Macédoine (pays)

La Macédoine, en forme longue la République de Macédoine (en et ), est un État d'Europe du Sud situé dans la péninsule des Balkans. Elle est l'un des États successeurs de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, vis-à-vis de laquelle elle a déclaré son indépendance en 1991. Elle est membre des Nations unies depuis 1993, mais à la suite d'un différend sur son nom avec la Grèce, elle a été admise sous le nom provisoire d'Ancienne République yougoslave de Macédoine ou Ex-République yougoslave de Macédoine, abrégé en ARYM ().
Sans accès à la mer, elle partage ses frontières avec la Grèce, la Bulgarie, la Serbie, le Kosovo et l’Albanie. Le pays, qui compte deux millions d'habitants, occupe approximativement la moitié nord de la Macédoine géographique, qui s'étend aussi en Bulgarie et en Grèce. Sa capitale et plus grande ville est Skopje, suivie par Koumanovo, Bitola, Prilep et Tetovo. Le pays est essentiellement montagneux et compte une cinquantaine de lacs.
Par sa position en Europe, le territoire de la république a connu de nombreuses occupations et migrations, les plus marquantes étant l'âge byzantin, l'arrivée des Slaves au , puis une domination ottomane longue de cinq siècles. Ces présences ont façonné une culture riche en influences ainsi qu'une population hétérogène, puisqu'en plus de citoyens appartenant au peuple macédonien, le pays compte d'importantes minorités albanaise, turque et rom. La Macédoine compte ainsi une majorité d'habitants slaves et orthodoxes, mais aussi une forte communauté musulmane.
La République de Macédoine possède un régime politique démocratique et parlementaire. Longtemps isolée, elle ne possède pas de tradition industrielle ancienne et elle a connu, après son indépendance, un passage à l'économie de marché très difficile. Elle se classe parmi les États européens les moins riches, à cause de son isolement géopolitique, du manque d'investissements extérieurs et de la fragilité de son économie. L'adhésion à l'Union européenne a été définie comme la principale priorité stratégique par le gouvernement macédonien.
La Macédoine est un État d'Europe du Sud-Est, situé au centre de la péninsule balkanique. Sans accès à la mer, elle est bordée au sud par la Grèce, à l'est par la Bulgarie, au nord par la Serbie et le Kosovo et à l'ouest par l'Albanie. Elle couvre kilomètres carrés ; par comparaison, elle est ainsi un peu plus petite que la Belgique. Son territoire se trouve entre 40°50' et 42°20' de latitude nord et 20°27' et 23°05' de longitude est.
La Macédoine est un pays essentiellement montagneux et il compte 34 sommets s'élevant à plus de mètres d'altitude. Son point culminant, le mont Korab, atteint les mètres d'altitude. Le pays compte aussi des collines, des plateaux, des ravins et des vallées fluviales. Le principal cours d'eau macédonien est le Vardar, fleuve qui traverse le pays sur 301 kilomètres. Il prend sa source dans le Nord-Ouest du pays, traverse la frontière grecque au sud-est et rejoint la mer Égée près de Thessalonique. Il possède plusieurs affluents, comme la Bregalnitsa, longue de , ou la Tsrna, longue de . Le bassin du Vardar comprend en outre 80 % du territoire du pays et seuls deux grands cours d'eau n'en sont pas tributaires, il s'agit du Drin noir, qui rejoint l'Albanie et se jette dans la mer Adriatique, et de la Stroumitsa, qui se jette dans la Strouma en Bulgarie.
La Macédoine compte aussi 53 lacs naturels et artificiels. Le plus grand, qui est aussi le plus ancien d'Europe, est le lac d'Ohrid qui couvre 349 kilomètres carrés. Il est suivi par le lac Prespa, qui couvre 274 kilomètres carrés. Ces deux grands lacs sont frontaliers : celui d'Ohrid est partagé avec l'Albanie et celui de Prespa avec l'Albanie et la Grèce ; la Macédoine possède toutefois la grande majorité de leur surface. Le plus grand lac artificiel est celui de Tikvech, il couvre 14 kilomètres carrés, fait 30 kilomètres de long et a une profondeur de ; il fut créé en 1968 grâce à un barrage hydroélectrique. Le pays possède enfin de nombreuses sources d'eau thermale, exploitées depuis l'Antiquité. La plus chaude de ces sources a une eau à .
La vallée du Vardar sépare deux ensembles géographiques distincts. Dans l'Ouest, le relief est très accentué : de grandes chaînes de montagnes appartenant au système dinarique, comme les monts Šar, et au massif du Pinde, alternent avec des plaines encaissées comme le Polog ou la Pélagonie. Dans l'Est, le relief est plus doux car plus ancien ; il est lui aussi entrecoupé de plaines et appartient au système des Rhodopes. Le territoire macédonien connaît une activité sismique importante et il fut principalement formé au Cénozoïque, bien que des massifs rocheux datent du Précambrien. Le pays connaît des tremblements de terre réguliers et intenses ; le dernier grand séisme en date a eu lieu en 1963 et a détruit 80 % de Skopje, sa capitale. Une ancienne activité volcanique a enfin laissé des poches souterraines de sulfure d'hydrogène.
La Macédoine connaît trois climats : le climat continental dans les régions du Nord, le climat méditerranéen dans le Sud et le climat montagnard dans les zones de haute altitude. Tout le pays connaît quatre saisons bien distinctes, avec des étés chauds et secs et des hivers froids avec d'abondantes chutes de neige. L'amplitude des températures est très importante puisque si le pays peut connaître en hiver, il peut faire en été. Les basses températures d'hiver sont influencées par des vents du nord tandis que les chaleurs estivales sont dues à la pression subtropicale que connaît la mer Égée ainsi qu'à des influences du Proche-Orient. Ces dernières sont souvent responsables de la sécheresse du pays. Celui-ci connaît en effet très peu de précipitations : la vallée du Vardar ne reçoit ainsi que d'eau par an. La diversité de climats et l'irrigation permettent aux Macédoniens de cultiver des plantes très variées, comme du blé, du maïs, des pommes de terre, du pavot somnifère, de l'arachide ou encore du riz.
La République de Macédoine possède de grandes richesses naturelles. Les forêts couvrent 35 % de son territoire ; dans les régions de basse montagne, le hêtre et le châtaignier dominent, tandis qu'au-dessus de mètres d'altitude, poussent surtout des conifères, comme le pin et le sapin. Le figuier, le cyprès et le noyer poussent autour des lacs d'Ohrid et de Prespa. Les forêts de basse altitude abritent de nombreux animaux sauvages, comme le cerf, la martre et le sanglier. Dans les montagnes vivent des chamois, des bouquetins, des lynx et des ours. Les grands lacs sont des lieux riches en poissons, dont certains, comme la truite d'Ohrid, sont endémiques, et en oiseaux, notamment des cormorans et des pélicans. Afin de protéger les régions naturelles les plus riches, trois parcs nationaux ont été créés : le parc de Galitchitsa, qui englobe le massif du même nom, entre les lacs d'Ohrid et de Prespa, le parc de Mavrovo, situé dans les montagnes du Nord-Est, et le parc du Pelister qui englobe le massif éponyme, situé dans le Sud-Ouest du pays. Ensemble, ils regroupent une surface de kilomètres carrés, soit 4 % du territoire national. Le lac d'Ohrid est quant à lui classé au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Au niveau biogéographique, la République de Macédoine est principalement recouverte des forêts tempérées de l'écorégion des forêts mixtes des Balkans. Elle comprend également une petite partie des forêts mixtes d'altitude des Rhodopes (région de l'Est) et des forêts sclérophylles et mixtes de la mer Égée et de Turquie occidentale (région du Sud-Est), ainsi que l'extension septentrionale des forêts mixtes des monts Pinde (massifs du Pelister et de la Galitchitsa).
