Pulp Fiction

, ou Fiction pulpeuse au Québec, est un film de gangsters américain réalisé par Quentin Tarantino et sorti en 1994. Le scénario est co-écrit par Tarantino et Roger Avary. Utilisant la technique de narration non linéaire, il entremêle plusieurs histoires ayant pour protagonistes des membres de la pègre de Los Angeles et se distingue par ses dialogues stylisés, son mélange de violence et d'humour et ses nombreuses références à la culture populaire. Sa distribution principale se compose notamment de John Travolta, dont la carrière a été relancée par ce film, Samuel L. Jackson, Bruce Willis et Uma Thurman.
Il a été récompensé par la Palme d'or au Festival de Cannes 1994, ainsi que par l'Oscar du meilleur scénario original l'année suivante, et a été un succès aussi bien critique que commercial, établissant ainsi définitivement la réputation de Tarantino. Il est, selon le classement établi en 2007 par l'AFI, le film américain de tous les temps. L'AFI le classe également à la de sa liste des meilleurs films de gangsters. En 2013, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ».
Le film revendique son artificialité et est considéré comme l'un des principaux représentants du cinéma postmoderne. Sa structure et son style non conventionnels en ont fait un film culte dont l'influence s'est ressentie sur de nombreux autres films mais aussi dans d'autres domaines culturels. Il tient son nom des "pulp magazines", type de revues très populaires dans la première moitié du aux États-Unis et connues pour leur violence graphique et leurs dialogues incisifs.
Dans un café restaurant de Los Angeles, dans la matinée, un couple de jeunes braqueurs, Pumpkin (appelé Ringo par Jules) et Yolanda (Tim Roth et Amanda Plummer), discutent des risques que comporte leur activité. Ils se décident finalement à attaquer le lieu, afin de pouvoir dévaliser à la fois l'établissement et les clients.
Deux truands, Jules Winnfield (Samuel L. Jackson) et son ami Vincent Vega (John Travolta), qui revient d'Amsterdam, ont pour mission de récupérer une mallette au contenu mystérieux et de la rapporter à Marsellus Wallace (Ving Rhames), leur patron. Avant de commencer leur affaire, ils discutent de tout et de rien (les différences entre la vie en Europe et aux États-Unis, les hamburgers, le massage des pieds…) et Vincent confie à Jules que Marsellus l'a chargé de tenir compagnie à sa femme Mia (Uma Thurman) pour une soirée. Ils interrompent ensuite le petit déjeuner de petits escrocs, Brett (Frank Whaley) et Roger (Burr Steers), qui ont vraisemblablement tenté de doubler Marsellus. Ils récupèrent la mallette et, comme à son habitude, Jules cite un passage de la Bible (qui serait dans le livre d'Ézéchiel) avant de tuer Brett.
Peu de temps après avoir quitté l'appartement, Vincent et Jules arrivent dans une boîte de strip-tease tenue par Marsellus. Ils ont néanmoins inexplicablement troqué leurs élégants costumes pour des vêtements de plagistes. Marsellus remet de l'argent à Butch Coolidge (Bruce Willis), un boxeur en fin de carrière à la veille de son dernier combat, et lui fait promettre en échange de se « coucher » dans la . Jules et Vincent remettent la mallette à Marsellus. S'ensuit une brève confrontation verbale entre Butch et Vincent.
Après un passage chez son dealer, Lance (Eric Stoltz), Vincent arrive chez Mia (Uma Thurman). Ils se rendent ensuite au Jack Rabbit Slim's, un restaurant sur le thème des années 1950. Quand un concours de twist est annoncé, Mia se porte volontaire. Elle et Vincent remportent le trophée et rentrent dans la demeure du couple Wallace, une bonne alchimie semblant s'opérer entre eux deux. Vincent, seul aux toilettes, se résout néanmoins à rentrer chez lui. Pendant ce temps, Mia, fouillant dans les poches du manteau de Vincent, y trouve le sachet d'héroïne que Vincent a acheté à Lance quelques heures auparavant. Croyant qu'il s'agit de cocaïne, elle en sniffe une dose. Sortant des toilettes, Vincent la trouve dans un état quasi-comateux. Il l'emmène donc en urgence chez Lance et, une fois sur place, aidé par Jody (Rosanna Arquette), la femme de Lance, Vincent administre à Mia une piqûre d'adrénaline en plein cœur. La jeune femme reprend brutalement conscience et, avant de se séparer, Mia et Vincent s'accordent sur le fait de garder cet incident pour eux.
Endormi dans le vestiaire, à quelques minutes de son dernier match, Butch Coolidge (Bruce Willis) fait un rêve, qui est aussi un souvenir de son enfance, dans lequel le capitaine Koons (Christopher Walken), ami de son père, lui raconte, alors qu'il n'est qu'un enfant, comment la montre de ce dernier, mort à la guerre, lui est parvenue depuis un camp de prisonniers vietnamien. Butch sort brusquement de son rêve et gagne son combat malgré l'arrangement conclu avec Marsellus. Il s'enfuit dès sa sortie du ring car cette victoire préméditée lui permet en fait d'empocher les gains de paris réalisés par un complice alors qu'il était donné perdant. Se sachant traqué par les hommes de Marsellus, il part rejoindre sa petite amie Fabienne (Maria de Medeiros) dans un hôtel d'où il prévoit de quitter la ville le lendemain. Or, en préparant leurs affaires, Fabienne a oublié la montre de Butch, à laquelle celui-ci tient énormément.
