Intervention militaire de la Russie en Syrie

L'intervention militaire de la Russie en Syrie a lieu durant la guerre civile syrienne, et répond à la demande officielle du président syrien Bachar el-Assad d'« aide militaire », en date du , auprès de la Russie. Le jour même, le Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie approuve l'appel du Président de la Russie, Vladimir Poutine, pour permettre l'utilisation des forces armées russes à l'étranger, et débute par des bombardements contre des « terroristes ».
Il s'agit de la première intervention militaire de la Russie en dehors des frontières de l'ancienne Union soviétique depuis la guerre d'Afghanistan (1979-1989).
Les relations d'ententes entre l’État syrien datent d'avant l'indépendance de la Syrie, en 1946, où un traité secret est signé entre l'Union soviétique et les futurs dirigeants syriens. Cette entente traverse la guerre froide, la montée du nationalisme arabe, l'arrivée au pouvoir du parti Baas et se concrétise par des ventes de matériels militaires, et des aides pour les infrastructures (par exemple, construction du barrage de Tichrin sur l'Euphrate). En 1966, l'Union soviétique aide Salah Jedid à accéder au pouvoir, et, en 1970, lui préfère Hafez el-Assad, considéré comme moins aventureux. L'armée syrienne devient alors totalement tributaire de l'armement soviétique, et la Syrie permet à l'Union soviétique d'ouvrir une base militaire dans son port de Tartous.
À partir de 1985, la perestroïka a jeté un froid entre les deux pays, les orientant l'un et l'autre vers l'occident, jusqu'en 2003, quand le président russe Vladimir Poutine s'intéresse à nouveau à cette région et relance les ventes d'armes à la Syrie.
Depuis le début de la guerre civile syrienne, la Russie est un « allié indéfectible » du régime syrien de Bachar el-Assad, tant dans le domaine de l'armement que sur le plan diplomatique, par exemple, aux discussions de Genève en 2014, même si, aux discussions de 2012, la diplomatie russe avait affiché ses doutes sur l'avenir du régime syrien, déclarant : « On ne peut malheureusement pas exclure la victoire de l'opposition syrienne ».
La Syrie est le seul état méditerranéen allié à la Russie, ouvrant à ses navires de guerre le port de Tartous en permanence.
Le 21 août 2013, une attaque chimique a lieu dans la Ghouta orientale, à l'est de Damas. Selon diverses estimations, entre 322 et personnes sont tuées. Le gouvernement syrien et l'opposition armée se rejettent mutuellement la responsabilité des bombardements. Pour les pays occidentaux, la « ligne rouge » est franchie et les États-Unis, la France et le Royaume-Uni semblent prêts à intervenir militairement en Syrie contre le régime de Bachar el-Assad. Le 9 septembre, la Russie propose alors un plan de démantèlement de l'arsenal chimique syrien, sous la supervision de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Le régime syrien accepte et le , les États-Unis et la Russie annoncent qu'un accord a été trouvé.
Au printemps 2015, l'armée russe s'est préparée à cette intervention par des exercices «  grandeur nature  », en Russie, ayant impliqué jusqu’à . Il y a eu également une successions de rencontres diplomatiques, depuis juillet 2015 (à Oufa, avec quinze chefs d’État et de gouvernement d’Asie et du Moyen-Orient), et août avec les dirigeants des Émirats arabes unis, de la Jordanie, de l’Égypte – au point que la presse russe avait même fini par parler de «  sommet arabe  » à Moscou.
En août 2015, des soldats russes sont identifiés auprès de l'armée régulière syrienne, en septembre des mouvements de navires de guerre russes sont observés près des côtes syriennes, ainsi que la mise en place d'un pont aérien russe dans l'aéroport militaire syrien près de la ville de Lattaquié, où sont dénombrés plus de 30 avions militaires russes, et alors que l'arrivée de troupes russes y est remarquée (par satellite espion américain ou traçages par internet) depuis le printemps. Ces mouvements de troupes et de matériels ont d'abord été décrits par le ministère de la Défense russe comme des manœuvres militaires ou une assistance technique à la Syrie, puis ont été présentés explicitement comme un soutien total à Bachar el-Assad à l'approche du 28 septembre, date prévue d'un discours de Vladimir Poutine.
