Istanbul

Istanbul ou Istamboul (en ), appelé officiellement jusqu'en 1930 et historiquement Constantinople, est la plus grande ville et métropole de Turquie et la préfecture de la province homonyme, dont elle occupe environ 50 % de la superficie mais plus de 97 % de la population. Elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1985. Istanbul est le principal centre financier, commercial et industriel de la Turquie mais aussi la capitale culturelle du pays. La population de l'ensemble de l'agglomération stambouliote est évaluée à 15 millions d'habitants en 2014 ce qui en fait l'une des plus grandes mégapoles du monde. Fort d'un héritage culturel et historique important, la ville cosmopolite est un haut lieu du tourisme.
Située de part et d’autre du détroit du Bosphore — donc à cheval sur deux continents, l’Europe et l’Asie — Istanbul est généralement considérée comme européenne parce que la ville historique est située sur la rive occidentale du détroit.
Elle est la plus grande agglomération du pays avec plus de 15 millions d'habitants et l'une des plus grandes agglomérations d'Europe. Elle constitue aussi le principal pôle économique de la Turquie.
Appelée officiellement İstanbul depuis le , elle a porté d'autres noms durant son histoire (encore parfois utilisés selon les contextes) notamment : « Byzance », au moment de sa fondation ; puis « Constantinople » (à partir du en l'honneur de l'empereur romain Constantin).
Appelée aussi la « Deuxième Rome », Istanbul appartint d'abord à la Thrace, puis à l’Empire romain dont elle fut la seconde capitale après 395 (devenu l'Empire romain d'orient et appelé au « byzantin » par Hieronymus Wolf), ensuite à l’Empire ottoman depuis le , et enfin, juste après la chute de celui-ci le , à la République de Turquie, dont elle fut capitale jusqu'au , lorsque cette fonction administrative fut transférée à Ankara.
Les anciens noms de la ville, Byzance puis Constantinople, témoignent de cette longue histoire. Seules quelques autres grandes villes ont eu trois noms au cours de leur histoire. Du point de vue historique, il est possible de considérer qu'avec Athènes et Rome, Constantinople (Istanbul) est l'une des trois capitales antiques les plus importantes.
Les habitants de la Byzance antique étaient appelés "Byzantiotes" et ceux de Constantinople, les "Constantinopolitains" ou les "Politains". Par contre, aucun citoyen de l'Empire romain d'orient ne s'est jamais appelé "Byzantin" : ils se définissaient comme « Romains » et lorsqu'ils sont devenus sujets de l'Empire ottoman, celui-ci les a organisés dans le "milliyet de Rum". Les habitants d’Istanbul sont les "Stambouliotes" ou les "Istanbuliotes".
La « Sublime Porte » ou simplement « la Porte » étaient les expressions qui désignaient le pouvoir politique ottoman s'il s'agissait du gouvernement ou « le Palais » s'il s'agissait du sultan.
Istanbul est située sur le détroit du Bosphore qui sépare l’Asie de l’Europe, et relie la mer Noire à la mer de Marmara. De nos jours la ville moderne est beaucoup plus grande et couvre à la fois les rives asiatique et européenne du Bosphore.
La ville d’İstanbul se situe tout près de la faille nord-anatolienne. Celle-ci est une faille active qui a déjà produit plusieurs séismes très destructeurs à l’époque contemporaine. L’étude de la sismogenèse locale laisse craindre avec une forte probabilité qu'un séisme important frappera İstanbul au cours des prochaines décennies. Une étude faite par des géologues mexicains donne une probabilité de 85 % pour un tremblement de terre majeur avant 2025.
Par ailleurs, la difficulté de faire appliquer des règles de construction parasismiques en Turquie fait penser que la plupart des habitations, notamment celles des quartiers populaires, ne résisteront pas. La ville connut plusieurs séismes importants dont particulièrement ceux de 1509 (appelé « la Petite Apocalypse »), 1763, 1894 et 1999.
