Théorie du complot

La théorie du complot propose de donner une vision de l'histoire perçue comme le produit de l'action d'un groupe occulte agissant dans l'ombre. Loin de la simple rumeur, il s'agit (selon Peter Knight, de l'université de Manchester) d'un récit théorique qui se prétend cohérent et cherche à démontrer l'existence d'un complot entendu comme le fait qu'« un petit groupe de gens puissants se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des évènements ». La conspiration secrète civile, criminelle ou politique, visée par la théorie du complot, agirait généralement dans l'objectif de détenir ou conserver une forme absolue de pouvoir (politique, économique ou religieux).
Du point de vue des observateurs en sciences sociales, la théorie du complot tend à se soustraire à la réfutation ; en effet, toute démonstration destinée à prouver qu'aucun complot n'est à l'œuvre sera interprétée comme une nouvelle tentative de tromper le complotiste qui - lui - continuera à chercher ce qui se passe dans l'ombre, et qu'on ne lui dit pas. Les explications officielles ou scientifiques établies par les pouvoirs publics et relayées par les grands médias d'information seront structurellement discréditées.
Les historiens s'accordent à considérer que la première théorie du complot proprement dite fut celle, qui se répand à la fin du , portant sur la Révolution française. Pour Frédéric Charpier, ce sont les "Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme", écrites en 1798 par l'abbé Augustin Barruel, qui constituent l'acte de naissance de « la première théorie du complot », qui ne voit pas la Révolution française comme le résultat d'un mouvement populaire spontané, mais plutôt comme le fruit d'une conspiration antichrétienne. Frédéric Charpier y voit le prototype qui contient l'essentiel des ingrédients des futurs récits conspirationnistes : une « idéologie réactionnaire », une « subjectivité camouflée dans une fausse objectivité », un « langage haineux ».
La Révolution française peut être ainsi vue comme le premier grand événement de l'histoire du conspirationnisme, dans la mesure où ce bouleversement a suscité des théories de tous bords. Car si l'idée fantasmatique de la Révolution comme coup d'État planifié était relativement partagée, il y avait à l'inverse une très grande diversité des interprétations quant à l'identité des supposés conspirateurs : clubs, loges et autres « sociétés de pensée » passant pour avoir prévu et organisé leur prise de pouvoir, régiments de la guerre d'Amérique, financiers et négociants gravitant autour du Club des Jacobins ou du Club Massiac, etc. La conspiration dénoncée par l'abbé Barruel dans "Mémoires pour l'histoire du Jacobinisme" implique même des groupes beaucoup plus anciens, comme les Rosicruciens et les Templiers, qui auraient selon lui perduré. D'autres accusaient les nations étrangères : l'Angleterre, la Prusse... Réciproquement, des révolutionnaires ont accusé les girondins, les modérantistes, les Vendéens, les Autrichiens ou encore les fédéralistes, de comploter « contre » la Révolution.
L'Écossais John Robison fait paraître "Preuves de conspirations contre toutes les religions et tous les gouvernements de l'Europe", où il prétend montrer l'existence d’une conspiration des Lumières œuvrant au remplacement de toutes les religions par l’humanisme et de toutes les nations par un gouvernement mondial unique. Concernant le caractère réactionnaire de la théorie du complot, on peut toutefois relever que les analyses de l'abbé Barruel ont été contredites par Joseph de Maistre. De son côté, Marcel Gauchet déclare que c'est en réaction à Augustin Cochin, dont l'œuvre relaie la même interprétation conspirationniste de la Révolution, que l'expression « théorie du complot » est apparue en France.
Pour l'historien des religions Emmanuel Kreis, spécialiste du mythe du « complot judéo-maçonnique : « Avec la Révolution, commence l'ère de l'incertain et de l'indécis. L'histoire n'obéit plus aux plans divins, la société se trouve livrée à elle-même, sans vérité transcendante […]. Expérience traumatisante et vue comme contredisant l'ordre naturel, la Révolution ne peut qu'être le fruit d'une conspiration totale, omnisciente et omnipotente. La Révolution devient le fruit de manœuvres orchestrées dans les “arrière-loges”. C'est le début de la dénonciation du complot maçonnique ». Kreis décrit, lui aussi, quelques constantes dans les théories du complot : « Tout est lié, le complot ne laisse pas la place au hasard, tout acte entraîne une conséquence prévue » en somme : tout est écrit ; « le complot se joue de l'espace et du temps, il est "normal" qu'un évènement particulier ait été provoqué par une cause éloigné dans l'espace ou le temps » ; et enfin « derrière ce que l'on croit voir il existe un monde clandestin dans lequel les conspirateurs agissent ».
Pour l'historien Éric Saunier, s'il est vrai que les Constitutions d'Anderson (texte fondateur de la franc-maçonnerie) ont exercé , leur existence n'implique aucunement l'existence d'une conspiration. Ainsi, , aux idées qui circulaient au et non à quelques conspirateurs spécifiques.
Selon François Furet, .
Les théories du complot du prennent comme responsables récurrents des sociétés secrètes apparues au siècle précédent, notamment les Francs-maçons et les Illuminati qui se réclamaient de la Philosophie des Lumières, mais aussi des groupes plus anciens comme les Jésuites. Pour Pierre-André Taguieff L’exemple du "complot juif" décrit par Bakounine illustre les principes structurels de la pensée complotiste, mis en lumière par Frédéric Charpier et Emmanuel Kreis. Pierre-André Taguieff : . Bakounine théorise ; .
