Guerre de Gaza de 2008-2009

La guerre de Gaza est une opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, qui débuta le samedi à du matin UTC+2 ( du matin UTC) caractérisée par des raids et bombardements aériens suivis par une offensive terrestre lancée le vers 19 heures 30 (heure normale d'Europe centrale). L'objectif déclaré des Israéliens était de mettre fin aux tirs de roquettes Qassam du Hamas lancés depuis la bande de Gaza, en particulier sur la ville voisine de Sderot, et à son réapprovisionnement en armement, en s'en prenant aux militants du Hamas et en détruisant des infrastructures qu'il utilise, en particulier les centaines de tunnels creusés sous la frontière entre la Bande de Gaza et le Sinaï égyptien.
Le dimanche 18 janvier au matin, un cessez-le-feu est décidé par le gouvernement israélien, qui dit avoir atteint son objectif. Quelques heures plus tard, le Hamas annonce à son tour un cessez-le-feu d'une semaine afin de laisser le temps aux forces israéliennes de quitter la Bande de Gaza et d'ouvrir les points de passage pour l'aide humanitaire et les produits de première nécessité, mais Israël dit que le retrait se fera sans prendre en compte ce délai ; d'après des responsables israéliens, toutes les troupes israéliennes ont quitté le territoire palestinien dès le 21 janvier. Le Hamas déclare lui aussi avoir gagné la guerre, avançant que , et affirme qu'il va se réarmer et que la fabrication d’ est son objectif. En pratique, le cessez-le-feu n'a cependant pas totalement mis fin aux tirs des deux camps.
Cette opération militaire a suscité une large réprobation dans l'opinion internationale, en raison du caractère jugé disproportionné de la riposte israélienne, du nombre de victimes civiles parmi les Palestiniens, et de l'utilisation par l'armée israélienne d'armes dont l'usage est restreint ou limité par le droit international humanitaire. Cependant, les gouvernements restent beaucoup plus nuancés dans leur réactions diplomatiques, tels le gouvernement égyptien de l'époque Moubarak qui se montra très critique vis-à-vis du Hamas ou le gouvernement allemand pour qui le Hamas a « rompu unilatéralement le cessez-le-feu ».
Les tirs de roquettes Qassam et de mortiers palestiniens débutèrent en et, entre cette date et fin 2008, occasionnèrent la mort de 24 personnes (16 Israéliens, et 8 non-Israéliens dont deux Bédouins et deux Palestiniens) âgées de 2 à 70 ans. En particulier, pour l'année 2008 pendant laquelle l'offensive israélienne débute, le nombre de victimes israéliennes est de quatre morts. Entre 2005 et 2007, Israël a tiré plus de 14.600 obus sur la bande de Gaza, tuant 59 Palestiniens et en blessant 270. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, entre 2005 et 2008, 116 israéliens (en incluant les civils et les soldats de l'armée israélienne ainsi que les différentes polices et les membres de services armés) furent tués à la fois en Israël et dans les territoires Palestiniens dans le cadre de "conflits directs" et 1509 furent blessés. Dans le même temps, 1735 Palestiniens furent tués, incluant des civils et des membres de divers groupes, et 8308 furent blessés dans le cadre de "conflits directs".
Le Hamas justifie les tirs de Quassam et de mortiers en arguant qu'ils sont une forme de légitime défense, et qu'ils cesseront avec la fin des ; depuis le début de la deuxième intifada le jusqu'au , l'ONG israélienne de défense des droits de l'homme B'Tselem a dénombré, pour la Bande de Gaza, Palestiniens tués par les Israéliens, 459 Palestiniens tués par d'autres Palestiniens, et 136 Israéliens tués par les Palestiniens. D'autre part et selon les chiffres du gouvernement israélien, quelque Palestiniens étaient détenus dans les prisons israéliennes au , dont 333 mineurs (30 de moins de ).