Butch prend donc le risque de retourner à son appartement pour aller récupérer sa montre. Il tue Vincent, chargé par Marsellus de l'attendre, avec son propre pistolet mitrailleur alors que le gangster sort des toilettes. Se croyant désormais hors d'atteinte, il croise la route de Marsellus en personne. Après l'avoir renversé avec sa voiture et percuté un autre véhicule, Butch est poursuivi par Marsellus. Les deux hommes se retrouvent dans la boutique d'un prêteur sur gages (Duane Whitaker) bien mal intentionné qui les fait tous deux prisonniers et fait appel à un mystérieux Zed (Peter Greene). Quand Zed arrive, il tire au sort entre Butch et Marsellus et viole d'abord celui-ci, que le hasard a désigné, tandis que Butch se défait de ses liens et s'apprête à quitter le magasin. Au dernier moment, sa conscience le rappelle à l'ordre : il s'empare d'un katana et vient au secours de Marsellus. Il tue Maynard et tient en respect Zed, sur qui Marsellus tire ensuite dans les parties génitales avec un fusil à pompe. Marsellus clarifie ensuite la situation : il pardonne Butch, si ce dernier garde le silence sur ce qui s'est passé ici et s'il quitte la ville pour ne jamais y remettre les pieds. Butch s'enfuit donc avec son amie Fabienne sur le chopper de Zed.
Dans les toilettes de l'appartement de Brett, un troisième malfrat entend Jules assassiner ses amis. Il sort des toilettes et fait feu en direction des deux tueurs à gages. Jules et Vincent, miraculeusement indemnes, l'exécutent sans autre forme de procès. Alors que Vincent demande à Marvin (Phil LaMarr), leur informateur, pourquoi il ne les a pas prévenus qu'un dernier complice était caché, Jules s'interroge sur la raison de leur survie. Contemplant le mur criblé de balles, il déclare que c'est une intervention divine.
Plus tard, la conversation continue dans la voiture de Jules, celui-ci décidant d'abandonner le métier. Vincent ne le prend pas au sérieux, et demande son avis à Marvin en se tournant vers lui, son Colt à la main. Le coup part, la tête de Marvin est arrachée et la voiture et ses occupants sont maculés de sang. Jules fait alors appel à Jimmy (Quentin Tarantino), un ami de longue date qui habite non loin. Celui-ci l'aide bon gré mal gré, mettant, d'après ses dires, son mariage en péril. Jules contacte Marsellus qui lui envoie Winston Wolfe (Harvey Keitel), un professionnel chargé de résoudre les situations désespérées. Sous ses directives, la voiture est maquillée, le cadavre de Marvin et les costumes ensanglantés sont placés dans le coffre, et les deux gangsters s'habillent avec des vêtements de plage appartenant à Jimmy. Après s'être débarrassés du véhicule, les deux confrères vont s'offrir un petit déjeuner dans le café restaurant où se trouvent Ringo et Yolanda et reprennent leur discussion sur la retraite annoncée de Jules.
Alors que Vincent est parti aux toilettes, Ringo et Yolanda entament leur braquage. Jules, au même titre que les autres clients, met son portefeuille dans le sac que Ringo lui tend. Ringo lui demande d'ouvrir la mallette, et son visage brille d'émerveillement lorsqu'il en voit le contenu. Une lumière dorée est visible, comme quand Vincent l'avait ouverte dans l'appartement. Cependant, Jules n'est pas décidé à laisser la précieuse mallette à Ringo. Il dégaine son arme et prend le contrôle de la situation. Yolanda braque Jules, et elle-même se fait braquer par Vincent qui sort des toilettes. L"'impasse mexicaine" ne tourne cependant pas au carnage car Jules calme le jeu. Il laisse la vie sauve à Ringo et Yolanda et, comme premier acte de rédemption de sa nouvelle vie, les laisse même partir avec leur butin et l'argent que contient son portefeuille. Vincent et Jules quittent ensuite le restaurant pour ramener la mallette à Marsellus.
Les trois histoires qui constituent le film sont présentées dans un ordre non-chronologique et ont un protagoniste principal différent (Vincent Vega, Butch Coolidge et Jules Winnfield). Par ailleurs, l'épilogue du film rejoint la première scène introductive. Les trois histoires principales, identifiées chacune par un sous-titre, paraissent indépendantes mais sont reliées entre elles pour former une intrigue qui a été décrite comme .
L'inspiration initiale de ce qui va devenir ' est "Les Trois Visages de la peur" (1963), film à sketches en trois parties de Mario Bava. Quentin Tarantino et Roger Avary décident d'écrire un film en trois parties, chacun d'eux écrivant une partie et la troisième restant à déterminer. Le titre provisoire donné à ce projet est ', d'après le pulp magazine du même nom. Mais la partie écrite par Tarantino devient finalement "Reservoir Dogs", son premier film, tandis que celle écrite par Avary à l'automne 1990, intitulée ', va former l'ossature de l'histoire ' dans "", Tarantino y rajoutant l'histoire de la montre racontée par le personnage du capitaine Koons.
Après avoir réalisé ', Tarantino revient à son idée de faire un film en trois parties, expliquant par la suite : . Son idée pour ' est de prendre une histoire bien connue dans les romans noirs et les films noirs, , et de la faire aller de travers en prenant ce genre de personnages et de situations et en les confrontant .
Tarantino commence à travailler sur le scénario du film à Amsterdam en . Avary rejoint ensuite le projet en y apportant ', qu'il réécrit, et en participant au développement des nouvelles histoires qui vont être liées à la sienne. Deux scènes qui ont été à l'origine écrites par Avary pour le scénario de "True Romance", sont incorporées à l'histoire ' : le « miraculeux » tir manqué du complice caché sur Vincent et Jules et la mort accidentelle de Marvin dans la voiture. La notion du « nettoyeur » du monde criminel, le personnage de Winston Wolfe, est inspirée par un court métrage, ', que Tarantino a vu dans un festival de cinéma. Il engage son actrice principale, Angela Jones, pour tenir le rôle d'Esmarelda Villalobos dans ' et participe plus tard à la production d'un remake de ' sous forme de long métrage. Lors de l'écriture du scénario deux marques fictives sont inventées, les et les cigarettes , qui feront d'autres apparitions dans les films suivants de Tarantino. Tarantino écrit l'essentiel du scénario du film alors qu'il voyage en Europe et au Japon à l'occasion de la présentation de ' dans différents festivals et le script est finalement terminé, même s'il sera légèrement remanié plus tard, en .
