Ouganda

LOuganda, en forme longue la République d'Ouganda ou la République de l'Ouganda, en anglais et , en swahili et , est un pays d'Afrique de l'Est. Il est aussi considéré comme faisant partie de l'Afrique des Grands Lacs. Il est entouré par la République démocratique du Congo, le Kenya, le Rwanda, le Soudan du Sud et la Tanzanie. Le Sud du pays englobe une vaste partie du lac Victoria. L'Ouganda tire son nom de l'ancien royaume de Buganda, qui couvrait autrefois les régions les plus au sud, dont la capitale et plus grande ville est Kampala.
Le pays est situé sur le plateau Est-africain, pour la plus grande partie entre les nord et sud et entre les et est. Son altitude moyenne est de 1100 mètres, en descente abrupte vers la plaine soudanaise au nord. Le centre s’articule autour du lac Kyoga, entouré de zone marécageuses. 
La quasi totalité du territoire ougandais se trouve dans le bassin du Nil. Le Nil sort du lac Victoria pour rejoindre le lac Kyoga puis le lac Albert, sur la frontière congolaise. Une petite région située tout à l’est est drainée par le fleuve Turkwel, qui fait partie du bassin drainant du lac Turkana.
Le lac Kyoga fait grossièrement office de frontière linguistique entre les langues bantoues au sud et nilotiques au nord. Cette frontière, orientée du nord-ouest au sud-est, ne reflète que partiellement la division politique entre le nord et le sud.
La superficie de l'Ouganda est de , soit environ la taille du Royaume-Uni.
On retrouve sur le territoire de l'Ouganda plusieurs sites de minerais inexploités, notamment le cuivre et le cobalt qui sont les principaux.
Largement équatorial, le climat subit toutefois de larges variations selon l’altitude. Le sud du pays est plus humide et frais, avec des précipitations réparties sur toute l’année et une température moyenne de 20 °C. À Entebbe, sur la rive nord du lac Victoria, la plus grande partie des précipitations tombe entre mars et juin, puis entre novembre et décembre. La région de Rwenzori, une chaîne montagneuse aux sommets enneigés, connaît d’abondantes précipitations toute l’année.
Plus au nord, avec une température moyenne de 33 °C, la saison sèche se fait graduellement plus chaude et plus marquée : à Gulu, à 120 km au sud de la frontière sud-soudanaise, les mois de novembre à février sont beaucoup plus secs que le reste de l’année. La région de Karamoja, au nord-est, connaît le climat le plus sec et peut subir des sécheresses certaines années. 
L’Ouganda compte 60 zones protégées, dont 10 parcs nationaux: la Forêt impénétrable de Bwindi et le Parc national Rwenzori Mountains (tout deux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO), le Parc national de Kibale, le Parc national Kidepo Valley, le Parc national du lac Mburo, le Parc national des gorilles de Mgahinga, le Parc national Mount Elgon, le Parc national Kenya, le Parc national Murchison Falls, le Parc national Queen Elizabeth, et le Parc national Semuliki.
Les peuples formant l’Ouganda actuel étaient des chasseurs-cueilleurs jusqu’à 700 à 300 Des population de langue et culture bantoue, probablement originaire d’Afrique centrale, migrèrent vers le sud du pays, apportant avec eux le travail du fer et de nouvelles organisations sociales et politiques. Aux et , l’Empire du Kitara couvrait la plus grande partie de l’Afrique des Grands Lacs, entre le lac Albert, le lac Tanganyika, le lac Victoria et le lac Kyoga. Son gouvernement était basé dans ce qui devint le royaume Ankole, aux mains de la dynastie Bachwezi, succédant elle-même à la dynastie semi-légendaire des Batembuzi. 
Au nord et à l’est du pays, des peuples nilotiques pratiquant l’élevage et l’agriculture, dont les Luo et les Ateker, colonisèrent la région au début du , ce qui aurait causé la chute de l’Empire Chwezi. Les jumeaux Rukidi Mpuuga et Kato Kintu auraient été les premiers rois Bunyoro et Buganda après la fin de l’Empire Chwezi et auraient fondé les dynasties Babitto et Bambejja. Certains Luos s’installèrent dans les territoires Bunyoro et s’y assimilèrent, fondant la dynastie babiito de l’actuel "Omukama" des Bunyoro-Kitara.
