Mahomet

Mahomet (en arabe محمّد - "Muḥammad"), Muḥammad ou Mohammed, nom complet : Abū al-Qāsim Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, est un chef religieux, politique et militaire arabe de la tribu de Quraych. Fondateur de l'islam, il en est considéré comme le prophète majeur. Selon la tradition islamique, il serait né à La Mecque vers 570 et mort à Médine en 632.
Les musulmans le considèrent comme le dernier des prophètes du monothéisme, au sens où il termine et scelle le cycle de la révélation monothéique abrahamique. Ses biographies religieuses rapportent qu'il enseignait à ses premiers compagnons (sahabas) les versets du Coran, qu'il présentait comme la parole même de Dieu (Allah en arabe), transmise à lui par l'archange Gabriel. Le Coran aurait été compilé après la mort de Mahomet, à partir de transcriptions sur des supports divers, par ses disciples. Par ailleurs, ses actions et ses paroles forment la sunna, qui est la seconde source à la base du droit musulman.
La fondation de l'islam et l'importance de la culture islamique ont influencé différentes cultures et civilisations au cours de l'histoire, faisant de Mahomet une figure de premier plan de l'histoire. Néanmoins, son historicité fait débat. En raison de la rareté des sources historique et du biais religieux des sources traditionnelles, il n'est pas possible d'écrire une biographie historique du personnage devenu au fil du temps un chef religieux.
Le Coran n'apporte que peu d'éléments biographiques et contextuels concernant Mahomet. Il n'est d'ailleurs cité que quatre fois dans ce texte alors qu'un personnage comme Jésus, appelé 'Īsā, l'est une douzaine de fois, et en utilisant des titres plus prestigieux que ceux de Mahomet, tels que celui de « Messie » et d' « Esprit de Dieu » (sourate 4 et 91). Même si Mahomet est peu mentionné dans ce texte sacré, les théologiens musulmans interprètent certains versets comme des références à sa vie.
Dans le Coran, Mahomet est qualifié d', c'est-à-dire d'illettré ne sachant ni lire, ni écrire. Néanmoins, pour certains, la qualité d' n'exclut pas la maîtrise rudimentaire de la lecture et de l'écriture. Dans une autre acception, le terme "" peut aussi vouloir dire qu'il appartenait à un peuple ne sachant ni lire ni écrire ou encore un peuple sans Écritures saintes. Enfin, selon l'historien Mohamed Talbi, il maîtrisait parfaitement la lecture et l'écriture et était d'une grande culture.
Les sources premières de la vie de Mahomet résident principalement dans des textes d'hagiographes et d'historiens musulmans, de rédaction relativement tardive, aux . Il s'agit essentiellement d'Ibn Ishâm, d'Ibn S'ad et de Tabari, qui proposent une histoire aspirant à répondre aux questionnements religieux, politiques, juridiques ou sociaux de leur époque, offrant par conséquent une image dogmatique et décalée dont l'historicité est sujette à caution, sans toutefois affecter l'importance historique de cette façon de voir des débuts de l'islam.
Jusqu'à l'âge de 40 ans, on ne sait pas grand-chose de sa vie. Elle est reconstituée d'après la tradition orale, mise par écrit 140 ans après sa mort, grâce aux témoignages indirects de ceux qui avaient connu ses premiers compagnons. , explique l'historien Maxime Rodinson.
Cependant, selon les sources écrites disponibles, des biographies de Mahomet auraient déjà été écrites par des descendants de compagnons de Mahomet. La première biographie écrite sur Mahomet aurait été celle d' (mort en 713) petit-fils d'Abu Bakr, fils d'Asmaa bint Abu Bakr et de Zubayr ibn al-Awwam, deux compagnons de Mahomet. Il aurait rédigé cette biographie en se basant sur les témoignages de plusieurs autres compagnons de Mahomet. Son ouvrage, dont nous ne disposons plus, aurait inspiré les biographes tels que Tabari, Al-Waqidi et Ibn Ishaq. De même, le fils du troisième calife, Abân ibn `Othmân (mort en 724) compterait parmi les premiers auteurs de "" chez qui auraient puisé les biographes ultérieurs. Le manuscrit décrivant les batailles de Mahomet et qui se trouve à Heidelberg en Allemagne, écrit par (mort en 728), fils d'un autre compagnon de Mahomet nommé , peut être évoqué comme autre source primitive en la matière. Il aurait encore existé des biographies selon Churahbîl ibn Sa`d (mort en 741), Âsim ibn Umar ibn Qatida (mort en 738) et Abdallah ibn abi Bakr ibn Hazm (mort en 753) aujourd'hui disparues, mais qui auraient toutes servi de sources écrites aux biographies rédigées après 758 et dont nous disposons encore.
Selon ces biographies, Mahomet est d'abord berger puis caravanier avant d'entrer au service de Khadija, une riche veuve à la tête d'un commerce caravanier. Au moment de leur mariage la tradition rapporte qu'il avait et elle (ou 28 selon ibn Habîb et al-Balâdhurî). Ils eurent deux fils (ou trois, selon les sources) qui mourront en bas âge : Al-Qâsim et `Abdullah, parfois appelé "" (le bon) ou "At-Tâhir" (le pur), ainsi que quatre filles, Zaynab, Ruqayyah, Oumm Koulthoum et Fatima, la future épouse d'Ali, un des fils d'Abu Talib.
Pour le reste de sa vie, on dispose de quelques sources écrites. Des enseignements de Mahomet, ainsi que certains de ses faits et gestes, ses attitudes lors de telle ou telle bataille, furent mis par écrit très tôt. Néanmoins, plusieurs chercheurs - un des premiers étant I. Goldziher- ont démontré que certains hadiths sont composés d'éléments plus récents qui lui ont été attribués postérieurement. Les hadiths ne sont donc pas une source historique fiable pour étudier la vie de Mahomet mais transmettent aussi des informations sur les deux premiers siècles de l'islam.
Selon les traditions musulmanes, des ouvrages ont été rédigés du vivant de Mahomet ou par ses compagnons : Abu Bakr, premier calife, aurait compilé qu’il aurait détruits par crainte d’insérer des fautes. Amr bin Hazm, gouverneur du Yémen du temps de Mahomet, a compilé tout un opuscule qui nous est parvenu intégralement. Jabir ibn Abdullah al-Ansari a rédigé plusieurs ouvrages. Samurah bin Jundab composa également un grand volume de hadiths. rédigea également un important ouvrage de hadiths que sa descendance conserva. Abdullah ibn Abbas, fils de l’oncle de Mahomet, a laissé de nombreux livres de hadiths à sa mort. Abu Huraira rédigea la "Sahifah as-Sahihah" avec son disciple . Il avait mis par écrit de nombreux rouleaux remplissant un grand coffre en bois qu'il consultait fréquemment. Salmân al-Fârisî (Salman le Perse, mort en 644/32H) a rédigé des hadiths qu'il communiqua à Abu Darda. rédigea un manuscrit contenant 122 hadiths qu'il transmit à ses enfants.
Des ouvrages consacrés en entier à la collection des Hadiths ont été compilés des générations après sa mort par des individus notables tel Mouhammad al-Boukhârî, Muslim ibn al-Hajjaj, Muhammad ibn Isa Al-Tirmidhî, Abd ar-Rahman An-Nasa'i, Abou Dawoud, Ibn Majah, Mâlik ibn Anas, al-Daraqutni etc.
Si l'existence historique de Mahomet fait globalement consensus, le degré d'authenticité historique de ces récits est discuté par les historiens et exégètes contemporains, certains considérant que les sources traditionnelles musulmanes sont trop contradictoires pour pouvoir être réconciliées dans une biographie satisfaisante, d'autres allant jusqu'à les rejeter au profit de sources non musulmanes plus anciennes. Cette représentation conditionne les élaborations doctrinales qui se développent notamment au sein des madhahib, les écoles juridiques.
Selon les termes d'Harald Motzki, traduisant la difficulté à atteindre l'historicité du fondateur de l'Islam sous la forme d'une biographie classique, . Parmi d'autres biographes, Alfred-Louis de Prémare cite ces propos afin de souligner la difficulté à laquelle sont confrontés les historiens qui tentent d'établir la biographie de Mahomet : il existe à son sujet peu de sources fiables du point de vue de l'historien, ce qui fait, selon lui, que 
La biographie traditionnelle doit être, pour de nombreux chercheurs, nuancée. En effet, de nombreux éléments sont en contradiction avec certaines recherches actuelles. La Mecque n'est mentionnée dans aucun texte avant les textes islamiques, ce qui conduit certains critiques à douter de son existence à l'époque en l'absence de trace archéologiques. Pour d'autres, l'islam est née en Arabie pétrée, actuelle Syrie.
Un ensemble de textes juifs, chrétiens et samaritains, indépendants et datant du , indiquent que Mahomet est encore vivant lors de la conquête musulmane du Proche-Orient. Pour cette raison, Stephen J. Shoemaker propose de réviser sa date de mort plutôt vers 634 ou 635. Il est ainsi possible que la tradition musulmane ait fixé sa mort en 632 pour s'inspirer de celle de son modèle Moïse qui meurt avant d'entrer en Terre promise, laissant son successeur Josué mener la conquête du pays de Canaan, à l'instar du successeur de Mahomet Abou Bakr qui lance ses troupes à la conquête des pays du Cham (Syrie et Palestine).
L'évolution qui aboutit à la Sîra (biographie sacrée du prophète) s'est en fait effectuée du matériau de base à l'élaboration littéraire fondée sur un certain nombre de critères, lesquels ne sont pas seulement littéraires, mais aussi doctrinaux et idéologiques. Pour Uri Rubin, la vie de Moïse décrite dans la Bible et qui se découpe en trois parties de quarante ans (valeurs mythiques, le nombre 120 étant symbole de perfection) aurait servi de modèle à la vie de Mahomet (vocation à pour Mahomet, à pour Moïse, durée de vie de pour Mahomet, le double pour Moïse, toutes ces valeurs étant symboliques).
Mahomet est une figure historique qui prend forme et acquiert ses caractéristiques actuelles entre le et le . Sa vie, transmise par la sîra et les hadiths, est canonisée entre le par des écrivains vivant parfois plusieurs siècles après sa vie. dont certains ont reconstruit des chaînes de transmission fictives. La fiabilité de ces sources est donc réinterrogée par les historiens. Ces vies de Mahomet présente une vision tardive de cette figure et participent donc à la mise en place d'une figure de prophètes qui s'inscrit dans la continuité de prophètes du judaïsme, comme Moïse.
