Alexandre Alekhine

Alexandre Aleksandrovitch Alekhine (en ), né à Moscou le et mort à Estoril (Portugal) le , est un joueur d'échecs russe naturalisé français en 1927.
Quatrième champion du monde des échecs de 1927 à 1935 et de 1937 à sa mort, il fut le premier champion du monde d'échecs à reconquérir son titre et le seul à mourir en portant son titre. Il a donné son nom à une ouverture, la défense Alekhine, qu'il employa à Budapest en 1921.
Alexandre Alekhine est né le à Moscou dans une famille aisée de l'Empire russe : son père était propriétaire terrien et sera député à la Douma d'État de l'Empire russe. Alexandre a un frère aîné Alexeï, contre lequel il joua des parties, et une sœur, Varvara. Il apprend à jouer aux échecs à sept ans. Alekhine fait ensuite de brillantes études et apprend le français et l'allemand au lycée.
Après quelques tournois par correspondance, il dispute son premier tournoi important à Düsseldorf en 1908 et termine quatrième. En 1909, il entre dans l'école de Droit pour la noblesse de Saint-Pétersbourg, où les élèves internes portent l'uniforme militaire. Il obtient ses premiers succès au championnat de Russie amateur disputé à Saint-Pétersbourg en 1909, puis aux tournois internationaux de Stockholm en 1912 et de Scheveningue en 1913. En 1914, il remporte le championnat de Russie, "ex æquo" avec Aaron Nimzowitsch, et la même année, termine troisième du très fort tournoi international de Saint-Pétersbourg remporté par le champion du monde Emanuel Lasker devant son futur successeur José Raúl Capablanca.
Il participe au tournoi de Manheim lorsque la Première Guerre mondiale éclate et interrompt le tournoi. Alekhine est arrêté par les autorités allemandes.
Il parvient cependant à rentrer en Russie, est blessé deux fois à la guerre et est ensuite plusieurs fois médaillé comme collaborateur de la Croix-Rouge.
Après la guerre et la Révolution russe, Alekhine remporte le championnat de Moscou et le premier championnat de la RSFSR en 1919-1920. Arrêté une première fois par la Tcheka, il échappe chanceusement au peloton d'exécution. Selon la légende, en prison, il aurait joué une partie contre Léon Trotsky lui-même, qui était un très bon joueur.
Alekhine quitte la Russie soviétique pour l'Ukraine, mais revient à Moscou, où il obtient un poste de traducteur. 
Le 21 février 1921, il est arrêté une seconde fois par la Tcheka, mais il réussit à persuader la police qu'il est innocent des charges qu'on lui reproche. En mai 1921, à l'occasion de son mariage, il obtient l'autorisation d'un voyage en Lettonie, il quitte définitivement la Russie d'abord pour Berlin, puis pour la France, où il arrive en janvier 1922. En 1921, il remporte les trois tournois auxquels il participe.
Par la suite, Alekhine refusera toujours de revenir en Union soviétique.
En 1924, Alekhine termine troisième du tournoi de New York, derrière les champions du monde Emanuel Lasker et Capablanca.
Le premier février 1925, à Paris, où il habite désormais, Alekhine dispute une partie simultanée sur 28 échiquiers à l'aveugle avec un score de (+22 -3 =3). Le lendemain, il reconstitue précisément, de mémoire, les vingt-huit parties disputées. L'année précédente, Alekhine avait déjà disputé une autre séance record à l'aveugle, sur 26 échiquiers, à l'issue du tournoi de New York 1924. Son record fut porté à 32 parties lors d'une simultanée à l'aveugle disputée à Chicago en 1933.
En 1927, Alekhine termine deuxième du tournoi de New York derrière le nouveau champion du monde Capablanca — Lasker ayant refusé de participer au tournoi. Avec ce résultat, Alekhine devient le challenger naturel du champion du monde qu'il rencontre à Buenos Aires en 1927.
Alekhine a demandé pour la première fois son admission à résidence en France et sa naturalisation le 3 novembre 1924, mais le dossier a été classé sans suite en raison de ses multiples voyages à l'étranger pour participer à des compétitions internationales d'échecs, et parce qu'il avait été signalé en avril 1922 comme un .
