Pologne

La Pologne, ou république de Pologne (en polonais : ' ; '), est un État d'Europe centrale, frontalier avec l'Allemagne à l'ouest, la République tchèque et la Slovaquie au sud, l'Ukraine et la Biélorussie à l'est, l'exclave russe de Kaliningrad et la Lituanie au nord.
Avec une population de d'habitants, la Pologne est le trente-quatrième pays le plus peuplé au monde. Elle est divisée en voïvodies, districts (powiat) et communes (gmina). C'est une république parlementaire qui a pour monnaie nationale le złoty. Elle est membre de l'Union européenne depuis le mai 2004, du Conseil de l'Europe, du groupe de Visegrád, de l'Organisation mondiale du commerce et de l'Organisation des Nations unies.
De nombreux historiens situent la formation de la Pologne en 966, avec Mieszko. Le royaume de Pologne est fondé en 1025, puis en 1569, une association politique liant ce royaume au grand-duché de Lituanie, par l'union de Lublin, donne naissance à la république des Deux Nations, une monarchie élective. Celle-ci est dissoute lorsque entre 1772 et 1795 le territoire de la Pologne est partagé entre la Prusse, l'Empire russe et l'Autriche. C'est en 1918, après la Première Guerre mondiale, que la Pologne retrouve son indépendance et qu'elle devient une république.
Le , à la suite de la signature du Pacte germano-soviétique, son invasion par le Troisième Reich est l'événement déclencheur de la Seconde Guerre mondiale ; deux semaines plus tard, l’allié soviétique de l'Allemagne passe également à l’attaque, prenant ainsi l'armée polonaise en tenaille : la défaite est rapide, avec des pertes importantes de part et d’autre en dépit de la brièveté de l’affrontement, et le pays est de suite partagé entre les deux assaillants. En 1941, l’Allemagne repousse son ancien allié soviétique jusqu'à Moscou et occupe seule l'ensemble du territoire polonais jusqu'en 1944, qui est asservi et devient notamment, avec l'Ouest de l'Union soviétique, le lieu de meurtres de masse commis par les nazis, dont l'essentiel de la Shoah. En 1944, un gouvernement provisoire est formé sous le contrôle de l'Union soviétique, qui fait de la Pologne d'après-guerre l'un de ses États satellites ; en 1952, la république de Pologne est rebaptisée « république populaire de Pologne ». En 1989, le gouvernement communiste est tenu en échec lors de premières élections semi-libres ; il doit céder la place : une république parlementaire est restaurée ; dans la décennie et demie qui suit, la Pologne rejoint l'Alliance atlantique puis l'Union européenne.
La culture polonaise est riche : quatorze sites sont classés dans le patrimoine mondial de l'UNESCO et cinquante-quatre sites historiques nationaux sont répertoriés.
L'histoire de la Pologne commence véritablement au , sous le règne de Mieszko, duc des Polanes (de la dynastie des Piast), qui convertit la Pologne naissante au christianisme en 966, puis, par le couronnement de son fils Boleslas le Vaillant, le premier roi de Pologne, sacré en 1025. La Pologne devient rapidement au Moyen Âge une puissance régionale, tout en essayant régulièrement de sortir de l'influence du Saint-Empire romain germanique, et de repousser le « Drang nach Osten ». C'est ainsi qu'à partir du , le royaume de Pologne doit lutter contre les Chevaliers Teutoniques qui ont colonisé la Prusse et une partie de la Poméranie.
Le pays atteint son apogée aux sous la dynastie des Jagellon, après l'union du royaume de Pologne et du grand-duché de Lituanie, donnant naissance à la république des Deux Nations, l'un des plus grands pays d'Europe. Cependant, durant le et surtout le , la République est engagée dans de nombreux conflits militaires qui lui font perdre une grande partie de sa superficie, notamment sous le coup de l'expansion de l'Empire russe. À la fin du , après trois partages, le territoire de la république des Deux Nations est divisé entre la Prusse, l'Autriche et l'Empire russe.
La Pologne ne recouvre que brièvement son indépendance, de 1918 à 1939, puis, elle est à nouveau envahie par l'Allemagne nazie et l'URSS qui se partagent le pays, précipitant l'Europe dans la Seconde Guerre mondiale et provoquant la mort de près de six millions de Polonais. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'URSS conserve la partie orientale de la Pologne, qui en contrepartie acquiert les territoires de la Poméranie, de la Prusse-Orientale et de la Silésie, régions allemandes depuis plusieurs centaines d'années. Staline impose la mainmise des Soviétiques sur le pays : la république populaire de Pologne est instituée en 1952, le régime communiste tiendra jusqu'en 1989. Après avoir retrouvé toute son indépendance, le pays devient membre de l'OTAN en 1999 et de l'Union européenne en 2004 et tourne progressivement la page de l'économie planifiée au cours des décennies 1990 et 2000.
Aujourd'hui l'économie polonaise est l'une des plus dynamiques d'Europe. C'est le seul État européen à ne pas avoir connu la récession lors de la crise économique qui frappe les pays développés depuis 2008.
Fondée au par les Polanes, la Pologne devient au Moyen Âge une puissance incontournable en Europe centrale. Son premier souverain est Mieszko, fondateur de la dynastie Piast qui règne sur la Pologne de 966 à 1370. La capitale est alors Gniezno, à l'est de Poznań.
Poste avancé de l'Occident catholique romain et cible du "Drang nach Osten", la poussée germanique vers l'est, elle fait face aux mondes orthodoxe (en Russie, Biélorussie et Ukraine), païen (les Baltes sont tardivement christianisés), et musulman avec la poussée turco-mongole. Située au carrefour de plusieurs mondes, et dépourvue de frontières naturelles, la Pologne est extrêmement exposée aux invasions. L'invasion de la Horde d'or mongole de 1248 à 1275 ruine le pays. Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast, unifie la Pologne.
En 1386, la reine de Pologne, Hedwige d'Anjou et le grand-duc de Lituanie, Ladislas II Jagellon signent l’accord de l’Union de Krewo qui marque le commencement de l'Union de Pologne-Lituanie, sous la dynastie lituanienne des Jagellon. La dynastie Jagellon réunit pour une petite période les couronnes de Bohême (1471-1526) et de Hongrie (1490-1526) à celle de Pologne.