Au soir du 18 janvier, selon le bilan provisoire rapporté par le chef des services d'urgence à Gaza Mouawiya Hassanein et selon les chiffres communiqués par le Hamas, Palestiniens ont été tués dans l'offensive israélienne, dont 410 enfants et plus de 100 femmes, tandis que autres ont été blessés ; selon le Centre palestinien pour les droits de l'homme, les civils composent 65 % des tués. Côté israélien, 3 civils et 10 soldats israéliens ont perdu la vie, et 113 soldats ont été blessés ainsi que plus de 84 civils, selon B'Tselem. Pour sa part, les forces armées israéliennes comptent entre et morts dont 700 combattants palestiniens, et une source non identifiée, se décrivant comme médecin à Gaza, compte au total entre 500 et 600 morts.
Les tirs de roquettes sur le territoire israélien se sont poursuivis, sans interruption depuis le début du conflit, jusqu'au au matin. De nouvelles roquettes palestiniennes ont été tirées les 29 et 30 janvier, provoquant des ripostes israéliennes.
Pour l'armée israélienne, cette opération porte le nom d’« "Opération Plomb durci" » (ou « opération Plomb fondu », en hébreu ; en anglais ; terme issu d'une chanson pour Hanoucca), alors que la presse occidentale parle en général de la « Guerre de Gaza ». Dans le monde arabe et musulman, il est souvent question du « Massacre de Gaza », et de nombreux palestiniens appellent le jour du début de l'offensive le « Massacre du samedi noir ». Le terme spécifique de est aussi contesté au motif que la capacité défensive des Palestiniens vis-à-vis des forces israéliennes est quasi nulle.
Depuis le retrait des Israéliens de la Bande de Gaza en , B'Tselem compte, de à , Palestiniens tués par les Israéliens, et 99 Israéliens tués par les palestiniens ; B'Tselem compte aussi un total de plus de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, dont quelques centaines d'enfants, et 1 soldat israélien, Guilad Shalit, détenu par le Hamas depuis le 25 juin 2006 et libéré le 18 octobre 2011.
Les tirs de roquettes Qassam et de mortiers palestiniens débutèrent en , et, entre cette date et fin 2008, occasionnèrent la mort de 24 personnes (16 Israéliens, 8 ressortissants étrangers) sur les 952 mineurs palestiniens durant la même période. En particulier, pour l'année 2008 seule, le nombre de victimes israéliennes est de 4 tués par tirs de roquettes et mortier sur les 31 Israéliens tués en 2008. Le Hamas, pour sa part, déclare que les tirs de Quassam et de mortiers sont une forme de légitime défense face aux violences israéliennes.
L'offensive israélienne se place dans les derniers jours de la "transition" entre la présidence de George W. Bush et celle de Barack Obama, réputé moins favorable à Israël que son prédécesseur. L'investiture de Barack Obama a lieu le mardi , soit deux jours après la proclamation des cessez-le-feu.
Selon Pierre Razoux, responsable de recherches au Collège de Défense de l'OTAN, . 
Les ONG Amnesty International et Human Right Watch avait déjà dénoncé toutes deux des crimes de guerres commis par les deux parties durant le conflit.
Le 15 septembre 2009, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies publie le rapport d'une mission d'enquête dirigée par le sud-africain Richard J. Goldstone dans lequel l'armée israélienne et les militants palestiniens sont accusés d'avoir commis des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l'humanité ». Il évoque de graves manquements commis par les forces de défense d'Israël (comprenant des consignes discriminatoires de tir, des saccages, l'utilisation d'armes interdites, des graffitis racistes) et condamne l'usage de la violence contre des civils israéliens par les groupes armées palestiniens (les armes choisis par ceux-ci ne seraient pas assez précises pour faire une distinction).
Le 16 octobre 2009, Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu adopte une résolution condamnant l'absence de collaboration d'Israël à l'enquête de la commission conduite par le juge Goldstone. L'adoption a été fait avec 25 voix pour, 6 contre (dont les États-Unis) et 11 abstentions.
