Guerre du Donbass

La guerre du Donbass est un conflit armé en cours ayant débuté en 2014 lors de la crise ukrainienne et se déroulant au sud-est de l'Ukraine.
La révolution ukrainienne de février 2014 entraîne la destitution du gouvernement de Viktor Ianoukovytch et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement intérimaire dirigé par les pro-européens Oleksandr Tourtchynov (le ) et Arseni Iatseniouk (nommé Premier ministre le 27 février).
Dès le 23 février, des manifestations pro-russes éclatent dans les villes de Donetsk, Kramatorsk, Louhansk, Marioupol et Sloviansk (région du Donbass), à Odessa (au sud-ouest de l'Ukraine), à Kharkiv, la seconde plus grande ville d’Ukraine (à l'est) et sur la presqu’île de Crimée (au sud). Le 26 février, débute la crise de Crimée qui aboutit au référendum local du sur le rattachement de la Crimée à la Russie.
Au début d'avril 2014, les manifestations « antimaïdans » évoluent dans la région du Donbass et dans ses régions limitrophes en une insurrection armée séparatiste. Cette insurrection pro-russe contre le gouvernement central par intérim de Kiev proclame la création de la République populaire de Donetsk (7 avril), puis la République populaire de Lougansk (11 mai).
Dès le 2 mai 2014, l'armée ukrainienne intervient dans l'est du pays. Elle y progresse en juin et juillet avant d'être stoppée, puis de finalement reculer face aux séparatistes. La Russie, pays frontalier est suspectée par l'OTAN de soutenir militairement les insurgés.
Le , un premier accord de Minsk est négocié et signé pour faire cesser la guerre civile du Donbass. Toutefois, ce plan de paix qui établit un cessez-le-feu et de nouvelles frontières entre armée loyaliste et armée séparatiste, ne perdure que quelques semaines.
En janvier 2015, les combats s'intensifient et l'armée séparatiste progresse. Les 6 et 11 février, François Hollande et Angela Merkel se déplacent en Russie et en Ukraine pour négocier un nouveau plan de paix bâti dans le cadre d'un règlement global. Le , ils signent à Minsk, en présence de Petro Porochenko et Vladimir Poutine, un nouvel accord de cessez-le-feu prévoyant l'arrêt des combats et la reconnaissance par Kiev d'un statut particulier au Donbass.
Après la fuite de Viktor Ianoukovytch et la nomination le 22 février 2014, d’Oleksandr Tourtchynov comme président par intérim (il sera remplacé le 7 juin 2014 par Petro Porochenko) l'Ukraine reste fortement divisée entre l'ouest pro-européen qui a pris le pouvoir, et l'est du pays qui est majoritairement pro-russe. La possibilité d'une future partition de l'Ukraine est même envisagée pour la première fois dans les médias.
Le , la est abrogée. La Rada (Parlement) retire ainsi le statut de langue officielle au russe (comme au roumain, au hongrois et au tatar criméen) dans 13 des 25 régions ukrainiennes (essentiellement réparties au sud et à l'est du pays). Face à cette mesure législative, l'émotion dans la population russophone d'Ukraine est importante, car de 58 à 91 % de la population ukrainienne parle le russe dans les oblasts de Crimée, de Dnipropetrovsk, de Donesk, de Mykolaïv, de Louhansk, de Kharkov, d'Odessa et de Zaporijia.
Le 24 février, en réaction, des brigades d'autodéfense commencent à se former dans le sud-est de l'Ukraine (notamment à Sébastopol).
Le 27 février, la Russie engage des manœuvres militaires de son armée de terre, dans ses zones frontalières avec l'Ukraine. Le 28 février 2014, des hommes en armes non identifiés prennent le contrôle de l'aéroport de Simferopol, en Crimée. Finalement le même jour, aux fins de désamorcer les tensions, le président par intérim Tourtchynov ne ratifie pas l'abrogation de la loi sur les langues régionales et la remet en place.
Les et 2 mars, les manifestations pro-russes continuent dans les régions russophones du pays, s'intensifiant même à Kharkiv et Donetsk. En Crimée l'amiral Berezovsky, commandant en chef de l'amirauté ukrainienne nommé le 28 février à la tête de la marine ukrainienne fait allégeance au camp pro-russe.
Le 3 mars, trois cents manifestants pro-russes investissent le bâtiment administratif régional de Donetsk. Le même jour, deux cents à cinq cents manifestants pro-russes à Odessa tentent de hisser le drapeau russe au sommet du bâtiment de l'administration régionale d'Odessa. Ils appellent à la mise en place d'un référendum sur l'établissement d'une « République autonome d'Odessa ».
Dans la première semaine de mars, la contagion des événements de Crimée et du Donbass jusqu'à des villes du sud de l'Ukraine, comme les villes portuaires stratégiques de Marioupol et d'Odessa (sur la Mer Noire) qui s'agitent à leur tour, laisse présager une éventuelle partition du pays.
Le 6 mars, le Parlement de Crimée adopte à l'unanimité une motion réclamant son annexion à la Russie.
Le , le Parlement de Crimée adopte une déclaration d'indépendance. Et le 16 mars, la Crimée vote finalement son rattachement à la Russie. Dans le même temps dans le Donbass, à Donetsk, des manifestants pénètrent aux sièges du parquet et des services spéciaux, à l'issue d'une manifestation de deux mille personnes en faveur du rattachement à la Russie. À Kharkiv, malgré l'interdiction du ministère de la justice à Kiev, six mille manifestants organisent un meeting-référendum pour plus d'autonomie et en faveur de la de la langue russe.
Le 7 avril, après la saisie du bâtiment gouvernemental de Donetsk par des manifestants pro-russes, la République populaire de Donetsk est proclamée. Les séparatistes annoncent la tenue d'un référendum sur le statut de la ville en date du 11 mai. Le lendemain, la Russie met en garde sur l'utilisation de la force par les autorités ukrainiennes pour réprimer les protestations dans l'est du pays qui . En fin avril, dans la région du Donbass et dans ses régions limitrophes, c'est une insurrection séparatiste pro-russe armée qui est constituée.