Tarantino et son ami et producteur Lawrence Bender présentent le script à Jersey Films, société de production dirigée par Danny DeVito, Michael Shamberg et Stacey Sher qui avait déjà approchée Tarantino avant même la sortie de '. Un accord d'un million de dollars par lequel Jersey Films obtient une part du projet et le droit de vendre le scénario à un studio est alors conclu, cet argent servant de financement initial pour "A Band Apart", la compagnie nouvellement créée par Tarantino et Bender. Jersey Films cède ensuite la distribution du film à Columbia TriStar et, en février 1993, ' apparaît dans "Variety" sur la liste des films en préproduction chez TriStar. Mais, en juin, Columbia TriStar met en vente les droits du projet, son président Mike Medavoy trouvant le scénario . Avary, qui est alors sur le point de commencer le tournage de son propre film, "Killing Zoe", décrit en ces termes l'explication donnée par Columbia TriStar : et explique que les objections du studio étaient compréhensibles étant donné la structure fondamentale du scénario.
Bender apporte alors le scénario à Miramax Films, un ancien studio indépendant qui vient d'être racheté par Disney. Harvey Weinstein, coprésident de Miramax avec son frère Bob, est immédiatement captivé par le script et en rachète les droits. "" devient le premier projet de Miramax à obtenir le feu vert depuis le rachat de la compagnie par Disney et un budget de est établi. C'est aussi le premier film que Miramax finance en totalité. Pour réussir à rester dans les limites de ce faible budget, Bender prévoit de payer tous les acteurs principaux au même salaire par semaine indépendamment de leur notoriété. La plus grande star à participer au film est alors Bruce Willis qui, bien qu'il soit récemment apparu dans quelques échecs commerciaux, est toujours une star internationale. Grâce à sa célébrité dans le monde entier, Miramax recueille pour la vente des droits du film à l'étranger, assurant quasiment ainsi sa rentabilité.
Tarantino veut attribuer le rôle de Vincent Vega à Michael Madsen, qui a déjà interprété Vic Vega dans ', mais celui-ci préfère jouer dans "Wyatt Earp", un choix qu'il regrettera par la suite. Daniel Day-Lewis est alors approché par Harvey Weinstein pour tenir le rôle, mais Tarantino lui préfère John Travolta (son second choix dans sa liste initiale) et persuade l'acteur, hésitant devant l'amoralité du personnage qui lui est proposé, d'accepter le rôle. Travolta accepte de travailler pour un cachet modeste, de à selon les sources, mais voit sa carrière revitalisée par le succès du film et sa nomination à l'Oscar du meilleur acteur. En 2004, Tarantino envisage de réunir Madsen et Travolta pour une idée de film intitulé ' mais ce projet est finalement abandonné.
D'après une liste dévoilée en 2015, le réalisateur a créé le personnage de Jules Winnfield en le destinant à Laurence Fishburne. Le rôle revient finalement au second choix de Tarantino, Samuel L. Jackson, le réalisateur étant persuadé qu'il saura exprimer mieux que quiconque le charisme malveillant, à la Richard III, du personnage. Eddie Murphy était le , devant Charles S. Dutton et Michael Beach. Samuel Jackson manque cependant de perdre le rôle après sa première audition, sa prestation étant éclipsée par celle de Paul Calderon. Jackson reconnaît que son audition était simplement une lecture et Harvey Weinstein le persuade de revenir auditionner une deuxième fois pour la scène de l'épilogue, sa performance étant cette fois-ci jugée convaincante par Tarantino. Le personnage doit à l'origine avoir une coiffure afro mais le réalisateur et l'acteur se mettent d'accord pour lui faire adopter à la place une coupe bouclée plus courte appelée , Jackson portant pour cela une perruque. Jackson reçoit pour son rôle une nomination pour l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle, alors que Calderon apparaît finalement dans le film dans le rôle de Paul, le barman du club de Marsellus Wallace.
Alors que le rôle était écrit pour Matt Dillon, Bruce Willis est engagé pour tenir le rôle principal de la deuxième histoire, celui de Butch Coolidge. Pour l'acteur, accepter un rôle dans un film à petit budget . Pour le personnage de Butch Coolidge, Tarantino s'est inspiré du personnage de Mike Hammer, dur avec les hommes mais très sentimental avec sa petite amie, joué par Ralph Meeker dans le film "En quatrième vitesse" (1955). L'apparence et la présence physique de Willis se révèlent alors décisives pour son obtention du rôle, Tarantino expliquant : Le réalisateur poursuit en disant que Willis lui évoque en particulier le personnage joué par Aldo Ray dans "Poursuites dans la nuit" (1957) et lui fait adopter une allure similaire. Sylvester Stallone, Sean Penn, Nicolas Cage, Aidan Quinn ou encore Johnny Depp ont également été envisagés pour interpréter le personnage.
Pour le rôle de Mia Wallace, Miramax Films souhaite engager Holly Hunter ou Meg Ryan, alors que Tarantino cite parmi ses préférences Virginia Madsen, la sœur de Michael, Jennifer Beals, Pam Grier, Bridget Fonda ou encore Angela Bassett. Quentin Tarantino insiste finalement pour avoir Uma Thurman dès sa première rencontre avec l'actrice. Tarantino fait porter à l'actrice une perruque brune coupée au carré en hommage à Anna Karina, l'actrice fétiche de Jean-Luc Godard. Thurman est mise en avant pendant toute la campagne de promotion, apparaissant sur l'affiche du film sur un lit avec une cigarette à la main. Elle est nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, gagnant ainsi son statut de star mais choisit de ne pas tirer avantage de sa récente célébrité en ne jouant dans aucun film à gros budget durant les trois années suivantes. C'est pendant le tournage de "" que Tarantino et Thurman imaginent la base de l'histoire de "Kill Bill".
