Bahaïsme

Le , ou baha’isme, aussi connu sous le nom de foi bahá’íe (prononcer ou ) ou béhaïsme (vieille graphie) est une religion abrahamique et monothéiste, proclamant l’unité spirituelle de l’humanité. Les membres de cette communauté religieuse internationale se décrivent comme les adhérents d’une « religion mondiale indépendante ».
Elle a été fondée par le Persan Mīrzā Ḥusayn-ʿAlī Nūrī (1817-1892) en 1863. Ce nom est dérivé du surnom donné à son fondateur : Bahāʾ-Allāh (en arabe, « Gloire de Dieu » ou « splendeur de Dieu ») . Les baha’is sont les disciples de Bahāʾ-Allāh. Ils s’organisent autour de plus de (répertoriés par le centre mondial de Haïfa) à travers le monde. En 2011, cette religion met en avant dans ses documents le chiffre de de membres appartenant à plus de , répartis dans plus de . Son centre spirituel (lieu de pèlerinage . 
L’histoire de la foi baha’ie suit la séquence historique de ses dirigeants spirituels, commençant le soir du 22 mai 1844 par la déclaration du Bāb à Chiraz, en Iran et se fondant toujours sur les bases d’un ordre administratif établi par les figures historiques centrales de la foi. La communauté baha’ie resta confinée aux empires iranien et ottoman jusqu’au décès de Bahāʾ-Allāh en 1892. Sous la direction de son fils ʿAbd-al-Bahāʾ, la religion se développa en Europe et en Amérique du Nord, et se consolida en Iran, où elle subit encore actuellement d’intenses persécutions. À la mort de ʿAbd-al-Bahāʾ en 1921, la direction spirituelle de la communauté entra dans une nouvelle phase, évoluant d’une direction par un individu, à un ordre administratif composé d’institutions élues et d’individus nommés.
Au début des années 1790 en Iran naît un mouvement chiite ésotérique et mystique sous la conduite de Šayḫ Aḥmad Aḥsāʾī. Ses disciples, appelés shaykhis, focalisaient leur enseignement sur les aspects métaphysiques du chiisme et critiquaient le juridisme excessif du clergé majoritaire. 
À la mort de Sayyid Kāẓim, le successeur de Šayḫ Aḥmad à la tête de l’école, certains de ses disciples partirent à la recherche d’un nouveau maître pour prendre la direction du mouvement. Selon la croyance, l’un de ces fidèles, Mullā Ḥusayn, partit dans ce but pour Chiraz après de prière et de jeûne.
À son arrivée, le , Mullā Ḥusayn est accueilli par un habitant qui l’invite chez lui. Après avoir demandé à son invité la raison de son voyage, il lui annonce être celui qu’il cherche. ( - ), était un marchand de Chiraz, en Iran, qui à l’âge de déclara être une manifestation nouvelle de Dieu et le Mahdi attendu (ou Qāʾim). Il prit dès lors le titre de (« porte »), et fut fusillé par les autorités d’Iran, sous la pression du clergé chiite, plus tard à Tabriz.
Mullā Ḥusayn est le premier disciple du Bāb. En peu de temps, dix-sept autres disciples (dont une femme, Tahira) le rejoignent. Le babisme naît à ce moment. Les dix-huit premiers disciples seront dès lors connus dans le babisme comme les « Lettres du Vivant ».
Le cœur du message du Bāb est l’arrivée imminente de (""), le promis annoncé par des religions du passé.
Bahāʾ-Allāh, le prophète fondateur de la religion baha’ie, était un des disciples du Bāb et a annoncé être la réalisation de sa prophétie.
