Leonard Cohen

Leonard Cohen, né le à Westmount (Québec) et mort le à Los Angeles (Californie), est un auteur-compositeur-interprète, musicien, poète, romancier et peintre canadien.
Son premier recueil de poésies paraît à Montréal en 1956 et son premier roman en 1963.
Les premières chansons de Cohen (principalement celles de ", 1967) sont ancrées dans la musique folk, et chantées avec une voix grave. Dans les , ses influences se multiplient : musique pop, de cabaret et du monde. Depuis les années 1980, Cohen chante accompagné de synthétiseurs et de choristes.
Dans tous ses travaux, Cohen reprend souvent les mêmes thèmes : l'amour-passion, la religion, la solitude, la sexualité et la complexité des relations interpersonnelles. Leonard Cohen assume sa dépression chronique depuis longtemps et ne se l'est jamais cachée ni ne l'a jamais cachée, allant jusqu'à en parler aux journalistes rassemblés à l'occasion de la conférence de presse sur son album ".
La poésie et les chansons de Leonard Cohen ont influencé de nombreux auteurs-compositeurs-interprètes et on compte plus de reprises de ses chansons. Cohen est introduit au "Panthéon de la musique canadienne" en 1991, au "Panthéon des Auteurs et Compositeurs canadiens" en 2006, au en 2008. Il est un Compagnon de l'Ordre du Canada (CC) depuis 2003 et Grand Officier de l'Ordre national du Québec (GOQ) depuis 2008, les plus hautes distinctions décernées respectivement par le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec.
Son œuvre poétique a été récompensée par le Prix Prince des Asturies des Lettres 2011.
Leonard Norman Cohen (Eliezer ben Natan ha'Cohen) naît dans une famille juive aisée d'ascendance polonaise en 1934 à Westmount, municipalité huppée de la banlieue de Montréal au Québec. Son père, Nathan Cohen, est propriétaire d'un magasin montréalais de vêtements ; il meurt alors que Leonard a . Son grand-père paternel, Lyon Cohen, fut le premier président du Congrès juif canadien et fonda le "", premier journal juif de langue anglaise publié au Canada. Son grand-père maternel, Solomon Klinitsky-Klein, était rabbin. Il grandit dans une ambiance messianique, où l’on répète à l’envi au jeune enfant qu’il descend du grand-prêtre Aaron.
À l'adolescence, il apprend la guitare. Il formera plus tard un groupe d’inspiration , les .
Leonard Cohen effectue sa scolarité primaire à la de Westmount, et secondaire, à partir de 1948, à . En 1951, il entre à l'Université McGill de Montréal.
À l'université, Leonard Cohen rencontre Irving Layton et Louis Dudek, qui l'aident à publier ses premiers poèmes dans une revue d'étudiants, CIV, abréviation de « civilisation » inventée par Ezra Pound.
Son premier recueil de poésies, "", paraît en 1956, édité par , alors qu'il n'est encore qu'un étudiant de premier cycle.
En 1959, Irving Layton lui présente Abraham Moses Klein. La même année, ' sort aux éditions McClelland  Stewart, et le rend célèbre dans les cercles de poètes, notamment canadiens. La même année, Leonard Cohen obtient une bourse d'études et part pour Londres. Sur place, il achète une machine à écrire Olivetti et un imperméable bleu chez Burberry (c'est celui qui apparaît sur la photo de l'album ' ; il lui sera volé en 1968).
Après s'être installé en Grèce, en , sur l'île d'Hydra, une île sans voitures qui accueillait une colonie d'artistes anglo-saxons, où il n'y avait ni eau courante ni électricité. Il y achète une maison qu'il gardera quarante ans et y écrit son livre '. Cohen publie ' en 1964, et les romans ' (1963) et ' (1966).