La république des Deux Nations ("Rzeczpospolita Obojga Narodów"), extension de l'Union de Pologne-Lituanie, en existence depuis 1386, est concrétisée par la signature, en 1569, du traité de l'Union de Lublin qui unit le royaume de Pologne et le Grand-duché de Lituanie en un seul État. Le royaume couvre alors un territoire qui va de la mer Baltique à la mer Noire et jusqu'aux portes de Moscou. La capitale est alors Cracovie, en Petite-Pologne.
La "Rzeczpospolita" est un système politique inédit depuis la Rome antique, où l'aristocratie exerce une sorte de démocratie parlementaire. Le roi est en effet élu par ses pairs. C'est le principe de la monarchie élective. Cette « république » donne le droit de vote à la seule "szlachta", mais cette noblesse polonaise représente toutefois presque 15 % de la population et plus encore autour de Varsovie, devenue capitale en 1596. Les nobles obligent le roi à céder de ses prérogatives, notamment en ce qui concerne les impôts, l'armée et la justice. Ainsi, le monarque polonais, à l'époque où les monarchies européennes « s'absolutisent », est au contraire affaibli.
La tolérance religieuse est une autre caractéristique majeure de la "Rzeczpospolita". Si la majeure partie des paysans est restée catholique (dans les années 1980, 9 Polonais sur 10 sont baptisés), de nombreux nobles se sont convertis au protestantisme, luthéranisme, mais surtout calvinisme. La Pologne a donné abri, en particulier dans la ville de Leszno, aux Frères tchèques qui veulent échapper à la re-catholicisation de la Bohême entreprise par les Habsbourg. Enfin, la "Rzeczpospolita" compte alors une très importante population juive (5 à 10 % de la population totale), en particulier dans les villes et surtout dans la partie orientale du pays.
Mais, cette tolérance religieuse se réduit progressivement au , en particulier après 1655, quand la Suède protestante envahit la Pologne et est arrêtée à Częstochowa, devant le sanctuaire marial de Jasna Góra, dont le prieur, Augustyn Kordecki, est à la tête de troupes numériquement très inférieures.
Le règne de Jean III Sobieski (1674-1696) est marqué par la construction, à partir de 1677, du palais de Wilanów à Varsovie, et par la victoire de ses troupes en 1683, appelées en renfort par les puissances européennes et le Pape pour faire face à une offensive turque de grande ampleur sous les murs de Vienne. Cette victoire militaire a une conséquence politique importante, car les Habsbourg, traditionnels rivaux des Polonais, sont sauvés et partagent plus tard le pays avec la Russie et la Prusse. Cette victoire est aussi à l'origine des croissants, les premières viennoiseries, dont la forme rappelle le symbole du drapeau ottoman.
La "Rzeczpospolita" est peu à peu victime d'un long déclin, du fait de son système politique anarchique, et des nombreuses invasions (suédoises, russes, turques, prussiennes). À la fin du , la Pologne perd son indépendance, les partages de la Pologne se succèdent entre 1772, 1793 et 1795.
La première partition de la Pologne, en 1772, conduit à un sursaut civique. Ce sursaut mène en 1791 à la proclamation de la Constitution polonaise du 3 mai 1791, nettement moins « révolutionnaire » que celle de la France, mais, néanmoins perçue comme trop dangereuse pour ses voisins, d'où le deuxième partage, qui provoque une révolte menée par un héros de la guerre d'indépendance américaine, Tadeusz Kościuszko. Cette révolte sert de prétexte au troisième partage, quand le royaume de Pologne est rayé de la carte.
Tout au long du , exception faite de la fin de la période napoléonienne avec le duché de Varsovie, la Pologne est niée comme entité nationale, écartelée, partagée entre la Russie, la Prusse (puis l'Allemagne), et l'Autriche (puis l'Autriche-Hongrie).
Cette période est marquée par une succession de révoltes et d'insurrections nationales, notamment : 
Dans les années 1890 des dizaines de milliers de travailleurs polonais émigrent en Allemagne vers la Ruhr pour s'embaucher dans les mines de charbon. À la fin de la Première Guerre mondiale, certains reviennent en Pologne mais la plus grande partie est embauchée par . Environ eux arrivent ainsi en France au début des années 1920, dont près des deux tiers dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.
La Pologne ne recouvre son indépendance qu'en et fonde alors une Deuxième République. Dès son indépendance, la guerre soviéto-polonaise de 1919-1921 l'oppose à la Russie bolchévique. 
Comme dans la plupart des pays d'Europe du Centre-Est, à l'exception de la Tchécoslovaquie, les idéaux démocratiques des premiers temps durent peu. Le régime évolue vers une forme semi-autoritaire, notamment sous l'influence du maréchal Józef Piłsudski, qui prend le pouvoir en 1926, tout en conservant des élections libres.
La Pologne est envahie par les forces allemandes et slovaques le (campagne de Pologne), déclenchant la Seconde Guerre mondiale. La Wehrmacht atteint les faubourgs de Varsovie en sept jours grâce à sa stratégie du « Blitzkrieg » et à sa supériorité technologique (la ville ne capitule cependant que le ). Conformément aux accords secrets du Pacte germano-soviétique signé le , soit une semaine avant le début de l'invasion allemande, l'URSS envahit à son tour la Pologne, à partir du . 
Au début de la guerre, le président de la République Ignacy Mościcki et le gouvernement polonais pensent obtenir droit de passage en Roumanie, le , après l'invasion soviétique de la Pologne, mais sont internés par les autorités roumaines sous la pression allemande. En vertu de la Constitution polonaise d' qui le prévoit explicitement, le président de la République transmet alors sa charge, le , à un successeur désigné, Władysław Raczkiewicz qui nomme comme Premier ministre le général Władysław Sikorski. Le Gouvernement polonais en exil est constitué et accueilli en France, à Paris, puis Angers. Le président de la République et les divers ministères polonais s'installent au château de Pignerolle (au sud-est d'Angers) ainsi qu'à Angers même, ce dès , qui devient de fait la capitale politique de la Pologne, à titre temporaire. Le gouvernement officiel polonais en exil officie jusqu'à l'invasion de la France par les troupes allemandes en . Refusant l'armistice que l'allié français cherche à imposer aux troupes polonaises reconstituées sur le sol français, les autorités polonaises en exil se réfugient alors à Londres pour continuer le combat.