La recherche sur les origines de l'Islam s'est penché sur la question de l'apparition du nom de Mahomet. Dans "L'Islam en débats", Françoise Micheau précise qu'« Il faut attendre la fin du pour trouver le nom de Muhammed ». Au début du , des fouilles en Arabie Saoudite ont mis au jour des graffitis islamiques — probablement contemporains de la révélation coranique — gravés sur des « murs du pardon », dans des sites de type sanctuaires oratoires ou sur des objets épigraphiques porteurs de professions de foi et de demandes de pardon ne mentionnant pas le nom de Mahomet. La plus ancienne mention du prophète en Arabie, dans un graffiti daté, remonte à 121/738-39 dans une prière où il apparaît en association avec Abraham. En outre, si la réorganisation de ces graffitis, d'origine essentiellement religieuse, propose la première partie de la profession de foi coranique (« Il n'est de Dieu que Dieu »), elle ignore cependant la seconde partie qui mentionne "Mahomet". "A contrario", la mention d'un proche de selon la tradition, Omar ibn al-Khattâb, figure à plusieurs reprises dans cette série de graffitis, associée à des dates plus anciennes mais sans titre particulier bien que la tradition en fasse un calife.
Hors-Arabie, les plus anciennes données matérielles qui mentionnent remontaient à une cinquantaine d'années après la mort de Mahomet : en 685 (66 de l'hégire) sur une drachme arabo-sassanide, en 691 (71 h.), sur une pierre tombale égyptienne et en 692 (72 h.), sur une inscription figurant sur le Dôme du Rocher de Jérusalem. Selon V. Popp, en comparaison d'autres pièces similaires portant ces lettres et des représentations chrétienne, le terme Mhmd de la pièce de monnaie arabo-sassanide ne désigne pas Mahomet mais se traduit par "le béni", terme utilisé pour désigner Jesus. De même, certaines inscriptions du Dôme du rocher serait issues de la phrase biblique : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur", le béni signifiant Jesus. Des chercheurs ont daté le manuscrit M a VI 165 d'un Coran qui se trouve à l'université de Tübingen en Allemagne. La datation au carbone 14 du manuscrit donne une fourchette entre 649 et 675 avec une probabilité de 95,4 %, soit vingt à quarante ans après la mort du Prophète. Cette datation ne concerne toutefois pas l'encre qui pourrait être ultérieure mais le manuscrit. Si l'écriture est contemporaine du manuscrit, cela en ferait la plus ancienne mention du prophète Mahomet sur un support matériel jamais trouvé à ce jour. En effet, dans ce manuscrit contient la sourate 17, verset 37 jusqu'à la sourate 36, verset 57. On trouve dans ce manuscrit la sourate 33, verset 40 où il est écrit : .
L'extrême rareté de ces mentions pose question : certains chercheurs ont adopté une démarche de révisionnisme historique remettant largement en cause la vision historiographique classique, tels Yehuda Nevo qui parle d'un islam pré-muhammadien. Pour ce chercheur israélien, qui exploite des centaines de graffitis du Néguev, le nom de Mahomet apparaît tardivement lorsque les autorités décidèrent à la fin du de . Cette thèse trouve deux recensions du même auteur, Mehdi Azaiez, dont l'une très critique et l'autre plus descriptive. Frédéric Imbert qui exploite les mêmes sources est plus réservé sur cette question ; il considère que cette apparition tardive témoigne d'une évolution dans l'expression de la foi. Le nom de Mahomet commence à être utilisé seulement à partir du califat de l’umayyade ʿAbd al-Malik b. Marwân qui débute en 65 de l'hégire) et ne sera vraiment intégré que peu à peu.
Dans une interview intitulée "Mahomet, le prophète posthume", l'historienne Jacqueline Chabbi explique cette mise en place ainsi : "Parmi les convertis, dans les villes, la masse de la population veut un modèle pratique. La tradition prophétique s’invente à ce moment-là, à travers ce qu’on appelle les hadiths, c’est-à-dire les paroles et les actes prêtés au prophète sur lesquels on veut calquer sa conduite. Mais c’est une figure complètement reconstruite".
La naissance de l'Islam est un fait historique encore mal connu. Si la tradition musulmane et certains chercheurs font naitre cette nouvelle religion et le personnage de Mahomet au centre de l'Arabie, d'autres chercheurs prouveraient par des recherches récentes une naissance de l'Islam en Arabie pétrée, c'est-à-dire l'actuelle Syrie, et non dans les territoires de l’Arabie déserte. Ces recherches s'appuient aussi bien sur les études textuelles et philologiques que sur l'archéologie.
Les régions plus au nord étaient influencées par la culture araméenne hellénisée. Les voies commerciales étaient établies. Les Nabatéens fondent leur royaume dont la ville de Pétra fut la capitale. Trajan concrétise une province romaine au nord de la Nabatène. De 244 à 249, Philippe l'Arabe dirigeait toute la province. Au sud, la Syrie était connue sous le nom de Palmyre, Odénat (Udhayna) était le premier souverain puis sa femme Zénobie (Zayneb) le remplaça. Aurélien prend la région puisque presque la totalité de la population était semi-nomade ou nomade. L’histoire demeure obscure au sujet des autres dynasties Lihyan et Thamud. Des inscriptions relèvent l'existence des deux pays. Le peuple de Thamud est cité de nombreuses fois dans le Coran, comme un peuple rebelle n’ayant pas voulu écouter son prophète Sâlih, etc. En 384, le traité de paix entre les Sassanides et les Romains fait arrêter les guerres dans la région. Cette paix durera jusqu'en 502. Les Byzantins et les Perses pratiquaient les routes de la région qui étaient sûres.
Entre les , la région se dégrade par la suite. L'Arabie traverse à cette époque une période désastreuse et se trouve en grande partie dévastée et ruinée, en proie à une certaine anarchie. Les Byzantins et les Sassanides se sont désintéressés de cette région. La société arabe demeure tribale. À la veille de l'islam, La Mecque serait néanmoins un centre économique modeste au regard des grandes cités caravanières comme Palmyre et Pétra, ses ressources apparaissent limitées et on y souffre régulièrement de la faim. L'élevage était important pour la survie, parfois les Bédouins attaquent les caravanes des arabes qui habitent les contrées sédentaires. Les tribus arabes avaient un chef élu et avaient un conseil formé de membre de la même famille (Ahl al-Bayt) (les gens de la maison). La religion des tribus était majoritairement polythéiste.
Développée autour de ses puits et sous l'impulsion de la puissante tribu de Quraych qui impose des périodes de trêve et assure la sécurité des marchands, La Mecque, dont l'existence du temps de Mahomet fait débat, contrôlant notamment la route commerciale entre le Yémen et le Proche-Orient. Son activité principale s'organise autour du commerce caravanier, dominé par le clan Umayya, et des services — finance, entrepôts, bureaux… — nécessaires à son développement, aurait été la ville de grands marchands dont ceux de la tribu des Quraychites. Ces derniers concluaient des traités avec les Byzantins, les Éthiopiens, les Sassanides, etc. Les notables de la ville dirigeaient tout par l'intermédiaire d'un conseil (madjles). À la veille de l'islam, La Mecque est néanmoins un centre économique modeste au regard des grandes cités caravanières comme Palmyre et Pétra, ses ressources apparaissent limitées et on y souffre régulièrement de la faim.
Le polythéisme arabe existait depuis longtemps. Il y avait plusieurs religions préislamiques chez les Arabes. Les spécialistes soulignent trois groupes importants dans l'Arabie méridionale, centrale et septentrionale. Le Coran révèle plusieurs divinités de cette époque (Allat, Houbal, Manat, Nasr, Uzza, Wadd, Yaghoûth, Ya`ouq). Le culte des morts existait chez les Arabes, mais il est mal connu. Le culte des anciens était assez répandu, davantage chez les Arabes sédentaires que les nomades. Les Arabes faisaient des visites aux tombeaux et accomplissaient des rites à leur intention. Joseph Chelhod parle d'animisme arabe. Dans ce contexte polythéiste, la Ka'ba faisait l'objet de visites et de rites sacrés chez les Arabes avant Mahomet et La Mecque accueillait des pèlerinages donnant lieu à de grands rassemblements, notamment au cours des trêves, coïncidant avec la tenue d'importantes foires. Les hommes de la tribu de Mahomet, les Quraychites avaient la réputation d'enterrer leurs filles vivantes avant l'apparition de l'islam.
Il existait des communautés d'Arabes chrétiens et des Arabes judaïsés étaient éparpillés dans la région, principalement dans les villes de Yathrib (Médine) et de Khaybar. La tradition les décrit comme étant des agriculteurs et des artisans.
Plusieurs groupes religieux d'origine judéo-chrétienne comme les Nazôréens-ébionites ou les sabéens-Elkasaïtes sont présents en Arabie et ont probablement été le terreau d'origine de l'islam. Édouard-Marie Gallez a inventé le concept de Judéo-nazaréisme pour décrire cette réalité. Plusieurs critiques comme Oscar Cullmann ou Hans-Joachim Schoeps, soutiennent que les nazôréens ont contribué à l'élaboration de la théologie musulmane pour partie, voire comme Robert Eisenman ou Édouard-Marie Gallez pour l'essentiel. Se joignent à eux des historiens comme Simon Claude Mimouni ou François Blanchetière pour constater que les pratiques religieuses de l'islam à son origine sont très proches et en tout cas compatibles avec celles de ces groupes.
Mahomet, selon la tradition musulmane, est né à fin du à La Mecque, cité caravanière vivant du commerce de marchandises transitant de l'Inde vers l'Occident via Aden puis la Syrie, en traversant le désert de la péninsule Arabique.
La tradition musulmane - à l'instar de Tabari - retient pour date de naissance de Mahomet 570 . Il serait né précisément un lundi soir, le 12 du mois de Rabî`a al Awal, troisième mois lunaire du calendrier arabe.
Il est issu du mariage de `Abdullâh ibn `Abd al-Muttalib et d'Amina bint Wahb. `Abdullah était le fils d'`Abd Al-Muttalib, lui-même fils de Hâchim, prince des Quraychites, gouverneur de La Mecque et intendant de la Ka`ba. La tribu de Quraych (ou Koreish) est une ancienne tribu arabe et descend de Ghâlib, fils de Fihr, surnommé Quraych, guerrier puissant et redouté. Amina était la fille de Whab ibn `Abd Al-Manaf, chef du clan médinois des Banu Zuhrah. La famille de Mahomet est hachémite par référence à son arrière-grand-père Hâchim ibn `Abd Manaf. Son clan a cependant perdu de sa splendeur et c'est la tribu des Banu Umayyah (« le clan d’ʾUmayyah ibn ʿAbd Šams », grand-oncle de Mahomet) qui contrôle La Mecque. Les Quraychites se réclament de la descendance d'Ismaël, fils d'Abraham, et ont la garde de la Ka'ba, sanctuaire qu'auraient reconstruit Abraham et son fils Ismaël, selon la tradition musulmane, et désigné par le père des trois monothéismes comme un lieu de pèlerinage.