Le 15 septembre 2015, Vladimir Poutine déclare : «  Il faut mettre de côté les ambitions géopolitiques et abandonner les normes de “double standard”  », visant ainsi ceux qui «  utilisent les groupes terroristes pour atteindre leurs propres buts tactiques, y compris pour un changement de gouvernement et de régime désagréables à certains  », affirmant alors: « Nous soutenons le gouvernement de Syrie. Nous fournissons, et nous continuerons à [lui] fournir aide et assistance technique et militaire  ».
Le 28 septembre 2015, Vladimir Poutine prononce son discours à l'occasion de la de l'Assemblée générale des Nations unies, où il prévient que la Russie proposera une résolution pour mener une « véritable coalition mondiale contre le terrorisme, semblable à la coalition anti-Hitler ».
L'intervention débute officiellement le 30 septembre 2015. Il semble que celle-ci était en préparation depuis mai 2015, et qu'elle ait été planifiée précisément en juillet 2015, avec une coordination entre les moyens aériens russes et une offensive au sol des forces pro-gouvernementales syriennes et de leurs alliés iraniens et du Hezbollah libanais.
Selon le président de la commission des affaires étrangères de la Douma, cette intervention est destinée à durer trois ou quatre mois.
Le lendemain du début des opérations militaires, Vladimir Poutine propose une résolution à l'ONU, permettant la mise en place d'une « coalition contre le groupe État islamique et le Front al-Nosra » et s’appuyant sur le régime de Bachar el-Assad et l’armée syrienne (la proposition se voulant, selon la charte de l'ONU, « en accord avec les principes de souveraineté et d'intégrité territoriale des États membres »). Cette proposition n'a pas l'aval des États-Unis et des diplomates occidentaux, car dès les premiers bombardements, ils reprochent à la Russie de nettement plus bombarder les groupes d'oppositions au régime syrien autres que l’État islamique lui-même, et s'interdisent de longue date de collaborer avec le régime syrien que certains pays veulent voir disparaître.
Le 30 septembre 2015, à la télévision russe, Vladimir Poutine a évoqué l'intervention en Syrie en ces termes :
Le 11 octobre 2015, à la télévision russe, Vladimir Poutine justifie son intervention en Syrie en disant que le président Bachar el-Assad est « pratiquement en état de siège » face à des combattants « au bord de Damas », qui « n’ont aucun désir de négocier », et que les « groupes terroristes » pouvaient envahir toute la Syrie.
Le 11 novembre 2015, un mois et demi après le début des frappes, au bilan mitigé, Vladimir Poutine a déclaré à la télévision russe que l'objectif de cette intervention est de « stabiliser l’autorité légitime » de Bachar el-Assad et de « créer les conditions pour un compromis politique ». D'après Aron Lund, responsable du site "Syria in Crisis" pour le centre Carnegie, cela correspond à l'analyse russe de la situation syrienne : « Quand les autorités russes disent que leur intervention est dirigée contre l’EI et les djihadistes, il y a une part de propagande, mais aussi la vision que Bachar el-Assad est le dirigeant le plus crédible en Syrie et que, pour battre l’EI, il faut le soutenir. L’argument des Occidentaux et des pays du Golfe est inverse : Assad n’a plus de légitimité, il divise la population et la pousse dans les bras de l’EI ».
Le 3 février 2016, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, affirme que l’armée russe ne cesserait pas son intervention militaire avant d’avoir « réellement vaincu » l’EI et le Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaida.
Le 22 février 2016, Moscou et Washington annoncent l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu à partir du 27 février. Cependant celui-ci ne concerne pas les organisations terroristes telles que Daech et le Front al-Nosra.
Le 14 mars 2016, Vladimir Poutine déclare à la télévision : « La tâche qui avait été demandée à notre ministère de la Défense et aux forces armées a été globalement accomplie et j'ordonne donc au ministère de la Défense d'entamer à partir de demain, le retrait de la majeure partie de nos contingents ». Les avions de combat russes commencent à quitter la Syrie dès le 15 mars 2016. La Russie conserve toutefois un site de maintenance de vols et des systèmes de défense antiaérienne sur le territoire syrien afin de surveiller la trêve dans les combats entrée en vigueur le 27 février 2016.