Bien que la République de Macédoine ait conservé un environnement très propre, celui-ci est soumis à de nombreuses menaces. Ainsi, les forêts, déjà largement diminuées depuis le Moyen Âge, sont victimes de coupes illégales et d'incendies. Les chèvres ont aussi joué un grand rôle dans la dégradation des massifs forestiers ; une loi de 1947, supprimée dans les années 1990, avait d'ailleurs interdit leur élevage. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement entreprend des programmes de reforestation, mais la nature aride des sols et le manque de moyens financiers rendent la tâche difficile. La pollution liée à l'activité humaine touche principalement les cours d'eau et les lacs, victimes de l'irrigation agricole, de l'écoulement des engrais, des rejets industriels et du dépôt d'ordures. La pollution atmosphérique atteint surtout les villes ; elle est due à quelques centrales électriques, à des usines chimiques et métallurgiques et surtout à la circulation automobile. L'impact de cette dernière est aggravé par l'âge élevé du parc automobile et par l'utilisation de carburants de mauvaise qualité. Plusieurs organisations écologiques militent pour la préservation de la nature macédonienne, la plus ancienne et la plus importante étant la Société écologique macédonienne, fondée en 1972.
La République de Macédoine est caractérisée par une capitale macrocéphale, qui concentre un tiers de la population du pays, et par un grand nombre de moyennes et petites villes, vingt-neuf au total. Le pays compte aussi villages et hameaux. En 2010, 59 % de la population vivait en milieu urbain. L'exode rural, qui ne s'est jamais arrêté, a laissé 150 villages abandonnés et plus de 450 sont menacés de désertification.
Les régions les plus densément peuplées sont celles de Skopje et du Polog, qui forment ensemble un arc dans le Nord-Ouest du pays, dans la haute vallée du Vardar. Elles comprennent les villes de Tetovo, Gostivar et Skopje et regroupent environ 43 % de la population macédonienne. Ce sont elles qui connaissent la plus forte croissance démographique, expliquée par l'exode rural vers Skopje ainsi que par le fort taux de natalité parmi la minorité albanaise, largement majoritaire dans le Polog. Les régions du Sud et de l'Est ont une croissance démographique faible et une population rurale plus importante mais elles comptent aussi des villes moyennes, comme Bitola, Prilep, Chtip ou Stroumitsa.
Population des dix villes de Macédoine les plus peuplées (2002)
La vallée du Vardar est le principal axe naturel du pays ; il traverse la Macédoine du nord au sud et relie l'intérieur des Balkans à la mer Égée. Cet axe est emprunté par l'autoroute M1, qui fait partie de la route européenne 75 reliant la Finlande à la Grèce, ainsi que par la voie ferrée qui relie Belgrade à Thessalonique. Le long du fleuve se trouvent quelques-unes des plus grandes villes du pays, comme Skopje, la capitale, Gostivar et Vélès. Un autre axe important est le corridor européen VIII, qui relie la mer Adriatique à la mer Noire en traversant la Macédoine d'ouest en est. Cet axe traverse notamment Ohrid, Tetovo, Skopje et Koumanovo.
Le réseau routier est le moyen de transport le plus efficace du pays ; la Macédoine possède kilomètres de route, dont 216 kilomètres appartiennent à l'autoroute M1. Le réseau autoroutier est modeste mais connaît d'importantes campagnes d'amélioration et d'extension, comme la construction de l'autoroute M2, qui reliera en 2016 Koumanovo à la frontière bulgare. Les Macédoniens ne disposant pas de ressources financières pour entretenir et agrandir le réseau, c'est la Banque européenne pour la reconstruction et le développement qui finance les travaux de voirie importants. Le réseau routier macédonien satisfait les critères de l'Union européenne sur la plupart des points, seule l'absence de campagne pour la sécurité routière faisant défaut.
Le réseau ferroviaire est long de 699 kilomètres, dont 234 kilomètres de lignes électrifiées. Il est opéré par une compagnie d'État, les Chemins de fer macédoniens, mais l'ouverture au marché est prévue. Il satisfait aux critères de l'Union européenne, mais il est délabré et seules les activités de fret sont rentables. Le gouvernement a toutefois prévu l'achat de nouveaux wagons et locomotives en 2013 afin de remplacer le matériel, renouvelé pour la dernière fois en 1979. La rénovation des lignes existantes ainsi que la construction d'une ligne reliant l'Albanie à la Bulgarie et passant par Skopje sont en cours.
La Macédoine possède enfin deux aéroports internationaux, ceux de Skopje et d'Ohrid, et 12 autres aéroports plus petits, dont 8 ont des pistes en dur.
Le nom de « Macédoine » vient du grec (Makedonía), qui désigne d'abord un royaume antique, dont le souverain le plus connu est Alexandre le Grand. Les habitants de ce royaume antique étaient appelés "(Makedónes)", terme qui vient de l'adjectif (makednós) signifiant « grand » (cet adjectif a une racine commune avec le nom "(mákros)", signifiant « long »). Les historiens pensent que ce nom, "Makedónes", a été attribué aux Macédoniens parce qu'ils étaient connus pour habiter en altitude.
La Macédoine désigne au fil des siècles une région à géométrie variable. Avant les conquêtes de Philippe II de Macédoine, elle correspond ainsi à la seule Macédoine grecque actuelle, et à l'époque moderne, elle englobe non seulement la région grecque, mais aussi des territoires aujourd'hui bulgares et albanais et l'ensemble de l'actuelle République de Macédoine. Cette grande Macédoine moderne était répartie entre trois vilayets ottomans, ceux de Thessalonique, de Skopje et de Bitola. Les Slaves y formaient le groupe ethnique le plus nombreux sans y être majoritaires. La région est envahie puis divisée en 1912 entre la Bulgarie, la Grèce et la Serbie. Les populations slaves sont rapidement assimilées, mais les autorités serbes puis yougoslaves ont plus de difficultés et l'identité slave macédonienne perdure plus nettement dans la Macédoine serbe. Après la Seconde Guerre mondiale, Tito octroie aux Macédoniens le statut de nation et leur garantit une république fédérée, baptisée « République socialiste de Macédoine ». Lors de l'indépendance du pays en 1991, celui-ci prend naturellement le nom de « République de Macédoine ».
Avant les premières tentatives des Macédoniens pour revendiquer l'héritage d'Alexandre le Grand dans les années 1970, il existait déjà une opposition avec la Grèce sur l'usage du terme « Macédoine ». En effet, selon les Grecs, ce terme n'appartient qu'à eux, puisqu'ils sont apparentés aux Macédoniens antiques et que les Slaves ne sont arrivés dans la région qu'au . Pour les Slaves, ce terme leur revient puisqu'ils étaient l'ethnie la plus nombreuse de la région avant les programmes d'assimilation et d'échange de population entre États voisins qui ont eu lieu après 1912. Enfin, en dehors de la question de l'héritage de la Macédoine antique, l'usage du nom de Macédoine par l'ancienne république yougoslave est vu par les Grecs comme entraînant une prétention territoriale sur la Macédoine grecque, où vit encore une minorité slave.
