Histoire de la Hongrie

L'Histoire de la Hongrie remonte au haut Moyen Âge, lorsque la plaine de Pannonie est colonisée par les Magyars, un peuple nomade venu du centre-nord de la Russie actuelle. En 896 est fondée une principauté, puis en 1001 le royaume de Hongrie qui existe jusqu'en 1946 à l'exception d'un court intermède républicain entre 1918 et 1919. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la République est de nouveau proclamée (1946-1949). Elle devient une République populaire après la prise du pouvoir par les communistes. En 1956, le régime est fortement ébranlé par l'insurrection de Budapest, mais se maintient grâce à l'aide des Soviétiques. En 1989, au moment de la chute des régimes communistes en Europe, la Hongrie met fin au régime de parti unique et adopte la démocratie.
Le , est proclamée par l'Assemblée nationale la Loi fondamentale de la Hongrie, comme nouveau texte constitutionnel de la Hongrie.
L'origine des Hongrois n'est pas totalement élucidée par les savants.
L'hypothèse la plus généralement admise est que leur pays primitif était situé du côté de l'Oural, leurs aïeux appartenant à la famille finno-ougrienne des peuples ouraliens. Cette hypothèse, formulée par des savants à la fin du , détruit le mythe des origines hunnique faisant d'Attila le premier Magyar. Elle peut être justifiée à l'aide de la linguistique : les langues actuelles les plus proches du hongrois sont deux langues ob-ougriennes, le khanty et le mansi. Ils se seraient séparés assez tôt de leurs parents du Nord-Ouest, et dès la première moitié du Ier millénaire av. J.-C. on les trouve au Sud-Ouest de l'Oural, faisant paître leurs troupeaux dans la vaste Proto-Hongrie ("Magna Hungaria", sur le territoire du Bachkortostan actuel, en Russie), sur les rives de la Volga.
Après un autre millénaire, ils descendent au dans les steppes arrosées par les fleuves du bassin de la mer Noire (Lévédie ou Etelköz, situé probablement sur le territoire actuel de l'Ukraine).
Il semble que, durant ces migrations, ils furent en contact avec des peuples turcs, dont certains se sont joints à eux, par exemple les Onoghours (ou Hunnougour parmi d'autres hordes hunniques selon Théophylacte Simocatta), d'où le nom que leur ont donné certains peuples, y compris les Occidentaux (en latin "Hungari"), alors que les Hongrois eux-mêmes se disent "magyarok", la Hongrie étant "Magyarország", « le pays des Magyars »).
En 895, la confédération des tribus magyares se fixe définitivement sur le moyen-Danube, dans le bassin des Carpates, où elles rencontrent des Slaves (la principauté du Balaton de Pribina et de son fils Kocel’, le royaume de la Grande-Moravie), des peuples turcs (par exemple Avars entre Danube et Tisza), des valaques (le long des Carpates) et des Iasses, peuple iranien proche des Ossètes du Caucase).
Selon plusieurs historiens, les Magyars connaissaient déjà bien ces lieux avant 895, pour avoir participé en mercenaires, tantôt des Francs carolingiens, tantôt des Moraves, aux combats menés pour la possession de ces territoires. À ces occasions, ils prennent connaissance non seulement de la topographie et des ressources du bassin des Carpates, mais aussi des faiblesses de leurs commanditaires. Autant de motifs qui expliquent qu'en 895, désireux de se protéger contre les attaques des Pétchénègues et à la recherche d'une nouvelle patrie, ils se dirigent vers la plaine du Danube, en Pannonie, sur les traces des Huns (), des Avars () et des Bulgares (), autres confédérations ouralo-altaïques à dominante turcique.
Ces confédérations suivaient les chemins traditionnels des peuples des steppes qui, avant d'être turcs ouralo-altaïques ou bien finno-ougriens, avaient été iraniens : ce fut le cas des antiques Agathyrses, Iazyges, Sarmates et Scythes de l'Antiquité. Ces chemins menaient de l'Asie centrale et de l'Oural jusqu'à la province romaine de Pannonie dont Aquincum (sur le territoire de l'actuelle Budapest) était la capitale, et dont la population d'origine était composée de Celtes latinisés.
Au début, les Magyars, avant tout guerriers, font comme les Huns et les Avars avant eux : ils vivent d'élevage et du pillage de l'Europe occidentale, menant campagnes à travers l'Allemagne, la France et l'Italie. Du latin "Hungari" vient le français ”ogre”, à cause de leur cruauté. Mais la défaite du Lechfeld en Souabe (955) les décide à changer de mode de vie : ils se sédentarisent, se mêlent aux populations agricoles du bassin du Danube (dont une partie, notamment au centre de ce bassin, adopte la langue magyare) et se christianisent (se plaçant dans l'obédience de Rome, malgré les tentatives byzantines de les convertir à l’orthodoxie : l’empereur byzantin envoie une couronne (royale). Le Royaume de Hongrie naît officiellement en l'an 1001 avec le roi saint Étienne.