La mort de son père `Abdullâh survient avant la naissance de Mahomet à Yathrib (qui prendra plus tard le nom de Médine), en tombant gravement malade, alors qu'il revenait du Cham et voulait rendre visite à ses parents avant de retourner à La Mecque. D'après l'historien médiéval Tabari, c'est le grand-père de Mahomet, `Abd Al-Muttalib, qui lui donna ce nom qui était totalement inconnu à l'époque, après que la mère du Prophète lui a raconté un songe. Amina accoucha à La Mecque dans la maison de son oncle paternel Abû Tâlib, du clan des Banû Hâchim et frère d'Abullah. Son accoucheuse fut Ach-Chifâ', la mère de `Abd Ar-Rahmân ibn `Awf.
L'année de naissance de Mahomet est appelée traditionnellement « l'année de l’éléphant », en référence aux évènements qui s'y seraient déroulés. Le général chrétien éthiopien et vice-roi du Yémen, Abraha, aurait attaqué en vain La Mecque avec une troupe d’éléphants pour démolir le sanctuaire vénéré par les Arabes (la Ka'ba). Le Coran rapporte ce récit (Coran 105 : 1-5), et il est dit que l'attaque fut repoussée par la riposte miraculeuse d'oiseaux jetant des pierres brûlantes. La tradition musulmane dit que des témoins oculaires de cette attaque étaient encore en vie lors de la révélation de cette sourate. D'après Ikrima ibn abî Jahl, un des compagnons de Mahomet, les oiseaux avaient la tête comme celles des oiseaux voraces, et personne n'aurait plus jamais observé d'oiseaux de cette espèce dans la région, ni avant ni après l'évènement. Toujours d'après le récit d'Ikrima, les chroniqueurs rapportent que ces oiseaux n'auraient occasionné aux soldats que des blessures superficielles mais auraient été achevés par la vérole.
Se trouvant dans une situation précaire, sa mère Amina le confie à une nourrice, d'abord à Thuwaybah, servante d'Abu Lahab, un autre de ses oncles, puis à as-Sa`diyyah (de la tribu des Sa`dites, Banû Sa`d), et dont le mari était Harith, fils d'Abd al-`Ouzza, fils de Rifa. Tous deux faisaient partie du clan des Banu Sa`d et étaient pauvre. À cette époque, la coutume des familles nobles de Quraych voulait que les enfants soient élevés à la campagne. Celle-ci emporte le nourrisson dans le désert où son mari vit avec la tribu des Sa`dites à l'écart du reste de la population. La vie dans le désert, au milieu des Bédouins réputés pour la pureté de leur langue, était censée prodiguer aux enfants santé et force d'expression.
La tradition islamique raconte qu'alors que Mahomet et l'un de ses frères de lait avaient la garde de quelques bêtes à proximité des habitations, Halîma et son mari Abû Kabchah (surnom donné à son mari) furent alertés par leur fils de lait qu'il aurait vu deux hommes vêtus de blanc coucher Mahomet sur le sol et lui ouvrir la poitrine. Accourant sur les lieux, Halîma et son mari trouvèrent Mahomet debout mais tout pâle. Il leur aurait donné la même version que celle du fils de lait. Les deux hommes vêtus de blanc auraient été deux anges, envoyés pour purifier le cœur de l'enfant, destiné à être prophète de l'islam, et pour apposer le sceau de la prophétie entre ses épaules.
Craignant pour la santé de l'enfant, Halîma se serait empressée de rendre l'enfant à sa mère Amina mais celle-ci meurt trois ans plus tard. Mahomet n'a alors que six ans. Son grand-père paternel `Abd Al-Muttalib le prend alors dans sa maison. Deux ans après, sur son lit de mort, `Abd al-Muttalib charge Abû Tâlib, l'aîné de ses enfants, de prendre soin de Mahomet. Il l'élève comme ses propres enfants.
Alors que Mahomet a douze ans, Abu Talib décide de tenter sa chance dans le commerce caravanier avec la Syrie, son neveu insiste pour l'accompagner. La tradition veut que, lors d'un voyage, un moine reconnaisse sur lui le signe de la vocation prophétique.
À La Mecque, d'après les deux biographies (Sîra Ibn Hichâm et Sîra Ibn Kathir), Mahomet se serait distingué des gens de son âge. Une tradition, avec ses exagérations selon l'historien Maxime Rodinson, : il aurait été fort, judicieux dans ses propos, énergique dans ses expressions, fidèle à ses amis et plus encore à ses promesses. Il aurait évité avec un soin extrême tout ce qui peut faire soupçonner en lui quelque goût pour le vice.
Vers 590, les Quraychites ayant déclaré la guerre (connue sous le nom d'al-Fijâr — "l'impie") aux Tribus de Kénan et de Hawazan, ils marchèrent contre elles commandés par Abu Talib. Mahomet, âgé de vingt ans (ou de quatorze ans) se serait distingué par son intrépidité. Les deux Tribus sont battues et dispersées.
Quelque temps plus tard, les fondations de la Kaaba sont gravement touchées par des pluies torrentielles. Menaçant de s'effondrer, le sanctuaire doit être démoli et reconstruit par les Quraychites. Quand il s'agit d'y reloger la Pierre noire, une météorite qui serait vénérée par les Arabes depuis le temps d'Abraham, les tribus ne s'accordent pas sur le choix de celui qui aura l'honneur de replacer la pierre sacrée. Elles conviennent qu'il reviendra au premier qui se présentera le lendemain à la porte du temple. Selon cette tradition, cela aurait été Mahomet. Pour ménager les susceptibilités, il aurait enlevé sa cape et y aurait placé la pierre noire, qu'il aurait fait élever ensuite par deux Arabes de chaque tribu et la prenant alors, il l'aurait placée lui-même, sous le regard approbateur de tous les habitants de La Mecque, enchantés de la noblesse de cette action, pour démêler l'orgueil qui en avait été le motif.
Il entre au service d'une riche veuve du nom de Khadîja qui lui confie ses affaires et qui l'épouse bientôt. Selon la tradition musulmane, cela le met à l’abri des soucis matériels et lui confère une certaine reconnaissance sociale à La Mecque mais il est raisonnable de penser que Mahomet, orphelin qui a contracté un mariage inégalitaire, a dû subir une certaine stigmatisation sociale, les individus isolés n'ayant à cette époque d'autre recours que la voie de l'affiliation à l'un des clans dominants. De cette union, il a plusieurs enfants dont seules survivent quatre filles, Zeynab, Umm Kulthûm, Fâtima et Ruqayya.
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Les années suivantes de sa vie sont peu documentées et l'on ignore précisément les influences extérieures qui ont pu s'exercer sur lui durant cette période.
Mahomet effectue de nombreuses retraites spirituelles, à l'instar de ce que font les "hunafâ", des ascètes de tendance monothéiste qui annoncent la fin des temps . il y vit alors une expérience spirituelle forte. La tradition musulmane affirme que c'est en 610 que, pour la première fois, l'archange Gabriel ("Jibril") lui serait apparu dans la grotte de Hira où il avait coutume de se recueillir et lui aurait transmis, selon les croyances musulmanes, la révélation, la parole de Dieu. Mahomet, qui a alors 40 ans, commence à transmettre des versets qu'il déclare être révélés par Allah et dictés en arabe par Gabriel, cette dictée aurait duré vingt-trois ans. Les révélations se seraient accomplies ponctuellement ou régulièrement selon les péripéties de sa vie et de la communauté musulmane. Selon le dogme musulman, c'est là l'origine du Coran, que Mahomet aurait pris soin d'enseigner oralement dès le début.
La tradition rapporte que, effrayé par la première visite de Gabriel, Mahomet se serait réfugié auprès de son épouse et lui aurait raconté cette vision. Khadija aurait recouvert d'un drap Mahomet, à sa demande (d'où l'intitulé de la sourate : "Al-Muzzammil", « l'enveloppé ») et se serait enquise d'avertir son cousin, Waraqa ibn Nawfal, qui était un chrétien nestorien et à qui elle aurait annoncé la nature prophétique de son époux. Plus tard, Khadija serait retournée voir son cousin, en compagnie de Mahomet. Waraqa lui aurait affirmé qu'il était bien un prophète de Dieu et que l'apparition de la grotte de Hira aurait été l'archange Gabriel.
Il aurait annoncé à Mahomet des difficultés dans l'accomplissement de sa mission, notamment un bannissement de sa tribu. D'emblée, Khadija aurait cru en son époux et lui aurait apporté un soutien inconditionnel ; elle est, de ce fait, considérée par les musulmans comme la première croyante. Mahomet aurait fait part secrètement de son message à ses proches, et avec eux il fonde, une sorte de , un groupe de croyants qui se feront appeler plus tard les musulmans : nommés ainsi en référence à Abraham ("muslim", celui qui se donne, qui se soumet volontairement à Allah). Puis, la prédication devient publique et s'étend à l'ensemble de la population mecquoise.
La tradition place Mahomet au centre d'un noyau de fidèles. Mahomet craignant d'avoir perdu la raison, ne s'ouvre de son expérience qu'auprès de son épouse — qui l'engage à accomplir son destin prophétique — puis auprès d'un petit cercle comprenant son cousin 'Alî et son affranchi et fils adoptif Zayd. Selon l'historien musulman médiéval Tabari, Khadija, aurait été la première à se convertir à l'islam et Waraqa serait donc la deuxième. Il aurait été le premier homme à suivre Mahomet parce qu'il savait que certains Juifs et certains judéo-chrétiens attendaient la naissance d'un prophète et de deux Messies. Après sa femme Khadija et Waraqa, les premiers convertis à l'islam seraient par ordre chronologique : Abou-Bakr; puis Zayd ibn Harithah (esclave de Khadija et donné à Mahomet pour l'affranchir et même le considérer comme son fils) Bilal ibn Rabah (esclave de Omayyah Ibn Khalaf. Ce dernier l'a torturé parce qu'il s'est converti à l'islam. Il a donc été acheté par le plus riche des compagnons de Mahomet Abou Bakr pour être affranchi). Par la suite, plusieurs se convertiront à l'islam. Au départ, les compagnons de Mahomet auraient été au nombre de trente-sept qui gardaient secret leur confession. Bien que ses contemporains acceptent difficilement d'abandonner leurs croyances et leurs pratiques ancestrales et voient d'un mauvais œil le monothéisme prêché par Mahomet ainsi que ses attaques contre les divinités traditionnelles, il réussit à s'entourer en trois ans d'une petite cinquantaine de disciples qui croient en sa mission. Ils sont une centaine au bout de cinq ans. Protégé par sa femme et son oncle, Mahomet dérange les autorités établies car ses croyances risquent en effet de saper la prospérité économique de la cité, liée aux foires et aux pèlerinages, tandis que le rejet des cultes ancestraux risque de fragiliser le statut social des grandes familles.