La Pologne en tant qu'État ( en 1939) disparaît donc pour la quatrième fois de son histoire, partagée cette fois-ci entre l'Allemagne nazie () et l'Union soviétique (). Le régime nazi annexe une partie du territoire qu’il contrôle et instaure dans le reste (un quart du territoire de 1939) une administration subordonnée, le « Gouvernement général ». La partie envahie par l'URSS est annexée puis répartie entre ses deux républiques soviétiques : la Biélorussie et l’Ukraine. Dans cette partie orientale, l'armée soviétique est diversement accueillie par les populations locales majoritairement biélorusses, juives et ukrainiennes (devenues polonaises en 1920 à la suite de la paix de Riga) qui craignent les réquisitions et le NKVD, lequel les dresse les unes contre les autres en encourageant la délation.
Des deux côtés, les nazis et le NKVD procèdent à l'éradication de l'élite polonaise : côté est, intellectuels, officiers, fonctionnaires, religieux, propriétaires terriens sont déportés en URSS, voire assassinés comme à Katyń ; côté ouest, les nazis entendent ouvertement transformer les Polonais, considérés comme des « sous-hommes », en un « peuple d'esclaves » et plongent le pays dans une terreur totale et meurtrière, responsable de la disparition en six ans de près de 20 % de la population totale. Dès les premiers jours, les élites polonaises sont systématiquement exterminées par les Einsatzgruppen et le SD, entraînant la mort de plus de du clergé, de l'aristocratie, du corps enseignant et universitaire. Les théâtres, les séminaires, les journaux, l'enseignement secondaire et supérieur sont fermés. Deux millions de civils sont raflés et envoyés au travail forcé dans le Reich, où ils subissent mauvais traitements et discriminations systématiques. Tortures, pendaisons de masse et massacres de villages entiers deviennent quotidiens.
À partir de l'été 1941, date du déclenchement de l'invasion de l'Union soviétique par laquelle l'Allemagne rompt avec son allié , la Pologne devient aussi le terrain principal de la mise en œuvre du génocide des Juifs d'Europe occupée par l'Allemagne nazie. Spoliée, terrorisée et réduite à une misère inimaginable dans des ghettos surpeuplés et affamés (dont le ghetto de Varsovie, rasé après son insurrection du ), la communauté juive de Pologne, jusque-là la première du monde, est anéantie à 97 %, par les fusillades ou dans les camions à gaz ou les chambres à gaz des camps d'extermination de Belzec, Sobibor, Treblinka, Maidanek, Chełmno et surtout d'Auschwitz-Birkenau, où périrent au total un million de Juifs déportés de toute l'Europe, ainsi que et des résistants, notamment polonais catholiques.
Durant la guerre et, en particulier à partir de 1942, les autorités polonaises en exil, alimentées en informations de première main par la Résistance intérieure, fournissent aux gouvernements alliés et aux opinions publiques du monde libre les rapports les plus précoces et les plus précis sur l'extermination en cours des populations juives .
En tout, la terreur nazie fait périr trois millions de Polonais catholiques et autant de Polonais juifs. Une puissante résistance, autour de l'AK (Armia Krajowa), parvient à mettre sur pied un véritable État clandestin, disposant de ses ministres, de sa justice, de son administration et de son réseau d'enseignement secret. Du au , l'insurrection de Varsovie est réduite par les nazis au prix de la mort de et par la destruction à 90 % de la capitale polonaise, à laquelle l'Armée Rouge, arrêtée aux portes de la ville, n'apporte volontairement aucune aide, favorisant ainsi l’élimination rapide d’une élite non communiste.
Comme au , les armées polonaises luttent sur de nombreux fronts, en France , dans le ciel de Londres pendant le Blitz, ou de l'Afrique du Nord à l'Italie en passant par la Normandie. À partir de 1941, elles constituent par leurs effectifs la alliée lors du conflit aux côtés des soldats soviétiques, américains, britanniques et français : elle était même la alliée (après la Grande-Bretagne) après la défaite française et avant le changement de camp de l’Union soviétique en . Des exilés participent aussi à la Résistance intérieure française, notamment dans l’Organisation polonaise de lutte pour l'indépendance (la POWN) particulièrement active dans le Nord de la France ou au sein du réseau F2, intégralement polonais lors de sa création.
À la fin du second conflit mondial, la Pologne, pourtant pays allié, perd par rapport à son étendue de 1939, et est déplacée de en moyenne vers l'ouest, laissant ses territoires orientaux (notamment la Polésie et la Galicie orientale) à l'URSS, mais recevant en échange le Sud de la Prusse-Orientale, la Poméranie orientale et la Silésie prises au Troisième Reich, et en grande partie vidées de leurs habitants allemands, installés là depuis près de huit siècles. Dans cette nouvelle Pologne qui retrouve grosso-modo ses frontières du , les Soviétiques imposent le PKWN pro-communiste au pouvoir : le pays devient une république dite « populaire » (mais en fait une dictature à parti unique) membre du Pacte de Varsovie.
En , un soulèvement ouvrier à Poznań annonce les manifestations massives d', qui obligèrent les Soviétiques à accepter l'arrivée au pouvoir de Władysław Gomułka, un communiste réputé réformateur (en partie à tort). Celui-ci fut évincé au profit de Edward Gierek lors de grèves ouvrières importantes contre la hausse des prix alimentaires. En 1968, après la guerre des Six Jours, le régime tenta de faire diversion par une campagne antisémite responsable du départ de la plupart des derniers Juifs de Pologne.
Dans les années 1970 et 1980, de violentes révoltes éclatent à nouveau dans le pays. Dans ce climat, l'élection sur le trône de Saint-Pierre de l'archevêque de Cracovie, Karol Wojtyła (Jean-Paul II), en , est vécue par les autorités communistes comme une provocation.
En 1980, naît le syndicat indépendant Solidarność (Solidarité), dirigé par Lech Wałęsa, d'abord interdit, puis, reconnu à contre-cœur par les autorités. Celui-ci regroupe vite plusieurs millions d'ouvriers soutenus par les intellectuels réformateurs. Le général Wojciech Jaruzelski déclare la loi martiale dans la nuit du 12 au : la plupart des leaders du syndicat sont internés pendant plusieurs mois. La mort de Léonid Brejnev en à Moscou anticipe leur libération (Lech Wałęsa est d’ailleurs libéré le jour des funérailles de l’ancien maitre du Kremlin). Malgré l’instauration de l’état de siège, le pouvoir communiste ne parvient pas à étouffer la fronde syndicale et les revendications populaires, les grèves et les manifestations ne faisant que s'amplifier d'année en année.