Sous les dynasties suivantes, le royaume de Hongrie connaît, malgré la terrible invasion tatare de 1241 (avec le fils de Gengis Khan), un développement rapide. Il s'organise en comitats, intègre comme États vassaux le royaume de Croatie, le banat (marche-frontière) de Slavonie, les banats ou voïvodats (principautés) serbes au sud (Bosnie, Voïvodine) et valaques (roumains) à l'est (le banat de Severin, d'autres petites formations étatiques en Transylvanie, Moldavie et Valachie), et s'étend un moment de l'Adriatique à la Mer Noire. Les voïvodats sont gouvernés par des princes vassaux directs du roi (en hongrois "vajdák"). Des mineurs et des bâtisseurs de langue allemande, les "Zipser" et les Saxons (faussement appelés ainsi, puisqu'ils proviennent de l'actuelle Rhénanie et de régions au sud de celle-ci), s'établissent dans plusieurs de ces régions, développent l'agriculture, exploitent l'or et élèvent des cathédrales, des villes, des forteresses. Les Slaves et les Valaques élèvent du bétail et cultivent des vergers et la vigne. Des fermiers-soldats Sicules défendent les frontières. La Hongrie devient une puissance européenne et ses chevaux (hongres ou non) sont recherchés par tous les chevaliers.
La dynastie árpádienne (900 à 1301):
La dynastie angevine (1308 à 1382):
Pendant la période angevine, la superficie du royaume de Hongrie, sans compter les conquêtes provisoires et les dépendances vassales, est estimée à km², peuplés d’environ 3 millions d’habitants. On dénombre 49 villes royales libres, 638 bourgs jouissant de privilèges, et quelque villages. Environ 2,4 millions de personnes sont des paysans libres qui exploitent près de propriétés roturières ou tenures, de 20 ha en moyenne. De à personnes sont astreintes au servage. Le pays compte environ 2000 gros propriétaires, moyens et une noblesse de petits propriétaires, avec seulement citadins. La population est peu dense et l’immigration se poursuit, surtout dans les régions périphériques, en Slovaquie et en Transylvanie, avec l’installation de colons roumains, moraves, polonais, ruthènes et allemands.
Autres monarques (1382 à 1526). D'autres rois se succèdent ensuite, issus notamment :
Mathias Corvin met en place plusieurs grandes réformes administratives et judiciaires, crée une armée ("l’armée noire") et développe la nation sur le plan commercial et culturel. Il pratique une politique centralisatrice en mettant en place une fiscalité destinée à poursuivre la lutte contre les Ottomans, en développant les villes qui échappent aux barons pour passer sous la protection du roi. Sous son règne, la population de la Hongrie a atteint 3,5 millions d’habitants, répartis pour 1/3 en 800 bourgs de 500 à 1000 habitants, le reste habitant sur les terres domaniales, en majorité paysans. Depuis le , l’agriculture a progressé grâce à l’amélioration des techniques et à l’extension des surfaces cultivées. La société rurale s’est différenciée : aux tenanciers censitaires possédant une tenure héréditaire s’opposent les serfs métayers qui exploitent les « réserves » des seigneurs et les paysans sans terres qui louent leurs bras. La corvée est le fait des serfs métayers ; pour les autres, elle se limite à l’entretien des demeures seigneuriales. Tous payent aux maîtres de la terre (nobles) des redevances en nature et en argent, qui s’ajoutent aux impôts royaux de plus en plus lourds. À la fin du , de nombreux paysans hongrois, soumis à un système seigneurial qu’ils estiment trop lourd, se réfugient sur les terres du sultan où leur sort est meilleur. Les villes se sont développées. Buda compte une vingtaine de milliers d’habitants. Elles unissent les fonctions commerciales aux fonctions administratives. La période angevine a vu l’essor des industries minières, surtout l’or et l’argent de Slovaquie et de Transylvanie ; au , un nouveau procédé permet des exportations de cuivre vers l’Autriche et la Thuringe.
Après la mort de Mathias Corvin sans héritier légitime en 1490, cinq candidats se disputent la couronne, parmi lesquels Maximilien de Habsbourg et Ladislas Jagellon, roi de Bohême. Ce-dernier est élu, puis couronné roi de Hongrie à Albe Royale. Surnommé « "Dobrze" », « "béni-oui-oui" », il est indifférent aux affaires de l’État, qu’il laisse s’appauvrir au profit des barons et des prélats qui l’ont mis sur le trône. Les impôts et les revenus régaliens tombent au quart de ce que percevait Mathias Corvin. L’armée noire, qui s’est d’abord mise au service du roi, se livre à des exactions faute d’être payée et sera dissoute par le capitaine Pál Kinizsi. Les barons féodaux retrouvent leur ancien statut. La Hongrie connaît des conflits internes, notamment une rébellion paysanne, conduite par György Dózsa en 1514.
Lors de leur défaite à Mohács le face à Soliman dit le Magnifique, Hongrois meurent. Parmi eux se trouve le jeune roi Louis II de Hongrie (1506-1526). Le 11 novembre, le prince de Transylvanie, János Szapolyai qui « rate » la bataille, est couronné à Székesfehérvár. Après cet événement, la position et l'avenir de la Hongrie sont menacés : le frère de la femme du roi mort, Ferdinand de Habsbourg, également prince d'Autriche, revendique la couronne de Hongrie, et le 18 décembre, il est couronné à Presbourg par les nobles les plus puissants du pays. C'est la fin de la Hongrie médiévale.
