Louis VII le Jeune

, dit « Louis le Jeune », né en 1120 et mort en 1180 à Paris, roi des Francs de 1137 à 1180, est le fils de , dit « Louis le Gros », roi des Francs, et d’Adélaïde de Savoie (v. 1092-1154).
Sixième souverain de la dynastie des Capétiens directs. Il épouse successivement Aliénor d'Aquitaine, Constance de Castille, et Adèle de Champagne. Son fils Philippe Auguste lui succède.
Il est sacré roi et couronné, à Reims, dès le , par le pape , après la mort accidentelle de son frère aîné Philippe de France (1116-1131) (à ne pas confondre avec Philippe, son frère cadet du même prénom), à la suite d'une chute de cheval provoquée par un cochon errant, le 14 octobre 1131. Louis étant le second fils de le gros, il n'était pas prédestiné à une carrière royale et son père lui réservait une carrière ecclésiastique, voire une carrière monastique comme son frère cadet Henri, d'où sa piété austère et rigoureuse. Son inexpérience et sa faible préparation à l'exercice du pouvoir expliquent probablement sa désastreuse politique malgré les réticences de Suger.
Après le décès de son père « le Gros », d'une dysenterie probablement consécutive à un excès de bonne chère, il est à nouveau couronné à Bourges, le .
Avant de mourir, son père avait organisé son mariage avec Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), fille de d'Aquitaine, duc d’Aquitaine et d’Aénor de Châtellerault. Le mariage eut lieu à Bordeaux, le . Il est lui-même couronné duc d'Aquitaine, à Poitiers le . Ce mariage fabuleux permit au domaine royal de presque tripler, car la jeune mariée apporte dans sa dot la Guyenne, la Gascogne, le Poitou, le Limousin, l’Angoumois, la Saintonge et le Périgord, c’est-à-dire une partie du Midi et de l’Ouest de la France, l’équivalent de 19 départements actuels (une spécification avait été faite, lors du mariage, que le duché aquitain ne s'absorberait pas dans le Royaume de France: L'union devait rester purement personnelle). Le caractère du roi, dévot, ascétique (il aurait voulu être moine), naïf et maladroit, mou dans ses décisions, s’accorde mal avec le caractère d'Aliénor, fort et sensuel. Cependant les dix premières années semblent se passer sans réelle mésentente.
En 1138, s’oppose au comte de Champagne et au pape au sujet de l’investiture pour l’évêché de Langres, pour lequel il avait imposé Guillaume de Sabran, un moine de Cluny au lieu d'un candidat de Bernard de Clairvaux. Il s’oppose à nouveau au pape en tentant d’imposer son candidat au siège de Bourges en 1141 contre Pierre de La Châtre, soutenu par le pape . Celui-ci finit par excommunier et Pierre de La Châtre qui trouvent refuge en Champagne. lève ensuite cette excommunication. En décembre 1142, le roi envahit le comté et lors de son avancée incendie en janvier 1143 Vitry-en-Perthois et son église dans laquelle s’étaient réfugiés les habitants du village, qui y trouvèrent une mort affreuse.
En vue d'apaisement, il signe le traité de Vitry avec le comte à l’automne 1143, acceptant l’élection de Pierre de La Châtre pour faire lever l'interdit qui pèse sur le royaume. Le , il participe à la conférence de Saint-Denis pour régler définitivement le conflit entre le Saint-Siège et lui.
Pour sceller le règlement du conflit, il accepte de prendre part à la deuxième croisade prêchée par saint Bernard de Clairvaux, et aux environs de Noël 1145, annonce sa décision de partir pour porter secours aux États chrétiens de Palestine, menacés par les Turcs qui viennent d’envahir le comté d'Édesse où de nombreux chrétiens sont massacrés. Le pape approuve cette croisade et autorise le Roi de France à prélever le décime, c'est-à-dire d'imposer les biens ecclésiastiques, normalement exclus de tout impôt, pour financer son expédition. Vers Pâques 1146, le roi prend la croix en même temps que de nombreux barons lors de l’assemblée de Vézelay.
Le , le roi et Aliénor partent pour la deuxième croisade, à la tête de 300 chevaliers et d’une nombreuse armée, suivie peu à peu par des dizaines de milliers de pèlerins. Se mettant en marche à partir de Metz, ville impériale, ils passent par la vallée du Danube, où ils sont rejoints par l’armée de l’empereur et prévoient de passer en Asie mineure par Constantinople, où ils arrivent le .