Quentin Tarantino écrit le rôle de Marsellus Wallace en pensant à Ving Rhames et Samuel L. Jackson, alors qu'il envisage également Ken Foree, Sid Haig ou encore Carl Weathers. Sid Haig, qui a fait de nombreuses apparitions dans les films d'exploitation des années 1970, est contacté en premier mais décline le rôle et c'est alors Ving Rhames qui le décroche en réussissant, selon Bender, . Les personnages de Winston Wolfe, Ringo et Yolanda sont écrits spécialement pour Harvey Keitel, Tim Roth et Amanda Plummer, même si Johnny Depp et Christian Slater ont tous deux été envisagés pour le rôle de Ringo. Keitel et Roth ont déjà joué dans "", Keitel étant en effet l' de Tarantino, alors que c'est Roth qui présente Plummer à Tarantino en lui disant .
Tarantino engage Maria de Medeiros pour le rôle de Fabienne, la petite amie française de Butch, l'ayant rencontrée alors qu'il était en Europe lors de la présentation de "" dans des festivals. Pour les rôles du Lance et de sa femme Jody, ce sont Eric Stoltz et Rosanna Arquette qui sont engagés. Tarantino avait initialement prévu d'interpréter lui-même Lance mais, voulant absolument être derrière la caméra pour la scène de l'injection d'adrénaline, il abandonne le rôle pour celui de Jimmy, l'ami de Jules. Courtney Love a déclaré plus tard que Kurt Cobain avait été approché pour le rôle de Lance et qu'elle aurait joué celui de Jody s'il avait accepté, mais Tarantino a démenti cette information lors d'une interview sur la radio australienne "Nova 106.9". Pam Grier fait une lecture du rôle de Jody mais Tarantino estime que le public ne trouverait pas crédible que Lance lui crie dessus. Ellen DeGeneres auditionne elle aussi pour ce rôle. Christopher Walken apparait dans une seule scène du film mais celle-ci est importante, comme cela avait déjà été le cas dans "True Romance". Steve Buscemi et Lawrence Bender font des petites apparitions en tant que serveurs au Jack Rabbit Slim's, le premier, déguisé en Buddy Holly, prenant la commande de Mia et Vincent et le second servant une autre table sous un déguisement de Zorro.
Le tournage du film commence le 20 septembre 1993, Tarantino prenant pour principaux collaborateurs des personnes ayant déjà travaillé avec lui sur "" (Andrzej Sekula, David Wasco, Betsy Heimann, Sally Menke). Malgré son budget limité de , le réalisateur veut que son film ait l'aspect d'une production disposant d'un budget plus élevé : . Le film est tourné avec une pellicule 50 ASA, qui est la plus lente, afin qu'il n'y ait quasiment pas de grain de l'image. explique Tarantino. L'élément le plus coûteux du budget, , est la création du décor du Jack Rabbit Slim's dans un entrepôt de Culver City qui est également utilisé pour d'autres décors et qui abrite les locaux de la production.
Le film est entièrement tourné à Los Angeles et dans ses environs. Le café restaurant qui sert de cadre à l'introduction et à l'épilogue du film est le , situé sur , qui a depuis été démoli ; la poursuite à pied entre Butch Coolidge et Marsellus Wallace est filmée sur , à Glendale ; l'appartement où Jules Winnfield et Vincent Vega opèrent leur massacre est situé sur , au nord d'Hollywood Boulevard, et la maison de Lance à .
Pour les costumes, Tarantino s'inspire de Jean-Pierre Melville, pour qui les vêtements que les personnages de ses films portaient étaient leurs armures symboliques. Outre son rôle de Jimmy, le réalisateur fait apparaître sa main dans le film, celle-ci tenant en effet les clefs du chopper de Zed quand elles sont filmées en gros plan lorsque Butch sort de la boutique du prêteur sur gages. Il utilise aussi certaines de ses marques de fabrique, tel que le plan depuis le coffre d'une voiture ou la présence à l'écran d'un paquet de céréales Fruit Brute, comme il l'avait déjà fait dans "". La scène la plus difficile à tourner fut, d'après le réalisateur, celle de l'injection de l'adrénaline. Elle est filmée à l'envers (John Travolta retirant la seringue de la poitrine d'Uma Thurman) avant d'être inversée au montage. Le tournage se termine le 30 novembre 1993.
Aucune musique originale n'est composée pour le film, Quentin Tarantino préférant utiliser à la place un assortiment de morceaux de pop, de soul, de surf music et de rock 'n' roll. La reprise de "Misirlou" par Dick Dale est le morceau que l'on entend pendant le générique de début du film. Le réalisateur explique son choix d'introduire de la dans la bande originale en disant qu'elle . Certaines chansons ont été suggérées à Tarantino par ses amis Chuck Kelley and Laura Lovelace, qui sont crédités en tant que consultants musicaux. Lovelace apparaît également dans le film dans le rôle d'une serveuse, rôle qu'elle a repris dans "Jackie Brown". Le réalisateur a aussi pensé utiliser "My Sharona", des Knack pour la scène du viol de Marsellus Wallace avant d'y renoncer car l'effet aurait été trop comique.
L'album, sorti le , a atteint la du classement Billboard 200, alors que la reprise de la chanson de Neil Diamond, ', par le groupe Urge Overkill est parvenue à la du classement Billboard Hot 100. La musique du film a également remporté le prix de la meilleure bande originale aux Brit Awards en 1995. La combinaison de chansons peu connues, représentatives d'une sous-culture basée autour d'un style de vie résolument apolitique, avec des classiques comme ' ou "" a été décrite comme jouant un rôle important dans la reconnaissance du film en tant qu'œuvre postmoderne et dans son lien le rattachant à un public jeune et cinéphile. La bande originale est composée de 20 titres qui sont, pour sept d'entre eux, des extraits de dialogues du film. Une version collector en double CD a été commercialisée en 2002. Elle contient les titres remastérisés de la première version ainsi que cinq titres bonus et une interview de Tarantino.