En 1989, le général Wojciech Jaruzelski cumule les fonctions de chef de l'État (président du Conseil d’État de la république populaire de Pologne) et de Premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais (le POUP) dans un climat de révolte généralisée. Incapable de réinstaurer une « normalité socialiste », le pouvoir est contraint de tenir des « Tables rondes », réunions entre le gouvernement et le syndicat Solidarność (de fait reconnu comme un interlocuteur incontournable), qui permettent la tenue d’élections législatives partiellement libres ; celles-ci ont lieu en et consacrent une large victoire aux membres de Solidarność et à leurs alliés. Les termes de l’accord conclu à l’issue des « Tables rondes » prévoyant une candidature unique à la fonction nouvellement créée de président de la République, Wojciech Jaruzelski est le premier à occuper ce poste, mais sa légitimité est quasi nulle : il nomme un tout dernier gouvernement communiste qui tient à peine deux mois avant de se résoudre à appeler Tadeusz Mazowiecki pour former le premier gouvernement non communiste depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (le ), événement qui provoque, d'abord un exode d'Allemands de l'Est vers la Pologne, et moins de trois mois plus tard la chute du mur de Berlin.
Le , la République est proclamée ; des élections présidentielles ont lieu au cours de cette même année, celles-ci sont largement remportées par Lech Wałęsa, mais l’instabilité politique demeure : Mazowiecki démissionne en , remplacé par l’économiste libéral Jan Krzysztof Bielecki, qui démissionne à son tour en de la même année, puis par Jan Olszewski (jusqu’en ). C'est à cette époque qu'est institué entre l'Allemagne, la France et la Pologne le « triangle de Weimar », cadre de rencontres régulières visant alors à permettre de soutenir activement le rapprochement de la Pologne au système de sécurité transatlantique de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (l'OTAN) et de préparer au mieux sa future adhésion à l'Union européenne (l’UE). Ces deux objectifs sont couronnés de succès : la Pologne intègre l'OTAN en 1999 et adhèrera à l'UE le .
En 1992 Waldemar Pawlak, le leader du Parti paysan, tente de former un gouvernement. Au terme de de négociations infructueuses, c’est finalement Hanna Suchocka qui prend la tête d'un gouvernement de coalition de centre-droit, devenant la première femme à occuper le poste de chef du gouvernement en Pologne. En 1993, alors que les troupes russes quittent la Pologne, Solidarność subit une défaite aux élections législatives qui contraint Wałesa à nommer à nouveau Waldemar Pawlak au poste de président du Conseil des ministres.
En 1995, Lech Wałesa se présente à sa propre succession ; il est battu par Aleksander Kwaśniewski, jeune leader du parti social-démocrate refondé sur les ruines de l’ancien parti communiste. Le premier gouvernement du président Kwaśniewski est dirigé par Józef Oleksy, l’ancien ministre des Relations avec les syndicats qui avait participé aux négociations de la « Table ronde ». Soupçonné d’intelligence avec les Soviétiques par le passé, ce dernier démissionne en et laisse la place à Włodzimierz Cimoszewicz.
En 1997, à la suite d'élections législatives remportées par la droite, s'ouvre une période de cohabitation : Jerzy Buzek (président du Parlement européen de 2009 à 2012) devient président du Conseil des ministres. Cette année-là voit l'adoption de la Constitution définitive instituant la Troisième République.
Kwaśniewski est réélu président de la République en 2000 et cette victoire de la gauche est confirmée aux législatives de l'année suivante ; Leszek Miller est nommé à la tête du gouvernement. En 2003, la Pologne prend part à la guerre d'Irak et les États-Unis lui attribuent le commandement d'une zone d'occupation (l'Armée polonaise reste engagée en Irak jusqu'au ). Le , elle intègre l'Union européenne. Miller remet la démission de son gouvernement à la suite de scandales de corruption à répétition qui le rendent très impopulaire ; Marek Belka lui succède mais ne parvient pas à enrayer le déclin de la gauche dans l'opinion.
Le , le maire de Varsovie et candidat du parti conservateur Droit et Justice (PiS) à l'élection présidentielle, Lech Kaczyński, est élu président de la République avec 54,0 % contre 46,0 % pour le candidat du parti libéral pro-européen Plate-forme civique (PO), Donald Tusk. La victoire du maire de la capitale, arrivé loin derrière son adversaire au premier tour, est une surprise de taille, tous les sondages donnant Donald Tusk largement vainqueur. Le président élu affirme peu après son élection qu'il va mettre en place son programme, fortement inspiré par l’aile la plus conservatrice de l’Église catholique ; celui-ci est critiqué par de nombreux médias pour sa radicalité, son manque d’ouverture sur les questions de société (farouche opposition à toute avancée en matière de droits LGBT, de droit à l’avortement ou à l’euthanasie, par exemple), son étatisme et son euroscepticisme prononcé. Kazimierz Marcinkiewicz est nommé Premier ministre et forme un gouvernement.
Le , le gouvernement polonais voit l'entrée en fonction de plusieurs ministres ultra-conservateurs, tels Roman Giertych, dirigeant de la Ligue des familles polonaises (LPR - Liga Polskich Rodzin), nommé à l'Éducation nationale avec le projet d'insister dans les programmes scolaires sur . Quant à Andrzej Lepper, le chef du parti nationaliste « Samoobrona » (Autodéfense), il obtient le poste de vice-président du Conseil des ministres chargé de l'Agriculture. Les ministères du Travail et de la Construction reviennent également à des membres de Samoobrona. Ce cabinet de coalition, négocié par Jarosław Kaczyński, le frère jumeau du président de la République, par ailleurs président du PiS, provoque des manifestations organisées par l'opposition. Le , Jarosław Kaczyński prête serment avec son gouvernement au palais présidentiel de Varsovie, devant son frère.
Le , lors d'élections législatives anticipées, le parti libéral Plate-forme civique (PO) de Donald Tusk, parti d'opposition à Lech et Jarosław Kaczyński, remporte 41 % des voix et distance le parti conservateur Droit et justice (PiS) au pouvoir depuis deux ans, qui arrive à la seconde position avec 33 % des suffrages exprimés. Donald Tusk est officiellement désigné Premier ministre (président du Conseil des ministres) le suivant, et forme ensuite un gouvernement de coalition (avec , la PO ne dispose pas de la majorité absolue) en s'alliant avec le parti paysan centriste PSL de Waldemar Pawlak.