L’expédition est marquée par la discorde entre les clans français et allemand, l’inexpérience de qui se montre velléitaire, et le soutien douteux des Byzantins qui nuisent plus aux chrétiens qu’ils ne les aident. Trompé par ceux-ci, est battu par les Turcs en Asie Mineure et connaît plusieurs revers en Syrie. Il rejoint à grand peine Antioche en , alors aux mains de Raymond de Poitiers, oncle d’Aliénor, qui reçoit les Croisés avec beaucoup d’égards.
Raymond espère que va l’aider à combattre l’ennemi qui l’avait dépouillé de certains de ses territoires, mais le roi ne pense qu’à aller à Jérusalem. Aliénor tente en vain de convaincre son mari d’aider son oncle Raymond de Poitiers. Le roi préfère prendre conseil auprès du Templier eunuque Thierry de Galeran. Après coup, les chroniqueurs de l’époque se déchaînent et accusent la reine d’adultère : Guillaume de Tyr l’accuse même d’un inceste avec son propre oncle.
Forçant Aliénor à le suivre, quitte Antioche et gagne Jérusalem où il accomplit le pèlerinage qu’il s’était imposé. En , il tente de prendre Damas, devant laquelle son armée est repoussée. Le couple royal séjourne encore une année en Terre sainte avant de revenir séparément vers la France, par mer. Le roi fait d'abord escale en Calabre où il débarque le . Il séjourne dans le royaume de Sicile où il attend trois semaines l'arrivée de la reine venant de Palerme. À Potenza et durant trois jours, fut l'hôte du roi normand de Sicile. Sur le chemin du retour, il eut à Tivoli une entrevue avec le pape (9-). 
En définitive, la participation de à cette deuxième croisade fut lourdement préjudiciable à l’avenir du royaume, car l’expédition se solda par un très lourd échec sur tous les plans. D'abord sur le plan financier, car cette expédition appauvrit considérablement le trésor royal ; sur le plan politique, car le roi ne s’est pas occupé directement du royaume pendant ses deux années d’absence, et par conséquent, a relâché son emprise sur les grands féodaux ; sur le plan militaire, car la croisade est une succession d’échecs militaires ; de plus, une partie de sa chevalerie et une grande armée ont été sacrifiées ; et sur les plans dynastiques, patrimoniaux, territoriaux et stratégiques car cette croisade provoque la rupture du roi avec Aliénor, lors de la séparation, Aliénor récupère les fiefs qu’elle avait apportés dans sa dot. Cette dernière va alors épouser le futur roi d’Angleterre, Henri Plantagenêt. Ce mariage apporte d’immenses territoires à la couronne d’Angleterre, permettant ainsi la présence sur le continent d’un redoutable concurrent au roi de France. Par ce mariage, le roi d'Angleterre règne sur un territoire qui s’étend de l’Écosse aux Pyrénées, comprenant l’Angleterre, l’Anjou, le Maine, la Normandie, l’Aquitaine et la Bretagne. Les successeurs de Louis bataillent sans relâche contre l'Angleterre pendant à peu près cent ans pour finalement récupérer une bonne partie des territoires perdus par et faire la paix avec l'Angleterre pour un bon moment en 1259 lors du traité de Paris.
Dès le voyage de retour en France, en , pense à se séparer d’Aliénor. Mais le pape , lors d’un arrêt au Mont-Cassin, puis l’abbé Suger réussissent à les réconcilier, et en 1151, Alix de France (1150-1195), seconde fille du couple royal, vient au monde, après Marie de France (1145 - 11 mars 1198), née avant le départ de la croisade.
Cependant, après le décès de Suger, en 1151, le roi désirant toujours la séparation, le Second concile de Beaugency trouve finalement une faille, au motif que l’arrière-grand-mère d’Aliénor, Audéarde de Bourgogne, était la petite-fille de Robert le Pieux, arrière-arrière-grand-père de (cousinage au civil, mais au canonique), et de ce fait prononce l’annulation du mariage le . Aliénor reprend sa dot, et le , elle épouse en secondes noces le comte d’Anjou Plantagenêt, qui devient roi d’Angleterre en 1154. Il a 19 ans et elle, 30 ans.
Cette faute politique s'ajoute en tant qu'élément déclencheur dans la rivalité entre les rois de France et les rois d’Angleterre, qui a débuté sous le règne de de France, pour se terminer au milieu du . Beaucoup d'historiens médiévistes considèrent que cette séparation est à l'origine d'une .