' est un roman d'apprentissage autobiographique sur un jeune homme trouvant son identité dans l'écriture. En revanche, ', s'il peut également être considéré comme un roman d’apprentissage, ne conduit pas au succès du personnage principal (« »), selon une mode post-moderne contemporaine, Leonard Cohen détruit l'identité des personnages principaux en mêlant sacré et profane, religion et sexualité dans une langue riche et lyrique, mais aussi très crue.
Leonard Cohen s’installe aux États-Unis et commence à chanter dans des festivals folk. En 1966, Judy Collins fait de sa chanson "Suzanne" un hit. Cette chanson se réfère à Suzanne Verdal, l'ancienne épouse d'un ami personnel, le sculpteur québécois Armand Vaillancourt. Grâce à Judy Collins Leonard fait sa première apparition scénique à New-York le .
Leonard Cohen ne touche pas d'argent pour la chanson "Suzanne :" il s'est lié à un arrangeur qui doit retravailler la chanson, mais les deux hommes ne s'entendent pas, et l'arrangeur, après avoir travaillé sur la partition, lui apprend qu'il a signé les documents pour en posséder les droits. La bataille judiciaire dure jusqu'en 1984, et l'arrangeur propose à Leonard de lui revendre les droits au cours d'une rencontre dans un hôtel à New-York. À la question de savoir combien il comptait les lui racheter, Leonard répondit : « un dollar ». Un accord est signé en 1987.
John H. Hammond fait signer Leonard Cohen à Columbia Records. Le premier album, ', sort en 1967 et contient une version de "Suzanne". L'album, empreint de noirceur, sera bien reçu par la critique. ', sort en 1969. Il est considéré comme l'album classique de Leonard, avec les tubes ', ' et ", le premier titre de Leonard chanté en français.
Le , Leonard Cohen chante lors du Festival de l'île de Wight 1970 : il se produit au pied levé, à du matin, juste après la prestation de Jimi Hendrix.
En 1977, ' est produit par Phil Spector, loin du minimalisme habituel de l'artiste. ', plus classique, sort en 1979.
En 1982, il rencontre Dominique Isserman, qui réalise plusieurs portraits de lui et qui devient sa compagne. La même année il écrit une comédie musicale, ", qui fera l'objet d'un film présenté au festival de Cannes de 1985.
En 1984, sort ', un album très spirituel, voire mystique, qui contient le célèbre "Hallelujah". Columbia refuse de sortir l'album aux États-Unis, où Cohen a toujours eu un succès bien moindre qu'en Europe ou au Canada. En 1986, il apparaît dans un épisode de "Deux flics à Miami". En 1988, ' marque un changement dans l'écriture et la composition. Les synthétiseurs sont très présents et l'écriture est plus engagée et teintée d'humour noir.
En 1994, à la suite de la promotion de son album ', Leonard Cohen se retire dans un monastère bouddhiste, le "Mount Baldy Zen Center" près de Los Angeles. En 1996, il est ordonné moine bouddhiste Zen, comme Jikan, Dharma dont le nom signifie « Le Silencieux ». Il quitte finalement au printemps 1999. Pendant cette période il ne produit aucune chanson, jusqu'à l'album ' en 2001, album très influencé par Sharon Robinson, et en 2004 ", fruit d'une collaboration avec sa compagne, la chanteuse de jazz Anjani Thomas.
En 2006, Cohen fait paraître un nouveau recueil de poèmes poésies, ' et ', coécrit avec Anjani Thomas. Parallèlement, le documentaire ' sort en salle. Il s'agit d'un assemblage d'interviews récentes réalisées pour les besoins du film, et de prestations ' d'artistes (Nick Cave, Rufus Wainwright, Jarvis Cocker) lors d'un concert hommage. Il fait sa première réapparition publique dans une librairie de Toronto le , chantant ' et ', accompagné par et Ron Sexsmith. En 2007, Philip Glass, le compositeur de musique contemporaine, met en musique son recueil " et donne la première, avec Leonard Cohen en récitant, de l'œuvre le à Toronto lors du "Luminato Festival". Leonard Cohen réside dans le quartier dit « portugais » du Plateau Mont-Royal à Montréal, sa ville natale.