Avant la sortie du film, Quentin Tarantino demande à Roger Avary de renoncer à être cocrédité pour le scénario et d'accepter à la place un crédit pour l'histoire afin que la mention « Écrit et réalisé par Quentin Tarantino » puisse apparaître au générique et être utilisée pour la campagne de promotion. Cela provoquera plus tard une brouille entre les deux amis, Tarantino « omettant » de mentionner Avary dans son discours de remerciements après avoir reçu le Golden Globe du meilleur scénario, et Avary, cette fois-ci récompensé avec Tarantino, s'éclipsant très vite de la scène, prétextant une envie pressante, après avoir été corécompensé de l'Oscar du meilleur scénario original. En mai 1994, le film est en compétition officielle pour le Festival de Cannes 1994 et les frères Weinstein organisent sa promotion à la façon d'une en faisant venir ses principaux acteurs et en multipliant déjeuners et dîners autour du film. Celui-ci est projeté pour la première fois, lors d'une séance de minuit et fait sensation. Il remporte la Palme d'or, ce qui lui assure une notoriété immédiate et propulse Tarantino au premier plan. Les frères Weinstein veulent que le film sorte aux États-Unis pendant l'été mais John Travolta les persuade plutôt d'attendre le mois d'octobre, période propice aux films en compétition pour les Oscars.
Durant les mois suivants, le film est donc présenté dans plusieurs festivals européens à Munich, Taormine, Locarno, Haugesund et Saint-Sébastien ainsi qu'en ouverture du New York Film Festival à la fin du mois de septembre. Pendant la campagne de promotion qui précède la sortie du film aux États-Unis, Miramax joue sur la réputation de Tarantino d'idéaliser la violence et utilise notamment comme slogan .
Le film sort aux États-Unis le dans et rapporte pour son premier week-end d'exploitation. Il reste deux semaines en tête du box-office américain, devançant "L'Expert", sorti la semaine précédente et qui est projeté dans deux fois plus de salles et rapporte au total dans le monde entier (dont aux États-Unis), succès commercial considérable comparativement à son budget qui le classe au du box-office mondial 1994. En France, il réalise . Il dépasse également les deux millions d'entrées en Espagne et le million d'entrées en Allemagne et réalise plus de de recettes au Royaume-Uni. Dans ce dernier pays, le scénario du film devient un best-seller, entrant dans le classement des dix meilleures ventes de livres.
Le film a été très bien accueilli par la critique, recueillant 93 % de critiques favorables, avec un score moyen de et sur la base de 75 critiques collectées, sur le site Rotten Tomatoes. Sur le site Metacritic, il obtient un score de , sur la base de 24 critiques collectées.
Roger Ebert, du "Chicago Sun-Times", donne au film , vantant la qualité du scénario, les situations et les dialogues et estimant que . Richard Corliss, de "Time Magazine", est tout aussi enthousiaste, écrivant qu'il . Janet Maslin, du "New York Times", décrit le film comme . Mick LaSalle, du "San Francisco Chronicle", évoque un dont l'énergie ne retombe jamais, empli d'humour noir et d'une violence quasiment chorégraphiée.
Pour Owen Gleiberman, d"'Entertainment Weekly", c'est où Tarantino combine avec de superbes performances d'acteurs de Travolta, Willis, Keitel et surtout Jackson. Ian Freer, du magazine "Empire", donne au film , commentant : . Peter Travers, de "Rolling Stone", compare le jeu des acteurs à de la et évoque un film . Et pour Desson Howe, du "Washington Post", c'est un , et porté par un quatuor irréprochable d'acteurs principaux.
Parmi les quelques critiques mitigées ou négatives, Kenneth Turan, du "Los Angeles Times", estime que Tarantino . Stanley Kauffman, du "New Republic", a le sentiment que le film joue trop sur son aspect dégoûtant et qu'il . Et Pour John Simon, de "National Review", le film compte des moments amusants et des acteurs accomplis mais et l'intérêt suscité par la structure scénaristique ne comble .
En France, Marc Weitzmann, de "Première", juge que le film est , où certains dialogues et qui , les acteurs s'en donnant , notamment Travolta . Philippe Rouyer, de "Positif", estime que Tarantino où et où mais . La rédaction des "Inrockuptibles" le qualifie de et met en avant le . Michel Pascal, du "Point", évoque un film qui et . La rédaction de "Télérama" délivre deux critiques opposées : côté pour, Vincent Remy juge le film d'une avec ; côté contre, Laurent Bachet évoque une où et d'une . Et pour Vincent Ostria, des "Cahiers du cinéma", c'est un où et .
En Belgique, Jacques Decker, du "Soir", délivre une critique cannoise mitigée, reconnaissant la du réalisateur qui, même s'il mais estimant qu'il .
Le film a reçu de nombreuses récompenses dont la Palme d'or au Festival de Cannes 1994, prix accordé sous l'impulsion du président du jury Clint Eastwood et qui a suscité la controverse à la fois au sein du public cannois et de la presse francophone, très divisée à son sujet et dont les favoris étaient des films plus « conventionnels » tels que "Soleil trompeur", "Vivre !" et "". Ainsi, Michel Ciment et Yann Tobin, de "Positif", saluent ce qui récompense et Didier Allouche, du magazine "Impact", évoque une et se félicite de sa victoire car ; alors que Thierry Jousse, des "Cahiers du cinéma", affirme que le jury a récompensé le film uniquement car , et que Jacques Decker, du "Soir", estime que c'est un et le . À l'annonce de la Palme d'or, quelques huées fusent du public, Tarantino y répondant par un doigt d'honneur. Il faut attendre la sortie du film en salles pour que la presse reconnaisse ses mérites.
Parmi les autres récompenses les plus prestigieuses, le film reçoit en 1995 sept nominations, dont celui du meilleur film, lors de la des Oscars et six lors de la des Golden Globes (ne remportant dans les deux cas que le prix du meilleur scénario) ainsi que neuf nominations aux BAFTA Awards (avec un nouveau prix du meilleur scénario et celui du meilleur second rôle masculin pour Samuel L. Jackson). Il est également nommé pour le César du meilleur film étranger.