Le , Ferdinand de Habsbourg déclare la guerre à son compétiteur János Szapolyai. Il rentre dans Buda le 20 août et remporte une victoire décisive à Tokaj le 27 septembre. Szapolyai doit de se réfugier en Transylvanie : c'est la cause du commencement de l'alliance entre Soliman et János Szapolyai. Ferdinand, reconnu par la diète de Presbourg réunie le 25 octobre, est couronné roi de Hongrie le 3 novembre.
Le , une armée turque quitte Constantinople pour envahir la Hongrie. Le 20 juillet, János Szapolyai, entré en Hongrie avec l’appui de Soliman le Magnifique, lui rend hommage à Mohács. Soliman prend Buda le 8 septembre après avoir ravagé la Hongrie, réinstalle János Szapolyai sur le trône, puis marche sur Vienne qu'il assiège pour la première fois (27 septembre). Après une dernière attaque repoussée le 14 octobre, il lève le siège, découragé par les fortes pluies.
Les Ottomans lancent une deuxième campagne contre Vienne en 1532. L'armée ottomane est retenue par le siège de Kőszeg et doit rebrousser chemin. 
Le un pacte entre Ferdinand I et János Szapolyai est conclu à Nagyvárad : les deux hommes se reconnaissent mutuellement. Si Szapolyai meurt sans héritier, la couronne doit revenir aux Habsbourg. Mais le , sa femme, Isabelle Jagellon, donne la vie à un garçon nommé Zsigmond János. À la mort de János Szapolyai le , les armées autrichiennes avancent en Hongrie. Soliman le Magnifique intervient de nouveau (1541 et 1543).
Soliman vainc les armées autrichiennes de Roggendorff le et enlève les chefs militaires hongrois venu le visiter dans son camp. Il fait installer un gouverneur turc à Buda et occuper la Cisdanubie en permanence. La Hongrie est divisée entre le sultan, Ferdinand et le jeune Jean Sigismond. 
En 1542, Ferdinand tente en vain de négocier la Hongrie moyennant le paiement tribut aux Turcs. Il réunit les États Généraux. Il entretient une armée permanente en Hongrie et tente vainement de prendre Pest (28 septembre-18 octobre). En juillet 1543, les Ottomans s'emparent de Pécs et d’Esztergom le 9 août.
Le , une trêve pour cinq ans est conclue à Andrinople entre Soliman et les Habsbourg moyennant un tribut annuel de florins d’or.
Le , le cardinal Giorgio Martinuzzi négocie la convention de Nyirbator qui assure la couronne de Hongrie aux Habsbourg, tout en conservant la Transylvanie à Jean Sigismond, qui renonce au titre de roi moyennant de gros avantages financiers. La reine mère Isabelle refuse, mais doit abdiquer le au traité d'Alba Iulia. Le 26 juillet, la diète de Kolozsvár reconnait Ferdinand comme seul souverain de Hongrie. Il fait alors occuper la Transylvanie par les troupes du général Castaldo. Martinuzzi devient voïévode, mais accusé de complot, est assassiné par les hommes du général (16 décembre). Jean Sigismond et sa mère partent pour la Silésie jusqu’en 1556.
Soliman réagit à l'invasion de la Transylvanie. Les troupes du vizir Mehmed Sokolli passent le Danube le , prennent Lippa (Lipova le 8 octobre et assiègent Timişoara (16-17 octobre), mais se retirent à Belgrade à l'approche de l'hiver (16 novembre). Timişoara tombe le , mais les Ottomans échouent devant Eger, grâce à la résistance de la garnison d’Étienne Dobo le 19 octobre. Ils occupent le Banat qui devient le vilayet de Temesvár. Sur ordre du sultan (1554), la Diète de Transylvanie rappelle Jean Sigismond et sa mère Isabelle.
En mai 1558, les Ottomans s'emparent de la forteresse de Tata. Soliman le Magnifique réclame comme préalable à la paix la remise de Szigetvár, ce que Ferdinand de Habsbourg refuse ; un armistice est cependant conclu pour sept mois à la fin de l'année. Après de longues négociations, une paix de "statu quo" est signée à Prague en juin 1562. Ferdinand verse un tribut aux Turcs et reconnaît Zapolyai en Transylvanie. L'accord établit un "condominium", c’est-à-dire un partage des impôts levés par les agents des Habsbourg, du moins sur les régions frontalières de Hongrie.
Le , le sultan Soliman assiège la forteresse de Szigetvár (Szeged) défendue par les Croates et les Hongrois de Nicolas Zrinyi, capitaine général de Transdanubie. Ils résistent jusqu’au 8 septembre et périssent les armes à la main au cours d’une ultime sortie. Soliman meurt pendant le siège et les Turcs battent en retraite.
Le , la paix est signée à Andrinople entre l’empire ottoman et Maximilien II d’Autriche. La Hongrie reste partagée entre l’empereur, la Transylvanie et les Ottomans. L’empereur continue à payer un tribut annuel de florins, reconnaît l’indépendance de la Transylvanie et admet une zone frontière en Hongrie. Le traité est renouvelé en 1575, 1584 et 1590. Les Habsbourg créent en Hongrie une « frontière militaire » composée d’une série de places fortes, s’ajoutant au châteaux fortifiés des Pálffy et des Rakóczi, de la mer Adriatique aux monts de Slovaquie. En face, les Ottomans construisent des fortifications plus légères. La frontière est stabilisée pour un siècle. Le , au traité de Spire, signé avec Maximilien II, Zsigmond János renonce au titre de roi de Hongrie pour celui de « prince de Transylvanie ».