2008 est l'année du grand retour sur scène de Leonard Cohen, âgé de , pour une tournée mondiale. Les critiques et le public sont enthousiastes malgré le prix élevé des places.
Leonard Cohen meurt dans la nuit du 7 au 8 novembre 2016 à 82 ans, juste trois mois après Marianne Ihlen, sa muse.
Il est inhumé le à Montréal, sa ville natale, dans le cimetière juif de la où reposent de nombreux membres de sa famille. Sa mort est annoncée à l’issue de la cérémonie.
En 1960, il rencontre sur l'île de Hydra la Norvégienne Marianne Ihlen qui sera sa muse et lui inspirera "So Long, Marianne" en 1968, ou "Bird on the Wire" en 1969. Après leur séparation, ils continueront à être très proches et Leonard Cohen lui écrira une dernière lettre d'amour juste avant qu'elle ne meure en juillet 2016 :
« Nous sommes arrivés au point où nous sommes si vieux, nos corps tombent en lambeaux, et je pense que je te rejoindrai bientôt. Sache que je suis si près derrière toi, que si tu tends la main tu peux atteindre la mienne. Et tu sais que j’ai toujours aimé ta beauté et ta sagesse et je n’ai pas besoin d’en dire plus parce que tu sais tout cela. Je veux seulement te souhaiter un très beau voyage. Au revoir ma vieille amie. Mon amour éternel. Rendez-vous au bout du chemin. »
Pendant les années 1970, il vit avec Suzanne Elrod, dont il a deux enfants, Adam Cohen né en 1972, et Lorca Cohen, née en 1974.
Il a ensuite une relation avec Dominique Issermann puis avec Rebecca De Mornay.
Leonard Cohen était grand-père : le , sa fille Lorca a eu une fille de Rufus Wainwright.
Dans un article du ' consacré à son retour sur scène, il est mentionné : 
Malgré son amour pour Israël, il a également exprimé sa tristesse quant au militarisme qu’il rencontrait.
Leonard Cohen remplissait de nombreux carnets de croquis. Une exposition de ses oeuvres lui est consacré en février 2010 à Montréal dans le cadre du festival de jazz.
On compte au moins de reprises dans le monde entier, non-anglophones pour la plupart.
Beaucoup de chansons de Cohen ont été interprétées (et parfois traduites dans d'autres langues) par d'autres artistes, et certaines ont rencontré plus de succès que les versions de Leonard Cohen. Les plus connues sont :
Pour ce qui est du public francophone, les adaptations de ses chansons par Graeme Allwright, à partir de 1968, ont beaucoup participé à leur célébrité (notamment "Suzanne", "L'Étranger", "Les sœurs de la miséricorde", "Vagabonde", "De passage", "Je voulais te quitter", "Si c'est ta volonté" et "Danse avec moi jusqu'à la fin de notre amour").
À l'inverse, il est parfois arrivé à Leonard Cohen de reprendre des chansons composées par d'autres en en proposant sa propre vision. La plus connue est certainement ' (album '), reprise du célèbre "Greensleeves" attribué au roi d'Angleterre. Remarquable également, "", ré-interprétation de "la Complainte du partisan" écrite par Emmanuel d'Astier de la Vigerie avec une musique d'Anna Marly (coautrice par ailleurs avec Maurice Druon et Joseph Kessel du célèbre "Chant des partisans"). Autre chanson francophone qu'il mit à son répertoire : "Un Canadien errant".
La version revisitée par Leonard Cohen de la "Complainte du Partisan" fut à son tour reprise par Buffy Sainte-Marie en 1974 (sous le titre ""), par  Bertrand Cantat, par Yules et par Electrelane.
Le , le site leonardcohenfiles.com recensait de Leonard Cohen.