La Fédération française des échecs intervient en avril 1927 auprès du ministère de la Justice pour qu'Alekhine puisse participer à la tête de l'équipe française au premier « Tournoi des Nations » qui doit avoir lieu en juillet 1927 à Londres. Mais la nouvelle loi sur la naturalisation, facilitant l'acquisition de la nationalité française en raison de la baisse de population consécutive à la Première guerre mondiale, n'est publiée que le 10 août 1927. Le décret de naturalisation d'Alekhine (et de plusieurs centaines d'autres postulants) est signé le 5 novembre et publié au Journal officiel du 14-15 novembre 1927.
Alekhine devint champion du monde en 1927 en battant à Buenos Aires le tenant du titre, le Cubain José Raúl Capablanca sur le score de 18,5 à 15,5 (+6, -3, =25), au terme d'un match marathon de plus de 2 mois et 34 parties. En dépit de multiples négociations, le match revanche promis au Cubain ne fut jamais organisé. À l'époque, c'était encore les champions qui choisissaient les challengers.
Alekhine domina le monde des échecs pendant toute la période entre 1929 et 1933 : il réalisa l'exploit de se classer premier sans interruption dans les 15 tournois auxquels il participa, cette série étant arrêtée par une deuxième place au tournoi d'Hastings, derrière Salo Flohr. Au lieu de défier Capablanca comme il l'avait pourtant promis, il choisit comme challenger son ancien compatriote Bogoljubov, moins redoutable.
Alekhine conserva facilement son titre face à Efim Bogoljubov en 1929 (15,5 à 9,5 ; +11, -5, =9), puis en 1934 (15,5 à 10,5 ; +8, -3, =15).
À la surprise générale, Alekhine perdit son titre en 1935 face au Néerlandais Max Euwe (14,5 à 15,5 ; +8, -9, =13). Alekhine souffrait d'alcoolisme et ne parvenait pas à contrôler sa dépendance. À la suite de sa défaite, il arrêta de boire et reprit le titre de champion du monde deux ans plus tard, en 1937, lors du match revanche (15,5 à 9,5 ; +10, -4, =11).
En 1938, le tournoi AVRO fut organisé pour départager les candidats éventuels à un match de championnat du monde contre Alekhine qui conserva néanmoins la possibilité de désigner son challenger. Le tournoi fut remporté par l'Estonien Paul Keres et l'Américain Reuben Fine, mais Alekhine entreprit des négociations avec le troisième du tournoi Mikhaïl Botvinnik. Les pourparlers furent interrompus par la Seconde Guerre mondiale.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le titre de champion du monde ne fut pas remis en jeu.
En septembre 1939, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, Alekhine participait à l'Olympiade de Buenos Aires. En janvier 1940, il arriva à Lisbonne, et demanda à être mobilisé comme interprète dans l'armée française. Il rentra en France en février. Après l'Armistice, démobilisé, il transmit à Capablanca en juillet 1940 sa proposition de disputer un match. La communication se fit par l'intermédiaire du consulat de Cuba à Marseille et les négociations se poursuivirent jusqu'en 1941 et l'entrée en guerre des États-Unis.
À la fin de mars 1941, Alekhine fut autorisé à se rendre en Espagne. Il avait l'espoir de partir au Brésil ou à New York. Son épouse, , était restée dans leur château près de Dieppe pour sauver les biens du champion. Pour délivrer un visa à Alekhine et protéger sa femme, née américaine et naturalisée britannique, les autorités allemandes auraient alors demandé à Alekhine de rédiger plusieurs articles sur les échecs pour le quotidien allemand "Pariser Zeitung" qui parurent sous son nom en mars 1941.
Quand Alekhine arriva à Lisbonne en avril 1941, il apprit que son projet de match avec Capablanca avait échoué ; il fut malade et se remit à boire. À ce moment, les articles d'Alekhine étaient repris avec d'importantes variantes dans la "Deutsche Schachzeitung" et dans d'autres journaux nazis comme "Deutsche Zeitung in der Niederlanden", d'avril à juillet 1941, sous le titre , sous-titré . Ils provoquèrent l'indignation dans le monde. Euwe refusa de participer dans les tournois auxquels participait aussi Alekhine.
À la fin de la guerre, Alekhine fut accusé d'avoir collaboré avec les Nazis pour protéger sa femme et sauver ses biens en France, notamment son château à Saint-Aubin-le-Cauf. Après la libération de la France (en 1944), Alekhine affirma à plusieurs reprises que n'était de sa main et que ses articles avaient été manipulés. Cependant, lors d'entretiens accordés pendant son séjour en Espagne en 1941, il aurait ajouté qu'il avait été . Dans ces articles, il écrivait que les étaient et considérait la défense comme la conséquence d'une erreur antérieure, et le fait que l'on pouvait gagner avec la un .