La Hongrie royale, qui forme un arc de cercle depuis l’Adriatique et les régions croates jusqu’aux pays ruthènes au nord-est, est gouvernée par un Conseil de lieutenance présidé par le primat. Le siège du gouvernement est à Presbourg (Bratislava), tandis que le primat de Hongrie siège à Trnava (Tyrnau, Nagyszombat). De fait le pays est gouverné depuis Vienne. La Transylvanie est gouvernée par Jean Sigismond et par son tuteur le cardinal Martinuzzi (Gyögy Fráter Utiesenic, 1482-1551), un soldat d’origine croato-dalmate. À côté du prince siège à Alba Iulia une diète réunissant les délégués des trois nations qui élisent le prince et désignent les membres du conseil qui l’assiste dans son gouvernement.
Après la campagne de 1541-1543, le pachalik de Buda devient une province de l’Empire ottoman jusqu’en 1699. La fuite de la plupart des seigneurs laisse les paysans sous l’autorité directe du sultan. Les terres nobles sont transformées en "timars" – fiefs non-héréditaires d’un "spahi" – mais les paysans restent soumis aux mêmes redevances et obligations avec en plus le kharadj (capitation payée par les non-musulmans), mais les corvées disparaissent. Sauf pour les affaires de police et d’impôts, la population a peu de contact avec les Ottomans. Les garnisons turques sont enfermées dans des forteresses et n’y a ni conversions massives, ni influences culturelles fortes. Les villes gardent leur statut d’autonomie mais payent un tribut au sultan qui leur laisse une large indépendance dans les domaines administratifs et religieux. Elles ont des mosquées et des hammams ; certaines églises à Pest, Pécs et Esztergom sont transformées en mosquées, mais la culture hongroise est maintenue par les collèges calvinistes des bourgs. 
Le protestantisme peut se développer librement, et dans les années 1550, la Hongrie est pratiquement entièrement acquise à la Réforme. Le calvinisme se diffuse parmi les Magyars de toutes conditions. Le roi Jean Sigismond permet la diffusion du luthéranisme en Transylvanie et la sécularisation des biens de l’Église au profit des seigneurs. Le , la Diète transylvaine réunie à Torda reconnaît l’égalité des droits entre les religions catholique, luthérienne (la « religion allemande ») et calviniste (la « religion hongroise »). Vers cette époque, le prêtre antitrinitarien Ferenc Dávid fonde l’Église unitarienne de Transylvanie ; il gagne à sa cause une grande partie de la noblesse. En février 1567, un synode calviniste réunit à Debrecen réalise l’unité de l’église réformée hongroise contre les antitrinitariens de Transylvanie. La Diète de Torda (6-13 janvier 1568) proclame la liberté religieuse en Transylvanie, admettant quatre religions : catholicisme, confession d’Augsbourg, confession Helvétique et unitariens. Le prince Jean-Sigismond se convertit au protestantisme sous l’influence de son médecin italien Giorgio Blandrata qui se reconnaît comme antitrinitaire ; la Diète proclame en 1571 l'Antitrinitarisme quatrième des confessions reconnues sous le nom d’unitarianisme. Mais elle est persécutée après la mort de Jean-Sigismond et les Unitariens rejoignent l’Église réformée ou fuient en Pologne. 
De l’autre côte de la frontière, une ligne défensive s’organise, de Fiume (Rijeka) à Szathmar (actuellement Satu Mare). Elle est constituée de châteaux tenus par des garnisons souvent étrangères. Autour d’eux s’étendent des cantons militaires peuplés de paysans échappant aux corvées et aux obligations féodales contre prestation du service militaire aux capitaines des châteaux. Cette population est très diverse : elle compte des paysans hongrois ou autrichiens fuyant le servage perpétuel (les "Haïdouks" en Hongrie orientale), des Serbes venus de l’Empire ottoman ("Uskok", réfugiés). Outre leurs obligations locales, ils fournissent des soldats pour l’armée impériale, formant les régiments de Croates, les hussards. Le primat Nicolas Olah fait publier les décrets du concile de Trente, clôt en 1563. Dès 1560, il installe les jésuites dans un royaume où, en dehors de la Croatie, il n’y a plus de catholiques, même si le catholicisme demeure la seule religion d’État. Rodolphe II, roi de Hongrie en 1572 puis empereur en 1576, impose la Contre-Réforme en Hongrie royale.
Au , on assiste à une expansion de l’agriculture en Hongrie l’augmentation des surfaces ensemencées. La faux remplace la faucille. Les gros bourgs de la plaine occupés par les Turcs se spécialisent dans l’élevage intensif des bovins, exportés vers la Hongrie royale, Vienne et l’Allemagne (près de bêtes par an). Le territoire hongrois occupé par les Turcs pendant 150 ans connaît une période de pillage, de rapts d’enfant (pour recruter le corps des janissaires), de dépeuplement de milliers de villages et hameaux. Ce dernier s’est produit, hormis les guerres, en raison de l’extension des pâturages pour l’élevage au détriment des cultures céréalières. L’abandon des villages va de pair avec le développement de gros bourgs ruraux. Les troupes turques régulières et leurs auxiliaires tatars font de terribles ravages qui culminent pendant la Longue Guerre (1593-1606). La Porte administre sa province pour en tirer le plus de profit possible (impôts, tributs, taxes et rançons). Elle montre une grande tolérance religieuse et collabore avec la noblesse hongroise qui garde ses prérogatives, dans une sorte de condominium.