Dès le 2 mai, l'armée loyaliste ukrainienne commence à intervenir militairement dans l'est de l’Ukraine. En réactions, le , les séparatistes de l'est (près de la frontière russe) proclament à leur tour l'établissement de la République populaire de Lougansk. Dès le , la République populaire de Donetsk (du 7 avril) et la République populaire de Lougansk (du 11 mai) fusionnent en une Union des républiques populaires ukrainiennes.
À côté des combattent des forces militaires ou paramilitaires : le émanant de Secteur droit, les bataillons : Azov (chargé de la protection de Marioupol), Donbass (basé à Dnipropetrovsk), Dnipro, Bataillon Aidar, , , , , , , , , , , les , les . Des anciens Berkouts provenant des unités spéciales qui servaient de police antiémeute au sein de la militsia ukrainienne, se sont reconstitués en unités semi-autonomes.
En mai 2014, des mercenaires américains de l'entreprise Academi (anciennement connue sous le nom de "Blackwater USA") combattraient aux côtés du nouveau pouvoir de Kiev face aux séparatistes (ce que l’entreprise avait auparavant nié). D'autres sources font état de la présence d'étrangers du côté loyaliste.
Selon certaines sources et les milices séparatistes de nombreux volontaires et mercenaires polonais combattraient du côté loyaliste, ces informations furent réfutées par le gouvernement polonais mais les forces séparatistes maintiennent fermement leurs affirmations, et déclarent détenir captifs un groupe de combattants polonais.
Le 17 juin, Vladimir Tchepovoï, porte-parole du ministère de la Défense ukrainien précise dans le point de presse que le ministère s'apprête à acheter un millier d'engins blindés pour la poursuite de l' dans le Sud-Est de l'Ukraine.
Le 2 août, l'Union européenne lève son embargo de février 2014 sur les livraisons d'armes à l'Ukraine. Quelques jours plus tard, la Hongrie fournit à l'armée ukrainienne des chars T-72. Le 15 août, Moscou proteste contre la livraison de ces chars aux autorités de Kiev, par le ministère de la défense de Hongrie, selon le site hongrois hidfo.net.
Au début de 2015, les États-Unis qui fournissent déjà l'Ukraine en armement non létal annoncent qu'ils s'apprêtent à armer les forces gouvernementales ukrainiennes en . En avril 2015, trois cents parachutistes américains arrivent en Ukraine avec pour mission d'entraîner les soldats de la garde nationale ukrainienne. La Russie réagit en affirmant que cette présence de spécialistes d'un pays tiers « ne facilite pas le règlement du conflit [...], mais au contraire déstabilise sérieusement la situation ».
À côté des forces de la République populaire de Donetsk combattent : le bataillon « Oplot » commandé par Alexandre Zakhartchenko, le Bataillon Vostok (couvre une grande partie de l'oblast de Donetsk), le dirigé par le commandant Arsen Sergueïevitch Pavlov (surnommé "Motorola"), le , des formations autour d'Igor Strelkov et d', l'Armée orthodoxe russe, l'organisation .
À côté des forces de la République populaire de Lougansk combattent : l', le Bataillon Fantôme (qui défend la république populaire de Lougansk), la milice populaire de l'oblast de Lougansk. D'autres groupes, essentiellement nationalistes, interviennent également : le parti russe illégal Autre Russie, l', l', des Cosaques du Don, le de volontaires serbes, la de volontaires polonais (brièvement en mai 2014).
L'intervention de troupes russes est également très fortement suspectée à ce jour par les observateurs occidentaux ainsi que par plusieurs médias.
En avril 2014, dès le début des affrontements entre séparatistes et gouvernement ukrainien, des volontaires russes jouent un rôle important dans l’organisation de l’insurrection : Igor Strelkov, Alexandre Borodaï.
À plusieurs reprises, des représentants ukrainiens dénoncent l'implication de troupes russes dans le conflit ; leurs estimations varient, atteignant . Certains volontaires russes seraient issus de mouvements nationalistes russes, comme en face des forces de volontaires ukrainiennes le seraient par des Ukrainiens de l'Ouest. Ces combattants semblent recrutés des deux côtés sur le Web et par des réseaux sociaux informatiques. Ils déclarent vouloir défendre les populations russophones menacées selon elles par le gouvernement de Kiev qualifié de : . En l'absence de soutien russe, ces milices nationalistes russes devraient se débrouiller seules pour se fournir en armes et en vivres.
En juillet, selon l'agence Reuters, les milices séparatistes promettraient une solde de à hryvnia équivalent à entre 317 et 508 euros par mois payable en monnaie ukrainienne et en roubles aux volontaires les rejoignant. Des centaines de citoyens russes se joignent à eux, participent aux combats. Plusieurs dizaines de volontaires ont péri fin mai 2014. Ils représenteraient un tiers des miliciens en juillet 2014.
En novembre, l'OTAN confirme l'entrée de convois militaires russes, y compris d'armement lourd, ce qui est démenti par la Russie. Peu après, l'ambassade britannique accuse la Russie d'avoir équipé les séparatistes de chars T-72.
Le , la prise du bâtiment gouvernemental de Donetsk par des manifestants pro-russes, et la proclamation de la République populaire de Donetsk (référendum sur le statut de la ville prévu en date du 11 mai) marquent le début du soulèvement séparatiste pro-russe dans l'est de l'Ukraine (Donbass). La Russie qui y voit le début d'une guerre civile tente de mettre en garde les autorités ukrainiennes sur l'utilisation de la force pour réprimer les pro-russes.
Le 12 avril, à Sloviansk (nord de l'oblast de Donetsk), des hommes masqués en treillis militaire portant des gilets pare-balles et armés de fusils d'assaut Kalachnikov s'emparent du bâtiment du comité exécutif, de celui du service de police et du siège local du Service de sécurité d'Ukraine. Les prises de postes de police et autres bâtiments gouvernementaux par des groupes armés séparatistes ont lieu dans d'autres villes de l'oblast de Donetsk, y compris à Donetsk, mais aussi à Kramatorsk, Droujkivka et à Horlivka. Le ministre de l'Intérieur ukrainien Arsen Avakov qualifie ces hommes armés de « terroristes » et promet d'utiliser les forces spéciales ukrainiennes afin de reprendre les bâtiments. Dans la même journée, un saboteur est arrêté par le Service de sécurité d'Ukraine à Kharkiv.