En septembre 1941, Alekhine quitta le Portugal pour disputer le deuxième tournoi "Europa" à Munich. De 1941 à 1943, il multiplia les tournois en Europe occupée : à Cracovie, Lublin et Varsovie (en 1941 et 1942), à Munich (1941 et 1942), à Salzbourg (en 1942 et 1943), à Prague (en 1942 et 1943) ainsi que des conférences et des exhibitions en Allemagne, Autriche Pologne, Espagne et au Portugal. De 1941 à 1944, il disputa dix tournois à cadence lente et il termina six fois seul premier, trois fois premier "ex æquo" et il ne concéda qu'une deuxième place "ex æquo" lors du tournoi de Munich de septembre 1941 remporté par Gösta Stoltz. En 1942, il remporta le championnat européen organisé par les Allemands à Munich. Quelques jours après la fin du tournoi de Prague, en décembre 1942, Alekhine donna quelques parties simultanées, puis tomba malade et fut hospitalisé pendant un mois ; les médecins diagnostiquèrent la scarlatine. En avril 1943, Alekhine remporta le tournoi de Prague avec le score de 17 / 19 (+15 =4) et 2,5 points d'avance sur Keres. Il proposa alors de disputer un match contre Keres qui déclina l'offre. En juin 1943, il gagna le tournoi de Salzbourg, "ex æquo" avec Keres et devant Bogolioubov.
À la fin de 1943, les bombardements des Alliés ne permettaient plus d'organiser des tournois dans l'Europe occupée par les Allemands ; Keres déclina une proposition de match. Invité par la fédération espagnole, Alekhine quitta l'Europe occupée en octobre 1943 et arriva à Madrid le 15 octobre 1943. Par la suite, il ne quitta plus l'Espagne et le Portugal, alors que sa femme restait en France. Arrivé trop tard pour disputer le tournoi de Madrid, auquel il avait été invité, Alekhine disputa néanmoins un tournoi éclair (5 minutes pour toute la partie) et finit cinquième des quatorze participants. Affaibli, il fut interné dans un sanatorium pour résoudre ses problèmes d'alcool.
En 1944 et 1945, Alekhine, toujours sans sa femme, poursuivit son activité en Espagne et au Portugal. Un médecin diagnostiqua une dépression nerveuse. En 1945, Alekhine reçut une invitation pour disputer le tournoi d'échecs d'Hastings de 1945-1946 ; cette invitation fut retirée à la suite de l'opposition des fédérations néerlandaise et américaine. Le 28 novembre 1945, il apprit que son invitation au tournoi de Londres 1946 avait été résiliée. Reuben Fine et Max Euwe auraient protesté contre son admission. Ils reprochaient à Alekhine ses articles au "Pariser Zeitung" et son silence. Alekhine répondit par une lettre contre ces accusations : il niait avoir écrit les articles et regrettait de ne pouvoir se défendre à Londres. Fin décembre, choqué par ces nouvelles, il disputa son dernier tournoi à Cáceres et il finit deuxième. Accompagné du vainqueur, Francisco Lupi, il partit à Estoril au Portugal où ils étaient invités par le casino pour disputer un match. Alekhine s'installa dans une pension. Le match eut lieu du 6 au 9 janvier 1946 et fut remporté par Alekhine deux victoires à un et une partie nulle. Le 9 mars 1946, le champion du monde fit sa dernière apparition en public lors d'une partie simultanée à Lisbonne.
Alekhine mourut le 24 mars 1946 dans sa pension à Estoril, au Portugal, dans des circonstances assez troubles et au moment même où un match contre Mikhail Botvinnik allait être organisé pour l'obtention du titre de champion du monde : début mars, Alekhine avait reçu la proposition de Botvinnik écrite en février 1946 et, la veille de sa mort, le 23 mars, la fédération anglaise avait donné son accord pour patronner le match.
Alekhine fut enterré au cimetière de Lisbonne le . En 1956, ses cendres furent transférées au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la . Sur sa tombe, où son nom est gravé en caractères cyrilliques et romains, est représenté un échiquier. Un bas-relief représente Alekhine devant un jeu d'échecs. Il est inscrit : .