À la charnière du , on voit réapparaître les Juifs, cette fois complotant avec les Francs-maçons, avec le célèbre "Protocoles des Sages de Sion", faux document mis au service de l'antisémitisme russe pour justifier et encourager les pogroms et utilisés par la suite par les antisémites européens (dont Adolf Hitler, qui s'y réfère explicitement dans "Mein Kampf").
Au , les théories du complot deviennent un élément important de la culture anglo-saxonne. Alors qu'elles sont discréditées en France avec la fin du régime de Vichy, elles réapparaissent aux États-Unis avec l'anticommunisme, notamment dans un discours du sénateur Joseph McCarthy prononcé devant le Congrès américain le 14 juin 1951. Comme le souligne le philosophe Philippe Huneman, Richard Hofstadter montre que . L'assassinat de John F. Kennedy en 1963, considéré comme le fruit d'une conspiration par le Comité HSCA en 1979, a suscité un grand nombre d'élucubrations. L'expression de est d'ailleurs utilisée pour la première fois dans "Le Monde" dans un article daté du 7 octobre 1966 évoquant l’assassinat du président Kennedy. D'après Rudy Reichstadt, . On peut citer de même à cette époque en France, les morts prétendument suspectes de Robert Boulin, Daniel Balavoine, Coluche, puis dans les années 1990 de Jean-Edern Hallier, Pierre Bérégovoy et Lady Diana (Royaume-Uni) ainsi que Tupac Shakur aux États-Unis. Mais c'est surtout au en Amérique avec les attentats du 11 septembre 2001 (flot de contestation conspirationniste) ainsi qu'avec leur médiatisation mondiale, que l'expression « théorie du complot » est devenue courante.
À l'aube du , le filon du conspirationnisme est exploité dans de grands succès populaires comme "" ou "Da Vinci Code". Certains sociologues considèrent, en outre, la généralisation de l'explication par le complot comme un aspect clé de la mentalité postmoderne "(voir plus bas)".
Si la première occurrence de la formule apparaît, d'après Rudy Reichstadt, dans "The Journal of mental science" en 1870, c'est probablement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans "La Société ouverte et ses ennemis" (1945), qu'est formulée, sous la plume du philosophe des sciences Karl Popper, la première définition de la théorie conspirationniste de la société ("Conspiracy Theory of Society") :
Popper remarque par ailleurs que les personnes les plus désireuses d'amener le paradis sur terre sont les plus enclines, une fois au pouvoir, à adopter des théories du complot pour y expliquer leur échec.
Le philosophe Charles Pigden fait remarquer que cette première définition de la théorie conspirationniste de la société pourrait être sans objet. Pigden remet en question l'idée de Popper selon laquelle la croyance en l'existence de conspirations doit "toujours tout" expliquer, pour la personne qui y croit.
Dans son livre "Conspiracy Theories in American History : An Encyclopedia" (ABC-Clio, 2003), Peter Knight, de l'université de Manchester, indique que les théories du complot cherchent à démontrer l'existence d'un complot entendu comme le fait qu'« un petit groupe de gens puissants se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements ».
Dans son "Court traité de complotologie" (Mille et une nuits, 2013), Pierre-André Taguieff évoque « l’expression mal formée “théorie du complot” » qu’il qualifie de « malheureuse et trompeuse » : « Plutôt que de
“théorie du complot”, pour être rigoureux, il faudrait utiliser judicieusement les expressions suivantes, en allant du moins élaboré au plus élaboré : rumeur de complot, peur d’un complot, hypothèse du complot, imaginaire du complot, idéologie du complot, mythe ou mythologie du complot ». Steve Clarke, de la Faculté de philosophie de l'Université d'Oxford, considère également que les théories du complot ne méritent pas le nom de théories en ce qu'elles pointent des incohérences sans suggérer un scénario alternatif qui les explique et qui pourrait être soumis à l'épreuve des faits ou des critiques.
Selon Pierre-André Taguieff, le raisonnement conspirationniste donne lieu à un débat inutile car la théorie du complot ne se prête pas à la réfutation : . Pour Gérald Bronner, les conspirationnistes « singent la pensée méthodique, mais sont imperméables à la contradiction ».
La théorie du complot peut se rapprocher de la méthode hypercritique : celui qui la pratique se fondera sur les points qui apparaissent valider sa théorie ou contredire l'explication adverse pour écarter toute contre-argumentation. On peut aussi assister à un renversement de la charge de la preuve : c'est au tenant de l'explication admise de montrer qu'il n'y a pas eu complot, et les arguments qu'il profère peuvent passer pour des manipulations supplémentaires. La certitude préalable de l'existence d'un complot implique l'analyse de toute information et de tout fait au travers du prisme de cette théorie du complot. Ce biais cognitif est nommé biais de confirmation d'hypothèse. En outre, à cause d'un défaut de distinction entre les données exploitées et leur mise en relation, le simple fait que des données authentiques soient « insérées dans la trame » de la théorie du complot peut valider à tort la trame elle-même. L'évocation d'un complot peut donc mener au rétrécissement de l'univers d'analyse d'un fait, puisque ce fait ne sera mis en relation qu'avec d'autres faits issus de la théorie. La théorie du complot se justifie ainsi par elle-même, discrédite l'adversaire ; elle n'est donc pas réfutable et n'a en cela rien de scientifique.