Un représentant de la base aérienne de Khmeimim a déclaré que les conseillers militaires russes resteront en Syrie après le retrait des forces aériennes russes.
Avec le respect du cessez-le-feu, une partie du corps expéditionnaire russe est rapatriée, dont une quinzaine d'avions ; l'état-major russe concentre alors ses frappes sur l'EI, conformément au souhait de la coalition internationale. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense français, observe ainsi à la fin du mois de mars 2016 : .
Début octobre 2015, les vols et bombardements russes se font d'abord sans coordination avec la coalition menée par les États-Unis, même si certaines concertations techniques semblent avoir eu lieu « pour permettre la sécurité des opérations aériennes en Syrie ». Le 20 octobre, un protocole est signé entre la Russie et les États-Unis afin d'éviter des incidents entre leurs avions dans le ciel syrien.
Début octobre 2015, la Russie n'a pas communiqué officiellement les moyens humains et matériels qu'elle mobilise dans cette intervention. Il semble qu'à cette date, il y ait environ soldats russes en Syrie, provenant essentiellement de la d'infanterie de marine de la Flotte de la mer Noire, et des "spetsnaz" (provenant de plusieurs institutions p. ex. "Zaslon" du SVR RF) sont cependant sans doute employées directement sur la ligne de front, avec :
En décembre 2015, il est le suivant concernant les appareils de combat :
Depuis le 17 novembre 2015, les bombardiers stratégiques de l'aviation à long rayon d'action sont engagés dans des opérations de bombardement depuis le territoire russe. Ont été identifiés :
Le 20 novembre 2015, le ministre russe de la défense déclare avoir porté à 69 le nombre d'avions actifs en Syrie dont une cinquantaine d'avions de combat. Le chef de l’état-major général russe Valéri Guérassimov annonce le même jour l'arrivée de 37 nouveaux avions dont 10 de reconnaissance.
En mer Méditerranée : B-237 de la classe Kilo, dotés de missiles de croisière 3M14K.
Depuis le 15 février 2016, avion de renseignement d'origine électromagnétique Tu-214R, base aérienne Khmeimim (LTK).
Des forces spéciales, Spetsnaz en russe, sont présentes au sol lors de la bataille de Palmyre en mars 2016.
Malgré les dénégations du ministère russe de la défense après des accusations de Human Rights Watch, l'utilisation par la Russie d'armes à sous-munitions est attesté par des images filmées par la chaîne de télévision RT en juin 2016 où un Soukhoï Su-34 apparaît armé de cinq bombes incendiaires à sous-munitions.
Le 21 septembre 2016, le ministère russe de la Défense annonce le déploiement dans l'est de la Méditerranée du porte-avions "Amiral Kouznetsov" en plus d'une flottille de six navires de guerre et trois ou quatre navires de ravitaillement.
Selon des témoignages recueillis par "Sky News" et une enquête du journal russe indépendant "Fontanka", des bataillons de mercenaires russes auraient été déployés en Syrie. Une première unité, le Corps slave, est engagée en Syrie en 2013. Son rôle est de garder les installations pétrolières, mais certains de ses membres sont retrouvés dans des groupes rebelles. L'unité est rapidement rappelée en Russie et ses dirigeants sont condamnés à trois ans de prisons. Plus professionnel et doté de meilleurs équipements, un autre groupe succède au Corps slave, appelé l'OSM. Avant la Syrie, ce groupe aurait pris part à la guerre du Donbass. Son chef serait Nikolai Utkin, dit « Wagner », un néo-nazi ancien membre des Spetsnaz. Sergey Vladimirovich Chupov, ancien militaire, aurait servi de trait d'union entre Utkin et le gouvernement russe avant de mourir à Damas en 2013. Selon une enquête de RBK publié le 25 août 2016, hommes ont servi sous les ordres de Wagner depuis le début de l'année. À l'été 2016, les pertes des mercenaires russes seraient de plusieurs centaines de morts selon des témoignages de rescapés de l'OSM. Interrogé par RBK, un collaborateur du ministère russe de la Défense donne un bilan moins élevé : 27 morts. Le groupe aurait notamment été fortement impliqué dans la deuxième bataille de Palmyre.