Lech Kaczyński meurt dans l'exercice de ses fonctions le dans un accident d'avion près de Smolensk, en Russie, alors qu'il se rendait à la commémoration du massacre de Katyń, commis par les Soviétiques . Avec lui périssent les membres les plus éminents du gouvernement polonais et de l'opposition, des dignitaires civils et religieux. Le paysage politique du pays est profondément bouleversé à la suite de cette catastrophe et l'élection présidentielle anticipée se déroule dans une atmosphère politique tendue, les et . Bronisław Komorowski, le candidat libéral l'emporte avec 53,01 % des voix, face au frère jumeau du président défunt, le conservateur Jarosław Kaczyński. Il est investi à la présidence de la République le suivant et reconduit Tusk à la tête du gouvernement.
Les élections législatives de 2011 confortent la coalition PO (39,2 %) - PSL (8,4 %) au pouvoir, le PiS n'obtenant que 29,9 % des voix, suivi par le tout nouveau « Mouvement Palikot » (parti anti-clérical, social-libéral) avec 10 % et l'Alliance de la gauche démocratique (SLD) avec 8,2 % des voix. La même année, la Pologne prend de à la présidence du Conseil de l'Union européenne. En , la Pologne rejoint l'Agence spatiale européenne et organise avec l'Ukraine le Championnat d'Europe de football 2012.
La Pologne est le seul pays de l'Union européenne à ne pas être entré en récession durant la crise économique et financière mondiale de 2008 et son taux de chômage diminue depuis (il est inférieur à 8 % depuis ) ; le pays compte toujours devenir un important acteur régional, notamment compte tenu de son importante démographie.
L'élection d'Andrzej Duda à la présidence de la République en et la victoire de son parti Droit et justice aux élections législatives d' marquent le retour des conservateurs en Pologne et le triomphe de l'euroscepticisme. En réaction est créé le comité de défense de la démocratie au mois de .
La Pologne est une république parlementaire. Le président de la République ("Prezydent Rzeczypospolitej Polskiej"), élu au suffrage universel direct pour cinq ans, est le chef de l'État. Il nomme le chef du gouvernement et dispose d'un droit de "veto" qui ne peut être levé par la Chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes. S'il est le garant des institutions, ses pouvoirs ne sont guère étendus et le président de la République fait plus figure d'autorité politique et morale.
Le président du Conseil des ministres ("Prezes Rady Ministrów"), généralement désigné par le titre de Premier ministre, est le chef du gouvernement du pays. Responsable devant le Parlement de l'action de son cabinet, il conduit les affaires de la Nation.
Le parlement est composé de deux chambres : la Diète (), composée de 460 sièges et le Sénat () qui compte 100 sièges.
Enfin, la Constitution de 1997, posant les bases de la République, conforte le rôle du Tribunal constitutionnel (créé dès 1986) chargé de contrôler la constitutionnalité des lois ; d'autre part, elle institue un Défenseur des droits, une fonction fondée sur le modèle de l’"Ombudsman" suédois. Elle consacre l'indépendance du pouvoir judiciaire avec la création d'un Conseil national de la Magistrature.
L'organisation territoriale de la Pologne repose, depuis 1999, sur trois niveaux géographiques. Le territoire polonais est divisé en voïvodies, lesquelles sont divisées en "districts" ("powiaty"), et ces derniers sont à leur tour subdivisés en "communes" ("gminy"). Les villes majeures ont, pour la plupart, à la fois le statut de "gmina" et de "powiat". La Pologne est divisée en 16 voïvodies, 379 districts (dont 65 villes au statut de district), et .
La Pologne est subdivisée depuis 1999 en 16 régions (à la fois divisions administratives et collectivités territoriales) appelées voïvodies ou voïévodies ("województwa" au pluriel et "województwo" au singulier) :
Ces voïvodies étaient au nombre de 49 entre 1975 et 1999.
Les relations de la Pologne avec l'Union européenne sont caractérisées par les échéances suivantes :
Le paysage polonais consiste presque entièrement en terres constituant la Plaine européenne du Nord. Le sud est cependant marqué par le massif des Carpates et des Sudètes qui forme une frontière naturelle avec la République tchèque et la Slovaquie.
Le pays dispose d'une large ouverture sur la Baltique facilitant les exportations de produits agricoles ou manufacturés et de matières premières (charbon), et permettant la création de chantiers navals.
La frontière avec l'Allemagne a été fixée sur la ligne Oder-Neisse, du nom du fleuve et de son affluent situés à l'ouest du pays.
La côte baltique polonaise est longue d'approximativement et s'étend de Świnoujście sur les îles d'Usedom et de Wolin dans l'Ouest à Krynica Morska sur la presqu'île de la Vistule dans l'Est.
Dans la plupart des cas, la Pologne a un littoral régulier, qui a été formé par le mouvement continuel du sable par des courants et des vents d'ouest en est. Ces érosions et dépôts continuels ont formé des falaises, des dunes, et des presqu'îles, dont beaucoup se sont déplacées vers les terres pour former des lagunes, telles que le lac de Łebsko dans le parc national de Słowiński.
Les plus grandes presqu'îles sont la presqu'île de Hel et la presqu'île de la Vistule. La plus grande île baltique polonaise est Wolin. Les plus grandes villes portuaires sont Gdynia, Gdańsk, Szczecin, et Świnoujście. Les principales stations balnéaires sont Sopot, Międzyzdroje, Kołobrzeg, Łeba, Władysławowo et la presqu'île de Hel.
La Pologne est parcourue par deux fleuves majeurs qui se jettent dans la mer Baltique. La Vistule, longue de , traverse plusieurs grandes villes polonaises dont Varsovie, la capitale. L'Oder, longue de , délimite quant à elle une partie de la frontière entre l'Allemagne et la Pologne. Le pays compte aussi des rivières de première importance telles que la Warta, un affluent de l'Oder long de , le Boug, un affluent de la Vistule long de , ainsi que l'Alle et l'Angrapa.
La majorité des cours d'eau de Poméranie et des régions avoisinantes terminent leur course dans la mer Baltique, mais dans les Beskides prennent source certains ruisseaux qui se déversent indirectement dans la mer Noire, soit par l'intermédiaire du Dniestr, soit par l'intermédiaire de l'Orava, puis du Váh, et enfin du Danube.
Les cours d'eau polonais sont depuis longtemps utilisés pour la navigation. Les Vikings, par exemple, avaient l'habitude de remonter la Vistule et l'Oder. Au Moyen Âge et au début de l'ère moderne, lorsque la Pologne-Lituanie était le grenier de l'Europe, l'acheminement de céréales et d'autres produits agricoles le long de la Vistule vers Gdańsk puis l'Europe de l'Ouest devint particulièrement important.