Le fondateur de la foi baha’ie, Mīrzā Ḥusayn-ʿAlī Nūrī, naît à Nur, dans la province iranienne du Mazanderan, le , dans une famille noble. Son père travaillait pour le gouvernement du shah d’Iran. À , lorsque son père meurt, on lui propose de le remplacer à la cour du roi. Mais il refuse, afin de consacrer son temps à aider les opprimés, les malades et les pauvres, à soutenir la cause de la justice. À trente ans, il adhère au babisme. En 1852, il est arrêté puis envoyé en exil à Bagdad (actuel Irak) qui dépend alors de l’Empire ottoman. Au terme de d’exil dans cette ville, c’est au cours des du « festival de Riḍvān », du au , qu’il révèle à son entourage sa revendication d’être celui dont l’avènement a été annoncé par le "Bāb" . Il commence alors à regrouper autour de lui des adeptes, avec l’intention de donner le jour à une religion mondiale, qui représenterait le et serait sur terre la pierre angulaire d’un royaume de paix, de justice, de liberté et d’humanité. Il est alors contraint de quitter Bagdad pour se rendre à Constantinople, puis en 1864 à Edirne (actuelle Turquie) et enfin en 1868 à Acre (actuel Israël), alors dans le vilayet de Damas (actuelle Syrie).
Bahāʾ-Allāh exerce sa prédication essentiellement par des écrits. Il écrit son ouvrage principal (le "Kitāb-i Aqdas") dans la prison d’Acre. À Edirne en 1868, il adresse des messages écrits aux dirigeants les plus éminents de son temps, parmi lesquels le shah d’Iran, le tsar de Russie Alexandre, la reine Victoria, l’empereur Guillaume, Napoléon et le pape Pie, qu’il exhorte à limiter leurs armements et à réaliser une paix mondiale généralisée et durable.
Bahāʾ-Allāh passe les quarante dernières années de sa vie en exil ou en prison. Ainsi, d’août 1868 jusqu’en 1877, il est enfermé dans la ville turque d’internement d’Acre, près de Haïfa. Puis il s’installe en dehors de cette ville, à la campagne, au manoir de , où il s’éteint et est enterré le . Ce lieu est devenu le point de la qibla pour les baha’is, la direction vers laquelle ils se tournent pour accomplir le rite de la prière obligatoire (ṣalāt).
Après la mort de Bahāʾ-Allāh, la direction de la communauté baha’ie est assurée par son fils aîné, ʿAbbās Effendi (1844-1921), né à Téhéran et proclamé . 
Il a été surnommé le et la , interprète autorisé du message apporté par son père, qui l’avait désigné comme seul interprète d’autorité de ses écrits.
Il connut avec son père l’exil et la prison, où il fut enfermé jusqu’en 1908, date à laquelle les Jeunes-Turcs le libérèrent. Ensuite, il établit à Haïfa (actuel Israël), suivant les directives de son père, le siège principal du mouvement baha’i. 
En , il quitta la Terre Sainte pour se rendre en Europe où il séjourna quatre mois, notamment à Londres et à Paris. Il y rencontra à nouveau les croyants occidentaux et donna chaque jour des conférences sur la Foi baha’ie et ses principes. Au printemps 1912, ʿAbd-al-Bahāʾ entama un long voyage d’un an, à nouveau en Europe, aux États-Unis et au Canada. Cela aida considérablement à la propagation de la Foi baha’ie en Occident et, sous son influence, elle enregistra une progression considérable, notamment en Inde, aux États-Unis et en Europe. 
Il s’éteignit à Haïfa le , non sans avoir désigné comme successeur, dans la fonction de Gardien de la Foi baha’ie, son petit-fils Shoghi Effendi (1897-1957). Sa dépouille repose actuellement dans le mausolée du Bāb sur le Mont Carmel à Haïfa, en attendant la construction prévue de son propre mausolée.
Le successeur de ʿAbd-al-Bahāʾ à la tête du mouvement fut son petit-fils Shoghi Effendi Rabbānī (1897-1957), dont la mère était la fille ainée de ʿAbd-al-Bahāʾ, et à qui fut décerné le titre de ('). Éduqué à Oxford, il s’efforça de traduire en anglais les principaux écrits baha’is et de développer l’Ordre administratif baha’i. Sous son impulsion et sa direction, secondé par d’éminents disciples nommés les Mains de la Cause de Dieu, il lança la Croisade de dix ans (') en 1953, qui amènera la Foi baha’ie à être présente dans tous les pays du monde lors de son achèvement en 1963. Entre sa nomination en 1921 et sa mort en 1957, le nombre de baha’is a quadruplé de à et les pays ouverts à la Foi passèrent de 35 à 250. Il fonda six nouvelles Assemblées spirituelles nationales, qui vinrent s’ajouter à celles qui existaient déjà en Iran et aux États-Unis. 