Le 13 avril, le président intérimaire ukrainien Tourtchinov décide de lancer une (selon sa dénomination officielle) à grande échelle afin de reprendre les bâtiments, si l'ultimatum ordonnant aux séparatistes de déposer les armes n'est pas respecté, suscitant une vive opposition de la part de la Russie. Le même jour, un agent russe présumé du GRU est arrêté.
Le 14 avril, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadeur du Royaume-Uni en Russie annonce, images satellites à l'appui, que soldats russes appuyés par des avions, des chars de l'artillerie et de la logistique se seraient massés de l'autre côté de la frontière ukrainienne. Parallèlement, le navire américain USS "Donald Cook" aurait été « provoqué » en mer Noire pendant une heure et demie par un Soukhoï Su-24 russe selon le porte-parole du Pentagone, le colonel Steve Warren. Dans la même journée, la frégate "Dupleix" de la Marine nationale française entre en mer Noire.
Le 15 avril, Olexandre Tourtchinov déclare que l'opération anti-terroriste contre les séparatistes pro-russes a débuté à Donetsk. Des tirs sont notamment entendus au terrain d'aviation de Kramatorsk, alors que l'armée ukrainienne a été déployée dans cette région. Des rapports non-confirmés font état de quatre pro-russes tués et de deux autres blessés, tandis que d'autres sources affirment que dix personnes ont été tuées. Deux soldats ukrainiens auraient été capturés par des hommes armés à Louhansk. Selon la "Voix de la Russie", les équipages de six blindés ukrainiens (de la brigade aéroportée) font défection et rejoignent le camp pro-russe, tandis que le ministère de la Défense ukrainien affirme que ceux-ci ont été capturés par les insurgés. Le petit aérodrome de Kramatorsk est entre-temps repris par l'armée ukrainienne. La brigade aéroportée ukrainienne sera en partie dissoute après avoir fait part de son refus de « combattre d'autres Ukrainiens ».
Le 16 avril, le vice-Premier ministre ukrainien Vitali Yarema affirme que des éléments de la division aéroportée russe ont été repérés près de Sloviansk.
À l'occasion d'une réunion d'urgence à Genève le 17 avril 2014, la Russie, l'Ukraine, les États-Unis et l'Union européenne se mettent d'accord sur le fait que les formations militaires illégales en Ukraine doivent être dissoutes, et que toute personne occupant les bâtiments administratifs doit déposer les armes et les quitter. L'accord ajoute la possibilité d'une amnistie pour tous les manifestants anti-gouvernementaux. Néanmoins les séparatistes pro-russes à Donetsk rejettent l'accord défiant les autorités de Kiev et la menacent d'une nouvelle entente internationale sur l'Ukraine. En cas de non désescalade du conflit, les États-Unis avaient insisté sur le fait de prendre des « mesures additionnelles » (sanctions) contre la Russie.
Le 18 avril, la brigade blindée ukrainienne de Jytomyr reprend deux des véhicules blindés ayant fait défection près de Kramatorsk, blessant un insurgé pro-russe. Les quatre autres BMD restants retournent à l'armée ukrainienne après des négociations fructueuses avec les séparatistes. Le 19 avril, les opérations militaires sont suspendues après qu'un appel à une trêve temporaire de Pâques a été prononcée par le gouvernement ukrainien en promettant de mettre fin à toute opération militaire à l'Est, mais le 20 avril, une fusillade fait au moins un mort et trois blessés à Sloviansk. Pour leur part, les militants pro-russes refusent de quitter les édifices publics dans l'est du pays, ne s'estimant pas liés par l'accord international signé le 17 avril.
Le 28 avril, des hommes armés prennent d'assaut et s'emparent de la mairie et du commissariat de Kostiantynivka selon un mode opératoire similaire à celui qui a abouti à l'occupation des bâtiments de la ville de Sloviansk. Le même jour, le maire de Kharkiv, Hennadiy Kernes, est grièvement blessé par des tirs d'origine inconnue. Enfin, à Donetsk, des partisans de l'unité ukrainienne sont pris à partie et tabassés par des pro-russes alors qu'ils commençaient à défiler dans les rues de la ville.
Le 29 avril, à Louhansk, alors que le siège des services de sécurité était déjà occupé, des manifestants pro-russes s'emparent de la préfecture régionale et de l'hôtel de police, les policiers quittant ce dernier désarmés.
Le , l'armée ukrainienne lance une vaste opération militaire pour un retour à l'ordre et visant à reprendre les villes occupées ou contrôlées par les séparatistes. Les manœuvres se concentrent très vite autour de la ville de Sloviansk, ville entièrement contrôlée par des séparatistes pro-russes, avec des combats à Kramatorsk et à Semionovka. Dans la journée, deux militaires ukrainiens sont tués et deux hélicoptères Mi-24 de l'armée ukrainienne sont abattus. Le même jour, alors que la tension est palpable entre partisans de l'unité ukrainienne et militants anti-Maïdan, l'incendie de la maison des syndicats d'Odessa provoque la mort de plus de quarante militants pro-russes. Selon les médias, l'incendie serait d'origine criminelle, sans pour autant que les conditions exactes de son déroulement soient établies.
Le 9 mai, jour de la célébration de la victoire sur l'Allemagne nazie, un assaut de l'armée de Kiev contre les forces pro-russes à Marioupol entraîne la mort d'une vingtaine de civils.
Le 11 mai, les républiques populaire de Donetsk et de Louhansk proclamées les 7 avril et 27 avril 2014 organisent un référendum d'autodétermination. Cinquante trois comités locaux ont créé bureaux de votes et imprimés 3,2 millions de bulletins en russe et en ukrainien. Le pour l'emporte avec 89,07 % dans l'oblast de Donetsk et à 96,0 % dans l'oblast de Louhansk. Dès le lendemain, le chef de l'entité séparatiste, Denis Pouchiline, et les dirigeants de la nouvelle « République de Donetsk » demandent le rattachement de la République populaire de Donetsk à la Russie.
Le 13 mai, surlendemain des référendums de Lougansk et de Donetsk, le gouverneur de la république autoproclamée de Lougansk, Valery Bolotov, est blessé dans un attentat au pistolet mitrailleur. Capturé par les forces gouvernementales, il est libéré le 17 mai par des hommes de la RPL.