Les migrations des Luos durèrent jusqu’au , vers l’est de l’Ouganda comme sur les rives orientales du lac Victoria, sur les territoires des actuels Kenya et Tanzanie. Les Ateker (Karimojong et Iteso) s’établirent au nord-est et à l’est du pays et certains fusionnèrent avec les Luos au nord du lac Kyoga.
À partir des années 1830, des commerçants arabes arrivèrent à l’intérieur des terres à partir des côtes d’Afrique de l’Est. Ils furent suivis trente ans plus tard par des explorateurs britanniques à la recherche des sources du Nil. Des missionnaires protestants puis catholiques arrivèrent respectivement en 1877 et 1879. Le Royaume-Uni plaça la région sous l’autorité de la Compagnie britannique impériale d'Afrique de l'Est en 1888 et l’administra comme un protectorat à partir de 1894. 
Au cours des années 1890, ouvriers originaires des Indes britanniques furent embauchés pour travailler à la construction de chemins de fer. Après la fin des travaux, d’entre eux décidèrent de rester en Afrique de l’Est. 
Après intégration de plusieurs autres chefferies et territoires, le protectorat nommé Ouganda prit sa forme définitive en 1914.
Le 9 octobre 1962, à l'indépendance de l'Ouganda, se pose de manière aiguë le problème des structures politiques. La solution retenue, exprimée dans la première Constitution, est de type fédéral - elle associe les quatre anciens royaumes - mais le Bouganda maintient sa prépondérance jusque dans le nom du nouvel État, l'Ouganda, pays des Bagandas. Le Kabaka Mutesa II en devient le président à vie. Milton Obote, fondateur en 1960 du Congrès du peuple ougandais ("Uganda People's Congress" ou UPC), devient Premier ministre. L'UPC, à l'image de son dirigeant, est le parti des populations nilotiques du Nord, opposées à la domination économique et politique du Bouganda et, donc, favorable à la centralisation. Dès lors, les tensions entre le Nord nilotique et le Sud bantou s'exacerbent.
En mai 1966 : Milton Obote, afin d'imposer la centralisation, envoie l'armée au Bouganda et dépose le roi Kabaka Mutesa II avec l'appui de son chef d'état-major, Idi Amin Dada. Ce dernier appartient à une ethnie musulmane minoritaire du nord-ouest. Obote fait promulguer, l'année suivante, une nouvelle constitution abolissant les royaumes, et instituant un régime présidentiel à parti unique.
La résistance des Baganda, que la politique de nationalisation du commerce entreprise par Obote menace directement dans leurs intérêts, la dégradation économique et les accusations de corruption se conjuguent pour déstabiliser Obote.
Le 25 janvier 1971, Idi Amin Dada prend le pouvoir par un coup d'État. Au départ soutenu par les pays occidentaux qui craignaient une orientation trop socialiste du régime précédent, Amin Dada va être lâché par ces derniers au fur et à mesure que son régime devient tyrannique et sanguinaire. En huit ans de pouvoir, le régime va être accusé de la mort ou de la disparition de près de Ougandais. Privé de l'aide occidentale, après l'expulsion du pays des Indo-Pakistanais (qui détenaient le commerce et beaucoup d'entreprises) et l'oppression de l'intelligentsia, l'économie s'effondre. En 1978, avec la chute du cours du café, principale exportation du pays, l'Ouganda frôle la faillite et le gouvernement ougandais est aidé financièrement par les États arabes amis d'Idi Amin Dada. En 1979, après des mutineries de l'armée, Idi Amin Dada, aux abois, déclenche la Guerre ougando-tanzanienne. La Tanzanie contre-attaque et avec l'aide du mouvement de résistance ougandais, le renverse en avril 1979. L'ex-dictateur s'exile alors en Libye puis en Arabie saoudite où il meurt en 2003.
On retrouve sur le territoire ougandais un peu d’hydrocarbure, dont du pétrole qui provient du lac Albert. Le pays produit environ barils par jour. L'entreprise pétrolière britannique Tullow Oil n'en est encore qu'à l'exploration mais elle a déjà obtenu, de la part de l'État, une dizaine de licences de forage, comme à Kigogole sur les rives du lac Albert. Le climat et les terres riches favorisent l'agriculture. Les principales productions sont le café (dont l’Ouganda est un des premiers exportateurs dans le monde), la canne à sucre, le coton et la patate douce. Ces éléments sont les principales activités économiques du secteur primaire. L'État peine à relancer une économie rurale (80 % de la population vit de l'agriculture).