À la suite de son décès inopiné le dans des conditions ne permettant pas de désigner son successeur, c’est un directoire composé de neuf personnes choisies parmi les « Mains de la Cause », qui prit en charge la direction de la communauté jusqu’à l’élection en 1963 de la première Maison Universelle de Justice, Conseil suprême de la communauté dont le rôle est présenté comme étant purement administratif et comme ne constituant pas un clergé.
Le "Kitāb-i Aqdas" de Bahāʾ-Allāh et "La volonté et le testament de ʿAbd-al-Bahāʾ" sont les documents fondateurs de l’administration baha’ie. Bahāʾ-Allāh a établi la Maison Universelle de Justice, un corps élu. ʿAbd-al-Bahāʾ a établi le principe du Gardiennat héréditaire et défini les relations entre ces deux institutions. Dans son testament, ʿAbd-al-Bahāʾ a nommé l’ainé de ses petits-fils, Shoghi Effendi, comme le premier « Gardien de la Cause de Dieu », qui fut l’artisan du développement de cette administration.
Cet Ordre Administratif baha’i est constitué d’un corps « élu » et d’un corps « nommé ». Aux niveaux locaux, régionaux et nationaux, les baha’is élisent annuellement des « assemblées spirituelles » de neuf membres pour s’occuper des affaires de la communauté à ces différents échelons selon le principe de subsidiarité. Les membres de l’institution du « Corps des Conseillers » ("") ne sont pas élus mais nommés à différents niveaux, locaux et internationaux, pour propager la foi et protéger la communauté (c’est-à-dire réfuter les opposants et veiller au respect de l’orthodoxie parmi les fidèles). Ceux-ci sont présentés comme n’ayant pas le rôle d’un clergé, puisque la position officielle est qu’il n’existe pas de clergé dans la foi baha’ie.
La Maison Universelle de Justice reste aujourd’hui le corps gouvernant suprême de la foi baha’ie et ses sont élus tous les cinq ans par les membres de toutes les assemblées spirituelles nationales. Seuls les hommes baha’is de plus de sont éligibles à la Maison Universelle de Justice, alors que dans le baha’isme contemporain (ce qui n’était pas le cas dans les communautés occidentales avant la venue sur place de ʿAbd-al-Bahāʾ et jusqu’au milieu du pour les communautés du Moyen-Orient) tous les autres postes sont accessibles aux hommes comme aux femmes.
Par l’activité missionnaire de la communauté, les baha’is sont répandus dans . Les documents officiels présentent leur nombre comme s’élevant à 5, 6 ou , ce qui n’est soutenu par aucune étude démographique. Parmi ceux-ci, 50 % vivraient en Asie, principalement en Inde. Un autre groupe réside en Iran et compterait environ . Un pourcentage important des baha’is (⅓ environ) habiterait dans les pays africains. En Europe, ils seraient surtout présents en Grande-Bretagne ( selon les sources baha’ies, selon le recensement de 2011) et en Allemagne (). En France, on compterait quelque . Aux États-Unis, elle serait la seconde religion la plus représentée en Caroline du Sud, après toutes les religions chrétiennes. En Israël, ne vivent que quelques centaines de baha’is, tous employés au centre mondial baha’i de Haïfa ou faisant partie de leurs familles et résidant dans la zone de Acre-Haïfa. 
Le baha’isme se développerait beaucoup aujourd’hui dans les îles du Pacifique (le roi des îles Samoa, Malietoa Tanumafili s’est converti au baha’isme le ), l’Amérique latine et l’Afrique subsaharienne. La propagande baha’ie fait de l’augmentation du nombre de croyants dans le monde, qui aurait presque doublé en un quart de siècle, un argument important de mission et de motivation interne. En l’absence d’études sérieuses et avec la suspicion autour de l’ordre de grandeur des chiffres, les documents officiels baha’is préfèrent mettre en avant les chiffres de la "World Christian Encyclopedia", sans préciser que cette source reproduit leurs propres chiffres.