La mort en 619 de son oncle Abû Ṭâlibet et de sa femme Khadîja lui fait perdre tous ses appuis. Il est exclu du clan par le nouveau chef, son oncle Abû Lahab, ce qui signifie que n'importe qui peut le tuer sans avoir à payer le prix du sang. Il est contraint de chercher des soutiens hors d'une ville qui le rejette, non sans avoir converti quelques notables comme Abû Bakr et 'Umar. Mahomet cherche vainement à toucher la population de la ville voisine de Tâ'if, avant de trouver un accord avec la ville plus septentrionale de Yathrib où, en 621, plusieurs de ses disciples se sont déjà installés. Selon la "sunna", les habitants lui demandent de trancher un conflit entre les deux tribus principales. Le succès de cette médiation gagne à sa cause une partie des habitants de la ville qui reconnaissent son autorité, renoncent aux idoles et lui promettent lors d'une rencontre à Aqaba de l'accueillir et de le protéger. De retour à La Mecque, le chef du petit clan des , Mut'im ibn 'Âdî, finit par lui accorder une « protection temporaire ».622 marque traditionnellement la « migration » — "hijra" ou « hégire » — des partisans mecquois de Mahomet qui, au nombre d'une septantaine, abandonnent alors progressivement La Mecque pour Yathrib. Yathrib est également appelée "Madînat al-nabî" — la « ville du Prophète » — ou Médine. Bannis de leur cité, Mahomet et Abû Bakr sont les derniers à partir, selon la tradition musulmane le , date que retient plus tard 'Umar pour marquer le début du calendrier musulman.
Selon René Marchand, Mahomet et ses disciples, privés de ressource, montent en secret plusieurs expéditions qui échouent contre les caravanes faisant le cabotage entre les oasis, jusqu'à l'attaque en mars 624 de la grande caravane à Badr, connue sous le nom de bataille de Badr où ils sont vainqueurs. Le butin est considérable est fait de lui l'homme le plus riche et le plus puissant de Médine.
De nombreux miracles sont attribués à Mahomet par le Coran ou les hadiths. Ainsi, lorsque les gens de La Mecque auraient demandé à Mahomet de faire un miracle, la lune se seraient scindée en deux sous les yeux des mecquois. Un verset du Coran rapporte cette tradition. De même, la pluie serait tombé par l'invocation du Prophète à plusieurs reprises.
La croissance du groupe inquiète les Mecquois et les persécutions contre Mahomet et les siens se font de plus en plus vives après la mort de Khadija et d'Abû Tâlib. Une première vague d'émigration emmène une partie des musulmans en Éthiopie où ils vivent quelque temps sous la protection du négus ou roi d'Éthiopie. Mahomet profite de la saison du pèlerinage qui voyait affluer vers La Mecque les Arabes de toutes les régions de la péninsule d'Arabie pour prêcher le message de l'islam. Il conclut un pacte avec un groupe de Médinois qui acceptent son message. L'année suivante, la communauté musulmane médinoise est plus nombreuse. se rendent en pèlerinage à La Mecque pour prêter allégeance à Mahomet et lui proposer leur protection s'il s'installait à Médine. L'ordre est donné aux musulmans mecquois d'émigrer (hégire) à Yathrib (future Médine) en 622, an 0 du calendrier musulman.
Selon la tradition, Mahomet aurait été le dernier à partir, en compagnie de son fidèle ami et futur calife Abou Bakr. Ali, quant à lui, reste sur place avec pour mission de restituer les dépôts, dont Mahomet avait la garde, à leurs propriétaires.
Certains miracles ont permis de nourrir ou de désaltérer les compagnons de Mahomet. Pour boire et pour permettre les ablutions de ses compagnons, Mahomet fit jaillir comme des fontaines l'eau entre ses doigts. Il y en eut pour tous ses compagnons, nombreux de mille cinq cents hommes. De même, de l'eau aurait jailli de la source de Tabuk ainsi que du puits d'al Hudhaybiyya grâce à l'invocation du Prophète. À d'autres occasions, Mahomet aurait multiplié de la nourriture.
D'autres miracles sont présentée par la tradition musulmane. Différents malades auraient été guéris. À plusieurs reprises, Mahomet aurait saisit une branche de l'arbre pour que celui-ci le suive aussi docilement qu'un chameau quand le maître le tire par une bride. Il aurait parlé à une brebis et à un rocher.
Un épisode célèbre relate le tissage d'une toile d'araignée et l'installation d'un nid de pigeon devant l'entrée de la caverne dans laquelle Mahomet et ses compagnons s'étaient cachés de la venue des troupes mecquoises. Ce récit a inspiré François Coppée pour "L’Araignée du Prophète".
Fort de son nouveau pouvoir, Mahomet réorganise Yathrib, où il est en même temps chef religieux, politique et militaire. Il s'appuie à la fois sur les deux tribus arabes et les trois tribus juives qui y vivent (voir l'article Tribus musulmanes et juives de Yathrib).
Là, Mahomet se mue en chef unificateur d'un État théocratique monothéiste qui dépasse les divisions tribales traditionnelles, commençant par former une communauté unique entre les "Muhâjirûn" — les « Émigrants » mecquois — et les "Ansâr" — les "Auxiliaires [du Prophète]" convertis de Médine . Cette communauté supra-tribale réunie sous l'autorité de Mahomet se concrétise à travers un ensemble de documents, connu sous le nom de « Constitution de Médine » en fait huit documents rédigés à des dates différentes, par les historiens modernes, qui précise les droits et devoirs des différents groupes médinois, musulmans, juifs et polythéistes. Cette nouvelle communauté de nature religieuse — l’"Umma" — est ouverte à chacun par la conversion, indépendamment de son origine tribale ou ethnique. L'Umma initiale devait ainsi probablement inclure les trois tribus juives médinoises qui devaient participer à la défense de la ville.
Quelques juifs, par conviction, reconnaissant en Mahomet le prophète tant attendu à l'instar du rabbin `Abdullah ibn Salam, ou par opportunisme, embrassent l'islam. Si Mahomet semble avoir voulu gagner la reconnaissance, voire l'adhésion des tribus juives de Yathrib par l'adoption ou l'adaptation de certaines de leurs pratiques — jeûne, prière de midi, institution de l'Achoura, à l'imitation du Yom Kippour… —, les réticences de ces dernières poussent le prophète à prendre ses distances avec le judaïsme. La rupture se marque, selon la tradition, vers 623, à la suite d'une vision du prophète qui invite les fidèles à ne plus prier vers Jérusalem mais désormais tournés vers La Mecque, marquant l'« arabisation » de l'islam. Le sanctuaire mecquois dont la fondation est attribuée à Ibrahim devient le centre spirituel de la nouvelle religion tandis que le Coran s'affirme comme la seule révélation authentique, le judaïsme et le christianisme n’ayant su conserver l'intégrité des Écritures.
Pour René Marchand, cette prise en main de la communauté médinoise se traduit par une discipline sévère, des rituels (prières, ramadan) que tous les membres doivent respecter. Deux poètes qui se sont moqués de ses partisans sont assassinés.
Ceux qui ne s'accordent pas avec les projets de Mahomet se retrouvent écartés et l'opposition interne à Médine, qui inquiète Mahomet, est matée : deux tribus juives sont chassées de la ville en 624 puis 625 et la troisième est décimée en avril 627.
Après la bataille de Badr, Mahomet définit une véritable doctrine de la guerre, du djihad. Il fixe notamment les règles pour la répartition du butin. Le mois de jeûne, Ramadan, est par la suite fixé le mois anniversaire où aurait commencé la révélation du Coran ou, selon une autre version, pour commémorer la bataille de Badr.
Mahomet aurait participé à de nombreuses batailles après l'Hégire. D'après le professeur musulman Hamidullah, toutes les batailles livrées par Mahomet étaient défensives. Les raisons de chacune sont systématiquement expliquées dans la biographies de Mahomet d'Ibn Ishaq connue par la version d'Ibn Hicham. Mahomet aurait dit sur le combat et les armes .
Selon Hichem Djaït, l'un des motifs essentiels du combat de Mahomet contre les Quraychites étaient qu'ils fermaient l'accès de la ville sainte aux musulmans. Une des autres raisons avancée par l'historien est que pour faire triompher l'islam du vivant du Prophète il fallait user de la force guerrière, seule option valable pour réformer et convertir les arabes qui ne comprenaient que les rapports de force à l'époque. En effet, la violence y était extrêmement forte à l'époque de la jâhilîya étant donné qu’il n’y avait pas du tout d’organisation étatique en Arabie, à l’exception du Yémen. Par ailleurs seuls les Muhajirun (en émigrant à Médine ils avaient perdus tous leurs biens à la Mecque) participaient aux expéditions contre les caravanes avant Badr.
Les Mecquois prennent leur revanche lors de la bataille de Uhud, en l'an 625. Supportant mal la mainmise des musulmans sur Médine, certains notables juifs, à l'instar de Salam ibn Abi Al-Haqiq, auraient profité de cette défaite pour se rendre à la Mecque et inciter les Mecquois à revenir à la charge. Afin d'en finir avec la menace que constituait à leurs yeux ce nouvel état, les Mecquois forment une coalition regroupant plusieurs tribus arabes dont Gatafan, Banu Sulaym, Banu Asad, Fazarah et Ashja. En l'an 627, une armée de dix mille soldats marche sur Médine ; les défenseurs se retranchent derrière un fossé creusé sur la proposition du compagnon de Mahomet, le Persan Salman Al-Farisi. La ville ne doit son salut qu'à un fossé creusé pour défendre une partie non protégée de la cité, ouvrage qui donne son nom à l'épisode.Le siège de la ville s'installe dans la durée. Quelques escarmouches opposent les deux parties. Selon la tradition, la diplomatie mecquoise a tenté secrètement et a réussi à soudoyer la tribu juive des Banu Qurayza qui avait la charge d'une partie du front. Mahomet envoie quatre émissaires aux Banu Qurayza pour s'assurer de la réalité de leur soutien, mais les émissaires sont mal reçus et constatent la défection des Banu Qurayza. Exténués par le siège et les intempéries, les coalisés décident de lever le siège laissant les Banu Qurayza à leur sort. Après un siège de 25 jours, ces derniers sont soumis au jugement de leur allié de jadis, Sa'd ibn Mu'adh : Mahomet fait égorger et décapiter devant la population convoquée tous les mâles (entre 600 et 900 individus) de la tribu, leurs biens confisqués et leurs femmes et enfants sont vendus comme esclaves. L'opposition des "munâfiqun" — « hypocrites » —, les convertis qui marquent une certaine distance critique avec Mahomet, est elle aussi momentanément jugulée. Ce dernier peut alors se consacrer à la préparation de son retour à La Mecque.