L'État d'Israël répond que lors de l'Opération Plomb durci, Tsahal n'a pas «"tué intentionnellement des civils"» palestiniens et qu'Israël n'a fait qu'exercer «"son droit d'auto-défense"» face à des «"attaques terroristes"» contre son territoire. Le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, maintient que « des crimes de guerre ont été commis contre les 1,5 million de personnes vivant à Gaza" » par Israël et le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al Malki, a jugé que le « rapport reste aussi clair que les crimes qu'Israël a commis au cours de cette guerre ».
Le avril 2011, le juge Goldstone, dans une tribune publiée dans le Washington Post, a déclaré qu’il est temps de « reconsidérer » les conclusions du rapport portant son nom. Il considère aujourd'hui qu'à la lumière des éléments d’enquêtes publiés par Israël « on ne peut plus dire qu’Israël est responsable de crime de guerre. » Il a par ailleurs déploré que le Hamas n'ait, quant à lui, mené aucune enquête et qu'avoir escompté qu'il le fasse était une « erreur ». Il a ajouté qu'il n'a pas été suffisamment fait état du fait que le Rapport Goldstone a qualifié les attaques du Hamas contre les populations civiles israéliennes comme étant illégales et des actes de terrorisme. Il a aussi souligné qu'il était indéniable que le Conseil des droits de l'homme des Nations unies avait « une histoire de parti-pris contre Israël » et qu'il doit condamner « l'inexcusable massacre commis de sang froid » récemment contre une famille israélienne, dont deux enfants et un bébé alors qu'ils étaient dans leurs lits. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a réagi en déclarant qu'il était maintenant démontré que comme les autorités israéliennes l'avaient toujours affirmé « qu'Israël n'a pas nui intentionnellement aux civils ». Il a demandé à l'ONU d'annuler et classer ce rapport.
Le 14 avril 2011 les trois autres coauteurs du rapport (Hina Jilani, Christine Chinkin et Desmond Travers) publient un communiqué commun critiquant le retrait de Richard Goldstone de ce rapport, affirmant que le rapport est juste et qu'Israël n'a pas su démontrer que les crises n'étaient pas délibérés. 
Dans une interview accordée au Middle East Monitor, Hina Jilani insiste sur le fait que rien dans la tribune à travers laquelle Richard Goldstone se rétracte ne pourrait ébranler l'objectivité du rapport initial.
Plusieurs observateurs mettent en doute la sincérité du retrait du juge Goldstone (voir l'article consacré au rapport Goldstone).
La guerre entre Israéliens et le Hamas est un cas classique de guerre asymétrique. Israël possède une puissante armée régulière, tandis que le Hamas n'en a pas. À la place, le Hamas utilise des tactiques asymétriques, essentiellement des tirs frontaliers de snipers et des attaques de roquettes, mais aussi des attentats-suicide. Le Hamas déploient leurs forces dans des zones civiles dans le but d'empêcher Israël de mettre en œuvre des forces et tactiques conventionnelles, ce que le chercheur Michael C. Desch résume par : . Cette dernière Israël tend à utiliser des tactiques sur des cibles précises, notamment des assassinats ciblés de leaders basés sur le renseignement et rejette la responsabilité des pertes civiles sur les forces palestiniennes, en raison de leur utilisation de boucliers humains et d'ambulances des Nations-Unies pour le transport des combattants. Par ailleurs, Israël met en œuvre des mesures de restriction du mouvement des Palestiniens (en particulier par l'utilisation de barrières physiques), en restreignant l'approvisionnement de la Bande de Gaza.
 : Tsahal lance son opération « Plomb durci » à ( UTC), lorsque plus de cinquante chasseurs F-16 "Falcon" et hélicoptères d’attaque AH-64 "Apache" de l’Armée de l'air israélienne ("Heyl Ha Avir") pénètrent l’espace aérien de la bande de Gaza, tuant 225-292 Palestiniens et en blessant plus de . Durant cette première vague, la "Heyl Ha Avir" largue plus de cent bombes guidées par GPS GBU-39 qui, selon elle, touchent les 50 cibles prévues