Le conspirationnisme est avant tout une logique particulière par laquelle on articule des données. Or, on peut traiter d'événements authentiques sans que cela garantisse la véracité de la logique par laquelle on les relie entre eux. De fait, hormis les sources "a priori" crédibles mais finalement non vérifiables, les données utilisées par les théories du complot peuvent être issues aussi bien de faux que de sources authentiques. Le conspirationnisme peut ainsi se réclamer d'une documentation « vérifiable » et ouverte au public, tout en livrant une interprétation fantaisiste des données.
Gérald Bronner considère que les tenants de la théorie du complot sont généralement plus motivés que les "non-croyants" pour défendre leur point de vue et lui consacrer temps et énergie. Pour justifier son manque d'implication dans la démonstration de l'inanité du spiritisme, Thomas Henry Huxley écrivait en 1869 : « "Je n'ai pas de temps pour une telle enquête, qui attire beaucoup de soucis et beaucoup d'ennuis" ». Selon le sociologue français, l'émergence d'Internet aurait amplifié ce déséquilibre.
En 2008, Jack Z. Bratich propose la première analyse du discours "sur" les théoriciens des théories du complot. Dans "Conspiracy Panics: Political Rationality and Popular Culture", Bratich date l'apparition du discours actuel sur le conspirationnisme à la parution de l'ouvrage de Richard Hofstadter, "The Paranoid Style in American Politics and Other Essays", en 1965 (publié en français sous le titre "Le style paranoïaque. Théories du complot et droite radicale en Amérique"). La notion de « style paranoïaque » renvoie à la psychiatrie, mais s'en distingue radicalement : . Pour Richard Hofstadter, les idées de John Robison .
Dès lors apparaît un « changement dans la problématisation (du conspirationnisme). La problématisation ne cherche plus à catégoriser différents « acteurs », mais à établir une manière de penser qui pourraient être adoptée par "n'importe quel" acteur politique. [...] Il s'agit d'une "imitation" de raison, qui demande donc une vigilance constante. [...] Le style paranoïaque dans sa forme intérieure populiste n'est pas simplement exilée à l'extérieur du discours politique normal, c'est un danger qui menace constamment de l'intérieur. Bien qu'il soit relégué à la marge de la pensée officielle, il est également parmi nous, tapi au sein de la nation, dans son cœur, au sein la population. Ce n'est pas « nous », mais cela pourrait être n'importe qui. » (Bratich, 2008, ).
Pierre-André Taguieff a identifié quatre grands principes de base des croyances conspirationnistes : Taguieff expose d'autres aspects de la théorie du complot : postulat du complot comme force motrice de l'histoire, illusion de découvrir ses secrets, hyper-rationalisation, importance du soupçon, explication totale et donc rassurante, véhicule de la haine populiste des élites. Les croyances identifiées par Taguieff concordent avec la sémiologie du délire paranoïaque qui est généralement fondé sur une intuition délirante, faisant ensuite appel au mécanisme interprétatif ; centré sur un seul thème (la jalousie, le préjudice, le complot, l'érotomanie, etc.) ; hautement systématisé : les prémisses sont délirantes; ensuite, le délire se déploie de manière parfaitement organisée, logique, claire, cohérente, pouvant même emporter l'adhésion d'auditeurs.
Sur fond de ces principes, se forme la dénonciation d'une « manipulation des masses », dont les croyances sont : l’existence d’un petit groupe, décidé à influer sur les événements, à en prendre le contrôle ou à les provoquer, de façon secrète, afin de prendre ou de conserver un pouvoir politique, et/ou économico-financier, et/ou culturel, etc. Le groupe conspirateur serait typiquement minoritaire, élitiste et/ou sectaire et utiliserait des moyens politiques, financiers, militaires, psychologiques et/ou scientifiques. Cela implique que cette communauté possède des grilles d'analyse pertinentes et fiables, mais cachées. À partir de cette analyse, elle pourrait développer une action occulte, mais surtout efficace permettant de parvenir à ses objectifs, lentement mais sûrement. Ce sont ces hommes « qui savent l'histoire qu'ils font ». Selon l'historienne Ariane Chebel d'Appollonia : « La théorie du complot, en simplifiant l'espace politique, permet l'économie d'un examen attentif des réalités. »
D'après Robert Blaskiewicz, sceptique américain, . Cette idée connaît un regain de popularité en 2013 avec la publication de "La Théorie du complot en Amérique" de Lance deHaven-Smith (University of Texas Press, 2013), ouvrage mis en avant par les théoriciens du complot. Certains d'entre eux avancent que l’expression « "conspiracy theory" » (« théorie du complot ») a été popularisée dans les années 1960 par la CIA pour discréditer ceux qui remettaient en question les conclusions de la Commission Warren, chargée d’enquêter sur l’assassinat du président Kennedy. Ils s'appuient sur le document de la CIA, datant de 1967 et rendu public en 1976 en vertu du Freedom of Information Act.