Le territoire de la république actuelle est habité à partir du Néolithique. Le site archéologique le plus ancien est celui de Vrchnik, dans la municipalité de Chtip ; il est occupé à partir de 7000 av. J.-C. Les tout premiers habitants connaissent l'agriculture et la poterie et ils sont sédentaires. Plusieurs cultures locales, identifiables par des artefacts particuliers, se côtoient et se succèdent. Ces cultures sont souvent proches d'autres cultures voisines, comme celle de Vinča qui se développe en Serbie, mais possèdent quelques caractéristiques uniques, comme l'usage de peinture blanche pour décorer la poterie et la fabrication de petites statuettes rituelles, les "Magna mater", une figure féminine fusionnée à une petite maison en terre cuite.
Grâce aux contacts avec l'Illyrie adriatique, le territoire entre dans l'âge du bronze au début du millénaire av. J.-C. Les villages de cette période sont construits en pierre et sont parfois situés dans des endroits difficiles d'accès afin de se protéger des invasions. La région est en effet régulièrement envahie par des tribus indo-européennes pendant les dernières décennies du millénaire av. J.-C. jusqu'au Bronze moyen. L'observatoire mégalithique de Kokino est le vestige le plus monumental de la période. Il mesure sur 50 et c'est, selon la NASA, le quatrième plus ancien observatoire au monde après Abou Simbel, Stonehenge et Angkor Vat.
La région connaît de nouvelles invasions de 1300 à 1200 av. J.-C. Elles sont menées par des tribus de l'Égée et des Illyriens qui traversent le pays et qui s'assimilent peu à peu aux populations locales. Ils apportent l'usage du fer et encouragent le commerce avec les colonies ioniennes situées sur la côte adriatique. L'âge du fer macédonien commence vers 1200 av. J.-C. et s'achève en 400 av. J.-C. Il est caractérisé par de grandes nécropoles princières, qui montrent l'existence de monarchies organisées et influencées par la Grèce antique, comme le royaume de Péonie. C'est à cette époque que le royaume de Macédoine émerge dans le nord de la Grèce. Ses limites septentrionales correspondent à l'actuelle frontière sud de la République de Macédoine.
À partir du , l'influence grecque se fait de plus en plus importante et le territoire se couvre de villes fortifiées qui doivent faire face à l'invasion perse de 490 av. J.-C. Le royaume de Péonie, dont le territoire correspond à la majeure partie de l'actuelle République de Macédoine, est finalement envahi par Philippe II de Macédoine en 358 av. J.-C. Après la mort de son fils Alexandre le Grand, la Macédoine antique périclite rapidement et doit faire face à de nombreuses guerres contre la République romaine, qui se succèdent de 214 à 148 av. J.-C. Les Romains annexent définitivement le royaume de Macédoine en 168 av. J.-C. et la province romaine de Macédoine lui succède. Les Romains construisent des voies, fondent des villes, comme Scupi (actuelle Skopje) et réorganisent les cités de fondation plus ancienne, comme Heraclea Lyncestis (actuelle Bitola) ou Stobi, qui devient au la deuxième plus grande ville macédonienne après Thessalonique. Le christianisme s'implante surtout à partir des et environ 130 basiliques de cette époque ont été découvertes sur le sol de la république. Le territoire reste sous l'influence culturelle grecque.
La région qui constitue l'actuel État de Macédoine reste un pays ou la langue majoritaire est le grec, et avec des variantes du grec, et avec un groupe minoritaire d'Ylliriens (ou Illyriens, les ancêtres des Albanais actuels) jusqu'au . Le pays est ravagé par la peste dite "Antonine" entre 150 et 180, et la peste dite de « Justinien » entre 540 et 565. à partir de 650, des groupes Slaves s'installent dans la région historique de Macédoine, et avec le temps, ils vont supplanter les populations de langues Grecques. 
L'Empire romain est divisé en 395 entre un État occidental et un État oriental, avec respectivement Rome et Constantinople pour capitale. La Macédoine est incluse dans le nouvel Empire d'Orient, connu en Occident sous le nom d'Empire byzantin. À partir de 500, des Slaves venus de l'Est de l'Allemagne traversent le Danube et s'installent dans la péninsule balkanique. Ils atteignent la Macédoine au et des tribus s'y installent définitivement. Ils s'assimilent aux populations déjà présentes et imposent leur langue. Les Slaves sont rejoints par les Huns, dont la présence est éphémère, puis par les Bulgares, venus d'Asie centrale, qui traversent le Danube en 679. Ces derniers s'installent durablement entre le fleuve et le massif du Grand Balkan puis forment un État qui s'étend vers la Thrace au sud et la Macédoine à l'ouest. Deux siècles plus tard, les Bulgares et leurs sujets slaves, beaucoup plus nombreux, ne forment plus qu'un seul peuple. Ce peuple unifié est de culture slave et adopte officiellement la religion orthodoxe en 893.
Au , Siméon de Bulgarie mène une guerre qui agrandit considérablement son royaume, en l'augmentant notamment de la Macédoine et de l'Albanie. Au cours du même siècle, les frères Cyrille et Méthode de Thessalonique créent le premier alphabet slave, le glagolitique. Cet alphabet permet la naissance d'une première littérature slave et la traduction d'écrits religieux en vieux-slave. Les deux Saints évangélisent d'abord les Slaves du Sud des Balkans puis poursuivent leur mission jusqu'en Moravie. Leurs disciples, Clément et Naum, fondent à Ohrid la première université slave et deux monastères. Leur œuvre est considérable, puisqu'ils sont souvent associés à la création de l'alphabet cyrillique, et surtout à sa propagation, et font du vieux-slave la langue liturgique des Slaves. Clément est par ailleurs fait premier évêque d'Ohrid. Sous Clément et Naum, l'université d'Ohrid forme prêtres et professeurs ; après leur mort, elle décline mais continue d'exister jusqu'en 1767.
En 896, Siméon fait la paix avec les Byzantins et proclame le Patriarcat de Bulgarie. Il meurt en 927 et son empire tombe rapidement en décadence. Les régions orientales de l'empire retrouvent alors l'autorité de Constantinople et les tsars de Bulgarie abandonnent leur capitale, Preslav, pour d'autres villes situées plus à l'ouest, avant de se fixer à Ohrid. En 976, Samuel de Bulgarie, désireux de reconstruire l'empire de Siméon, reprend le contrôle de la Macédoine et envahit la Bulgarie, l'Albanie, ainsi que des régions de Serbie, de Grèce et de Croatie. Il fait de l'évêché d'Ohrid un patriarcat. Son armée est cependant détruite par les Byzantins en 1014, et en 1018, sa capitale, Ohrid, est prise par l'empereur byzantin Basile II. Celui-ci, soucieux d'intégrer pacifiquement les Slaves à l'empire, leur accorde une certaine autonomie et n'augmente jamais les impôts. Il supprime le Patriarcat d'Ohrid mais fait de la ville le siège d'un archevêché autocéphale. Ses successeurs se montrent bien plus anti-slaves et remplacent les dignitaires slaves par des Grecs. En réponse, la Macédoine connaît deux soulèvements slaves, en 1040 et en 1072. Chaque fois, les insurgés s'emparent de territoires importants avant d'être écrasés.
De 1081 à 1083, les Normands de Robert Guiscard traversent et dévastent la Macédoine ; ils sont suivis par les soldats de la Première Croisade dans les années 1090, et les premiers recommencent en 1107 et en 1108. Les souverains byzantins perdent peu à peu le contrôle de la Macédoine et des seigneurs serbes et bulgares créent leurs propres royaumes. Annexée par la Bulgarie en 1203, la Macédoine devient serbe en 1282, et Stefan Uroš IV Dušan fait de Skopje la capitale de son Empire serbe. Peu après sa mort, son royaume disparaît et la Macédoine sombre dans des luttes interminables entre seigneurs. Ceux-ci ne peuvent faire face aux envahisseurs turcs lors de la bataille de la Maritsa en 1371. La Macédoine devient alors une région de l'Empire ottoman.