Avec près de dix mille lacs de plus d'un hectare, la Pologne est l'un des pays au monde qui en compte le plus (en Europe, seule la Finlande possède une plus grande densité de lacs). Les plus grands d'entre eux, couvrant plus de , sont le lac Śniardwy et lac Mamry en Mazurie, ainsi que le lac Łebsko et le lac Drawsko en Poméranie ; le lac le plus profond (plus de ) est le lac Hańcza, situé dans la région des lacs de Wigry, au nord-est du pays, en Podlachie.
Les ancêtres des Polonais d'aujourd'hui, les Polanes, construisirent leurs premières forteresses sur des îles entourées par ces lacs : citons les maisons sur pilotis de Biskupin, encore occupées par plus de mille résidents, construites à l'origine par les Lusaciens avant le . De même, le prince légendaire Popiel est censé s'être installé à Kruszwica, sur le lac Gopło, et le premier souverain de la Pologne qui soit documenté, le duc Mieszko de Pologne, avait son palais situé sur une île du fleuve Warta, aujourd'hui intégrée à la ville de Poznań.
Outre la région des lacs qui couvre tout le nord du pays (Mazurie, Poméranie, Cachoubie, Lubuskie, et Grande-Pologne), on trouve également un grand nombre de lacs de montagne au sud, dans les Tatras (tel le lac Morskie Oko, le plus grand lac de montagne de Pologne).
La structure géologique de la Pologne résulte de la collision des continents européens et africains durant les soixante derniers millions d'années d'une part, et de l'effet du Quaternaire au nord de l'Europe d'autre part, ces deux phénomènes ayant conduit à la formation des Sudètes et des Carpates.
Les plaines du nord de la Pologne sont des moraines, (ce qui permet aux scientifiques de dire qu'il y avait avant des glaciers dans cette zone du globe, notamment lors de la glaciation de Würm), qui comportent des sols essentiellement composés de sable ou de loam, tandis qu'au sud, les vallées creusées pendant l'ère glaciaire contiennent souvent du lœss.
Les plateaux de la région Cracovie-Częstochowa, qui forment d'ailleurs l'un des plus anciens massifs de la planète, les Piénines, et les Tatras occidentales sont constitués de calcaire, tandis que les Hautes Tatras, les Beskides, et les Monts des Géants sont principalement composés de granite et de basalte.
La Pologne comporte de plus de d'altitude, tous situés dans les Tatras.
Les Tatras polonaises, qui comprennent les Hautes Tatras et les Tatras occidentales, forment le massif le plus élevé de Pologne et de toutes les Carpates. Dans les Hautes Tatras se situe le point culminant de la Pologne, le mont Rysy (). À ses pieds se trouve un lac de montagne, le Morskie Oko ("Œil de la mer").
Les Beskides, dont la crête la plus élevée est la Babia Góra () sont le deuxième massif le plus élevé de Pologne.
Le massif suivant est le massif de Karkonosze monts des Géants, dont le point le plus élevé est le Śnieżka ().
Les Bieszczady, dans le Sud-Est de la Pologne, dont le point le plus élevé en Pologne est le Tarnica ().
Les touristes fréquentent également les montagnes de Gorce dans le parc national de Gorce, dont le point le plus élevé est le Turbacz (), et les Piénines dans le Parc national des Piénines, dont le point le plus élevé est le Wysoka (Wysokie Skałki) ().
Le point le plus bas en Pologne, à au-dessous du niveau de la mer, est Raczki Elbląskie, dans le delta de la Vistule, près d'Elbląg.
Le désert de Błędów est un désert situé dans la Pologne méridionale dans la voïvodie de Silésie et s'étend au-dessus de la région de Zagłębie Dąbrowskie. Il a une surface totale de . C'est le seul désert polonais. Il est l'un des cinq seuls déserts naturels en Europe. C'est le désert le plus chaud qui apparaisse à cette latitude. Il fut créé par la fonte d'un glacier, il y a , à la fin de la glaciation würmienne.
La structure géologique spécifique a été de grande importance (l'épaisseur moyenne de la couche de sable est d'environ (maximum ), ce qui a rendu l'assèchement rapide et profond très facile. Ces dernières années le désert a commencé à se rétrécir. Le phénomène des mirages y est fréquent.
Les forêts couvrent 28 % du territoire polonais. Plus de la moitié des terres sont consacrées à l'agriculture. Tandis que la surface totale sous culture diminue, les champs restants sont cultivés plus intensivement.
Plus de 1 % du territoire de la Pologne, (), est protégé par nationaux. À cet égard, la Pologne est au premier rang en Europe. Trois parcs nationaux de plus sont projetés pour la Mazurie, la montagne de Cracovie-Częstochowa, et les Beskides orientales. La plupart des parcs nationaux polonais sont situés dans la partie méridionale du pays. En outre, les marécages le long des lacs et des fleuves du centre de la Pologne sont protégés légalement, de même que les secteurs côtiers dans le nord. Il y a également beaucoup de secteurs protégés pour leurs paysages, et de nombreuses réserves naturelles.
En Pologne orientale, il y a un certain nombre de régions boisées, comme la forêt vierge de Białowieża, qui n'ont jamais été défrichées par les hommes. Il y a également de grands secteurs couverts de forêts dans les régions montagneuses, en Mazurie, en Poméranie, et en Basse-Silésie.
Beaucoup d'animaux qui se sont depuis éteints dans d'autres parties de l'Europe survivent toujours en Pologne, telle que le bison d'Europe dans la forêt de Białowieża et en Podlasie. D'autres espèces incluent l'ours brun dans la forêt de Białowieża, dans les Tatras et dans les Beskides au sud du voïvodie des Basses-Carpates; le loup gris et le lynx d'Eurasie dans diverses forêts, les élans dans le Nord de la Pologne et le castor en Mazurie, en Poméranie et en Podlasie.. Dans les forêts, on rencontre également des gibiers, tel que des cerfs élaphe, des chevreuils et des sangliers.
La Pologne est l'endroit de couvée le plus important pour les oiseaux migrateurs européens. Parmi tous les oiseaux migrateurs qui viennent en Europe pour l'été, un quart se reproduisent en Pologne, en particulier dans la région des lacs et dans les zones marécageuses le long de la Biebrza, du Narew, et de la Warta, qui font partie de réserves naturelles ou de parcs nationaux. En Mazurie, il y a des villages dans lesquels les cigognes dépassent le nombre de personnes.