Quentin Tarantino a indiqué qu'il avait prévu dès le départ de réaliser un , se référant par ce terme au magazine ayant popularisé les histoires de détectives dans le genre noir. Le critique Geoffrey O'Brien voit le résultat comme relié . O'Brien trouve en particulier une forte affinité entre les intrigues complexes et les retournements de situation des romans de Brown et la structure récursive et entrelacée du film. Par ailleurs, l'ordre des différents cahiers reliés pour former les était souvent erroné, la fin pouvant se retrouver avant le début, comme dans le film de Tarantino. James Mottram considère le romancier Elmore Leonard, dont Tarantino a reconnu l'influence, comme la principale inspiration littéraire du film. Il suggère que les de Leonard se reflètent dans ceux, basés sur la culture populaire, de Tarantino, et met aussi en avant le fait que le sens de l'humour aigu et très noir de Leonard prend un monde violent comme source d'inspiration.
' est considéré comme un des principaux représentants du cinéma postmoderne, qui se caractérise par , détachant de l'intrigue des . Robert Kolker voit . Mais ' se démarque de ses prédécesseurs postmodernes hollywoodiens "Hudson Hawk" (1991) et "" (1993) qui et ont connu l'échec. Alberto Morsiani écrit que , reconnu par Tarantino comme un de ses modèles. Pour Martin Rubin, ces évoquent plutôt celles de réalisateurs de comédies tels que Frank Tashlin et Blake Edwards.
Le genre du film s'est révélé particulièrement difficile à classifier, diverses hypothèses étant avancées par les analystes et les critiques. Il a été étiqueté comme une comédie noire et, plus fréquemment comme du néo-noir. Geoffrey O'Brien s'est élevé contre cette association avec le film noir, affirmant que . Nicholas Christopher le compare plus à une parodie de film de gangsters à l'artificialité revendiquée qu'à du néo-noir. Et Foster Hirsch suggère que le du film le caractérise beaucoup plus que n'importe quelle étiquette de genre. Comparant "Reservoir Dogs" à ', Alberto Morsiani affirme que le premier est un film choral alors que le second . Le style des personnages, la trame et la violence des deux films les rapprochent mais de ' contraste avec la de "". Le format narratif du deuxième film de Tarantino et ses emprunts plus diversifiés en font pour Morsiani une œuvre .
Les nombreuses allusions à la culture populaire présentes dans le film, allant de l'image célèbre de la jupe de Marilyn Monroe se soulevant au-dessus d'une grille de métro aux différents noms donnés aux hamburgers de McDonald's suivant les pays, ont conduit beaucoup de critiques à discuter du film dans le cadre du postmodernisme. David Walker décrit le film comme le de Tarantino, notant qu'il . Il caractérise sa technique narrative compliquée comme une . Geoffrey O'Brien compare le film à . Catherine Constable prend le moment où la seringue d'adrénaline est plantée dans le cœur d'une Mia Wallace comateuse comme exemple postmoderne, écrivant .
Concernant les thèmes du film, Foster Hirsch suggère que s'il . Pour Alberto Morsiani, ces sont néanmoins et qui les distancie du pour que le héros plaise au spectateur. Mark Conard estime pour sa part qu'il traite du . Richard Alleva pense qu'il a . Sa vision du film est qu'il s'agit d'une forme de romance dont l'attrait est centré sur les discours non-naturalistes des personnages à la fois cultivés, malins et vulgaires. Pour Alberto Morsiani, ce film à travers . Selon Alan A. Stone, , comme celui entre Vincent Vega et Jules Winnfield après le meurtre accidentel de Marvin, . Stone voit le film comme politiquement correct car il ne comporte pas de scènes de nudité ou de violences dirigées contre les femmes. Il et Tarantino .
Mais alors que Stone voit une célébration dans cette artificialité, Robert Kolker souligne un vide en écrivant : . Qualifiant le film de , il explique que . Kolker conclue en affirmant : . James Wood, écrivant pour "The Guardian", affirme que . Et Henry Giroux prétend que Tarantino .
"" fourmille d'hommages rendus à d'autres films, Gary Groth employant d'ailleurs le terme de pour qualifier Tarantino. Deux scènes en particulier ont donné lieu à des débats concernant l'intertextualité du film : la scène de danse entre John Travolta et Uma Thurman et celle où Butch Coolidge et Marsellus Wallace sont confrontés à leurs tortionnaires. La scène de danse a souvent été perçue comme une référence aux performances de Travolta dans "La Fièvre du samedi soir" (1977) et "Grease" (1978) mais Tarantino en crédite l'inspiration à "Bande à part" (1964), de Jean-Luc Godard. Selon les mots du réalisateur : .
Jerome Charyn soutient que la présence de Travolta est essentielle à l'énergie de la scène et à celle du film, écrivant que . Estella Tincknell note que tandis que Elle affirme aussi que, lors de ce passage, Tarantino .
Le moment où Marsellus Wallace traverse la rue devant la voiture de Butch Coolidge et remarque sa présence en tournant la tête évoque la scène où le patron de Marion Crane la voit dans des circonstances similaires dans "Psychose". Butch et Marsellus sont peu après faits prisonniers par Maynard et Zed, (le film de John Boorman). Zed porte par ailleurs le même nom que le personnage interprété par Sean Connery dans "Zardoz" (1974), autre film de Boorman. Quand Butch décide de secourir Marsellus, il trouve plusieurs articles du magasin pouvant lui servir d'armes qui ont toutes été identifiées comme des allusions possibles à divers films : "" (1978) pour le marteau ; "Justice sauvage" (1973) et "Les Incorruptibles" (1987) pour la batte de baseball ; "Massacre à la tronçonneuse" (1974), "MegaVixens" (1976) et "Evil Dead 2" (1987) pour la tronçonneuse ; et de nombreux films du genre chanbara pour le katana. Après avoir été secouru par Butch, Marsellus prononce une phrase sur deux experts qui renvoie à une phrase similaire de "Tuez Charley Varrick !" (1973), film de Don Siegel, qui est prononcée par un personnage nommé Maynard.