En 628, Mahomet part en pèlerinage à La Mecque à la tête d'un convoi de et multiplie les signes de ses intentions pacifiques. Les Mecquois leur refusent l'accès au sanctuaire, mais concluent avec les musulmans la trêve dite d'Al-Hudaybiyya. Cette islamisation du rite païen garantit la perpétuation des pèlerinages et leurs retombées économiques à La Mecque, levant les préventions des élites mecquoises des Quraysh, dont plusieurs notables — comme Khâlid ibn al-Walîd ou ‘Amr ibn al-‘As — se rallient à Mahomet. Prévue pour durer dix ans, elle permit dans les deux premières années de plus que doubler le nombre de musulmans. En l'an 630 (8 de l'hégire), la trêve est rompue lorsqu’une tribu alliée de La Mecque agresse une tribu alliée de Médine. Mahomet marche secrètement sur La Mecque à la tête de dix mille soldats. Aux portes de la ville, il garantit la sécurité de toute personne non combattante et déclare une amnistie générale. La Mecque se rend alors sans opposition. La plupart des habitants se convertissent à l'islam et la Kaaba, débarrassée de ses idoles, conserve sa place éminente dans la culture arabe en voie d'islamisation. Mahomet a accompli trois fois le rituel du pèlerinage. Deux fois avant sa fuite et une fois lorsqu'il était à Médine. Le dernier pèlerinage s'appelle Hadjetou el Wadâ (« le pèlerinage de l'adieu » ou « de la perfection »). Mahomet a fait quatre fois la visite de l'Accomplissement.
Ce dernier, établi à Médine, poursuit l'élaboration de son réseau d'influence : plusieurs expéditions assurent la domination au nord de la Péninsule, notamment à Khaybar, une riche cité juive. Il assure la « protection » des habitants exigeant de leur part une taxe au profit des musulmans. Ainsi naît la djizîa, l'impôt annuel collecté sur les hommes pubères non-musulmans (dhimmis). Les autres villes juives d'Arabie tombent rapidement et sont soumises au même statut. Mahomet, qui domine alors une bonne partie de l'Arabie, semble s'engager dans des relations diplomatiques avec les souverains des empires voisins de l'Arabie mais également dans des entreprises à visées expansionnistes, ainsi que paraît en attester une expédition avortée contre la Syrie byzantine. La raison donnée pour cette expédition était le meurtre d'un émissaire du Prophète par les Ghassanides.
À partir de l'hégire, il aura fallu neuf ans pour que toute l'Arabie embrasse l'islam. Mahomet ordonne l'arrêt des razzias entre tribus arabes déclarant lors de son "Sermon d'Adieu", seul grand pèlerinage qu'il fit, en l'an 632 : « Le musulman est intégralement sacré pour le musulman, son sang est sacré, ses biens sont sacrés, son honneur est sacré. ». L'unification de la péninsule arabe sous la bannière de l'islam n'est pas de nature à laisser ses puissants voisins indifférents. Mahomet décide donc d'envoyer ses ambassadeurs en Égypte, en Perse et à Byzance, entre autres destinations, pour transmettre son message. Selon la tradition transmise par les historiens musulmans, Mahomet aurait envoyé huit ambassadeurs vers huit rois ou gouverneurs, pour les appeler à l'islam. Cette tradition est aujourd'hui remise en cause par des chercheurs. Il s'agirait du gouverneur des Coptes en Égypte, Muqawqas, du gouverneur de Syrie, Harith, du prince d’Oman, Djafar ben Djolonda, du prince du Yémen, Haudsa, du gouverneur de Bahreïn, Al Ala ben al Hadhrami, du Négus ou roi d'Abyssinie, de l'empereur byzantin, Héraclius, du roi de Perse, Khosro II. La lettre aurait contenu : La lettre finissait par .
Le professeur Hamidullah fait à partir de la biographie de Mahomet selon ibn Hicham, également l'estimation que le nombre des ennemis tués doit tourner autour de 250. Cette étude n'est probablement pas exhaustive, mais elle donne cependant une idée de l'ordre des pertes humaines lors des batailles à cette époque, pour les batailles où une confrontation directe a eu lieu. Il faut y ajouter les Juifs de la tribu de banu Qurayza, des hommes décapités au bord de grandes fosses creusées sur le marché de Médine, après la bataille du Fossé : entre .
Selon les traditions musulmanes médiévales, Mahomet aurait possédé sept épées. La première aurait porté le nom d'Adhbâ. Il l'aurait eue avant la fuite de Médine (hégire), et aurait combattu avec cette épée lors de la bataille de Badr. La deuxième se serait appelée Dhû'l-fiqâr. Elle aurait appartenu à Monabbih, fils de Hadjâdj, et Mahomet l'aurait trouvée au cours de la bataille de Badr. Le philologue Luxenberg voit dans cette épée une réminiscence de "l'épée à deux tranchants" de l'apocalypse. Trois autres aurait été un butin de guerre contre les Béni Qainoqâ. Elles portent les noms suivants : Khaif, Battar et Qoaite. Enfin, Ali lui aurait offert deux autres épées qu'il aurait trouvées dans le temple des Bani Tayy. Les noms de ces épées sont Mikhdsam et Rosoub. Mahomet aurait eu trois arcs, trois cuirasses, trois lances et un bouclier.
À la fin de sa vie, Mahomet connait une période d’abattement psychologique suite, en partie, à plusieurs défaites, à des tentatives d’assassinat et la mort de son fils. Après avoir réorganisé l'administration et assis l'influence de l'islam à La Mecque, il retourne à Médine, où il meurt le âgé de soixante-trois ans selon la tradition musulmane après une courte maladie. Selon une tradition chiite, il serait mort pendant qu'il respirait une pomme donnée par Azraël, l'ange de la mort, sur le modèle des légendes juives liées à la mort de Moïse . Selon la tradition musulmane, il est enterré à Médine dans sa maison-mosquée qui devient un lieu de pèlerinage où sont enterrés ses deux successeurs Abû Bakr et 'Umar. Un agrandissement de la mosquée de Médine sous la dynastie omeyyade se fait autour de son tombeau, dorénavant à l'intérieur de la mosquée, isolé par un triple mur.
Les recherches menées par Hela Ouardi mettent en lumière la multiplicité des traditions musulmanes liées à la mort de Mahomet. Selon certaines, il serait mort d'une courte maladie, peut-être une pleurésie, pour d'autres, il serait mort empoisonné par une juive de Khaybar. Néanmoins, elle explique que «son histoire a été « écrite » pour les besoins d'une légitimation du pouvoir.» et certaines sources permettent de supposer une mort dans la région de Gaza après 634. Son corps aurait alors été abandonné trois jours montrant ainsi le refus de sa mort -certains croyant une fin du monde imminente- et pour des raisons politiques, afin de permettre la prise du pouvoir par Abû Bakr.
Avec la prise de Khaïbar en 628, le Prophète était devenu l'homme le plus riche du Hijaz et pourtant à sa mort il ne laissa rien comme héritage ; il ne possédait au moment de sa mort qu’une tunique, un pagne de tissu grossier et avait gagé son armure contre un gallon d’orge chez un juif. Il ne donna aucune instruction concernant sa succession. et selon certaines sources sunnites et chiites, il en aurait été volontairement empêché entre autres par Abû Bakr et 'Umar. Selon la tradition chiite, il aurait, avant de mourir, désigné Ali comme héritier et premier calife. Par la suite, ses disciples continueront de se transmettre oralement et sous forme d'écrits les sourates, avant qu'elles ne soient rassemblées définitivement en un seul livre, le Coran, par le troisième calife Uthman moins de vingt ans après la disparition de Mahomet.
Au départ de la péninsule arabique et en moins d'un siècle, l'action politique de Mahomet conjuguée à la mission prophétique dont il s'est senti investi va affecter une grande partie du monde connu, de l'Atlantique aux confins de l'Asie, et modifier durablement les équilibres religieux, culturels et politiques de l'humanité.
Selon ses biographes, Mahomet aurait eu en tout quinze épouses tout au long de sa vie. Dans son « Histoire des prophètes et des rois », l'historien médiéval Tabari (839-923) signale que Mahomet aurait convoité cinq femmes et qu'il avait deux esclaves dont l'une « Maria fille de Siméon le Copte », épousée en 628, lui donna un fils, , né en 630 et qui mourut à 16 ou 18 mois.
« Il avait parfois en même temps onze femmes, parfois neuf et parfois dix. Quand il mourut, il laissa neuf veuves. ». Un peu plus loin, Tabari signale que selon d'autres traditions, Mahomet aurait épousé vingt femmes et qu'« il y a en outre cinq femmes que le prophète a convoitées, mais qu'il n'a pas épousées ».
Peu de temps après la mort de Khadija (619), sa première épouse, il épouse Sawda bint Zama (555-644) déjà âgée de et donc de quinze ans son aînée. Puis, pratique conforme aux normes et aux valeurs de l'Arabie de l'époque, âgé d'environ 50 ans, il épouse la jeune Aïcha (605/610-678) fille d'Abu Bakr.
L'âge d'Aïcha lors de son mariage est depuis plusieurs années sujet à débat. Ainsi le consensus traditionnel indiquant l'âge du mariage d'Aïcha à 6 ans suivi de sa consommation à 9 ans est aujourd'hui controversé pour des raisons d'incohérences chronologiques multiples, sachant qu'aux et siècles, les habitants de la péninsule arabique n'avaient pas l'usage d'un calendrier qui pût fournir des dates clairement référencées. Il existait cependant un calendrier luni-solaire qui comportaient des mois lunaires synchronisés avec le cycle solaire par l'intercalation d'un treizième mois, nommé nasīʾ, le "différé". Plusieurs hadiths, considérés authentiques par nombre d'oulémas et rapporté tant par Muslim que par Boukhari appuient la thèse d'un mariage à 6 ans. L'historien Maxime Rodinson fait partie de ceux qui émettent une certaine réserve au sujet de ces hadiths. Il en est de même des travaux de la chercheuse britannique qui avance qu'Aïcha avait probablement 19 ans lorsqu'elle s'est mariée au prophète Mahomet.