Les tables suivantes donnent les résultats et les scores de Alexandre Alekhine dans les tournois et les matchs. La notation (+6 –4 =13) signifie : six victoires, quatre défaites et treize parties nulles.
De 1902 à 1910, Alekhine disputa plusieurs tournois par correspondance. Ses principaux résultats furent les suivants :
Alekhine disputa son premier tournoi sur l'échiquier à quatorze ans à Moscou (tournoi de printemps du club de Moscou) en juin 1907 ; le résultat ne nous est pas parvenu. Lors de son deuxième tournoi, le tournoi d'automne 1907-1908, remporté par Benjamin Blumenfeld, il termina - (+4 –9 =1) tandis que son frère Alekseï finissait -.
De 1918 à 1921, Alekhine fut invaincu en tournoi.
En janvier 1928, Alekhine était de retour en Europe. L'année 1928 fut consacrée à un tour d'Europe où le champion du monde disputa de nombreuses parties simultanées.
Après sa défaite contre Nimzowitch lors du tournoi de New York 1927, Alekhine fut invaincu en tournoi (en excluant le match contre Bogoljubov) jusqu'à l'olympiade de Prague en 1931 où il concéda une défaite, réalisant une série de 80 parties sans défaite (cinquante victoires et trente parties nulles : +50 =30, 81,25 %). Après sa partie perdue contre Hermann Mattison à l'olympiade, il porta son score en tournoi au total de (+74 –1 =38, soit 82,3 %) jusqu'au tournoi de Londres 1932.
De 1929 à 1933 (avant le tournoi d'Hastings 1933-1934), Alekhine termina premier (seul ou "ex æquo") de tous les tournois ou matchs auxquels il participa.
En 1925, 1935 et 1936, Alekhine refusa de participer aux tournois internationaux disputés à Moscou.
Le tournoi de Nottingham 1936 fut le seul tournoi disputé après 1912 où Alekhine ne termina pas parmi les quatre premiers.
Après avoir regagné le titre de champion du monde lors du long match contre Euwe (octobre – décembre 1937), Alekhine remporta tous les tournois importants auxquels il participa à l'exception du tournoi AVRO 1938, du tournoi de Munich 1941 et du tournoi de Gijón 1945 (Alekhine était déjà malade). De 1935 à 1943, le score de Alekhine contre Paul Keres, le vainqueur du tournoi AVRO, fut de 5 victoires, sept nulles et une seule défaite (à Margate en 1938) ; pendant la guerre (1940-1943), il marqua trois victoires et trois nulles contre Keres.
Alekhine joua à cinq reprises pour l'équipe de France lors des olympiades : en 1930, 1931, 1933, 1935 et 1939. Il marqua 78,5 % des points possibles (56,5 points sur 72), un des meilleurs pourcentages des joueurs français lors des olympiades (seuls deux joueurs ont un meilleur pourcentage avec 2 victoires sur deux parties disputées).
En 1930, il remporta toutes ses parties lors de l'Olympiade de Hambourg (9 points sur 9) mais la médaille d'or revint à Rubinstein sur la base du nombre de points marqués : 15 points sur 17 (+13 =4) ; Alekhine remporta le premier prix de beauté en 1930 pour sa victoire sur Gideon Ståhlberg.
Lors des deux olympiades suivantes, en 1931 et en 1933, Alekhine remporta la médaille d'or individuelle et ne concéda qu'une défaite à chaque fois : contre Hermann Mattison, à Prague en 1931 (sur dix-huit parties) et contre Tartakover à Folkestone en 1933 (sur douze parties).
En 1935 (à Varsovie) et 1939 (à Buenos Aires), il obtint la médaille d'argent sans perdre une partie.
La France ne participait pas à l'olympiade d'échecs de 1937 disputée en Suède. À Buenos-Aires, en 1939, Alekhine marqua 12,5 points sur 16 (sans perdre une partie) et Capablanca 11,5. Cependant, seul le résultat en finale comptait pour le classement individuel et là, le champion cubain marqua 8,5 sur 11 (soit 77,27 %) et Alekhine seulement 7,5 points sur 10 parties (75 %). Le Français finit seulement deuxième. Lors de la rencontre France - Cuba, Alekhine se présenta une demi-heure en avance mais Capablanca se fit remplacer et Alekhine gagna sa partie. Finalement la France termina dixième de l'olympiade et Cuba onzième.
Cette liste comprend les matchs exhibition disputés en moins de quatre parties et les matchs d'entraînement.