Le 7 octobre 2015, l’armée syrienne, aidée au sol par le Hezbollah libanais et dans les airs par les bombardements russes, a lancé une vaste offensive dans des secteurs des provinces de Hama et de Lattaquié.
Après une semaine de bombardements, une analyse de l'ensemble des frappes russes indique que l'objectif serait avant tout de « soutenir les forces syriennes dans les zones où elles sont malmenées, voire réellement en danger ; et affaiblir l’opposition armée pour aider les troupes gouvernementales à regagner du terrain dans d’autres régions », l'EI étant moins concernée que d'autres groupes armés car son territoire se situe, principalement, loin de la « Syrie utile » que sont l'axe Damas-Homs et de la côte méditerranéenne (dont la ville de Lattaquié d'où partent les attaques aériennes russes). Une autre analyse souligne l'existence aussi de l'objectif de limiter les velléités de la coalition internationale contre le régime de Bachar el-Assad.
Le 10 octobre 2015, l'EI a profité des bombardements russes contre les autres groupes opposés au régime syrien pour les déloger du nord d'Alep et se positionner « aux portes d'Alep ».
Le 12 octobre, grâce aux raids aériens russes, les forces gouvernementales annoncent la prise de Kafr Nabouda, ville de la province de Hama. Elles s'emparent de quatre villages du même secteur et de Job al-Ahmar, dans un massif montagneux de la province de Lattaquié. 
Le 13 octobre, appuyée par l'aviation russe, l'armée syrienne avance vers , un fief du Front Al-Nosra dans le sud de la province d’Idleb, afin de le lui reprendre.
Le 15 octobre, grâce à l'aviation russe, l'armée syrienne et des miliciens du Hezbollah libanais lancent une offensive en direction de localités aux mains des rebelles situées au nord de Homs. Le régime d'Assad annonce avoir pris le village d'al-Dar Al-Kabirah, juste au nord de la ville de Homs.
Après deux semaines de bombardements, et un renfort d'environ iraniens au sol, les forces fidèles au régime syrien n'ont pas remporté de « succès marquant ». Les pro-Assad se battent sur deux fronts : le premier, qui s’étend sur plus de , court du nord d’Hama jusqu’aux contreforts montagneux de la province de Lattaquié, sur la côte, en passant par la plaine du Ghab et le sud d’Idleb, et ils y rencontrent une forte résistance car ces rebelles (l'Armée syrienne libre entre autres) sont bien armés (par les États-Unis, via l'Arabie saoudite) et la population civile y est « dans son immense majorité pro-opposition » ; le second front, moins étendu, se situe à une quinzaine de kilomètres au sud d’Alep, où la rébellion est plus fragile car elle fait face à la fois aux forces du régime et à l'EI.
Après un mois de bombardements russes, le bilan des avancées des forces fidèles au régime syrien est encore modeste, similaire au bilan établi au bout de deux semaines : les rebelles et djihadistes n'appartenant pas à l'EI sont les principales cibles, mais résistent mieux que prévu grâce à un armement renouvelé. « Il y a des tensions entre Damas et Moscou car les Russes comprennent qu’ils ont surestimé les capacités du régime à reprendre le dessus militairement et à nettoyer les poches de résistance ».
Dans le gouvernorat de Hama, l'offensive loyaliste est un échec au début. Le 5 novembre, la petite ville de Morek tombe entièrement aux mains des djihadistes de Jund al-Aqsa et le lendemain Ahrar al-Sham reprend le village d'Atchane. Les rebelles reprennent alors le contrôle de toutes les zones prises en octobre par les loyalistes.
Le 4 novembre, l'armée syrienne et ses alliés reprennent le contrôle de la route d'Alep, lien de communication crucial entre les quartiers gouvernementaux et le centre de la Syrie.