Le 25 mai, un tir de mortier des forces gouvernementales tue le journaliste italien Andrea Rocchelli et son homologue russe Andreï Mironov et blesse leur photographe français, William Rouguelin, pris pour des insurgés alors que leur voiture s'approchait du centre-ville de Sloviansk.
Le 29 mai, les séparatistes abattent un hélicoptère Mi-8 de l'armée ukrainienne, près de Kramatorsk, faisant ainsi douze morts, dont un général. En réponse, l'armée lance alors une vaste opération à Donetsk qui permet la reprise du secteur Nord de Donetsk par l'armée régulière, le bilan des pertes du côté des séparatistes étant de plus de trois cents morts.
Le 5 juin, les milices auto-proclamées de Nouvelle-Russie prennent trois postes de gardes-frontières ukrainiens et se saisissent d'armes et de munitions.
Le 6 juin, le nouveau président ukrainien Porochenko réaffirme sa volonté de vouloir « pacifier » l'Est du pays en trois mois. L'armée déploie alors quatre-vingts chars dans le but de reprendre Sloviansk aux insurgés. Les assauts de l'armée régulière dans la nuit du 6 au 7 juin sont un échec, près de vingt chars auraient été pris ou détruits par les rebelles ; un avion de transport Antonov An-30 est également abattu le 6 juin.
Le 12 juin, selon un responsable ukrainien, 3 chars et d'autres véhicules blindés russes auraient franchi la frontière, déclaration rejetée par le ministère des Affaires étrangères russe.
Le 13 juin, Marioupol est reprise aux séparatistes, après des combats menés par les forces gouvernementales, le bataillon Azov, le bataillon Donbass, et le bataillon Ukraine notamment armés d'engins blindés et de lance-roquettes. Cinq morts sont à déplorer du côté des insurgés et un engin blindé est détruit. Plus de trois cents personnes sont arrêtées.
Le 14 juin, un avion de transport de troupes Iliouchine Il-76 de l'armée régulière, transportant du personnel, de la machinerie, de l’équipement et des approvisionnements pour l'armée ukrainienne est abattu par les insurgés alors qu'il s'apprêtait à atterrir près de Louhansk, faisant ainsi d'après Vladislav Selezniov, un des porte-parole de l'armée, au moins 49 morts. Des manifestations hostiles à la Russie sont alors organisées à Kiev et le président Porochenko déclare l'imminence d'opérations. Ainsi dans la nuit du 14 au 15 juin, des actions de rétorsion près de Louhansk, notamment dans la localité de Tchtchastié (avec utilisation de camions lance-roquettes BM-21 Grad), font une centaine de morts insurgés ukrainiens russophones, aussi bien civils que militaires et la ville d'Amvrossiivka est soumise à des tirs d'artillerie, faisant au moins trois morts. Le ministre ukrainien Mikhaïl Koval annonce dans une conférence de presse que les forces gouvernementales ont tué environ 250 opposants pro-russes en 24 heures.
Le 16 juin, une dizaine de civils meurent et plus d'une dizaine d'autres sont blessés dans un assaut mené par les forces gouvernementales, près de Kramatorsk. Ces faits sont à mettre en relation avec une hausse de la tension entre les deux pays . Le même jour, la Russie cesse de livrer du gaz à l'Ukraine, qui n'a toujours pas réglé ses dettes, tout en continuant d'en livrer aux pays européens. Les relations entre l'Ukraine et la Russie entrent dans une phase de conflit sérieux. Selon le Russe Alexeï Pouchkov, président de la commission des Affaires étrangères à l'assemblée (Douma), l'attaque organisée de l'ambassade russe à Kiev, l'.
Le , dans un discours télévisé, le président Porochenko propose un cessez-le-feu en cas de désarmement des opposants. Ce que Moscou qualifie de nouvel ultimatum.
Le président Porochenko déclenche alors une trêve d'une semaine dans son opération militaire de retour à l'ordre dans le sud-est du pays. Mais après l'annonce du président Porochenko, des manifestations ont lieu à Donetsk contre l' de Kiev. Car dans la réalité des faits, des actions militaires sporadiques perdurent de part et d'autre. Et elles vont rapidement s’accentuer.
Le , deux chars de l'armée régulière sont détruits près de Louhansk, sans faire de victimes.
Le 23 juin, les forces loyalistes bombardent la petite ville de Privilnoïe près de Louhansk. Le lendemain, un hélicoptère Mi-8 de l'armée avec neuf soldats à bord est abattu par les pro-russes, près de Sloviansk. Des accrochages ont lieu entre Sloviansk et .
Le 26 suivant, quatre cents miliciens de la Garde populaire ukrainienne se rendent après sept heures de combat à la police de Donetsk, puis sont relâchés sans armes. Le 27 juin la trêve est prolongée de soixante-douze heures. Mais les rebelles accusent rapidement les forces loyalistes de l'avoir enfreinte, notamment à Semionovka et aux alentours de Sloviansk avec des tirs de canons de .
Le 30 juin, la trêve cesse sur ordre direct du président Porochenko, qui justifie en accusant les pro-russes d'avoir enfreint à plusieurs reprises le cessez-le-feu, . Les pourparlers entre ministres des Affaires étrangères allemand, français, russe et ukrainien se poursuivent toutefois avec notamment des négociations prévues à Berlin le 2 juillet 2014, et ce même si Moscou reproche aux États-Unis d'avoir poussé Kiev à reprendre l'opération antiterroriste.
Le , les ministres des affaires étrangères de l'Ukraine, de la Russie, de l'Allemagne et de la France réunis à Berlin, annoncent dans une déclaration conjointe, le déploiement d'une mission d'observation de l'OSCE aux postes-frontières de Donetsk et Goukovo, à la frontière entre la Russie et l'Ukraine, dès le 24 juillet.
Le 5 juillet, Sloviansk, Artemovsk et Kramatorsk sont sous le feu de l'armée régulière ukrainienne et des milices de volontaires ukrainophones. Ce même jour, ces trois villes sont reprises par l'armée ukrainienne.
Le 6 juillet, les combattants du colonel Strelkov se replient dans Donetsk, dans laquelle a lieu une grande manifestation en soutien aux rebelles. Le ministre de la défense ukrainien déclare ne pas vouloir procéder à des bombardements aériens sur la ville, mais des pilonnages ont lieu dans les environs. Dans la région de Sloviansk et de Kramatorsk, des arrestations massives des hommes entre 20 et 35 ans ont lieu. Selon l'AFP, une certaine logique de punition ethnique se met en place.