Alekhine, à la suite d'une blessure pendant la Première Guerre mondiale, est convalescent dans un hôpital. Pour passer le temps, il joue aux échecs avec les autres patients. Il y pratique l'une de ses spécialités : les parties à l'aveugle. Alors que tous ses adversaires voient l'échiquier, lui ne le voit que dans sa tête. Il doit donc non seulement calculer les coups possibles, mais doit aussi maintenir en mémoire la position actuelle des pièces.
Dans la partie à l'aveugle qui suit, il effectue un ballet au centre de l'échiquier qui matera le roi adverse. Jouant contre cinq adversaires à la fois, la combinaison qu'il joue est mondialement célèbre.
Alexandre Alekhine - Von Feldt, Tarnopol, 1916, Défense française
1. e4 e6 2. d4 d5 3. Cc3 Cf6 4. exd5 Cxd5 5. Ce4 f5
Les noirs jouent sans considérer les principes élémentaires de la stratégie. Alekhine est dorénavant certain de gagner, mais c'est la façon spectaculaire dont il s'y prend qui rend cette partie unique.
6. Cg5 Fe7 7. C5f3 c6 8. Ce5 0-0 9. Cgf3 b6 10. Fd3 Fb7 11. 0-0 Te8 12. c4 Cf6 13. Ff4 Cbd7 14. De2 c5
Les blancs contrôlent le centre et leurs pièces sont pointées vers le roque adverse. Les noirs ont ouvert leur roque et le pion en e6 est sans protection. Alekhine profite de ces deux facteurs pour mater son adversaire.
15. Cf7 !!
Un coup magnifique ! Les noirs doivent prendre le cavalier, car s'ils déplacent la dame, un mat étouffé suivra en commençant par 16. Dxe6.
15. ... Rxf7 16. Dxe6 !!
La pointe ! Si les noirs prennent la dame, alors suit 17. Cg5 mat. s'ils jouent 16. ... Rf8, alors 17. Cg5 décide de l'issue de la partie.
16. ... Rg6
Alekhine annonce mat en deux coups.
17. g4 Fe4 18. Ch4 #
Alexandre Alekhine - Frank James Marshall, du tournoi de Baden-Baden, qu'Alekhine remporta sans perdre la moindre partie (+12, =8), (D06 : Gambit dame)
1. d4 d5 2. c4 Cf6 3. cxd5 Cxd5 4. e4 Cf6 5. Fd3 e5 6. dxe5 Cg4 7. Cf3 Cc6 8. Fg5 Fe7 9. Fxe7 Dxe7 10. Cc3 Ccxe5 11. Cxe5 Dxe5 12. h3 Cf6
13. Dd2 Fd7 14. De3 Fc6 15. O-O-O O-O 16. f4 De6 17. e5 Tfe8 18. The1 Tad8 19. f5 De7 20. Dg5 Cd5 21. f6 Df8 22. Fc4 Cxc3 23. Txd8 Txd8
24. fxg7 Cxa2+ 25. Rb1 De8 26. e6 Fe4+ 27. Ra1 "(Txe4 gagnait aussi, mais Alekhine préfère mettre son roi à l'abri)" f5 "(fxe6 perd également : 28. Fxe6 Dxe6 29. Dxd8 suivi de 30. Dd4 et 31. Txe4)" 28. e7+ Td5 "(Fd5 29. exd8=D)" 29. Df6 "(menace Df8+)" Df7 30. e8=D+ 1-0 "(...DxD 31. FxT+ FxF 32. TxD#)"
1. d4 Cf6 2. Cf3 e6 3. c4 b6 4. g3 Fb7 5. Fg2 c5 6. dxc5 Fxc5 7. 0-0 0-0 8. Cc3 d5 9. Cd4 Fxd4 10. Dxd4 Cc6 11. Dh4 dxc4 12. Td1 Dc8 13. Fg5 Cd5 14. Cxd5 exd5 15. Txd5 Cb4 16. Fe4 f5 17. Fxf5 Txf5 18. Td8+ Dxd8 19. Fxd8 Tc8 20. Td1 Tf7 21. Dg4 Cd3 22. exd3 Txd8 23. dxc4 Tdf8 24. f4 Te7 25. Rf2 h6 26. Te1 Fc8 27. Df3 Tef7 28. Dd5 g5 29. Te7 gxf4 30. gxf4 1-0 (la position est sans espoir pour les Noirs).