Istanbul bénéficie d'un climat tempéré, influencé par des zones continentales, mais aussi par les masses maritimes au nord et au sud. Le climat d'Istanbul étant un climat de transition entre le climat océanique (classification de Köppen: "Cfb"), le climat subtropical humide (classification de Köppen: "Cfa") et le climat méditerranéen (classification de Köppen: "Csa"). Les étés sont assez chauds, avec un air humide mais des pluies limitées (plus de de soleil par mois en juin, juillet et août). Les hivers sont froids et humides, avec beaucoup de pluies et souvent de la neige, mais ils sont rarement glaciaux (moins de de soleil par mois en décembre, janvier et février). Les printemps et les automnes sont doux et modérément humides.
La moyenne annuelle des températures est de . Janvier et février sont les mois les plus froids avec une moyenne de ; juillet et août les plus chauds avec une moyenne d'environ . Il y a par an vingt-et-un jours de gel répartis de novembre à mars comme les dix-neuf jours de neige.
Les précipitations annuelles moyennes sont de par an. Elles sont irrégulièrement réparties tout au long de l'année, plus élevées entre l'automne et l'hiver et plus basses entre le printemps et l'été. Mais la pluie est présente toute l'année et il n'y a pas de saison sèche, parce qu'il y a assez de précipitations pendant le printemps et l'été, et le temps est très humide. L'humidité relative moyenne annuelle et plus de 70 % et est élevée toute l'année. Il neige presque chaque hiver et les chutes de neige abondantes sont assez fréquentes mais habituellement de façon courte. Après chaque chute de neige, la neige reste seulement quelques jours.
Le brouillard est très fréquent toute l'année, de vingt-deux jours par mois entre novembre et avril à seize jours par mois de mai à octobre pour un total en moyenne de par an.
Malgré un climat généralement clément, des épisodes extrêmes sont enregistrés. La température la plus élevée a été enregistrée le avec . La température la plus froide a été enregistrée le avec . 
Le , on a mesuré plus de de pluie en vingt-quatre heures. 
En mars 1987, plus de de neige ont été relevés à la côte, avec une hauteur maximale de , ce qui a complètement paralysé la ville.
Istanbul est situé dans une des régions botaniques les plus riches de l'Asie, de l'Europe et du monde, avec plus de de plantes en Turquie, dont à Istanbul La couverture forestière de la province d'Istanbul est de 45 %.
Diverses hypothèses existent quant à l’origine du nom « Istanbul » :
Jusqu'en 1930, l'agglomération d'Istanbul s'appelait officiellement « Constantinople », et « Stamboul » ne désignait que la Vieille Ville (la péninsule historique). Ce nom fut étendu à toute la ville sous la forme moderne d'« İstanbul » à la suite de la réforme de la langue et de l'écriture turque par Atatürk en 1928 (la révolution des signes).
Les Turcs d'origine arménienne appellent Istanbul "Bolis", et les Grecs "Polis" (« la Ville »). « Politis » désigne l’habitant de Constantinople. Les peuples slaves sous la domination byzantine puis ottomane l'ont appelée et l'appellent toujours "Tzarigrad" (serbe et bulgare : Цариград) : « la ville de l'Empereur ». Enfin les Varègues, qui la fréquentaient à l'époque byzantine, la nommaient en vieux norrois : "Miklagarðr" (« ville impériale ») : l'un d'eux a laissé une inscription en runes sur le lion actuellement placé à l'entrée de l'arsenal de Venise.
Métropole à cheval entre l'Europe et l'Asie, carrefour des routes continentales et maritimes, l'histoire a façonné le destin de cette ville aux deux empires (empire byzantin et ottoman), comme le prouvent les différents toponymes qui ont été attribués à cette ville aux trois noms, Byzance, Constantinople et Istanbul qui unissent l'antiquité gréco-romaine, le christianisme grec médiéval et la fascination musulmane.
Constantinople fut fondée par l’empereur romain Constantin en 330 sur le site de l’ancienne colonie grecque Byzance qui existe depuis le La ville fut baptisée "Constantinople" en l'honneur de l'Empereur (ce n’est que le que le nom d’Istanbul devint officiel). La ville devint la capitale orientale de l’Empire romain jusqu'à sa chute en 1453.
Après la chute de Constantinople le 29 mai 1453, elle fut incorporée à l’Empire ottoman par Mehmed et en devint la nouvelle capitale pendant cinq siècles, remplaçant Edirne (Andrinople) en Thrace.