Les Ottomans organisent rapidement la région selon leurs lois. Si les Albanais de Macédoine et les Roms se convertissent massivement et volontairement à l'Islam, les Slaves conservent le christianisme, puisque les Turcs ne les obligent pas à se convertir. Toutefois, seuls les musulmans peuvent accéder aux postes importants et jouir de divers droits et les chrétiens sont largement discriminés dans la vie courante. Ils doivent par exemple payer plus d'impôts. Le système des millets leur permet cependant de garder une certaine cohésion sociale puisque l'Église possède quelques droits administratifs.
La Macédoine connaît un certain essor au cours des , qui correspondent à l'âge d'or de l'Empire ottoman. Cet essor reste toutefois confiné aux villes, transformées en centres de commerce turcs, où se concentre la population musulmane. En raison de conditions de vie difficiles, les Slaves se révoltent pour la première fois contre le régime ottoman en 1564, et nombre de paysans chrétiens fuient les terres agricoles des vallées pour rejoindre les haïdouks, bandes de hors-la-loi qui sèment le trouble sur les axes commerciaux. Au cours de la guerre austro-turque, les haïdouks profitent du chaos pour déclencher un nouveau soulèvement en 1689. Ils offrent leur soutien à l'armée autrichienne, arrivée dans le sud de la Serbie, et ils s'emparent ensemble de Skopje. Les haïdouks prennent peu à peu le contrôle total de la Macédoine mais les Ottomans reprennent vite du terrain et défont les haïdouks à Koumanovo ; les Autrichiens sont repoussés au nord du Danube.
Au , l'Empire ottoman est en déclin et les seigneurs musulmans locaux profitent des désordres politiques pour accroître leur pouvoir. Certains constituent même de petites armées de mercenaires formées de Turcs et d'Albanais et terrorisent la population slave tout en neutralisant les haïdouks. Afin de fuir l'insécurité croissante dans les campagnes, de nombreux Slaves quittent leurs villages et s'installent dans les villes où ils travaillent comme domestiques, artisans ou marchands. Ils amorcent une re-christianisation et une re-slavisation des centres urbains et certains s'enrichissent au point de former une nouvelle classe moyenne. Mais à cause de l'hégémonie de l'Église grecque, l'émergence d'une petite élite slave n'entraîne pas immédiatement de renouveau culturel slave macédonien. Sous la pression des Grecs phanariotes, au pouvoir à Istanbul, le Patriarcat de Peć est aboli en 1766 et l'archevêché d'Ohrid disparaît en 1767. Le Patriarcat de Constantinople contrôle alors tous les Orthodoxes des Balkans.
À la fin du , une littérature macédonienne primitive apparaît, et, en 1792, Marko Todorovitch publie à Vienne le premier livre en macédonien ; il s'agit d'un manuel de lecture. Les premiers écrivains macédoniens écrivent dans leur dialecte, puisque le macédonien n'est pas encore standardisé et il est considéré comme une variante du bulgare. La naissance d'une véritable identité nationale macédonienne est cependant empêchée par l'emprise culturelle grecque et par des politiques d'assimilation culturelle serbes et surtout bulgares à partir des années 1850. La Grèce, la Bulgarie et la Serbie sont elles-mêmes d'anciens territoires ottomans nouvellement indépendants et elles désirent chacune annexer la Macédoine. Pour appuyer leurs revendications, les Grecs, les Bulgares et les Serbes cherchent à faire naître ou à renforcer un sentiment d'appartenance à leur nation respective, en établissant des écoles, des églises et des clubs culturels ; la rivalité bulgaro-grecque s'exprime notamment dans le domaine religieux, les Bulgares ayant obtenu des Ottomans la création d'une église nationale et du millet correspondant en 1870. En dépit des efforts de ces trois pays, beaucoup de Macédoniens ne s'identifient à aucun de ces peuples, même au début du . Un courant nationaliste local existe, mais contrairement aux autres mouvements balkaniques, il se répand sans aucune aide ou soutien extérieur et sans infrastructures. Au contraire, il est non seulement menacé par le régime ottoman, mais aussi par les gouvernements des pays voisins.
Cette carence identitaire est également due à une situation économique et politique difficile. Ainsi, la fin du , 80 % de la population vit de l'agriculture, 70 % des paysans ne possèdent pas de terres mais travaillent sur les domaines de propriétaires ottomans, et les rares manufactures de la région sont obsolètes, peu productives et ne peuvent faire face à la concurrence étrangère. La région connaît l'instabilité, l'insécurité chronique et la corruption. Les puissances occidentales tentent pourtant de s'impliquer dans le développement et la sécurisation de la région, en construisant par exemple des lignes téléphoniques et une voie ferrée, mais ces actions sont insuffisantes.
Les nationalistes macédoniens deviennent de plus en plus puissants à la fin du , et ils conduisent un premier soulèvement en 1876, puis un deuxième en 1878. Soldés par des échecs, ils ont surtout pour but d'alarmer les pays occidentaux sur la situation catastrophique de la région.
En 1893, des nationalistes macédoniens fondent à Thessalonique l"'Organisation révolutionnaire macédonienne", qui est rebaptisée plus tard "Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne", plus connue sous son sigle macédonien "VMRO". En 1901, le mouvement reçoit le soutien du gouvernement bulgare, qui y voit un instrument de la création d'une Grande Bulgarie, incluant la Macédoine. L'organisation soutient avant tout les droits du peuple slavo-macédonien mais envisage aussi la libération de tous les autres peuples qui vivent dans la région vis-à-vis des Ottomans.
Le VMRO organise en 1903 le dernier et le plus grand soulèvement populaire de l'histoire macédonienne. Ce soulèvement crucial commence le 2 août, jour de la Saint-Élie ("Sveti Eliya" en macédonien), ce qui lui vaut son nom d"'Insurrection d'Ilinden". Au bout d'un mois, les forces rebelles contrôlent une région de près de kilomètres carrés. En septembre, l'armée ottomane lance une contre-offensive générale et l'insurrection est neutralisée à la mi-novembre.
La Bulgarie, la Grèce et la Serbie, décidées à expulser définitivement les Turcs des Balkans, déclarent la guerre à l'Empire ottoman en 1912. Les Turcs sont rapidement défaits et la Macédoine est partagée entre les vainqueurs. La Bulgarie conteste toutefois ce partage qui lui laisse de trop petits territoires et déclare la guerre à la Grèce et à la Serbie en 1913. Ces dernières gagnent une seconde fois et font reconnaître définitivement les frontières issues de la première guerre. La Macédoine se trouve divisée en quatre : la Grèce reçoit le Sud, la Serbie le territoire qui forme la république actuelle, la Bulgarie une région aux confins orientaux et l'Albanie de petits territoires situés à l'ouest. Chaque État s'emploie à assimiler les populations locales, parfois par la force, et bien souvent en interdisant l'usage public des dialectes macédoniens.
La Première Guerre mondiale prolonge les Guerres balkaniques de 1912-1913 puisque la Bulgarie envahit à nouveau les parties de la Macédoine grecque et serbe. Tandis que les Bulgares sont aidés par l'Autriche-Hongrie, la Serbie et la Grèce reçoivent l'aide des Alliés ; le front de Salonique se forme et d'importants combats ont lieu dans la région. Les Alliés finissent par percer le front en septembre 1918 et libèrent ainsi la Macédoine serbe.