La Pologne compte 23 parcs nationaux ("Parki narodowe"), étendus sur une superficie totale de .
Le climat est de type océanique au nord et à l'ouest et devient graduellement plus continental en allant vers le sud et l'est. Les étés sont tièdes, avec des températures moyennes variant entre et .
Les hivers sont froids, avec des températures moyennes tournant autour de au nord-ouest et au nord-est. Bien que les précipitations restent régulières tout au long de l'année, l'hiver est plus sec que l'été, surtout à l'est.
La Pologne est au deuxième rang européen et au neuvième rang mondial pour la production de charbon et de lignite en 2012 (1,8 % de la production mondiale). Afin de remplir ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Pologne a engagé une politique de développement des énergies renouvelables, en particulier la biomasse et l'énergie produite par les éoliennes.
L'état de l'air est conditionné par l’émission des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, par le transport et les conditions météorologiques. Une pollution de l'air excessive se produit dans 20 % du pays.
Les facteurs qui causent cette pollution sont :
Les régions les plus polluées sont la Haute-Silésie, Cracovie et les grandes villes.
La transition de l'économie planifiée vers l'économie de marché fut initiée par le vice-président du Conseil et ministre des Finances, Leszek Balcerowicz, considéré comme le père des réformes économiques et le principal architecte de la profonde mutation de la Pologne du début des années 1990. Ce plan - connu sous le nom de « thérapie de choc » - a permis de finalement maitriser l'hyperinflation qui ruinait l'économie polonaise et d'accélérer le processus.
Après une première phase difficile se caractérisant par une forte inflation, la dévaluation de la monnaie, des fermetures d'entreprises et une forte hausse du chômage, cette politique a permis le développement et la modernisation de l'économie polonaise. Elle a abouti au retour de la croissance dès 1993, à une amélioration sensible du niveau de vie de la population, permettant une augmentation de la consommation, une baisse de l'inflation, une stabilisation du zloty, une augmentation des échanges commerciaux et d'importants flux d'investissements directs étrangers.
L'embellie de l'économie polonaise due à la « thérapie de choc » s'est poursuivie jusqu'en 1997, avec cette année-là un taux de chômage passant sous la barre des 10 %. Il est brutalement remonté dans les années 2000, dépassant le seuil des 20 % en 2004, aujourd'hui il est stabilisé autour de 10 %.
Les centrales thermiques fonctionnant au charbon ou au lignite fournissent 94 % de la production d'électricité du pays. Malgré les efforts réalisés depuis la fin de l'ère communiste, la Pologne émet encore neuf tonnes de dioxyde de carbone par habitant, l'un des plus forts taux de l'Union européenne.
L'économie polonaise est désormais une des plus dynamiques d'Europe et c'est le seul État européen à ne pas avoir connu la récession lors de la crise économique de 2008-2010.
Le pays a notamment bénéficié de nombreuses aides de l'UE depuis son entrée en 2004. Sur la période 2004-2014, ce sont près de 85,2 milliards d'euros qui lui ont été alloués. De nombreuses infrastructures ont pu être financées comme l'autoroute reliant désormais Varsovie à Berlin, la Pologne rattrape ainsi rapidement son retard sur ses voisins européens en termes de maillage du territoire et attire plus facilement les capitaux étrangers.
En 2015, la Pologne est la huitième économie de l'Union européenne et la vingt-cinquième économie du monde en termes de PIB.
Le secteur énergétique polonais se caractérise avant tout par la prépondérance massive du charbon, qui en 2012 assurait 52 % de la consommation intérieure totale d'énergie primaire et 84 % de la production d'électricité. 
La Pologne est dépendante à 31.6% de sources extérieures toutes énergies confondues, ce qui la positionne à une meilleure place que la France dont la dépendance est de l’ordre de 50%. Le pays a été jusqu’à la fin 2013 autosuffisant, voire exportateur, avec une consommation de l’ordre de 158TWh et une production de 160TWh. Du fait de sa croissance économique importante la situation a commencé à s’inverser début 2014 et le pays a commencé à importer.
Selon les calculs de l'Institut du Tourisme en 2012 le nombre d'arrivées a totalisé 67,4 millions. 14,8 millions de ce nombre est une arrivée de touristes étrangers. La grande majorité des touristes proviennent d'Allemagne, le plus grand pays limitrophe de la Pologne. En effet, l'Institut polonais a dénombré de touristes allemands en 2010. Les pays de l'Europe et de l'Union européenne figurent donc logiquement aux premières places.Tourisme en Pologne contribue à l'économie du pays. Les villes les plus populaires sont Varsovie, Cracovie, Wrocław, Gdańsk, Poznań, Lublin et Toruń. La Pologne est le le plus visité dans le monde par les touristes étrangers, selon le classement de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) en 2014.
Le classement est établi sur la base de la population des villes, il diffère si l'on prend en compte les agglomérations.
Les plus grandes agglomérations du pays sont l'agglomération industrielle de Haute-Silésie autour de Katowice (3,4 millions d'habitants), Varsovie (2,7 millions), Łódź (1,4 million), Cracovie (1,2 million) et la « Tricité » formée par Gdańsk, Sopot et Gdynia (1 million). Les aires métropolitaines de Wrocław, Poznań, Szczecin, Bydgoszcz–Toruń et Lublin sont également importantes, avec respectivement , , , et .
Il y a environ étrangers en Pologne, majoritairement originaires d'autres pays d'Europe orientale (Russie, Biélorussie, Ukraine…) mais aussi d'Extrême-Orient (Chine et Viêt Nam).
La communauté vietnamienne compte environ ( Europe après la France et l'Allemagne). Depuis 2000, plus de se sont installés en Pologne.
La diaspora polonaise (Polonia) compte 20 millions de personnes nées en Pologne ou d'ascendance polonaise.
Le polonais est la langue officielle du pays et est parlé nativement par 97 % de la population, ce qui fait de la Pologne l'un des pays linguistiquement les plus homogènes d'Europe.
Les langues étrangères les plus apprises sont dans l'ordre l'anglais, le russe, l'allemand puis le français.
L'OIF aurait recensé 1 million de personnes parlant le français dans le pays.
Culture polonaise
À partir du une importante production dramaturgique donne ses lettres de noblesse au théâtre polonais, qui continue à s'enrichir aujourd'hui des apports d'une création toujours très active.