L’expression « théorie du complot » peut être utilisée de façon idéologique ou politique. Sous forme d'accusation, elle peut servir à discréditer une opinion ou une théorie qui, sans pour autant être conspirationniste, fait intervenir l'interprétation d'intentions humaines (ce qui, selon Wilhelm Dilthey, est le cas de toute théorie en sciences humaines et sociales). À ce propos, le sociologue Patrick Champagne et le politologue Henri Maler dénoncent les limites floues du concept de « théorie du complot » ; ils désapprouvent l'usage abusif de l'expression pour étiqueter une théorie ou une opinion, en particulier dans l'espace médiatique où cela peut avoir des conséquences diffamatoires : « [...] la théorie de « la théorie du complot » remplit des fonctions sociales et idéologiques relativement puissantes et cela d’autant mieux qu’il ne s’agit pas d’une véritable théorie, c’est-à-dire d’un ensemble de propositions cohérentes, discriminantes et falsifiables. Elle annexe à des critiques qui peuvent être fondées des imputations sans preuves qui fonctionnent alors comme de simples calomnies. Et la calomnie peut frapper d’autant plus largement que la théorie de « la théorie du complot » telle qu’elle est construite, est un vaste fourre-tout attrape-tout qui fonctionne par association de mots et mélange tous les genres : journalistiques et scientifiques, théoriques et polémiques, militants et politiques. »
Lorsque le philosophe Noam Chomsky et le spécialiste des médias Edward Herman ont élaboré leur modélisation du fonctionnement des "mass media" américains, ils ont été accusés de « théorie du complot » par certains contradicteurs. Chomsky, qui est lui-même généralement critique envers les théories du complot, rejette l'accusation et dit n'avoir produit qu'une simple « analyse institutionnelle ». Il avance : . Herman, quant à lui, voit dans l'accusation un « cliché superficiel » et une critique facile qui ne coûte rien.
Des auteurs avancent que le phénomène de la conspiration est inhérent à la politique et à l'économie dès lors que des richesses et du pouvoir sont en jeu dans un cadre d'ambitions opposées. L'histoire présente le cas de complots avérés, comme l'opération Himmler organisée par le IIIe Reich pour déclarer la guerre à la Pologne, ou encore l'Opération Ajax destinée à renverser Mossadegh en Iran (l'article « conspiration » présente une liste de cas d'espèces). Il arrive qu'une institution juridique considère un « complot » comme étant à l'origine d'événements historiques d'une certaine ampleur : au procès de Nuremberg, le chef d'accusation 1 contre les responsables nazis était « plan concerté ou complot » (tandis que « crime contre la paix », « crime de guerre » et « crime contre l'humanité » étaient les chefs d'accusation 2, 3 et 4).
Cependant, la théorie du complot, ou conspirationnisme, ne se contente pas de dire que les complots adviennent – une affirmation que personne ne conteste –, elle fait du complot la matrice interprétative de tout événement : le conspirationnisme est ainsi décrit par Pierre-André Taguieff comme Par ailleurs, le philosophe Karl Popper, qui développe une analyse de la théorie du complot dans le second volume de "La Société ouverte et ses ennemis", remarque que les complots existent mais sont à peu près toujours des échecs et que, ainsi, .
Plus récemment, les études sur la notion d'émergence dans un milieu chaotique suggèrent que tout pourrait se passer comme s'il y avait complot sans que personne n'en tire forcément les ficelles de façon consciente. C'est ainsi que sans souscrire eux-mêmes au conspirationnisme, les philosophes Antonio Negri et Michael Hardt soulignent, dans leur livre "Empire" sur la mondialisation, que les théories du complot ne doivent pas être rejetées par principe : 
En janvier 2016, David Robert Grimes, physicien à Oxford, publie un article scientifique visant à démontrer qu’il est improbable qu’un grand complot impliquant des milliers de personnes reste secret pendant des décennies. Le mathématicien Nicolas Gauvrit invalide cet article en mettant en évidence des erreurs de méthode.
Les théories du complot et les croyances qu'elles suscitent sont devenues un sujet d'étude pour les sociologues, psychologues et experts en folklore, qui les ont traitées scientifiquement et objectivement comme un fait social, sous l’angle de leurs différences et des caractéristiques communes permettant de les définir.
Aux théories du complot sont associés des phénomènes de propagation de grande ampleur. Cette section concernera donc l'analyse psycho-sociale de la communication qui accompagne les théories du complot.
À travers la littérature conspirationniste serbe, les processus de représentation sociale (dont les concepts d'ancrage et de l'objectivation) ont favorisé la diffusion et la prolifération d'explications conspirationnistes dans la Serbie de Slobodan Milosevitch lors des bombardements de l'OTAN (opération Allied Force). Il s'agit plus précisément de la théorie de la "neocortical warfare" selon laquelle l'OTAN aurait utilisé des méthodes chirurgicales sur les cerveaux de leurs adversaires.
L'exemple de la théorie de la "neocortical warfare" : À l'origine, ce terme a été introduit dans les années 1990 dans la littérature américaine sur le thème de la guerre de l'information. Il s'agissait d'une métaphore pour désigner un nouvel ensemble de techniques visant à utiliser l'information comme une arme, afin de créer un nouveau concept de guerre sans violence physique (acquisition d'informations stratégiques, manipulation, persuasion et désinformation de l'adversaire). 
Cependant, il existe un processus cognitif universel qui consiste à effectuer un glissement sémantique des expressions métaphoriques vers leur expression littérale, lorsque ces métaphores sont utilisées pour faciliter la compréhension d'un nouveau concept. Et en effet, l'expression "neocortical warfare" s'est introduit dans la littérature conspirationniste serbe au sens littéral d'intervention chirurgicale sur les cerveaux des adversaires. Ce glissement sémantique à l'origine de la théorie du complot de la "neocortical warfare" peut s'expliquer par l'action du processus de représentation sociale. Il s'agit plus précisément de deux processus cognitifs : le processus d'ancrage et celui de l'objectivation, qui sont les outils du processus de représentation. Dans l'exemple de la guerre du Kosovo en Serbie, l'idée est que ce nouveau concept de "neocortical warfare" a été ancré dans la culture conspirationniste serbe, puis qu'il lui a été donné une réalité concrète. Par conséquent, cette métaphore a été représentée dans la culture conspirationniste serbe comme la description d'une méthode existante et effective de manipulation, ainsi que des scandales journalistiques comme l'Affaire des couveuses au Koweït du temps de l'Irak de Saddam Hussein.