En 1918, la Macédoine serbe rejoint le nouveau Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, rebaptisé Royaume de Yougoslavie en 1929. Les Serbes poursuivent l'assimilation des Macédoniens et colonisent la région, même si le VMRO reste actif et commet plusieurs actions terroristes, dont l'assassinat du roi Alexandre en 1934. L'organisation devient par ailleurs de plus en plus proche des communistes, qui reconnaissent eux aussi l'existence du peuple macédonien. La région ne connaît pas de réel développement économique pendant l'entre-deux-guerres.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, après l'invasion et le démembrement du royaume de Yougoslavie, la Macédoine serbe est divisée en 1941 entre la Bulgarie et le protectorat fasciste d'Albanie . Au terme de la guerre de résistance, elle est libérée en 1944 par les résistants communistes. Ces derniers proclament la République socialiste de Macédoine qui devient l'une des six républiques fédérées de la Yougoslavie de Tito. L'existence du peuple macédonien est alors reconnue internationalement et la langue macédonienne est codifiée.
Sous le régime communiste, la Macédoine connaît un développement socio-économique rapide. La population agricole diminue, tout comme l'illetrisme, et l'industrie est largement encouragée. Dans les années 1980 naissent des tensions entre les Macédoniens et la minorité albanaise, qui représente environ 20 % de la population du pays. La Yougoslavie est alors touchée dans son ensemble par une crise socio-économique et des premières élections multipartites sont organisées en 1990. En Macédoine, comme en Slovénie ou en Croatie, ce sont les nationalistes qui remportent le plus de sièges au Parlement.
Après les déclarations d'indépendance slovène et croate, la Macédoine décide à son tour de conduire un référendum en 1991. Les partisans de l'indépendance remportent 95 % des suffrages et la Macédoine déclare son indépendance le 8 septembre 1991. Le nouvel État doit faire face à de nombreux problèmes. D'abord, la minorité albanaise revendique rapidement plus d'autonomie ; ensuite, la Grèce s'oppose à sa reconnaissance internationale car elle considère que le nouvel État, par son nom et ses symboles, s'approprie l'héritage culturel grec. La Macédoine refuse de changer de nom et ce n'est qu'après un blocus économique qu'elle accepte de changer de drapeau en 1995. Ce blocus ainsi que les Guerres yougoslaves qui se déroulent dans les pays voisins entravent le passage à l'économie de marché.
En 2001, les tensions entre Albanais et Macédoniens atteignent des proportions dangereuses et des anciens combattants de la guerre du Kosovo lancent une guérilla dans le nord-ouest du pays. Ils forment l'Armée de libération nationale (UÇK-M), une organisation qui souhaite annexer les régions albanaises de Macédoine au Kosovo. Les rebelles attaquent l'armée et la police le long de la frontière kosovare et reçoivent le soutien de la population albanaise locale. Ils bénéficient par ailleurs d'importants moyens financiers. Au début de l'été, la situation est tendue, mais le conflit est finalement désamorcé en juillet grâce à une médiation internationale. Les accords d'Ohrid, signés par les deux parties en août, octroient de nouveaux droits aux Albanais, notamment dans le système éducatif.
Le conflit de 2001 a des répercussions sur l'économie, mais les accords d'Ohrid ont permis une certaine stabilisation politique. La croissance économique reprend dès 2002 et se poursuit lentement jusqu'à la crise financière mondiale de 2007. La République de Macédoine se porte par ailleurs candidate à l'adhésion à l'Union européenne en 2004.
La Macédoine est une république parlementaire, dont organisation politique est définie par la Constitution de la République de Macédoine proclamée en 1991. Cette constitution garantit l'État de droit, la démocratie et la protection des droits individuels. Elle consacre les droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, le suffrage universel, le pluralisme politique et la liberté d'entreprise.
La constitution de 1991 confie le pouvoir législatif au Parlement, constitué d'une seule chambre, l'Assemblée de Macédoine. Ses 123 membres sont élus au suffrage universel direct tous les quatre ans. Le Parlement adopte les lois, élit les membres du gouvernement, vote le budget de l'État, ratifie les traités internationaux, nomme et révoque les juges et déclare la guerre. Tout membre de l'Assemblée peut proposer une loi, ainsi que toute autre personne munie d'une pétition comportant au moins signatures d'électeurs. Le Président de la République a droit de veto sur les lois ; lorsqu'il en fait usage, la loi est présentée une seconde fois à l'Assemblée et elle est définitivement adoptée si elle reçoit au moins deux-tiers des suffrages. Le Président de l'Assemblée est élu par au moins 61 membres du Parlement. Il remplace le Président de la République si celui-ci est en incapacité d'assumer ses fonctions.
Le pouvoir exécutif est entre les mains du président de la République et du gouvernement. Le Président est élu pour cinq ans au suffrage universel direct ; une personne peut exercer deux mandats au maximum. Le Président négocie les accords internationaux, nomme ses ambassadeurs, reçoit la diplomatie étrangère, nomme divers dignitaires de la République, par exemple deux juges de la Cour constitutionnelle, il est le chef suprême des Armées et représente l'État dans le pays et à l'étranger. Le gouvernement peut proposer des lois et des orientations budgétaires, il est responsable de l'exécution des lois, décide la reconnaissance d'États étrangers et propose des ambassadeurs.
Le pouvoir judiciaire est détenu par des juges sans restriction de mandat élus par l'Assemblée. La Macédoine compte 27 cours de grande instance, trois cours d'appel et une cour suprême. La constitution interdit la création de cours d'urgence ou extraordinaires. Enfin, la Cour constitutionnelle est chargée de contrôler la conformité des actions du Parlement et du gouvernement à la Constitution. Le droit macédonien est de tradition romano-civiliste.
La République de Macédoine ne possède qu'un seul échelon territorial, constitué par 80 municipalités. La ville de Skopje possède un statut particulier, défini par la Constitution ; elle est composée de dix municipalités tout en possédant son propre conseil et son maire. Les municipalités macédoniennes regroupent une ou plusieurs localités qui ont des besoins et des intérêts communs. Une municipalité est donc une entité géographique et économique centrée sur un chef-lieu, dont la création ou la modification est décidée par la loi après un référendum local. Chaque municipalité possède un gouvernement et un maire, élus au suffrage universel direct, dont les attributions sont définies par la loi. Ils disposent d'une certaine autonomie locale, votent le budget municipal et établissent des plans de développement.
Les municipalités peuvent autoriser l'existence d'échelons inférieurs, correspondant par exemple à un village ou à un quartier. Les pouvoirs de telles entités sont déterminés par le gouvernement municipal, et varient donc d'une municipalité à l'autre. Ces entités ne peuvent toutefois avoir une nature politique : elles ne peuvent que proposer des idées au gouvernement local et s'investir volontairement dans le développement du village ou du quartier. Elles peuvent recevoir des financements de la municipalité, de la population ou d'entreprises.
Alors que la minorité albanaise soutient la décentralisation du pays pour accentuer son autonomie, les Macédoniens ethniques s'opposent généralement à la création de régions, en avançant que la Macédoine est trop petite pour que cet échelon soit pertinent. Le pays est toutefois divisé depuis 2009 en huit régions statistiques qui n'ont aucun rôle administratif. Elles ont été créées pour que le pays possède des unités correspondant aux NUTS européennes ; ces régions correspondent à l'échelon NUTS-3. En plus de leur vocation statistique, elles doivent coordonner le développement économique entre les municipalités. Elles possèdent un conseil composé des maires de leurs municipalités.