Le 10 novembre 2015, l'armée syrienne annonce avoir libéré l’aéroport de Koueiris, proche d'Alep, de son encerclement par l'EI. Cette action, lancée fin septembre, s'est faite avec le soutien « des combattants iraniens, des miliciens du Hezbollah libanais et par des frappes aériennes russes ». Cette réussite, la première significative depuis l'engagement de la Russie, permettrait « à l’aviation russe de se déployer dans l’aéroport et d’accroître ainsi sa puissance de feu, notamment dans la région d’Alep ».
Au terme d'un mois et demi de bombardements, la libération de l'aéroport de Koueiris serait le seul résultat tangible obtenu. « Aguerris par quatre ans de combats, certains groupes modérés ont reçu de leurs parrains américain, turc et du Golfe de nouvelles livraisons d’armes, et notamment de missiles antichars téléguidés TOW de fabrication américaine, qui leur auraient permis de détruire 123 chars de l’armée syrienne en octobre, selon le "Bureau des forces révolutionnaires en Syrie" ». « Les Russes sont aujourd’hui dans la même position que les Américains : leur force aérienne enregistre de bons résultats, mais ils n’ont pas au sol les forces pouvant tirer avantage des frappes », estime Aron Lund, responsable du site "Syria in Crisis" pour le centre Carnegie.
Le 30 décembre 2015, au cours de violents affrontements, l'armée syrienne soutenue par des raids aériens russes avance dans la ville de Cheikh Meskin au sud de la Syrie, qui avait été prise par les rebelles du Front du Sud depuis décembre 2014 et reprend a l'EI la localité de Mahin à l'est de Homs dans le centre du pays.
Le 12 janvier 2016, grâce à d'intenses bombardements russes, l'armée syrienne appuyée par la milice supplétive des forces de défense nationale et des unités du Hezbollah libanais s'empare de la localité stratégique de Salma, quartier général des rebelles islamistes et du Front al-Nosra, dans la province de Lattaquié au nord-ouest du pays.
Après trois mois et demi de bombardements russes, les forces du régime syrien reprennent l'initiative face aux insurgés, la prise de Salma (nord-ouest) s’avère être un réel succès pour le régime. Au même moment les forces de Bachar el-Assad tentent d'encercler la ville d'Alep (nord), dont une partie est tenue par l'État syrien, d'avancer dans le sud de Hama et à l'est de Homs (centre) et de mener l'offensive à Cheikh Meskin, près de la frontière jordanienne (sud). «Aujourd'hui, la situation est stabilisée, le gouvernement ne risque plus de chuter, les troupes syriennes avancent, quoique lentement, et les négociations ont commencé – avec des changements dans les positions des participants, qui n'insistent plus sur le départ immédiat d'Assad. C'est la conséquence de l'opération militaire russe», estime Vassily Kachine, expert au Centre d'analyse sur les stratégies à Moscou. Pour M. Soltvedt, expert pour le Moyen-Orient du cabinet de consultants Verisk Maplecroft «les frappes russes continueront à jouer un rôle crucial, mais il est peu probable que l'armée récupère à court terme les gains réalisés par les rebelles en 2015».
La Russie a joué un rôle essentiel dans la prise par l’armée syrienne, avec l'appui des troupes de défense populaire, le 24 janvier 2016 de la ville de Rabia, dernière ville majeure tenue par les djihadistes dans la province de Lattaquié. Il est dit que la prise de Rabia avait pour but de couper les routes de ravitaillement des rebelles depuis la Turquie.
Le 3 février 2016, l'armée syrienne a effectué « une importante avancée militaire et stratégique face aux rebelles dans la région d’Alep, dans le nord de la Syrie, où l’armée syrienne a coupé la route d’approvisionnement des rebelles et brisé le siège de deux villes chiites (Nobl et Zahraa) encerclées par les insurgés depuis trois ans », ce qui n'a pu se faire qu'avec l'appui aérien russe (« plus de 320 frappes dans le secteur, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) »). Cette levée du siège de Nobl et Zahraa marque un tournant dans le nord de la Syrie, permettant aux forces kurdes syriennes (soutenues à la fois par la Russie et les États-Unis) de progresser avec l'appui de l'aviation russe vers Azaz et Tall Rifaat à partir de la région d'Afrin et de couper la route à l'approvisionnement en armes des rebelles, venant de Turquie. La Turquie réplique par des tirs le 13, 14 et 15 février sur la base aérienne de Menagh prise aux rebelles par les Kurdes syriens, le 10 février, alors que la conférence de Munich sur un cessez-le-feu (ne concernant pas les organisations terroristes) vient de se terminer.