Le , le Pacha de Bosnie, Hassan, qui opérait sans cesse des raids en Croatie est arrêté par le ban, battu et tué à Sisak ce qui provoque la reprise des hostilités entre les Habsbourg et les Ottomans. Le 13 août, le sultan Murad III, prétextant un non-paiement du tribut, déclare la guerre à l'Empire. Une guerre d’escarmouche pour le contrôle de la Transylvanie n’aboutit à rien, sinon à libérer l’empereur de l’obligation du don annuel.
Après la mort de Michel le Brave, assassiné peu sur ordre de Georges Basta, envoyé de l’empereur le , Sigismond Báthory reprend la Transylvanie, puis le , à la suite de la convention de Cluj, la cède définitivement aux Habsbourg. 
Le commence l'insurrection mené par Étienne Bocskai en Transylvanie (1604-1606). Le général Belgiojos, sur ordre de l’archiduc d'Autriche Matthias, s’empare de l’église de Kassa, en Hongrie pour la rendre au culte catholique, alors que la ville est luthérienne à 95 %. Belgiojoso occupe les domaines d’Illésháry puis tente de s’emparer des terres de Bocskai. La diète hongroise rompt avec les Habsbourg. Gabriel Bethlen, gentilhomme hongrois calviniste de Transylvanie, demande à Bocskai, ancien conseiller de Báthory, de mener l’insurrection et de négocier une alliance avec les Turcs le 19 novembre. Belgiojoso réagit et tente de s’emparer de la Transylvanie avec l’aide de Basta. Bocskai, dépourvu de troupes, s’allie aux haïdouks, troupes auxiliaires hongroises révoltées, et repousse l’attaque de Belgiojoso à l’automne. Il contre-attaque, prend Debrecen et Kassa et libère la Transylvanie. Belgiojoso et Basta se replient en Transdanubie.
Le , Étienne Bocskai, voïévode de Transylvanie depuis le 21 janvier, est élu prince de Hongrie. Il conquiert la Transdanubie tandis que les Turcs reprennent Esztergom.
Le , un traité de paix est signé à Vienne entre l’empereur Rodolphe II et Étienne Bocskai. La dignité de palatin est rétablie, les finances du royaume de Hongrie échappent au contrôle de Vienne. Les offices civils et militaires seront confiés exclusivement à des Hongrois. La liberté confessionnelle est établie pour les ordres. Bocskai est confirmé comme prince de Transylvanie mais renonce au titre de roi de Hongrie. À sa mort (), la Transylvanie connaît sept ans d’instabilité avant le règne de Gábor Bethlen (1613). La paix permet l’installation de haïdouks comme paysans libres en Transylvanie. Les troupes impériales évacuent un pays dévasté et exsangue. La brève période de paix qui suit lui permet de se reconstruire.
Le , la paix de Zsitvatorok met fin à la Longue guerre. Le tribut annuel dû par l’empereur au Sultan est transformé en « présent ». Les deux empires traitent pour la première fois à égalité, recevant l'autorisation de construire de nouvelles forteresses à la frontière. La Porte conserve Kanizsa, Esztergom et Eger, mais abandonne la région de Vac.
Le , Matthias de Habsbourg est élu roi par la diète de Hongrie. C'est le début de la Guerre des frères entre l’archiduc Matthias et l’empereur Rodolphe. En février 1608, Matthias signe le pacte de Presbourg avec la diète de Hongrie. Matthias se fait reconnaître chef de la maison des Habsbourg et entame des campagnes militaires contre Rodolphe. Il lui arrache la Hongrie et la plupart des États patrimoniaux (1608-1612).
Le , devant la pression des États, Rodolphe cède la couronne de Hongrie à Matthias ; à la fin octobre, Matthias convoque la Diète à Presbourg. Les députés réclament l'égalité des droits des Églises, réformées et catholiques, l'obligation pour le roi de résider en Hongrie où de déléguer ses pouvoirs au Palatin, le transfert de la couronne de Vienne à Presbourg, le droit pour la Diète de voter la paix et la guerre. Le 19 novembre, Matthias de Habsbourg est couronné roi de Hongrie à Presbourg. Le lendemain, , qui a soutenu Matthias, devient le premier palatin de Hongrie protestant. 
Après avoir enregistré l'engagement des ministres de soumettre toutes les affaires administratives au parlement et après avoir voté les crédits militaires, la Diète procède à sa réorganisation. À partir de 1608, prélats et barons siègent à la Table (Chambre) des magnats à la Diète hongroise et les 104 députés nobles des 52 comitats, ainsi que ceux du bas clergé et des villes, à la Table basse, qui compte quelque 300 délégués. Cette assemblée nobiliaire préserve face au pouvoir royal les privilèges des nobles (notamment judiciaires et fiscaux), l’autonomie des comitats, l’asservissement des paysans, ainsi que les prérogatives de la Diète en tant que garante de la Constitution nationale. 