Le 10 juillet, la ville de Siversk est prise par l'armée ukrainienne, tandis que Donetsk se prépare à un siège. Selon les sources du ministère de l'intérieur ukrainien, le bilan du conflit au 10 juillet est de 478 morts. La chancelière Angela Merkel demande dans une conversation téléphonique du 10 juillet 2014 au président Porochenko . Celui-ci déclare que pour un soldat gouvernemental tué, cent le seront du côté des Ukrainiens rebelles.
Le 12 juillet, alors que l'armée ukrainienne est aux portes de Donetsk, habitants fuient la ville. La grande offensive en préparation de l'armée ukrainienne pour se saisir de Donetsk, le fief ouest des séparatistes, est imminente.
Le , un Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines assurant la liaison entre l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol et l'aéroport international de Kuala Lumpur, avec 298 personnes à son bord, dont 192 Néerlandais, s'est écrasé dans la zone de conflit, près du village de Grabove (Hrabowe), aux environs de la ville de Chakhtarsk et à environ au nord-est de Donetsk.
Les belligérants, comme les grandes puissances, s'accusent d'avoir abattu l'avion :
Le 20 juillet 2014, l'ensemble des corps des victimes de l'avion malaisien ont été récupérés du site de l'ECRASEMENT, par les séparatistes pro-russes. Ils les placent dans des wagons réfrigérés en gare de Torez (située à de la zone), afin de permettre l'identification des victimes par les experts internationaux.
Le 21 juillet, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit et adopte une résolution demandant un accès sécurisé et illimité pour ses observateurs sur le site de l’écrasement du vol MH17, appelant aussi à une coopération complète dans le cadre de l'enquête internationale.
Le 23 juillet, un porte-parole du Conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien accuse : deux avions de combat ukrainiens Soukhoï Su-25 auraient été abattus en par des pro-russes, près de Savur Mogila, dans l'est de l'Ukraine; soit dans une zone distante de quelques dizaines de km du lieu du crash de l'avion de ligne malaisien. L'information est démentie avec véhémence par le ministère de la Défense russe. L'Ukraine avait déjà accusé l'armée de l'air russe d'avoir abattu deux avions ukrainien An-26 et Soukhoï Su-25 au-dessus de son territoire, le 16 juillet. Ce sont donc selon les autorités ukrainiennes, 4 avions militaires ukrainiens et un avion civil malaisien qui auraient été abattus par les Russes, en une seule semaine.
Le 27 juillet, face à la progression des forces ukrainiennes, les séparatistes annoncent qu'ils ont perdu le contrôle d'une grande partie de la zone du crash du MH17 qui passe sous contrôle de Kiev.
Le 3 août, des enquêteurs néerlandais et australiens accèdent à un site d'ECRASEMENT qu'ils disent fortement pillé. Ils prennent de nombreuses photographies. Mais dès le 5, l'armée régulière ukrainienne et de ses milices de volontaires reprennent la ville de Yassynouvata "(située à 15 km au nord de Donetsk)" et leurs assauts redoublent aux portes de Donetsk, cible d'obus de forte puissance "(sources Reuters et OSCE)".
Les combats se rapprochant, les enquêteurs repartent rapidement, emportant avec eux quelques débris non identifiés. Ils ne donnent pas d'informations, ni sur le crash du Vol 17 Malaysia Airlines, ni sur les avions de combat ukrainiens qui aurait été abattus.
Le 9 septembre 2014, le Bureau d'enquête néerlandais pour la sécurité (Onderzoeksraad Voor Veiligheid : OVV) publie un rapport intermédiaire d'expertise qui fait apparaître que les deux enregistreurs de vol ont été prises en charge le 21 juillet 2014. L'avion aurait été touché par .
À la fin de juillet, l'armée russe, puis l'Agence russe du Transport Aérien avaient publié officiellement 10 puis 28 questions et demandes sur le crash de l'avion civil Boeing 777 du Vol 17 Malaysia Airlines qui n'ont pas reçu de réponses à ce jour.
Le rapport final de l’OVV contenant 279 pages est publié le . Confirmant la thèse du missile sol-air, il précise que la destruction de l'avion de ligne est dû à l'explosion d'une ogive 9N314M d'un missile 9M38 installé sur un système de type Buk. Il indique que des simulations ont été conduites par le fabriquant d'armement russe Almaz-Antei pour déterminer l'origine probable du tir, et que leur conclusion est un départ missile entre 5 et 20 km dans le sud-est de Torez en zone séparatiste.
Le , la ville de Lyssytchansk, située à au nord-ouest de Louhansk, après avoir été le théâtre de violents combats, est finalement reprise par l'armée ukrainienne.
En dernière semaine de juillet, l'ONU dénombrera au moins personnes tuées et blessées en Ukraine depuis la mi-avril.
Le 23 juillet, l'OSCE procède au déploiement d'une mission d'observation aux postes-frontières de Donetsk et Goukovo, à la frontière entre la Russie et l'Ukraine, qui a été prévu lors de la déclaration conjointe des ministres des affaires étrangères de l'Ukraine, de la Russie, de l'Allemagne et de la France (le 2 juillet, à Berlin). La durée initiale de la mission des 16 observateurs est de trois mois.
Le 25 juillet, le directeur de l'administration des frontières russe (FSB) de l'oblast de Rostov déclare que .
Le 27 juillet, les insurgés pro-russes annoncent avoir perdu le contrôle d'une partie de la zone du crash du MH17 face à la progression des forces ukrainiennes, lesquelles ont annoncé être entrées dans plusieurs villes à proximité.
Le 28 juillet, d'intenses combats entre l'armée ukrainienne et les rebelles pro-russes dans l'est de l'Ukraine causent la mort de 19 civils. De plus, des tirs d'artillerie sont entendus dans le centre de Donetsk, tuant au moins une personne. Treize civils (dont deux enfants âgés d'un an et un de cinq ans) sont tués dans des combats à Horlivka, l'un des bastions des séparatistes pro-russes à au nord de Donetsk. Le média américain CNN fait état de tirs de missiles balistiques SS-21 par les forces armées ukrainiennes.