David Bell estime que loin d'aller à l'encontre des , cette scène, comme celle de "Délivrance", . Stephen Paul Miller pense que la scène de viol de "" est beaucoup moins choquante que celle de "Délivrance", le tabou des années 1970 étant devenu vingt ans plus tard un . Henry Giroux fait une analyse semblable, écrivant qu'. Neil Fulwood se concentre sur le choix de son arme fait par Butch, affirmant que . Glyn White soutient que . Et Mark Conard note que les trois premières armes potentielles sont le symbole d'un nihilisme que Butch rejette alors que la sabre japonais traditionnel, par contraste, représente une culture avec un code moral bien défini, reliant ainsi Butch à une approche de la vie ayant plus de sens.
Robert Miklitsch affirme que la « téléphilie » de Tarantino est peut-être plus importante dans la sensibilité guidant ' que l'amour du réalisateur pour le rock 'n' roll ou même le cinéma. Il se base sur une déclaration de Tarantino au sujet de sa génération, qui a grandi dans les années 1970 : et dresse la liste de tous les programmes télévisés référencés dans ' : ', "Clutch Cargo", "The Brady Bunch", "The Partridge Family", "Chapeau melon et bottes de cuir", "Les Trois Stooges", "Les Pierrafeu", "Les Espions", "Les Arpents verts", "Kung Fu", ' et bien sûr le pilote fictionnel tourné par Mia Wallace. Miklitsch écrit que cette liste, à l'exception possible de "Chapeau melon et bottes de cuir", . Jonathan Rosenbaum a introduit la télévision dans son analyse de la comparaison entre Tarantino et Godard, reconnaissant que les deux réalisateurs étaient semblables dans le fait de vouloir mettre tout ce qu'ils aiment à l'écran. Mais il ajoute que .
Sharon Willis étudie la façon dont une série d'animation ("") marque le début de la scène, et continue à être en arrière-plan tout au long de celle-ci, entre le jeune Butch Coolidge et la capitaine Koons. Ce vétéran de la guerre du Viêt Nam est interprété par Christopher Walken, dont le rôle ici évoque celui du soldat traumatisé qu'il a joué dans "Voyage au bout de l'enfer" (1978). Willis écrit que . Robert Miklitsch soutient que, pour certains critiques, le film est un . Robert Kolker est d'accord avec cela, estimant que .
La mystérieuse mallette appartenant à Marsellus Wallace et dont la combinaison d'ouverture est 666, le nombre de la Bête, n'est pour Tarantino rien d'autre qu'un MacGuffin servant uniquement les besoins de l'intrigue, le réalisateur affirmant : . Elle devait à l'origine contenir des diamants (probablement ceux volés dans "Reservoir Dogs") mais cela a été jugé comme trop commun. Pour les besoins du tournage, elle contient une ampoule orange cachée qui produit une lueur un peu surnaturelle. Dans une interview de 2007 réalisée par son ami Robert Rodriguez, Tarantino paraît être sur le point de révéler ce que contient la mallette mais la scène saute à ce moment-là, dans le style employé par les deux réalisateurs dans "", et reprend avec Rodriguez affirmant comment la connaissance du contenu de la mallette altère radicalement sa compréhension du film.
Plusieurs « solutions » à ce qu'un analyste a appelé ce ont néanmoins été proposées. La plupart de ces théories sont totalement farfelues mais une forte similarité a néanmoins été observée avec le film noir de Robert Aldrich "En quatrième vitesse" (1955). En effet, on remarque dans ce film, que Tarantino a par ailleurs cité en influence pour le personnage de Butch Coolidge, la présence d'une mallette au contenu lumineux qui contient en fait un matériau radioactif. Pour l'universitaire Paul Gormley, cette connexion avec "En quatrième vitesse", ainsi qu'avec "Les Aventuriers de l'arche perdue", permet d'envisager cette lueur mystérieuse comme un symbole de la violence. Pour Susan Fraiman, le contenu mystérieux représente . La théorie selon laquelle la mallette contient l'âme de Marsellus a rapidement connu une certaine popularité. Analysant cette notion, Roger Ebert la rejette comme .
Avant d'exécuter quelqu'un, Jules Winnfield récite de façon rituelle ce qu'il affirme être un passage de la Bible, le verset 17 du chapitre 25 du livre d'Ézéchiel. On peut entendre ce passage trois fois au cours du film : juste avant que Jules assassine Brett lors de la première histoire, la même scène d'un autre point de vue dans la troisième histoire, et lors de l'épilogue au café restaurant. Dans la version originale, les deux dernières phrases prononcées par Jules sont assez semblables à celles de la version en anglais d'Ézéchiel 25:17 dans la Bible du roi Jacques mais les deux premières ont été créées de toutes pièces à partir d'autres citations bibliques. L'inspiration principale de Tarantino pour ce discours est "Karate Kiba" (1973), un film d'arts martiaux japonais où Sonny Chiba prononce des phrases similaires. Par ailleurs, un autre personnage joué par Chiba répète toujours les mêmes phrases sur la façon dont le monde doit être débarrassé du mal avant de tuer le méchant de la semaine dans la série télévisée japonaise "" (1980), et un tueur tient le même genre de discours dans "Modesty Blaise", un roman d'espionnage que lit Vincent Vega dans deux scènes du film.
Plusieurs critiques ont analysé le rôle du discours et le relient de diverses manières à la transformation du personnage de Jules et à la question du postmodernisme du film. Paul Gormley écrit que, à la différence des autres personnages principaux du film, Jules est . Adele Reinhartz affirme que est indiquée par la différence entre ses deux façons de prononcer le discours : . Mark Conard argue du fait que, comme Jules réfléchit sur le passage, il commence à entrevoir qu'il , ce qui contraste avec la représentation générale du film d'une culture nihiliste. Jonathan Rosenbaum trouve moins de sens dans la révélation de Jules, expliquant : .
Une partie non négligeable de l'action du film se déroule dans des salles de bains et des toilettes ou implique des personnages ayant besoin d'y aller, un motif que l'on retrouve dans une moindre mesure dans d'autres films réalisés par Tarantino. Au Jack Rabbit Slim's, Mia Wallace part dans les toilettes des dames ; Butch Coolidge et Fabienne partagent une scène dans la salle de bains de leur motel, lui sous la douche pendant qu'elle se brosse les dents ; on retrouve Fabienne, le lendemain matin dans le film mais seulement quelques secondes plus tard à l'écran, de nouveau en train de se brosser les dents ; quand Jules et Vincent récupèrent la mallette chez Brett et ses complices, un quatrième comparse se cache dans la salle de bains ; Vincent et Jules occupent également la salle de bains de Jimmy, où ils ont une discussion au sujet d'une serviette ensanglantée ; et Yolanda est prise d'une envie pressante quand le braquage du café restaurant tourne au mexican standoff.