Depuis l'indépendance en 1991 et l'instauration d'un système multipartite, la scène politique macédonienne est dominée par deux grands partis, qui forment en général des coalitions avec des formations plus petites. Ces deux grands partis, stables depuis 1991, sont l'Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l'Unité nationale macédonienne (VMRO-DPMNE) et l'Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM). Le VMRO-DPMNE est au départ un parti nationaliste, mais à cause de son manque de reconnaissance internationale, il a opté pour une ligne chrétienne-démocrate en 1995. Le SDSM est quant à lui l'héritier de l'ancienne Ligue communiste de Macédoine, mais son orientation sociale-démocrate qui tend vers le néolibéralisme lui confère un plus grand soutien de la part des classes aisées que de la part de la classe populaire. Le SDSM se caractérise aussi par la volonté d'améliorer les relations interethniques et de résoudre rapidement le conflit du nom avec la Grèce. Les deux partis soutiennent l'adhésion du pays à l'Union européenne et à l'OTAN. Le SDSM est associé au Parti socialiste européen et le VMRO-DPMNE au Parti populaire européen.
Parmi les formations plus petites se trouvent les partis ethniques albanais, comme l'Union démocratique pour l'intégration (DUI, nationaliste), le Parti pour la prospérité démocratique (PDP, modéré) ou le Parti démocrate albanais (conservateur) et d'autres formations comme le Nouveau Parti social-démocrate, formé par un ancien membre du SDSM en 2005.
Les élections en République de Macédoine sont fortement soumises à la nature pluriethnique du pays, notamment à l'opposition entre la majorité macédonienne et la minorité albanaise. Ainsi, les Macédoniens ethniques choisissent le parti qui formera la majorité parlementaire et gouvernementale, tandis que les Albanais choisissent un parti les représentant, ce parti s'alliant alors avec la majorité. Ainsi, depuis 2008, le VMRO-DPMNE est au pouvoir conjointement avec le DUI.
Depuis 2006, le VMRO-DPMNE détient la majorité au Parlement. Il est allié au DUI albanais et ce sont des membres de ces deux partis qui forment l'essentiel du gouvernement, présidé depuis 2006 par Nikola Gruevski, du VMRO-DPMNE. Celui-ci est à la tête d'un gouvernement composé de 21 ministres dont trois sont sans portefeuille.
Au mois d'avril 2009, Gjorge Ivanov, professeur de sciences politiques, politicien sans étiquette proche du VMRO-DPMNE, a été élu président de la République. Il succède à Branko Crvenkovski, membre du SDSM.
En République de Macédoine, les prélèvements obligatoires représentent 30,9 % du PIB en 2011, un taux plus faible que la plupart des autres États européens et qui place le pays dans le classement mondial. En 2009, 49,7 % de ces prélèvements provenaient de la TVA, tandis que les cotisations sociales représentaient 9,5 % du PIB. L'État a enfin reçu l'équivalent de 4 % du PIB en 2009 grâce à des privatisations, des versements de la banque nationale ou encore des frais administratifs. La République de Macédoine a instauré en 2007 un impôt à taux unique, d'abord fixé à 12 %, puis abaissé à 10 % en 2008, suivant ainsi l'exemple de nombreux pays d'Europe centrale, soucieux de simplifier leur système d'imposition et de créer un environnement propice pour leurs entreprises.
Le déficit de la République de Macédoine, qui représente 2,7 % du PIB en 2011, est inférieur à la moyenne européenne, tout comme la dette publique, qui atteint 26,1 % du PIB en 2011. Ce taux relativement faible a été obtenu par le remboursement massif de prêts en 2006 et 2007, lorsque le pays connaissait une situation économique solide. Ces remboursements ont permis au gouvernement macédonien d'emprunter à des taux faibles lors de la crise commencée en 2008, afin de maintenir l'activité économique intérieure.
Le système public de santé macédonien est accessible à tous les citoyens depuis 2009 ; auparavant, il existait certaines limites, notamment pour les chômeurs et les non-assurés. Il est financé par l'État et il propose un certain nombre de prestations gratuitement, comme les visites médicales, les vaccinations et l'accès à certains actes médicaux et médicaments. Le niveau de santé publique en Macédoine est relativement bon par rapport à celui d'autres pays de la région, et la caisse de remboursement est généreuse par rapport à son budget, mais il existe des disparités entre les classes sociales, les régions et les communautés ethniques. Bien que les établissements de santé puissent être des institutions privées, le secteur privé reste mal intégré au système, surtout en ce qui concerne les mutuelles. L'État dépense chaque année environ 5 % du PIB pour le secteur de la santé, une somme en partie accumulée grâce aux 7,5 % prélevés sur les salaires bruts.
Les retraites sont financées par les employeurs, qui versent des cotisations à l'État ainsi qu'à des sociétés privées. En 2009, ces taxes représentent 19 % du salaire brut, dont 13,35 % allaient à l'État et 6,65 % aux sociétés privées. Elles représentent aussi 63,2 % du budget national pour les retraites, le reste venant des caisses de l'État. L'âge légal de la retraite en République de Macédoine est fixé à 64 ans pour les hommes et 62 pour les femmes.
La République de Macédoine possède un consulat ou une ambassade dans 38 États étrangers et elle entretient des relations diplomatiques avec 167 États. Elle entretient de bonnes relations diplomatiques avec les membres de l'OTAN et de l'Union européenne, ainsi qu'avec ses voisins l'Albanie et le Kosovo, dont elle a reconnu l'indépendance en 2009. Les relations avec la Serbie sont bonnes bien qu'obscurcies par un conflit à propos de l'indépendance de l'Église macédonienne vis-à-vis du Patriarcat de Serbie, tandis que les relations avec la Grèce, bien que riches au niveau économique, sont gênées par le conflit du nom. Les relations entre la République de Macédoine et la Bulgarie sont plutôt bonnes, mais il existe aussi des différends à propos de visions historiques, notamment sur l'existence de la langue macédonienne, considérée comme un simple dialecte par les Bulgares, et sur l'ethnicité de plusieurs personnages historiques nés en Macédoine avant que la nation macédonienne ne soit reconnue (les Macédoniens étaient alors considérés la plupart du temps comme bulgares). Les Macédoniens et les Bulgares s'accusent ainsi mutuellement de voler le patrimoine culturel de l'autre.
La République de Macédoine est membre de nombreuses organisations internationales, comme l'ONU, le Conseil de l'Europe, la Banque des règlements internationaux, le FAO, Interpol, l'Unesco ou encore l'Organisation internationale de la francophonie. Le pays est candidat à l'adhésion à l'OTAN depuis 1999, mais son adhésion a été bloquée par le veto de la Grèce en 2008. La République de Macédoine a obtenu le statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne en 2004, mais aucune négociation n'a encore commencé, malgré les recommandations formulées par la Commission européenne depuis 2009. Le principal obstacle est le différend avec la Grèce, dont le règlement est une condition pour l'accession du pays à l'Union.
La République de Macédoine consacre en 2010 1,52 % de son PIB au budget de la défense en 2010 et l'armée macédonienne compte environ soldats en temps de paix. Elle se donne pour mission la défense de la constitution et du territoire macédoniens, le maintien de la paix et la lutte contre le terrorisme en République de Macédoine et à l'étranger, et la participation aux systèmes collectifs de défense comme la Force de l'Union européenne, l'OTAN et le Partenariat pour la paix. En 2006, l'armée macédonienne a été la première des Balkans occidentaux à devenir professionnelle, le service militaire étant aboli.