La Diète donne aux seigneurs toute compétence pour les affaires paysannes, ce qui se traduit par l’interdiction de la libre migration des agriculteurs. Le servage perpétuel (« second servage ») s’instaure, assujettissant le paysan à la corvée et considérant la fuite ou le refus comme révolte punie de mort. La réserve seigneuriale se développe, orientée vers l’élevage ou la production de vin (jusqu’à 2/3 des revenus du domaine). Le servage perpétuel ne se généralise pas ; les bourgs continuent à jouir de privilèges et, à la frontière, les agglomérations haïdouk, qui assurent l’usage de terres contre le service militaire, attirent de nombreux fugitifs.
Léopold Ier du Saint-Empire au traité de Paix de Vasvár, les familles nobles Zrinski et Frankopan ourdissent une conjuration, voyant le traité comme particulièrement favorable aux ottomans, celui-ci demandant à ces familles de donner certains de leurs territoires aux ottomans, alors que ceux-ci venaient à peine d'être libérés. Cela causa des troubles internes et une instabilité dans la monarchie qui atteint son paroxysme avec la révolte des deux familles nobles croates et de nobles hongrois dirigés par François Rákóczi contre le roi de Hongrie.
La guerre d'Indépendance de Rákóczi désigne la guerre initiée et menée par le prince François II Rákóczi, icône nationale hongroise, de 1703 à 1711 contre l'absolutisme des Habsbourg.
La défaite de Rákóczi est sanctionnée par le le 30 avril 1711.
La Révolution française de 1789 crée une union sacrée de la noblesse hongroise autour de la maison impériale, mais les idées libérales et nationales se diffusent malgré tout en Hongrie et donnent naissance à un courant réformiste important, revendiquant l'égalité devant la loi et devant l'impôt et la fin des privilèges.
Ce courant est incarné par Ferenc Kölcsey, Ferenc Deák et Lajos Kossuth, révolutionnaires qui proclament en 1848 l'unification de la Hongrie, comprenant la Hongrie royale, la Croatie et la Transylvanie, et revendiquant l'indépendance face à l'Empire d'Autriche. Mais, en Croatie et Transylvanie, les révolutionnaires locaux réclamaient leur propre indépendance, que Kossuth leur refusait. Les Autrichiens en profitèrent pour rallier à leur cause l'avocat transylvain Jankó Ávrám qui lève des troupes contre Kossuth, et le général croate Josip Jelačić, qui prend la tête d'une armée et envahit la Hongrie. Pour y faire face, Kossuth constitue un Comité national de défense qui parvient à refouler les troupes croates et réprime le soulèvement transylvain. Alors que l'indépendance de la Hongrie est proclamée, l'Autriche fait appel au tsar Nicolas Ier de Russie pour mater le gouvernement révolutionnaire. Les Habsbourg organisent alors une répression implacable et imposent leur pouvoir par la force. En 1866, l'affaiblissement de l'empire sur le front italien et surtout la défaite contre la Prusse à la Bataille de Sadowa, les incitent à apaiser les tensions internes. C'est ce long processus qui aboutit au Compromis austro-hongrois de 1867 et à la naissance de l'Autriche-Hongrie.
De 1867 jusqu’en 1918, un État d’Europe centrale, constitué de l’Empire d'Autriche et du Royaume de Hongrie, unis par la Maison de Habsbourg-Lorraine et liés par un « compromis austro-hongrois » (en allemand "Ausgleich", en hongrois "Kiegyezés"). Les territoires régis au sein de cette structure étatique comprennent d'un côté l'Archiduché d'Autriche, le Royaume de Bohême et le Royaume de Galicie et de Lodomérie, et de l'autre côté le Royaume de Hongrie et le Royaume de Croatie-Slavonie.
Par le Compromis austro-hongrois de 1867, l'Empire d'Autriche et le Royaume de Hongrie s'unissent pour devenir l'Autriche-Hongrie, François-Joseph cumulant les couronnes d'empereur d'Autriche et de roi de Hongrie. La Première Guerre mondiale entraîne en 1918 la fin de l'Empire et la séparation des deux états.
Le est proclamée la République Hongroise. L'âme du nouveau régime démocratique est personnifiée par le comte Mihály Károlyi. Il remplit pour quelques mois les fonctions de premier ministre et de président.
Une commission française, dirigée par le géographe Emmanuel de Martonne, trace les nouvelles frontières de la Hongrie, en suivant la limite des zones rurales à majorité hongroise du centre du pays, mais sans tenir compte des villes (presque partout à majorité hongroise) ni des zones excentrées habitées par des Hongrois (dans l'est de la Transylvanie par exemple).
Très déçu des pertes territoriales imposées à son pays, le comte Károlyi préfère démissionner.
En mars 1919, les communistes renversent le gouvernement et, en avril, Béla Kun proclame la République des conseils (cf. Conseil ouvrier), qui tente en vain de reconquérir les frontières de 1918. Ce gouvernement ne dure pas longtemps ; soutenue par la mission militaire française du général Henri Berthelot, l'armée du Royaume de Roumanie entre en Hongrie et occupe Budapest : les forces communistes sont vaincues et le régime soviétique est renversé le . Les Alliés de la Première Guerre mondiale remettent le pouvoir aux forces légitimistes, menées par l'amiral Miklós Horthy. L'archiduc Joseph-Auguste de Habsbourg-Lorraine redevient brièvement régent du pays. Entre août et novembre 1919, Budapest est sous occupation roumaine.