Le 30 juillet, les forces ukrainiennes reprennent le contrôle de la ville stratégique d'Avdiivka située près de l'aéroport, à au nord de Donetsk. Le lendemain, les opérations militaires sont suspendues afin de permettre aux experts internationaux d'examiner le site du crash du MH17, situé dans le raïon de Chakhtarsk, où les combats les plus violents ont eu lieu les jours précédents. Les experts ont été escortés sur le site par les forces armées ukrainiennes. Pendant ce temps, des pourparlers entre les séparatistes, la Russie, l'Ukraine et l'OSCE ont eu lieu à Minsk.
Le 31 juillet et le août, la mission de l'OSCE, déclare que plusieurs groupes de 10 à 12 hommes en tenue de combat ont traversé la frontière entre l'Ukraine et la Russie dans les deux sens. Dans certains cas, les hommes traversant la frontière en direction de la Russie étaient blessés et, à deux occasions, ils portaient des insignes de la République populaire de Lougansk.
Le août, au moins dix soldats ukrainiens d'une unité de parachutistes sont tués près de la ville de Chakhtarsk, dans le secteur où le vol MH17 de la Malaysia Airlines a été abattu, dans une attaque au mortier menée par les rebelles pro-russes.
Le 2 août, l'Union européenne lève l'embargo de livraison d'armes à l'Ukraine qu'elle avait fixé en février 2014.
Dans les nuits du 2 au 3, puis du 3 au 4 août, respectivement, 12 puis 437 militaires de l'armée régulière ukrainienne demandent l'assistance de la mission pour traverser la frontière afin de pouvoir la rejoindre en un autre point sûr. Par ailleurs, cette même mission fait état de combats autour du poste-frontière de Goukovo et rapporte que deux obus ont traversé la frontière ukrainienne pour atterir en Russie.
Le 3 août, douze soldats ukrainiens de la brigade mécanisée du point frontalier de Goukovo entre l'Ukraine et l'oblast de Rostov ont rendu leurs armes et demandé l'asile, motivant leur décision par leur absence de libre-arbitre et leur manque d'approvisionnement.
Dans la nuit du 4 août suivant, 438 soldats ukrainiens, dont des militaires de la brigade motorisée et des garde-frontières, se sont adressés aux garde-frontières russes pour leur demander d'effectuer un couloir humanitaire. Un peu plus tard, 180 de ces soldats sont renvoyés en Ukraine à leur propre demande. Le représentant du centre d'information analytique ukrainien SNBO, Andreï Lyssenko, déclare que 311 soldats ukrainiens se trouvent sur le territoire russe, dont 171 militaires des forces armées et 140 garde-frontières.
Le 4 août, le ministère des affaires étrangères russe demande à l'OSCE, au Conseil de l'Europe, au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à l'ONU de venir en aide aux populations du Sud-Est de l'Ukraine.
Le même jour, après d'intenses combats, l'armée régulière reprend la ville de Yassynouvata et, d'après Reuters, appelle les civils à fuir les zones contrôlées par les séparatistes pro-russes qui selon un porte-parole militaire ukrainien. À Donetsk, l'état-major ukrainien a demandé aux séparatistes de respecter des cessez-le-feu autour de certaines artères pour permettre le départ des civils. Selon la "Voix de la Russie", l'armée ukrainienne concentre des BM-27 Uragan autour de la ville. Le lendemain, selon l'AFP, alors que les forces armées ukrainiennes se retirent de la ville de Yassynouvata après l'avoir prise la veille, les combats se poursuivent dans un quartier à l'ouest de Donetsk (district de Petrovski) et à Marïnka.
Le 5 août, 200 soldats ukrainiens se trouvant sur le territoire russe sont renvoyés en Ukraine. Le lendemain, les 48 soldats restants seront également rapatriés en Ukraine.
Dans la nuit du 5 au 6 août, selon l'OSCE, les combats continuent aux portes de Donetsk, la ville est notamment la cible de plusieurs obus de forte puissance, lesquels provoquent des cratères importants. Un des obus n'ayant pas explosé comporte la mention « OFAB100 ».
Le 6 août, le conseiller du ministère de la défense ukrainien, Anton Guerachtchenko, déclare à l'antenne de la chaîne de télévision ukrainienne « 112 Украина » (112 Ukraine) que 300 membres de la police de Donetsk se sont rangés volontairement du côté de la République populaire de Donetsk. Il admet que dans la région . Le même jour, le commandant du bataillon de la brigade mécanisée, Ivan Boïtenko, ainsi que ses subordonnés les majors Alexandre Potapov, Alexandre Okhrimenko, Vitaly Doubniak, sont arrêtés pour avoir ouvert le feu sur le territoire russe et portant sur l' avant d'être finalement remis aux autorités ukrainiennes le 10 août.
Les 7 et 8 août, selon l'agence française AFP, des combats provoquant la mort de plusieurs soldats ukrainiens ont lieu non loin de la frontière russo-ukrainienne. D'après l'agence de presse russe Itar-Tass, le président ukrainien signe, le 8 août, la loi adoptée par le parlement le 22 juillet, visant à relever l'âge limite des appelés au service militaire à 60 ans.
Le 9 août, les combats se poursuivent à Donetsk, des obus touchent le quartier Kyivski.
Bien qu'aucun immeuble d'habitation ne soit touché directement et qu'aucune victime ne soit à déplorer, de nombreuses fenêtres sont soufflées.
Selon Associated Press, après la prise de Krasnyï Loutch par les forces loyalistes, Alexandre Zakhartchenko affirme dans la soirée que et que ses troupes sont prêtes à accepter un cessez-le-feu dans le but d'éviter une catastrophe humanitaire. Dans un communiqué, le président Petro Porochenko indique être prêt à accepter une mission humanitaire à condition que l'aide vienne sans accompagnement militaire, qu'elle transite par un poste frontalier sous contrôle ukrainien et qu'elle ait un caractère international.
Répondant à l’appel d’aide humanitaire du ministère des affaires étrangères russe (du 4 août), le CICR affirme le 9 août qu'il renforcera son aide à la population. Il annonce qu'il augmentera ses effectifs présents dans le Donbass avec l'appui de l'OSCE. Mais dans la semaine suivante, l'aide importante promise n'est pas apportée. Et les Russes frontaliers du Donbass restent les seuls à pouvoir intervenir rapidement.