Bei Dawei écrit dans , :
Depuis l’avènement de la République islamique en 1979, les supposés d’Iran, sont considérés comme des , indique la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) dans son rapport de 2003 sur les discriminations religieuses en Iran. Ils n’ont pas le droit de percevoir de retraite, d’inscrire un nom sur la tombe de leurs défunts, d’hériter, de se réunir pour pratiquer leur religion, leurs lieux sacrés et leurs cimetières sont détruits. Les biens de nombreux baha’is sont confisqués. Des pressions sont exercées sur les employeurs pour licencier les salariés baha’is. Leur foi étant postérieure à l’islam, elle n’est à ce titre pas considérée comme une religion par le régime. 
Dans les années qui ont suivi la révolution, la répression contre les baha’is a été féroce et a suscitée un élan de sympathie en Occident qui fut mis à profit dans l’œuvre missionnaire baha’ie. Au début des années 1980, plus de , parmi les membres les plus actifs, ont été exécutés pour avoir refusé de se convertir à l’Islam. L’indignation de la communauté internationale a ralenti cette répression. Mais elle n’a jamais réussi à la stopper : la lutte contre les baha’is est désormais larvée. 
Un document interne signé en 1991 de la main d’Ali Khamenei, guide suprême de la révolution islamique, détaille une série de recommandations pour régler ce que les autorités appellent « la question baha’ie » :
Le gouvernement traitera les baha’is de telle sorte que leur progrès et leur développement soient bloqués. (…) Il faut les expulser des universités, soit lors du processus d’admission, soit au cours de leurs études. (…) L’accès à l’emploi, s’ils s’affichent comme baha’is, doit leur être refusé.
La Maison Universelle de Justice, l’organe dirigeant de la communauté baha’ie, n’offrit pas d’aide aux baha’is esssayant de fuir le pays et punit même certains qui réussirent.
Les baha’is, communauté de , ont obtenu le droit, par le tribunal de première instance d’Alexandrie, d’inscrire leur confession sur leur carte d’identité. 
Ce droit leur a été enlevé par la Cour suprême administrative égyptienne en décembre 2006, les obligeant soit de choisir entre les trois religions officiellement reconnues (christianisme, islam et judaïsme) soit de renoncer à leur carte d’identité, les privant alors de la plupart des droits citoyens en Égypte.
Dans les pays du golfe Persique, les sites Internet baha’is sont désormais accessibles.
En août 2016, Amnesty International appelle les Houthis et leurs alliés à cesser de persécuter les membres de la minorité bahaïe, dont 65 membres au moins sont ont été arrêtés arbitrairement, lors de différentes rafles dont la dernière date du 16 août.
La "Communauté Internationale Bahá’íe" a depuis 1948 le statut d’ONG auprès de l’Organisation des Nations unies. Depuis 1970, elle est dotée d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social (ECOSOC) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Elle entretient également des relations de travail avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et est associée au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).
Les lieux saints baha’is à Haïfa et en Galilée occidentale ont été intégrés en 2008 à la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO.
En 1939, Shoghi Effendi a lancé un plan septennal de mission et de développement interne, suivi par un autre en 1946. En 1953, il a lancé la croisade ("") mondiale décennale, avec des buts ambitieux pour l’expansion de la communauté et des institutions, la traduction de la littérature baha’ie dans de nouvelles langues, et l’envoi de pionniers baha’is dans des pays qui n’avaient pas été atteints jusque là. Il a annoncé par des lettres pendant la croisade décennale que celle-ci serait suivie d’autres plans, sous la direction de la Maison Universelle de Justice, qui a été élue en 1963 à la fin de la croisade. La maison de Justice a ensuite lancé un plan en 1964, et une série de plans de durée et aux objectifs variables ont suivi, permettant de guider la communauté baha’ie dans ses méthodes d’enseignement (enseignement étant le terme pour désigner le travail missionnaire et de catéchèse).
Depuis la fin des années 1990, la Maison Universelle de Justice a préparé les communautés à une expansion à grande échelle, organisant les localités en « groupements », créant de nouvelles institutions comme les conseils régionaux et renforçant les multiples « instituts de formation ». Le récent plan quinquennal (2001-2006) s’est concentré sur les institutions en développement et la création des moyens permettant de (Riḍvān 158). Depuis 2001, les baha’is du monde entier ont été encouragés à se concentrer sur les classes pour enfants, les rassemblements de dévotion, et une étude systématique de la religion, connue sous le nom de « cercle d’étude ». En décembre 2005, un nouveau système a été mis en place, des classes pour les jeunes, qui se consacrent à l’éducation religieuse des enfants entre 11 et . 