La ville connut une période de profondes mutations à partir de la fin des années 1850. La campagne de modernisation urbaine alors engagée permit notamment la création d'un réseau de tramways et un système d'adduction d'eau, tandis que la population augmentait à un rythme soutenu jusqu'au début du .
La ville a perdu la fonction de capitale le , en faveur d'Ankara, capitale de la République de Turquie. Elle est occupée par les Alliés au lendemain de la Première Guerre mondiale (1921-1923), ce qui motive en partie le déplacement de la capitale. En 1959, la ville est récompensée du Prix de l'Europe.
À la suite de migrations à partir des années 1950 depuis les villages d'Anatolie, la ville devint rapidement l'une des plus importantes agglomérations d'Europe. La ville comptait en 1927, un million en 1950, deux millions en 1960, trois millions et demi en 1970 et finalement plus de quatorze millions à ce jour. La population de l'ensemble de l'agglomération stambouliote est évaluée à 15 millions d'habitants en 2015, soit 18 % de la population turque.
La ville fut toujours un centre important pour les religions chrétienne et musulmane. En 1453, le sultan Mehmed II qui venait de conquérir la ville et de mettre fin à l'Empire romain d'Orient, décida de perpétuer le rôle de Constantinople comme centre spirituel du monde chrétien orthodoxe grâce à la nomination du patriarche grec Gennadios à la tête du patriarcat œcuménique. Dans le même ordre, un patriarcat arménien apostolique s’établit en 1461 également par ordre du sultan Mehmed .
Istanbul devint en 1517 le siège du califat après la conquête de l'Égypte par les Ottomans et le transfert des symboles califaux à la capitale impériale qu'est Istanbul. Cependant, le titre de calife fut porté par les sultans et une institution califale en tant que telle n'a jamais existé séparément en dehors du système étatique. Le califat fut aboli en mars 1924 par Mustafa Kemal Atatürk.
En 1492, à la suite de l’autorisation du sultan Bayezid, İstanbul accueillit de nombreux Juifs persécutés par l'inquisition espagnole et chassés d’Espagne par Isabelle la Catholique. La ville abrite toujours la communauté juive la plus importante du pays ( sur ). La communauté possède seize synagogues (dont la plus grande est Névé Shalom et la plus ancienne est Ahrida), un hôpital (Or haHayim), une école (UOML), une maison de retraite et un hebdomadaire bilingue (turc-ladino) : Şalom. Le chef de la communauté est le grand rabbin Isaac Haléva. La ville abrite également la plupart des Sabbatéens de Turquie, partisans de Sabbataï Tsevi.
L’exarchat bulgare orthodoxe avait pour siège Istanbul entre 1870 et 1912.
La nuit du , durant laquelle deux-cent quarante intellectuels arméniens furent arrêtés à İstanbul, marque le début du génocide arménien et de la quasi-disparition des minorités chrétiennes de l’Empire ottoman. Cette date est commémorée chaque année en mémoire des . Toutefois, les Arméniens stambouliotes ne furent pas concernés par les déportations, à l'instar de ceux qui habitaient à Smyrne ou Alep. Aujourd’hui, la communauté arménienne d'Istanbul, évaluée à (sur dans tout le pays) personnes, possède trente-trois églises apostoliques, douze églises catholiques et trois églises protestantes, deux hôpitaux (Sourp Pirgitch et Sourp Agop), deux orphelinats, dix-neuf écoles et trois journaux en langue arménienne, dont Jamanak (fondé en 1908) actuellement le plus vieux quotidien de Turquie. Les leaders de la communauté sont le patriarche apostolique Mesrob II Mutafyan (depuis 1998) et l’archevêque catholique Hovhannes Tcholakian (depuis 1961). L'émigration des Arméniens de Turquie vers l'étranger a perdu son caractère massif dans les années 1980 et leur nombre s'est stabilisé. L'attention sur la situation de la minorité arménienne a été ravivée par l'assassinat du journaliste Hrant Dink à İstanbul en 2007.