Le , la Fédération de Russie décide d'envoyer un convoi d'aide humanitaire à destination de Louhansk, l'opération devant être menée en collaboration avec le CICR. Néanmoins, cette annonce est accueillie avec méfiance par les pays occidentaux qui craignent que ce convoi ne soit qu'un prétexte pour intervenir militairement en Ukraine. Les États-Unis s'y opposent formellement. Le ministre de l'Intérieur ukrainien écrit sur son profil Facebook qu', qualifiant l'initiative du Kremlin de . Le convoi part de Moscou le 12 août, tandis que les autorités ukrainiennes annoncent très rapidement qu'elles ne laisseront pas entrer sur leur territoire les 280 camions Kamaz de couleur blanche composant ce convoi.
Le 12 août, d'après l'AFP, Kiev annonce que l'armée a repris la ville de Vougleguirsk dans l'oblast de Donetsk et les villes de Pervomaïsk, de Kalynove et de Kamychevakha dans l'oblast de Louhansk.
Le 13 août, le CICR informe les autorités internationales que des en raison de l'encerclement de Donetsk par les forces régulières de Kiev. Le convoi tel qu'il est inspecté comporte de vivres dont de céréales, de sucre, de médicaments et de produits de soins et 69 générateurs électriques.
Le 14 août, Kiev annonce l'envoi de son propre convoi d'aide humanitaire dans l'Est du pays. Ce dernier, composé de 15 camions transportant de produits de première nécessité, doit partir des villes de Kiev, Dnipropetrovsk et Kharkiv avant d'être pris en charge par le CICR à Starobilsk. Le 15 août dans la matinée, ce convoi est arrivé à Louhansk.
En ce 14 août, selon Reuters, les séparatistes pro-russes signalent d'intenses bombardements dans la périphérie de Donetsk. D'après un de leurs sites internet, les forces ukrainiennes ont bombardé le faubourg Leninski et plusieurs quartiers de Donetsk. Peu de temps après ces bombardements, Valery Bolotov, chef des séparatistes pro-russes de la région de Louhansk, dans l'est de l'Ukraine, démissionne pour des raisons inconnues. Selon l'AFP, en 24 heures, vingt-deux civils ont été tués par les bombardements, au moins soixante-quatorze en 72 heures ainsi que cent seize blessés.
À son briefing du 14 août, Washington, par la voix de Mary Haft, du Département d'État des États-Unis, demande à Kiev de .
Le service de presse du président Porochenko affirme que les forces régulières ukrainiennes auraient détruit des blindés russes ayant franchi la frontière près d'Izvarino dans la nuit du 14 au 15 août 2014, affirmation aussitôt démentie par le ministère de la défense russe, le général Igor Konachenko déclare qu'. Pour le ministère russe des Affaires étrangères, , pour le passage du convoi humanitaire de ravitaillement, entente entre le vice-ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Riabkov, le chef des opérations du CICR en Europe et en Asie centrale Laurent Corbaz et Kiev.
Le 15 août, Moscou proteste contre la livraison de chars T-72 de la part du ministère de la défense de Hongrie aux autorités de Kiev, information donnée par le site hongrois hidfo.net.
Le 16 août, le président ukrainien Porochenko annonce sur son compte twitter que les forces régulières ont pris la ville minière de Jdanivka à de Donetsk, tandis que dans cette dernière, cinq civils sont tués par les forces régulières ukrainiennes. Le même jour les médias russes annoncent la désertion de 17 militaires ukrainiens dans l'est de l'Ukraine vers Rostov-sur-le-Don.
Toujours le 16 août, alors que le convoi humanitaire russe est toujours bloqué à une vingtaine de kilomètres de la frontière russo-ukrainienne, Pascal Cuttat, responsable CICR en Russie annonce que Kiev et Moscou . Il est convenu que le convoi soit inspecté par le CICR et franchisse le point de passage d'Izvarino par groupe de trente camions.
Le 18 août au matin, le CICR attendait toujours le feu vert de Kiev pour commencer l'inspection.
Le 17 août, un avion de chasse MiG-29 est abattu par les séparatistes, tandis qu'à Berlin se tient une réunion quadripartite réunissant les ministres des Affaires étrangères russe, ukrainien, allemand et français.
Le 22 août, dix jours après la décision de son envoi, le premier convoi humanitaire russe décide finalement d'entrer de lui-même en Ukraine, Kiev n'ayant toujours pas donné l'accord. Les États-Unis appellent alors la Russie à retirer le convoi humanitaire entré en Ukraine sans autorisation.
Un second convoi humanitaire russe rejoindra la ville de Lougansk, le 13 septembre 2014 (à la suite du plan de paix de Minsk). Constitué de 200 camions KamAZ, le convoi, inspecté par la douane russe, ukrainienne et par les agents du Comité international de la Croix-Rouge, franchit le poste de Izvarino, en Ukraine, à 8 heures du matin en direction de Lougansk. Il transporte de vivres, des conserves, du sucre, de la farine, ainsi que des groupes électrogènes diesel. Après les premiers déchargements, le convoi a immédiatement rejoint la frontière russe.
Un troisième convoi humanitaire russe atteindra plus à l'ouest, la ville de Donetsk, le 20 septembre 2014. Constitué d'environ 200 camions, le convoi livre tonnes d'aide humanitaire: céréales, conserves, sucre, médicaments. Le déchargement d'un KamAZ prend une heure, les premiers véhicules déchargés ont déjà rejoint le territoire de la Fédération de Russie.
Par la suite tout au long de l'automne et de l'hiver 2014-2015 des convois humanitaires réguliers en provenance de Russie approvisionneront le Donbass, mais sans médiatisation occidentale.
Dans la dernière semaine d'août 2014, une vaste contre-attaque des insurgés met fin à l'étau de l'armée ukrainienne autour de Donetsk que les analyses occidentaux estimaient pourtant fatal à terme à l'ensemble de la rébellion. La nouvelle offensive des insurgés pro-russes intègre l'ouverture d'un nouveau front en direction de la mer d'Azov et de la ville portuaire de Marioupol. Elle déstabilise fortement les militaires ukrainiens. La ville stratégique de Marioupol sera encerclée en fin de mois, et même atteinte dans ses faubourgs, le 4 septembre 2014. L'encerclement de la ville par les rebelles durera jusqu'en octobre. Puis à la suite de négociations de cessez-le-feu, les pro-russes mettront fin à l'encerclement.