Le second plan quinquennal (2006-2011) a été lancé par la Maison universelle de justice en avril 2006. Il appelle de ses vœux l’établissement de modèles avancés de croissance et de développement de la communauté dans plus de dans le monde. Ce plan fait référence à la procédure habituelle d’élections pour les assemblées spirituelles locales dans les villes qui accueillent de nombreux baha’is. Les années entre 2001 et 2021 représentent quinquennaux, dont le terme coïncide avec l’anniversaire de la mort de ʿAbd-al-Bahāʾ.
Parallèlement à la consolidation, une approche systématique de l’éducation et du développement de la communauté a vu le jour. Les « cercles d’études » sont destinés à être des groupes durables à grande échelle. Les participants étudient des séquences de livres en petits groupes, aidés par un tuteur. Quand un participant a fini une séquence, il peut aller aider d’autres cercles d’études. 
Le programme le plus populaire est le Ruhi Institute, un cours conçu à l’origine pour être utilisé en Colombie, mais qui a largement été utilisé. Le premier livre permet l’étude de trois thèmes : les écrits baha’is, la prière et, la vie et la mort. Les thèmes suivants incluent l’éducation des enfants, la vie du Bāb et de Bahāʾ-Allāh, les services religieux et d’autres.
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Les baha’is croient en un Dieu unique et éternel, créateur de toutes choses, dont les créatures et les forces de l’univers. Ils pensent que Dieu est intemporel et n’a ni commencement, ni fin. Ils le décrivent comme un . Bien qu’inaccessible directement, Dieu est néanmoins considéré comme conscient de sa création, avec un but et une volonté. Les baha’is croient que Dieu exprime sa volonté par de nombreuses manières, par exemple à travers une série de messagers divins appelés Manifestations de Dieu ("") ou parfois "divins éducateurs". En exprimant les intentions de Dieu, ces manifestations servent à établir la religion dans le monde. 
Les enseignements baha’i déclarent que Dieu est bien trop grand pour que les humains puissent l’appréhender, ni en créer une image complète et précise. Dans la religion baha’ie, Dieu est souvent désigné par des titres (par ex. le tout-puissant) et il y a une emphase substantielle sur le monothéisme.
La foi baha’ie est parfois résumée par le concept des trois « unités » : unité de Dieu, unité de la religion, unité de l’humanité.
Les notions baha’ies de révélations () religieuses progressives leur font accepter la validité de la plupart des religions du monde, dont les fondateurs ou figures centrales sont considérées comme des manifestations de Dieu. Ces manifestations sont, par exemple : Moïse, Jésus, Muḥammad, Krishna, Zoroastre et Bouddha. Les baha’is pensent aussi que les autres personnages religieux, comme Adam, Abraham, Noé et Houd ont réellement existé et sont des prophètes de Dieu. L’histoire religieuse est interprétée comme des "dispensations", dans lesquelles chaque "manifestation" amène une révélation plus large et plus avancée, adaptée au temps et à l’époque à laquelle elle est exprimée. Les enseignements sociaux spécifiques à une religion (par ex. la direction de la prière (qibla), ou les restrictions alimentaires) peuvent être révoquées par des "manifestations" ultérieures afin qu’une règle plus appropriée au temps et au lieu soit établie. Inversement, certains principes généraux (charité ou bonnes relations entre les hommes), sont considérés comme universels et permanents. Les baha’is ne croient pas que ce principe de révélation progressive s’arrêtera. Cependant, ils pensent que ce processus est cyclique. Les baha’is n’attendent pas de nouvelle manifestation de Dieu avant l'écoulement de après la révélation de Bahāʾ-Allāh..