Le traité de paix du Trianon est signé le au Grand Trianon de Versailles par les puissances belligérantes de la Première Guerre mondiale : d'un côté le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, l'Italie, la Roumanie, le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (qui devient le Royaume de Yougoslavie en 1929) et la Tchécoslovaquie, de l'autre l'Autriche-Hongrie qui a perdu la guerre et qui y est représentée par la Hongrie (séparée de l'Autriche le ). Il fait suite aux traités de Versailles (qui traite le cas de l'Allemagne) et de Saint-Germain-en-Laye (qui définit celui de l'Autriche).
La Hongrie perd ainsi les deux tiers de son territoire, passant de avant la guerre à après la signature du traité. Le pays perd aussi son accès à la mer via la Croatie, rattachée au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Elle perd, de plus, la totalité de ses mines d'or, d'argent, de mercure, de cuivre et de sel, cinq de ses dix villes les plus peuplées et entre 55% et 65% des forêts, ses voies ferrés, ses usines, ses canaux, ses minerais des fer, ses institutions bancaires et ses terres cultivables. Le traité a également pour conséquence de faire passer 3,3 millions de Hongrois sous domination étrangère.
Trianon est perçu de nos jours comme un traumatisme en Hongrie, et beaucoup de Hongrois considèrent encore ce traité comme un inique "diktat".
En janvier 1920, des élections sont tenues pour élire une assemblée monocamérale. Le , l'amiral (grade qu'il avait obtenu dans l'armée austro-hongroise) Miklós Horthy est élu régent. Il établit un régime dictatorial de type officiellement monarchique. 
Le 4 juin, le Traité de Trianon est signé : il officialise les frontières de la nouvelle Hongrie. En comparaison du royaume d'avant-guerre, la Hongrie sera amputée de 72 % de son territoire et d'1/3 de sa population magyare et perd son accès à la mer. La totalité des minorités roumaine, slovaque, croate, serbe font le choix d'appartenir à d'autres états, selon le principe (énoncé par le président américain Woodrow Wilson) du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». La Slovaquie et la Transcarpathie sont attribuées à la nouvelle Tchécoslovaquie, la Croatie à la Yougoslavie, le Banat à la Yougoslavie et à la Roumanie et la Transylvanie à la Roumanie. Mais plusieurs millions de Hongrois se retrouvent ainsi minoritaires dans de nouveaux pays et la Hongrie réclame une révision des frontières. Évoquant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la Hongrie fait plusieurs demandes de référendum qui sont toutes rejetées par les vainqueurs. Revendication majeure de la Hongrie des années 1920 et 1930, la question des frontières poussera Horthy à rechercher l'alliance avec l'Allemagne. Les conséquences du traité de Trianon entraîneront des problèmes politiques, notamment en Slovaquie, se manifestant jusqu'à nos jours.
Miklós Horthy règne avec des pouvoirs autoritaires pendant la plus grande partie de la période de l'entre-deux-guerres mondiales et installe un régime nationaliste et dictatorial dans une Hongrie repliée sur le souvenir du grand royaume d'avant-guerre. Des politiques répressives, d'une intensité variable, sont appliquées contre les communistes, les Juifs ou les Roms.
Horthy s'allie avec l'Allemagne nazie dans les années 1930, dans l'espoir de revenir sur les pertes territoriales qui ont suivi la Première Guerre mondiale. La Hongrie est récompensée par Hitler par des territoires appartenant à la Tchécoslovaquie, à la Yougoslavie et à la Roumanie, puis prend une part active à la Seconde Guerre mondiale. Cependant, en octobre 1944, alarmé par le retour de la Roumanie dans le camp allié, Hitler remplace Horthy par le collaborateur hongrois Ferenc Szálasi et son Parti des Croix fléchées de type nazi, afin d'éviter que la Hongrie ne rejoigne elle aussi les Alliés. Un gouvernement fasciste hongrois est mis en place, alors que les troupes de l'Union soviétique avancent sur le territoire du pays.
Plus de Juifs et plusieurs centaines de Roms périrent sous le régime de Horthy – à l'instigation des Allemands et malgré les tentatives du régent pour y mettre fin – et sous le régime de Szálasi.
L'alliance de Horthy avec l'Allemagne nazie conduit la Hongrie à une nouvelle défaite, le pays est occupé par les troupes soviétiques et roumaines après la Bataille de Budapest.
La République de Hongrie (Deuxième République) est le régime politique de la Hongrie au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans les années qui suivent la fin du Royaume de Hongrie et qui précèdent l'avènement de la République populaire de Hongrie. L'existence de cette république est marquée par la montée en puissance du Parti communiste hongrois, qui élimine progressivement ses adversaires avant de prendre le pouvoir sous les traits du Parti des travailleurs hongrois.