Le 20 février, l'armée syrienne et ses alliés, soutenus par l'aviation russe, reprennent aux djihadistes de l'État islamique (EI) le contrôle de dix-huit localités et d'une centrale thermique dans l'est de la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, ainsi qu'un axe routier d'environ 40 km reliant l'est d'Alep à la ville de Raqqa, considérée comme la de l'État islamique. L'EI se retrouve alors encerclé dans seize autres villages au sud de cet axe. Le 21 février, l'OSDH rapporte qu'en vingt-quatre heures au moins cinquante djihadistes du groupe État islamique sont tués dans des combats avec l'armée syrienne et par des frappes de l'aviation russe, dans la province d'Alep.
Le 15 mars 2016, date du début du retrait des forces russes, les troupes du gouvernement syrien ont réussi à reprendre 10 000 kilomètres carrés de territoire. L'aviation russe a mené près de vols depuis le 30 septembre 2015. L'armée syrienne a également repris le contrôle de plusieurs champs pétroliers. Selon la société Stratfor, l'intervention de la Russie a renforcé les positions du gouvernement syrien, démontré les capacités de combat de l'armée russe et contribué à l’affaiblissement de Daech.
Le 23 mars 2016, l'armée syrienne, appuyée par l'aviation russe, se trouve à 800 mètres de Palmyre. Les troupes syriennes ont également repris le contrôle du « triangle de Palmyre » (région du sud-ouest reliant la ville à Damas et à Homs).
Le 24 mars 2016, un représentant russe a annoncé la mort d'un officier des forces spéciales. L'officier a trouvé la mort près de Palmyre alors qu'il était chargé de marquer les cibles terroristes au sol pour guider les bombardements aériens. Le 17 mars, le président Vladimir Poutine avait confirmé la mort de cinq militaires russes depuis le début de l'opération.
Le 27 mars 2016, l'armée syrienne, appuyée par l'aviation et les forces spéciales russes, annonce avoir repris le contrôle total de Palmyre. 
Fin mars 2016, des sapeurs du génie russe, accompagnés de chiens et de robots démineurs, arrivent en Syrie. Leur mission sera de déminer la ville de Palmyre.
Le 3 avril 2016, l'armée syrienne et ses alliés reprennent la ville chrétienne d'Al-Qaryatayn.
Selon le ministère de la Défense russe, près de 500 agglomérations syriennes auraient été libérées des « terroristes » à la date du 4 mai 2016.
L'universitaire Fabrice Balanche estime que 
Le 2 octobre 2015 : Barack Obama qualifie l'intervention russe de "contre-productive" puisque centrée principalement sur les "opposants modérés" au régime syrien, exprimant ainsi l'opinion partagée par les chefs d’États occidentaux dès le début des frappes russes. Par ailleurs, depuis le 30 septembre 2015, Barack Obama pronostique un « enlisement » de la Russie en Syrie, à l'image de ce qui s'est passé en Afghanistan.
Fin septembre, l'Église orthodoxe russe affirme soutenir l'engagement militaire de la Russie, que son porte-parole, Vsevolod Tchapline, qualifie de « guerre sainte ».
Début octobre 2015, Salih Muslim, coprésident du PYD, déclare apprécier l'intervention russe car elle limite les moyens d'intervention de l'armée turque au nord de la Syrie, ce qui les sécurise.
Le 3 octobre 2015 : l'Égypte affirme soutenir l'intervention russe : « L’arrivée de la Russie, compte tenu de son potentiel et de ses capacités, va, nous le pensons, avoir pour effet de contenir et éradiquer le terrorisme en Syrie », déclare Sameh Shoukry le ministre égyptien des affaires étrangères.