L'armée est présente au sein de l'EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine, ainsi qu'en Afghanistan, au Liban et au Kosovo. Elle a aussi participé à la Guerre d'Irak.
Lorsque la République de Macédoine proclame son indépendance en 1991, elle se heurte rapidement à l'hostilité de la Grèce. Celle-ci s'oppose au nom même du nouvel État, à son drapeau arborant le soleil de Vergina, symbole de Philippe II de Macédoine et à des passages de la Constitution qui pouvaient impliquer une ingérence dans les affaires grecques voire des prétentions territoriales sur la Macédoine grecque. Afin que le nouvel État change ses symboles, la Grèce a lancé une campagne contre sa reconnaissance internationale et a bloqué son adhésion à des organismes internationaux. En l'absence de changement de la part de la Macédoine, elle a finalement engagé un blocus économique en 1994. Les deux pays acceptent toutefois de signer les accords de New York en 1995, et en échange de la réouverture de la frontière gréco-macédonienne, la Macédoine s'engage à changer de drapeau.
Le conflit du nom n'est toutefois toujours pas résolu puisque la Macédoine est membre de l'ONU sous un nom provisoire, "Ancienne République yougoslave de Macédoine", abrégé en "ARYM", ou en anglais "Former Yugoslav Republic of Macedonia" et "FYROM". La Grèce conduit toujours des actions contre la Macédoine, en empêchant par exemple son adhésion à l'OTAN, mais le conflit du nom occupe depuis 1995 une place mineure dans les relations des deux pays qui ont des liens économiques importants. Enfin, plus de 125 pays dans le monde, parmi lesquels les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni ou la Chine, reconnaissent la République de Macédoine sous son nom constitutionnel.
Jusqu'à l'époque socialiste, la Macédoine est une région très pauvre, très rurale et sans réelle industrie. En 1945, le régime yougoslave entreprend une vaste réforme agraire, favorisée par l'expropriation des exilés, des entreprises privées et des monastères. Les terres sont réparties entre les coopératives et les petits agriculteurs, puis une industrialisation rapide fait baisser le nombre de ces derniers. Alors qu'ils formaient presque 80 % de la population en 1945, ils en représentent 57 % en 1961 et 22 % en 1981.
L'industrie macédonienne est planifiée pour subvenir à certains besoins de la fédération yougoslave et seules quelques activités sont encouragées, comme la production d'électricité, de chrome, de tabac, de textile et de matériaux de construction. La république socialiste de Macédoine reste ainsi tributaire des importations dans de nombreux domaines, notamment l'agroalimentaire, la machinerie et les biens de consommation. Elle demeure aussi la plus pauvre des républiques yougoslaves et son taux de chômage est constamment élevé : il s'élève par exemple à 20 % en 1971.
Après l'indépendance, la Macédoine doit faire face à la disparition de ses marchés d'exportation, à cause du blocus grec et des guerres de Yougoslavie. Le pays perd 60 % de son activité commerciale et frôle la banqueroute ; la pauvreté engendrée encourage les activités illégales. Après la fin du blocus grec, la situation économique s'améliore légèrement et l'inflation, évaluée à % en 1992, redescend à 55 % en 1995 et à moins de 5 % en 1997, mais le taux de chômage, évalué à 19 % en 1991, atteint les 40 % en 1998. La Bosnie-Herzégovine est le seul autre pays issu de la Yougoslavie à avoir un chiffre aussi élevé. En 1999, la guerre du Kosovo influe ensuite lourdement sur l'économie macédonienne puisque le pays ne peut plus exporter de biens vers la Yougoslavie et doit trouver d'autres débouchés, par exemple la Bulgarie, la Roumanie ou la Grèce. La privatisation commence lentement en 1995 et s'achève vers l'an 2000.
La petite taille de la Macédoine rend son économie vulnérable et dépendante de l'intégration européenne. La république, qui ne fournissait que 5 % des revenus de la Yougoslavie dans les années 1980, est l'un des pays les plus pauvres d'Europe. Malgré un taux d'inflation désormais faible, elle a gardé des taux de chômage extrêmement élevés et peine à recevoir des investissements étrangers. Les gouvernements successifs ont imposé l'austérité économique et de nombreuses réformes qui ont permis l'octroi de prêts importants et nécessaires au développement du pays. La crise financière mondiale débutant en 2007 s'est surtout ressentie par la diminution des investissements extérieurs et par un grand déficit commercial. La croissance économique a lentement repris en 2010, et le PIB macédonien a connu une hausse de 3 % en 2011. La Macédoine ne semble pas souffrir de la crise de la dette publique grecque, malgré les importants liens économiques qui existent entre les deux pays.
Le passage à l'économie de marché a grandement accentué les clivages régionaux, notamment entre la capitale et le reste du pays. La région de Skopje, qui concentre la population, les entreprises et les moyens de communication, produit presque la moitié du PIB, tandis que la région du Nord-Est, qui compte pourtant la ville de Koumanovo, ne produit que 4,5 % du PIB. Les autres régions ne produisent qu'entre 7 et 8 % du PIB et seule la Pélagonie, située au sud-ouest, se distingue avec un pourcentage de 12,5 %. Les disparités régionales s'expliquent surtout par le centralisme politique et économique et l'absence de grande ville pouvant concurrencer la capitale.
Le revenu net moyen en République de Macédoine s'élevait à par mois en 2010, chiffre largement en dessous de la moyenne européenne mais proche de la moyenne bulgare, , et identique à la moyenne serbe, . Il existe des différences de salaire importantes selon l'activité exercée : l'agriculture, l'industrie et la construction sont les activités les moins rémunératrices, elles offrent environ 20 % de moins que le salaire médian. En revanche, l'extraction minière, le secteur public et les transports offrent 20 % de plus, et c'est le secteur de la finance qui est le plus rémunérateur, avec des salaires presque deux fois plus élevés que la moyenne. Le secteur de l'énergie est lui aussi avantageux, puisqu'il offre 43 % de plus que le salaire moyen.
Les employeurs macédoniens devaient payer leurs salariés au moins 65 % du salaire national moyen jusqu'en 2012, date à laquelle un salaire minimum est instauré qui s'élève à par mois. Il favorise environ travailleurs qui percevaient un salaire inférieur avant l'entrée en vigueur de la loi. En 2008, 28,7 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, un taux en constante augmentation depuis l'indépendance du pays. La pauvreté est particulièrement forte dans les régions rurales et dans les familles nombreuses avec un ou plusieurs membres au chômage ou avec un faible niveau d'éducation. Le chômage est essentiellement un phénomène urbain, et la pauvreté rurale est liée à des revenus faibles plutôt qu'au manque de travail. En même temps que la part de population pauvre augmente, les classes supérieures s'enrichissent rapidement et la République de Macédoine avait un coefficient de Gini qui s'élevait à 44,2 en 2008, ce qui la place en quarante-cinquième position mondiale et en deuxième position européenne derrière la Bulgarie pour l'inégalité de revenus parmi la population. La République de Macédoine est aussi en 2009 le pays d'Europe (hors CEI) où les prix des produits alimentaires étaient les plus bas : ils ne représentent que 52 % de la moyenne de l'Union européenne.
En 2007, l'indice de développement humain de la République de Macédoine est de 0,817, ce qui la place au soixante-douzième rang mondial. Cet indice est en croissance constante et il a augmenté de 0,30 point entre 2000 et 2007.