Les croyances baha’ies sont parfois décrites comme des combinaisons syncrétiques des croyances antérieures. Les baha’is, cependant, affirment que leur religion est une tradition distincte, avec ses propres écritures, enseignements, lois et histoire. Les emprunts culturels et religieux à l’islam chiite sont considérés comme analogues au contexte socio-religieux juif dans lequel le christianisme a été établi. Les baha’is décrivent leur foi comme une religion indépendante mondiale, différant des autres traditions seulement par sa relative nouveauté et par les enseignements de Bahāʾ-Allāh appropriés au contexte moderne. Bahāʾ-Allāh est considéré comme remplissant les attentes messianiques des religions antérieures au baha’isme. 
Les baha’is pensent que d’autres révélations viendront après celle émise par Bahāʾ-Allāh. La première de celles-ci ne devrait arriver que après la révélation de Bahāʾ-Allāh.
Les baha’is croient que les êtres humains possèdent une « âme rationnelle » (" ou ), et que cela donne à l’espèce une capacité unique à reconnaître la position de Dieu et la relation entre l’humanité et son créateur. Selon la foi baha’ie, chaque homme a le devoir de reconnaître Dieu et ses manifestations, et de se conformer à leurs enseignements. À travers la reconnaissance et l’obéissance, le service aux autres êtres humains, la prière et la pratique spirituelle régulière, les baha’is croient que l’âme devient plus proche de Dieu, l’idéal spirituel dans la croyance baha’ie. Quand un homme meurt, l’âme passe dans un autre monde, où le développement spirituel de celle-ci dans le monde physique devient une base pour le jugement et la place dans le monde spirituel. Le paradis et l’enfer sont décrits comme des états spirituels de proximité ou de distance à Dieu qui décrivent les relations dans ce monde et dans l’autre, et non des endroits de récompense ou de punition après la mort.
Les écrits baha’is mettent l’accent sur l’égalité essentielle des êtres humains, et sur l’abolition des injustices. L’humanité est vue comme unique, bien que très variée : la diversité des ethnies et des cultures sont dignes d’appréciation et de tolérance. Le racisme, le nationalisme, les castes et les classes sociales sont considérées comme des barrières à l’unité de l’humanité. Les enseignements baha’is déclarent que l’unification de l’humanité est un sujet primordial dans les conditions politiques et religieuses présentes.
Durant ses voyages en 1911-1913 en Europe et en Amérique du Nord, ʿAbd-al-Bahāʾ a plusieurs fois donné une liste des principes de base du baha’isme. Une liste assez typique comprend :
Bien qu’ils se concentrent sur des sujets sociaux et éthiques, certains des textes fondateurs de la foi baha’ie peuvent être décrits comme étant mystiques. Shoghi Effendi a écrit : « comme toutes les religions d'origine divine, la foi baha'ie a donc un caractère fondamentalement mystique. Son objet principal est le développement de l'individu et de la société, par l'acquisition de qualités et de pouvoirs spirituels ». Le texte : "Sept Vallées" (') est désigné par Shoghi Effendi comme étant la de Bahāʾ-Allāh. Ce texte a été écrit comme réponse à un disciple du soufisme, une tradition mystique et ésotérique de l’Islam. Il a été traduit pour la première fois en anglais en 1906, étant un des premiers textes de Bahāʾ-Allāh disponible en Occident. "Les Paroles cachées" (') est un autre livre écrit par Bahāʾ-Allāh pendant la même période, contenant passages décrits par ʿAbd-al-Bahāʾ comme .
Les baha’is considèrent qu’il existe deux types d’alliances entre les humains et Dieu. Il y a l’« Alliance majeure », qu’ils considèrent comme universelle en nature. Dieu s’engage à envoyer à l’humanité ses Manifestations de Dieu (Krishna, Abraham, Moïse, Bouddha, Zoroastre, Jésus, Muḥammad, le Bāb et Bahāʾ-Allāh) afin de la guider et lui apporter prospérité et l’homme doit en contrepartie suivre ces enseignements.
Ils croient également à l’existence de l’« Alliance mineure », qui est considérée comme un accord entre une Manifestation de Dieu et ses disciples particulier à chaque révélation. L’Alliance mineure des baha’is leur demande notamment de respecter l’autorité et les interprétations du « centre de l’Alliance » prévu par Bahāʾ-Allāh et ainsi d’éviter tout schisme. La (respect de l’orthodoxie et de la hiérarchie) est primordiale dans la communauté baha’ie. Les fidèles perçus comme contrevenant à cette obligation risquent des sanctions, différentes selon les époques.