La République populaire de Hongrie (également traduit par République populaire hongroise ou République démocratique hongroise) était le nom officiel de la Hongrie de 1949 à 1989, lorsqu'elle faisait partie des « démocraties populaires » membres de la sphère d'influence de l'Union soviétique désignée sous le nom de bloc de l'Est. Se réclamant du marxisme-léninisme, le régime demeura en place jusqu'à la chute du bloc communiste en Europe. La République populaire de Hongrie se présentait comme héritière de la République des Conseils dirigée en 1919 par Béla Kun. La République populaire de Hongrie était membre du Pacte de Varsovie et du Conseil d'assistance économique mutuelle.
La période 1946-1956 est dominée par la figure de Mátyás Rákosi qui établit l'un des régimes les plus répressifs du bloc communiste en Europe. Entre 1948 et 1953, sur neuf millions et demi de Hongrois, personnes comparaissent devant les tribunaux qui prononcent condamnations depuis la simple amende jusqu'à la peine capitale. La déstalinisation porte au pouvoir Imre Nagy, mais l'appareil du Parti conserve toujours le pouvoir
Le 22 octobre 1956, à la suite de l'accession au pouvoir de Gomulka en Pologne, des meetings se tiennent à l'encontre du gouvernement. Une manifestation est appelée pour le lendemain où plus de manifestants, dont de nombreux étudiants, se rassemblent à Budapest. La statue de Staline est abattue par la foule. Le soir vers 22h00, la police secrète hongroise Államvédelmi Hatóság (ÁVH) fait tirer sur la foule et le Parti des travailleurs hongrois (pro-russe et resté stalinien) demande l'aide de l'armée soviétique. Nikita Khrouchtchev qui a été averti par son ambassadeur Iouri Andropov décide de régler l'insurrection par la force. Ordre est donné à 20 000 hommes et 600 chars de se mettre en branle. Il prend néanmoins la décision de remplacer les membres les plus impopulaires du gouvernement par Imre Nagy et János Kádár.
Le 24 octobre, Imre Nagy, ancien Premier ministre et ancien membre du Parti communiste dont il a été exclu, est appelé à la tête du gouvernement. En quelques jours, il dissout l'ÁVH, instaure le multipartisme, proclame la neutralité de la Hongrie et annonce vouloir sortir son pays du Pacte de Varsovie. Le 25 octobre, János Kádár est nommé premier secrétaire du comité central du Parti communiste et soutient dans un premier temps Imre Nagy. Se forment des conseils ouvriers pour « un socialisme démocratique ». Le 26 octobre, une partie de la police et de l’armée s'insurge et passe du côté des conseils, qui prennent le pouvoir dans plusieurs villes. Imre Nagy les reçoit mais leur demande de déposer les armes. Plusieurs radios sont prises par les conseils ouvriers. Le 27 octobre : Imre Nagy annonce la formation d’un gouvernement de coalition.
Entre temps, alors que le pouvoir soviétique semble vouloir négocier le retrait des troupes soviétiques, la répression se met en place. Le 3 novembre, ont lieu des arrestations des dirigeants armés des insurgés. Le 4 novembre, les troupes soviétiques qui comprennent 150 000 hommes et 2 600 chars envahissent la Hongrie. János Kádár prend la tête d'un gouvernement pro-soviétique. Grève générale contre l’intervention militaire. Des combats se déroulent dans tout le pays. Les insurgés avec des cocktails Molotov détruisent près de 300 chars soviétiques. Les États-Unis ont décidé de ne protester que formellement auprès de l'ONU.
Le 11 novembre, la révolte est matée. Le 22 novembre, Imre Nagy est arrêté par les troupes soviétiques. Il sera pendu le 16 juin 1958. Début décembre, les membres des conseils sont arrêtés en masse, le gouvernement commence à dissoudre les conseils ouvriers. Dès le 13 décembre, commencent les exécutions des condamnés à mort pour participation à l’insurrection.
János Kádár est le personnage clé des trois décennies qui suivent l’insurrection de 1956. S'il ne remet pas en cause la dictature du parti unique et le suivi de la politique étrangère soviétique (il participe à l'occupation de la Tchécoslovaquie en 1968), il s'emploie, tirant profit de la résignation des Hongrois après la dure répression de 1956, à libéraliser le régime dans la limite du régime socialiste : ainsi, il atténue la répression anti-religieuse, diminue la censure et tolère une certaine dissidence politique au prix d'une soumission totale à la politique étrangère soviétique. En 1968, il introduit quelques mécanismes du marché dans l'économie et au début des années 1980, il laisse se développer des activités économiques privées. En 1986, le Primat de Hongrie, le Cardinal Lekai, est même sollicité pour devenir député, poste qu'il refusera à la suite d'un veto formel de Jean-Paul II. Cet allègement de la collectivisation a pour conséquence une augmentation du niveau de vie, au prix néanmoins d'un fort endettement public et d'une balance commerciale déficitaire.
La Troisième République hongroise ("Harmadik Magyar Köztársaság") est le dénominatif usuel pour désigner le régime républicain mis en place le 23 octobre 1989, succédant à la République populaire de Hongrie ("Magyar Népköztársaság"). Son essence juridique réside dans la loi XXXI de 1989 et dans la réforme de la Constitution de 1948. Le chef de l'État est le Président de la République hongroise et le chef du gouvernement le Premier ministre de Hongrie. Le janvier 2012, la constitution de la Hongrie devient la Loi fondamentale de la Hongrie.