Le 21 août, les insurgés reprennent la hauteur de Saour-Moguila, stratégique pour la route de Donetsk et lieu d'une bataille de la Seconde Guerre mondiale et dont l’obélisque du complexe mémorial avait été détruit par des tirs d’artillerie le 21 août.
Dès le 24 août, une contre-offensive séparatiste stoppe l’offensive des troupes ukrainiennes contre Donetsk et Louhansk. Parallèlement, le Service national des gardes-frontières d'Ukraine annonce que des attaques à l'artillerie et au mortier sont menées depuis la Russie aux abords de la ville de Novoazovsk. Andreï Pourguine, vice-Premier ministre de la république auto-proclamée de Donetsk déclare : « nous avons lancé une offensive dans la région de Marioupol, plus précisément dans le district de Novoazovsk que nous avons attaqué par l’ouest et par le nord. Nous avons infligé des pertes matérielles irréparables à l’armée ukrainienne et la destruction de leurs engins de guerre permettra à la population civile de moins souffrir des destructions qui lui sont infligées… Notre objectif majeur c’est d’encercler et de réduire à néant les bataillons de la Garde nationale ukrainienne qui sont cantonnés plus au nord… Pour cela nous devons assurer nos arrières, et nos arrières aujourd’hui se trouvent dans les secteurs de Telmanovo et de Novoazovsk ».
Le , Andriï Lyssenko, porte-parole militaire ukrainien déclare que des militaires russes auraient été observés en Ukraine. , dans le nord-ouest de la Russie. S'y trouverait notamment la sacoche d'officier d'un commandant de peloton. Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, rétorque que .
Le 25 août, selon la présidence de l'UE, le chef de l'État ukrainien, Petro Porochenko exprime une vive préoccupation à propos de la violation de la frontière ukrainienne par des véhicules blindés russes et par l'intention de la Russie d'envoyer une nouvelle fois un soi-disant convoi humanitaire en Ukraine.
Ce 25 août, les services de sécurité de l'Ukraine (SBU) annoncent dans un communiqué que des parachutistes russes ont été arrêtés à l'intérieur du territoire ukrainien avec des documents d'identité et des armes. Kiev diffuse des témoignages vidéo des parachutistes russes capturés, ce qui constitue une première preuve matérielle de la participation des forces russes dans les combats.
Le 26 août, selon Moscou, ces soldats se seraient « égarés » lors d’une patrouille le long de la frontière. Le ministère russe de la Défense reconnait qu'un groupe de soldats russes a traversé la frontière "(c'est la première fois que la Russie admet la présence de soldats russes en Ukraine)", mais ils l'auraient fait « par erreur », le ministère russe de la Défense prétextant que, en raison de la « mauvaise définition de la frontière entre les deux pays », ils n'auraient pas vu qu'ils pénétraient en territoire ukrainien. Au contraire, selon le témoignage des soldats, ils auraient été « volontairement » envoyés en Ukraine. Un soldat témoigne : . Le même soldat ajoute qu'une compagnie entière n'aurait pas pu traverser la frontière « par accident » comme l'a affirmé une source militaire russe.
Le 27 août, selon l'état-major ukrainien, une colonne composée d'une centaine d'engins, dont des chars, des véhicules blindés de transport de troupes et des lance-roquettes multiples Grad, s'est dirigée vers le sud de la zone contrôlée par les séparatistes pro-russes.
Le 28 août, Barack Obama, menaçant d'adopter de nouvelles sanctions contre Moscou, déclare que . D'après l'ambassadeur des États-Unis à Kiev, la Russie, loin de se contenter de fournir à la rébellion des systèmes de défense antiaériens, type Pantsir-S1, est « directement impliquée » dans le conflit. Dans le même temps, le quotidien "Vedomosti" se demande : , en rappelant que .
Le même jour en matinée, l'ambassadeur russe auprès de l'OSCE nie toute présence de soldats de l'Armée russe. Le chef séparatiste de Donetsk Alexandre Zakhartchenko explique qu'il y a en effet des militaires russes en congés qui combattent en Ukraine pour défendre leurs frères slaves. Il reconnaît dans un entretien télévisé du 28 août au matin, que « à soldats » russes ont servi ou servent dans les rangs des insurgés. « Parmi nous se trouvent des soldats, qui, plutôt que de passer leurs permissions sur les plages, nous ont rejoints, et qui combattent pour la liberté de leurs frères ».
L’OTAN confirme et précise que plus de soldats russes combattent actuellement sur le territoire ukrainien Toutefois, selon l'universitaire français Jacques Sapir, ce chiffre de volontaires russes (additionnés aux volontaires ukrainiens rebelles de la RPD) n'explique pas l'effondrement brutal des armées et milices loyalistes de Kiev qui représentent hommes.
Le , Vitali Tchourkine, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire et représentant permanent de la Russie au conseil de sécurité des Nations unies déclare en séance au conseil de sécurité que . Les volontaires se seraient regroupés, puis entrainés en Russie avant de passer la frontière ukrainienne. Ce nouveau rapport de force leur permet une contre-attaque dans le sud-est de l'Ukraine.
Le même jour, le conseil de sécurité ukrainien annonce que Novoazovsk et des villages avoisinants sont envahis par des troupes russes.
Les rebelles séparatistes pro-russes s'emparent de la ville de Novoazovsk et se dirigent ensuite au sud en direction de Marioupol. À la suite de cette action, le gouvernement de Kiev demande a l'OTAN une aide supplémentaire, une « aide pratique » ainsi que des « décisions cruciales » de la part de l'OTAN et de l'Europe. Pour le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, l'Ukraine a « besoin d'aide ».
Le 30 août, les forces rebelles prennent Telmanovo et se dirigent aux abords de Marioupol, tandis que Bruxelles examine la possibilité de nouvelles sanctions contre la Russie. La porte-parole du conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, Caitlin Hayden, déclare : .
Le 31 août, un échange de prisonniers a lieu entre la Russie et l'Ukraine : dix parachutistes russes contre soixante-trois soldats ukrainiens au poste-frontière de Nekhoteïevka. Les soixante-trois soldats ukrainiens sont entrés sur le territoire russe le 3 août en fuyant les combats qui opposent les rebelles pro-russes aux forces loyalistes