De plus, et comme l'ont décrit Peter et Will Brooker, ce sont les scènes les plus significatives, Vincent Vega part trois fois aux toilettes pendant le film et trouve quand il revient un monde radicalement changé sur lequel la mort plane. Cette menace s'accroît au fur et à mesure que le récit progresse chronologiquement pour se concrétiser la troisième fois. La première fois, mais la dernière dans l'ordre du film, Vincent part aux toilettes au café restaurant et revient en plein milieu d'un braquage ; la deuxième fois, il se raisonne aux toilettes afin de ne pas aller trop loin avec Mia pendant que celle-ci fait une overdose ; et la troisième fois, il lit dans les toilettes de l'appartement de Butch et est tué par ce dernier en sortant. Selon les Brooker, .
Susan Fraiman trouve particulièrement significatif le fait que Vincent lise le roman d'espionnage pulp "Modesty Blaise" dans deux de ces scènes, reliant cela à la traditionnelle vision moqueuse des femmes en tant que grandes consommatrices de magazines et de littérature de gare. Elle écrit : . Ainsi, pour Fraiman, . Sharon Willis a une vision opposée, estimant que le .
Sur le marché vidéo, ' est d'abord distribué en VHS et Laserdisc en septembre 1995 et il s'impose à sa sortie comme le film le plus rentable de l'histoire à la location devant ' et "Danse avec les loups".
La version DVD est sortie le en région 1 et le en région 2. Une édition collector double DVD est sortie le en région 1 et le en région 2. Cette version comprend notamment des documentaires sur le tournage et les décors, des scènes coupées, le making-of, des interviews et le discours de Quentin Tarantino lors de la remise de la Palme d'or à Cannes.
La version en disque Blu-ray est sortie le en région 2 et seulement le en région 1. Elle comporte les mêmes bonus que l'édition spéciale en DVD.
"" a très vite été considéré comme l'un des films les plus importants de son époque et l'engouement populaire autour du film, démontré entre autres par les nombreuses spéculations au sujet du contenu de la mallette de Marsellus Wallace, lui a fait acquérir un statut quasi-immédiat de film culte. Décrit comme un phénomène culturel international dont l'influence s'est ressentie non seulement dans le domaine du cinéma, mais aussi dans ceux de la télévision, la littérature, la musique et la publicité, il a aussi été identifié peu après sa sortie comme un centre d'intérêt significatif de la communauté grandissante des utilisateurs d'internet. Les critiques de cinéma Roger Ebert et Richard Corliss l'ont tous deux décrit comme le film le plus influent des années 1990.
Dès 1995, Gene Siskel affirme que . Ken Dancyger écrit que le du film représente .
Paula Rabinowitz a exprimé l'opinion générale du milieu du cinéma en écrivant que le film avait . L'influence stylistique du film est vite devenue apparente ; moins d'un an après sa sortie, le critique britannique Jon Ronson qui assistait aux projections de fin de semestre de la témoignait de son impact : . Peu après la sortie de "", imitant son style ont commencé à apparaître, David Desser estimant qu'il n'a . Sa structure de narration non linéaire a également inspiré des films de tous genres qui ont adopté ce désordre dans la narration.
Plusieurs scènes et dialogues du film sont devenus des icônes de la culture populaire, le magazine "Entertainment Weekly" estimant même qu'il est difficile . Parmi les moments particulièrement célèbres, on peut citer le dialogue entre Vincent Vega et Jules Winnfield à propos des McDonald's ; la danse de Mia Wallace et Vincent Vega au Jack Rabbit Slim's ; la piqûre d'adrénaline dans le cœur de Mia Wallace ; les scènes entre Butch Coolidge et Marsellus Wallace et leurs tortionnaires ; et la « citation » de Jules Winnfield du livre d'Ézéchiel. L'image des personnages joués par John Travolta et Samuel L. Jackson se tenant côte à côte en costumes et braquant leurs armes sur leur victime est également devenue familière. En 2002, Banksy a réalisé à Londres un graffiti mural représentant les deux hommes dans cette posture et tenant des bananes à la place de leurs pistolets mais cette œuvre, dont la valeur avait été estimée à , a été effacée par les services municipaux en 2007.
Le film est, selon le classement établi en 2007 par l'AFI, le film américain de tous les temps. L'AFI le classe également à la de sa liste des meilleurs films de gangsters. En 2001, un sondage national réalisé au Royaume-Uni par Channel 4 l'a classé au des meilleurs films de tous les temps. Il fait partie de la liste des 100 meilleurs films de tous les temps établie par "Time Magazine" en 2005. En 2008, le magazine ' le classe à la dans sa liste des 500 meilleurs films de tous les temps. La même année, le personnage de Jules Winnfield figure à la du classement des 100 meilleurs personnages de films, toujours selon '. Il figure enfin à la du Top 250 du classement des films de l'Internet Movie Database, basé sur les votes du public, avec une note moyenne de . En 2013, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ».
Le film a été parodié ou référencé dans de nombreuses œuvres artistiques, entre autres dans les séries télévisées "Les Simpson", "Seinfeld", "Dr House", "How I Met Your Mother", ', "Mariés, deux enfants", "Community" et "Gilmore Girls" ; les films "Fourmiz", ', "Moi César, 10 ans ½, 1m39", "From Paris with Love", "Hostel" et "Hostel, chapitre II" ; les chansons "Pucc Fiction" d'Oxmo Puccino et "Telephone" de Lady Gaga ; et les jeux vidéo "Fallout 2" et "". La réplique de Butch à Fabienne, à propos de l’origine du chopper, a inspiré le nom du groupe Zeds Dead.
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