapté finit par obtenir l'adhésion de toutes et l'essaim s'envole vers sa nouvelle demeure.
En collectant de grandes quantité de pollens, les abeilles diminuent la quantité de pollen allergène ou devenant allergène en vieillissant et se dégradant.
Cet effet a notamment été mis en évidence dans les serres utilisées pour la culture du poivron aux Pays-Bas où environ ouvriers agricoles le cultivent dans de serre. Les fleurs du poivron produisent un pollen irritant auquel les travailleurs des serres sont exposés quand ils les cueillent. Dans les serres classiques, 1/3 de ces travailleurs finissent par devenir allergiques à ce pollen. mais on a montré au début des années 2000 qu'introduire une colonie d'abeille domestique (ruche) dans la serre suffit à faire chuter le taux d'allergie et sa gravité ; Dans les serres où les abeilles étaient présentes, le pollen était récolté par les abeilles sur les anthères au fur et à mesure de sa production, et les symptômes d'allergies diminuaient ou disparaissaient chez les travailleurs. L'étude n'a cependant pas été jusqu'à calculer le nombre minimal ou optimal d'abeilles par serre.