Bien que n'étant pas directement engagée dans la guerre civile syrienne, l'OTAN s'en soucie du fait de l'implication de certains de ses membres, en particulier la Turquie dont l'espace aérien aurait été plusieurs fois violé par l'aviation russe les 3 et 4 octobre. Le 8 octobre 2015, le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, évoquant les récentes frappes russes, déclare « Nous assistons à une escalade inquiétante », estimant de plus que « la Russie rend encore plus dangereuse une situation déjà très grave ». Et cette organisation s'est déclarée prête à envoyer des troupes en Turquie en cas de dégradation de la situation, s'estimant « capable et prête » à défendre « tous ses alliés » ; ses membres d'Europe centrale, géographiquement proches de la Russie et encore sous l'effet de la crise ukrainienne de 2013, désirant que l'OTAN désigne sans ambiguïté la Russie comme son ennemi principal – voire unique.
Le 11 octobre 2015, la Coalition de l’opposition syrienne en exil indique qu'elle ne participerait pas aux discussions préliminaires proposées par l’ONU pour préparer des négociations de paix, en raison notamment de l'intervention de la Russie en Syrie (qui « sape les chances d’un règlement politique », dit cette coalition) qui favorise le maintien de Bachar el-Assad à la tête du pouvoir syrien, alors que les accords « Genève I » (de juin 2012) signés par les grandes puissances prévoient la mise en place d’une autorité gouvernementale de transition dotée des pleins pouvoirs, ce qui, aux yeux de l’opposition, implique le départ du président syrien et exclut son maintien, « dans quelque capacité que ce soit, même pour une période transitoire ».
Les 15 et 16 octobre 2015, l'Union européenne organise un sommet des chefs d’États et de gouvernement, où il est discuté de l'intervention russe en Syrie et de ses conséquences. Il semble que les pays européens ont des opinions très variées à ce sujet, seules l'idée que « Irak et Libye sont des exemples à ne pas suivre », et la crainte qu'une prochaine vague « de plus de 7 millions de migrants syriens » se dirige vers l'Europe, paraissent partagées par le plus grand nombre. La France serait la seule à demander le départ de Bachar el-Assad, les autres États se rangeant derrière Staffan de Mistura, l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, qui demande à « tous ceux qui exercent une influence, y compris le régime syrien », à en user pour faire cesser les violences. La Grèce et la Hongrie, notamment, ne veulent pas condamner l'intervention russe, l'Italie considère que la Russie peut « faciliter la transition politique », l'Allemagne critique plutôt les bombardements français, le Luxembourg « ne veut pas croire » que l’intervention ne vise qu’à faire durer le régime syrien.
Le 23 octobre, la Russie annonce un accord surprise de « coordination militaire » avec la Jordanie, pourtant membre de la coalition et soutien de la rébellion.
En mars 2016, cette intervention semble être une réussite. Elle a rendu son rang de grande puissance à la Russie, faisant oublier la crise en Ukraine et les difficultés économiques liées aux sanctions occidentales. Elle permet aussi à Vladimir Poutine d'avoir d'excellents scores dans les sondages.
Les pertes russes s'élèvent officiellement à 20 morts, néanmoins ce bilan pourrait être sous-évalué :
Selon le Réseau syrien des droits de l'homme, du au , les bombardements russes ont tué au moins , dont 514 femmes et 746 enfants.
Le Centre syrien de documentation des violations recense civils tués par les bombardements russes du au .
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), à la date du 30 septembre 2016 les frappes aériennes russes ont fait au moins morts, dont rebelles et djihadistes du Front al-Nosra, djihadistes de l'État islamique et civils, dont 906 enfants et 561 femmes.
Selon Airwars, un collectif de journalistes d'investigation, du au , entre et civils ont été tués en Syrie par les frappes russes.
Le , Amnesty International affirme avoir étudié six frappes russes en Syrie qui ont tué au moins 200 civils et une dizaine de djihadistes à Homs, Idleb et Alep, de septembre à novembre. L'ONG constate l'emploi de bombes incendiaires, des bombes à sous-munitions, et surtout de munitions non guidés, et estime que ces attaques pourraient s'apparenter à des crimes de guerre.