L'Ouganda compte plus de 38 millions d'habitants en 2016. Le pays connaît l'une des plus fortes croissances démographiques au monde avec un taux de fécondité estimé à environ 6 enfants par femme. La population du pays a ainsi été multipliée par 8 entre 1950 et 2015.
D'après le recensement de 2002, la population de 24,2 millions d'habitants se répartit entre les différents groupes ethniques comme suit :
Jusqu'en 2005, l'Ouganda est une république à parti unique, tous les citoyens ougandais étant membres du parti unique. 
Le , un référendum populaire valide la modification constitutionnelle et autorise à nouveau le multipartisme. Le "oui" obtient 92,6 % des voix et la participation est seulement de 47 %. L'opposition qui dans sa grande majorité avait appelé au boycott dénonce des chiffres de participation fantaisistes.
Les dernières élections législatives et présidentielle ont eu lieu le 23 février 2006, et ont permis la réélection de Yoweri Museveni (au pouvoir depuis 1986) avec 59 % des voix, contre 37 % pour son principal adversaire, Kizza Besigye. Le Forum pour le changement démocratique de M. Besigye dénonce des fraudes.
De 1988 à 2006, l'Armée de résistance du Seigneur a combattu l'armée régulière dans le Nord du pays, afin, sans succès, de renverser Museveni.
L'Ouganda est divisé en 111 districts (depuis juillet 2010) répartis entre quatre grandes régions (Nord, Est, Centre et Ouest). Les districts sont tous nommés d'après leur ville principale respective.
Les districts sont divisés en sous-districts, en comtés, en sous-comtés, en paroisses et en villages.
Parallèlement aux subdivisions administratives, six royaumes traditionnels bantous ont été préservés avec une autonomie limitée, essentiellement culturelle. Ce sont le Toro, l'Ankole, le Busoga, le Bunyoro, le Bouganda et le Rwenzururu.
L'analphabétisme est fréquent en Ouganda, notamment parmi les femmes. Dans la période de 2002–2005 les dépenses publiques pour l'éducation étaient de 5,2 % du PIB. L'Ouganda a des universités privées et publiques.
En 2007, on comptait plus de 90 % de jeunes ougandais qui fréquentaient les établissements scolaires primaires. En revanche, la même année, on ne dénombrait qu'environ un adolescent sur trois dans l’enseignement secondaire. Ce déséquilibre est lié au coût trop élevé de l'éducation, au manque d'établissements scolaires et au désintérêt des étudiants.
Le SIDA est fréquent en Ouganda. 
L'espérance de vie féminine était de 52,4 ans, et l'espérance de vie masculine était de 51,4 ans en 2007. En 2007, l'espérance de vie en bonne santé était de 44 ans. Les dépenses gouvernementales pour la santé étaient de 
("parité de pouvoir d'achat") par habitant en 2007.
Depuis un projet de loi déposé en octobre 2009, l'Ouganda envisage de pratiquer la peine de mort pour les homosexuels « récidivistes » (c'est-à-dire les personnes qui ont des relations homosexuelles librement consenties) et d'infliger de lourdes sanctions à leurs complices. Plusieurs magazines français se sont émus de cette aggravation de la pénalité envers les homosexuels. L'Ouganda rejoindrait alors la liste des 9 pays qui appliquent la peine de mort pour les homosexuels : Iran, Afghanistan, Arabie saoudite, Soudan, Mauritanie, Nigeria (États du nord), Pakistan, Émirats arabes unis et Yémen. En juin 2011, la session parlementaire a été ajournée sans débattre de ce projet de loi.
En février 2014, le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué une loi (Anti-Homosexuality Act, 2014) durcissant la répression de l’homosexualité : celle-ci prévoit notamment la prison à perpétuité pour « délit d’homosexualité » (« "offense of homosexuality" »). L’Église catholique locale, ainsi que la conférence épiscopale des africains du Sud, et le Vatican, conformément à la doctrine catholique, se sont opposé à cette loi. La loi interdit également toute promotion de l'homosexualité et sa reconnaissance.
Les langues officielles sont l'anglais et le swahili; d'autres langues sont également parlées, dont l'Acholi, le kiganda, le kiswahili, le konjo, le lusoga ou le luganda.
Le poids démographique des religions présentes dans le pays a été dénombré lors du recensement général de la population et de l'habitat de l'Ouganda de 2014 :
Beaucoup de convertis continuent cependant à pratiquer les religions traditionnelles ou certains de leurs rites.
L'Ouganda a pour codes :