Le processus d'ancrage consiste à simplifier les choses nouvelles ou étranges en les ramenant dans une catégorie de choses ordinaires, donc dans un contexte familier. L'évènement ayant induit ce processus d'ancrage de la métaphore de la "neocortical warfare" dans un contexte conspirationniste est la publication en 1995, dans le principal journal militaire yougoslave ("Vojno Delo"), d'un article sur les méthodes de "guerre de l'information" employées par l'armée américaine. Or, ce journal était connu pour avoir soutenu la diffusion de bon nombre de théories conspirationnistes ayant trait à la création du "Nouvel Ordre Mondial", il faisait donc partie de la culture conspirationniste serbe. Bien que la métaphore de la "neocortical warfare" n'ait pas été présentée dans ce journal en termes de réalité effective, elle a été représentée dans ces termes là par les lecteurs du journal. Cette représentation s'explique par le fait que la notion de "neocortical warfare" a été ancrée dans un contexte de culture conspirationniste où de tels faits sont considérés comme réels. On pourrait maintenant aujourd'hui parler de "False Flag" (Fausse bannière).
Le processus d'objectivation consiste à rendre concret ce qui est abstrait, donc à donner une réalité physique à un concept abstrait. En 1999, le livre "Neocortical war" a été publié par le "Military Publishing Institute", qui est la maison d'édition officielle de l'armée yougoslave en Yougoslavie (Serbie-et-Montenegro). L'auteur semble ne s'être inspiré que de l'article paru dans "Vojno Delo". À partir de cet article où le concept de "neocortical warfare" est ancré dans un contexte de littérature conspirationniste, l'auteur déduit qu'il s'agit de faits réels, non d'une métaphore. En effet, on trouve dans ce contexte des théories de type manipulation des masses par le biais de techniques secrètes et scandaleuses, ce qui correspondrait tout à fait à des pratiques comme la lobotomie. Le livre "Neocortical war" évoque donc une guerre où la métaphore de la "neocortical warfare" est objectivée, en décrivant des techniques dont le but est de procéder à de réelles lésions organiques cérébrales. Pour la première fois, le concept est décrit sans ambiguïté comme une réalité. De plus, les thèmes abordés dans ce livre présentent les caractéristiques mystiques et pseudo-scientifiques classiques des théories conspirationnistes, comme l'implantation de puces électroniques, le lavage de cerveau, l'utilisation de messages subliminaux ou les rituels sataniques (abus sexuel ritualisé sataniste). C'est ainsi que la métaphore de la "neocortical warfare" s'est objectivée, s'inscrivant clairement en tant que théorie du complot classique dans la littérature conspirationniste serbe.
Jolley et Douglas en 2014 ont montré plusieurs conséquences sociétales des théories du complot. Les auteurs ont mené différentes études dans le domaine. La première concerne la volonté de s'engager dans la politique ainsi que l'intention de diminuer l'impact carbone sur l'environnement. La seconde concerne la vaccination des enfants.
Certaines théories du complot portent sur un élément précis de l’Histoire, d’autres donnent une explication globale à l’Histoire du monde ou au monde actuel.
Dans son livre "A Culture of Conspiracy", le politologue Michael Barkun a relevé trois degrés dans la place que peut prendre l'« explication par le complot » dans l'interprétation du monde : le « conspirationnisme d'événement » (« "Event conspiracy theory" »), où un complot est considéré comme étant la cause d'un événement isolé et où les comploteurs sont censés s'être concentrés sur un objectif restreint (par exemple, la mort d'une personne) ; le « conspirationnisme systémique » (« "systemic conspiracy theory" »), où plusieurs événements sont rattachés à un vaste complot à plus long terme, imputé à une communauté qui chercherait à infiltrer progressivement les institutions en place (Juifs, Illuminati, etc.) ; et enfin le « super-conspirationnisme » (« "superconspiracy theory" »), qui consiste à croire que toutes les conspirations réelles ou supposées, dans le monde et à travers l'Histoire, procèdent d'un vaste plan global voire cosmique, ourdi à très long terme par une puissance ayant les attributs de Dieu (omniscience, éternité, toute-puissance…), plan à l'intérieur duquel les multiples complots opèreraient de façon hiérarchique ou en réseau.
Selon Raoul Girardet, l'explication par le complot est d'autant plus convaincante qu'elle se veut totale et d'une exemplaire clarté ; une telle théorie « totale » postule qu'une seule entité exercerait un complot universel, agissant afin de se répartir des pouvoirs à travers le monde (politique, économie, culture, médias, science, religion, etc.). Cette définition est similaire à ce que Barkun appelle la « "systemic conspiracy theory" ». La sociologue Véronique Campion-Vincent distingue la catégorie, encore supérieure, des « mégacomplots », rejoignant ainsi la « "superconspiracy theory" » identitée par Barkun. Apparu dans les années 1990-2000 avec David Icke et repris dans des œuvres de fiction (comme la série "" ou le best-seller "Da Vinci Code"), le « super-conspirationnisme » donne une explication globale de l'Histoire ou du monde, y compris sous ses dimensions métaphysiques.