La communauté grecque possède encore , vingt écoles, un hôpital et deux quotidiens (Apoyevmatini et Iho), mais cette communauté disparaît progressivement en émigrant. On comptait en 1920, en 1927, en 1959 après les incidents de septembre 1955 et aujourd’hui leur nombre est de , ce qui fait que la plupart de leurs institutions ne fonctionnent pas vraiment. Leur chef spirituel est le patriarche œcuménique Bartholomée (depuis 1991). Le séminaire de Halki ayant été fermé alors que la loi impose que le patriarche fut de nationalité turque et né en Turquie, le Patriarcat œcuménique risque lui aussi de disparaître, à moins qu'un nouveau compromis puisse être trouvé. Le siège de l'Église orthodoxe turque, non reconnue, se situe dans le quartier de Phanar.
La ville compte également une communauté syriaque jacobite évaluée à . Istanbul est aussi peuplée de communautés chaldéennes, melkites, des Bulgares catholiques, des Géorgiens catholiques en nombre réduit. Les Polonais, réfugiés au milieu du à la suite de la répression russe dans leur pays, ont créé en 1842 le village d'Adampol (aujourd'hui Polonezköy) sur la rive asiatique d'Istanbul. La population polonaise de ce village ne dépasse guère une centaine de personnes actuellement.
Tous les groupes musulmans sont représentés, bien que la grande majorité soit sunnite. Il y a aussi à Istanbul une grande minorité de personnes de religion chiite : les Alévis.
Les villes d'Anatolie dont les Turcs ont le plus émigré vers Istanbul sont les suivantes : Sivas (), Kastamonu (), Giresun (), Ordu (), Tokat ()… Hakkari est la ville dont les habitants ont le moins émigré vers Istanbul (). La ville abrite une population originaire de Sivas, Kastamonu, Sinop, Bayburt, Giresun, Ardahan et Erzincan, supérieure à la population même de ces villes.
Entre 2007 et 2008, environ ont immigré vers Istanbul : ce sont les habitants de Tokat qui ont le plus immigré à Istanbul (), suivent ensuite Ankara (), Ordu (), Mardin (, en particulier la communauté syriaque), Samsun (), Erzurum (), Kocaeli (), Izmir (), etc. À la même période, environ ont émigré d'Istanbul vers les villes d'Anatolie : vers Tekirdağ, vers Tokat, vers Kocaeli, vers Ankara, vers Samsun, vers Giresun
La ville d'Istanbul est divisée en 39 districts.
Kadir Topbaş (AKP) est le maire d'Istanbul depuis 2004.
Bien qu'İstanbul ait perdu le statut de capitale politique de la Turquie au profit d’Ankara en 1923, elle n'en reste pas moins la ville majeure de Turquie sur le plan économique, industriel, éducatif et culturel, et le plus important centre d’import-export : composée de 25 % de la population turque, elle contribue à 40 % des recettes fiscales du pays. Elle abrite également le plus grand port de commerce du pays. En 2012, la ville d'Istanbul avait un PIB nominal de 332,4 milliards de dollars soit plus de 20 % du PIB de la Turquie (contre 7 % pour la capitale Ankara).
Selon le magazine Forbes, Istanbul comptait un total de 37 milliardaires en 2013, se classant au monde, derrière Moscou (84 milliardaires), New York (62 milliardaires), Hong Kong (43 milliardaires) et Londres (43 milliardaires).
Les quartiers d'affaires traditionnels, qui s'étaient édifiés au dans l'arrondissement de Beyoğlu, se sont étendus vers le nord au cours des années 1960 et 1970, autour de la place Taksim notamment. Bankalar Caddesi (Rue des Banques) à Galata était le centre financier de l'Empire ottoman. Aujourd'hui, l’axe Levent-Maslak, le long du boulevard Büyükdere, concentre de nombreux sièges sociaux d’entreprises à dimension internationale et tend à devenir le pôle financier de la ville. Ces nouveaux quartiers redessinent la skyline de la ville, qui rappelle désormais celle des villes nord-américaines.
L'urbanisation non maitrisée est l'un des principaux problèmes de la municipalité d'Istanbul.
Le parc Gezi est un parc urbain d'Istanbul situé dans le quartier de Taksim. Sa suppression est envisagée par le projet de piétonnisation de la place Taksim et engendre un mouvement protestataire.
Récemment, un grand nombre d'arbres ont été coupés au nord d'Istanbul pour la construction du troisième pont sur le Bosphore (Pont Yavuz Sultan Selim) et le troisième aéroport d'Istanbul (2.330.012 arbres ont été coupés pour le projet de l'aéroport, et 381.096 arbres ont été coupés pour le projet de pont.)