L’unité de la foi baha’ie constitue un principe essentiel et est protégée par « l’Alliance mineure », qui est un élément fondamental de stabilité pour la communauté. Cette religion a en effet, depuis la mort de Bahāʾ-Allāh, connu de nombreuses tentatives de scissions par des membres éminents de sa communauté mais aucune de celle-ci n’a été soutenue par un nombre conséquent de croyants et la plupart se sont révélées vaines à la mort de ceux qui en étaient à l’origine.
Les lois régissant la foi baha’ie viennent principalement du "Kitāb-i Aqdas" qui est le livre saint des baha’is. Alors que certaines lois sont applicables à l’époque actuelle, Bahāʾ-Allāh a aussi fourni un cadre pour l’application progressive de lois à la condition d’existence d’une société majoritairement baha’ie, ce pour quoi les fidèles œuvrent. Les lois, quand elles ne sont pas en conflit direct avec les lois civiles du pays de résidence, s’appliquent à tous les baha’is. Bien qu’étant une obligation universelle, le respect des lois personnelles, comme la prière, est du ressort de chaque individu. La Maison universelle de Justice se doit aussi de faire respecter certaines règles.
Voici un exemple de quelques lois et préceptes religieux tirés du "Kitāb-i Aqdas". Elles ont été codifiées par Shoghi Effendi, interprète désigné des écrits baha’is de 1921 à 1957 : 
La plupart des rencontres baha’ies ont lieu dans des maisons individuelles, des centres baha’is locaux ("") ou des installations louées pour l’occasion. Il y a actuellement dans le monde entier sept maisons de culte, au moins une par continent, et une huitième est en construction au Chili.
Les temples érigés par la communauté sont appelés « Maison d’adoration », (« L’Orient des invocations» ou « lieu où se lève à l’aube la mention du nom de Dieu »). Ils doivent être construits selon des critères particuliers, liés au nombre 9 qui doit apparaître comme un . Aussi, tous les temples baha’is doivent-ils avoir neuf entrées. Les règles relatives à l’édification des temples furent fixées par ʿAbd-al-Bahāʾ lui-même : Le sanctuaire central, qui se trouve à Haïfa (Israël), ainsi que les autres temples ont en effet une coupole. La Maison d’adoration de Wilmette près de Chicago (1931) aux États-Unis, la Maison d’adoration de New Delhi (Inde, 1986), la Maison d’adoration de Sydney (Australie, 1961) offrent d’autres exemples de ce type de temple. En Europe, on connaît le temple principal d’Allemagne à Hofhein-Langenhaim (1964) près de Francfort-sur-le-Main ; cette construction à coupole de de haut peut accueillir près de .
Les écrits baha’is se réfèrent aussi à une institution appelée , qui est destiné à former un centre d’institutions complexes, dont un hôpital, une université Seule la première et unique Mašriq al-Aḏkār à Ashgabat au Turkménistan a été conçue ainsi en 1908.
Du point de vue liturgique, la méditation dans les temples est accompagnée de lectures choisies dans les textes sacrés des autres religions. Ces textes ont annoncé successivement, par paliers de perfection croissante, l’incessante révélation divine ou message de Dieu. En ce sens, le livre sacré liant tous les textes sur la révélation qui le précèdent est logiquement le dernier dans l’ordre chronologique, à savoir le "Kitāb-i Aqdas" (« Le plus saint livre »). Il a été rédigé vers 1873 par Bahāʾ-Allāh et est complété par différentes tablettes ("") révélées ensuite ; pour les baha’is, c’est le texte de référence bien qu’il ne soit pas plus important que les autres, ni le livre le plus lu par les baha’is eux-mêmes sur la foi. Le livre ne fut d’ailleurs accessible que très tard aux croyants occidentaux puisque la première traduction officielle en anglais date de 1992. Comme il est affirmé l’égalité et l’unité de la race humaine, de Dieu et des religions, il est établi une conception similaire pour tous les livres existant sur la planète. Cependant, le "Kitāb-i Aqdas" a une place primordiale car il est la première œuvre dans l’histoire de l’humanité à dresser un lien entre toutes les religions et tous les peuples de l’humanité.