À partir de 625 et conséquemment aux batailles menées contre les Mecquois, Mahomet conclut une série de mariages auprès de plusieurs femmes devenues veuves sinon proposées en gage d'alliance inter-tribale. Ainsi en est-il de Hafsa bint Omar (602-667) en 625, de Zaynab bint Khouzayma (597-627), de Hind bint Abi Umayya (580-680) en 627, de (?-632) issue de la tribu juive des Banu Nadir en 627, de (597-641) en 627, de (608-673) en 628, et de Safiyya bint Huyeiy Ibn Akhtab (610-670) à nouveau issue de la tribu juive des Banu Nadir, en 629.
Le traité de paix enfin contracté entre Mecquois et Médinois (628) contiendra encore une nouvelle promesse de mariage pour le Prophète en la personne de Ramla bint Abi Sufyan (589-666). Dans la même logique d'alliance politique, il acceptera d'épouser Maria bint Sham'ûn (?-637) en 629. Une chrétienne d'Égypte que le gouverneur byzantin lui présenta et que l'on surnommera plus tard Maria la Copte. La même année, il se lie à Safiya bint Houyay (610-670), également issue des Banu Nadir avant d'accepter la demande en mariage de Maymouna bint al-Harith (594-674), en dernière noce (630).
À la fin de sa vie, Mahomet aurait eu neuf femmes, dont une esclave chrétienne copte qui lui avait été donnée par le roi d’Égypte. Selon le Coran, ce statut spécial de Mahomet lui autorisant d'avoir plus de quatre épouses lui aurait été révélé par l'archange Gabriel :
La plupart de ses unions avaient un caractère politique et accompagnait le ralliement de tel notable ou tel clan. Au Moyen Âge la polygamie est fréquente en Arabie, Mahomet la limite à quatre épouses. À part Aycha, toutes les autres épouses de Mahomet étaient veuves, pour certaines plusieurs fois. L'une de ses épouses perdait continuellement du sang. Les mariages sont tous liés à un intérêt diplomatique comme le veut la tradition arabe de l'époque. Chaque mariage établissait un lien de sympathie avec la tribu de la mariée.
Les épouses de Mahomet sont les onze ou treize femmes épousées par Mahomet, le prophète de l'islam. Les musulmans les appellent les "mères des croyants" (en arabe : "Ummahāt ul-Muʾminīn"). Les musulmans utilisent ce qualificatif avant ou après leur nom en signe de respect, d'après le verset du Coran suivant (33:6) :"Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes ; et ses épouses sont leurs mère"s. Elles sont Khadija bint Khuwaylid. (555-595-620), Sawda bint Zama. (555-620-632), Aïcha bint Abi Bakr. (607-620-632), Hafsa bint Omar. (602-625-632-667), Zaynab bint Khouzayma. (597-627), Hind bint Abi Umayya (580-627-680), Zaynab bint Jahsh. (597-627-641), Juwayriyya bint al-Harith. (608-628-673), Rayhana bint Zayd. (?-627-632), Maria al-Qibtiyya. (?-629-637), Safiya bint Houyay. (610-629-632), Ramla bint Abi Sufyan. (589-629-666), Maymouna bint al-Harith. (594-630-674).
Après la mort de Mahomet, de nombreux musulmans se réclament de sa descendance. Ils sont alors qualifiés de chérif, littéralement « noble » ou sayyid « seigneur ». Leur lignée remonterait à Mahomet par l'intermédiaire d'al-Hasan ou d'Al-Husayn, les enfants de Ali ibn Abi Talib et de Fatima Az-Zahra, la fille de Mahomet. Ces considérations généalogiques peuvent revêtir une dimension politique importante lorsque certaines familles régnantes la font valoir pour asseoir leur légitimité, à l'instar des Hachémites en Jordanie et de la famille royale du Maroc, les Alaouites. Néanmoins il n'y a rien à ce sujet dans le Coran ; le fait d'être descendant de Mahomet ne donne aucun privilège particulier. En Occident, être ou se revendiquer de la descendance de Mahomet est plus anecdotique. Néanmoins, à la suite de la conquête de l'Espagne au , plusieurs dynasties espagnoles comptent Mahomet dans leur ascendance.
Mahomet n'est que très peu nommé dans le Coran. Son nom ("Muḥammad") ne compte que quatre occurrences dans le corpus coranique [, , et ] et, s'il y est désignée une cinquième fois, c'est sous le nom 
Mahomet porte le nom ("Muḥammad"), que l'on peut traduire par « digne de louanges ». Il est surnommé encore "Abou l-Qâsim, s"oit « père de Qasim » (correspond toujours au fils aîné comme le veut la tradition arabe) et avec le lignage complet « Mohammed ibn `Abd Allâh ibn `Abd al-Mouttalib ibn Hâchim »" () soit « Mohammed, fils de `Abdallah, fils de `Abd al-Mouttalib, fils de Hachim »."
Le nom arabe "Muḥammad" est inexistant avant la vie de Mahomet. Participe passif du verbe « louer », ce terme n'est pas un prénom et ne put être donné comme tel. Il s'agit probablement d'un surnom — peut-être posthume, à l'instar du « Bien aimé » donné à Jésus dans l'Épître aux Éphésiens ou l'Ascension d'Isaïe, qui est devenu un surnom.
Selon l'islamologue Hichem Djaït, « les sources de l'islam, elles, ont occulté le premier nom du Prophète ». À partir de sources anciennes, l'auteur suppose que le nom original de Mahomet est Qutham. Selon la coutume en vigueur, il porte le nom de Qathem Ibn Al-Mutalib, son oncle décédé. L'apparition et le changement du nom en Muhammad, « le loué » seraient liés à la prédication.
De nombreux autres noms lui ont été attribués, soit de son vivant, soit par la tradition islamique. On en compte deux cent un, dont "Al-Mustafâ" et "Al-Mukhtâr" qui signifient « l'élu », "Al-Amine" qui signifie « le loyal », "Ahmad" et "Mahmoud" qui sont dérivés de la même racine que "Mohammed".
Dans sa période mecquoise, le Coran qualifie Mahomet de contribule ("ṣâḥibukum") des siens, c'est -à-dire appartenant à la même tribu que ses proches . Puis, en période mecquoise tardive et en période médinoise, ainsi que dans les hadiths, de « messager de Dieu » ("rasoul") (). Il est également désigné par l'expression ("Nabi") (, "an-nabīy", traduit « le Prophète »). Ces deux appellations renvoient à une distinction faite en islam entre deux catégories de personnes investies d'une mission divine : d'une part les « messagers de Dieu » ou « envoyés de Dieu » — au nombre de trois cent treize — qui ont reçu la révélation de lois abrogeant les lois des messagers précédents, avec l'ordre de le transmettre aux hommes ; d'autre part les « prophètes » — au nombre de cent vingt-quatre mille — qui ont reçu une révélation par les mêmes voies et l'ordre de transmettre aux hommes un message du messager précédent, le premier d'entre eux étant Adam et le dernier, Mahomet, l'un comme l'autre étant considéré comme des prophètes-messagers.
Quatre passages coraniques, tous médinois, nomment Mahomet par son nom personnel "Muḥammad", qualifié par "rasûl", un cinquième sous le nom de même racine "Aḥmad".
Lorsque les musulmans pieux prononcent ou écrivent le nom de Mahomet, ils emploient la forme arabe et ajoutent généralement l'eulogie « prière et paix sur lui » qui peuvent se dire de plusieurs façons dont les deux principales sont « "ṣalloullāhou `alayhi wa sallam" » () ou bien « "`alayhi salātou wa salām" » (). Pour chacun des autres prophètes cités dans le Coran ou encore lorsqu'ils parlent des anges, ils prononcent « sur lui la paix », « "`alayhi salām" » ().
« Mahomet » est le nom propre français qui désigne habituellement le fondateur de l'islam. Il est aussi utilisé pour désigner certains personnages historiques de l'Islam comme les anciens califes, mais jamais pour les personnes ordinaires ou contemporaines. Cette forme, qui est attestée depuis le , est assez éloignée des prononciations musulmanes actuelles, par exemple de l'arabe (, mʊˈħæmmæd ).
Le nom du prophète de l'islam est connu depuis le dans le monde romanophone, au fil des contacts générés par l'expansion musulmane.
La forme française « Mahomet » serait, selon l'historienne Jaqueline Chabbi, la traduction de la forme latine « "Mahometus" » que l'on retrouve déjà au dans un ouvrage en latin de Raymond Lulle dont la première version — aujourd'hui perdue — était rédigée en arabe.
Le linguiste Michel Masson mentionne dans une note l'existence entre les et d'une forme grecque, « "Maometos" ». Il émet, à l'aide de sources linguistiques et historiques européennes, l'hypothèse (qu'il reconnait incertaine) que le nom Mahomet » a une étymologie française possédant un aspect péjoratif ne provenant pas de la langue arabe.
On trouve la forme brève « "Mahum" » dans "La Chanson de Roland", dès le . Dans les chansons de geste qui popularisent son nom sous diverses formes (par exemple « "Mahon" » ou « "Mahom" ») à la suite de la prise de Jérusalem par les Turcs Seldjoukides (1078) et la prédication des croisades en Occident, Mahomet est assimilé à une divinité faisant partie d'un panthéon idolâtre des "Sarrasins", en compagnie de "Tervagant", "Apollin", "Jupiter", "Noiron", "Cahu" et d'autres. Cette présentation adressée à un public laïque relève à l'époque soit de l'ignorance, soit d'une volonté de présenter l'adversaire sous un jour ridicule.
La graphie « "Machumet" » apparait dans la traduction du Coran faite en latin à la demande de l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1142. Ce dernier, contempteur des ennemis du christianisme, présente Mahomet comme une créature satanique à mi-chemin entre Arius et l'Antéchrist mais fait montre de respect envers les musulmans. Cette traduction latine servira pendant des siècles de matrice à toutes les autres en langue européenne. Elle est publiée en 1543 puis 1550 à Bâle par le philologue protestant Theodor Bibliander, constituant le premier volume de son fameux « Machumetis Saracenorum principis, ejusque successorum vitae et doctrina, ipseque Alcoran », ouvrage à connotation polémique qui rencontre un grand succès et sert à la première version française considérablement révisée par André Du Ryer, publiée en 1647 sous le titre "L'Alcoran de Mahomet".
« Mahomet » est la forme la plus communément attestée en français dans les conversations courantes, ainsi que dans les œuvres littéraires, les récits historiques, dans les encyclopédies et dictionnaires du jusqu'à nos jours. Elle ne présente "a priori" aucune connotation péjorative. Les formes du nom, "Mohamed" ou "Mohammed" ou "Muhammad", ont parfois conduit à proposer l'adoption d'un nouveau terme en français. Cette question n'a toutefois pas été évoquée à l'Académie française.