En mai 2016, Russes prétendent avoir tué djihadistes depuis le début de leur intervention — tout en n'attribuant que morts au Américains — une estimation très probablement exagérée.
Dès le départ, la Russie pose la question de la solidité ou non de l'appui de la société syrienne à l'État syrien, question qui est également posée par l'ambassadeur de France en Syrie, Éric Chevalier, avant la fermeture de l'ambassade de France et qui constate l'ampleur des manifestations pro-régime en 2011 et 2012, mais sa voix n'est pas écoutée par le quai d'Orsay qui pose le départ d'Assad comme un . Le Kremlin dès 2012 fait savoir - notamment par la voix du responsable du dossier syrien Mikhaïl Bogdanov - qu'il s'oppose à une .
D'après Cyrille Bret, enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris, en intervenant en Syrie Vladimir Poutine veut surtout « défendre ses clients, ses alliés et ses installations dans la région » : la Syrie est un gros client, absorbant 10 % des exportations russes, et est un allié permettant d'avoir un point d’amarrage pour la flotte militaire russe en mer Méditerranée, le rapprochement avec l'Iran et cette démonstration de force offrent de nouvelles perspectives de ventes d'armes dans la région ; cette intervention permet aussi, à des fins de politique intérieure russe, de flatter l'orgueil national russe. 
Selon Christophe Ayad et Isabelle Mandraud, journalistes au quotidien "Le Monde", cette intervention est l'occasion pour la Russie de Vladimir Poutine de s'affirmer comme une puissance internationale intervenant de manière volontaire dans les « processus mondiaux », face à l'attitude de Barack Obama qualifiée d'hésitante par ses opposants néo-conservateurs, mais aussi de mettre un coup d'arrêt aux volontés séparatistes dans l'Asie centrale et le Caucase en Russie, ainsi que « maintenir sur un pied de guerre la société russe, mise à mal par une crise économique sérieuse dont les prémices existaient bien avant les sanctions européennes et américaines ».
L'opinion des diplomates occidentaux au départ est que « Daech progresse en Syrie car les frappes russes l’épargnent et parce que les forces syriennes et leurs alliés n’ont pas pour priorité d’arrêter sa progression. 70 % des frappes russes visent des groupes de l’opposition qui ne sont pas [encore] considérés comme terroristes par le Conseil de sécurité. Le régime veut les anéantir pour qu’il ne reste qu’une alternative entre Assad et Daech ». 
Selon Frédéric Pichon, cette opinion est en butte à la réalité des faits au bout de quelques semaines d'intervention : l'intervention russe fait plus en quelque temps que la coalition internationale en plus d'un an et permet de repositionner une opposition sur le terrain divisée en modérés (de moins en moins présents) et en djihadistes majoritaires sur le terrain et noyautés par l'État islamique et le front al-Nosra. La proposition de cessez-le-feu du 22 février 2016 par le Kremlin et acceptée par Washington, outre son volet humanitaire, a pour but de positionner les rebelles: soit ils cessent le combat et, dans ce cas, peuvent être admis à un processus politique, soit ils refusent et se retrouvent "de facto" du côté des djihadistes armés et soutenus par le Qatar, la Turquie et l'Arabie Saoudite.
Selon le directeur de la Fondation pour la recherche stratégique Camille Grand, le retrait des forces russes intervient après que le président Poutine a atteint ses objectifs : « stabiliser le régime de Bachar el-Assad, démontrer la place de la Russie dans la négociation sur l’avenir du Proche-Orient et réaliser une démonstration de force sur les capacités militaires de la Russie ». Camille Grand estime également que : « la Russie apparait comme le vainqueur – au moins temporaire – de la séquence qui s’est achevée avec le cessez-le-feu temporaire et avec l’amorce de son retrait ».
Selon Alain Frachon, journaliste au Monde, en mars 2016 Russie et États-Unis ont suffisamment d'intérêts en communs pour agir de concert. Et en poussant les puissances locales (Iran, Arabie saoudite) à discuter à Genève, tout en leur faisant la leçon, l'objectif serait d'éviter de renouveler le chaos irakien et que Russie et États-Unis se retrouvent face à face à force de suivre leurs alliés locaux traditionnels dans leurs affrontements.