Concernant la sexualité, la foi baha’ie préconise une vie chaste. Avant le mariage, la vie doit être absolument chaste et après le mariage, absolument fidèle au compagnon choisi.
Bahāʾ-Allāh a écrit dans son "Kitāb-i Aqdas" au sujet des (ġilmān). Ce qui, de par le contexte de la coutume iranienne de bača bāzī, peut être interprété comme une référence à la pédérastie, voire au viol ritualisé. Shoghi Effendi a interprété cette référence comme une interdiction de toutes relations homosexuelles.
Le mariage baha’i est l’union d’un homme et d’une femme. Originellement la bigamie était autorisée mais cette licence disparut sous Shoghi Effendi. Son but est principalement spirituel et destiné à répandre l’harmonie, la camaraderie et l’unité entre les deux partenaires. Les enseignements baha’is sur le mariage l’appellent la et considèrent le mariage et la famille comme la fondation de la société humaine. Bahāʾ-Allāh tenait le mariage en grande estime. Le présentant comme un commandement éternel de Dieu, il décourageait aussi le divorce et prônait la chasteté en dehors du mariage. Bahāʾ-Allāh enseignait qu’un mari et une femme se devaient d’améliorer mutuellement leur vie spirituelle.
Une fois que deux individus ont décidé de se marier, ils doivent recevoir le consentement des parents encore vivants, même si un des partenaires n’est pas baha’i. 
La cérémonie de mariage est simple ; la seule partie obligatoire est la lecture des vœux prescrits par Bahāʾ-Allāh qui sont lus par les mariés en présence de deux témoins. Les vœux sont : 
La dot (mahr) :
Cependant, toutes ces dispositions ne sont pas applicables universellement à l’heure actuelle.
Le monachisme est interdit, et les croyants doivent s’efforcer d’ancrer leur spiritualité dans leur vie quotidienne ordinaire. Faire un travail utile, par exemple, n’est pas seulement requis mais considéré comme une forme d’adoration. Bahāʾ-Allāh a interdit la mendicité et l’ascétisme, encourageant chaque baha’i à être . L’importance de l’effort personnel et du service à l’humanité dans la vie spirituelle des hommes est soulignée dans les écrits de Bahāʾ-Allāh, où il explique que chaque travail fait dans un esprit de service à l’humanité a un rang égal à la prière et à l’adoration aux yeux de Dieu.
Le symbole fréquemment rencontré de la foi baha’ie est une étoile à neuf branches, parfois accompagnée d’une calligraphie du « Plus Grand Nom » (). 
Un autre symbole se retrouve gravé sur la bagues et les édifices baha’is. C’est une sorte de sceau qui consiste en deux étoiles à cinq branches représentant le "Bāb" et "Bahāʾ-Allāh" et encadrant le mot stylisé ( (« splendeur » ou « gloire »), dont la forme est censée rappeler les trois unités : l’unicité ((") de Dieu, l’unité des religions et l’unité de l’humanité. 
Mais d’après le Gardien Shoghi Effendi Rabbānī, le véritable symbole de la Foi baha’ie est cette étoile à 5 branches et non pas l’étoile à 9 pointes : . 
La Maison Universelle de Justice donne quelques explications sur le symbolisme de l’étoile à neuf branches : 
Les baha’is, comme les babis, considèrent le 21 mars 1844 comme le point de départ de leur calendrier annuel. Ce dernier s’articule en de entre lesquels s’intercalent . L’année commence à l’équinoxe de printemps de l'hémisphère nord (habituellement le 21 mars du calendrier grégorien). Les dix-neuf jours précédents, un jeûne (ṣawm) est observé. La foi baha’ie proclame neuf jours sacrés (le chiffre 9 a une valeur symbolique toute particulière en référence aux 9 religions du monde connues de Bahāʾ-Allāh). Le premier jour du festival de (« paradis ») est notamment consacré au repos. Les baha’is le célèbrent du 13 Ǧalāl au 5 Ǧamāl (approximativement égal au 21 avril et au 2 mai) en mémoire de la période durant laquelle le fondateur, en 1863, parcourut le jardin de Riḍvān, près de Bagdad, en révélant à ses disciples sa haute mission, c’est surtout la journée du 13 Ǧalāl qui est importante.