On trouve que l'Encyclopædia Universalis fait en 1971 usage de la graphie "Muhammad" dans son article consacré au prophète de l'islam, rédigé par l'historien Maxime Rodinson et que le dictionnaire Larousse titre son article "Mahomet ou Muhammad". On trouve que Abdurrahmân Badawî, traducteur égyptien de la "Sira" d'Ibn Ishaq, écrit "Muhammad", mais que Hermann Zotenberg, traducteur de Tabarî, utilise "Mohammed", Vincent Monteil, traducteur d'Ibn Khaldoun, utilise "Muhammad".
Nombre d'autres spécialistes de l'Islam n'utilisent plus la forme française « Mahomet », mais tantôt « "Muhammad" », tantôt « "Mohammad" » ou tantôt « "Mohammed" » dans leurs textes en français quand d'autres restent attachés à cette forme "savante".
Il existe désormais une forme alternative . On rencontre également souvent la forme "Muhammad", la plus courante en anglais contemporain (cf. "infra").
Certains auteurs préfèrent par ailleurs user d'autres formes vernaculaires : "Mohamed", "Mouhammad" ou encore "Mamadou".
Il existe différentes variantes et usages du nom et de ses dérivés.
"Mohamed" est une forme française courante dans le Maghreb. Elle est traditionnellement utilisée en français pour le prénom des personnes vivantes, la forme "Mahomet" étant réservée aux personnages historiques. On trouve "Mohand" en langue berbère.
"Mouhammed" est une version arabe qui s'écrit avec les quatre consonnes "mîm", "hâ"', "mîm" et "dâl".
En turc, on trouve "Muhammet" ou "Mehmet" (notamment pour les noms historiques comme Mehmet II le Conquérant).
On trouve encore "Mamadou" dans certains pays d'Afrique noire francophone, par déformation de la forme déclinée au nominatif : "Mouhammadou".
"Mahound" est une manière péjorative dont Mahomet a été désigné en anglo-normand pendant le Moyen Âge, par exemple au dans "La Chanson de Roland", au point de devenir un nom commun. Il a été utilisé pour présenter Mahomet comme une déité que les musulmans auraient adorée ou encore comme un démon ou un cardinal romain qui avait inspiré une fausse religion aux musulmans, et il a fini par simplement désigner le diable.
En Andalousie orientale, dans la comédie baroque, le personnage d'un bouffon nommé "el Mahoma", très libre dans la construction de son jeu de scène, représente avec humour « une altérité négative ».
Plus récemment, Salman Rushdie dans les "Versets sataniques" reprend ce terme péjoratif médiéval "Mahound" pour désigner Mahomet.
Des spécialistes de disciplines variées se sont penchés sur la psychologie de Mahomet. Deux éléments sont souvent retenus pour la caractériser. Des sources indiquent qu'il aurait été orphelin à six ans. Par ailleurs, à il épouse Khadidja sans avoir d’autre femme. Ce n'est que deux ans après la mort de Khadidja qu’il se remarie, cette fois en ayant plusieurs épouses.
L’historien Maxime Rodinson retient le profil d'un homme sage, équilibré. Il constate que malgré cela Mahomet a un tempérament inquiet, nerveux, causé selon lui par son incapacité à obtenir une descendance mâle, source d’infamie à l'époque. Cette inquiétude est peut-être nourrie aussi par sa grande ambition. Il interprète l’épisode où, à 6 ans, Mahomet a selon la tradition le cœur ouvert par des anges, comme le signe d'une constitution pathologique qu’il rapproche des poètes arabes préislamiques, les kohânn, qui pouvaient avoir des visions et expliquaient les songes. Maxime Rodinson rapproche la figure de Mahomet de grands mystiques.
Malek Bennabi réfute la thèse de la schizophrénie. Il compare le prophétisme de Mahomet à celui de Jonas ou de Jérémie, à l’aide de la phénoménologie. La description des moments où Mahomet recevait une révélation a amené de nombreux commentateurs à évoquer l’épilepsie. Cependant, Bennabi affirme que toutes les caractéristiques de l’épilepsie ne se retrouvent pas, et que par ailleurs, Mahomet conservait l’usage de sa mémoire, ce qui va à l’encontre de ce diagnostic.
Mahomet est considéré par les musulmans comme le dernier des prophètes et des messagers dans le sens où il termine et scelle le cycle de révélation des religions abrahamiques. Il lui revient donc, dans la croyance islamique, de restaurer la loi ainsi que la foi incorruptible du monothéisme d'origine tel qu'il fut apporté par Dieu à Adam, Noé, Abraham, Moïse et Jésus, ainsi que tous les autres prophètes venus avant lui.
Les révélations (ou Ayat, lit. « signes de Dieu »), sont progressivement « descendues » sur Mahomet jusqu'à sa mort sous forme de versets qui seront compilés en un seul livre : le Coran, considéré par les musulmans comme la « Parole de Dieu » autour de laquelle la religion est fondée. Outre le Coran, la vie de Mahomet (Sira) et les traditions (Sunna) nourrissent également la foi musulmane. La vie et les actes du prophète ont été commentés et critiqués au cours des siècles aussi bien par ses partisans que par ses opposants.
Plusieurs hadiths donnent à Mahomet le rôle d'intercesseur, de même certains passages du Coran.
« Il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu » correspond bien à l'idée selon laquelle Mahomet, qui est illettré, retransmet ce que lui dicte l'archange Gabriel.
Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme prophète de l'islam pour toute l'humanité est annoncée dans la Torah et dans l'Évangile. Plusieurs passages de la Bible sont interprétés par les musulmans en ce sens.
D'une manière générale, l'islam reproduit en la matière les traditions antérieures du judaïsme ancien et du christianisme de son temps. La plus grande collection de reliques musulmanes est conservée au palais de Topkapi à Istanbul, et continue à sa manière la tradition antérieure byzantine.
De nombreuses reliques d'objets attribués au prophète de l'islam sont aujourd'hui conservées à Istanbul, ainsi qu'à Médine, entre autres. Une paire de chaussures de Mahomet, très sacrée pour les pèlerins musulmans, qui se trouvait à Lahore au Pakistan a été volée en 2002.
Des reliques corporelles sont aussi vénérées. Il peut s'agir de sueur, de cheveux ou de poils.
L'apparence et l'allure physique de Mahomet ont été précisément décrites dans les textes musulmans tardifs, certains manuscrits accumulant les détails. Suivant les descriptions reprises par Tabari ou Bukhari, il n'était ni longiligne ni trapu, sa peau n'était ni d'une blancheur éclatante ni foncée, sa chevelure n'était ni crépue ni outrancièrement longue. Il avait les paumes et les pieds épais, sa tête était grosse et ses articulations imposantes. Les poils qui descendaient de sa poitrine à son nombril formaient une longue ligne. Quand il marchait, il s'inclinait vers le devant comme s'il descendait d'une pente. Sa barbe était ample et ne paraissait que la moitié de son âge.
La tradition islamique a hérité de l’interdiction juive de la représentation de Dieu, elle-même issue du Décalogue, mais l'aniconisme n'a jamais explicitement été promulgué : l'interdit pesant sur la fabrication d’images cultuelles « d’êtres vivants ayant un souffle vital ("rûh") » (autrement dit, les êtres humains et les animaux) n’est pas posé par le Coran, ni la Sunna, ni, a proprement parler, par aucun des hadiths même s'il est incontestable que ces derniers véhiculent une conception fort négative — presque diabolisante — des images : leurs créateurs sont soupçonnés, voire accusés, de se livrer au blasphème en prétendant rivaliser avec l'activité créatrice d'Allah.
Si interdit il y a, c'est davantage dans un sentiment largement partagé et un certain consensus théologique — un "ijmâ" — qui réprouvent ces représentations et qui, même dépourvus de justification théorique objective, suscitent une large adhésion chez les musulmans, à la suite du courant majoritaire sunnite.
Ainsi, l'interdit s'est étendu — « mais pas partout ni toujours » — à la figuration de Mahomet (jugé non digne d'être représenté afin d'assurer la primauté de la lecture et de l'iconographie du Coran ou ou contraire jugé trop digne ontologiquement pour être figuré, "" la « lumière mohammedienne » étant selon les soufis trop éclatante pour être regardée), voire à celle de tous les prophètes, leurs familles et leur descendance.
Les différentes branches de l'islam ne partagent pas une vision strictement commune de la vie du message du prophète et ont développé des interprétations propres.
En matière iconographique et de manière générale, le sunnisme réprouve la représentation de tout être possédant une âme, d'autant plus s'il s'agit de Mahomet, ce qui s'apparente alors au blasphème. Au , Ibn Abd al-Wahhâb, fondateur sunnite du wahabbisme, donne une interprétation innovante des hadiths défavorables aux images et prône un iconoclasme radical. L'interdiction sunnite n'est cependant pas respectée de façon absolue et certains courants sunnites n'en tiennent pas compte.
Cet interdit est également moins saillant chez les chiites duodécimains qui ont développé un rituel et une dogmatique de l'image : l'affichage de grands portraits n'y est pas rare à la fin du et des artistes ont proposé des illustrations pieuses de Mahomet en majesté ou adolescent qui ont encore connu une certaine diffusion après les années 1990 en Iran. Même si ces images elles-mêmes ont fait l'objet de critiques sévères et tendent à se raréfier, les représentations iconiques des martyres Hussein et Ali, des imams sacrés et des grands ayatollahs restent très habituelles en Iran, ainsi que la production de caricatures de responsables politiques et religieux.
S'il faut constater que l'art de l'islam évite d'une manière générale le portrait, Mahomet a néanmoins été régulièrement représenté en Perse, en Inde, en Afghanistan, en Turquie... avec différentes variantes. Cependant, et malgré la nature iconique de bien des épisodes de sa vie, le prophète de l'islam a été peu représenté pour lui-même : il s'agit essentiellement de représentations « en mouvement » ou « en action » pour l'illustration desdits épisodes.
Al-Dinawari rapporte l'existence de portraits dès le mais il n'en existe plus de trace : il faut attendre la fin du pour trouver les premières représentations dans des enluminures en Perse ilkhanide. Le Prophète est alors représenté dans des chroniques à visage découvert mais le visage, ainsi que les mains, se trouvent voilés progressivement à partir du . La silhouette se voile ensuite entièrement avant de disparaitre complètement au profit de motifs ou de formules évocatrices de sa personne, quittant une réalité anthropomorphe à laquelle se substitue une flamme, une lumière ou encore une « absence perceptible ». Mahomet est finalement remplacé par la calligraphie de son nom, par une "hilya" — « portrait-écrit » —, par un arbre généalogique, voire l'empreinte de ses pieds ou de ses sandales dans une évolution spirituelle qui doit notamment au soufisme chiite qui considère les représentations anthropomorphes comme mondaines et non-musulmanes.