En 2010, la République de Macédoine est le pays ayant le taux de chômage le plus élevé du monde, avec 33,8 % de chômeurs dans la population active. Le pays a connu un chômage important bien avant son indépendance et la transition à l'économie de marché, mais la situation s'est aggravée à partir de 1991, à cause de la baisse du commerce extérieur et la fermeture de nombreuses usines. Plus des trois quarts des demandeurs d'emploi sont au chômage depuis plus d'un, et plus de la moitié d'entre eux ont arrêté leurs études au niveau secondaire. Le chômage des jeunes est très important, il s'élève à plus de 60 %. Les femmes sont plus touchées par le chômage que les hommes, mais l'écart, de 2 %, est faible.
Le taux de chômage varie considérablement selon les régions, puisqu'il oscille entre 20 et 25 % pour la région du Sud-Est et entre 40 et 45 % pour la région du Nord-Est. Avec le Sud-Est, les régions qui ont le plus faible taux de chômage sont le Polog et Skopje. Ce taux varie également parmi les communautés ethniques, et si le taux est relativement bas chez les Albanais, 27 %, il est extrêmement élevé chez les Roms, 73 % en [2010.
Le taux de chômage élevé est toutefois biaisé par le grand nombre de travailleurs non déclarés, qui représentent la majorité des chômeurs enregistrés. Beaucoup travaillent dans les secteurs du commerce de détail, des services à la personne, dans de petites entreprises de peinture ou de plomberie ou de grandes compagnies de construction. Le travail au noir, largement accepté par la société, est notamment expliqué par le niveau élevé des charges fiscales pour les petites entreprises et par la complexité de l'administration. Il traduirait également le manque de confiance et de respect des Macédoniens envers leur État. Afin de faire disparaître le travail au noir, le gouvernement lance des campagnes d'inspection ; ont été effectuées en 2011 et ont entraîné environ un millier de déclarations de travailleurs.
En 2011, la majorité de la population active, plus de personnes, est salariée ; personnes qui travaillent à leur compte et sont employeurs. Les femmes représentent environ 40 % de la population active. En 2010, l'agriculture emploie 19,9 % des travailleurs, l'industrie, 22,1 %, et les services, 58 %.
La République de Macédoine est caractérisée par une importante économie informelle, qui représenterait 40 % du PIB. Elle est apparue après l'indépendance, pendant la transition économique. Le pays est alors isolé, à cause du blocus qui lui ferme les marchés serbes et grecs et des mauvaises liaisons avec l'Albanie et la Bulgarie. Les nouvelles entreprises et les artisans peuvent alors difficilement survivre s'ils déclarent leur activité et la situation économique nationale ne s'est pas suffisamment améliorée depuis pour que les petits entrepreneurs acceptent de payer des taxes sans risquer la faillite.
La République de Macédoine se situe sur les routes commerciales entre l'Asie et l'Europe occidentale et voit surtout transiter l'héroïne, mais aussi la cocaïne, les armes, l'alcool ou encore la prostitution. Les criminels locaux restent toutefois peu impliqués dans ces trafics, mais leurs activités sont favorisées par la culture locale, comme l'existence de clans dans la minorité albanaise, ainsi que par les difficultés politiques au Kosovo, un autre grand pays de transit. La République de Macédoine est aussi victime du blanchiment d'argent, qui est facilité par l'importance des transactions en liquide, malgré une législation de plus en plus stricte.
Enfin, la corruption est courante et concerne surtout le secteur de la santé, la justice et la police. Selon une estimation de l'Office national des statistiques, la corruption coûterait aux Macédoniens jusqu'à un milliard d'euros par an, et chaque personne paierait en moyenne par an pour accéder aux services publics, ce qui fait de la République de Macédoine le plus mauvais pays des Balkans en matière de corruption. Les arrestations pour corruption sont nombreuses, mais les observateurs locaux et internationaux doutent de l'efficacité de l'État.
L'économie macédonienne se caractérise par une agriculture relativement importante, puisqu'elle représente 8,7 % du PIB en 2010. L'industrie, frappée par la transition économique qui a suivi l'indépendance, représente la même année 22,1 % du PIB, et elle connaît un renouveau, puisque la production industrielle macédonienne a augmenté de 10 % en 2011, un taux qui la place au neuvième rang mondial pour la croissance industrielle. Les services représentent quant à eux 69,2 % du PIB.
La République de Macédoine possède de terres agricoles, qui représentent presque 39 % de son territoire. La moitié de ces terres sont dévolues aux cultures, l'autre moitié à l'élevage, mais la culture représente environ 70 % de la production totale. Le pays compte aussi de forêts, largement inexploitées. Il existe deux types d'exploitations agricoles : une minorité, héritées du système socialiste, sont vastes et ont un fonctionnement industriel, les autres, familiales, sont très petites et surtout très nombreuses, car 80 % des exploitations macédoniennes font entre 2,5 et 2,8 hectares. Les agriculteurs macédoniens rencontrent de nombreuses difficultés, comme le manque de graines et d'engrais de qualité, le mauvais état des systèmes d'irrigation et l'absence de bonnes stratégies de vente.
L'élevage ovin domine largement, mais la Macédoine compte aussi de grands cheptels de bovins et de porcins. L'élevage ovin permet la production de laine, de viande et de lait, notamment utilisé pour la confection de fromage. Les agriculteurs macédoniens élèvent également des volailles et des lapins. Le pays compte enfin plus de .
Les cultivateurs macédoniens produisent des céréales, surtout du blé, du maïs, de l'avoine et du riz, et des primeurs, comme des tomates, des pommes de terre, des choux ou encore des pastèques. Ils produisent aussi du tabac, du pavot somnifère et des fruits. La viticulture est également importante ; le vignoble macédonien s'étend sur hectares et produit hectolitres de vin par an. La plus grande entreprise, le vignoble Tikveš, a été classée en 2008 parmi les trente meilleures marques mondiales lors du Salon international de l'alimentation. Le vin et le tabac représentent ensemble un quart des produits agricoles exportés et les primeurs forment également une part importante des exportations, surtout dirigées vers l'Union européenne et l'ancienne Yougoslavie, notamment la Serbie.
L'industrie macédonienne est centrée sur l'agro-alimentaire, le textile et la métallurgie. La transformation agro-alimentaire s'appuie sur l'abondance et la diversité des ressources locales et l'industrie textile bénéficie des faibles coûts de la main-d'œuvre. Ce secteur est peu élaboré, puisque la République de Macédoine ne produit pas de tissu et que ses usines ne fabriquent presque pas de produits finis. L'industrie textile se caractérise aussi par des petites entreprises et des exportations tournées à 80 % vers l'Union européenne.
L'activité métallurgique, autrefois alimentée par les mines locales, est de plus en plus tributaire de l'importation de métaux. L'extraction minière, qui ne produit plus que 0,7 % du PIB, concerne surtout le chrome, mais il existe encore des gisements de cuivre. Les mines de cuivre, situées dans l'est du pays, autour de Radovich et Pehtchevo, ont été fermées à la suite de la baisse des prix des métaux en 2008, mais seront remplacées vers 2013 par de nouveaux complexes d'extraction et de transformation. Les usines macédoniennes travaillent principalement le nickel, le fer et l'acier, tous importés, et les principales entreprises dans ce domaine sont Arcelor Mittal et Makstil Skopje. Parmi les autres grandes entreprises macédoniennes se trouvent aussi Alkаloid Skopje, qui fabrique des médicaments, Rade Končar Skopje, spécialisé dans la production d'appareils électriques, et la brasserie Prilepska Pivarnica, qui produit de la bière et des jus de fruits