Une autre forme de typologie peut être faite à partir de la nature du complot ou de ses auteurs. En se basant sur le cas des États-Unis, Véronique Campion-Vincent distingue « complot d'une élite » et « complot anti-individuel ». Concernant le « complot d'une élite », elle distingue :
Pour leur part, les « complots anti-individuels » viseraient au contrôle et à la répression discrète de l'individu (en particulier par le contrôle mental) par l'État et ses différentes agences, avec la complicité de la science. Certains auteurs, gourous et groupes pensent que ce nouvel ordre mondial est sous la gouvernance d'extraterrestres (courants ufologiques: Zecharia Sitchin, Michael Tsarion, Jordan Maxwell, mouvement raëlien, etc.) 
Aboutissant en 2007 à une typologie basée sur celle de Campion-Vincent, les psychologues suisses Pascal Wagner-Egger et Adrian Bangerter ont mis en évidence, et de manière scientifique, qu'il existe bien deux sous-catégories de théories du complot :
Ces deux types de catégories font elles-mêmes partie des théories générales du complot. La peur et la méfiance sont les deux principaux facteurs prédisant l'adhésion à une théorie du complot. Cependant, ce qui déterminera le choix de l'un ou l'autre type, sont les croyances et idéologies adoptées par les individus. 
Si les théories du complot du type « Système » sont motivées par une peur et un scepticisme envers des phénomènes sociaux et environnementaux (par exemple la théorie selon laquelle l'assassinat de John F. Kennedy ne serait pas du à un individu isolé, mais impliquerait la CIA ou le KGB), celles du type « Minorités » sont motivées par la peur d'un chamboulement social, de perdre des acquis sociaux. Il faut noter que ces deux types de peurs ne dégénèrent pas toujours en croyances conspirationnistes. Wagner-Egger et Bangerter concluent : .
Les explications sociologiques mettent prioritairement en avant les évolutions de la société pour expliquer l'apparition des théories du complot. Plusieurs interprétations existent :
La théorie du complot serait donc un palliatif face à l'annihilation de l'individu par des institutions trop présentes, ou à l'inverse face au vide provoqué par la vacance des institutions. Dans les deux cas, elle est une réaction à la perte du sens ordinairement assuré par un ordre social bien régulé.
Des analyses cognitives récentes montrent que les mécanismes d'adhésion aux théories du complot relèvent davantage de processus cognitifs ordinaires que de pathologies mentales. Selon les psychologues sociaux O. Klein et N. Van der Linden, les trois processus de raisonnement ordinaires qui sont mobilisés dans l'adhésion à une théorie du complot sont ce qu'ils appellent "la force des stéréotypes", "l'intentionnalité" et "l'erreur de conjonction". Ils partent de la définition du philosophe B. L. Keeley suivante : . Ainsi, cette définition révèle trois attributs d'une théorie du complot que sont le raisonnement causal, le processus de catégorisation sociale et l'intentionnalité. C'est à partir de ces trois attributs que les auteurs ont identifié trois processus cognitifs sous-jacents :
Par ailleurs, d'autres psychologues sociaux ont mis en avant un quatrième biais cognitif facteur d'adhésion aux théories du complot. Il s'agit du biais de simple exposition à une théorie. Bien qu'il soit différent, il s'apparente à l'effet de simple exposition mis en avant par Robert Zajonc qui augmente la probabilité d'avoir un sentiment positif envers quelqu'un ou quelque chose par la simple exposition répétée à cette personne ou cet objet. Le biais de simple exposition à une théorie, lui, augmente la probabilité d'adhérer à une théorie par la simple exposition à cette théorie : 
Concernant la persistance de l'adhésion à une théorie du complot, les psychologues sociaux Olivier Klein et Nicolas Van der Linden ont mis en avant deux biais cognitifs pouvant favoriser la persistance de cette adhésion. Il s'agit de l"'hyperphagie assimilatrice" et de la "persistance des croyances".
D'autres biais cognitifs peuvent favoriser les interprétations conspirationnistes :
Une trentaine de biais cognitifs ont été répertoriés (Voir aussi ).
Pour ce qui est des théories du complot elles-mêmes, certains psychologues en font le symptôme d'une forme de paranoïa, en particulier du délire d’interprétation de Sérieux et Capgras, trouble psychiatrique dont le thème délirant du complot est constitutif. Cependant, cette interprétation est majoritairement considérée comme insuffisante, dans la mesure où elle ne prend pas la peine de s'intéresser à la théorie du complot sur le plan de la finalité, de sa « fonction ».
 
L'explication par la psychologie sociale repose notamment sur les travaux de la professeur de théorie politique Hannah Arendt, qui relie le conspirationnisme à un « besoin de cohérence », de l'historien américain Richard Hofstadter, qui évoque « un style paranoïde » de la politique, les travaux du politologue français Raoul Girardet ou ceux des psychologues Carl F. Graumann et Serge Moscovici, qui parlent de « mentalité du complot ». D'après leurs travaux, la qualité persuasive des théories du complot repose sur les éléments suivants, qui ont en commun de compenser un sentiment d'impuissance :
Il existe aussi des facteurs dans la psychologie de l'individu qui pourraient favoriser l'adhésion à une théorie du complot. Les facteurs les plus populaires sont les suivants :
La propagation des théories du complot fonctionne sur le mode de la rumeur. Lorsque l'information est diffusée, elle est transformée. Au fur et à mesure que la rumeur se diffuse, elle devient de plus en plus facilement compréhensible. De plus, plus l'information est accessible, plus elle se diffuse largement. La propagation exponentielle des rumeurs et des théories du complot relève donc d'une réciprocité entre diffusion et transformation. Par ailleurs, ce phénomène de propagation se situe toujours dans un contexte historique, politique et socio-économique bien précis. La transformation de l'information est donc une représentation culturelle partagée, c'est une construction de sens en lien avec le contexte dans lequel il émerge, et non une simple dégradation de l'information.