Les premières compositions polonaises remontent au , il s'agit alors essentiellement de musique sacrée (avec notamment l'hymne religieux Bogurodzica). Au , la musique polonaise acquiert une renommée internationale grâce à Frédéric Chopin, puis Szymanowski, Penderecki, Lutoslawski et Henryk Górecki au .
La musique pop s'est développée en Pologne sous l'influence des scènes occidentales malgré le régime communiste ; après 1989, l'activité musicale polonaise n'a cessé de prendre de l'importance avec l'émergence de nombreux festivals et de groupes de tous styles, notamment de rock et de hip hop.
La scène Metal polonaise, connue en Europe depuis ses débuts, compte de grands noms, tels que Graveland, Behemoth ou Vader.
En France, et notamment grâce au festival de musique extrême et folklorique Ragnad Rock Fest, de petits groupes polonais ont émergé, et connaissent un certain succès, comme Helroth, Merkfolk, ou encore Percival Shuttenbach.
Souvent réduit à tort aux simples prestations des ballets "Śląsk" et "Mazowsze" par une grande partie de la polonité, le folklore polonais reste cependant pratiqué assidûment par un grand nombre de Polonais de tous âges et de toutes classes sociales.
Ceci est en partie dû à la volonté et au travail exceptionnel d'Oskar Kolberg, qui parcourut la Pologne au afin de répertorier le maximum de mélodies, de poèmes et de danses, région par région ; ce travail de recherche a donné lieu à son chef-d’œuvre de plus de 50 tomes : "LUD" (le peuple).
Ainsi, de nombreux groupes se sont créés et revendiquent encore aujourd’hui leurs régions d’origine, teintées de mélodies typiques et de pas de danse très caractéristiques de ces régions. Notons néanmoins qu’il existe 5 danses nationales, popularisées pour la plupart par Chopin : le "krakowiak" (danse de Cracovie), l’"oberek", la polonaise, le "mazur" et le "kujawiak".
L’exemple le plus frappant de cette préservation des traditions folkloriques reste la région de Podhale près de Zakopane. Cette région montagneuse conserve ses traditions dans la vie quotidienne et dans les coûtumes mais surtout continue à faire vivre sa musique grâce au développement touristique et aux "karczma" (taverne où l’on peut écouter de la musique montagnarde).
Enfin, dans le cadre de la "polonia" (diaspora polonaise : ensemble des personnes d’origine polonaise dans le monde), de nombreux groupes étrangers de folklore polonais existent afin de perpétuer les traditions.
La formation des traits particuliers de la cuisine polonaise a été influencée par les changements historiques. À travers les siècles, la cuisine polonaise était soumise à des influences et changements régionaux, étant donnée que le territoire du pays était habité par toute une mosaïque de peuples. Grâce à cela, on dénombre d'importantes influences orientales (mongoles, puis tatares et turques), russes, allemandes, françaises, italiennes et juives.
Les plats les plus populaires en Pologne (qui le sont également dans les pays voisins) sont entre autres: les pierogi, le chou farci, le bigos, les kluski, les soupes (aux choux, bortsch, żurek, bouillon etc.), les plats de choux et de pommes de terre, le pain, les gâteaux, les légumes, les fruits (pommes, poires, différentes baies et groseilles), le fromage blanc et aussi de différents types de viandes (surtout porc, volaille et bœuf), ainsi que, dans une moindre mesure, les poissons d'eaux douces et salées. La babka est un gâteau typique tout comme l'est le pain d'épices, le sernik ou le makowiec. Les beignets ou les faworki sont des desserts de la fin de carnaval.
Parmi les boissons alcoolisées, l'hydromel, très populaire à une certaine époque, a été remplacé par la vodka souvent préparée à base de céréales et pommes de terre. La bière à base de houblon est une boisson traditionnelle courante, alors que le vin l'est moins. Le thé noir est également populaire. Jusqu'à une époque récente, il était bu dans des verres, souvent avec une tranche de citron et du sucre. Le thé est arrivé en Pologne depuis l'Angleterre, pas longtemps après son apparition en Europe occidentale (grâce aux marchands néerlandais). Cependant, sa propagation est attribuée aux occupants russes au . C'est à ce moment-là que les samovars sont arrivés depuis la Russie où le thé est apparu à la cour du tsar comme cadeau de la Chine, environ 50 ans avant son apparition en Hollande. Le café est également populaire et est bu couramment depuis le , également par les classes inférieures de la société comme les artisans ou les riches paysans.
Le sport en Pologne est développé mais peine à être performant et surtout régulier comme en Russie et en Occident. Mais les Polonais récoltent quand même plusieurs résultats probants. L'âge d'or du sport polonais ayant eu lieu pendant la période communiste. Le football n'a jamais eu de titre en Ligue des champions, en Coupe des Vainqueurs de Coupe ou en Coupe de l'UEFA, mais réalisa plusieurs performances qui firent frémir les favoris dans les années 1970 et 80. La sélection nationale remporta plus de succès en gagnant un titre olympique et deux médailles d'argent. En Coupe du Monde, la Pologne finit successivement , , entre 1974 et 1982, avant de faire le chant du cygne en huitièmes de finale en 1986.
Du 8 juin au juillet 2012, la Pologne a accueilli le Championnat d'Europe de football, coorganisé avec l'Ukraine.
Le volley-ball possède un excellent palmarès puisque la sélection nationale a glané plusieurs podiums et des titres, surtout chez les hommes. L'athlétisme est une valeur sure et les Polonais glanèrent régulièrement des titres et médailles (une soixantaine en tout dont 24 en or). Robert Korzeniowski est le plus titré. Le handball masculin semble commencer à s'affirmer depuis la fin des années 2000 avant deux troisièmes places. Le hockey sur glace est un sport populaire mais dont les résultats déclinent depuis plus de 20 ans.
Toutefois il est intéressant de voir des sports inexistants en termes de performance jusqu'à présent et qui connaissent aujourd'hui un gain de résultats intéressants ; le sport automobile où Robert Kubica a participé à une poignée de saisons de Formule 1 avec un Grand prix gagné au Canada et 12 podiums. Après un accident, il pilote aujourd'hui en rallye. Le tennis, où jusque là seule une poignée de joueurs et de joueuses ont réussi des résultats éphémères et épars voit apparaître les sœurs Radwanska qui brillent actuellement en WTA Agnieszka qui finit en 2012 et Urszula qui finit en 2012. Janowicz et Kubot font des résultats relativement honorables actuellement chez les hommes.