Istanbul possède deux gares ferroviaires, Sirkeci (sur la rive européenne) qui date de 1889 et Haydarpaşa (sur la rive asiatique) qui date de 1909. C'est de Sirkeci (quai 1) que partent vers l'Europe le prestigieux Venise-Simplon-Orient-Express, mais aussi le "Danube-Express" et "le Bosphore-Express". Le "Train de l'amitié" (voitures-lits franco-turques) vers la Grèce partait de Sikeci jusqu'à la suppression de la ligne. De Haydarpaşa, le "Trans-Asia-Express" dessert l'est du pays vers Téhéran, tandis que le service direct du Taurus-Express vers Bagdad devrait être prochainement rétabli. C'est également la tête de ligne des trains à grande vitesse vers Ankara.
La ville est reliée aux autres centres d'agglomération du pays par le réseau autoroutier. Deux ponts sur le Bosphore (construits en 1973 et en 1988) assurent la liaison entre les parties européennes et asiatiques de la ville ainsi qu'avec le reste du pays.
Deux aéroports internationaux, (Atatürk sur la rive européenne et Sabiha Gökçen sur la rive asiatique) relient Istanbul à la plupart des grandes villes du globe et aux principales villes du pays. Un projet de troisième aéroport est en cours.
Il existe une ligne de métro conventionnel, deux lignes de métro léger ("hafif metro"), deux tramway et deux funiculaires, ainsi que des lignes de trains de banlieue. Sur le modèle pratiqué dans plusieurs villes, un "metrobus" (autobus surélevé circulant en site propre) a été mis en fonction en 2009.
La construction d'un tunnel ferroviaire sous le Bosphore (le tunnel le plus profond du monde), baptisé Marmaray, a débuté en 2004. L'inauguration a eu lieu le 29 octobre 2013.
À Istanbul, le transport en taxi (ou « taksi » en turc) est très développé. Les véhicules sont facilement identifiable à leur couleur jaune, à leur enseigne mais aussi avec la lettre T sur leurs plaques d'immatriculation.
Le canal d'Istanbul est un projet de canal initié en 2011 par le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan qui, dans le cadre du centenaire de la fondation de la République turque, a une grande politique de développement. Son de type et néo-ottomaniste privilégie Istanbul, ville historiquement polycentrique par nature, alors que la société turque est tiraillée entre conservatisme et libéralisme sur fond de globalisation et de standardisation des loisirs.
D'une rive à l'autre, une desserte navale existe entre plusieurs embarcadères ("iskele"). La plupart des lignes sont gérées par des sociétés privées ayant une délégation de service public. Les "vapur" sont les navires les plus grands et desservent les lignes longues (par exemple entre Üsküdar et Eminönü), les "motor" sont des bâtiments relativement plus petits et assurent une desserte plus rapide. Des liaisons existent entre Istanbul et des villes proches accessible par la mer, comme Izmir ou Bursa.
Istanbul, avec plus de de visiteurs en 2011, est une destination touristique importante et la dans le monde. Le nombre de touristes a augmenté de 9,2 % par rapport à l'année 2010. 14,6 % de ces touristes sont allemands, suivent ensuite les Russes (6,0 %), les Américains et les Britanniques (5,1 %), les Français et les Italiens (4,9 %), les Néerlandais (3,5 %), les Espagnols (3 %). Istanbul a donc accueilli environ un quart des de touristes venus en Turquie en 2011. Elle reste en 2014 la ville la plus visitée dans le monde (derrière Londres, Bangkok et Paris) avec de visiteurs.
La ville a ouvert en 2009 le Musée Panorama 1453. Elle a également été désignée capitale européenne de la culture pour 2010 et capitale européenne du sport pour 2012.
L’église Sainte-Sophie est aussi appelée "Ayasofya" : les deux signifient "Sainte Sagesse", mais une confusion est possible avec le prénom Sophie avec la première dénomination. Or, elle ne fut jamais dédiée à une sainte qui s'appelle Sophie. Elle fut construite par les architectes Anthémius de Tralles et Isidore de Milet, à la demande de l’empereur byzantin Justinien, pour remplacer l’ancienne basilique qui avait été incendiée en 532 pendant une révolte de la population.