Les théories du complot peuvent germer de plusieurs manières :
D'un point de vue plus psychologique, Van Prooijen et Jostmann identifient plusieurs facteurs qui influencent le fait de croire ou de ne pas croire aux théories du complot, comme l'incertitude subjective et la moralité perçue des autorités. Selon eux, il faut que l'incertitude atteigne un certain niveau pour que les croyances au complot émergent en se basant sur cette moralité. Paradoxalement, les auteurs ont montré dans la même étude que l'incertitude ressentie peut aussi favoriser la non adhésion aux théories complotistes. Ainsi, ils concluent finalement que 
Il existe de nombreuses théories du complot, qui attribuent des intentions perverses et un pouvoir démesuré à des catégories particulières d'individus (communistes, francs-maçons, juifs, lépreux) ou à des institutions (Église catholique, gouvernements, organisations internationales).
De nombreux ordres liés à l'Église ont été la cible de théories du complot à travers l'histoire, comme les Templiers. L'Église elle-même a parfois été la cible du conspirationnisme : en 1678, le Popish Plot ou « Complot papiste », fausse accusation de conspiration portée envers les catholiques anglais, déclencha des persécutions, la promulgation de lois répressives, et des remaniements diplomatiques. Les Jésuites ont également été régulièrement visés dans de nombreux pays : au Portugal et en Espagne, en Chine et au Japon, en Pologne et en Allemagne. Dès le début du , le faux "Monita secreta" les montre complotant pour conquérir l'influence politique et économique. Ils sont plus tard visés par une théorie du complot politique par les jansénistes et de nombreux protestants. Au , ils sont désignés comme l'« Ordre noir » par Jules Michelet et Edgar Quinet qui attribuent, dans leur livre "Les Jésuites", la Restauration et la Monarchie de Juillet à un complot des jésuites. Les romans d'Eugène Sue (notamment "Le Juif errant", publié sous forme de roman feuilleton dans le contexte difficile de la révolution de 1848) se sont largement fait l'écho de ces croyances. Plus tard, l'Opus Dei passe à son tour pour une société secrète et financière qui contrôle les États.
Plus récemment, à travers les nouveaux mouvements religieux de la nébuleuse New Age et les ouvrages d'auteurs néo-gnostiques, une théorie du complot se répand selon laquelle l'Église de Rome serait une puissance conspiratrice depuis l'investiture de l'apôtre Pierre comme souverain pontife, et que Jésus aurait été victime d'un complot politique : son enseignement aurait été maltraité et expurgé de sa dimension essentielle pour maintenir les individus dans l'ignorance, notamment lors du premier concile de Nicée. On voit alors la prétendue vérité cachée « réapparaître » dans des publications contemporaines qui se proposent de réécrire l’histoire du christianisme : "The Jesus Conspiracy" de Holger Kersten et Elmar R. Gruber en 1994, "" de Lynn Picknett et Clive Prince en 1997, ou encore "The Jesus Papers: Exposing the Greatest Cover-Up in History" de Michael Baigent en 2006. Ces thèses pseudo-historiques se fondent en fait sur des écrits apocryphes rédigés entre les et siècles de notre ère, comme l’"Évangile de Nicodème" ou l’"Évangile de Philippe", mais aussi des ouvrages beaucoup plus récents, comme "L'Évangile du Verseau". L'on peut aussi rajouter après le Complot catholique et le Complot juif le Complot sur les musulmans (eurabia) de 2005. Pour mieux comprendre, voir Critique de l'islam et Islamophobie. C'est donc le complot religieux le plus récent, très critique et certainement un des plus virulents.
Au , dans certaines villes en Europe, se développe l'idée d'un complot des lépreux, qui vont être persécutés et isolés dans certaines villes en France. On leur reproche de chercher à prendre le pouvoir et d'empoisonner l'eau. Ces accusations vont s'étendre aux juifs, qui auraient passé une entente avec les lépreux et le souverain musulman du royaume de Grenade. Ces peurs finiront par atteindre les présumés sorciers et sorcières aux quinzième et seizième siècle.
Les francs-maçons et des sociétés secrètes analogues, comme les Illuminés de Bavière, ont souvent été la cible de théories du complot, accusés qu'ils sont d'être une force agissant dans l'ombre. L'affaire des fiches en 1904 – fichage secret et ségrégation politique et religieuse réalisés par l'obédience maçonnique Grand Orient de France contre les officiers catholiques – a ravivé l'imagination. En Turquie, la Révolution Kémaliste serait due à un complot de la loge Union et Progrès, qui a créé le parti Jeunes-Turcs. La propagande de Vichy attribue la défaite de la France en 1940 à l'influence pacifiste de la Franc-maçonnerie sur les gouvernements du Front Populaire. Un prétendu complot synarchique sera également dénoncé par le régime de Vichy.
L'URSS a eu recours à la théorie du complot, invoquant des complots des Mencheviks, des socialistes-révolutionnaires, des anarchistes ou de députés de l'ex-Constituante. Plus tard suivront la théorie du complot des Trotskystes qui aboutira à l'assassinat de Trotsky, le complot de sabotage des Koulaks ukrainiens pour expliquer la famine ukrainienne ou le complot des Jdanovistes, dit aussi « complot des blouses blanches », visant des médecins juifs, sous Staline, en 1950. Dans les années 1930, d'autres « complots » virtuels furent dénoncés et punis avec les Grandes Purges.