À la fin du des bandes dessinées, à vocation pédagogique, adaptant le Coran ont été publiées en pays sunnites mais ont suscité le débat avant que la publication en soit stoppée : en effet, au début du , en dehors de l'espace chiite, l'interdit concernant les représentation de Mahomet — qui représente une réalité divine pour nombre de croyants — est devenu plus fort qu'il ne l'était auparavant, pour atteindre une grande rigueur et devenir un interdit majeur s'apparentant à un tabou. Dans ce contexte, la publication de caricatures de Mahomet dans un journal danois en 2005, relayées dans des médias internationaux, a soulevé un tollé et provoqué des réactions violentes dans plusieurs pays de tradition et de culture islamiques et certaines communautés musulmanes des pays occidentaux.
Mahomet apparaît tout d'abord dans la littérature populaire occidentale, sous le nom de Mahound (entre autres corruptions comme "Mahowne", "Mahon"…) en tant que divinité païenne ou démon : il est parfois identifié comme l'une des principales divinités des Sarrasins au sein d'un panthéon variant d'une œuvre à l'autre (par exemple, aux côtés d'Apollyon et Termagant dans "La Chanson de Roland", voire comme une divinité païenne générique d'autres peuples « infidèles » : ainsi, dans les mystères du cycle de York, Pharaon à l'orée de la mort, appelle son armée à adresser ses prières à la divinité « Mahowe ».
Sous l'influence de sources espagnoles comme les chroniques d'Euloge de Cordoue ou de récits de pèlerins revenant de Terre sainte comme celui de Dithmar, le Mahomet de la littérature se rapproche aux de celui de la tradition musulmane, sa vie est enrichie de nombreuses histoires fabuleuses et calomnieuses. Des biographies occidentales fleurissent, essentiellement en latin, telles la "Vita Mahumeti" de Embricon de Mayence, les "Otia de Machomete" de Gautier de Compiègne dont le "Roman de Mahomet" (1258) d'Alexandre du Pont est une adaptation qui constitue la première œuvre de littérature française à son sujet. Mahomet y est présenté comme un schismatique de la chrétienté, brutal et perfide, souvent comme un sorcier malfaisant.
Au , Dante, dans la "Divine Comédie", présente Mahomet en compagnie de son cousin Ali dans son neuvième cercle des enfers, celui qu'il réserve aux « schismatiques », les entrailles sortant de son ventre ouvert. Cette description sera utilisée par plusieurs artistes, comme récemment Salvador Dalí, pour représenter Mahomet les entrailles exposées, ou encore Gustave Doré dans son illustration de la "Divine Comédie". On rencontre aussi le Mahomet éventré de Dante dans certaines églises, telles la basilique San Petronio de Bologne en Italie, dont la chapelle Bolognini contient une fresque réalisée par Giovanni da Modena vers 1410-1415, où il représente « Machomet » (comme l'indique une inscription sur la fresque) tourmenté par un démon.
Dans la littérature occidentale du , Mahomet est souvent considéré comme l'auteur du Coran.
Selon le critique littéraire François Busnel, parlant de la pièce de Voltaire "Le Fanatisme ou Mahomet", . Dans cette pièce, Voltaire fait dire à l'un de ses personnages que Mahomet est un « imposteur », un « faux prophète », un « fanatique » et un « hypocrite ».
C'est pourtant « l'intolérance de l'Église catholique et les crimes commis au nom du Christ » qui étaient les premiers visés par le philosophe des Lumières. C'est ce qu'écrit Voltaire dans une lettre de 1742 : « Ma pièce représente, sous le nom de Mahomet, le prieur des Jacobins mettant le poignard à la main de Jacques Clément ». Ce double sens de la pièce est confirmé par le critique littéraire Julien Louis Geoffroy : . Les dévots qui n'ont pas été dupes l'ont attaqué immédiatement en justice pour impiété et scélératesse, et Voltaire a dû retirer sa pièce. Par ailleurs selon Emmanuel Leroy-Ladurie, 
Le Marquis de Sade fait émettre par son personnage du moribond des critiques violentes contre l'ensemble des chefs religieux, dont évidemment Mahomet : 
Au , apparaît aussi sous le manteau, le "Traité des trois imposteurs", un livre blasphématoire où sont accusés d’imposture délibérée Moïse, Mahomet et Jésus-Christ.
S'éloignant de la diabolisation de la figure de Mahomet, en raison d'une nouvelle approche historique des textes religieux, le marque la naissance d'un intérêt pour le personnage de Mahomet et la naissance de l'Islam comme l'exprime E. Renan. dans son article « Mahomet et les origines de l'islamisme » (1851),
Alphonse de Lamartine écrit une "Vie de Mahomet" en 1854, dont on peut dire que c'est la première biographie écrite par un Occidental qui ne soit pas à charge. Il y dit : Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l'homme et l'homme à Dieu, restaurer l'idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie… Jamais homme n'accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècle après sa prédication, l'islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait à l'Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, l'Inde occidentale, la Syrie, l'Égypte, l'Éthiopie, tout le continent connu de l'Afrique septentrionale, plusieurs iles de la Méditerranée, l'Espagne et une partie de la Gaule.
Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l'immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n'ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n'ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d'hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel…
Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. À toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?
De même, Victor Hugo, dans un poème de "La Légende des siècles" (1858), "L'an neuf de l'Hégire", présente de façon romantique la mort de Mahomet :
"Mahomet" est aussi une pièce théâtrale de Johann Wolfgang Von Goethe. Johann Wolfgang Von Goethe a appris l'arabe et il est allé en Arabie pour comprendre le personnage principal de sa pièce théâtrale Mahomet. Selon le spécialiste de la littérature allemande du , Adolphe Bossert, Le Mahomet de Goethe n’est pas, comme celui de Voltaire, un imposteur ; c’est un croyant, possédé du besoin de répandre sa foi. Il commence par adorer les étoiles ; mais bientôt, au-dessus des étoiles, il découvre celui qui leur a donné l’existence et qui a formé l’univers. « Élève-toi, cœur aimant, vers l’auteur de toutes choses ! Sois mon seigneur et mon dieu, toi qui as créé le soleil, et la lune et les étoiles, et la terre et le ciel, et moi-même ! » La foi de Mahomet reste pure, aussi longtemps qu’elle est renfermée en lui-même, qu’elle demeure un colloque entre son dieu et lui ; elle se rabaisse et se corrompt, dès qu’il cherche à la faire pénétrer dans les âmes grossières. Il est obligé d’employer la force, même la ruse, pour fonder sa religion ; il suscite des inimitiés légitimes, et, à la fin, il meurt empoisonné. Pour Ernest Renan, parlant de la pièce de Voltaire, Mahomet nous apparaît comme un homme doux, sensible, fidèle, exempt de haine. Ses affections étaient sincères; son caractère, en général, porté à la bienveillance… Rien de moins ressemblant à cet ambitieux machiavélique et sans cœur qui explique en inflexibles alexandrins ses projets à Zopyre [..] ses précautions dans les batailles étaient peu dignes d'un prophète. Voltaire a souvent été hostile aux révélations religieuses qu'il considérait comme étant fallacieuses. Il évolue dans sa vision sur Mahomet en passant d'un « imposteur » à un « enthousiaste ». Ces évolutions s'inscrivent dans la découverte d'une tolérance dans le monde turc à partir des années 1740. À partir de 1763, sa « haine contre les dévots » augmente et s'exprime en élevant l'islam, quitte à modifier son histoire.
Pour lui, l'islam sans Mahomet est un théisme qu'il défend : 
Entre 1742 (publication de "Mahomet ou le fanatisme religieux") et 1770, les positions de Voltaire ont changé. Voltaire retient que « sa [Mahomet] religion est sage, sévère, chaste et humaine » mais nomme toujours Mahomet de « sublime et hardi charlatan » et donne raison à un homme qui aurait dit au Mufti de Constantinople : « Mahomet n'était qu'un imposteur hardi qui trompa les imbéciles. »
Le voit le développement des études historiques sur Mahomet. Celles-ci soulèvent la difficulté d'écrire une biographie non religieuse. Certains auteurs, qu'ils soient à charge ou non, ont tendance à mettre en avant l'aspect humain de Mahomet, comme le "silence de Mahomet" de Salim Bachi.
Plusieurs œuvres utilisent le personnage de Mahomet :
En 2005, la publication de douze caricatures de Mahomet par le journal danois Jyllands-Posten soulève la colère dans les pays musulmans. Des manifestations pour protester contre les dessins danois ont lieu dans plusieurs pays dont les manifestations violentes devant le consulat italien à Benghazi en Libye qui ont fait onze morts.
Si cette publication est un point marquant des publications du traitant de Mahomet, d'autres ouvrages, romans et essais, sont écrits et visent une plus large diffusion.
Plusieurs films, des films de fiction biographique ou des films documentaires, ont été consacrés à Mahomet.
Parmi les films de fiction, plusieurs sont réalisés dans une perspective musulmane et s'imposent de respecter l'interdiction de représenter Mahomet. Ils y parviennent en recourant à des plans en caméra subjective chaque fois qu'une scène implique Mahomet. C'est le cas du film biographique "Le Message", coproduction multinationale réalisée par Moustapha Akkad et sortie en 1976. Plusieurs films d'animation américains produits par le studio Badr International adoptent la même technique : "" de Richard Rich en 2002 et ses préquelles sorties au cours des années suivantes : "Before the Light", "Salman the Persian" et "Great Women of Islam".
Par ailleurs, plusieurs documentaires consacrés à Mahomet ou à l'histoire de l'islam en général relatent la vie du prophète. C'est le cas de la série documentaire "Islam : Empire of Faith" de Robert H. Gardner, distribuée par la compagnie américaine PBS en 2000. En 2002, la même chaîne produit un documentaire "Muhammad : Legacy of a Prophet", réalisé par Michael Schwarz et Omar al-Qattan.
En 2011, du 21 au 25 juillet, la chaîne britannique BBC diffuse une mini-série documentaire en trois volets sur la vie de Mahomet, "The Life of Muhammad", réalisée par Faris Kermani. Selon la BBC, il s'agit de la première série documentaire consacrée au prophète de l'islam à être diffusée sur une chaîne européenne. La mini-série est purement documentaire et ne contient pas de scènes de reconstitution mettant en scène Mahomet.
En 2012, le film "L'Innocence des musulmans" mettant en scène des passages de la vie de Mahomet est invoqué comme raison principale des manifestations et attentats anti-américains de septembre 2012.