Depuis son ouverture en 537, ce bâtiment vieux de quinze siècles fut l’objet de nombreuses réparations dont la principale, effectuée par l’architecte Sinan, permit de sauvegarder le dôme.
Elle fut transformée en mosquée à la suite de la prise de Constantinople en 1453. Quatre minarets furent ajoutés sous le règne de différents sultans. Mustafa Kemal Atatürk la fit transformer en musée en 1934.
La construction, célèbre pour ses mosaïques à fond d’or, est couverte d’une coupole à quarante côtés ayant un diamètre interne de 30,80 à et une hauteur de . Cette hauteur sous coupole resta inégalée durant neuf siècles, jusqu’à la construction du Dôme de Florence par Filippo Brunelleschi au début de la Renaissance italienne. Le bâtiment est soutenu par cent sept colonnes dont quarante se trouvent en bas et soixante-sept à l’étage supérieur.
Cette mosquée fut, jusqu’à la fin du , la seule de Turquie à être entourée de six minarets. Elle fut construite par l’architecte Sedefkâr Mehmet Ağa sous le règne du sultan Ahmet entre les années 1609 et 1616.
L’intérieur de la mosquée, qui encadre une cour de 64×, est éclairée par . Ce sont ses nombreuses faïences de couleur bleue, verte et blanche qui lui ont valu le nom de « Mosquée bleue » en Europe. Quant aux calligraphies, elles sont l’œuvre de Seyit Kasım Gubarî, originaire de Diyarbakır. La Mosquée bleue est l'une des plus visitées à İstanbul qui s'est néanmoins dotée de dans son histoire.
Ce palais fut le centre administratif de l’Empire ottoman après la chute de Constantinople. Il est situé au bord de la vieille ville d’İstanbul, avec une vue à la fois sur la mer de Marmara et sur le Bosphore. Ce palais des sultans, à la pointe de la Corne d'Or, s'étend à l'emplacement d'une antique oliveraie.
Sa construction commença en 1461 sous le règne de Mehmed, et des ajouts y furent faits jusqu’au où les sultans ottomans l'abandonnèrent en 1856 au profit du palais de Dolmabahçe. Mustapha Kemal, en fondant la république en 1924, le transforma en musée.
« Dolmabahçe » était à l’origine une baie sur le Bosphore qui fut comblée petit à petit à partir du pour devenir un jardin des plus appréciés par les sultans ottomans, d’où son nom turc "Dolmabahçe", "dolma" signifiant « rempli » et "bahçe" « jardin ».
Différentes résidences d’été y furent construites au cours de l’histoire, mais le palais de Dolmabahçe proprement dit fut construit entre 1853 et 1856 sous le règne du sultan Abdülmecid, à l’emplacement de l’ancien palais côtier de Beşiktaş par les architectes de la famille Balian. Il est le plus grand des palais du Bosphore. Le palais se compose de trois parties, respectivement le "Mabeyn-i Hümâyûn" (salon réservé aux hommes), le "Muayede Salonu" (salon des cérémonies) et le "Harem-i Hümâyûn" (les appartements de la famille du sultan). On trouve dans le bâtiment , , et , pour une surface utilisable de .
L’horloge du palais de Dolmabahçe est arrêtée à l’heure du trépas de Mustafa Kemal Atatürk, qui y perdit la vie le à .
Collections retraçant l'histoire de l'Orient (Babylone, Perse, Sidon), bas-reliefs de la porte d'Ishtar, le sarcophage des Pleureuses, le sarcophage d'Alexandre le Grand et le kiosque en faïences. Le musée fut inauguré en 1891.
Construite par les Génois en 1348, est située au sud de Taksim sur la rive européenne. Elle offre une vue panoramique d’İstanbul et de la Corne d’Or. Appelée "Tour du Christ" par les Génois, elle faisait partie du système de protection de Galata, ancienne colonie génoise, dont les remparts furent entièrement démolis en 1453.
Haut lieu de pèlerinage musulman, construit autour du tombeau du porte-étendard du prophète de l'islam, Mahomet, Eyüp, décédé en 669 lors du siège échoué de Constantinople par les Arabes. Une petite mosquée fut érigée par Mehmet en 1458 qui fut remplacée par l'édifice monumental actuel en 1733. Un cimetière musulman s'est formé au tour de la mosquée au fil du temps. C'est actuellement l'un des plus grands cimetières de la ville.