Geoffroy d'Anjou est alors un des principaux vassaux du Roi de France. Fin stratège, il se marie avec Mathilde, petite-fille de Guillaume le Conquérant ce qui lui permet, en plus de l'Anjou, de revendiquer la Normandie mais aussi le trône d'Angleterre si jamais Étienne venait à mourir sans descendance. Geoffroy, qui conquiert progressivement la Normandie, meurt finalement en 1151, laissant derrière lui trois fils. L'aîné, Henri, a l'intelligence de se marier avec Aliénor d'Aquitaine à la suite de son divorce avec le Roi de France, en 1152. Henri possède alors un domaine plus grand que celui du Roi de France, domaine qui s'agrandit avec la mort d'Étienne, qui le désigne comme son successeur à la couronne d'Angleterre en 1153 avec le traité de Wallingford. Henri est finalement couronné Roi d'Angleterre en 1154.
En 1158, et Plantagenêt se réconcilient et se font la promesse d’un mariage entre Marguerite de France et Henri le Jeune. Apaisement de courte durée, dès mars 1159, s’en prend au comté de Toulouse, et durant l’été, contraint le roi d’Angleterre à lever le siège de la ville de Toulouse. Lors de l'année 1163, rend hommage à pour la Normandie au nom de son fils Henri le Jeune. fait alliance avec les comtes de Flandre et de Champagne tandis que l'on pose la première pierre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, c'est le pape qui a cet honneur. offre la somme de deux cents livres pour la construction dirigée par Maurice de Sully, évêque de Paris.
Il y a un affrontement entre Plantagenêt et Thomas Becket l’archevêque de Cantorbéry, soutenu par . Finalement quatre chevaliers fidèles d’ tuent l’archevêque.
Le , naît Philippe Auguste, unique héritier mâle de . Le , le traité de mariage d’Adèle avec Richard Cœur de Lion est signé.
En 1172 et 1173, pousse Henri et Richard, les enfants d’Plantagenêt, à entrer en conflit avec leur père. Fin 1173, et concluent à Caen une trêve provisoire et réaffirment vers le printemps 1174 l’intention de marier leurs enfants Adèle et Richard.
En 1177, le pape impose à la conclusion du traité d'Ivry, signé le 21 septembre, et par lequel les deux rois se jurent amitié ; traité suivi, le , par la signature d’un pacte de non-agression. Le du 28 juin 1180 marqua la fin de cette série de guerres continuelles entre la France et l’Angleterre.
Le , il fit sacrer son fils Philippe Auguste, et épuisé par la maladie, il lui abandonna le pouvoir l’année d’après.
En 1180 se conclut le mariage d’Agnès et d’Comnène. meurt finalement le , d'une cachexie paralytique dans son palais royal de la Cité à Paris. Le lendemain, il est inhumé à l’abbaye royale Saint-Port de Barbeau qu’il a fondée près de Fontaine-le-Port, en bord de Seine entre Melun et Fontainebleau. Son fils Philippe Auguste lui succède. Ce dernier exerçait en fait le pouvoir depuis le 28 juin 1180, jour où son père lui abandonna le pouvoir.
À la suite de l'abandon de l'abbaye de Barbeau, fait transporter le les cendres de à la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France.
Bien qu’éduqué pour être clerc ou moine plutôt que roi, a joué un rôle important dans l’histoire de France :
Cependant, la deuxième croisade fut calamiteuse, et la séparation d’avec Aliénor d’Aquitaine est une erreur lourde, qui fournit à un vassal mineur le moyen de s’imposer, en plaçant le roi de France en infériorité territoriale pendant près d’un demi-siècle. Il fallut l’action de trois grands rois, Philippe Auguste, « le Lion » et , pour redresser la situation et arriver à réduire les conséquences de cette lourde décision.
La monarchie, jusque-là itinérante, s’est fixée à Paris car la présence du roi dans tout son domaine n’est plus nécessaire. Un embryon d’administration centrale et locale s’est formé. Autour de lui, des familiers lui ont donné des conseils politiques, et vont former le Conseil du roi, les services centraux de la monarchie regroupent les chefs des services domestiques du palais. En province, des prévôts ont été chargés par le roi de collecter les revenus, de lever des contingents militaires et de rendre la justice. Comme son père, le roi va soutenir le mouvement d’émancipation des communes, va accorder des privilèges aux communautés rurales et émanciper des serfs.
D'une maîtresse au nom resté inconnu, il est le père de Philippe de France (mort en 1161).