Inversement, la révolution bolchévique a pu également être dénoncée comme un complot, mené en particulier par le « judéo-bolchevisme ». À l'époque de la décolonisation, certains ont développé que les guerres d'indépendance, comme celle de l'Algérie ou d'Indochine, ne seraient pas le fait des masses populaires, mais de factions d'opposition armées et financées par le Parti communiste soviétique ou d'autres pays étrangers pour s'approprier les ressources naturelles du pays.
Les principaux tenants de cette théorie sont Anton Parks et David Icke. Selon cette théorie, un nombre de preuves archéologiques important soutiendrait l'idée que toutes les théories du complot elles-mêmes auraient pour fonction de confondre les foules au sujet d'une vérité cachée, qui en fait masquerait une réalité plus grande et plus incroyable encore. Dans cette théorie, il est question d’extraterrestres (en général des reptiliens ou des petits-gris) dont le niveau de compréhension de la psychologie humaine permettrait depuis des millénaires d'inciter à des comportements préjudiciables pour soi et autrui, ceci dans le but de maintenir l'humanité dans des « vibrations basses », de manière à les détourner de toute forme de spiritualité, et donc de liberté. Cette domination invisible, dissimulée derrière une illusion démocratique, serait relayée par les gouvernements, consciemment ou non.
L'autre principal complot d'origine extra-terrestre est lié à l'existence supposée du Majestic 12. Ce groupe secret (ou le groupe qui lui aurait succédé sous d'autres noms) aurait selon certains (Jimmy Guieu, Paul Hellyer, Steven M. Greer, Edgar Mitchell, etc.) réalisé secrètement, pour son propre compte (avec ou sans l'accord du gouvernement des États-Unis, avec ou sans l'aide des extraterrestres eux-mêmes), une rétroingénierie de la technologie extraterrestre et empêché toute diffusion de ses découvertes (notamment l'énergie du vide). Pour le colonel Philip J. Corso, cette rétroingénierie a été pratiquée dès 1947 à la suite de l'affaire de Roswell et a conduit à l'élaboration de nombreuses techniques modernes, dont la fibre optique, le laser ou les circuits intégrés.
Les États-Unis sont au cœur de nombreuses théories du complot. La question de l'intervention des multinationales américaines ou de la CIA dans les coups d'État de la seconde moitié du en Amérique latine (Bolivie, Panama) est controversée. Leur intervention est parfois historiquement documentée (l'opération PBSUCCESS ou le coup d'État chilien du 11 septembre 1973 par exemple) ; alors que dans certains cas seuls des soupçons alimentent l'idée d'un complot. L'assassinat de John F. Kennedy n'a jamais cessé de susciter diverses théories, dont certaines accusent les services secrets américains (film "JFK" d'Oliver Stone : assassinat présenté comme une sorte de coup d'État camouflé). Les attentats du 11 septembre 2001 sont actuellement l'objet de la théorie du complot la plus populaire selon le journal britannique "The Economist". On retrouve, par exemple, la mise en cause des services secrets américains pour réfuter l'implication des seuls pirates de l'air dans les attentats, résultant d'un complot intérieur aux États-Unis.
La rumeur sur le programme Apollo selon laquelle l'engin ne se serait jamais posé sur la Lune et serait une mise en scène entre également, selon de nombreux commentateurs, dans le cadre d'une théorie du complot. Une autre théorie interne aux États-Unis explique que la FEMA aurait en réalité pour objet de construire des camps de détention où seraient emprisonnés tous les opposants potentiels au gouvernement fédéral après que celui-ci eut décrété l'état d'urgence et instauré une dictature dans le pays.
Les agitations politiques survenues dans le monde arabe à partir de la Tunisie, à partir de décembre 2010, ont aussi été expliquées, par certains penseurs et écrivains, comme étant une conséquence d'un complot américain organisé par les États-Unis.
En 2010, le projet HAARP (High frequency active auroral research program) a été considéré par les adeptes de la théorie du complot et par certains scientifiques comme étant à l'origine des tempêtes de fin décembre 1999 en Europe, du séisme de 2010 à Haïti, des incendies de forêt en Russie de 2010, des inondations en Chine en 2010. Pour Nicole Bacharan, politologue franco-américaine, la théorie du complot accuse systématiquement les services secrets américains de vouloir contrôler secrètement le monde. Elle ironise en affirmant : « Dans les théories du complot, il faut poser une fois pour toutes que l'Amérique a toujours tort et qu'elle a toujours de mauvaises intentions ».
À travers l'histoire, des organisations et des fondations politiques internationales ont été accusées de vouloir dominer secrètement le monde, comme le Groupe de Bilderberg ou la Commission Trilatérale. Les déclarations suivantes de David Rockefeller sont couramment citées comme des indices du caractère secret et des ambitions mondialistes de la Commission qu'il a créée. 
La théorie du complot doit être distinguée du canular et de la légende urbaine, même si elle s'en rapproche parfois. Les rumeurs selon lesquelles Adolf Hitler ou Elvis Presley seraient encore vivants, ou que Paul McCartney serait mort en 1966 et remplacé par un sosie, de même que certains canulars (notamment les canulars informatiques diffusés par chaîne de courriels), peuvent prendre la forme de théories du complot. La recherche sur certains sites de référence comme HoaxBuster ou Hoaxkiller permet d'infirmer ces canulars.
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