Anciennement la « Grande Rue de Péra », rebaptisée l'avenue de la Libération ("İstiklal") en 1924, c'est l'axe principal du quartier chrétien de la ville. Hôtels particuliers des riches négociants chrétiens (ottomans ou levantins) du , écoles étrangères, Lycée de Galatasaray, consulats, églises (dont la Basilique Saint-Antoine de Padoue, la plus grande église latine catholique du pays), les bars branchés, les librairies, les cinémas, tous entassés sur cette rue de traversée par le tramway historique.
Elle date de 527 et fut conçue pour fournir de l'eau potable au palais impérial byzantin.
Cette église, convertie en mosquée au par les Ottomans, est considérée comme étant un des plus beaux exemples d’église byzantine. Elle est située dans le district stambouliote occidental d’Edirnekapı. Elle devint un musée en 1948 ("Kariye müzesi" en turc). L’intérieur est couvert de fines mosaïques et de fresques.
La mosquée d'Ortaköy (de son nom officiel "Büyük Mecidiye Camii") est une mosquée d'Istanbul en Turquie, dans le quartier d'Ortaköy. Située au bord du Bosphore, elle fut construite en style néobaroque pour le sultan Abdülmecit en 1854-1855. Les architectes étaient les arméniens Garabet Amira Balyan et son fils Nikogos Balyan.De 1970 à 1973, le pont du Bosphore fut édifié à proximité et forme aujourd'hui un arrière plan insolite.
Campé sur un îlot à de la rive d'Üsküdar, cet ancien phare et poste douanier offre une vue globale sur la ville.
Terre d'exil des princes byzantins, lieu de villégiature de la grande bourgeoisie stambouliote depuis le , les îles donnent à voir de majestueuses demeures en bois, entourées de jardins plantés de bougainvilliers et de camélias. En haut d'une colline à Büyükada, le monastère grec Saint-Georges, qui date du , est un important lieu de pèlerinage. L'orphelinat grec sur Büyükada est quant à lui l'un des plus grands bâtiments en bois de la ville. Comme toute circulation automobile y est interdite, les îles constituent aujourd'hui un lieu de détente et de loisirs pour les Stambouliotes fuyant pour quelques heures la pollution et le bruit de la ville.
Les « Champs-Élysées » d'İstanbul, s'étend sur entre Kadıköy et Bostancı.
Istanbul a été candidate à l'organisation des Jeux olympiques d'été, perdu aux jeux de 2000, de 2008, et de 2012, puis aux jeux de 2016 où elle a finalement retiré sa candidature (villes finalistes : Tokyo, Chicago, Madrid, Rio de Janeiro). La métropole turque est de nouveau candidate à l'organisation des Jeux pour l'édition d'été de 2020. L'annonce a été faite le 13 août 2011 par la voix du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan.
Les Stambouliotes ont une passion pour le sport, en particulier pour le football. Les principaux clubs de football d'Istanbul, qui sont également les plus titrés du pays, sont : Galatasaray, Fenerbahçe, Beşiktaş JK. Au basket-ball, l'Efes Pilsen İstanbul, Fenerbahçe Ülker, Beşiktaş Cola Turka et le Galatasaray Cafe Crown sont les principales équipes de la ville. Eczacıbaşı Spor Kulübü et Fenerbahçe dominent le volley-ball stambouliote. En handibasket, le championnat national et même les compétitions européennes sont dominés par les équipes de Galatasaray Medical Park et Beşiktaş JK.
Depuis 2005, la ville accueille le Grand Prix de Turquie de Formule 1 sur le circuit d'Istanbul Park, et Burcu Cetinkaya en est originaire. Ce grand prix ne figure plus sur le calendrier de la F1 à partir de 2012.
Istanbul a accueilli la finale de la Ligue des champions 2005 entre Milan AC et Liverpool au Stade olympique Atatürk. En 2009, la dernière finale de la coupe de l'UEFA s'est jouée dans le stade du Fenerbahce, Şükrü Saraçoğlu.
La municipalité d'Istanbul est jumelée ou en partenariat avec cinquante-et-une villes :